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AccueilDroit européen52024IP0036
Initiative législative52024IP0036

P9_TA(2024)0036 — Transparence et responsabilité des organisations non gouvernementales financées par le budget de l’Union — Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur la transparence et la responsabilité des organisations non gouvernementales financées par le budget de l’Union (2023/2122(INI))

CELEX52024IP0036
TypeInitiative législative
Datemercredi 17 janvier 2024

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen appelle à renforcer la transparence et la responsabilité des ONG bénéficiant de fonds de l'Union, en proposant notamment la création d'un registre européen commun et des obligations de déclaration plus strictes. Le texte vise à lutter contre les risques de mauvaise gestion et d'ingérence étrangère, tout en préservant le rôle essentiel de la société civile dans les processus démocratiques européens.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5725

17.10.2024

P9_TA(2024)0036

Transparence et responsabilité des organisations non gouvernementales financées par le budget de l’Union

Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur la transparence et la responsabilité des organisations non gouvernementales financées par le budget de l’Union (2023/2122(INI))

(C/2024/5725)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur l’Union européenne, et notamment ses articles 2, 3 et 5, son article 11, paragraphe 2, et son protocole no 2,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 322, paragraphe 1, point a), et son article 325, paragraphe 4,

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (1) (ci-après dénommé «règlement financier»),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, présentée par la Commission le 16 mai 2022 (COM(2022)0223),

—

vu le rapport de sa commission des budgets et de sa commission du contrôle budgétaire du 4 mai 2023 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union,

—

vu le règlement (UE) 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant le règlement (UE) no 1306/2013 (2),

—

vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (3),

—

vu la communication de la Commission du 3 décembre 2020 relative au plan d’action pour la démocratie européenne (COM(2020)0790),

—

vu le rapport spécial no 35/2018 de la Cour des comptes européenne du 18 décembre 2018 intitulé «Mise en œuvre de fonds de l’UE par des ONG: des efforts supplémentaires sont nécessaires pour plus de transparence»,

—

vu l’étude intitulée «Financing of non-governmental organisations (NGOs) from the EU Budget», publiée par sa direction générale des politiques internes de l’Union le 25 novembre 2010 (4),

—

vu l’étude intitulée «Democratic accountability and Budgetary Control of non-governmental organisations funded by the EU Budget», publiée par sa direction générale des politiques internes de l’Union le 24 janvier 2017 (5) ainsi que sa mise à jour ultérieure du 21 janvier 2019,

—

vu l’étude intitulée «Transparency and accountability of EU funding for NGOs active in EU policy areas within EU territory», publiée par sa direction générale des politiques internes de l’Union le 28 septembre 2023 (6) («étude sur la transparence et la responsabilité»),

—

vu les lignes directrices opérationnelles de la Commission à l’intention des bénéficiaires d’un financement de l’Union européenne sur l’utilisation de l’emblème européen dans le contexte des programmes de l’Union européenne pour la période 2021-2027, publiées en mars 2021,

—

vu sa résolution du 17 février 2022 contenant des recommandations à la Commission sur un statut pour les associations et organisations à but non lucratif européennes transfrontalières (7),

—

vu sa résolution du 10 mai 2023 contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021, section III – Commission et agences exécutives (8),

—

vu sa résolution du 10 mai 2023 contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021, section I – Parlement européen (9),

—

vu sa résolution du 13 juillet 2023 sur des recommandations pour la réforme des règles du Parlement européen en matière de transparence, d’intégrité, de responsabilité et de lutte contre la corruption (10),

—

vu la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021, section III – Commission et agences exécutives (11),

—

vu les avis de la commission des affaires étrangères et de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0446/2023),

A.

considérant que l’Union européenne a défini des mécanismes de transparence et de responsabilité pour s’assurer que les montants qu’elle accorde aux bénéficiaires, et notamment à des organisations non gouvernementales (ONG), soient utilisés avec efficacité et efficience et conformément aux valeurs, aux politiques et aux règles financières de l’Union inscrites, notamment, dans le règlement financier, lequel fait de la transparence l’un de ses principes budgétaires directeurs en exigeant de la Commission qu’elle communique, de manière appropriée et en temps utile, les informations qu’elle détient sur les fonds de l’Union;

B.

considérant que l’Union européenne est l’un des principaux bailleurs de fonds des organisations de la société civile (12);

C.

considérant que la notion de société civile va des activités communautaires modestes aux ONG; que les diverses ONG qui reçoivent un financement de l’Union couvrent un large éventail de structures, de modes de fonctionnement, de sources de financement et de domaines, ce qui se traduit par une diversité de projets financés grâce à des fonds de l’Union; que les traités imposent aux institutions de l’Union et aux États membres de maintenir un dialogue ouvert, transparent et continu avec les organisations représentatives et la société civile; que l’Union et ses États membres devraient fournir des financements adéquats aux programmes visant à protéger et à promouvoir les droits et les valeurs inscrits dans les traités de l’Union; que les ONG et les organisations de la société civile (OSC) jouent un rôle important dans la mise en œuvre de ces programmes; que, dans certains cas, les autorités publiques confient certaines missions à des ONG et des OSC; que la Commission gère les fonds de l’Union de manière directe, indirecte ou partagée; que, conformément au principe de subsidiarité, les montants directement attribués aux bénéficiaires, et notamment aux ONG, font l’objet de contrôles et de rapports de la part de la Commission;

