| CELEX | 52024IP0041 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 18 janvier 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5730 | 17.10.2024 |
P9_TA(2024)0041
Protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2022
Résolution du Parlement européen du 18 janvier 2024 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne – lutte contre la fraude – rapport annuel 2022 (2023/2045(INI))
(C/2024/5730)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 310, paragraphe 6, et l’article 325, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu le rapport de la Commission du 27 juillet 2023 intitulé «34e rapport annuel sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude – 2022» (COM(2023)0464) (Rapport 2022 sur la transposition de la directive PIF), |
| — | vu le rapport 2022 de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) (1) et le rapport annuel 2022 du Comité de surveillance de l’OLAF (2), |
| — | vu le rapport annuel 2022 du Parquet européen, publié le 1 mars 2023, |
| — | vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (ci-après le «règlement sur la conditionnalité») (3), |
| — | vu les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 16 février 2022 dans les affaires C-156/21 (4) et C-157/21 (5), et les conclusions de la CJUE selon lesquelles le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit est conforme au droit de l’Union européenne, |
| — | vu la proposition de décision d’exécution du Conseil relative à des mesures de protection du budget de l’Union contre des violations des principes de l’état de droit en Hongrie, présentée par la Commission le 18 septembre 2022 (COM(2022)0485), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (6) (règlement portant dispositions communes), |
| — | vu la proposition de la Commission du 16 mai 2022 en vue de l’adoption d’un règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux règles financières applicables au budget annuel de l’Union (refonte du règlement financier) (COM(2022)0223), |
| — | vu la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (7) (directive PIF), |
| — | vu le rapport de la Commission du 16 septembre 2022 au Parlement européen et au Conseil intitulé «Deuxième rapport sur la mise en œuvre de la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (COM(2022)0466). |
| — | vu la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (8), |
| — | vu la communication de la Commission du 13 juillet 2022 intitulée «Rapport 2022 sur l’état de droit» (COM(2022)0500), |
| — | vu l’étude intitulée «Strengthening the fight against organised crime: Assessing the legislative framework», publiée en décembre 2022 (9), |
| — | vu le rapport intitulé «Assessing the Threats to the NextGenerationEU (NGEU) Fund - A Joint Europol-OLAF Report», publié le 6 juin 2023, |
| — | vu la note finale de la Médiatrice européenne du 12 septembre 2023 sur l’initiative stratégique concernant la transparence et la responsabilité de la facilité pour la reprise et la résilience dans le cadre de l’affaire SI/6/2021/PVV, ouverte le 24 février 2022, |
| — | vu le rapport annuel d’activité 2022 de la Cour des comptes européenne (la «Cour des comptes»), publié le 4 mai 2023, |
| — | vu le document d’analyse n° 04/2023 de la Cour des comptes du 6 juillet 2023 intitulé «Le passage à une gestion numérique des fonds de l’UE», |
| — | vu le rapport spécial no 06/2023 de la Cour des comptes européenne du 13 mars 2023 intitulé «Conflits d’intérêts et dépenses agricoles et de cohésion de l’UE - Un cadre de prévention bien en place, non sans failles dans les mesures de transparence et de détection», |
| — | vu le règlement (UE) 2021/785 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude et abrogeant le règlement (UE) no 250/2014 (10), |
| — | vu sa résolution du 23 novembre 2021 contenant des recommandations à la Commission sur la numérisation de la communication d’informations, du suivi et de l’audit au niveau européen (11), |
| — | vu la communication de la Commission du 14 décembre 2020 relative à l’examen de l’Union européenne prévu par le mécanisme d’examen de l’application de la convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) (COM(2020)0793), |
| — | vu sa recommandation du 17 février 2022 au Conseil et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la corruption et les droits de l’homme (12), |
| — | vu sa résolution du 19 janvier 2023 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne - lutte contre la fraude - rapport annuel 2021 (13), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0434/2023), |
| A. | considérant que, conformément à l’obligation prévue à l’article 325, paragraphe 5, du traité FUE, la Commission présente chaque année, en coopération avec les États membres de l’Union européenne, un rapport au Parlement européen et au Conseil sur les mesures prises pour la mise en œuvre de l’article (ci-après, le «rapport PIF»); |
| B. | considérant que la bonne gestion des dépenses publiques et la protection des intérêts financiers de l’Union devraient être des éléments essentiels de la politique de l’Union afin de conforter la confiance des citoyens en veillant à ce que l’argent des contribuables soit utilisé correctement et efficacement; |
| C. | considérant que le rapport PIF se fonde sur les informations fournies par les États membres, avec notamment des données sur les irrégularités et les fraudes détectées; que le rapport PIF doit prendre en considération les spécificités financières de chaque État membre et aménager la souplesse nécessaire à cet égard; |
| D. | considérant que le nombre d’irrégularités frauduleuses détectées et signalées témoigne des résultats des efforts déployés par les États membres pour lutter contre la fraude et d’autres activités illégales et ne doit pas être interprété comme une indication du niveau de la fraude dans les États membres; |
| E. | considérant que tous les États membres devraient être considérés de façon appropriée et objective; |
| F. | considérant qu’il existe différents niveaux et acteurs impliqués dans la protection du budget de l’Union par la prévention (interruption et suspension des paiements), la détection, les corrections financières et le recouvrement des sommes indûment versées; |
| G. | considérant que le système de détection rapide et d’exclusion protège le budget de l’Union contre les risques d’insolvabilité, de négligence, de fraude ou d’irrégularité du fait d’acteurs privés; |
| H. | considérant que le mécanisme de conditionnalité liée à l’état de droit s’applique à l’ensemble du budget de l’Union et permet de prendre des mesures en cas de violation des principes de l’état de droit qui porte atteinte ou risque sérieusement de porter atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union ou aux intérêts financiers de l’Union; |
| I. | considérant que le respect des valeurs fondamentales de l’Union, des droits fondamentaux et de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne est une exigence préalable à l’accès aux financements octroyés par l’Union; |
| J. | considérant que la fraude et la corruption représentent une menace constante pour l’intégrité des processus décisionnels; |
| K. | considérant que l’article 22 du règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (14) (ci-après, le «règlement FRR») contient des dispositions relatives à la protection des intérêts financiers de l’Union; |
| L. | considérant qu’il convient de tenir compte des différents niveaux de numérisation dans les États membres en créant dans l’Union des systèmes d’administration et de déclaration qui soient plus harmonisés, interopérables et comparables et qui soient fonctionnels, une démarche nécessaire à une analyse approfondie et rigoureuse ainsi qu’à la prévention efficace des irrégularités et à la lutte contre la fraude et la corruption; que les États membres sont encouragés à utiliser simultanément des outils d’extraction de données à l’échelle de l’Union, telles qu’Arachne ou le système de détection rapide et d’exclusion (EDES); |
| M. | considérant qu’Arachne est un outil utilisé sur une base volontaire et que, bien qu’il soit déjà largement utilisé dans la politique de cohésion et qu’il commence à être utilisé pour les dépenses agricoles, le rendre obligatoire, comme le Parlement l’a demandé à plusieurs reprises, constituerait un progrès majeur; |
| N. | considérant que la diversité des systèmes juridiques et administratifs des États membres est un inconvénient et qu’elle nécessite une action adéquate pour pouvoir créer des systèmes d’administration et de déclaration plus unifiés, interopérables et comparables dans l’Union afin de prévenir et de combattre efficacement la fraude et la corruption et lutter contre les irrégularités; |
| O. | considérant que la coopération avec les partenaires internationaux et les institutions financières mondiales est essentielle pour la protection des fonds de l’Union dépensés en dehors de l’Europe et pour les recettes du budget de l’Union; |
Observations générales
| 1. | se félicite du rapport PIF de 2022 et des analyses qui y sont présentées; |
| 2. | partage l’avis de la Commission selon lequel la prévention et la détection des fraudes et le suivi des mécanismes de recouvrement des fonds détournés doivent s’appuyer sur une numérisation plus poussée et sur l’utilisation de technologies de pointe, basées sur des techniques d’apprentissage automatique, afin d’améliorer l’accessibilité, l’interopérabilité, l’utilisation et la gestion des données relatives aux cas de fraudes potentielles; souligne qu’une gouvernance antifraude efficace, des processus efficaces axés sur les résultats et des structures suffisamment équipées doivent être en place pour assurer la coopération et la coordination entre toutes les composantes de l’architecture antifraude et les acteurs concernés; estime que, à cette fin, les agents responsables des différents éléments de l’architecture antifraude doivent disposer des compétences numériques et procédurales nécessaires; |
| 3. | rappelle que, en vue d’assurer un niveau élevé de protection des intérêts financiers de l’Union, il est essentiel d’assurer une coopération solide entre les autorités chargées des enquêtes administratives et celles chargées des enquêtes judiciaires au niveau européen et national; |
| 4. | salue les efforts déployés par la Commission pour avancer la publication du rapport PIF annuel, ce qui permet d’adopter la résolution du Parlement au cours de l’année n+1 et rend plus pertinentes les remarques et recommandations qu’il y formule; |
| 5. | se félicite de l’amélioration de la cohérence globale de la législation antifraude dans l’ensemble de l’Union, à la suite des actions entreprises par les États membres pour transposer correctement les règles de l’UE dans les systèmes nationaux; déplore que la situation ne soit toujours pas optimale à certains égards, notamment en ce qui concerne la détection et le signalement des cas de fraude et d’irrégularité présumés et leur suivi, pour lesquels les différences entre les États membres sont encore notables; |
