| CELEX | 52024IP0028 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 17 janvier 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5719 | 17.10.2024 |
P9_TA(2024)0028
Implications en matière de sécurité et de défense de l’influence de la Chine sur les infrastructures critiques dans l’Union européenne
Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur les implications en matière de sécurité et de défense de l’influence de la Chine sur les infrastructures critiques dans l’Union européenne (2023/2072(INI))
(C/2024/5719)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu le titre V du traité sur l’Union européenne, et notamment son chapitre 2, section 2, sur les dispositions concernant la politique de sécurité et de défense commune, |
| — | vu la «boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales», approuvée par le Conseil le 21 mars 2022 et entérinée par le Conseil européen le 25 mars 2022, |
| — | vu la déclaration de Versailles adoptée le 11 mars 2022 lors d’une réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement, |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 20 juin 2023 sur la stratégie européenne de sécurité économique (JOIN(2023)0020), |
| — | vu le règlement (UE) 2022/2560 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 relatif aux subventions étrangères faussant le marché intérieur (1), |
| — | vu le règlement (UE) 2019/452 du Parlement européen et du Conseil du 19 mars 2019 établissant un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union (2), |
| — | vu la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil (directive sur la résilience des entités critiques) (3), |
| — | vu la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) no 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (directive SRI 2) (4), |
| — | vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux exigences horizontales en matière de cybersécurité applicables aux produits comportant des éléments numériques et modifiant le règlement (UE) 2019/1020, présentée par la Commission le 15 septembre 2022 (COM(2022)0454), |
| — | vu le règlement (UE) 2023/1781 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2023 établissant un cadre de mesures pour renforcer l’écosystème européen des semi-conducteurs (règlement sur les semi-conducteurs) (5), |
| — | vu sa position en première lecture sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un cadre visant à garantir un approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques (règlement européen sur les matières premières critiques) dans le TA adopté dans la version non finalisée (6), |
| — | vu le règlement (UE) 2023/2675 du 22 novembre 2023 du Parlement européen et du Conseil relatif à la protection de l’Union et de ses États membres contre la coercition économique exercée par des pays tiers (7), |
| — | vu sa résolution du 16 septembre 2021 sur une nouvelle stratégie UE-Chine (2021/2037(INI)) (8), visant entre autres à renforcer la «boîte à outils en matière commerciale» de l’Union afin de contribuer à la correction du déséquilibre qui existe actuellement entre les relations économiques et commerciales bilatérales qu’entretiennent la Chine et l’Union, |
| — | vu les résolutions du Parlement du 9 mars 2022 (9) et du 1er juin 2023 sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation (10), |
| — | vu la communication conjointe au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement du 1er décembre 2021 intitulée «La stratégie “Global Gateway” » (JOIN(2021)0030), |
| — | vu la recommandation de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’UE en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres (C(2023)6689), |
| — | vu la recommandation du Conseil du 8 décembre 2022 relative à une approche coordonnée à l’échelle de l’Union pour renforcer la résilience des infrastructures critiques (11), |
| — | vu le communiqué du sommet de Vilnius publié par les chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord qui s’est tenue à Vilnius le 11 juillet 2023, |
| — | vu le rapport d’évaluation final de la task-force UE-OTAN du 29 juin 2023 sur la résilience des infrastructures critiques, |
| — | vu la déclaration commune du 10 janvier 2023 sur la coopération UE-OTAN, |
| — | vu le communiqué des dirigeants du G7 de Hiroshima du 20 mai 2023, |
| — | vu les conclusions du Conseil sur la stratégie révisée de sûreté maritime de l’UE et son plan d’action du 24 octobre 2023, |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission du commerce international, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0401/2023), |
| A. | considérant que la récente communication conjointe sur une stratégie européenne en matière de sécurité économique vise à réduire au minimum et à gérer les risques découlant de certains flux économiques ainsi que la dépendance de l’Union à l’égard de régimes autoritaires et totalitaires tels que celui de la République populaire de Chine (RPC) dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et d’accélération des évolutions technologiques, tout en protégeant les principes d’un marché libre de toute perturbation par les régimes susmentionnés et, ainsi, en préservant un maximum d’ouverture et de dynamisme économiques; |
| B. | considérant que les perturbations d’infrastructures critiques peuvent avoir des répercussions négatives importantes sur des fonctions gouvernementales vitales, des services essentiels pour la population, l’activité économique ainsi que la sécurité et la défense de l’Union; qu’il est primordial que les États membres et la Commission restent vigilants face aux investissements financiers de pays étrangers dans l’exploitation d’entités critiques au sein de l’Union et soient conscients des conséquences que ces investissements pourraient avoir sur la capacité à prévenir d’importantes perturbations; |
