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AccueilDroit européen52024IP0024
Initiative législative52024IP0024

P9_TA(2024)0024 — Mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union — Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur la mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union (2023/2085(INI))

CELEX52024IP0024
TypeInitiative législative
Datemercredi 17 janvier 2024

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen dresse un bilan de la mise en œuvre des droits conférés par la citoyenneté de l'Union, notamment la libre circulation, les droits électoraux et la protection consulaire. Elle formule des recommandations pour renforcer l'exercice effectif de ces droits par les citoyens, en insistant sur la nécessité de lever les obstacles administratifs persistants et de mieux informer les justiciables. Pour le praticien français, ce texte sert de référence politique pour anticiper d'éventuelles évolutions législatives et interpréter les droits des citoyens européens résidant en France.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5715

17.10.2024

P9_TA(2024)0024

Mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union

Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur la mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union (2023/2085(INI))

(C/2024/5715)

Le Parlement européen,

—

vu les articles 2, 3, 6, 9, 10, 11, 12, 21 et 23 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

—

vu les articles 15, 20, 21, 22, 24, 26, 45, 46, 47, 48, 153 et 165 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

—

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres, modifiant le règlement (CEE) no 1612/68 et abrogeant les directives 64/221/CEE, 68/360/CEE, 72/194/CEE, 73/148/CEE, 75/34/CEE, 75/35/CEE, 90/364/CEE, 90/365/CEE et 93/96/CEE (1),

—

vu le règlement (UE) 2021/692 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 établissant le programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs» et abrogeant le règlement (UE) no 1381/2013 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (UE) no 390/2014 du Conseil (2),

—

vu le règlement (UE) no 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 relatif à la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de l’Union (3),

—

vu le règlement (UE) 2019/1149 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 instituant l’Autorité européenne du travail, modifiant les règlements (CE) no 883/2004, (UE) no 492/2011 et (UE) 2016/589, et abrogeant la décision (UE) 2016/344 (4),

—

vu la directive (UE) 2018/957 du Parlement européen et du Conseil du 28 juin 2018 modifiant la directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services (5),

—

vu le règlement (UE) 2016/589 du Parlement européen et du Conseil du 13 avril 2016 relatif à un réseau européen des services de l’emploi (EURES), à l’accès des travailleurs aux services de mobilité et à la poursuite de l’intégration des marchés du travail, et modifiant les règlements (UE) no 492/2011 et (UE) no 1296/2013 (6),

—

vu la directive 2013/55/UE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 modifiant la directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles et le règlement (UE) n° 1024/2012 concernant la coopération administrative par l’intermédiaire du système d’information du marché intérieur (7),

—

vu la directive (UE) 2015/637 du Conseil du 20 avril 2015 établissant les mesures de coordination et de coopération nécessaires pour faciliter la protection consulaire des citoyens de l’Union non représentés dans des pays tiers et abrogeant la décision 95/553/CE (8),

—

vu la directive (UE) 2019/997 du Conseil du 18 juin 2019 établissant un titre de voyage provisoire de l’Union européenne et abrogeant la décision 96/409/PESC (9),

—

vu la communication de la Commission du 2 juillet 2009 concernant les lignes directrices destinées à améliorer la transposition et l’application de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres (COM(2009)0313),

—

vu le règlement (UE) 2019/788 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relatif à l’initiative citoyenne européenne (10),

—

vu le règlement (UE) 2020/1042 du Parlement européen et du Conseil du 15 juillet 2020 fixant des mesures temporaires concernant les délais applicables aux phases de collecte, de vérification et d’examen prévues dans le règlement (UE) 2019/788 relatif à l’initiative citoyenne européenne en raison de la propagation de la COVID-19 (11),

—

vu la communication de la Commission du 2 décembre 2020 intitulée «Stratégie visant à renforcer l’application de la Charte des droits fondamentaux dans l’Union européenne» (COM(2020)0711),

—

vu la communication de la Commission du 3 décembre 2020 relative au plan d’action pour la démocratie européenne (COM(2020)0790),

—

vu la communication de la Commission du 25 novembre 2021 intitulée «Proteger l’integrite des elections et promouvoir la participation democratique» (COM(2021)0730),

—

vu la communication de la Commission du 15 décembre 2020 intitulée «Rapport 2020 sur la citoyenneté de l’Union: donner aux citoyens les moyens d’agir et protéger leurs droits» (COM(2020)0730),

