| CELEX | 52024IP0046 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 18 janvier 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5735 | 17.10.2024 |
P9_TA(2024)0046
Plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente
Résolution du Parlement européen du 18 janvier 2024 sur le plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente (2023/2124(INI))
(C/2024/5735)
Le Parlement européen,
| — | vu la communication de la Commission du 21 février 2023 intitulée «Plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente» (COM(2023)0102) (ci-après le «plan d’action»), |
| — | vu l’avis du Comité économique et social européen du 12 juillet 2023 sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur le plan d’action de l’UE: protéger et restaurer les écosystèmes marins pour une pêche durable et résiliente (1); |
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 39, qui vise à assurer un niveau de vie équitable aux communautés vivant de l’agriculture et de la pêche, et son article 5 sur le principe de proportionnalité, |
| — | vu la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030», adoptée lors du sommet des Nations unies sur le développement durable organisé à New York le 25 septembre 2015, et en particulier l’objectif de développement durable (ODD) no 14 du programme de développement durable 2030 des Nations unies, qui promeut la conservation et l’exploitation durable des océans, des mers et des ressources marines, |
| — | vu l’accord de Paris du 12 décembre 2015, et notamment son article 2, paragraphe 1, point b), relatif à l’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques d’une manière qui ne menace pas la production alimentaire, |
| — | vu l’accord du 19 juin 2023 se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (traité des Nations unies sur la haute mer) et le cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité, |
| — | vu le règlement (UE) no 1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche, modifiant les règlements (CE) no 1954/2003 et (CE) no 1224/2009 du Conseil et abrogeant les règlements (CE) no 2371/2002 et (CE) no 639/2004 du Conseil et la décision 2004/585/CE du Conseil (2), |
| — | vu la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (3), |
| — | vu la directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin») (4), |
| — | vu la directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime (5) (directive sur la planification de l’espace maritime), |
| — | vu le règlement (UE) 2016/2336 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2016 établissant des conditions spécifiques pour la pêche des stocks d’eau profonde dans l’Atlantique du Nord-Est ainsi que des dispositions relatives à la pêche dans les eaux internationales de l’Atlantique du Nord-Est et abrogeant le règlement (CE) n° 2347/2002 du Conseil (6), |
| — | vu le règlement (CE) no 1100/2007 du Conseil du 18 septembre 2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes (7) (règlement relatif aux anguilles), |
| — | vu le règlement d’exécution (UE) 2022/1614 de la Commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables (8), |
| — | vu sa résolution du 9 juin 2021 sur la stratégie de l’Union en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030: ramener la nature dans nos vies (9), |
| — | vu sa résolution du 21 janvier 2021 sur le thème: «Plus de poissons dans les océans? Mesures en faveur de la reconstitution des stocks au-dessus du niveau de rendement maximal durable (RMD), notamment les zones de reconstitution des stocks de poissons et les zones marines protégées» (10), |
| — | vu sa résolution du 3 mai 2022 intitulée «Vers une économie bleue durable au sein de l’Union: le rôle des secteurs de la pêche et de l’aquaculture» (11), |
| — | vu sa résolution du 7 juin 2022 intitulée «Mise en œuvre de l’article 17 du règlement relatif à la politique commune de la pêche» (12), |
| — | vu sa résolution du 6 octobre 2022 sur une dynamique pour les océans: renforcer la gouvernance et la biodiversité des océans (13), |
| — | vu sa résolution du 9 mai 2023 sur la cogestion des pêches dans l’Union et la contribution du secteur de la pêche à la mise en œuvre des mesures de gestion (14), |
| — | vu sa résolution du 21 novembre 2023 sur la mise en œuvre du règlement (CE) n° 1100/2007 du Conseil instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes (15), |