D.

considérant que le système de transparence financière (STF) de la Commission est la principale source de données publiquement disponibles pour l’analyse à grande échelle des subventions et des contrats directement gérés par la Commission; qu’il convient d’établir une distinction claire entre la transparence publique et la transparence à des fins de contrôle budgétaire légitime, compte tenu des contextes délicats dans lesquels évoluent les ONG et des sujets sensibles sur lesquels elles travaillent;

E.

considérant qu’une analyse des données de STF indique que les engagements financiers de l’Union au bénéfice des ONG, à l’exclusion des programmes de l’Union dans le domaine de l’éducation et de la recherche, s’élevaient à au moins 2,6 milliards d’EUR en 2022, en gestion directe, pour l’ensemble des programmes et des fonds de l’Union;

F.

considérant que les exigences de transparence et de responsabilité de l’Union et le contrôle de celles-ci devraient s’appliquer à tous les représentants d’intérêts bénéficiant de fonds de l’Union; que 3 377 entités (13) sont enregistrées dans le registre de transparence de l’Union dans la catégorie «Organisations non gouvernementales, plateformes, réseaux et assimilés»; que la nature des exigences et des contrôles doit être conforme à la catégorisation établie dans le registre de transparence afin de tenir compte de toutes les formes juridiques d’entités et pas seulement des ONG; que les exigences de l’Union et les contrôles ne doivent pas être uniquement basés sur le registre de transparence, car certaines entités bénéficiant de fonds de l’Union préfèrent peut-être ne pas figurer dans ce registre afin de ne pas mettre leur existence en péril;

G.

considérant que les exigences de transparence et de responsabilité de l’Union et le contrôle de celles-ci devraient s’appliquer à tous les bénéficiaires de fonds de l’Union, y compris aux ONG, qui sont tenues de tenir une comptabilité exacte et transparente sur l’utilisation des fonds de l’Union et l’origine des sources de financement servant à leur fonctionnement, car elles doivent rendre des comptes à leurs membres, à leurs donateurs, à leurs partenaires et à leurs bénéficiaires à propos des actions qu’elles mènent, de leurs sources de financement, dont les fonds de l’Union, et des décisions qu’elles prennent au nom de leurs parties prenantes; que ce sont les États membres qui définissent la base juridique applicable aux ONG, dont le statut est enregistré au niveau national;

H.

considérant que les situations dans lesquelles les fonds de l’Union sont exploités au mépris des règles, des valeurs et des principes européens sont de plus en plus nombreuses; que des particuliers et des organisations de façade, le plus souvent sous influence étrangère, cherchent à obtenir le soutien financier de l’Union et la respectabilité qui en découle, quels que soient les montants concernés, mais qu’ils utilisent en réalité les fonds de l’Union pour des activités qui portent atteinte aux valeurs et aux principes fondamentaux de l’Union et à notre attachement à la démocratie;

I.

considérant que c’est à la Commission qu’il incombe d’assurer l’exécution du budget de l’Union et de respecter les règles et les valeurs de l’Union; que, sur ce point, tous les contrôles ex ante et ex post doivent garantir que seules les ONG et les entités qui agissent dans le respect des règles, des principes et des valeurs de l’Union reçoivent des fonds de l’Union;

J.

considérant que la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021 – Commission – souligne que le financement de projets menés par des ONG ou associant des ONG ayant des liens avec des organisations religieuses et politiques radicales suscite de profondes préoccupations; qu’elle invite la Commission à faire en sorte que les fonds de l’Union ne financent que des organisations qui respectent scrupuleusement l’ensemble des valeurs de l’Union et qu’elle demande instamment à la Commission de définir des mécanismes permettant d’identifier avec certitude, au préalable, les ONG actives sur le territoire de l’Union et à l’étranger qui ont des liens avérés avec des réseaux fondamentalistes religieux et qui promeuvent un programme contraire aux valeurs de l’Union (14);

K.

considérant qu’il convient d’appliquer les mêmes normes élevées en matière de responsabilité et les mêmes règles de transparence à toutes les ONG qui bénéficient d’un financement de l’Union, qu’elles soient actives à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union européenne;

L.

considérant que certaines des considérations figurant ci-après se fondent en partie sur les conclusions de l’étude sur la transparence et la responsabilité qui abordent d’autres lacunes concernant la transparence des informations relatives à l’utilisation des fonds de l’Union par la Commission, les États membres et les bénéficiaires, dont les ONG;

Observations générales

1.

salue le rôle essentiel que jouent les ONG pour représenter la société civile et pour promouvoir et défendre les droits et les valeurs inscrits dans les traités ainsi que les droits fondamentaux figurant dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «charte de l’Union européenne»); souligne que seules les ONG dont les activités respectent ces droits et ces valeurs devraient être autorisées à bénéficier d’un financement de l’Union; invite instamment toutes les parties prenantes à inscrire davantage les principes et les valeurs de l’Union au cœur du financement de l’Union et reconnaît la diversité des ONG en ce qui concerne leur taille, leurs ressources et leur personnel;

2.

souligne en particulier le rôle des bénéficiaires, dont les ONG, dans l’exécution du budget de l’Union ainsi que l’obligation de jouer ce rôle en respectant pleinement les règles financières de l’Union et les principes de protection des intérêts financiers de l’Union; rappelle que les ONG actives sur le territoire de l’Union sont tenues de se conformer au droit national applicable dans chaque État membre concerné par leur activité, ainsi qu’au droit de l’Union et au droit international; rappelle que la transparence et la responsabilité de l’Union sont essentielles au renforcement d’un système européen favorable et équitable fondé sur la démocratie, les libertés fondamentales, l’inclusion et la diversité;