—

vu le rapport de la Commission du 15 décembre 2020 établi en application de l’article 25 du traité FUE concernant les progrès réalisés sur la voie de l’exercice effectif de la citoyenneté de l’Union pour la période 2016-2020 (COM(2020)0731),

—

vu sa position du 14 février 2023 sur la proposition de directive du Conseil fixant les modalités de l’exercice du droit de vote et d’éligibilité aux élections au Parlement européen pour les citoyens de l’Union résidant dans un État membre dont ils ne sont pas ressortissants (refonte) (12),

—

vu sa position du 14 février 2023 sur la proposition de directive du Conseil fixant les modalités de l’exercice du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales pour les citoyens de l’Union résidant dans un État membre dont ils n’ont pas la nationalité (refonte) (13),

—

vu sa résolution du 12 février 2019 sur la mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union (14),

—

vu sa résolution du 9 mars 2022 assortie de propositions à la Commission sur les programmes de citoyenneté et de résidence contre investissement (15),

—

vu sa résolution du 10 mars 2022 sur le rapport 2020 sur la citoyenneté de l’Union: donner aux citoyens les moyens d’agir et protéger leurs droits (16),

—

vu sa résolution du 13 juin 2023 sur la mise en œuvre des règlements relatifs à l’initiative citoyenne européenne (17),

—

vu sa résolution du 14 septembre 2023 sur le parlementarisme, la citoyenneté européenne et la démocratie (18),

—

vu sa résolution du 7 juillet 2021 sur les dialogues citoyens et la participation des citoyens au processus décisionnel de l’Union européenne (19),

—

vu sa résolution du 9 mars 2022 sur la participation des citoyens: le droit de pétition, le droit de saisir le Médiateur européen et l’initiative citoyenne européenne (20),

—

vu sa résolution du 15 mars 2017 sur les obstacles qui entravent les libertés de circuler et de travailler des citoyens de l’Union européenne au sein du marché intérieur (21),

—

vu le rapport annuel 2023 sur les droits fondamentaux de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu le rapport sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

—

vu les résultats de l’Eurobaromètre Flash 485/2020 et de l’Eurobaromètre standard 99/2023,

—

vu le rapport de la Commission du 6 décembre 2023 établi en application de l’article 25 du traité FUE concernant les progrès réalisés sur la voie de l’exercice effectif de la citoyenneté de l’Union pour la période 2020-2023 (COM(2023)0931) (le «rapport 2023 sur la citoyenneté de l’Union»),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur, ainsi que l’article 1er, paragraphe 1, point e), et l’annexe 3 de la décision de la Conférence des présidents du 12 décembre 2002 relative à la procédure d’autorisation pour l’élaboration de rapports d’initiative,

—

vu l’avis de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures,

—

vu le rapport de la commission des affaires constitutionnelles (A9-0436/2023),

A.

considérant que la citoyenneté de l’Union a été établie avec l’entrée en vigueur du traité de Maastricht en 1993 puis renforcée par le traité de Lisbonne en 2009; que trente ans après cet établissement, d’importants changements sociaux, numériques, économiques et politiques ont eu lieu;

B.

considérant que, en vertu de l’article 20, paragraphe 1, du traité FUE, la citoyenneté de l’Union s’ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas; que pour l’instant, la citoyenneté de l’Union n’impose pas de devoirs à ses citoyens;

C.

considérant que la citoyenneté de l’Union est une construction unique qui reflète l’identité démocratique et les valeurs communes des citoyens de l’Union, et qu’elle a contribué à tisser des liens, à promouvoir l’égalité et à rejeter toutes les formes de racisme et de discrimination; que le potentiel de la citoyenneté de l’Union n’a pas encore été totalement exploité;

D.

considérant que la libre circulation a permis à plus de 15 millions de citoyens de l’Union (22) de vivre et de travailler dans un autre État membre et à tous les citoyens de l’Union de se déplacer librement sur le territoire de celle-ci, ce qui rend la citoyenneté de l’Union plus importante que jamais;

E.

considérant que trop souvent, les citoyens de l’Union ne sont pas suffisamment sensibilisés aux droits, aux devoirs civiques et aux libertés découlant de leur citoyenneté de l’Union, qu’ils connaissent et comprennent mal; qu’il subsiste d’importantes lacunes dans l’application pratique de la citoyenneté de l’Union et dans le plein exercice des droits et libertés qui en découlent, dont certaines sont dues à la mise en œuvre non uniforme de la législation de l’Union par les États membres;

