| CELEX | 52024IP0013 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 16 janvier 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5707 | 17.10.2024 |
P9_TA(2024)0013
Rôle du Parlement européen et sa diplomatie parlementaire dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union
Résolution du Parlement européen du 16 janvier 2024 sur le rôle du Parlement européen et de sa diplomatie parlementaire dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union (2023/2105(INI))
(C/2024/5707)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 14, paragraphe 1, et les articles 21 et 36 du traité sur l’Union européenne (traité UE), |
| — | vu la déclaration sur la responsabilité politique du 20 juillet 2010 de la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR), |
| — | vu les conclusions du Conseil du 28 juin 2016 sur l’adoption du rapport intitulé «Vision partagée, action commune: une Europe plus forte – une stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne», |
| — | vu la communication conjointe du 25 mars 2020 de la Commission et du haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité intitulée «Plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024» (JOIN(2020)0005), |
| — | vu la boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales, adoptée le 21 mars 2022, |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 25 novembre 2020 intitulée «Plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III): un programme ambitieux pour l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne» (JOIN(2020)0017), |
| — | vu la décision 2010/427/UE du Conseil du 26 juillet 2010 fixant l’organisation et le fonctionnement du Service européen pour l’action extérieure (1), |
| — | vu le paragraphe 34 de la déclaration du sommet de 2023 entre l’Union européenne et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes du 18 juillet 2023 reconnaissant que la diplomatie parlementaire représente une dimension importante de la relation, |
| — | vu sa recommandation du 15 mars 2023 au Conseil et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité dressant le bilan du fonctionnement du SEAE et plaidant en faveur d’une Union européenne plus forte dans le monde (2), |
| — | vu sa résolution du 18 janvier 2023 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2022 (3), |
| — | vu sa résolution du 18 janvier 2023 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2022 (4), |
| — | vu sa résolution du 12 mars 2019 sur le renforcement des capacités de l’Union en matière de prévention des conflits et de médiation (5), |
| — | vu sa décision du 13 septembre 2023 sur des amendements au règlement intérieur du Parlement en vue de renforcer l’intégrité, l’indépendance et l’obligation de rendre des comptes (6), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0405/2023), |
| A. | considérant que le rôle du Parlement en tant que colégislateur et autorité cobudgétaire couvre non seulement les politiques internes de l’Union, mais aussi, dans une large mesure, l’action extérieure de l’Union; |
| B. | considérant que l’article 36 du traité UE impose au haut représentant et vice-président (HR/VP) de consulter régulièrement le Parlement sur les principaux aspects de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et de l’informer de l’évolution des politiques dans ces domaines; |
| C. | considérant que l’approbation du Parlement est requise pour l’entrée en vigueur de la plupart des accords internationaux; que l’article 218, paragraphe 10, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit que, pour les négociations de ces accord, le Parlement européen est immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la procédure; |
| D. | considérant que le Parlement examine et débat de la conduite des affaires étrangères de l’Union, notamment à travers les travaux de sa commission des affaires étrangères et de ses deux sous-commissions «droits de l’homme» et «sécurité et défense», ainsi que de sa commission du commerce international et de sa commission du développement; que ce rôle de contrôle inclut les questions relatives à l’adoption, à la mise en œuvre et à la révision des stratégies thématiques, régionales et nationales de l’Union et d’autres documents politiques, comme le plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que de l’assistance financière et des nominations à des postes de haut niveau au sein de la représentation extérieure de l’Union; |