3.

souligne que les ONG dépendent aussi bien des aides financières publiques que des dons privés, sans qu’ils ne s’excluent mutuellement; rappelle que la capacité de rechercher, d’obtenir et d’utiliser des ressources autres que des fonds de l’Union ou des fonds publics au niveau national ou local est essentielle à l’existence et au bon fonctionnement des ONG;

4.

souligne que les OSC méritent le plus profond respect et la plus sincère gratitude pour leurs actions quotidiennes; salue l’action quotidienne des OSC à travers l’Europe et dans le monde et affirme que ces ONG méritent toutes nos louanges et tout notre soutien; rappelle qu’il importe de répondre aux besoins financiers et autres de ces organisations;

5.

salue le rôle essentiel que jouent les ONG dans les États membres de l’Union et les pays tiers pour défendre l’état de droit et les valeurs démocratiques, pour lutter contre la corruption et pour promouvoir les droits de l’homme et la démocratie; rappelle que, dans les pays aux régimes autoritaires ou non démocratiques, les ONG constituent souvent le dernier bastion de défense de la démocratie que les régimes autoritaires du monde entier tentent de réduire au silence, notamment par l’adoption de lois et des obligations discriminatoires, et qu’elles doivent donc être soutenues et protégées; invite la Commission à envisager l’adoption de clauses et de mécanismes de sauvegarde à cet égard; souligne qu’il importe que l’Union assure un financement suffisant et transparent des ONG et des entités actives dans ces domaines;

6.

salue l’action des ONG dans les zones de conflit pour faire en sorte que l’aide humanitaire parvienne rapidement et efficacement à la population civile et à ceux qui en ont besoin; reconnaît l’importance du rôle des ONG pour que l’Union, principal pourvoyeur d’aide au développement dans le monde, puisse continuer à contribuer à la promotion de la stabilité, à l’éradication de la pauvreté et au développement mondial;

7.

souligne que, dans la pratique, les processus législatifs sont susceptibles de négliger la voix des ONG locales, régionales et nationales; estime que les petites ONG ont souvent du mal à obtenir un financement de l’Union en raison de procédures administratives fastidieuses; invite la Commission à simplifier et à rationaliser encore les procédures afin que les petites ONG, y compris au niveau local, puissent solliciter un financement de l’Union et en bénéficier; souligne que les priorités et les besoins des petites ONG sont souvent ignorés ou font l’objet d’une moindre attention alors que ce sont souvent ces ONG qui connaissent le mieux la situation et qui accomplissent un travail considérable; souligne que l’action des petites organisations mérite le plus grand respect et que les fonds de l’Union devraient leur être plus accessibles car elles représentent un élément important qui renforce la diversité en Europe et dans le monde; reconnaît que les ONG européennes jouent un rôle de soutien essentiel en complément des services publics;

8.

reste vivement préoccupé par les menaces et les attaques injustifiées dont font l’objet les ONG dans certains États membres, notamment à travers les propositions et l’adoption de lois qui imposent des obligations discriminatoires aux ONG visant à limiter ou interdire leurs activités, et au moyen de campagnes d’intimidation et de harcèlement menées en ligne et hors ligne à l’encontre de leur personnel, de déclarations publiques négatives et de campagnes de dénigrement, de menaces verbales, d’agressions physiques ou de poursuites judiciaires; souligne que certaines ONG sont également confrontées à des contrôles administratifs ou à des audits excessifs, à des réductions de financement motivées par des considérations politiques et à des exigences légales trop strictes en ce qui concerne leur constitution et leur enregistrement; insiste sur la nécessité de protéger les ONG et de leur accorder un financement et un appui suffisants;

9.

se dit convaincu que la transparence et la responsabilité sont également essentielles pour que les ONG et les autres entités à but lucratif et à but non lucratif affichent l’utilité de leur action, soient reconnues et gagnent en crédibilité; estime que des dispositions spécifiques devraient s’appliquer aux ONG qui agissent dans le plein respect des valeurs et des règles financières de l’Union ainsi que de la charte de l’Union européenne tout en fonctionnant dans des environnements où la démocratie est mise à mal; estime que les citoyens européens doivent avoir la garantie que l’Union est parfaitement au courant de la façon dont tous les fonds de l’Union sont utilisés; se dit dès lors inquiet par le manque d’informations, de données et de contrôle concernant les bénéficiaires des fonds de l’Union et les montants accordés en dépit des exigences de transparence existantes; rappelle que les exigences de transparence et de responsabilité devraient toujours être conformes au droit international et au droit relatif aux droits de l’homme, en particulier en ce qui concerne l’exercice des libertés civiques, et rester strictement nécessaires et proportionnées aux objectifs spécifiques poursuivis;

10.

rappelle que la transparence et la responsabilité ne doivent pas servir à restreindre l’espace dévolu à la société civile indépendante ou à réduire les voix critiques au silence;

11.