| — | vu les conclusions de la présidence du 26 juin 2023 relatives au train de mesures sur la politique de la pêche pour un secteur de la pêche et de l’aquaculture durable, résilient et compétitif, |
| — | vu le discours sur l’état de l’Union prononcé le 13 septembre 2023 par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, devant le Parlement européen réuni en session plénière, |
| — | vu la communication de la Commission du 10 octobre 2007 intitulée «Une politique intégrée pour l’Union européenne» (COM(2007)0575), |
| — | vu la documentation d’orientation de la Commission de 2018 sur l’aquaculture et Natura 2000, |
| — | vu le rapport du 23 septembre 2021 de la Commission au Parlement européen et au Conseil intitulé «Mise en œuvre du règlement sur les mesures techniques» (article 31 du règlement (UE) 2019/1241) (COM(2021)0583), |
| — | vu le document de travail des services de la Commission du 28 janvier 2022 intitlué «Criteria and guidance for protected areas designations» (Critères et orientations relatifs à la désignation de zones protégées) (SWD(2022)0023), |
| — | vu le rapport d’évaluation mondiale du 4 mai 2019 de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, |
| — | vu le rapport du Conseil international pour l’exploration de la mer du 24 juin 2021 intitulé «EU request on how management scenarios to reduce mobile bottom fishing disturbance on seafloor habitats affect fisheries landing and value» (Demande de l’Union portant sur la manière dont les scénarios de gestion visant à réduire les perturbations liées à la pêche de fond mobile sur les habitats des fonds marins influencent les débarquements et la valeur de la pêche), |
| — | vu le rapport spécial no 26/2020 de la Cour des comptes européenne du 26 novembre 2020 intitulé «Milieu marin: l’UE offre une protection étendue, mais superficielle», |
| — | vu la recommandation de juin 2023 du conseil consultatif pour l’aquaculture sur l’impact sur la conchyliculture de l’interdiction du chalutage de fond prévue par le plan d’action, et la réponse de la Commission à cette recommandation du 1er août 2023 intitulée «Réponse à la recommandation du conseil consultatif pour l’aquaculture sur l’impact sur la conchyliculture de l’interdiction du chalutage de fond prévue par le plan d’action», ainsi que sa lettre du 3 avril 2023 aux députés européens David McAllister, Jens Gieseke et Niclas Herbst sur les Krabbenfisherei (la pêche au crabe) (16), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission du développement, |
| — | vu le rapport de la commission de la pêche (A9-0437/2023), |
| A. | considérant que la protection des océans devrait être guidée par le principe du patrimoine commun de l’humanité; qu’il est urgent d’intensifier l’action au niveau mondial et au niveau de l’Union européenne pour inverser les déclins avérés, existants et scientifiquement décrits des écosystèmes marins en s’attaquant à toutes les pressions humaines et naturelles identifiables dans la mesure de nos capacités, en soutenant la reconstitution positive des stocks halieutiques, des espèces et de leurs habitats et en encourageant les études scientifiques, la recherche et le développement, ainsi qu’en soutenant les activités de pêche et les techniques qui garantissent une pêche et une aquaculture durables, avec la pleine participation des opérateurs, des représentants des autorités locales, de la société civile et des communautés côtières, qui contribuent de manière essentielle à la réalisation de cet objectif mondial; |
| B. | considérant qu’il existe actuellement de nombreux textes législatifs, communications, stratégies et règlements relatifs à la protection de l’environnement et à la gestion de la pêche, en particulier la restauration de la nature; |
| C. | considérant que l’Union s’est engagée à mettre en œuvre le programme des Nations unies à l’horizon 2030, y compris l’ODD 14, ainsi que ses obligations au titre du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal; |
| D. | considérant que toutes les politiques de l’Union liées à la fois aux dimensions interne et externes de l’économie bleue durable sont gérées selon une structure de gouvernance qui entraîne un manque de synergies et des conflits entre les acteurs de l’économie bleue durable; que la Commission devrait appliquer une approche fondée sur les écosystèmes dans toutes les politiques de l’Union relatives à l’économie bleue, en tant qu’élément d’un cadre juridique global, afin d’atteindre les objectifs stratégiques spécifiques et de veiller à ce que leur gestion repose sur une approche intégrée et cohérente qui favorise les synergies entre toutes les activités liées à la mer; |