| E. | considérant que le Parlement, en tant que seule institution directement élue par les citoyens de l’Union, organise des débats publics en séance plénière et en commissions et adopte des rapports et des résolutions relatifs à la politique étrangère et de sécurité de l’Union et à la situation dans les pays tiers, notamment en ce qui concerne les droits de l’homme, et qu’il contribue ainsi à attirer l’attention du public et à susciter des discussions au sein de l’Union, mais aussi dans les pays concernés; que ces rapports et résolutions contribuent aux développements normatifs dans le monde entier et font l’objet d’un examen attentif par des acteurs de pays tiers, y compris des gouvernements, des parlements et des représentants de la société civile et des médias, et qu’ils peuvent susciter des réactions et avoir des répercussions dans ces pays; |
| F. | considérant que le Parlement dispose d’un réseau unique de 45 délégations permanentes qui entretiennent et approfondissent les relations avec d’autres parlements de pays, de régions et d’organisations tiers; que ces organes constituent souvent la dimension parlementaire des accords bilatéraux de l’Union avec ces pays; |
| G. | considérant que le rôle du Parlement dans l’établissement du budget annuel de l’Union est essentiel pour aider les pays qui en ont le plus besoin à relever les défis du développement à long terme par l’intermédiaire de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde, ainsi que pour faire face aux catastrophes et aux urgences humanitaires majeures, notamment en renforçant l’aide humanitaire; |
| H. | considérant que la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes est l’un des objectifs de l’action extérieure de l’Union; que tous les États membres de l’Union et le Parlement européen se sont engagés à mettre en œuvre la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité; |
| I. | considérant que le Parlement européen est devenu l’un des parlements les plus actifs en matière d’activité diplomatique parlementaire et de ressources qui y sont consacrées; que la diplomatie parlementaire contribue à la réalisation des objectifs de l’Union et à la promotion des valeurs, des intérêts et des politiques de l’Union, y compris au niveau multilatéral, apportant ainsi une valeur ajoutée en promouvant une action extérieure de l’Union plus cohérente et plus unie; que la diplomatie parlementaire peut améliorer la communication stratégique ainsi que la visibilité et l’efficacité des décisions et des mesures de mise en œuvre dans le cadre de la PESC et de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union; |
| J. | considérant que le recours à la diplomatie parlementaire permet au Parlement d’entretenir un dialogue permanent avec des dirigeants mondiaux, des élus, des représentants des gouvernements et des diplomates, ainsi qu’avec des institutions publiques, des organisations et des représentants de la société civile, y compris des populations vulnérables et à risque et d’autres parties prenantes de pays tiers et d’institutions multilatérales, notamment par le biais des travaux de ses délégations et de ses commissions, y compris par la tenue d’auditions, l’adoption de rapports et de résolutions et les visites effectuées dans les pays; |
| K. | considérant que l’article 36 du traité UE prévoit que le HR/VP doit faire rapport devant le Parlement, au moins deux fois par an, sur l’état de la situation concernant la PESC/PSDC et répondre aux questions; qu’il est nécessaire de mettre à jour l’accord interinstitutionnel du 20 novembre 2002 entre le Parlement européen et le Conseil concernant l’accès du Parlement européen à des informations sensibles du Conseil dans le domaine de la politique de sécurité et de défense (7); |
| L. | considérant que le groupe de soutien à la démocratie et de coordination des élections du Parlement, qui est dirigé par les présidents de la commission des affaires étrangères et de la commission du développement et comprend des députés de tous les groupes politiques, supervise les efforts du Parlement pour soutenir la démocratie au-delà de l’Union, y compris en ce qui concerne l’observation électorale, la médiation et le dialogue; que, à travers le dialogue Jean Monnet pour la paix et la démocratie, le Parlement réunit des dirigeants politiques de pays non membres de l’Union afin de promouvoir la communication entre les partis et la recherche d’un consensus; que les députés au Parlement européen peuvent agir en tant qu’envoyés spéciaux et médiateurs pour la prévention des conflits dans certaines situations de forte tension dans le monde; |
| M. | considérant que le Parlement européen assiste les parlements nationaux et les assemblées régionales internationales au-delà des frontières de l’Union afin d’améliorer leurs capacités institutionnelles; qu’il a instauré un dialogue permanent avec ces assemblées et échange régulièrement de bonnes pratiques avec elles; |
| N. | considérant que le Parlement est un observateur électoral internationalement reconnu; que les délégations d’observation électorale du Parlement sont intégrées soit dans des missions d’observation électorale de l’Union, soit dans des missions d’observation électorale internationales; |