| 6. | souligne que la prévention et la communication sont essentielles dans la lutte contre la fraude et la corruption et que la Commission devrait aider les États membres à mettre en œuvre des mesures efficaces en la matière; |
| 7. | partage l’avis de la Commission selon lequel il convient de renforcer l’analyse des risques de fraude afin d’évaluer si la déclaration de faibles niveaux de fraude est la conséquence d’un nombre réellement peu élevé de cas de conduite fautive ou d’une mauvaise détection; |
| 8. | regrette que, dans de nombreux États membres, les autorités nationales ne donnent pas toujours suite aux recommandations de la Commission ou de l’OLAF, ne soient pas exhaustives dans la communication d’informations ou n’adoptent pas en temps utile les bonnes pratiques reconnues; souligne que, dans de nombreux États membres, le pourcentage d’irrégularités encore classées comme fraude présumée de nombreuses années après leur notification initiale est extrêmement élevé, même par rapport aux affaires signalées comme clôturées; estime que de telles situations indiquent un manque de suivi adéquat, des ressources insuffisantes ou mal formées, des lacunes en matière de communication ou des dispositifs de signalement inefficaces, une coopération et une coordination insuffisantes, voire le report injustifié de la requalification des irrégularités en fraudes afin d’adapter les déclarations statistiques; |
| 9. | souligne que, dans de tels cas, la Commission devrait aider les États membres à alléger les contraintes administratives liées au processus de détection, de suivi et de signalement des fraudes; |
| 10. | propose que l’Union européenne et les autorités nationales renforcent leur coopération et favorisent l’utilisation d’outils numériques pour lutter contre la fraude; |
| 11. | relève que le nombre de cas de fraude et d’irrégularités signalés par les autorités européennes et nationales compétentes (12 455 au total) a légèrement augmenté en 2022 par rapport à 2021; observe que les financements concernés par ces cas ont diminué en 2022 pour s’établir à 1,77 milliard d’EUR (contre 2,05 milliards d’EUR en 2021); estime que ces chiffres demeurent extrêmement élevés et représentent une perte importante pour le budget de l’Union; |
| 12. | est conscient que la comparaison des signalements d’irrégularités année par année n’offre pas toujours une analyse fiable des tendances et des évolutions en raison du cycle pluriannuel de mise en œuvre de nombreux programmes; estime que la comparaison avec une moyenne quinquennale est plus appropriée pour identifier les situations en temps réel; se félicite, dans ce contexte, du fait que, dans le rapport PIF de 2022, il est fréquemment fait référence aux résultats de la période 2018-2021; |
| 13. | estime que la participation de la société civile dans la lutte contre la fraude est déterminante pour améliorer la prévention et la détection, et que cela implique un soutien au journalisme d’investigation, qui peut s’avérer efficace dès lors que les journalistes disposent d’un accès facile et approprié aux informations sur les projets, les bénéficiaires et les paiements; souligne en particulier le rôle important que revêtent les médias et les journalistes d’investigation dans la lutte contre la corruption; rappelle qu’un niveau de protection élevé et systématique des journalistes et des lanceurs d’alerte au sein de l’Union permet de lutter contre le développement d’une culture de l’impunité, du silence et de la conspiration; relève que, en ce qui concerne le pluralisme et la liberté des médias, les derniers résultats de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias (SPM 2022) font état d’une légère dégradation de l’indicateur relatif à la protection des journalistes, et que la concentration des médias d’information reste à un niveau de risque très élevé sur l’ensemble du continent; est d’avis que la protection des médias face aux pressions et aux ingérences politiques ainsi que la garantie du droit d’accès aux informations détenues par les autorités publiques sont essentielles à la protection de l’indépendance des médias et de leur rôle de gardien de la démocratie à la bonne gestion des ressources; |
| 14. | se félicite de la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 3 mai 2023 sur la lutte contre la corruption (JOIN(2023)0012), qui reconnaît la gravité de la corruption car elle nuit à l’efficience des dépenses publiques, à l’efficacité du marché unique et à la viabilité de la croissance économique; souligne que la lutte contre la corruption est l’un des engagements les plus importants de l’Union, au même titre que la transparence et l’intégrité; insiste sur le fait que le népotisme dans les entités publiques et lors de la passation de marchés pour les fonds de l’Union pose aussi un risque important au regard de la bonne gestion et des intérêts financiers de l’Union; se félicite par conséquent de la nouvelle proposition de directive relative à la lutte contre la corruption (15); |
| 15. | s’inquiète de la difficulté d’estimer avec une grande précision la mesure dans laquelle la criminalité organisée bénéficie illégalement des finances de l’Union; soutient qu’une approche commune pour évaluer l’impact de la criminalité organisée sur les fonds de l’Union et l’efficacité des mesures prises pour s’attaquer au problème est nécessaire dans l’ensemble des États membres; invite la Commission à lancer rapidement toutes les actions nécessaires pour poursuivre cette harmonisation; |
| 16. | souligne l’importance que revêt une analyse d’impact en vue d’évaluer les répercussions économiques et sociales de la fraude sur les intérêts financiers de l’Union et sur ses citoyens; demande une analyse visant à déterminer le rapport entre les ressources allouées à la prévention de la fraude et les pertes potentielles évitées; |
| 17. | soutient que l’absence de transposition efficace dans la législation nationale de nombreux États membres ainsi que le manque d’harmonisation des législations nationales donnent la possibilité à la criminalité organisée de se livrer à un certain nombre d’activités transfrontières illégales dans des domaines portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; réitère dès lors ses précédents appels à la révision de la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil relative à la lutte contre la criminalité organisée (16) et à l’introduction d’une nouvelle définition commune de la criminalité organisée, prenant en considération, notamment, le recours à la corruption, à la violence, aux menaces ou à l’intimidation afin d’obtenir le contrôle d’activités économiques ou de marchés publics; |
| 18. | observe que la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée 2021-2025 (17) vise à définir les outils et les mesures permettant de démanteler les modèles économiques et les structures des organisations criminelles par-delà les frontières, tant en ligne que hors ligne; invite les États membres à contribuer aux efforts de la Commission et à mettre en place des réseaux de coopération régionale pour le partage d’informations sur les cas et les stratégies de lutte contre la fraude perpétrée par la criminalité organisée; rappelle, à cet égard, l’importance de la proposition de nouvelle directive relative au recouvrement et à la confiscation d’avoirs (18), dont la mise en œuvre effective fournirait aux autorités de meilleurs outils pour priver les groupes criminels organisés des moyens financiers dont ils ont besoin afin de mener à bien d’autres activités criminelles; rappelle en outre que, pour lutter contre la criminalité organisée transfrontière, l’échange de bonnes pratiques et l’élaboration de stratégies communes et coordonnées sont essentiels; |
| 19. | souligne qu’en ce qui concerne les affaires de corruption, le Parquet européen a signalé 87 infractions ayant fait l’objet d’une enquête à la fin de 2022 (contre 40 affaires ayant fait l’objet d’une enquête au cours des sept premiers mois d’activités opérationnelles en 2021); fait observer que, dans le système de gestion des irrégularités (ci-après, «le SGI»), entre 2018 et 2022, 30 cas ont été signalés par 10 États membres, à savoir 5 dans le domaine de l’agriculture, 22 dans celui de la cohésion et 3 dans celui de la préadhésion, avec une incidence financière globale estimée à environ 50 millions d’EUR; |
| 20. | souligne une fois de plus que la corruption, en particulier de haut niveau, y compris dans les institutions de l’Union, est un crime particulièrement grave, susceptible de s’étendre au-delà des frontières, portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union et à son économie dans son ensemble, et sapant la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques de l’Union et des États membres; rappelle qu’au sein des institutions de l’Union, il doit y avoir une politique de tolérance zéro à l’égard de la corruption; soutient l’intégration de la lutte contre la corruption dans la conception des politiques de l’Union; |
| 21. | constate qu’actuellement, quelles que soient les circonstances, l’OLAF ne peut pas accéder aux bureaux, ordinateurs et comptes de courrier électronique des députés, même lorsqu’il enquête sur des affaires liées à des députés sur la base d’un soupçon fondé; souligne qu’il est nécessaire de mettre en place une procédure adéquate pour permettre l’accès de l’OLAF en cas de soupçons fondés contre des députés; invite le Bureau à instituer une telle procédure; |
| 22. | souligne que le Parquet européen enquête actuellement sur l’acquisition des vaccins anti-COVID-19 par la Commission; |
| 23. | souligne que tout institution de l’Union, État membre et bénéficiaire public ou privé de fonds de l’Union est tenu de divulguer tous les documents pertinents, y compris les informations sur les négociations préliminaires menées par la Commission, sur demande officielle de la Cour des comptes dans le cadre d’un audit; rappelle la recommandation du Parlement, dans sa résolution sur la décharge 2020 (Section III – Commission) (19), relative à l’accès aux SMS échangés avec une entreprise pharmaceutique concernant l’achat d’un vaccin contre la COVID-19; |
| 24. | souligne que la politique de tolérance zéro à l’égard de la corruption doit être appliquée de façon systématique et faire l’objet d’une communication appropriée dans le contexte des élections européennes, afin d’accroître la participation électorale et la confiance des citoyens dans les institutions publiques; |