| C. | considérant que la directive sur la résilience des entités critiques (12) et la directive SRI 2 (13) fournissent un cadre juridique complet pour renforcer la résilience physique et numérique des infrastructures critiques, y compris celles liées à l’énergie, aux transports, à la santé, aux infrastructures numériques, à l’eau et à l’alimentation; |
| D. | considérant que, depuis la publication de la recommandation du Conseil du 8 décembre 2022, des actions ciblées ont déjà été lancées pour garantir une réponse commune de l’Union aux incidents, notamment en renforçant la coordination avec l’OTAN par l’intermédiaire de la task force UE-OTAN sur la résilience des infrastructures critiques intégrée dans le dialogue structuré OTAN-UE sur la résilience; |
| E. | considérant que les ports européens dans lesquels des entreprises publiques chinoises possèdent des participations gèrent plus de 10 % de la capacité totale de conteneurs maritimes de l’Europe; que les trois plus grands actionnaires chinois dans les ports européens détiennent des actifs dans près de la moitié des ports (14 sur 29) qui sont situés à proximité de bases navales ou fournissent un soutien logistique aux forces de l’OTAN, ce qui accroît fortement le risque d’espionnage; |
| F. | considérant que les politiques coercitives et la détermination croissante de la République populaire de Chine (RPC), y compris sa position de plus en plus agressive à l’égard de Taïwan et l’attitude agressive adoptée en mer de Chine méridionale, ainsi que les conséquences sociales et économiques de la pandémie de COVID-19 et de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine ont mis en lumière les vulnérabilités de l’Union et rappelé la nécessité de réduire les risques dans ses relations avec la RPC et d’autres pays tiers non démocratiques; |
| G. | considérant que le gouvernement chinois a démontré sa volonté d’instrumentaliser son contrôle démesuré sur les réserves mondiales de terres rares à des fins politiques pour obtenir des concessions et des avantages économiques déloyaux; |
| H. | considérant que la Chine empêche les entreprises étrangères de participer à des projets d’infrastructure en raison de risques pour la sécurité et propose des lois relatives aux infrastructures critiques, telles que les réglementations relatives à la protection de la sécurité des infrastructures d’information critiques; que la Chine participe à la construction d’infrastructures financées par l’Union dans différents États membres de l’Union; que, conformément aux engagements internationaux, l’Union et les États membres ont la possibilité, sous certaines conditions, d’adopter des mesures restrictives concernant les investissements directs étrangers pour des motifs de sécurité ou d’ordre public; qu’en 2021-2022, la Chine a exercé un blocus économique contre la Lituanie, en réponse à la décision de ce pays de se retirer de l’initiative «Une ceinture, une route» et d’ouvrir un bureau de représentation de Taïwan sur son territoire, ce qui a poussé la Commission à solliciter la création d’un panel au sein de l’Organisation mondiale du commerce pour examiner la légalité des restrictions commerciales de la Chine à l’encontre des exportations lituaniennes et européennes contenant des marchandises lituaniennes, et que cela montre la détermination de la Chine à cibler certains pays de l’Union, non seulement en exerçant une coercition économique directe mais aussi en proférant des menaces de sanctions secondaires; |
| I. | considérant que l’expansion de l’autoritarisme numérique et de la surveillance de masse de la Chine continue de s’intensifier, en Chine comme à l’étranger, en prenant pour cibles les institutions et sociétés démocratiques, et qu’elle risque d’instaurer un nouvel ordre international qui mettrait la liberté et la démocratie en danger dans le monde entier; qu’un nombre important d’étudiants chinois étudient dans des universités des États membres, en particulier dans le domaine des technologies à double usage, ce qui peut engendrer dans certains cas un haut risque d’espionnage; que d’anciens pilotes de chasse européens ont été engagés par l’armée chinoise et que ces recrutements donnent lieu à un risque important de transmission d’informations critiques et représentent un risque pour les intérêts stratégiques militaires des pays concernés; que les ambitions chinoises s’étendent dans des domaines stratégiques tels que l’IA, l’informatique en nuage, les semi-conducteurs ou le matériel de traitement de l’information; que ces instruments, et en particulier l’IA, pourraient être exploités à des fins militaires, conduisant à la prochaine révolution des affaires militaires; |
| J. | considérant que l’acquisition par la Chine d’infrastructures critiques, en particulier au sein de l’Union et dans son voisinage, y compris dans les Balkans occidentaux et en Afrique, représente un risque multidimensionnel croissant pour la sécurité de l’Union; |
| K. | considérant que la législation en matière de sécurité en vigueur en Chine, telle que la loi de 2015 sur la sécurité nationale de la République populaire de Chine, impose aux citoyens et aux organisations de soutenir la sécurité publique, la sécurité d’État ou les organes militaires de la RPC et d’y contribuer; |
| L. | considérant que le partenariat stratégique sino-russe, officialisé par la déclaration conjointe du 4 février 2022 portant sur l’entrée des relations internationales dans une nouvelle ère et le développement durable mondial, continue de se développer, notamment dans les domaines du savoir-faire technologique et militaire et des transferts de capacités dans ces domaines, ce qui représente une menace croissante pour la sécurité européenne; |
L’enjeu central: comprendre la stratégie chinoise en matière de fusion militaro-civile