| O. | considérant que les groupes politiques et les députés individuels au Parlement bénéficient d’un réseau dense et étendu de contacts avec des partis politiques, des parlementaires, des fonctionnaires gouvernementaux, ainsi qu’avec des acteurs du secteur privé et de la société civile dans les pays tiers, notamment dans les pays candidats à l’adhésion à l’Union et dans le voisinage de l’Union; |
| P. | considérant qu’outre les bureaux de liaison du Parlement européen situés en dehors de l’Union européenne à Londres et à Washington, le Parlement dispose d’antennes auprès des Nations unies à New York, de l’Union africaine à Addis-Abeba et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est à Jakarta, dont l’objectif est de renforcer la coopération parlementaire avec ces organisations multilatérales; |
| Q. | considérant que l’article 5, paragraphe 7, de la décision du Conseil 2010/427/UE dispose que «les délégations de l’Union sont en mesure de répondre aux besoins d’autres institutions de l’Union, en particulier le Parlement européen, dans leurs contacts avec les organisations internationales ou les pays tiers auprès desquels les délégations sont accréditées»; |
Renforcement de la diplomatie parlementaire
| 1. | se félicite du rôle croissant du Parlement dans l’action extérieure de l’Union, qui a progressivement évolué vers un rôle majeur, combinant ses pouvoirs législatifs, budgétaires et de contrôle avec de multiples formes d’interaction publique et silencieuse avec des organisations internationales, des pays, des sociétés et des personnes en dehors de l’Union; |
| 2. | souligne le rôle distinct et la valeur de la diplomatie parlementaire de l’Union dans le soutien et la consolidation de la visibilité et de l’incidence de la politique étrangère et de sécurité de l’Union, aux côtés du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), de la Commission, ainsi que des services diplomatiques et des parlements des États membres, tout en préservant l’autonomie du Parlement; |
| 3. | souligne l’importance de la diplomatie parlementaire comme moyen d’atteindre des parties prenantes plus diverses dans les pays partenaires et les pays tiers en vue de mieux faire connaître la législation et les positions de l’Union, de mieux comprendre les perceptions, l’incidence et les conséquences de cette législation et de ces positions dans ces pays et de forger des alliances entre pairs et des partenariats solides dans un contexte international de plus en plus complexe et multipolaire; |
| 4. | regrette que, bien que le Parlement ait clairement contribué aux objectifs de la politique étrangère et de sécurité de l’Union, et en dépit de la valeur ajoutée et de la complémentarité de la diplomatie parlementaire, la Commission, le Conseil et le SEAE ne le considèrent toujours pas comme un acteur à part entière dans le cadre de l’approche «Équipe Europe»; |
| 5. | estime que le Parlement dispose d’un potentiel important et encore inexploité pour développer davantage son rôle diplomatique et sa contribution à la réalisation des objectifs de la politique étrangère et de sécurité de l’Union; |
Outils, moyens et valeurs de la diplomatie parlementaire
| 6. | met en évidence la contribution spécifique, dynamique et publique du Parlement à la politique étrangère et de sécurité de l’Union et à la résolution des problèmes mondiaux grâce au travail de ses commissions qui œuvrent à la bonne tenue des affaires étrangères, y compris les sous-commissions «droits de l’homme» et «sécurité et défense», et contribuent à l’entretien des relations avec les pays tiers, les organisations internationales et la société civile dans le monde entier; |
| 7. | souligne que les délégations permanentes fournissent un travail important et complémentaire de celui des commissions en constituant un forum régulier et permanent de dialogue politique avec les pays tiers et les organisations internationales, y compris par le biais d’organes parlementaires mixtes et d’assemblées multilatérales; |
| 8. | souligne que les délégations permanentes jouent un rôle essentiel de relais entre le Parlement et ses partenaires dans le monde, en facilitant l’interaction, en fournissant systématiquement des informations aux commissions et aux autres organes du Parlement, en examinant des positions et des politiques d’intérêt commun, mais aussi en écoutant les différents partenaires et les autres parties prenantes et en communiquant leurs points de vue aux organes compétents du Parlement; |