F.

considérant que les résultats de la consultation publique de 2020 sur la citoyenneté de l’Union ont révélé que plus de 60 % des participants estiment qu’ils ne sont pas bien informés au sujet de leurs droits liés à la citoyenneté de l’Union (23); que l’enquête Eurobaromètre Flash de 2023 sur la citoyenneté et la démocratie montre que la moitié des personnes interrogées estiment qu’elles sont bien informées de leurs droits en tant que citoyens de l’Union;

G.

considérant que les citoyens de l’Union sont confrontés à des défis sans précédent en raison de la pandémie de COVID-19, outre la révolution numérique et les transformations sociales et économiques y afférentes;

H.

considérant que la compilation et la consolidation des droits existants et futurs permettraient d’exercer mieux et de manière plus éclairée les droits et libertés découlant de la citoyenneté de l’Union;

I.

considérant que la conférence sur l’avenir de l’Europe constitue un exemple concret de la participation des citoyens à la vie démocratique de l’Union; que ses conclusions comprennent des propositions et des mesures qui tiennent compte de l’accord entre les institutions européennes et les citoyens de l’Union visant à renforcer la citoyenneté de l’Union;

J.

considérant que les obstacles à l’exercice des droits liés à la citoyenneté de l’Union créent des situations d’inégalité et de discrimination entre les citoyens de l’Union, en particulier les citoyens mobiles et les membres de leur famille, notamment les enfants, les personnes vivant dans les régions transfrontalières et les zones rurales de l’Union, ainsi que les membres de groupes vulnérables et marginalisés, tels que les minorités, les personnes à faibles revenus, les sans-abri, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes exposées au risque d’exclusion numérique;

K.

considérant que près de 87 millions de citoyens de l’Union vivent avec une forme quelconque de handicap (24) et éprouvent des difficultés à exercer leurs droits civiques, ces difficultés entraînant parfois un refus direct de leur droit de circuler et de séjourner librement et des restrictions à la jouissance de leurs droits politiques;

L.

considérant que certains États membres continuent de proposer des visas dits «dorés» et des programmes destinés aux investisseurs pour accéder à la nationalité de ces pays et, par conséquent, à la citoyenneté de l’Union;

Introduction

1.

estime que la citoyenneté de l’Union comprend l’identité démocratique européenne partagée et commune ainsi que les droits, devoirs civiques et libertés spécifiques qui y sont attachés, et que l’exercice de ces droits, en ligne et hors ligne, renforce le lien des citoyens avec l’Union et sa légitimité démocratique, tout en leur offrant des droits supplémentaires;

2.

souligne que la construction de la citoyenneté de l’Union doit évoluer pour répondre aux besoins et aux enjeux européens du XXIe siècle, et qu’il convient, pour ce faire, de reconnaître le potentiel de l’innovation numérique et la nécessité d’adopter une approche équilibrée pour faire face à la complexité générée par la mondialisation et les nouvelles technologies; souligne que la numérisation des processus démocratiques, combinée à une culture numérique insuffisante et à un accès insuffisant aux technologies de l’information et de la communication, risque de contribuer à une fracture numérique croissante dans l’exercice des droits liés à la citoyenneté, isolant une partie des citoyens du projet européen;

3.

estime que le plurilinguisme au sein des institutions de l’Union et dans le cadre de leur interaction avec les citoyens constitue un aspect majeur du renforcement de la notion de citoyenneté de l’Union; souligne à cet égard que les conclusions du Conseil du 13 juin 2005 prévoient que les langues non officielles de l’Union reconnues dans un État membre ou une partie de son territoire peuvent être utilisées par les citoyens de l’Union dans leurs relations avec ses institutions et de manière officielle au sein des institutions ou organes de l’Union, y compris du Parlement européen;

4.

souligne que le Parlement a demandé la création d’un statut de citoyen de l’Union dans sa résolution du 12 février 2019 sur la mise en œuvre des dispositions du traité relatives à la citoyenneté de l’Union et dans sa résolution du 10 mars 2022 sur le rapport 2020 sur la citoyenneté de l’Union: donner aux citoyens les moyens d’agir et protéger leurs droits; rappelle que la conférence sur l’avenir de l’Europe a souligné l’importance de renforcer la citoyenneté de l’Union en indiquant dans ses conclusions qu’un tel statut serait un outil utile pour rendre les principes et les valeurs de l’Union plus tangibles;