| 25. | se félicite que la Commission ait inclus une section spécifique sur la lutte contre la corruption dans son rapport annuel sur l’état de droit afin de fournir une analyse comparative approfondie des approches, procédures et outils utilisés par les États membres dans leur lutte contre la corruption et de contribuer à déterminer quels sont les secteurs les plus menacés; demande à la Commission de toujours assortir chaque section du rapport sur l’état de droit de recommandations et d’observations de suivi à l’intention des États membres; réaffirme qu’il convient de donner pleinement suite aux recommandations spécifiques par pays en matière de corruption; invite les États membres à tenir compte des conclusions du rapport sur l’état de droit lors de l’élaboration de leurs politiques de lutte contre la corruption; invite la Commission à intervenir et à aider les États membres à répondre aux enjeux structurels liés à leur capacité de lutte contre la corruption; |
| 26. | souligne que les enquêtes Eurobaromètre 2022 sur la corruption indiquent que celle-ci demeure une préoccupation importante pour les citoyens et les entreprises de l’Union, une grande partie des citoyens européens estimant que la corruption est répandue dans leur pays (68 %) et que le niveau de corruption a augmenté (41 %); se félicite que presque tous les États membres disposent de stratégies de lutte contre la corruption, lesquelles sont régulièrement évaluées et révisées, et rappelle que si un cadre juridique solide est nécessaire, une mise en œuvre efficace est également indispensable en vue d’éradiquer les pratiques de corruption et que la prévention de ces dernières requiert aussi une gouvernance transparente assortie d’une obligation de rendre des comptes ainsi que des cadres réglementaires en matière d’intégrité; salue, à cet égard, les propositions présentées par la Commission en matière de lutte contre la corruption, lesquelles font suite aux appels du Parlement en faveur d’une intensification des mesures dans ce domaine; relève que la Commission prévoit d’intégrer la prévention de la corruption dans la préparation des politiques et des programmes de l’Union ainsi que de soutenir activement les efforts des États membres destinés à la mise en place d’une politique et d’une législation rigoureuses de lutte contre la corruption; salue la volonté de s’attaquer à la dimension transfrontière de la corruption, en criminalisant les faits de corruption et en harmonisant les sanctions dans l’ensemble de l’Union européenne, en coordination avec la proposition du haut représentant d’établir un régime de sanctions spécifique dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune afin de cibler à l’échelle mondiale les faits graves de corruption; |
| 27. | souligne que la corruption et le blanchiment de capitaux sont intrinsèquement liés et que ce dernier constitue l’un des principaux moyens de facilitation des activités illégales de la criminalité organisée, par lequel les criminels transfèrent dans l’économie licite les produits de leurs crimes, et est conscient que la fraude au détriment du budget de l’Union peut également constituer une infraction sous-jacente précurseur du blanchiment d’argent; insiste sur le fait que la dimension transnationale de ces crimes entrave leur prévention, leur détection et leur répression en raison de l’hétérogénéité des systèmes juridiques; se félicite des progrès accomplis dans la création de la nouvelle Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, à la suite de la proposition de la Commission en juillet 2021, de l’accord politique obtenu au Conseil le 29 juin 2022, de sa position du 7 décembre 2022 sur le corpus réglementaire unique et du mandat pour engager des trilogues octroyé par le Parlement en séance plénière le 17 avril 2023; regrette que l’autorité ne soit pas pleinement opérationnelle avant 2026; |
| 28. | observe que, via le SGI, au cours de la période 2018-2022, 375 cas liés à des conflits d’intérêts ont été signalés, lesquels peuvent également être détectés dans des environnements similaires à ceux où des pratiques de corruption ont cours; souligne que la grande majorité des cas de conflits d’intérêts signalés sont liés à la mise en œuvre des politiques de cohésion (86 % contre 9 % pour l’agriculture et 5 % pour la préadhésion), et représentent près de 117 millions d’EUR au total pour cette période; souligne que les conflits d’intérêts signalés sont principalement dus à des relations entre les bénéficiaires des fonds et leurs contractants et sous-traitants, tandis que seulement 7 % des cas concernent des conflits d’intérêts au cours de la phase d’attribution et/ou d’évaluation des projets, avec implication de membres des comités d’évaluation; |
| 29. | estime qu’il pourrait s’agir d’un indicateur de l’impact positif et de l’effet dissuasif des modifications apportées aux règles financières, qui ont été rendues applicables à toutes les autorités nationales chargées du traitement des fonds de l’Union, conjointement avec le fait qu’un tiers des cas ont été détectés par des sources externes au système de gestion et de contrôle, y compris les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation, ce qui suggère un niveau élémentaire de transparence et d’accessibilité ainsi que de contributions de la société civile; |
| 30. | s’inquiète également du fait que, dans l’ensemble, les cas de conflits d’intérêts sont plus nombreux que ne l’indique le SGI, comme le suggèrent les informations supplémentaires reçues par les directions générales de la Commission pour la politique régionale et urbaine et pour l’emploi, les affaires sociales et l’inclusion sur les cas de conflit d’intérêts et les recouvrements connexes dans le cadre des marchés publics relevant du Fonds social européen, du Fonds de cohésion et du Fonds européen de développement régional, informations que les États membres communiquent directement via le système de gestion des fonds de l’UE (à savoir le SFC, qui, sur la période 2014-2020, a fait état de 31 cas liés à 16 programmes dans 11 États membres, pour un montant de 3,4 millions d’EUR); |
| 31. | répète son appel à conférer un caractère plus holistique au rapport PIF annuel, afin de fournir une vue d’ensemble des synergies entre tous les acteurs concernés, de définir les meilleures pratiques et de remédier aux lacunes; salue, à cet égard, la reprise dans le rapport PIF 2022 des conclusions des rapports annuels du Parquet européen et de l’OLAF; préconise d’améliorer encore cette approche globale, afin de dresser un aperçu plus clair, plus complet et plus concret de l’état général de la protection des intérêts financiers de l’Union européenne, y compris de l’ensemble des mesures de lutte antifraude, tant au niveau national qu’au niveau de l’Union; |
| 32. | demande que les dispositions relatives aux conflits d’intérêts soient appliquées d’une manière qui garantisse la sécurité juridique, qu’elles soient fondées sur une évaluation claire et proportionnée des risques et qu’elles permettent leur application pratique par les autorités compétentes; souhaite que les lignes directrices de la Commission apportent de la clarté aux demandeurs et aux organes de décision, en vue d’éviter toute charge administrative inutile et de respecter le principe de proportionnalité; |
Recettes
| 33. | observe qu’en 2022, le nombre total d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses liées aux ressources propres traditionnelles (RPT) (4 661) a été supérieur de 7,6 % à la moyenne quinquennale (2018-2022); constate avec inquiétude que les montants globaux concernés par ces irrégularités, estimés et établis par les États membres, ont également sensiblement augmenté (de 47 %, pour atteindre 783 millions d’EUR); souligne, sur le même thème, que le taux global de recouvrement n’a été que de 48 % en 2022 pour les affaires frauduleuses et non frauduleuses (contre 54 % en 2021) et de 25 % seulement dans le cas des affaires frauduleuses, avec une répartition très hétérogène entre les États membres; demande à la Commission de redoubler d’efforts en vue du recouvrement rapide des fonds détournés; |
| 34. | souligne qu’en 2022, pour seulement 19 nouveaux rapports de mise en non-valeur soumis à la Commission par six États membres, la Commission a estimé qu’il avait été démontré de manière satisfaisante que les RPT avaient été perdues pour des raisons non imputables aux États membres en question et qu’ils n’étaient pas financièrement responsables de la perte, alors que dans 82 cas, qui représentaient un montant de près de 39 millions d’EUR, la Commission a estimé que les États membres n’avaient pas démontré de manière satisfaisante que les RPT avaient été perdues pour des raisons qui ne leur étaient pas imputables, de sorte qu’ils ont été tenus financièrement responsables de la perte (la Commission a évalué 135 dossiers pour un total de 76,8 millions d’EUR en 2022); encourage la Commission à maintenir ce mécanisme efficace de révision des cas de mise en non-valeur afin de renforcer l’efficacité des actions de recouvrement des administrations nationales; |
| 35. | relève que, toujours en 2022, les inspections des services antifraude et les contrôles a posteriori ont été les outils de détection les plus efficaces pour les irrégularités respectivement frauduleuses et non frauduleuses, en combinaison, de plus en plus, avec des audits fiscaux et des contrôles de mainlevée; souligne qu’en 2022, la contrebande, la mention d’une valeur incorrecte et la classification incorrecte ainsi que la description erronée des marchandises ont été les principaux modus operandi dans les cas frauduleux, avec une augmentation particulière du nombre de cas signalés de contrebande de cigarettes; |
| 36. | salue le rôle que joue l’OLAF en matière de détection et d’investigation des fraudes affectant les RPT de l’Union; prend acte d’une légère diminution du nombre d’enquêtes ouvertes dans le domaine des ressources propres en 2022, et invite la Commission à veiller à ce que l’OLAF soit doté de ressources suffisantes pour exercer pleinement et efficacement le mandat qui lui a été confié; |
| 37. | constate qu’en termes monétaires, la Chine est restée le principal pays d’origine des marchandises concernées par des irrégularités, les États-Unis et le Viêt Nam venant en deuxième et troisième position, et que les textiles et les chaussures étaient les marchandises les plus touchées, tant en termes de nombre que de valeur des cas détectés et signalés; |
| 38. | répète son appel à réduire l’écart de TVA en remédiant au manque de ressources, à l’efficacité numérique limitée des administrations fiscales et aux lacunes législatives qui limitent l’efficacité des mesures de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales; rappelle que le renforcement de la coopération administrative est le moyen le plus efficace de lutter contre la fraude transfrontière à la TVA; |
| 39. | souligne que le Parquet européen est compétent pour enquêter sur les infractions graves au système commun de TVA lorsqu’elles sont liées au territoire de deux États membres ou plus ou impliquent une perte totale d’au moins 10 millions d’EUR; s’inquiète des données communiquées dans le rapport annuel du Parquet européen pour 2022, indiquant que 16,5 % de ses enquêtes actives (185) étaient liées à la fraude à la TVA, mais que celles-ci représentent 47 % du préjudice estimé (6,7 milliards d’EUR); |