| 9. | estime que les missions officielles du Parlement en dehors de l’Union font partie intégrante de la politique extérieure de l’Union, et doivent donc être pleinement soutenues par les délégations de l’Union et bénéficier du plus haut niveau d’information et de sécurité de la part du SEAE; demande que le centre de réaction aux crises du SEAE soit doté de toutes les ressources nécessaires; estime qu’une meilleure coordination, planification et définition des priorités pour les missions entre les différents organes du Parlement renforcerait la cohérence, la crédibilité et l’impact du rôle diplomatique du Parlement; |
| 10. | suggère que les organes compétents du Parlement mettent en place une coordination interne, notamment en établissant périodiquement une liste de pays prioritaires avec lesquels il convient de coopérer, sur la base des dossiers législatifs à venir et des priorités géopolitiques ou stratégiques, en organisant des échanges de vues conjoints avec ces pays prioritaires sur les relations avec l’Union européenne ou sur des questions géopolitiques ou conflictuelles horizontales, et en favorisant les synergies entre les missions du Parlement à l’étranger afin d’éviter les multiplications inutiles, de rationaliser les ressources et d’améliorer la cohérence des messages du Parlement; |
| 11. | souligne que les parlementaires devraient être pleinement préparés aux dimensions culturelles et aux relations culturelles internationales d’un pays tiers lorsqu’ils partent en mission officielle, afin qu’ils puissent promouvoir une culture du dialogue dans le contexte d’un dialogue des cultures; demande à cet égard au SEAE, et en particulier à sa division «Communication stratégique et prospective», de soutenir pleinement les missions officielles du Parlement dans les pays tiers; |
| 12. | est d’avis que le dialogue politique que mène le Parlement et ses députés avec les acteurs gouvernementaux, parlementaires et de la société civile du monde entier contribue à promouvoir les priorités, les vues et les valeurs de l’Union sur les normes mondiales dans des domaines tels que les droits de l’homme universels, les droits des personnes LGBTI, les droits des femmes et l’égalité de genre, la démocratie, la diplomatie climatique et énergétique, la connectivité, l’intelligence artificielle et les politiques numériques et technologiques; |
| 13. | rappelle que le Parlement n’a de cesse de placer les droits de l’homme, l’état de droit et la démocratie au cœur de l’action extérieure de l’Union et d’offrir une enceinte essentielle où la voix de la société civile et des acteurs démocratiques du monde entier peut être entendue et portée à l’extérieur; souligne, à cet égard, ses actions en faveur des défenseurs des droits de l’homme, des parlementaires en danger et des jeunes dirigeants politiques, ainsi que celles visant à soutenir la participation des femmes à la vie politique et la lutte contre la désinformation; demande que les actions du Parlement soient renforcées et que les personnes dont les droits sont menacés puissent s’exprimer au cours de la prochaine législature; |
| 14. | souligne l’intérêt majeur des débats et des résolution sur les violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit, qui constituent l’un des instruments du Parlement les plus influents à l’étranger pour traiter des situations de droits de l’homme dans les pays tiers; demande, par conséquent, une meilleure visibilité de ces débats et résolutions, notamment en ce qui concerne les ordres du jour des sessions plénières et en cohérence avec les travaux des commissions et des autres organes parlementaires permanents; |
| 15. | souligne l’importance et le caractère unique du rôle du Parlement dans les missions d’observation électorale et, plus généralement, dans les programmes de soutien à la démocratie, tels que le renforcement de la démocratie parlementaire dans les pays tiers et les initiatives impliquant la médiation, la facilitation du renforcement des capacités, la prévention des conflits, la promotion d’une culture parlementaire consensuelle et démocratique et la promotion des droits de l’homme; demande que les résultats des activités du Groupe de soutien à la démocratie et de coordination des élections concernant des pays spécifiques ainsi que ceux des missions d’observation électorale de l’Union soient mieux intégrés dans les travaux pertinents des commissions et des délégations ainsi que pendant les sessions plénières lorsqu’ils se concentrent sur ces mêmes pays; |
| 16. | demande un renforcement de la coordination avec la Commission, y compris la direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement et la direction générale des partenariats internationaux, afin de soutenir la démocratie parlementaire dans le monde entier et de renforcer le soutien institutionnel aux parlements; suggère que le réseau des parlements nationaux sur le soutien à la démocratie, établi par le Parlement, pourrait devenir une enceinte institutionnelle régulière pour coordonner les activités et tirer parti de l’expertise; |