| 1. | souligne que la stratégie chinoise de fusion militaro-civile est un programme conçu et mis en œuvre par l’État, qui prévoit d’instrumentaliser tous les leviers du pouvoir étatique et de la puissance commerciale afin de renforcer et de soutenir le Parti communiste chinois (PCC) et son bras armé, l’Armée populaire de libération (APL), notamment en acquérant et en réaffectant les technologies de pointe mondiales, avec pour objectifs de renforcer le régime totalitaire et de parvenir à une domination militaire; |
| 2. | observe que le système politique et l’économie de la Chine, guidés par le parti, exigent souvent des entreprises privées qu’elles alignent leurs intérêts commerciaux sur le PCC, y compris sur ses activités militaires, de répression, d’influence et d’ingérence politique; souligne que les cellules du PCC au sein d’entreprises privées sont fréquemment employées comme outils de contrôle direct par le parti; souligne que, par conséquent, les activités internationales des entreprises chinoises appuient les objectifs du PCC consistant à étendre son influence dans les pays tiers, à fragiliser ses rivaux géopolitiques et à accroître l’influence de la Chine; |
| 3. | considère que la fusion militaro-civile doit être analysée dans un contexte géopolitique, économique et stratégique plus large, en tenant compte de ses interconnexions avec d’autres initiatives, telles que l’initiative «Une ceinture, une route», la route de la soie numérique (y compris «Made in China 2025» et «China Standards 2035»), l’initiative pour la sécurité mondiale et la stratégie de circulation duale, ainsi que de la posture de plus en plus affirmée et agressive de la Chine à l’étranger; estime que la visée ultime de la fusion militaro-civile est de faire progresser l’objectif stratégique à long terme du parti-État, qui veut faire de la Chine la première puissance mondiale sur les plans de l’influence politique, des capacités économiques, de la suprématie technologique et de la puissance militaire et déstabiliser l’ordre mondial fondé sur des règles; |
| 4. | rappelle qu’atteindre la primauté dans le domaine de la science et de la technologie a été l’une des principales priorités du PCC ces dernières années et que la stratégie de fusion militaro-civile du PCC encourage le partage des résultats de travaux de recherche et de développement entre les entreprises axées sur le marché et l’industrie chinoise de la défense; met l’accent sur les avertissements répétés des agences de renseignement contre les risques de dépendance économique, d’espionnage et de sabotage engendrés par la présence économique d’entités de certains pays tiers, en particulier la Chine, dans des infrastructures critiques et des secteurs stratégiques à travers l’Union; est, à cet égard, préoccupé par la pression politique exercée dans le cadre de l’approbation d’investissements chinois spécifiques dans des infrastructures critiques, notamment dans le cas de la décision du gouvernement allemand d’approuver l’acquisition d’une part du port d’Hambourg par COSCO, en contradiction avec la recommandation des institutions compétentes; |
Conséquences de la stratégie de fusion militaro-civile de la RPC
| 5. | met en garde contre les risques liés à toute forme de participation des entreprises chinoises à des actifs stratégiques de l’Union, en particulier celles entretenant des liens directs ou indirects avec les systèmes chinois politico-militaires ou de renseignement; souligne, à cet égard, sa préoccupation quant à la poursuite du transfert de technologie et d’expertise technologique utilisés pour des activités civiles, en particulier dans la sphère économique, vers l’armée chinoise, qui renforcera la capacité de l’APL à développer la prochaine génération de technologies militaires, lesquelles pourraient servir à exercer une contrainte sur des partenaires en Asie et dans le monde entier; demande instamment aux États membres de l’Union de renforcer la surveillance réglementaire et de mettre en place des contrôles spécifiques des antécédents des personnes physiques et entités juridiques qui ont des liens directs avec le gouvernement chinois; |
| 6. | s’inquiète du fait que 98 % de la demande de terres rares au sein de l’Union est satisfaite par la RPC; souligne que la Chine produit 70 % des batteries dans le monde (trois des cinq plus gros groupes de fabrication de batteries se situant sur son territoire), est responsable de 60 % de la production mondiale d’aluminium et de 75 % de la production mondiale de silicium, ainsi que de 94 % de la production mondiale de gallium et d’environ 60 % de la production de germanium, est le premier raffineur de lithium (dont il assure 60 % du traitement) et de cuivre (dont il assure 70 % du traitement) et produit 84 % du nickel et 85 % du cobalt à l’échelle mondiale; souligne que les entreprises minières chinoises sont actives en Serbie (cuivre et or), en République démocratique du Congo (cobalt), en Indonésie (nickel), au Chili et en Australie (lithium) et que son quasi-monopole sur la production et la transformation de ces ressources critiques entraîne des dépendances cruciales et représente par conséquent non seulement un défi géopolitique aigu pour l’Union, mais aussi un risque énorme pour la défense européenne et d’autres secteurs industriels clés ainsi que pour son autonomie stratégique ouverte et pour la stratégie européenne en matière de sécurité économique; |