| 40. | se félicite du deuxième rapport de la Commission, publié le 16 septembre 2022, sur la mise en œuvre de la directive PIF [COM(2022)0466], mais regrette que la Commission se soit abstenue d’intervenir sur la révision du seuil de 10 millions d’EUR, qui a une incidence majeure sur les activités du Parquet européen dans les affaires de fraude à la TVA; souligne que les questions récurrentes et toujours en suspens sur les différentes interprétations des méthodes appliquées pour calculer le seuil (les préjudices survenant dans plusieurs États membres devraient-ils être agrégés? les pays inclus dans le calcul devraient-ils se limiter à ceux qui participent au Parquet européen?) rendent la situation peu claire; est fermement convaincu que le seuil actuel limite le caractère dissuasif, permet aux auteurs de rechercher la juridiction la plus faible pour échapper au Parquet européen et a un effet préjudiciable sur les enquêtes, étant donné que les autorités nationales ne disposent souvent pas d’une image complète de l’ampleur des activités criminelles au stade initial de l’enquête; invite la Commission à reconsidérer sa position dans le prochain rapport sur la transposition de la directive PIF et à supprimer le seuil, ou à le réduire sensiblement, tout en fournissant entre-temps des orientations adéquates sur la méthode de calcul; |
| 41. | souligne qu’une coopération efficace entre l’OLAF et le Parquet européen constitue une condition préalable à la bonne gestion et à la protection des intérêts financiers du budget de l’Union européenne, tant du volet des dépenses que des recettes; considère, dans ce contexte, que cette coopération renforcée peut permettre, en ce qui concerne les recettes, d’accroître les recettes perçues pour le budget de l’Union, réduisant ainsi la contribution des États membres fondée sur le RNB et, en ce qui concerne les dépenses, de garantir que les deniers publics sont dépensés de manière appropriée; |
| 42. | souligne qu’il convient que l’OLAF et le Parquet européen conservent chacun leur indépendance opérationnelle; |
| 43. | salue la déclaration de la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, selon laquelle l’Union européenne doit veiller à ce que les fonds soient dépensés conformément à leur finalité et aux principes de l’état de droit, et garantir la protection des fonds; |
Dépenses
| 44. | observe que le nombre d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses signalées comme affectant les actions de mise en œuvre dans le domaine du développement rural a augmenté au cours de la période 2018-2022, principalement en raison de l’augmentation du taux de détection dans le cadre des actions menées au cours de la période de programmation 2014-2022; souligne toutefois que le nombre de cas frauduleux détectés et signalés reste inférieur aux prévisions, ce qui signifie qu’une surveillance accrue de la situation s’impose; |
| 45. | fait observer que même si, en 2022, les irrégularités frauduleuses signalées dans le cadre du soutien à l’agriculture ont augmenté par rapport à 2021, les taux de détection pour le développement rural étaient sensiblement plus élevés que pour le soutien à l’agriculture; note que, dans le cadre du soutien à l’agriculture, le niveau de fraude le plus élevé a été signalé par les États membres pour les interventions sur le marché; que plusieurs cas complexes liés à la promotion des produits agricoles ont également fait l’objet d’une enquête de l’OLAF; |
| 46. | regrette qu’au cours de la période 2018-2022, tant dans le domaine du développement rural que des paiements directs, les contributions à la détection des cas frauduleux fournies par l’analyse des risques, les lanceurs d’alerte, les informateurs et les journalistes d’investigation aient été très limitées; s’inquiète également de la longueur des procédures administratives ouvertes pour traiter les cas frauduleux signalés, qui, en moyenne et au cours de la période 2014-2022, ont nécessité près de quatre ans à compter du début de l’irrégularité pour parvenir à un soupçon d’activité frauduleuse, et près de trois ans supplémentaires pour clore l’affaire après l’avoir signalée à la Commission; souligne que, pour la cohésion, il a fallu environ un an et demi pour parvenir à un soupçon d’irrégularité frauduleuse et plus de deux ans pour clore l’affaire frauduleuse après l’avoir signalée à la Commission; invite la Commission à formuler des recommandations et à assurer un suivi plus fréquent auprès des autorités des États membres afin de raccourcir la durée des procédures administratives; |
| 47. | regrette le manque de transparence dans l’utilisation des fonds publics par la Commission lors de la pandémie de COVID-19; regrette que la Commission n’ait pas encore publié de rapport sur les dépenses relatives à la COVID-19 (20); |
| 48. | relève que le plus grand nombre d’irrégularités signalées en 2022, tant frauduleuses que non frauduleuses, a concerné le Fonds européen de développement régional (FEDER, respectivement 59 % et 67 %) et, dans une moindre mesure, le Fonds social européen (FSE, respectivement 27 % et 20 %); souligne que les secteurs les plus menacés sont les transports et la protection de l’environnement, en raison des sommes importantes concernées par les fautes commises, ainsi que la recherche, le développement technologique et l’innovation (RTD&I), où la répétition d’irrégularités frauduleuses est la plus élevée; |
| 49. | est préoccupé par le fait qu’en 2022, le nombre d’irrégularités signalées concernant l’instrument d’aide de préadhésion (IAP) a atteint un pic, et est conscient que les cas concernent l’instrument d’aide de préadhésion I (IAP I) 2007-2013 et l’instrument d’aide de préadhésion II (IAP II) 2014-2020; invite la Commission à s’appuyer sur les enseignements tirés en ce qui concerne ces instruments pour rendre plus résistantes à la fraude les actions et initiatives futures ayant des objectifs identiques ou similaires, comme dans le cas de l’Ukraine, qui devrait recevoir des ressources conséquentes de l’IAP et d’Horizon Europe, sachant que le déploiement correct des ressources, même dans des conditions très difficiles, est primordial pour l’efficacité et l’effectivité du processus d’adhésion; |
| 50. | souligne que, dans le domaine de la politique de cohésion, le nombre et les montants financiers des irrégularités non frauduleuses qui avaient été signalées au cours des neuf premières années de la période de programmation 2007-2013 étaient beaucoup plus élevés que ceux signalés au cours de la période de programmation 2014-2020 et que cette tendance concerne l’ensemble des fonds et la plupart des États membres; |
| 51. | observe que, pour la politique de cohésion, le type de violation frauduleuse le plus fréquemment signalé dans le SGI concerne les pièces justificatives (incorrectes, manquantes, fausses ou falsifiées), tandis que pour les irrégularités non frauduleuses, les violations les plus souvent signalées concernent les règles de passation des marchés publics; |
| 52. | prend acte avec inquiétude des conclusions du rapport annuel 2022 de la Cour des comptes sur l’exécution du budget de l’Union pour l’exercice 2022, qui indique qu’en dépit des améliorations constatées, la réponse des autorités d’audit au risque de fraude reste insuffisante et les autorités des États membres ne signalent pas dûment les cas de fraude présumée dans le SGI; invite la Commission à se saisir d’urgence de ces questions; |
| 53. | relève qu’en 2022, les dossiers de recouvrement enregistrés pour des irrégularités dans le cadre de la gestion directe étaient au nombre de 770 (contre 879 en 2021), dont 37 concernaient des cas frauduleux (contre 54 signalés comme frauduleux en 2021) pour un montant de 61,28 millions d’EUR (dont 5,67 millions d’EUR pour fraude, contre 7,04 millions d’EUR en 2021); |
| 54. | observe que, dans l’ensemble, pour la gestion directe, les irrégularités frauduleuses détectées sont restées stables au cours de la période 2018-2022; se félicite que, pour la gestion directe au cours de la période 2018-2022, l’OLAF soit indiqué comme la source de détection de 88 % des dossiers de recouvrement liés aux irrégularités signalées comme frauduleuses, ce qui correspond à 92 % du montant total des recouvrements; observe qu’environ 97 % des irrégularités non signalées comme des fraudes ont été détectées au moyen de contrôles de la Commission; |
| 55. | est préoccupé par le fait qu’entre 2018 et 2022, les niveaux de recouvrement moyen étaient encore faibles, avec un taux de recouvrement moyen de 56 % (34 % pour les «irrégularités signalées comme frauduleuses» et 59 % pour les «irrégularités non signalées comme frauduleuses»); demande à la Commission de redoubler d’efforts en vue du recouvrement rapide des fonds détournés; |
| 56. | demande une nouvelle fois à la Commission de présenter une proposition législative sur l’assistance administrative mutuelle dans les domaines de dépense des fonds de l’Union européenne ne prévoyant pas encore cette pratique, en vue de garantir une approche transversale de la protection des intérêts financiers de l’Union; |
NextGenerationEU (NGEU) et facilité pour la reprise et la résilience (FRR)
| 57. | rappelle en outre qu’en raison de la conception spécifique de la FRR, les États membres et la Commission devraient veiller à ce que les intérêts financiers de l’Union soient efficacement protégés, conformément à leurs responsabilités respectives; souligne que les systèmes de contrôle des États membres doivent garantir que les projets d’investissement financés par la FRR sont conformes aux règles de l’Union et aux règles nationales; rappelle que la Commission et les États membres doivent éviter toute lacune au regard de l’obligation de rendre des comptes au niveau de l’Union et, si nécessaire, mettre en place des garanties supplémentaires pour remédier à ce problème, conformément aux recommandations pertinentes de la Cour des comptes; |
| 58. | est conscient que la mise en œuvre de la FRR atteint son point culminant et que le règlement régissant son déploiement exige des États membres qu’ils mettent en place des systèmes de contrôle efficaces et efficients, afin de protéger les intérêts financiers de l’Union et de garantir le respect des règles de l’Union et des règles nationales; |
| 59. | observe que la Commission a évalué ces systèmes de contrôle avant l’approbation des plans et qu’elle a ensuite réalisé, en 2022, 16 audits de systèmes centrés sur la protection des intérêts financiers de l’Union (21) et couvrant les organes de coordination et de mise en œuvre, tels que les ministères et les agences; se félicite que la Commission prévoie de soumettre tous les États membres à un audit au moins une fois d’ici la fin de 2023, et accueille favorablement la sélection des objectifs d’audit sur la base d’une évaluation des risques; |