| 17. | souligne qu’il est nécessaire de parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes dans toutes les activités et missions, y compris dans la représentation du Parlement lors des déplacements en dehors de l’Union, et de renforcer l’expertise en matière d’égalité entre les hommes et les femmes par le recours à des experts en égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre des actions et des programmes d’assistance parlementaire; |
Contribution du Parlement européen à la politique étrangère et de sécurité de l’Union
| 18. | estime que la prochaine législature et la mise en place de la future Commission devraient être l’occasion de consolider le cadre des relations interinstitutionnelles entre le Parlement, le SEAE et la Commission, y compris les délégations de l’Union, afin de développer la diplomatie parlementaire et de renforcer les instruments de l’Union pour l’action extérieure; |
| 19. | demande, en particulier, de renforcer le contrôle du Parlement sur les travaux menés dans le cadre des activités de la politique étrangère et de sécurité de l’Union, en rehaussant le degré de responsabilité et en améliorant la transparence du SEAE et des services extérieurs de la Commission; insiste, dans ce contexte, sur la nécessité de mettre à jour la déclaration de 2010 sur la responsabilité politique pour redéfinir les relations entre le SEAE et le Parlement; |
| 20. | demande à la Commission, au Conseil et aux États membres d’associer effectivement le Parlement à la mise en œuvre et au contrôle des questions d’importance stratégique dans le domaine des affaires étrangères de l’Union, notamment l’application de mesures restrictives, ainsi qu’au contrôle des instruments de financement extérieur; |
| 21. | insiste sur le droit du Parlement d’être informé sur les questions de la PESC, conformément à l’article 36 du traité UE, y compris l’accès aux rapports, aux stratégies par pays et à d’autres informations confidentielles guidant la conduite de la PESC; estime, dans ce contexte, qu’il est très important d’achever dans les meilleurs délais la mise à jour de l’accord interinstitutionnel du 20 novembre 2002 entre le Parlement européen et le Conseil concernant l’accès du Parlement européen à des informations sensibles du Conseil dans le domaine de la politique de sécurité et de défense; |
| 22. | souligne que le rôle de contrôle du Parlement et son pouvoir de suivre la négociation et la mise en œuvre des accords internationaux devraient lui conférer un rôle déterminant dans la définition de la coopération de l’Union avec les pays tiers et les organisations internationales et de son action générale au niveau international, et permettraient aussi à l’Union de promouvoir l’intégration de la dimension de genre et la diplomatie climatique dans les relations internationales; déplore à cet égard les arrangements informels ou ad hoc qui ne requièrent pas l’accord du Parlement et qui, par conséquent, sapent l’autorité du Parlement en tant que colégislateur et son rôle de contrôle; |
| 23. | est d’avis que les ambassadeurs de l’Union dans les pays stratégiques et les représentants spéciaux de l’Union ne devraient être confirmés qu’après une évaluation positive de la commission des affaires étrangères du Parlement; |
| 24. | demande que les présidents des commissions extérieures du Parlement participent plus systématiquement aux réunions et événements de haut niveau dans le domaine de la PESC, y compris le Conseil des affaires étrangères; demande l’envoi de délégations conjointes du SEAE, de la Commission et du Parlement aux principales réunions multilatérales et régionales; |
| 25. | insiste pour que tous les documents stratégiques importants adoptés par la Commission et le Conseil dans le cadre de la conduite de la politique extérieure de l’Union soient élaborés en consultation avec le Parlement et prennent en compte le rôle et la contribution du Parlement en ce qui concerne lesdits documents; |
| 26. | demande que les relations entre le Parlement et les parlements nationaux des États membres, qui peuvent faire office de relais avec les exécutifs des États membres, soient renforcées; souligne, par conséquent, que la conférence interparlementaire sur la PESC/PSDC et les conférences interparlementaires organisées chaque année par la sous-commission «droits de l’homme», constituent un forum important pour l’échange d’informations et de bonnes pratiques entre les parlements nationaux et le Parlement européen dans les domaines concernés, et qu’elles devraient être renforcées; |