5.

regrette que la Commission n’ait pas spécifiquement mentionné le renforcement de la citoyenneté de l’Union et les moyens potentiels d’y parvenir dans sa communication publiée à l’issue de la conférence sur l’avenir de l’Europe (25); rappelle que le Conseil s’est montré disposé à renforcer la citoyenneté dans l’évaluation technique qu’il a publiée concernant la conférence sur l’avenir de l’Europe, mais qu’il n’a pas encore présenté, ni adopté ou appliqué de mesures afin de parvenir à cet objectif;

6.

rappelle que la Commission publiera son rapport 2023 sur la citoyenneté de l’Union avant la fin de l’année et escompte qu’elle y proposera de nouvelles initiatives pour renforcer la citoyenneté de l’Union et pour remédier aux lacunes de sa mise en œuvre; regrette que, cette fois, la Commission ait choisi de publier un appel à contributions au lieu de procéder à une consultation publique comme elle l’a fait les années précédentes; rappelle que les résultats de l’appel à contributions ne contiennent pas une vue complète des dernières évolutions et des lacunes dans la mise en œuvre; souligne que le rapport devrait être élaboré sur la base de données actualisées;

Problèmes liés à la citoyenneté de l’Union

7.

s’inquiète des difficultés spécifiques qui entravent le plein exercice des droits et libertés découlant de la citoyenneté de l’Union;

Droits politiques

8.

déplore que les citoyens mobiles soient moins susceptibles d’exercer leur droit de vote et de se présenter aux élections européennes et municipales dans leur État membre de résidence, notamment à cause du manque d’informations, des barrières linguistiques, des difficultés à s’inscrire sur les listes électorales et du faible taux de réussite des candidats non nationaux;

9.

est vivement préoccupé par la pratique de certains États membres qui privent leurs citoyens du droit de vote aux élections législatives nationales lorsqu’ils vivent à l’étranger de manière permanente ou temporaire, ce qui a pour conséquence leur exclusion de la vie politique aussi bien de leur pays d’origine que de leur pays de résidence;

Liberté de circulation et de séjour

10.

souligne que l’espace Schengen est l’une des plus grandes réussites de l’Union; souligne que tous les obstacles à la liberté de circulation dans l’Union devraient être levés afin que tous les citoyens européens bénéficient des mêmes droits relatifs à la citoyenneté de l’Union; demande l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen, conformément aux résolutions du Parlement;

11.

fait part de sa préoccupation quant au fait que les citoyens mobiles de l’Union, notamment ceux issus de groupes vulnérables, sont traités différemment des ressortissants nationaux par leur État membre de résidence pour ce qui est de l’accès aux prestations; invite les États membres à appliquer correctement la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) interdisant une telle discrimination;

12.

est préoccupé par les difficultés et les problèmes auxquels sont confrontés les citoyens vivant dans les régions transfrontalières de l’Union, en particulier en cas de fermeture des frontières en raison d’une crise à l’échelle de l’Union ou d’une région; invite les États membres, dans de tels cas, à maintenir une coopération transfrontalière et, le cas échéant, une interaction étroite avec les collectivités locales et régionales concernées;

Protection consulaire

13.

est préoccupé par l’existence de lacunes tant dans la mise en œuvre de la directive sur la protection consulaire que dans le fonctionnement des réseaux consulaires des États membres, et relève que ces lacunes se sont amplifiées à la suite du retrait du Royaume-Uni de l’Union; déplore, à cet égard, que les citoyens de l’Union aient un accès limité à la protection et à l’assistance consulaires dans certains pays tiers;

14.

souligne qu’il est arrivé que deux ressortissants de deux États membres différents n’aient pas pu accomplir certaines formalités, comme le mariage, auprès de la représentation consulaire de l’un de ces États membres, alors même que l’autre État membre n’avait pas de représentation consulaire accessible de ce pays;

Discrimination

15.

estime que le manque d’uniformité des règles des États membres en matière d’acquisition et de perte de la citoyenneté nationale a entraîné des différences en ce qui concerne l’acquisition et la perte de la citoyenneté de l’Union, et que ces différences ont entraîné, dans certains cas, une violation des principes et valeurs de l’Union;

16.