| 7. | salue, à cet égard, la proposition de règlement sur les matières premières critiques présentée par la Commission et sollicite la réalisation rapide de ses objectifs en vue de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement de l’Union; rappelle que les matières premières critiques sont indispensables pour le secteur de la sécurité et de la défense ansi que pour la réussite des transitions numérique et verte de l’Union; invite la Commission et les États membres, en coordination avec les acteurs du secteur, à mettre en œuvre la décision de réduire progressivement la dépendance à l’égard de la Chine en diversifiant les sources de minéraux bruts critiques et de terres rares, en établissant des partenariats stratégiques avec des pays tiers fiables en vue de garantir un approvisionnement sûr et fiable en matières premières critiques; demande instamment à l’Union d’aider les États membres à mettre au point des projets qui auront pour but de renforcer l’indépendance à l’égard de la production chinoise; |
| 8. | plaide ardemment en faveur la diversification des fournisseurs et des partenaires dans les initiatives liées aux infrastructures critiques, dans le but de réduire la vulnérabilité aux influences extérieures, en veillant à réduire autant que possible la dépendance à l’égard d’une source unique; |
| 9. | s’inquiète du fait que des câbles sous-marins privés fournis par des entreprises chinoises, telles que HMN Technologies, une entité affiliée aux services de cyber-renseignement de l’APL, soient utilisés pour soutenir les communications diplomatiques et militaires de l’Union et des États membres; se déclare vivement préoccupé par les systèmes de câbles sous-marins servant à la transmission de données exploités par la société chinoise HMN Technologies, qui relient les territoires des États membres de l’Union et la région indo-pacifique, y compris des bases militaires des États membres et de l’OTAN, ce qui crée des vulnérabilités en matière de sécurité en ce qui concerne la cybersécurité, la surveillance sous-marine, et la collecte de données et de renseignements; s’inquiète en outre, à cet égard, de la vente d’une entreprise néerlandaise, l’épine dorsale de l’infrastructure internet de l’Estonie, à une entreprise chinoise liée à l’APL; souligne la nécessité d’un effort conjoint des États membres pour prévenir des cas similaires; |
| 10. | rappelle la nécessité de réaliser une évaluation exhaustive des services et des infrastructures de sécurité de l’information des institutions de l’Union, notamment en ce qui concerne les communications classifiées entre les institutions et les missions et opérations à l’étranger; rappelle que la totalité de la chaîne d’approvisionnement devrait être prise en considération pour veiller à ce que les entreprises n’aient aucun lien direct ou indirect avec la RPC; appelle de ses vœux des dispositions spécifiques dans les procédures de passation des marchés des institutions de l’Union, en vue de limiter le risque d’ingérence, y compris d’acquisition, d’entretien ou de vérification par des tiers; |
| 11. | avertit que les investissements majeurs réalisés dans des ports maritimes, des chemins de fer et des aéroports permettent à Pékin de surveiller et de contrôler les activités dans des nœuds logistiques clés ayant une dimension stratégique fondamentale; |
| 12. | souligne qu’en 2022, la Chine était le deuxième partenaire de l’Union européenne en ce qui concerne le commerce de biens; se déclare préoccupé par le déséquilibre de plus en plus grand dans les relations entre l’Union et la Chine en matière de commerce et d’investissement, également mis en évidence par le déficit commercial record de l’Union, lequel s’élevait à 396 milliards d’euros en 2022, et par sa dépendance à l’égard des importations et des investissements chinois dans certains secteurs critiques; souligne que la stratégie de circulation duale de la Chine donne lieu à une politique déséquilibrée en matière de commerce international; demande à la Commission de faire part à la Chine des inquiétudes de l’Union en ce qui concerne ses pratiques de commerce dirigé; |
Élaborer des réponses: élargir la boîte à outils pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité et de défense
| 13. | affirme que le réseau d’instituts de recherche et d’installations de recherche et de développement de l’Union constitue un domaine clé de son infrastructure critique, et que ce réseau joue un rôle important dans la capacité de l’Union à tenir ses engagements en ce qui concerne les transitions verte et numérique, ainsi que dans des domaines clés tels que la défense spatiale; rappelle les vulnérabilités en matière de sécurité liées aux transferts forcés de technologie, au vol de propriété intellectuelle et aux fuites de connaissances, tant dans l’Union qu’à l’étranger; appelle à faire preuve de davantage de vigilance de manière à prendre en compte ces menaces, qui pèsent sur la capacité de l’Union à innover et à stimuler la croissance; |
| 14. | souligne que des entreprises chinoises sont déjà chefs de file dans des technologies essentielles utilisées dans des secteurs tels que ceux des infrastructures 5G sans fil, des drones, des batteries, des missiles hypersoniques, de l’énergie solaire et éolienne, ainsi que de la cryptomonnaie; se déclare préoccupé par la manière dont ces technologies sont utilisées et par les dépendances qu’elles créent; relève à cet égard que 100 % du réseau RAN 5G de Chypre est composé d’équipements chinois, de même que 59 % de celui de l’Allemagne; souligne que cela va à l’encontre des lignes directrices de la «boîte à outils de l’Union pour la sécurité des réseaux 5G» visant à atténuer les risques pour la sécurité sur les réseaux, et demande au Conseil et à la Commission d’interdire l’utilisation d’équipements et de logiciels produits par des fabricants établis en RPC pour les fonctions de réseau de base; rappelle que Huawei a participé à onze projets au titre de Horizon Europe jusqu’en juin 2023, recevant ainsi 3,89 millions d’euros de financement au total; invite dès lors instamment l’Union et les institutions européennes à réaliser un filtrage systématique des entreprises chinoises qui bénéficient directement ou indirectement de programmes européens d’importance stratégique pour l’Union et, si nécessaire, à mettre un terme à leur participation; invite en outre la Commission à proposer des normes de sécurité supplémentaires pour les fournisseurs chinois de réseau 5G et pour la prochaine génération de réseau 6G; |