| 27. | estime que le Parlement a un rôle unique à jouer pour rapprocher les citoyens européens de la politique étrangère de l’Union et pour renforcer sa légitimité démocratique, notamment en dialoguant avec les entités infranationales telles que les gouvernements et les parlements régionaux, et en permettant ainsi une diplomatie à plusieurs niveaux dans les cadres juridiques et institutionnels respectifs de la politique étrangère de l'Union et des États membres, afin d’alimenter et de développer l’action extérieure de l’Union; |
| 28. | réitère son appel à développer une diplomatie européenne autonome, guidée par une culture diplomatique commune dans une perspective de l’Union, et souligne le rôle du Parlement à cet égard; estime que la mise en œuvre du projet pilote du Parlement sur la création de l’Académie diplomatique européenne, et en particulier sa structure future et permanente, constitue une avancée concrète à cet égard; demande des garanties sur la participation permanente et l’implication active du Parlement dans les futurs organes de gestion ou de direction de l’Académie diplomatique européenne, ainsi que dans ses programmes et activités de formation; |
| 29. | estime que, dans le contexte du recul des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde, le Parlement a un rôle spécifique à jouer dans la défense du multilatéralisme fondé sur des règles, de la démocratie et de l’état de droit, dans la promotion des droits de l’homme et du pluralisme politique, dans la lutte contre la désinformation et l’ingérence étrangère dans les pays tiers et dans l’aide apportée aux parlements démocratiquement élus dans le monde pour consolider leurs rôles institutionnels et leurs méthodes de travail internes au moyen de programmes ciblés; constate que les députés européens peuvent aborder des questions plus sensibles, telles que les violations des droits de l’homme, faire des déclarations publiques, recourir à des moyens de communication publics ou privés ou dialoguer avec des partenaires locaux lorsque la diplomatie traditionnelle offre une marge de manœuvre plus restreinte; |
| 30. | souligne le rôle spécifique des organes parlementaires dans l’aide aux pays partenaires, et en particulier aux pays candidats et candidats potentiels à l’élargissement des Balkans occidentaux et du voisinage oriental; appelle à renforcer leur rôle dans le processus d’adhésion à l’Union, étant donné le rôle spécifique et essentiel que jouent les parlements nationaux dans le processus de réforme requis, notamment grâce au rapprochement des législations, à un contrôle et à la sensibilisation des citoyens; rappelle que les délégations de l’Union doivent soutenir activement la coopération interparlementaire dans les pays candidats à l’adhésion et dans les pays candidats potentiels; |
| 31. | se félicite des approches novatrices telles que la coopération de commission à commission récemment lancée entre le Parlement européen et la Verkhovna Rada d’Ukraine, et encourage le développement d’autres initiatives dans ce domaine, étant donné l’importance politique du processus d’élargissement; |
| 32. | réitère son appel à renforcer les capacités institutionnelles de l’Union en matière de diplomatie préventive, de prévention des conflits et de médiation, et estime que le Parlement peut apporter son expertise et une contribution substantielle par le biais de ses organes et actions dans ce domaine, y compris en recourant à des mécanismes d’alerte précoce et à des visites sur place; |
| 33. | souligne que le vaste réseau interparlementaire que le Parlement a développé par l’intermédiaire de ses délégations permanentes et assemblées multilatérales est un moyen idéal pour débattre et coordonner les positions avec les partenaires internationaux dans les enceintes multilatérales, par exemple en ce qui concerne les résolutions des Nations unies, l’intégration de la dimension de genre, la diplomatie climatique ou les positions du G20, ainsi que pour clarifier les intentions de l’Union auprès de ses partenaires et promouvoir ses actions; souligne la contribution importante du Parlement aux travaux des forums multilatéraux par sa participation, entre autres, aux sommets parlementaires du G7 et du G20, ainsi qu’aux réunions de l’Union interparlementaire; |
| 34. | souligne le rôle du Parlement européen dans la promotion de l’égalité de genre dans le monde, y compris la lutte contre les féminicides et les violences fondées sur le genre, ainsi que des droits des personnes LGBTI dans l’action extérieure de l’Union; souligne l’importance des parlementaires dans la promotion de la prise en compte de la dimension de genre dans les relations extérieures de l’Union par la sensibilisation, le renforcement des capacités et le partage des bonnes pratiques, y compris, mais sans s’y limiter, la valeur ajoutée que représente la garantie de parlements équilibrés en matière de genre et la prise en compte de la dimension de genre dans le fonctionnement des organes parlementaires; invite le Parlement à renforcer davantage cette dimension pertinente de sa diplomatie parlementaire dans ses interactions avec les pays partenaires; |