souligne qu’il subsiste plusieurs cas dans lesquels l’acquisition d’un droit de séjour dérivé est refusée à des ressortissants de pays tiers ayant la charge de mineurs qui sont des citoyens de l’Union, et ce malgré l’évolution de la jurisprudence de la CJUE;

17.

exprime une nouvelle fois sa préoccupation à l’égard de la discrimination subie par les couples de même sexe et leurs enfants lorsqu’ils exercent leur droit fondamental à la liberté de circulation au sein de l’Union;

Recommandations

18.

invite les États membres et les autorités locales et régionales à mettre pleinement en œuvre les directives existantes sur les droits des citoyens mobiles et de remédier rapidement aux lacunes existantes en amont des élections européennes; préconise d’élaborer des campagnes de sensibilisation ciblées dans le pays de résidence afin d’informer les citoyens mobiles de l’Union de leur droit de voter et de se présenter aux élections européennes et municipales dans ce pays; réitère son appel à étendre les droits des citoyens mobiles aux élections nationales et régionales;

19.

invite les États membres à garantir le droit de leurs ressortissants expatriés à voter dans leur pays d’origine, lorsque ce droit est reconnu, en créant les conditions réglementaires leur permettant de voter et en supprimant tout obstacle bureaucratique qui en entrave et parfois en empêche l’exercice; invite les États membres, en particulier, à garantir ces droits de la même manière et à éliminer toute forme de différence de traitement entre leurs ressortissants expatriés en ce qui concerne le vote à distance, notamment le vote par correspondance, le cas échéant; préconise une application uniforme du droit de vote lors des élections européennes pour les citoyens de l’Union résidant en dehors de l’Union;

20.

invite la Commission à adopter une nouvelle communication clarifiant certains concepts clés contenus dans la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans l’Union, afin de fournir aux États membres des lignes directrices à jour qui pourraient contribuer à améliorer la mise en œuvre de la directive au niveau national, au bénéfice des citoyens de l’Union et des membres de leur famille;

21.

invite l’Union à promouvoir l’adoption d’une charte européenne des droits numériques contraignante, y compris les droits liés à la citoyenneté numérique, en s’appuyant sur la déclaration européenne sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique;

22.

se félicite de la proposition de la Commission visant à mettre à jour et à améliorer la directive sur la protection consulaire afin de renforcer le droit des citoyens de l’Union à la protection consulaire, en particulier dans des situations de crise, notamment en donnant aux délégations de l’Union un rôle plus actif dans l’assistance aux citoyens de l’Union sous-représentés;

23.

invite les États membres à mettre un terme aux programmes de «visas dorés» et aux programmes d’investisseurs, ainsi qu’à tout autre régime national similaire conduisant à l’acquisition de leur citoyenneté et impliquant la vente directe ou indirecte et l’utilisation abusive de la citoyenneté de l’Union, car ils portent atteinte au concept même de citoyenneté de l’Union et violent les principes et les valeurs de l’Union; prie instamment les États membres de préserver l’intégrité et la valeur de la citoyenneté de l’Union; invite la Commission à prendre toutes les mesures nécessaires, telles que le renvoi des États membres concernés devant la CJUE;

24.

demande, dans le contexte de la prochaine révision des traités, que le Parlement et le Conseil puissent, conformément à la procédure législative ordinaire, adopter des dispositions communes visant à empêcher la vente de passeports ou d’autres abus concernant l’acquisition et la perte de la citoyenneté de l’Union par des ressortissants de pays tiers, en vue d’harmoniser les conditions dans lesquelles cette citoyenneté peut être acquise;

25.

invite les États membres et les autorités concernées à adapter les programmes scolaires ou à en créer pour enseigner l’histoire de l’Europe et de l’Union européenne ainsi que son fonctionnement, afin de promouvoir une citoyenneté active et des valeurs européennes communes, et de sensibiliser davantage à la valeur ajoutée qu’offre le fait d’être un Européen et un citoyen de l’Union; souligne que le renforcement de la dimension européenne de l’éducation civique et la garantie de l’égalité d’accès pour tous, notamment en utilisant tous les outils numériques disponibles, permettront aux citoyens de l’Union d’agir en tant que citoyens informés et de participer pleinement à la vie civique, politique et sociale, tant au niveau européen qu’au niveau national; souligne que le programme Erasmus+ peut jouer un rôle important dans le renforcement de l’éducation civique européenne grâce à la mobilité à des fins d’apprentissage pour tous, indépendamment de l’âge, du genre, de l’emploi ou du niveau d’éducation;