| 15. | estime que l’application TikTok, détenue par le conglomérat chinois ByteDance, enfreint le cadre européen de protection des données, et qu’il présente de ce fait un risque potentiel et constitue une source de désinformation soutenue par la Chine; salue la décision prise par les institutions de l’Union et de plusieurs États membres de l’Union consistant à bloquer l’utilisation de l’application TikTok sur les appareils professionnels, ainsi que sur les appareils privés intégrés dans les services pour dispositifs mobiles des institutions; |
| 16. | alerte sur le fait que la détérioration de l’environnement de sécurité en Europe, dans son voisinage et dans le monde requiert une réflexion urgente sur la manière de renforcer l’autonomie stratégique ouverte de l’Union et de réduire sa dépendance à l’égard de pays comme la RPC et de rivaux systémiques qui représentent une menace pour la sécurité de l’Union; souligne la nécessité d’empêcher les transferts de technologies émergentes sensibles et de biens essentiels à double usage, en particulier ceux qui sont essentiels à la sécurité et à la défense de l’Union, vers des pays destinataires problématiques qui déploient des stratégies de fusion militaro-civile ou y collaborent; estime que la création de systèmes d’autorisation des exportations et de douane électroniques à l’échelle de l’Union est une étape critique pour parvenir à des contrôles européens communs efficaces en ce qui concerne les exportations; demande instamment aux États membres de rendre ces systèmes opérationnels pour la fin de l’année 2024 au plus tard; demande en outre aux institutions et aux États membres de l’Union de renforcer la coopération avec les partenaires transatlantiques et d’autres partenaires partageant les mêmes valeurs pour ce qui est de la protection des infrastructures critiques, ainsi que de défendre la démocratie et de préserver nos valeurs communes, notre sécurité et notre prospérité; |
| 17. | demeure préoccupé par le fait que les infrastructures critiques européennes, des réseaux de télécommunication aux installations portuaires, deviennent de plus en plus vulnérables aux influences extérieures; salue, à cet égard, les récentes mesures législatives visant à renforcer la résilience des entités critiques dans l’Union; constate toutefois avec inquiétude que la plupart de ces initiatives se limitent à des procédures de filtrage des investissements directs étrangers, ce qui laisse au PCC d’autres possibilités d’accéder à des actifs critiques et d’exercer une influence sur ceux-ci, notamment au moyen du recrutement de personnalités haut placées, de transferts de propriété intellectuelle et de technologies, ainsi que dépendances dans la chaîne d’approvisionnement et sur le marché de la vente; souligne que la mise en place d’un cadre rigoureux de cartographie et d’évaluation des risques est impérative pour mettre en évidence les actifs des infrastructures critiques et leurs vulnérabilités; estime qu’il est nécessaire de cartographier, de suivre et d’évaluer l’accès de la Chine et d’autres pays tiers aux infrastructures critiques dans l’Union, ainsi que de mettre en œuvre des mesures communes d’atténuation si nécessaire; à cet égard, demande à la Commission de procéder, avec le soutien des États membres, à un inventaire exhaustif des actifs critiques et d’évaluer systématiquement leur vulnérabilité aux influences extérieures; sollicite par conséquent l’expansion des initiatives législatives visant à remédier à ce type de risques; |
| 18. | demande à la Commission de présenter au Parlement, avant la fin de la législature en cours, une analyse détaillée des risques commerciaux liés aux technologies telles que les semi-conducteurs, l’informatique quantique, les chaînes de blocs, l’espace, l’intelligence artificielle et les biotechnologies et l’éventuelle nécessité pour l’Union de prendre des mesures dans ces domaines; |
| 19. | rappelle que le règlement relatif au filtrage des IDE (14) aborde les risques pour la sécurité et l’ordre public qui découlent des investissements réalisés par des acteurs situés en dehors de l’Union; prend acte de la valeur ajoutée essentielle du mécanisme de filtrage, qui constitue un outil pertinent permettant à l’Union et aux États membres d’avoir une meilleure vue d’ensemble stratégique et une meilleure connaissance de la situation en ce qui concerne les tendances, les objectifs, les moyens et les méthodes déployés par des acteurs étrangers pour accroître leur influence économique et politique; demande que les instruments actuels qui s’appliquent aux investissements directs étrangers et aux subventions étrangères soient étendus afin d’y inclure des procédures de filtrage généralisées pour toutes les parties prenantes participant aux projets d’infrastructures critiques de l’Union englobant tous les modes de participation aux efforts en matière d’infrastructures critiques, y compris les entreprises conjointes, les partenariats et les transferts de technologie; souligne également que les évaluations de routine des projets d’infrastructures critiques auxquels participent des parties prenantes de pays tiers sont essentielles et estime que ce processus devrait comprendre un contrôle des structures de propriété, des dépendances au sein des chaînes d’approvisionnement et du transfert de technologie associés à ces projets; estime également qu’il est nécessaire de mettre en place des normes de diligence pour mettre en évidence l’influence de la Chine sur les investisseurs dans les infrastructures critiques de l’Union, et souligne que cette approche devrait s’appliquer de la même manière aux pays candidats et candidats potentiels; souligne que les États membres sont responsables en dernier ressort de la protection des infrastructures, mais qu’ils n’ont pas systématiquement mis en œuvre les lignes directrices actuelles sur les investissements directs étrangers; à cet égard, est vivement préoccupé par le fait que tous les États membres n’ont pas mis en place ou n’utilisent pas de filtrage des investissements étrangers dans les infrastructures critiques; demande instamment aux États membres de mettre systématiquement en œuvre la législation actuelle relative aux investissements directs étrangers et à la résilience des entités critiques; |