souligne qu’il est extrêmement important de veiller à ce que les obligations de transparence et de responsabilité de l’Union ne mettent pas en danger les bénéficiaires finaux des fonds de l’Union; estime que, dans les cas dûment justifiés, notamment pour les ONG actives dans des pays qui sont gouvernés par des régimes autoritaires ou qui connaissent des problèmes avérés en matière d’état de droit ayant un impact négatif sur les ONG et dont l’espace dévolu à la société civile est réduit, où la diffusion publique d’informations relatives à l’identité ou à l’action de ces ONG est susceptible d’entraîner des représailles, ce qui mettrait en danger l’existence de ces ONG ainsi que la sécurité de leur personnel, les exigences de transparence publique devraient, à titre exceptionnel, s’appliquer de manière appropriée;

12.

est d’avis que certaines affaires de corruption présumée ayant provoqué le mécontentement de l’opinion publique, comme le Qatargate, auraient pu être évitées en faisant systématiquement respecter les exigences de transparence en vigueur et en obligeant les entités impliquées, dont les ONG, à divulguer leurs sources de financement et leur structure interne; relève que, dans certains cas, les entités impliquées avaient bénéficié d’un financement de l’Union;

13.

condamne le nombre croissant de situations dans lesquelles les fonds de l’Union sont exploités au mépris des principes et des valeurs de l’Union, notamment lorsque l’utilisation des fonds et les virements effectués en faveur d’autres organisations ne sont pas entièrement traçables; rappelle qu’il existe un risque que les fonds de l’Union soient finalement utilisés par les milieux de la corruption et fassent l’objet de fraudes et d’irrégularités, d’ingérences étrangères ou d’entrisme; souligne l’importance de la «transparence quant au bénéficiaire final» des fonds versés par l’Union;

Les ONG et les entités dans le contexte du contrôle budgétaire

14.

rappelle l’importance fondamentale de la confiance et du soutien de la population envers les ONG; reconnaît que les termes utilisés pour décrire ces organisations font l’objet d’interprétations juridiques et publiques différentes d’un État membre à l’autre;

15.

souligne que le terme d’ONG est une notion très générale qui englobe de nombreuses formes d’entité différentes, allant des grandes organisations internationales aux petites associations régionales ou locales et des organisations majoritairement dirigées par des salariés à celles qui se composent d’une majorité de bénévoles; souligne également que la raison d’être des ONG et leur mode d’action diffèrent considérablement; est conscient que cette diversité rend difficile l’élaboration d’une définition commune des ONG au sein de l’Union; souligne toutefois que la définition d’une approche harmonisée dans toute l’Union, notamment par une définition harmonisée, présente des avantages et que sa valeur ajoutée réside dans une amélioration de la transparence, de la responsabilité, de la prévisibilité et de la confiance de la population; encourage dès lors les colégislateurs à s’accorder sur une telle approche harmonisée des ONG et des entités concernées au niveau de l’Union, ce qui faciliterait considérablement les procédures européennes de contrôle budgétaire, en particulier dans le cas d’associations transfrontalières; rappelle qu’il est extrêmement important d’assurer la transparence et la responsabilité de toutes les entités qui reçoivent des fonds de l’Union; souligne l’avantage qu’il y a à définir une approche harmonisée de ce que ces entités représentent pour l’Union et ses institutions dans divers contextes;

16.

prend acte de la proposition de la Commission visant à inclure une définition commune des ONG dans la proposition de refonte du règlement financier présentée en 2022; rappelle que, dans son mandat, le Parlement avait exigé davantage de clarté dans la définition des ONG, notamment en matière de degré d’existence formelle, de transparence et de responsabilité de ses membres ou fondateurs; encourage la Commission à procéder à une consultation approfondie à propos de la définition des ONG, notamment auprès des fonctionnaires des États membres et des représentants des ONG, tout en tenant compte de la méthode suivie lors de la définition de la notion de «petite et moyenne entreprise» (PME);

17.

estime que, pour être considérée comme telle, une ONG ne devrait pas être financée à 100 % par l’État et la Commission;

18.

relève que, dans STF, la Commission utilise les termes d’ONG et d’organisation à but non lucratif (OSBL) sans distinction claire; regrette que cette situation entraîne un manque de certitude dans l’attribution et le contrôle des fonds de l’Union et qu’elle risque de fausser la perception du volume des financements accordés aux ONG et aux entités; note que la rubrique «Foire aux questions» du STF comporte une définition des ONG dans laquelle le caractère non lucratif de celles-ci constitue un élément essentiel et est soumis à validation; regrette que ce manque de clarté soit dû au fait que, jusqu’à présent, il n’existe aucune approche harmonisée des ONG au niveau de l’Union et que STF n’utilise qu’une «auto-classification» des entités, laquelle repose uniquement sur des règles qui peuvent varier d’un État membre à l’autre; demande en outre que STF assure une catégorisation adéquate des différents types d’ONG ou d’OSBL afin d’éviter les situations dans lesquelles la distinction entre certains types d’organisations est minime ou inexistante et dans lesquelles les universités, les instituts de recherche, les associations bénévoles et les autres ONG sont considérés comme identiques dans la base de données de STF;

Vers un renforcement de la transparence et de la responsabilité de l’Union à l’égard des fonds de l’Union

19.

estime qu’il convient de prévenir et de combattre la fraude, les conflits d’intérêts, le double financement, la corruption, le blanchiment de capitaux et les détournements de fonds dans toutes les situations et au niveau de tous les bénéficiaires, quel que soit leur statut juridique ou leur nature; se dit préoccupé par l’insuffisance des données dont dispose l’autorité de décharge à propos de tels cas; rappelle que l’ensemble des demandeurs et des bénéficiaires d’un financement de l’Union, y compris les ONG, sont soumis aux règles financières de l’Union;