| 60. | est préoccupé par le fait que la Cour des comptes ait relevé des faiblesses dans les systèmes de déclaration et de contrôle des États membres, dont certains n’étaient pas pleinement opérationnels lors de la présentation des plans de relance, ce qui représentait un risque pour la régularité des dépenses au titre de la FRR et pour la protection des intérêts financiers de l’Union (22), ce qui a conduit à l’adoption de «jalons de contrôle»; |
| 61. | observe que les travaux d’audit de la Commission ont également confirmé l’existence de variations des systèmes de contrôle interne entre les organismes de mise en œuvre et de coordination, et ont recensé les bonnes pratiques dans certaines des procédures en place pour vérifier et prévenir la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts et le double financement; invite les États membres à partager leurs bonnes pratiques afin de favoriser un traitement des fonds plus coordonné et plus résistant à la fraude; |
| 62. | est conscient des caractéristiques inhérentes au modèle de dépenses de la FRR, de la difficulté d’évaluer un taux d’erreur comparable (à d’autres domaines de dépenses de l’Union) et des limites liées à la méthode adoptée par la Commission pour la suspension des paiements (23); rappelle néanmoins que des retards constatés au regard de la présentation des demandes de paiement au titre de la FRR et invite la Commission à rester vigilante, en particulier en fin de cycle de vie de la FRR, afin de garantir que les États membres protègent les intérêts financiers de l’Union et que l’argent des contribuables de l’Union est dépensé de manière appropriée; souligne, en particulier, que la lutte contre la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts (définis comme des «irrégularités graves») et le double financement devraient bénéficier de ressources et d’une attention appropriées; |
| 63. | rappelle les conclusions du rapport annuel 2022 de la Cour des comptes, selon lesquelles les jalons de contrôle concernant les plans nationaux pour la reprise et la résilience varient sur le plan des exigences posées et de leur niveau de détail; s’interroge sur les raisons pour lesquelles il a été demandé à certains États membres simplement de concevoir leur système de contrôle, alors que d’autres devaient déjà disposer d’un système opérationnel; |
| 64. | invite la Commission à réexaminer d’urgence ses procédures d’audit ex post afin de garantir un contrôle approprié pour vérifier si les cibles examinées considérées comme atteintes le sont toujours après l’évaluation du paiement correspondant; |
| 65. | invite en outre la Commission à contrôler constamment le respect des jalons et des cibles relatifs à la protection des intérêts financiers de l’Union et à appliquer toutes les mesures nécessaires en cas de non-respect ou d’annulation des jalons précédemment franchis, y compris la réduction proportionnelle de l’aide au titre de la FRR et le recouvrement de toute somme due au budget de l’Union, ou de demander le remboursement anticipé d’un prêt, en cas de fraude, de corruption et de conflits d’intérêts portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union, ou de manquement grave à une obligation découlant des conventions de financement, qui n’a pas été corrigé par l’État membre; |
| 66. | réaffirme que l’efficacité de la prévention et de la détection des activités illégales menaçant la mise en œuvre de NGEU et des enquêtes en la matière, en particulier les risques d’infiltration par des organisations criminelles, est tributaire de la collecte et du partage efficaces des données, y compris du traitement rapide des demandes d’accès émanant des services d’enquête au sein d’un État membre, ainsi que d’autres pays ou au niveau de l’Union, par l’OLAF et le Parquet européen et, si nécessaire, Eurojust et Europol, auxquels il convient d’accorder un accès; |
| 67. | regrette l’interprétation faite par la Commission de la notion de «bénéficiaire final» dans le cadre de la FRR; rappelle que, conformément au règlement FRR modifié, les États membres devraient publier la liste des cent principaux bénéficiaires finals qui reçoivent le montant de financement le plus élevé pour la mise en œuvre de mesures au titre de la FRR; regrette que la Commission ne demande pas aux États membres de fournir des informations sur le bénéficiaire final du financement de la FRR et qu’elle ait choisi d’exiger des États membres qu’ils fournissent des informations portant uniquement sur les «bénéficiaires de deuxième niveau»; est d’avis que cette interprétation est contraire à l’accord entre les colégislateurs; |
| 68. | se félicite de l’analyse conjointe d’Europol et de l’OLAF évaluant les risques de fraude et d’irrégularités liés à NGEU; se félicite des recommandations formulées par Europol et l’OLAF et invite la Commission, les agences et organes spécialisés de l’Union, ainsi que les États membres, à coopérer activement et à interagir afin de garantir la protection des intérêts financiers de l’Union lors de la mise en œuvre de NGEU; |
| 69. | se félicite de l’initiative stratégique de la Médiatrice, lancée en février 2022, visant à examiner la transparence des plans nationaux pour la reprise et la résilience, les stratégies d’information et de communication publiques sur la FRR et la manière dont les fonds sont surveillés; souligne l’importance de cette initiative, compte tenu du niveau d’erreur estimé plus élevé dont fait état le rapport annuel 2022 de la Cour des comptes; salue les efforts déployés par la Médiatrice en vue d’améliorer les normes de transparence en ce qui concerne la FRR; |
| 70. | rappelle le forum «Next Generation EU - Law Enforcement» (NGEU-LEF), une initiative conjointe dirigée par Europol et l’Italie qui réunit Europol, le Parquet européen, l’OLAF, Eurojust et l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs ainsi que les autorités nationales afin de constituer une enceinte de partage de renseignements et de coordination d’opérations destinées à lutter contre l’infiltration des milieux de la criminalité organisée dans l’économie légale et à protéger les mesures d’aide de NGEU, une attention particulière étant accordée à la corruption, à la fraude fiscale, aux détournements de fonds et au blanchiment de capitaux; se félicite que l’initiative «NGEU-LEF» ait remporté le Prix d’excellence de la bonne administration 2023 de la Médiatrice dans la catégorie du projet le «plus populaire auprès du public»; |
| 71. | s’inquiète du fait que de nombreux problèmes subsistent principalement en raison d’une supervision insuffisante des organismes de coordination, de stratégies de lutte contre la fraude incomplètes, de lacunes dans l’évaluation des risques de fraude, de la nécessité d’améliorer les contrôles ex ante visant à prévenir les conflits d’intérêts, d’une faible participation aux activités de formation destinées à sensibiliser à la fraude, et de déficiences dans la communication d’irrégularités à l’OLAF en vue d’une éventuelle enquête; demande à la Commission d’informer le Parlement des problèmes relevés, des recommandations adressées aux États membres et du suivi fourni pour résoudre ces problèmes; |
| 72. | souligne que l’amélioration de la transparence joue un rôle essentiel dans la détection de manœuvres frauduleuses et dans la dissuasion de celles-ci; appelle à de nouvelles initiatives en matière de transparence et à des politiques visant à promouvoir la responsabilité; |
Numérisation et transparence pour renforcer la lutte contre la fraude
| 73. | se félicite du document d’analyse no 04/2023 de la Cour des comptes intitulé «Le passage à une gestion numérique des fonds de l’UE», qui souligne que la numérisation est susceptible de rendre plus efficient l’audit des fonds de l’Union; souligne les observations de la Cour des comptes selon lesquelles il existe de nombreuses variations dans le degré de numérisation des dépenses de l’Union, la numérisation étant plus centralisée lorsque la Commission exerce une gestion directe, et plus fragmentée pour les autres modes de gestion, tels que la gestion partagée; |
| 74. | est conscient que les efforts déployés par la Commission et d’autres organes d’exécution pour convertir au numérique le budget de l’Union doivent surmonter de nombreux obstacles afin de renforcer la compatibilité entre les systèmes informatiques utilisés par les nombreuses entités concernées; apprécie, à cet égard, la cohérence de la communication à la Commission du 30 juin 2022 intitulée «Stratégie numérique de la Commission européenne – La Commission numérique de la prochaine génération» (C(2022)4388); souligne que la numérisation est une priorité stratégique de la Commission depuis de nombreuses années; estime que la rationalisation de la gestion des fonds de l’Union nécessite une simplification accrue du paysage informatique et réaffirme que l’interopérabilité devrait être intégrée dans les politiques de l’Union de manière à renforcer la compatibilité entre les systèmes informatiques utilisés par les nombreuses entités concernées; |
| 75. | souligne la nécessité d’améliorer l’interopérabilité des systèmes de données ainsi que l’harmonisation de la communication d’informations, du suivi et de l’audit dans l’Union; réitère à cette fin son appel invitant la Commission à harmoniser les définitions afin d’obtenir des données comparables dans l’ensemble de l’Union; |
| 76. | soutient que la numérisation a renforcé la prévention et la détection de la fraude et simplifié les procédures administratives, et qu’elle doit être au cœur de chaque stratégie antifraude, y compris les stratégies nationales de lutte contre la fraude; invite la Commission à réitérer et à donner suite aux recommandations qu’elle a adressées aux États membres qui n’ont pas encore adopté de stratégies nationales de lutte contre la fraude de le faire, et de tenir ces dernières à jour, en tirant parti des possibilités offertes par les nouvelles technologies; |
| 77. | réaffirme son soutien résolu à l’utilisation obligatoire du système informatique intégré unique pour l’exploration de données et le calcul du risque (Arachne) prévu par la refonte du règlement financier, qui devrait garantir une meilleure protection des intérêts financiers de l’Union, conjointement avec les outils informatiques conçus au niveau national par les États membres et en complément de ces derniers; |
| 78. | relève que, parmi les options disponibles, Arachne était de loin le système informatique le plus utilisé (par 21 États membres) à l’appui des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) et de la FRR; observe avec inquiétude que de nombreux États membres ont utilisé leurs propres outils informatiques antifraude dédiés, souvent en combinaison avec les outils de l’Union, bien que ces outils soient rarement interopérables, ce qui entrave la détection de fraudes et leur notification à la Commission; |