| 35. | estime que, compte tenu de l’objectif de développement durable no 5 (parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles), le Parlement doit jouer un rôle important pour atteindre les principaux objectifs stratégiques en matière d’égalité de genre; |
| 36. | souligne le travail de sensibilisation accompli par le Parlement en faveur de la ratification et de la mise en œuvre des conventions et protocoles facultatifs des Nations unies et d’autres conventions internationales pertinentes, tels que l’accord de Paris et la convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique; |
Équipe Europe: le Parlement européen en tant que partenaire de la politique étrangère
| 37. | estime que, bien qu’il doive conserver sa pleine autonomie dans la mise en œuvre de son programme de politique étrangère, les visites et les déclarations ad hoc conjointes du Parlement et des représentants de la Commission et du Conseil en ce qui concerne les principales évolutions dans les pays tiers constituent un domaine prometteur pour l’adoption de l’approche Équipe Europe; demande, à cet égard, qu’un programme pilote interinstitutionnel de l’Équipe Europe soit lancé dans un certain nombre de pays tiers; demande que, dans le cadre de ce programme pilote, les outils du Parlement soient pleinement intégrés dans une approche interinstitutionnelle concertée à l’égard des pays concernés; |
| 38. | dénonce la décision de certains pays, y compris ceux qui ont conclu des accords avec l’Union, d’interdire aux délégations du Parlement et aux députés européens d’entrer sur tout ou partie de leur territoire; dénonce les menaces proférées et les sanctions prises par certains pays tiers à l’encontre de députés européens; insiste pour que le Conseil et les États membres prennent des mesures immédiates et énergiques, y compris des sanctions si nécessaire, lorsque les organes du Parlement ou des députés individuels sont visés par des mesures restrictives de la part de pays tiers; |
| 39. | souligne que l’observation électorale est le domaine dans lequel la coopération entre le Parlement et le SEAE est la plus structurée, les deux institutions menant des activités d’observation électorale qui sont bien imbriquées de différentes manières; |
| 40. | réitère son appel en faveur d’une coordination plus stratégique entre les institutions de l’Union en ce qui concerne les cas individuels urgents qui impliquent des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes ou des membres de groupes particulièrement vulnérables; est convaincu que la diplomatie parlementaire peut se révéler un mécanisme efficace et complémentaire pour dialoguer avec les pays tiers sur ce type de cas; demande la création d’un groupe de travail interinstitutionnel sur les défenseurs des droits de l’homme afin de coordonner les efforts européens sur les cas prioritaires de défenseurs des droits de l’homme; |
| 41. | réitère sa demande au HR/VP, en coopération avec les États membres et le Parlement, d’adopter une liste annuelle de pays cibles suscitant de vives inquiétudes quant au sort des défenseurs des droits de l’homme et des militants de la démocratie, ce qui permettrait, entre autres, une réponse pratique pleinement coordonnée de l’équipe Europe sur le terrain; estime que le Parlement pourrait jouer un rôle décisif en utilisant ses moyens institutionnels et autres pour soutenir cette approche ciblée et intégrée; |
| 42. | invite instamment chaque délégation de l’Union à mieux faire connaître sur son site internet les travaux du Parlement qui présentent un intérêt pour le pays d’accueil, y compris dans la langue locale, et à maintenir le dialogue avec les autorités locales et les organisations locales de la société civile; ° ° ° |
| 43. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres. |
(1) JO L 201 du 3.8.2010, p. 30.
(2) JO C, C/2023/410, du 23.11.2023, ELI: https://eur-lex.europa.eu/eli/C/2023/410/oj?locale=fr.
(3) JO C 214 du 16.6.2023, p. 26.
(4) JO C 214 du 16.6.2023, p. 54.
(5) JO C 23 du 21.1.2021, p. 16.
(6) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0316.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5707/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0073 — La situation des droits de l'homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la situation des droits de l’homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov (2024/2993(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024