20.

souligne que le système de détection rapide et d’exclusion (EDES) est un instrument important pour protéger les intérêts financiers de l’Union, protection assurée à plusieurs niveaux grâce à la détection précoce des personnes ou entités qui font peser un risque sur les intérêts financiers de l’Union; salue la proposition de refonte du règlement financier présentée par la Commission, laquelle prévoit l’extension d’EDES à la gestion partagée et ajoute de nouveaux motifs d’exclusion (15); invite la Commission à faire en sorte qu’EDES soit pleinement opérationnel afin que les bénéficiaires, y compris les ONG, puissent être effectivement exclus de tout nouvel accès aux fonds de l’Union sur la base du règlement financier;

21.

craint que les exigences de transparence ne soient insuffisantes, notamment lorsque des fonds circulent le long d’une chaîne pour cofinancer des projets conjoints avec d’autres donateurs; estime qu’il est problématique que STF ne fournisse d’information que sur les subventions accordées directement par la Commission en gestion directe, mais aucun détail sur les fonds reçus indirectement de bénéficiaires et de partenaires qui ont juridiquement un lien avec la Commission;

22.

souligne que les États membres ne fournissent pas tous le même niveau d’information sur les subventions et que la base de données existante de l’Union n’est pas suffisamment cohérente et systématique; invite la Commission à renforcer la transparence et la responsabilité dans les cas de gestion partagée et indirecte en vérifiant la réattribution des fonds et leur utilisation jusqu’aux destinataires finaux, conformément à la proposition de refonte du règlement financier;

23.

invite la Commission à renforcer les mécanismes de contrôle ex ante de manière proportionnée, y compris les contrôles aléatoires adéquats; estime que le contrôle ex post de l’usage qui est fait des fonds de l’Union souffre de faiblesses importantes et invite instamment la Commission à produire, en coopération avec les États membres, une analyse approfondie assortie de propositions claires visant à renforcer la qualité, le nombre et la régularité de ces contrôles, avec l’appui d’un groupe de travail reconnu et centralisé au sein de la Commission consacré au contrôle budgétaire de tous les représentants d’intérêts et doté d’un mandat clair, de capacités d’enquête et de ressources;

24.

reconnaît l’importance de la transparence dans tous les aspects des activités financées par l’Union en vue de garantir une utilisation responsable des fonds; admet que l’ingérence étrangère potentielle dans la définition des politiques de l’Union est préoccupante et que le système en place n’est pas en mesure d’empêcher complètement les acteurs de créer, de financer et/ou d’infiltrer des bénéficiaires, dont des ONG, afin d’y faire circuler de fausses informations, y compris par la désinformation, comme cela se serait passé lors du Qatargate; estime que les préoccupations existantes ne devraient pas donner lieu à la stigmatisation de toutes les ONG puisque la plupart d’entre elles respectent et promeuvent les principes démocratiques et les valeurs de l’Union; souligne que le budget de l’Union ne doit pas servir à représenter des intérêts contraires aux principes et aux valeurs démocratiques de l’Union;

25.

invite la Commission à exiger des bénéficiaires de subventions de l’Union, dont les ONG, qu’ils publient les détails de tout financement obtenu d’autres sources dans le cadre de projets cofinancés par l’Union pendant une période de cinq ans tout en préservant le principe de confidentialité, notamment dans les cas dûment justifiés de bénéficiaires, y compris d’ONG, confrontés à de graves menaces de représailles; souligne que le financement des ONG extérieur à l’Union peut être une source légitime de financement, mais que sans règles claires de transparence respectant le principe de confidentialité, ces possibilités de financement sont ouvertes aux abus et aux influences indues d’acteurs étatiques tiers; invite les institutions de l’Union à améliorer l’application de leurs normes de transparence, dont la déclaration obligatoire des activités de lobbying;

26.

encourage les États membres à adopter des lois nationales créant des registres de représentants d’intérêts et des registres de transparence qui devraient également imposer la divulgation des donateurs, y compris internationaux, ainsi que des sources de financement, assorties d’exigences de transparence identiques pour tous les représentants d’intérêts quel que soit leur statut juridique ou leur nature;

27.

rappelle que les États membres sont responsables de l’enregistrement, du contrôle et de la communication des cas de détection de fraude, de détournement de fonds ou de blanchiment de capitaux, des condamnations ou des enquêtes en cours; estime que les administrations nationales, plus proches du terrain, constituent le premier niveau réel de contrôle et de suivi des organisations dont les activités sont contraires aux règles et aux valeurs de l’Union afin de renforcer les actions visant à prévenir, à détecter et à combattre la fraude et le détournement de fonds;

28.

invite les autorités nationales à renforcer leurs systèmes de transparence et de responsabilité afin d’identifier toutes les organisations ou entités agissant à l’encontre des règles et des valeurs de l’Union ainsi qu’à adopter des mesures législatives et administratives qui facilitent l’action au niveau de l’Union et qui permettent à la Commission d’inscrire plus facilement et plus vite les entités concernées dans ses systèmes; demande instamment à la Commission d’inclure dans EDES tous les représentants d’intérêts qui violent les règles et les valeurs de l’Union et de les exclure de ce fait de tout financement de l’Union conformément au règlement financier applicable au budget de l’Union;