26.

invite la Commission à développer des consultations publiques adaptées à tous les citoyens de l’Union, en particulier aux jeunes, afin d’accroître la participation des citoyens de l’Union; prie instamment la Commission de revoir la manière dont les consultations publiques sont menées afin de renforcer l’engagement civique et la participation d’un plus large éventail de citoyens européens, en s’inspirant de la réussite de la conférence sur l’avenir de l’Europe; invite la Commission, à cet égard, à améliorer encore le portail «Donnez votre avis» en profitant des nouvelles technologies, et à communiquer sur la façon dont les retours d’information des citoyens alimentent les différentes initiatives;

27.

préconise de créer un guichet unique pour tous les outils participatifs de l’Union, tels que l’initiative citoyenne européenne, les pétitions adressées au Parlement, les plaintes adressées au Médiateur européen, les consultations publiques et les dialogues citoyens, et des renforcer l’efficacité de ces outils, notamment en veillant à ce qu’ils contribuent à la définition des priorités européennes tout en garantissant la consolidation de la démocratie représentative dans le processus décisionnel; invite la Commission, les États membres et les autorités régionales et locales à redoubler d’efforts pour faire connaître ces instruments de participation au public;

28.

réitère sa proposition de créer un mécanisme permanent de consultation des citoyens permettant aux citoyens, en particulier aux jeunes, de se prononcer sur les priorités et les politiques de l’Union, et de contribuer ainsi à l’application, entre autres, d’un «contrôle par les jeunes» dans la législation dans la perspective de compléter, et non de remplacer la démocratie parlementaire représentative; propose que les représentants du Parlement soient informés de ces délibérations afin qu’ils puissent déterminer s’il y a lieu d’y donner suite;

29.

propose d’envisager l’introduction d’une carte de citoyen européen, qui pourrait, par exemple, faciliter l’exercice des droits liés à la citoyenneté et le vote aux élections européennes, ainsi que l’utilisation des instruments participatifs;

30.

souligne le rôle important des bureaux Europe Direct pour ce qui est de stimuler à l’échelon local la participation des citoyens à la vie démocratique de l’Union européenne; encourage les États membres et les entités régionales et locales à coopérer davantage avec ces bureaux;

31.

demande à la Commission d’utiliser davantage les médias sociaux et les outils numériques, en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement de la participation des jeunes et des personnes handicapées au processus démocratique, et de promouvoir ainsi leur engagement, tout en tenant compte du fait que l’âge du droit de vote a été revu à la baisse dans des États membres pour les élections européennes; invite la Commission, à cet égard, à promouvoir davantage la participation démocratique en renforçant ses échanges avec les citoyens et en sensibilisant ces derniers à l’incidence de la législation de l’Union sur leur vie quotidienne;

32.

estime que, compte tenu de l’influence croissante de la sphère numérique sur la vie des citoyens, en particulier les médias sociaux et l’IA, il demeure essentiel que les États membres et les institutions européennes continuent de mettre l’accent sur la création de nouvelles politiques publiques et la mise en œuvre de mécanismes efficaces visant à protéger les droits fondamentaux en ligne et à lutter contre l’ingérence étrangère et la désinformation, qui représentent des menaces existentielles pour la démocratie et l’exercice même des droits des citoyens;

33.

invite instamment le Conseil et la Commission à reprendre les négociations sur la révision du règlement (CE) no 1049/2001 (26) afin de garantir que les citoyens de l’Union soient en mesure d’exercer pleinement leur droit d’accès aux documents et de contrôle des institutions, organes et organismes de l’Union.

34.

réaffirme la nécessité d’élaborer un statut de citoyen de l’Union, sur la base de l’article 25 du traité FUE, qui compile les droits existants et futurs en matière de citoyenneté, afin d’en renforcer le caractère exécutoire et de garantir l’égalité des citoyens, d’améliorer la cohésion et de répondre aux changements sociaux, économiques, politiques et numériques; rappelle que cette action devrait s’inscrire dans le cadre des traités;

35.

propose que, dans le domaine de la participation et des droits politiques, de la liberté de circulation et de la citoyenneté numérique, et conformément à la législation actuelle et future de l’Union, les citoyens puissent prétendre, en particulier:

—

à une représentation démocratique équilibrée des femmes et des hommes sur les listes électorales;