| 79. | souligne que le système EDES, en tant que liste noire de l’Union, recèle un potentiel considérable pour de signalement des personnes et des sociétés qui utilisent les fonds de l’Union à mauvais escient; demande que le système EDES soit étendu à tous les modes de gestion, notamment à la gestion partagée; souligne que les approches divergentes des États membres à l’égard des mesures d’exclusion contribuent à une protection inégale des intérêts financiers de l’Union; souligne la nécessité de rendre obligatoire l’utilisation du système EDES en tant que système commun d’exclusion pour les fonds gérés par les États membres; estime qu’un tel renforcement permettrait à l’Union européenne et aux États membres de mieux protéger les intérêts financiers de l’Union et, en définitive, l’argent des contribuables; invite instamment les États membres à accepter une telle extension sans délai, en vue de préserver les intérêts financiers du budget de l’Union; |
| 80. | souligne que la consolidation, la centralisation et la publication dans une base de données unique des informations relatives aux bénéficiaires des financements de l’Union fournies par les États membres et par d’autres entités chargées de la mise en œuvre permettraient de renforcer la transparence financière en englobant différentes formes de modes de gestion et en autorisant des contrôles croisés ainsi que des analyses exhaustives; invite la Commission à encourager les parties prenantes concernées, y compris les autorités nationales, à coopérer à cette fin; attire l’attention de la Commission sur la nécessité de protéger les données à caractère personnel et les informations sensibles des bénéficiaires; |
| 81. | soutient que la numérisation ainsi que les outils informatiques de pointe au niveau national et européen permettraient d’améliorer la gestion, le contrôle et l’audit des fonds de l’Union et pourraient ainsi contribuer à prévenir les irrégularités et à réduire considérablement toute lourdeur administrative, car la numérisation permet d’accéder plus facilement et plus rapidement à un ensemble important de données et de procéder à des recoupements à distance, ce qui évite de devoir procéder à des vérifications et à des contrôles sur place; |
| 82. | salue et soutient l’évaluation de la Cour des comptes dans son rapport annuel 2022, qui préconise d’avancer le déploiement de l’outil informatique pour l’exploration de données et le calcul du risque Arachne de 2028 à 2025; rappelle la position du Parlement demandant que le système soit déployé dès 2026; |
| 83. | note que la numérisation de la lutte contre la fraude est également l’une des priorités de la révision du plan d’action lancé en 2022 et adopté en juillet 2023, accompagnant la stratégie antifraude de la Commission de 2019 et adaptée aux scénarios économiques et sociaux en mutation rapide et aux nouveaux défis; est conscient que la Commission a mis en œuvre avec succès 60 des 63 actions du plan précédent, dont certaines sont continues par nature et se poursuivent; invite la Commission à présenter au Parlement les normes et critères sous-jacents validés par le plan d’action révisé; |
| 84. | préconise de reconnaître qu’il importe d’utiliser des supports visuels, tels que des tableaux et des graphiques, pour faciliter l’accès aux informations statistiques et leur compréhension; |
| 85. | demande la mise en œuvre d’une analyse avancée des données, de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique en vue de relever les irrégularités; |
Architecture antifraude de l’Union et mesures clés de 2022
| 86. | se félicite des actions lancées par la Commission en 2022 pour renforcer le niveau de protection des intérêts financiers de l’Union, mais appelle toutefois à une vigilance accrue et à des mesures complémentaires dans ce domaine; |
| 87. | rappelle ses résolutions antérieures soulignant que la lutte contre la fraude au détriment du budget de l’Union ne peut être efficace que si elle est abordée de manière globale, c’est-à-dire en incluant toutes les étapes du cycle de lutte contre la fraude et en s’appuyant sur une multitude de parties prenantes, de processus et de mesures; souligne que les quatre étapes de ce cycle (prévention, détection, enquêtes et poursuites, et recouvrement et sanctions) nécessitent des analyses de risques, des processus de déclaration et une coopération, qui doivent être soutenus par des interventions harmonisées sur les plans législatif, administratif, organisationnel et opérationnel; rappelle l’observation formulée par la Cour des comptes dans son rapport spécial sur le paysage financier de l’Union européenne (24), selon laquelle la complexité de la galaxie de fonds et d’instruments qui gravitent autour du budget de l’Union entraîne un risque croissant de déficits graves dans les systèmes d’audit et de contrôle, et une insuffisance de l’obligation de rendre compte; estime qu’une telle complexité nécessite une approche tout aussi exhaustive et ciblée pour protéger les intérêts financiers en jeu, afin de lutter contre les irrégularités et les fraudes qui pourraient être commises en profitant de l’opacité générale du paysage financier; rappelle que la fragmentation actuelle des données accessibles nécessite que des mesures normalisées soient prises pour recueillir, comparer et agréger les informations et les chiffres, en particulier ceux relatifs aux bénéficiaires finals de financements de l’Union, à des fins d’audit et de contrôle, y compris à des fins d’enquête; |
| 88. | souligne que le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude (PULF) a été mis en place pour une période de sept ans, de 2021 à 2027, et que l’année 2022 est sa deuxième année de mise en œuvre, en gestion directe, l’OLAF étant le chef de file de la mise en œuvre du programme; |
| 89. | observe que la décision de financement de 2022 a alloué 15,4 millions d’EUR à la composante «Hercule», 9 millions d’EUR au volet «système d’information antifraude» (AFIS) et environ 1 million d’EUR au volet «SGI», ce qui a donné lieu à l’octroi de subventions aux organismes de mise en œuvre compétents et au financement de formations spécialisées, de bases de données et d’un soutien à la recherche, au suivi et aux analyses; |
| 90. | souligne que le SGI est maintenant utilisé par 35 pays, englobant les États membres et d’autres pays bénéficiaires, avec environ 700 organisations déclarantes, couvrant plus de 3 000 utilisateurs du SGI et plusieurs domaines, y compris la FRR et d’autres domaines tels que l’asile, le voisinage et la préadhésion, en plus des domaines traditionnels de l’agriculture, de la cohésion et de la pêche; |
| 91. | apprécie les rôles complémentaires que jouent les programmes «Fiscalis» et les programmes d’instruments douaniers et d’équipements de contrôle douanier, et estime que les effets synergiques du déploiement de ce soutien financier induisent des améliorations tangibles dans les domaines de la fiscalité, du partage d’informations relatives aux risques et de la mise à niveau d’équipements de contrôle douanier de pointe; |
| 92. | regrette que la participation des États membres au Parquet européen ne soit pas obligatoire; fait observer qu’en 2022, seulement 22 États membres avaient déjà participé au Parquet européen, les cinq mêmes pays qu’en 2021 s’abstenant; insiste pour que les États membres qui ne participent pas encore le fassent sans délai; invite la Commission à encourager la participation au Parquet européen au moyen de mesures positives; |
| 93. | se félicite du rapport annuel du Parquet européen pour 2022, qui donne les résultats de la première année civile complète des activités opérationnelles; observe qu’en 2022, le Parquet européen a traité 3 318 signalements d’infraction (à comparer aux 2 832 reçus au cours des sept mois d’activité opérationnelle en 2021) et a ouvert 865 enquêtes (576 ayant été ouvertes entre juin et décembre 2021); souligne que 359,1 millions d’EUR ont été gelés (contre 157,3 millions d’EUR en 2021) à la suite d’enquêtes menées par le Parquet européen, ce qui représente plus de sept fois son budget, et que, à la fin de 2022, le Parquet européen estimait à 14,1 milliards d’EUR les préjudices résultant des fautes commises, lesquelles faisaient l’objet de 1 117 enquêtes actives; |
| 94. | demande à la Commission d’engager un dialogue constructif avec le Parquet européen, en vue de renforcer la capacité de celui-ci à relever les défis sans cesse plus aigus dans le paysage de la lutte antifraude, y compris, le cas échéant, en remédiant aux lacunes définies dans le règlement sur le Parquet européen (25); souligne, dans le même temps, qu’il convient de garantir le principe fondamental et les règles énoncés dans le règlement sur le Parquet européen, à savoir que celui-ci doit être indépendant et disposer d’un budget autonome afin d’agir dans l’intérêt de l’Union dans son ensemble et conformément au règlement sur la conditionnalité; |
| 95. | invite la Commission à s’assurer que l’efficacité du travail de l’OLAF en matière de détection de la corruption et de la fraude est préservée et, partant, à envisager la réduction du budget annuel alloué à l’OLAF pour les agents à temps plein en fonction des besoins réels de l’OLAF, tels qu’établis par son rapport annuel; |
| 96. | se félicite des efforts accrus de détection et de leurs résultats, à la suite des appels lancés par le Parquet européen et le Parlement, dont font état un certain nombre d’enquêtes sur la fraude dans l’Union lancées dans les 22 États membres participants, ce qui est supérieur à la moyenne historique avant la création du Parquet européen; salue, à cet égard, l’opération «Amiral» qui a mis au jour une fraude à la TVA de type «carrousel» perpétrée par un groupe organisé de criminels opérant dans plusieurs États membres, pour un préjudice estimé à 2,2 milliards d’EUR; |
| 97. | salue la coopération entre l’OLAF et le Parquet européen, que soulignent les rapports annuels tant de l’OLAF que du Parquet européen; observe que des échanges d’informations réguliers ont lieu entre les deux bureaux, le Parquet européen ayant notamment répondu à 133 demandes de réponse positive ou négative («hit/no hit»), envoyées par l’OLAF afin d’éviter des enquêtes parallèles sur les mêmes faits; invite l’OLAF et le Parquet européen à coordonner leurs rapports sur les actions lancées pour rendre leur coopération tangible, en tenant compte, en particulier, du nombre d’enquêtes complémentaires demandées par l’OLAF (au titre de l’article 12 septies du règlement sur le Parquet européen) et du nombre d’affaires pour lesquelles le Parquet européen a demandé un appui (au titre de l’article 12 sexies du règlement sur le Parquet européen); |