29.

est d’avis qu’aucune marge d’appréciation ne doit être laissée aux États membres pour soumettre les ONG à des exigences et obligations nécessairement restrictives; rappelle que la Commission a entamé une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie lorsque celle-ci a introduit une loi relative à l’ingérence étrangère en 2017 et que, dans son arrêt du 18 juin 2020 (16) (Commission européenne contre Hongrie), la Cour de justice de l’Union européenne a déclaré que le droit à la liberté d’association et donc le droit de l’Union sont enfreints si des obligations systématiques imposées aux organisations de la société civile rendent nettement plus difficiles l’action et le fonctionnement des organisations qui y sont soumises;

30.

regrette que la publication de données dans STF se fasse avec un retard de 6 à 18 mois et que cela ait des conséquences en termes de transparence; invite la Commission à publier les informations relatives aux subventions de l’Union accordées aux ONG et aux entités au plus tard six mois après la date d’octroi de la subvention, accompagnées des informations relatives aux financements reçus d’autres sources, tout en tenant compte du principe de confidentialité dans les cas dûment justifiés de bénéficiaires, y compris d’ONG, confrontés à de graves menaces; invite la Commission à définir et à intégrer des outils de validation des données afin que la procédure de validation des données de STF soit automatique, permanente et plus rapide et consomme moins de ressources;

31.

déplore que les systèmes informatiques de la Commission ne soient pas conviviaux et utilisent des conventions différentes pour identifier les bénéficiaires de projets et de subventions, avec pour résultat des données qui diffèrent, ce qui complique la réconciliation des informations provenant de divers portails et bases de données de la Commission publiquement accessibles; recommande que la Commission définisse des règles harmonisées et harmonise la structure et les fonctionnalités des bases de données des divers programmes en tenant compte des différents environnements et domaines d’action dans lesquels les ONG opèrent et sans leur imposer de charge supplémentaire inutile;

32.

invite la Commission à utiliser une entité unique commune, comme un code d’identification unique par participant, ainsi que des clés d’identification par projet dans l’ensemble des portails et des bases de données, y compris sur les sites internet des bénéficiaires, tout en préservant le principe de confidentialité, notamment dans les cas dûment justifiés de bénéficiaires, y compris d’ONG, confrontés à de graves menaces de représailles, afin de faciliter la réconciliation des informations publiquement disponibles fournies par les divers systèmes et les divers sites internet; invite la Commission à attribuer à tous les bénéficiaires, dont les ONG, un code qui permette d’extraire directement de STF les données de financement de cinq années et qui comporte un lien vers les entrées du projet correspondant dans les bases de données des programmes de la Commission;

33.

constate l’existence d’incohérences importantes dans le contenu et le détail des informations figurant sur les sites internet des projets, notamment à propos de la répartition des fonds reçus entre les partenaires et des renvois aux bases de données pertinentes de la Commission; demande l’adoption, en matière de transparence publique et de coopération accrue avec les autorités budgétaires de l’Union, une démarche plus proactive allant au-delà des exigences minimales qui s’appliquent actuellement au financement par des subventions de l’Union; invite la Commission à renforcer le système par lequel tous les demandeurs, y compris les ONG, sont tenus de s’engager à respecter la charte de l’Union européenne lorsqu’ils demandent des fonds de l’Union; demande que les sites internet des projets financés par l’Union présentent des informations plus claires et plus systématiques à propos des subventions reçues de l’Union et d’autres sources;

34.

demande que les propriétaires ultimes de sociétés soient répertoriés dans des registres centraux dans les pays de l’Union, accessibles aux personnes ayant un «intérêt légitime», telles que les journalistes d’investigation, les citoyens concernés et les ONG;

35.

fait observer que, même si la généralisation à tous les services de la Commission du système eGrants comme outil commun de gestion des subventions et système commun d’enregistrement des demandeurs a permis d’améliorer la qualité et l’exhaustivité des données de STF, il faut redoubler d’efforts pour améliorer la fiabilité de ces données; se dit préoccupé par les lacunes qui persistent en termes de cohérence dans les portails et les systèmes de transparence de la Commission; invite également la Commission à accélérer la rationalisation des bases de données pour que STF soit plus convivial, soit relié au registre de transparence et soit compatible avec les bases de données spécifiques des programmes; souligne qu’il devrait comprendre les paiements finaux et permettre ainsi d’identifier les bénéficiaires par catégorie, dont les ONG, notamment par la définition d’une ONG et des entités pertinentes conformément au règlement financier; demande à la Commission de préparer une proposition d’action administrative pour la fin de 2024 au plus tard;

36.

fait observer que, dans certaines situations, le siège de l’organisation à but non lucratif se trouve dans un pays et les opérations de bienfaisance se font dans un autre pays; demande aux organisations à but non lucratif de prendre les mesures appropriées pour justifier les financements et services fournis dans des lieux autres que leur juridiction d’origine;

37.

salue la proposition de la Commission visant à mettre en place, sur la base de l’article 36 du règlement financier, un système informatique centralisé et interopérable d’extraction de données et de calcul du risque afin d’améliorer l’efficacité du contrôle interne de l’exécution budgétaire; souligne que ce système doit non seulement comporter les coordonnées des bénéficiaires, mais aussi celles des bénéficiaires effectifs conformément à la directive (UE) 2015/849 (17); demande que ce système comporte des indicateurs de risque fondés sur les données d’EDES pour tous les modes de gestion;