| 20. | déplore à cet égard l’absence de filtrage approprié des risques d’ingérence dans la passation des marchés publics relative aux équipements de sécurité, comme dans le cas du contrat signé par l’aéroport de Strasbourg pour l’installation de scanneurs de sûreté et de barrières de sécurité fournis par la filiale européenne de l’entreprise chinoise Nuctech, détenue en partie par le gouvernement chinois et tenue de respecter la politique du front uni; avertit que de telles technologies pourraient comporter des lacunes intégrées en matière de sécurité ou être accessibles pendant leur entretien; salue par ailleurs la décision du gouvernement roumain de mettre fin aux négociations avec l’entreprise China General Nuclear Power Corporation (CGNPC) sur la construction des réacteurs nucléaires 3 et 4 à Cernavodă; |
| 21. | souligne néanmoins qu’il convient de trouver un équilibre stratégique entre, d’une part, l’ouverture du marché unique de l’Union et son attrait pour les investisseurs et, d’autre part, la défense des infrastructures critiques de l’Union et de son autonomie, compte tenu des vulnérabilités de l’Union en matière de sécurité, notamment en ce qui concerne la coercition économique ou les menaces pesant sur l’intégrité des infrastructures critiques de l’Union; |
| 22. | invite la Commission à envisager des mesures visant à augmenter l’efficacité de ses avis en matière de filtrage des IDE, afin d’éviter des distorsions du marché unique et un nivellement par le bas entre les États membres; invite la Commission et les États membres à renforcer l’harmonisation, notamment en développant une expertise suffisante, et à mettre pleinement en œuvre le règlement sur le filtrage des IDE; estime qu’il est possible et nécessaire de renforcer le règlement à l’occasion de sa révision prévue à la fin de l’année; encourage la Commission à présenter une proposition législative ambitieuse sur une révision du règlement visant à remédier à l’ensemble des lacunes apparues lors de sa mise en œuvre, ainsi qu’à évaluer rapidement la possibilité d’élaborer une proposition législative sur un mécanisme de filtrage des investissements sortants; recommande de fonder toute proposition de mécanisme de filtrage des investissements sortants sur une analyse d’impact comprenant une consultation adéquate des entreprises afin de réduire au minimum les conséquences négatives potentielles de ce mécanisme sur la compétitivité européenne; |
| 23. | se félicite de la nouvelle démarche de réduction des risques présentée dans la proposition de stratégie européenne en matière de sécurité économique du 20 juin 2023, qui vise à maximiser les avantages de l’ouverture économique de l’Union et à protéger, à promouvoir et à renforcer l’autonomie stratégique ouverte de l’Union, tout en réduisant au minimum les risques découlant des dépendances économiques et de leur éventuelle instrumentalisation, y compris les investissements et la collaboration en matière de recherche dans les technologies clés génériques ayant des applications militaires, notamment dans les domaines de l’informatique quantique, des semi-conducteurs de pointe et de l’intelligence artificielle; demande que les propositions du haut représentant et de la Commission soient adoptées rapidement et que les États membres mettent pleinement en œuvre le cadre réglementaire élargi de l’Union afin d’exclure les entités susceptibles de contribuer à la fusion militaro-civile et de trouver des solutions de substitution aux projets financés par la Chine dans l’Union en élaborant une stratégie exhaustive en matière de mise en évidence, d’évaluation et de gestion communes des risques pour la sécurité économique européenne; |
| 24. | se félicite en outre de la proposition du haut représentant et de la Commission visant à prévenir les fuites de technologies émergentes sensibles en dressant une liste de technologies à double usage, sur la base de critères étroitement définis et prospectifs, tels que le caractère potentiellement habilitant et transformateur d’une technologie, le risque lié à la fusion militaro-civile et le risque que cette technologie soit utilisée abusivement pour violer les droits de l’homme; invite la Commission et les États membres à définir et à mettre en œuvre dans les meilleurs délais les mesures de protection pertinentes pour ces technologies à double usage; |
| 25. | invite à cet égard la Commission, en coordination avec les États membres, à concevoir un mécanisme de réponse rapide visant à détecter le double usage ou l’usage abusif des infrastructures de l’Union qui sont détenues par la Chine, auxquelles la Chine participe ou dont elle a obtenu la concession, lequel mécanisme pourrait être utilisé pour mettre un terme aux droits de concession ou suspendre le droit de jouissance dans les cas où le pays détient tout ou partie des infrastructures; demande à la Commission de rendre compte chaque année des points suivants au Parlement:
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| 26. | se félicite de l’adoption du règlement européen sur les semi-conducteurs, qui renforcera la capacité de l’Union à produire des semi-conducteurs et créera une cartographie stratégique, entre autres, des lacunes capacitaires dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs dans l’Union, ce qui permettra de limiter la dépendance de l’Union à l’égard de pays tiers tels que la Chine; appelle de ses vœux de nouvelles propositions visant à sécuriser les chaînes de production et d’approvisionnement des infrastructures et matériaux critiques au sein de l’Union; demande également à la Commission et aux États membres de mettre en place des initiatives supplémentaires visant à permettre une coordination et une collaboration plus étroites avec des alliés et des partenaires partageant les mêmes valeurs en vue de surveiller et de renforcer les capacités de production mondiales et les chaînes d’approvisionnement des infrastructures et matériaux critiques qui sont indispensables à la sécurité et à la défense de l’Union, lorsque c’est possible et conforme à l’objectif de l’Union consistant à réduire les dépendances; attire particulièrement l’attention sur Taïwan, qui joue un rôle important dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et dans l’ordre international fondé sur des règles; rappelle son soutien de longue date à l’accord bilatéral d’investissement entre l’Union et Taïwan, ainsi qu’à tout accord mutuellement bénéfique au commerce et aux investissements bilatéraux; |
| 27. | invite la Commission à proposer un nouveau cadre législatif afin d’atténuer les risques pour la sécurité émanant des fournisseurs de systèmes de câbles sous-marins, notamment au moyen d’une surveillance accrue et d’un examen fréquent des structures de propriété de ces fournisseurs, de leurs investissements préalables dans les systèmes de câbles sous-marins et de la proximité de ces systèmes des bases militaires européennes et alliées; souligne la nécessité d’empêcher les fournisseurs de systèmes de câbles, notamment les entreprises chinoises, de partager des données avec des services de renseignement à d’autres fins que la protection des infrastructures contre les intrusions extérieures ou les attaques malveillantes; appelle de ses vœux, à cet égard, des initiatives visant à accroître le développement d’entreprises détenues par des Européens ou établies en Europe dans le secteur des systèmes de câbles sous-marins; |
| 28. | souligne que les réponses de l’Union doivent s’appuyer sur une meilleure compréhension de la situation stratégique pertinente, centrée sur des évaluations transpolitiques et transnationales des menaces et des études de vulnérabilité sur les infrastructures critiques; est d’avis qu’une approche décentralisée ou une attitude négligente, manquant de visibilité et de contrôle sur les projets d’importance stratégique pour la défense et la sécurité de l’Europe, pourraient nuire grandement aux intérêts géopolitiques de l’Union (15); rappelle les vulnérabilités liées à l’ingérence étrangère, en particulier dans l’espace de l’information, et les interactions entre les projets d’IDE et les opérations de manipulation de l’information par des acteurs étrangers malveillants; |
Lien entre aspects intérieurs et extérieurs: renforcer la résilience des partenaires les plus proches de l’Union
| 29. | se déclare préoccupé par le fait que la RPC pénètre le marché de l’Union et de son voisinage élargi; invite la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à veiller à ce que les mesures prises pour renforcer la résilience de l’Union face à l’influence chinoise, notamment les mesures de réduction des risques, de diversification et de réduction des dépendances critiques, soient également étendues aux partenaires les plus proches de l’Union, en particulier aux pays en voie d’adhésion et à ceux qui font partie de la politique de voisinage de l’Union; |
| 30. | rappelle que les forces navales de la RPC disposent de moyens et d’outils juridiques leur permettant d’utiliser les navires civils et les infrastructures civiles de la Chine à des fins militaires et de sécurité; relève que la Chine est en mesure d’utiliser ses infrastructures commerciales civiles pour soutenir la présence de l’APL dans les pays tiers; met en garde contre le fait qu’une telle fusion militaro-civile permet à l’APL d’accéder aux ports étrangers, ce qui lui donne la possibilité de prépositionner un soutien logistique afin de soutenir des déploiements navals pouvant s’étendre jusqu’à l’océan Indien, la mer Méditerranée et l’océan Atlantique; souligne que les risques d’espionnage sont les plus élevés lorsque les actifs commerciaux civils chinois sont situés sur des plateformes logistiques proches de bases navales de l’Union et de l’OTAN ou d’opérateurs portuaires qui ont signé des accords visant à fournir un soutien logistique aux entreprises européennes; demande aux États membres de répondre de toute urgence au besoin de réduction des risques d’espionnage et de sabotage au sein des infrastructures critiques, en particulier celles qui ont une fonction militaire, telles que les ports utilisés par l’OTAN; souligne à cet égard que l’Union et l’OTAN doivent œuvrer ensemble à l’élaboration d’un plan à long terme de lutte contre la stratégie de fusion militaro-civile de la Chine en Europe et appelle à mettre pleinement en œuvre le rapport d’évaluation final de la task force UE-OTAN (16); |