| 98. | est conscient que le premier examen annuel à haut niveau de la coopération entre le Parquet européen et la Commission a eu lieu en septembre 2022, portant notamment sur les questions relatives aux échanges d’information, à l’accès aux bases de données et au statut institutionnel du Parquet européen; |
| 99. | est préoccupé par le manque d’informations sur le recouvrement administratif des sommes dues au budget de l’Union, effectué par la Commission à la suite des informations fournies par le Parquet européen, conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement sur le Parquet européen, qui impose au Parquet européen d’informer la Commission sans délai et sans préjudice des exigences de confidentialité, et à l’article 6, paragraphe 4, point c), de l’accord entre la Commission européenne et le Parquet européen signé le 18 juin 2021, relatif aux mesures de protection et aux mesures correctives; demande à la Commission et au Parquet européen d’informer le Parlement de la mise en œuvre de cet outil important; |
| 100. | note que le Parquet européen et Europol ont coopéré efficacement sur diverses questions opérationnelles, sous l’égide du comité de pilotage Parquet européen-Europol; observe qu’Europol a fourni un soutien (échange d’informations, soutien analytique, expertise) dans 28 cas à la demande du Parquet européen et que le Parquet européen est devenu partie intégrante de l’application de réseau d’échange sécurisé d’informations (SIENA), qui garantit un canal de communication sûr dans le cadre de la coopération opérationnelle; |
| 101. | note qu’en 2022, la coopération entre les acteurs concernés s’est déroulée de manière satisfaisante, les équipes de liaison Parquet européen-Eurojust s’étant réunies deux fois en 2022, avec 15 affaires en cours traitées par Eurojust, et la division Enquête sur les fraudes de la Banque européenne d’investissement (BEI IG/IN) ayant procédé à 63 saisines de l’OLAF, du Parquet européen et d’autres agences au sein des banques multilatérales de développement et des agences nationales de développement chargées des activités pertinentes; fait observer qu’en septembre 2022, une centaine de procureurs et de membres du personnel du Parquet européen ont participé à une session de sensibilisation en ligne sur les activités de la BEI et du FEI afin d’accroître l’efficacité de la coopération entre le Parquet européen et l’IG/IN, telle qu’établie dans le cadre de l’accord de travail de 2021; |
| 102. | souligne la valeur ajoutée que les organes de l’Union représentent pour la protection des intérêts financiers de celle-ci et la lutte contre la fraude, en particulier pour ce qui est de la criminalité transfrontière, comme révélé par les résultats opérationnels du Parquet européen et de l’OLAF, y compris pour 2022; demande une nouvelle fois de veiller à ce que tous les acteurs de l’Union concernés par la lutte contre la fraude disposent de ressources suffisantes et, à cet égard, rappelle à la Commission et au Conseil que chaque euro dépensé pour des enquêtes et des actions de lutte contre la fraude revient au budget de l’Union; |
| 103. | observe qu’en 2022, les procédures d’exclusion lancées par la BEI à la suite d’enquêtes IG/IN ont entraîné l’exclusion de quatre opérateurs économiques de toute participation à tout projet ou activité financés par la BEI; invite la Commission à étudier la possibilité d’uniformiser les critères d’exclusion utilisés par la BEI et le FEI par rapport à ceux utilisés dans le système EDES, étant donné que les accords-cadres financiers et administratifs conclus avec la BEI et le FEI ne couvrent que cinq des sept situations d’exclusion du système EDES; |
| 104. | rappelle que la coopération inefficace ou tardive des États membres ou leur non-coopération avec le Parquet européen et l’OLAF constituent un motif d’action au titre du règlement relatif à la conditionnalité; invite dès lors le Parquet européen et l’OLAF à signaler chaque cas où les États membres n’ont pas respecté leurs obligations d’informer, d’aider, de prendre les mesures appropriées et de prendre des mesures de précaution, et de veiller à ce que les rapports et les recommandations fassent l’objet d’un suivi approprié et en temps utile; |
| 105. | constate que le niveau global de mise en œuvre des recommandations de la Commission publiées dans le rapport PIF 2021 dans l’ensemble des États membres est jugé satisfaisant en ce qui concerne l’intégration d’outils informatiques antifraude spécifiques dans leur lutte contre la fraude, le renforcement de l’analyse des risques et, de manière générale, le développement de systèmes informatiques tant du côté des recettes que des dépenses; |
| 106. | souligne les différences significatives qui subsistent entre les États membres en matière de détection, de signalement et de suivi des soupçons de fraude; encourage par conséquent les États membres à adopter une approche proactive pour protéger les intérêts financiers de l’Union, à renforcer l’échange d’informations entre leurs autorités nationales ainsi qu’avec les organes et agences de l’Union, et ce également afin d’identifier et de traiter en temps utile les risques émergents et les tendances en matière de fraude; |
| 107. | approuve l’intention de la Commission de lancer un exercice de suivi de l’état d’avancement des services de coordination antifraude (AFCOS) établis dans les États membres; rappelle que la définition de la structure, du rôle, des responsabilités et du mandat des AFCOS devrait être mieux clarifiée afin de garantir des situations homogènes et harmonisées dans l’ensemble de l’Union, facilitant ainsi leur coopération et leur échange d’informations; demande une nouvelle fois à la Commission de mettre à jour les lignes directrices AFCOS initialement formulées en 2015, qui ne sont plus adéquates pour aider efficacement les autorités nationales à mettre en place un service de coordination bien structuré; demande en outre à la Commission de faire rapport à l’autorité de décharge sur les travaux en cours à cet égard et sur les résultats de l’exercice de suivi; |
| 108. | fait observer que les stratégies nationales de lutte contre la fraude doivent être adoptées ou mises à jour par autant d’États membres que possible et réaffirme que la nécessité de telles révisions découle du nouveau paysage antifraude, le Parquet européen étant désormais pleinement opérationnel, et de l’opportunité de déterminer de nouveaux risques importants dans un paysage de fraude de plus en plus complexe; |
| 109. | se félicite à nouveau que la Commission ait encouragé les États membres à adopter des stratégies nationales de lutte contre la fraude, ce qui s’est traduit jusqu’à présent par une augmentation du nombre de stratégies adoptées, à savoir que 15 États membres avaient adopté de telles stratégies à la fin de 2022, dont neuf stratégies transversales, autrement dit couvrant pleinement les intérêts financiers de l’Union; |
| 110. | constate avec inquiétude qu’à la fin de l’année 2022, trois États membres (Finlande, Irlande et Pologne) déclaraient encore n’avoir adopté aucune stratégie de protection des intérêts financiers de l’Union; constate que cinq États membres (Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas et Roumanie) ont indiqué qu’une telle stratégie était en cours de mise en place; invite instamment les États membres à adopter des stratégies nationales de lutte contre la fraude afin de démontrer que ceux-ci sont vivement attentifs à la protection des fonds de l’Union; |
| 111. | estime que les États membres bénéficieraient d’une évaluation périodique de leurs cadres de lutte contre la fraude, assortie, le cas échéant, d’orientations de l’Union visant à établir leur efficacité, à recenser les meilleures pratiques et à revoir leurs stratégies de lutte contre la fraude afin de faire face aux risques émergents; invite la Commission à encourager les États membres à procéder à des évaluations indépendantes ou par des pairs des cadres de lutte contre la fraude afin de renforcer la cohérence et de garantir des normes élevées; |
| 112. | soutient que le règlement sur la conditionnalité est un instrument permanent qui va au-delà des limites d’un cadre financier pluriannuel donné et doit être appliqué de manière transversale, en tant qu’il exige, de manière générale, le respect des principes de bonne gestion financière, et, en particulier, la gestion efficace et efficiente des ressources de l’Union, et qu’il est une condition préalable à l’accès à tous les fonds de l’Union; |
| 113. | prend acte de la décision du Conseil du 16 décembre 2022 de suspendre le versement de 6,3 milliards d’EUR de fonds de l’Union à la Hongrie; attend de la Commission et du Conseil qu’ils lèvent les mesures adoptées uniquement lorsqu’il est prouvé que les mesures correctives adoptées par le gouvernement hongrois se sont révélées efficaces dans la pratique et, en particulier, qu’aucune régression n’a été constatée en ce qui concerne les mesures déjà adoptées; regrette que le gouvernement hongrois se soit montré peu enclin jusqu’ici à satisfaire aux exigences du mécanisme de conditionnalité; réitère toutefois son avis selon lequel les 17 mesures à elles seules, telles que négociées par la Commission et le gouvernement hongrois, ne sont pas suffisantes pour faire face au risque systémique existant pour les intérêts financiers de l’Union et regrette que la Commission n’ait pas demandé suffisamment de modifications et de garanties substantielles pour rétablir l’indépendance du pouvoir judiciaire et réduire le niveau de corruption; est vivement préoccupé par les informations dans les médias selon lesquelles la Commission envisage de lever les mesures de suspension touchant la Hongrie en contrepartie de l’approbation par le gouvernement hongrois de l’aide apportée à l’Ukraine; estime que la Commission ne devrait jamais céder au chantage, surtout lorsque celui-ci compromet la protection des intérêts financiers de l’Union; |
| 114. | déplore l’opacité de la Commission au regard de l’évolution de la situation; invite donc la Commission à informer rapidement et régulièrement le Parlement et le Conseil des négociations en cours et rappelle à la Commission, en particulier, les obligations juridiques qui lui incombent en vertu de l’article 25, paragraphe 2, du règlement FRR et de l’article 8 du règlement sur la conditionnalité; |
| 115. | est préoccupé par les conclusions du troisième rapport sur l’état de droit (26) quant au caractère critique de la situation en Pologne, en particulier en ce qui concerne les graves lacunes dans le domaine judiciaire (27) et dans le secteur des médias; rappelle que le non-respect par la Pologne des arrêts de la Cour de justice a entraîné le paiement de 360 millions d’EUR d’amendes depuis 2021 et encourage vivement la Commission à ne débloquer les fonds de la FRR que lorsque tous les jalons relatifs à l’état de droit auront été pleinement atteints; |