38.

déplore que l’existence parallèle d’obligations d’information et de pratiques comptables à l’échelon national et à l’échelon européen puisse entraîner une charge administrative disproportionnée pour les bénéficiaires, dont les ONG; invite la Commission à faire en sorte que les obligations d’information au niveau européen et au niveau national soient harmonisées afin de faciliter le contrôle du respect des obligations;

39.

souligne l’importance de la transparence et de l’identification du destinataire final des fonds de l’Union; invite la Commission à mettre en place un système de contrôle harmonisé destiné à réduire les formalités administratives, à améliorer l’efficacité et à identifier les bénéficiaires finaux; recommande que la Commission assure le traçage des fonds de l’Union jusqu’aux bénéficiaires finaux de façon systématique et harmonisée sur toutes les plateformes d’information et de transparence au niveau de l’Union; demande également un dialogue renforcé entre la Commission et les bénéficiaires d’un financement de l’Union, dont les ONG, à propos de la manière de réduire les charges excessives;

40.

craint que les dispositions relatives à la visibilité des programmes de l’Union ne soient pas entièrement respectées; demande à la Commission de charger ses services de résilier les conventions ou de réduire les paiements en faveur des bénéficiaires qui ne respectent pas leurs obligations contractuelles en matière de visibilité;

41.

invite la Commission à veiller à assurer la formation de tous ses responsables de programmes et de toutes les agences de l’Union au règlement financier et au budget de l’Union; invite la Commission à assurer la formation de tous les bénéficiaires d’un financement de l’Union, y compris les ONG, aux règles de déclaration et aux règles financières et demande que l’autorité de décharge soit dûment informée de ces formations ainsi que de leur contenu, de leurs participants et de leur coût; invite la Commission à simplifier les procédures de demande de subventions et de sélection, à garantir l’uniformité de l’approche et la transparence du processus, à réduire la charge administrative et à adapter régulièrement ces règles en fonction des changements de circonstances et des enseignements tirés;

42.

relève qu’en 2018, la Cour des comptes européenne avait constaté que l’octroi de subventions en cascade ne permettait pas à la Commission de contrôler correctement la manière dont les fonds de l’Union sont utilisés; demande que les montants accordés aux ONG en tant que tiers sous la forme de subventions en cascade soient clairement identifiables dans STF et dans les rapports financiers et sur la responsabilité publiés chaque année de la Commission;

43.

invite toutes les institutions de l’Union à être beaucoup plus strictes dans la mise en œuvre, l’exécution et le contrôle du respect des dispositions actuellement applicables au registre de transparence de l’Union; demande que des ressources supplémentaires soient allouées au secrétariat du registre de transparence afin qu’il puisse accompagner tous les demandeurs d’inscription et les personnes enregistrées, en particulier les petites entités et les ONG, tout au long de la procédure d’inscription et vérifier de manière plus approfondie les informations qu’ils fournissent; demande notamment que tous les secrétariats des commissions et toutes les unités administratives concernées disposent d’un responsable de la transparence; rappelle que, selon les lignes directrices relatives au registre de transparence, les modifications apportées aux données communiquées doivent être signalées dès qu’elles interviennent et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois; souligne que toute modification de la composition du conseil d’administration ou de la direction d’entités enregistrées doit également être enregistrée dans le registre de transparence; demande que la base de données sur la transparence ne soit accessible qu’aux personnes spécifiquement autorisées et sur demande présentée à l’autorité budgétaire, afin d’éviter la diffusion d’informations pouvant mettre en danger la vie ou la sécurité personnelle d’un individu ou l’existence d’une ONG;

44.

déplore l’existence, dans le registre de transparence, d’exigences de divulgation différentes en fonction des divers types d’organisations; invite la Commission à imposer les mêmes exigences de divulgation à tous les types d’organisations enregistrées dans le registre de transparence; fait observer en particulier qu’elles doivent toutes être tenues de divulguer leurs revenus et la totalité des montants affectés à la représentation d’intérêts (18);

45.

rappelle les recommandations de la résolution de décharge au Parlement pour 2021 (19), qui demandaient la révision du registre de transparence de l’Union et de ses lignes directrices afin d’exiger la divulgation des détails de toutes les sources de financement des organisations enregistrées, y compris les parts détenues dans d’autres sociétés, et de permettre aux fonds de l’Union d’être traçables du bénéficiaire direct au bénéficiaire final lorsque les fonds sont transférés dans une chaîne, notamment lors du transfert de fonds d’un bénéficiaire à un autre, y compris lorsqu’il s’agit d’une ONG, tout en tenant compte du principe de confidentialité dans le cas d’ONG confrontées à de graves menaces;

46.

invite toutes les ONG et entités désireuses de respecter la pleine transparence et la responsabilité, la charte de l’Union européenne ainsi que la promotion des valeurs démocratiques et de l’Union à demander à figurer au registre de transparence lorsqu’elles sollicitent des fonds de l’Union;

47.

demande l’application stricte des règles d’accès au Parlement et d’invitation aux commissions parlementaires, qui doivent dépendre de l’enregistrement de chaque organisation dans le registre de transparence par le nouveau responsable de la transparence dont disposera le secrétariat de chaque commission;

48.