| 31. | souligne que les ports permettent d’avoir accès au reste du monde et jouent donc un rôle crucial dans l’économie de l’Union; relève avec inquiétude que les entités détenues ou contrôlées par la Chine ont stratégiquement accru leur participation dans les ports et les infrastructures portuaires européens; invite la Commission à présenter un cadre stratégique de l’Union pour réduire et limiter l’influence et le contrôle opérationnel de la Chine et d’autres régimes; rappelle également que la RPC impose sa puissance à l’étranger grâce à un réseau de ports commerciaux et d’installations à double usage qui fournissent un soutien logistique et en matière de renseignement à la marine chinoise; insiste sur le fait qu’en 2022 les entreprises chinoises détenaient ou exploitaient des terminaux dans 96 ports à travers 53 pays; ajoute que, dans au moins neuf ports, dont deux en Europe, des navires de guerre de la marine de l’Armée populaire de libération ont fait l’objet d’importants travaux d’entretien ou réparations, que ce soit au niveau des navires eux-mêmes ou des équipements; attire l’attention sur le fait que les visites de navires font apparaître les zones d’influence, les zones opérationnelles prioritaires, les objectifs de collecte de renseignements et les priorités en matière de coopération; |
| 32. | souligne la nécessité d’une approche géopolitique de la coopération mondiale en matière d’infrastructures critiques, de sorte que l’Union soit capable de relever les nouveaux défis en matière de sécurité; constate qu’un tiers de l’ensemble des infrastructures africaines construites depuis 2010, et notamment environ 50 % des réseaux 3G et 70 % des réseaux 4G africains, a été financé et construit par des entreprises publiques chinoises; souligne qu’au cours des 20 dernières années, la Chine a accru ses engagements en matière de commerce, d’investissements et de prêts pour un montant de 160 milliards de dollars avec les gouvernements africains et leurs entreprises publiques, lesquels engagements s’assortissent d’obligations contractuelles peu nombreuses ou opaques et concernent principalement les secteurs des transports, de la production d’électricité, de l’extraction minière et des télécommunications; souligne en particulier le fait qu’une seule entreprise de télécommunication chinoise a construit jusqu’à 70 % de l’infrastructure de technologie de l’information en Afrique, et insiste sur le rôle joué par les entreprises chinoises dans le financement, la construction, l’expansion et la rénovation d’au moins 14 réseaux de télécommunication africains intra-gouvernementaux sensibles; se déclare préoccupé par le fait que le modèle chinois est clairement attractif pour de nombreux pays qui ne peuvent ou ne veulent satisfaire aux exigences de l’Union afin d’accéder à des niveaux de financement équivalents, ce qui accroît l’influence chinoise au détriment des partenariats de l’Union et engendre des risques de dette insoutenable pour ces pays, nuisant à leur développement à long terme au détriment de leur population locale; invite la Commission, le SEAE et les États membres à redoubler d’efforts, notamment en attirant les investissements du secteur privé, pour mettre en œuvre le paquet d’investissement «Global Gateway» d’un montant de 150 milliards d’euros, approuvé lors du 6e sommet UE-UA en février 2022; demande instamment au Conseil et à la Commission de rapidement mettre en œuvre des projets, en particulier des projets phares, dans le cadre de cette initiative; |
| 33. | insiste avec inquiétude sur le fait que la stratégie de la RPC visant à édifier une «base de coopération en matière d’économie bleue» le long de la côte africaine, y compris par la construction de navires de pêche et d’installations de réparation de navires, pourrait également être utilisée à des fins militaires; souligne le manque généralisé de détails et de transparence en ce qui concerne ces accords et ces licences avec les pays africains; insiste sur les conséquences géopolitiques potentielles pour l’Union, en particulier dans les pays tiers où l’Union est engagée; ° ° ° |
| 34. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil et à la Commission. |
(1) JO L 330 du 23.12.2022, p. 1.
(2) JO L 79 I du 21.3.2019, p. 1.
(3) JO L 333 du 27.12.2022, p. 164.
(4) JO L 333 du 27.12.2022, p. 80.
(5) JO L 229 du 18.9.2023, p. 1.
(6) Proposition de règlement établissant un cadre visant à garantir un approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques et modification des règlements (UE) no 168/2013, (UE) 2018/858, (UE) 2018/1724 et (UE) 2019/1020 (COM(2023)0160).
(7) Proposition de règlement relatif à la protection de l’Union et de ses États membres contre la coercition économique exercée par des pays tiers (COM(2021)0775) (JO L, 2023/2675 du 7.12.2023).
(8) JO C 117 du 11.3.2022, p. 40.
(9) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0219.
(10) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0219.
(11) JO C 20 du 20.1.2023, p. 1.
(12) Directive (UE) 2022/2557 du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil, JO L 333 du 27.12.2022, p. 164.
(13) Directive (UE) 2022/2555 du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, modifiant le règlement (UE) no 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (directive SRI 2), JO L 333 du 27.12.2022, p. 80.
(14) Règlement (UE) 2019/452 du 19 mars 2019 établissant un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union, JO L 79 I du 21.3.2019, p. 1.
(15) Département thématique des relations extérieures de la direction générale des politiques externes de l’Union, «Implications en matière de sécurité des infrastructures critiques détenues par la Chine dans l’Union européenne», juin 2023.
(16) Commission européenne, Task force UE-OTAN sur la résilience des infrastructures critiques: rapport d’évaluation final, juin 2023.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5719/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0073 — La situation des droits de l'homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la situation des droits de l’homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov (2024/2993(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024