| 116. | invite la Commission à mettre à jour le système de notification de fraude pour les fonds dépensés dans des pays tiers; souligne que le nouveau système devrait tenir compte des problèmes spécifiques auxquels l’Union est confrontée lorsqu’elle dépense de l’argent en dehors du territoire de l’Union; |
Dimension externe de la protection des intérêts financiers de l’Union
| 117. | estime que la proposition d’établissement d’un cadre horizontal de sanctions en matière de politique étrangère et de sécurité commune complète les outils existants et les actions de politique intérieure et extérieure contre la corruption, déjà approuvées dans le cadre du processus d’élargissement ou dans le cadre du partenariat oriental; est d’avis qu’un engagement plus fort dans les instances internationales telles que la convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) et le groupe d’États contre la corruption (GRECO) contribuera à promouvoir la bonne gouvernance et l’état de droit comme l’une des grandes priorités du processus d’élargissement; |
| 118. | réaffirme que, bien que l’Union européenne dispose actuellement d’un statut d’observateur au sein du GRECO, elle aurait tout intérêt à en un membre à part entière afin i) de participer au contrôle de la mise en œuvre de la législation et des normes internationales communément admises; ii) d’avoir un dialogue transversal avec d’autres membres du GRECO sur les politiques et les outils antifraude; iii) de bénéficier d’un partage d’expérience à l’échelle internationale pour contribuer à déceler les faiblesses éventuelles des mécanismes internes de l’Union pour la détection de la corruption; et iv) d’optimiser la lutte contre la fraude par l’activation en temps utile de mesures de prévention et de détection; demande au Conseil d’arrêter une position claire sur l’adhésion de l’Union au GRECO en précisant s’il existe une quelconque opposition spécifique et de la part de quel État membre; |
| 119. | fait observer qu’entre 2021 et 2022, tant le nombre d’irrégularités non frauduleuses que les montants financiers concernés ont connu des augmentations exceptionnelles; note que l’augmentation du nombre de cas est due à des irrégularités liées à l’IAP II 2014-2020 en ce qui concerne l’aide de préadhésion au développement rural (IPARD) en Macédoine du Nord et en Turquie, et que, pour la plupart de ces irrégularités, les montants financiers concernés étaient inférieurs à 10 000 EUR, tandis que l’augmentation des montants financiers était due à des irrégularités concernant l’IPARD en Albanie; souligne qu’environ 10 % des irrégularités ont été signalées comme frauduleuses et que ce pourcentage, qui évolue au fil du temps, a considérablement augmenté en 2020 (17 %), atteignant 20 % en 2021; invite la Commission à maintenir un niveau de suivi adéquat de ces initiatives de financement et à rendre compte au Parlement des éventuels problèmes systémiques détectés dans le déploiement des ressources; |
| 120. | estime que les fonds au titre de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde (IVCDCI-Europe dans le monde) pour l’aide dans les pays tiers et les ressources allouées à la réponse de l’Europe à la guerre en Ukraine ne font pas l’objet d’un suivi et d’un contrôle adéquats; invite la Commission à mettre en place des mesures appropriées, et notamment des contrôles plus rigoureux, pour garantir que les fonds de l’Union envoyés à des pays voisins profitent à ceux qui en ont le plus besoin; |
| 121. | souligne que, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, il est prévu que le budget de l’Union contribue notablement à des propositions de solutions structurelles à plus long terme pour répondre aux besoins de financement de l’Ukraine; insiste dans ce contexte sur la nécessité de protéger l’état de droit ainsi que les intérêts financiers de l’Union et de prévenir, de détecter et de corriger toute fraude, toute corruption, tout conflit d’intérêts et toute irrégularité dans l’utilisation des fonds de l’Union en faveur de l’Ukraine, laquelle devrait s’appuyer sur les principes de transparence et de responsabilité; considère que tout instrument de financement connexe devrait contenir des dispositions et des garanties rigoureuses afin d’atteindre ces objectifs; |
| 122. | souligne que la coopération avec les partenaires internationaux est cruciale pour protéger les fonds de l’Union dépensés en dehors de l’Europe ainsi que le volet «recettes» du budget de l’Union; se félicite dès lors des arrangements de travail conclus en 2022 par le Parquet européen avec le bureau du procureur général d’Ukraine, le bureau du procureur général de la République d’Albanie, le bureau du procureur général de la République de Moldavie, le bureau du procureur général de l’État du Monténégro, le ministère public de Géorgie et le bureau du procureur général de l’État de la République de Macédoine du Nord, ainsi que le protocole d’accord et l’arrangement de travail sur la coopération signés avec le ministère de la justice et le ministère de la sécurité intérieure des États-Unis; |
| 123. | recommande la suspension de l’appui budgétaire dans les pays tiers, y compris dans les pays candidats, où les autorités ne prennent manifestement pas de mesures efficaces pour lutter contre la corruption généralisée, tout en veillant à ce que l’aide parvienne à la population civile par d’autres voies; préconise d’accorder davantage d’importance à la lutte contre la corruption dans le cadre des négociations de préadhésion et de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, par exemple par l’intermédiaire d’organes spécialisés dans la lutte contre la corruption; invite la Commission à signaler clairement aux pays candidats que tout recul par rapport aux principes de l’état de droit aura pour effet de compromettre ou de retarder leur adhésion à l’Union; déplore que, selon le rapport spécial no 1/2022 de la Cour des comptes (28), le soutien financier de 700 millions d’EUR accordé par l’Union en faveur de l’état de droit dans les Balkans occidentaux entre 2014 et 2020 ait eu peu de répercussions sur les réformes de fond; |
| 124. | appelle à une collaboration avec les organisations internationales et les pays voisins pour prévenir toute fraude transfrontière; réaffirme l’importance de l’échange de bonnes pratiques dans ce contexte; |
| 125. | réaffirme sa ferme conviction que ce n’est qu’en renforçant l’architecture antifraude de l’Union que la protection des intérêts financiers de l’Union pourra être efficacement poursuivie et renforcée, en encourageant l’interopérabilité et la mise en place d’un cadre stratégique harmonisé de lutte contre la fraude pour tous les États membres dans l’Union, en privilégiant l’analyse des données quantitatives et qualitatives, de manière à surmonter les limites inhérentes aux systèmes nationaux qui ne suffisent pas à contrer les attaques de plus en plus transnationales contre les intérêts financiers de l’Union; ° ° ° |
| 126. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) OLAF, Vingt-troisième rapport de l’Office européen de lutte antifraude, du 1er janvier au 31 décembre 2022, 2022.
(2) Rapport d’activité du comité de surveillance de l’OLAF - 2022, JO C 225 du 27.6.2023, p. 1.
(3) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1.
(4) Arrêt de la Cour de justice du 16 février 2022, Hongrie/Parlement et Conseil, ECLI:EU:C:2022:97;
(5) Arrêt de la Cour de justice du 16 février 2022, Pologne/Parlement et Conseil, ECLI:EU:C:2022:98.
(6) JO L 231 du 30.6.2021, p. 159.
(7) JO L 198 du 28.7.2017, p. 29.
(8) JO L 305 du 26.11.2019, p. 17.
(9) Commission européenne, direction générale de la migration et des affaires intérieures, Blondes, E., Disley, E., Hulme, S. et al., Étude «Strengthening the fight against organised crime - Assessing the legislative framework», Office des publications de l’Union européenne, 2022.
(10) JO L 172 du 17.5.2021, p. 110.
(11) JO C 224 du 8.6.2022, p. 11.
(12) JO C 342 du 6.9.2022, p. 295.
(13) JO C 214 du 16.6.2023, p. 133.
(14) JO L 57 du 18.2.2021, p. 17.
(15) Proposition du 3 mai 2023 de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la lutte contre la corruption, remplaçant la décision-cadre 2003/568/JAI du Conseil et la convention relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne, et modifiant la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil (COM(2023)0234).
(16) JO L 300 du 11.11.2008, p. 42.
(17) Communication de la Commission du 14 avril 2021 relative à la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée 2021-2025 (COM(2021)0170).
(18) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil du 25 mai 2022 relative au recouvrement et à la confiscation d’avoirs (COM(2022)0245).
(19) Résolution du Parlement européen du 4 mai 2022 contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section III – Commission et agences exécutives, textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0144.
(20) Résolution du Parlement européen du 4 mai 2022 contenant les observations qui font partie intégrante des décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section III – Commission et agences exécutives, textes adoptés de cette date (P9_TA(2022)0144).
(21) Cour des comptes (2022), L’audit de l’UE en bref, p. 57.
(22) Cour des comptes, 2022 Rapport annuel, points 11.47 à 11.55.
(23) En Espagne, en Slovaquie, en Estonie, au Danemark, en Grèce, en Tchéquie, en Italie, en Lituanie, à Malte, en Slovénie, en Bulgarie, à Chypre, en Finlande, en Irlande, en Lettonie et en Pologne.
(24) Rapport spécial n° 05/2023 «Le paysage financier de l’Union européenne - Un assemblage disparate nécessitant plus de simplification et un meilleur respect de l’obligation de rendre compte».
(25) Règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Bureau général du procureur général européen (BPGE) (JO L 283 du 31.10.2017, p. 1).
(26) Communication de la Commission du 13 juillet 2022 intitulée «Rapport 2022 sur l’état de droit» (COM(2022)0500).
(27) En ce qui concerne l’indépendance du Conseil national de la magistrature, les préoccupations concernant le fonctionnement du ministère public persistent, les fonctions de ministre de la justice et de procureur général étant occupés par la même personne. Les tribunaux polonais ont également fait part de leurs préoccupations quant au fait que la pratique consistant à détacher des procureurs peut être considérée comme une forme de rétrogradation et de discrimination et que des procédures disciplinaires pourraient être utilisées pour restreindre l’indépendance de la justice, étant donné que la chambre disciplinaire de la Cour suprême continue de rendre des décisions.
(28) Rapport spécial n° 01/2022 de la Cour des comptes européenne, intitulé «Soutien de l’UE à l’état de droit dans les Balkans occidentaux: malgré des efforts, des problèmes fondamentaux persistent».
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5730/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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