demande que l’ensemble des bénéficiaires financés par l’Union, y compris les ONG, publient en ligne toutes les réunions qu’ils ont avec des députés européens, des assistants de députés européens ou des représentants d’autres institutions, organes et organismes de l’Union lorsque ces réunions portent sur les dossiers législatifs de l’Union en cours ou sur le financement de l’Union que ces bénéficiaires reçoivent ou sollicitent, à l’instar des obligations qui incombent aux députés européens; demande que les institutions et organes de l’Union concernés prévoient les outils nécessaires à la publication de ces réunions tout en permettant des exceptions justifiées;

49.

considère l’adoption d’un règlement sur les ONG comme une mesure discriminatoire ciblant les ONG mais aucun autre bénéficiaire de financements de l’Union; estime que les questions telles que le pantouflage, la transparence des financements et des donations, la lutte contre le blanchiment de capitaux, la limitation de l’ingérence étrangère, l’indépendance de toute influence politique et économique et la dénonciation des dysfonctionnements sont importantes pour toutes les entités bénéficiaires de fonds de l’Union et qu’elles ne devraient pas être utilisées pour restreindre le champ d’action d’ONG;

50.

réitère la demande qu’il avait faite dans la résolution de décharge à la Commission pour 2021 (20), à savoir de veiller à ce que tous les bénéficiaires de financements de l’Union, y compris les ONG, qui ont détourné ou abusé des fonds de l’Union ou qui se sont adonnés à des activités contraires aux valeurs de l’Union inscrites à l’article 2 du traité sur l’Union européenne et dans la charte de l’Union européenne, dont l’incitation au terrorisme, les discours de haine, le soutien à la violence ou l’apologie de la violence, l’extrémisme politique et religieux, l’extrémisme ainsi que la diffusion de fausses informations déguisées en données scientifiques intentionnellement falsifiées, figurent dans EDES et que leur accès aux institutions de l’Union et aux programmes de financement de l’Union en gestion directe et partagée soit bloqué; invite la Commission et les États membres à faire respecter la mise en œuvre et la publication d’une liste d’exclusion améliorée, comme l’a recommandé le Parlement, conformément à l’accord sur le règlement financier; attend de la Commission qu’elle fasse rapport sur la mise en œuvre de cette recommandation au début de 2025;

51.

invite la Commission et la Cour des comptes européenne à communiquer systématiquement au Parlement, en tant qu’autorité de décharge, les constatations et les conclusions d’audit des contrôles fondés sur les risques réalisés sur place auprès des bénéficiaires, y compris les ONG, ainsi que leurs résultats; encourage une coopération accrue avec l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et la Cour des comptes européenne; invite la Commission à renforcer notamment le statut d’accès de l’OLAF afin qu’il puisse obtenir des informations sur les malversations financières de bénéficiaires individuels, enquêter sur celles-ci et imposer des sanctions appropriées (comme la suspension des paiements via le système EDES) en cas de fraude, de corruption et d’autres irrégularités liées aux fonds de l’Union, conformément à la réglementation en vigueur;

52.

rappelle que, dans le cadre du mandat respectif de l’OLAF et du Parquet européen, les ONG sont soumises au même niveau de contrôle et d’enquête que tous les autres bénéficiaires de fonds de l’Union à propos de l’ensemble de leurs dépenses;

°

° °

53.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et à la Cour des comptes européenne.

(1) JO L 193 du 30.7.2018, p. 1.

(2) JO L 435 du 6.12.2021, p. 187.

(3) JO L 231 du 30.6.2021, p. 159.

(4) Étude – « Financing of Non-governmental Organisations (NGO) from the EU Budget», Parlement européen, Direction générale des politiques internes, Département thématique D – Affaires budgétaires, 25 novembre 2010.

(5) Étude – « Democratic accountability and Budgetary Control of non-governmental organisations funded by the EU Budget », Parlement européen, Direction générale des politiques internes, Département thématique D – Affaires budgétaires, 24 janvier 2017.

(6) Étude – « Transparency and accountability of EU funding for NGOs active in EU policy areas within EU territory », Parlement européen, Direction générale des politiques internes, Département thématique D – Affaires budgétaires, 28 septembre 2023.

(7) JO C 342 du 6.9.2022, p. 225.

(8) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0137.

(9) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0138.

(10) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0292.

(11) Parlement européen, « Décharge 2021:Budget général de l’UE - Commission et agences exécutives », 10 mai 2023.

(12) Communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 25 mars 2020 intitulée «Plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024» (JOIN(2020)0005).

(13) Source: Registre de transparence de l’Union, données consultées le 22 septembre 2023.

(14) Parlement européen, « Décharge 2021:Budget général de l’UE - Commission et agences exécutives », 10 mai 2023.

(15) Article 139, paragraphe 1, point i), et article 139, paragraphe 1, point c) vi), de la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (refonte), présentée le 16 mai 2022 par la Commission (COM(2022)0223).

(16) Arrêt de la Cour du 18 juin 2020, Commission européenne/Hongrie, C-78/18, ECLI:EU:C:2020:476.

(17) Directive (UE) 2015/849 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme, modifiant le règlement (UE) no 648/2012 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 2005/60/CE du Parlement européen et du Conseil et la directive 2006/70/CE de la Commission ( JO L 141 du 5.6.2015, p. 73

(18) Voir l’étude sur la transparence et la responsabilité, recommandation no 24.3.

(19) Textes adoptés, P9_TA(2023)0138, paragraphe 74.

(20) Textes adoptés, P9_TA(2023)0137.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5725/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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