—

à une plateforme numérique interactive permanente sur laquelle les citoyens peuvent diffuser leurs propositions et leurs idées dans toutes les langues officielles de l’Union;

—

à la reconnaissance de l’équivalence de périodes d’études, et pas seulement de qualifications et de compétences professionnelles, pour pouvoir travailler dans un autre État membre;

—

à un accès universel à l’internet, afin de garantir l’inclusion et l’égalité d’accès des citoyens à l’environnement numérique;

—

à gérer leur propre identité numérique, au-delà de la protection qui existe déjà en matière de données à caractère personnel dans l’environnement numérique;

—

à l’héritage numérique des données numériques d’une personne décédée;

—

au développement de systèmes d’IA sûrs, transparents, traçables et supervisés par des humains et des organes réglementaires;

36.

préconise d’inclure une clause transversale de non-discrimination dans le statut de citoyen de l’Union en tant que garantie supplémentaire de l’égalité dans l’exercice des droits liés à la citoyenneté, afin de garantir la non-discrimination et de protéger les citoyens, en particulier les personnes issues de groupes vulnérables et marginalisées ainsi que celles vivant dans les régions frontalières;

37.

invite la Commission à mener des campagnes de sensibilisation ciblées sur les droits et les devoirs civiques découlant de la citoyenneté de l’Union et du statut, notamment en créant un dossier d’information de l’Union sur la citoyenneté, et à consacrer davantage de ressources à la citoyenneté de l’Union; souligne qu’avec la révolution numérique et technologique, les citoyens sont devenus les véritables piliers de nos systèmes démocratiques et que c’est eux qui les défendront;

38.

prend acte du train de mesures sur la citoyenneté, en particulier du rapport 2023 sur la citoyenneté de l’Union publié par la Commission le 6 décembre 2023 afin de renforcer la citoyenneté de l’Union et de la rendre plus tangible pour les citoyens de l’Union; invite la Commission à tenir compte des recommandations formulées dans ce rapport et à prendre les mesures nécessaires pour les mettre en œuvre conformément à la procédure prévue dans les traités;

39.

demande une nouvelle fois de convoquer une convention pour la révision des traités, tel que prévu à l’article 48 du traité UE; est fermement convaincu que la convention devrait soigneusement évaluer les moyens de renforcer encore la citoyenneté de l’Union;

°

° °

40.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 158 du 30.4.2004, p. 77.

(2) JO L 156 du 5.5.2021, p. 1.

(3) JO L 141 du 27.5.2011, p. 1.

(4) JO L 186 du 11.7.2019, p. 21.

(5) JO L 173 du 9.7.2018, p. 16.

(6) JO L 107 du 22.4.2016, p. 1.

(7) JO L 354 du 28.12.2013, p. 132.

(8) JO L 106 du 24.4.2015, p. 1.

(9) JO L 163 du 20.6.2019, p. 1.

(10) JO L 130 du 17.5.2019, p. 55.

(11) JO L 231 du 17.7.2020, p. 7.

(12) JO C 283 du 11.8.2023, p. 76.

(13) JO C 283 du 11.8.2023, p. 100.

(14) JO C 449 du 23.12.2020, p. 6.

(15) JO C 347 du 9.9.2022, p. 97.

(16) JO C 347 du 9.9.2022, p. 202.

(17) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0230.

(18) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0330.

(19) JO C 99 du 1.3.2022, p. 96.

(20) JO C 347 du 9.9.2022, p. 110.

(21) JO C 263 du 25.7.2018, p. 98.

(22) Eurostat, « Archive: EU citizens living in another Member State - statistical overview ».

(23) Commission européenne, «Rapport sur la citoyenneté de l’Union 2020 – Rapport final: Résultats de la consultation publique sur les droits liés à la citoyenneté de l’Union 2020», décembre 2020.

(24) Données: Statistiques de l’UE sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC) et enquête sur les forces de travail dans l’UE (EFT-UE); Grammenos, S. et Priestley, M., «Données en lien avec Europe 2020 et concernant les personnes handicapées– tableaux». Eurostat, 2020.

(25) Communication de la Commission du 17 juin 2022 intitulée «Conférence sur l’avenir de l’Europe: transformer une vision en actions concrètes» (COM(2022)0404).

(26) Règlement (CE) no 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2001 relatif à l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO L 145 du 31.5.2001, p. 43).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5715/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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