| E. | considérant que, lors du Conseil «Agriculture et pêche» du 20 mars 2023, les États membres ont exprimé diverses positions, y compris des critiques, à l’égard du plan d’action; que le contrôle de ce dernier a été effectué par les parlements nationaux de huit États membres; |
| F. | considérant que le plan d’action doit être aligné sur les objectifs de la politique commune de la pêche (PCP), qui vise à garantir la bonne conservation et la bonne gestion des ressources biologiques marines ainsi qu’à garantir que les activités de pêche et d’aquaculture, dont le rôle stratégique s’est révélé lors des crises récentes, soient durables à long terme sur le plan environnemental et gérées en cohérence avec les objectifs visant à obtenir des retombées positives en matière économique, sociale et d’emploi et à contribuer à la disponibilité des approvisionnements alimentaires; |
| G. | considérant que des procédures judiciaires en cours ont été engagées par le Royaume d’Espagne le 14 novembre 2022 et par les organisations de pêcheurs et de producteurs galiciens le 13 décembre 2022 devant la Cour de justice de l’Union européenne en ce qui concerne le règlement d’exécution (UE) 2022/1614 de la Commission, qui identifie 87 zones dans les eaux de l’Union de l’Atlantique du Nord-Est où tous les engins de pêche de fond sont interdits, ce qui représente une superficie totale de 16 419 km2 et 17 % de la zone située entre 400 et 800 mètres de profondeur où les engins de pêche de fond ne sont pas autorisés; que ce règlement d’exécution a été adopté sans évaluation préalable des incidences socio-économiques et que sa mise en œuvre aura de graves répercussions socio-économiques sur les flottes de pêche concernées; |
| H. | considérant que la biodiversité marine doit être protégée et restaurée en collaboration avec toutes les parties prenantes, en particulier avec le secteur de la pêche et la communauté scientifique; |
| I. | considérant que, d’après les données de la Commission, si en 2009 seuls cinq stocks halieutiques étaient pêchés de manière durable dans l’Union, en 2022, leur nombre a dépassé les soixante et la situation continue de s’améliorer (17); qu’en dépit des progrès satisfaisants accomplis en 2022 sur la voie de la réalisation des objectifs fixés dans le cadre de la PCP, davantage de progrès sont nécessaires au niveau des écosystèmes marins de l’Union, en particulier en mer Méditerranée et en mer Noire; |
| J. | considérant que l’avenir de la sécurité alimentaire dépendra également de notre capacité à lutter contre la disparition de la nature et les conséquences croissantes du changement climatique; |
| K. | considérant que la gestion des écosystèmes nécessite une approche globale qui tienne compte de toutes les causes de la perte de biodiversité, telles que la surpêche, le changement climatique, l’acidification des océans, l’arrivée d’espèces allogènes, l’érosion des côtes ou la perte de biodiversité marine, y compris par des actions contribuant à ce que des zones marines protégées (ZMP) correctement gérées, d’autres mesures efficaces de conservation par zone et des activités telles que la conchyliculture soient bénéfiques à la fois pour les pêcheries et les écosystèmes; |
Protection de l’environnement et durabilité
| 1. | salue les efforts déployés par les pêcheurs de l’Union et les progrès réalisés pour rendre la pêche encore plus durable ainsi que pour contribuer à la protection et à l’utilisation durable des écosystèmes marins; considère que, malgré ces efforts et ces progrès, les océans soient subissent les effets de plusieurs autres facteurs, tels que la surpêche, le changement climatique, l’acidification, l’invasion d’espèces allogènes et les différentes sources de pollution provenant en particulier d’activités et des transports terrestres, qui échappent dans une certaine mesure au contrôle des pêcheurs et représentent des menaces importantes pour les moyens de subsistance des pêcheurs et pour leurs écosystèmes marins; |
| 2. | insiste sur la valeur intrinsèque de l’océan et de toutes les espèces qui en dépendent; souligne que la bonne santé des écosystèmes marins est essentielle à la vie sur Terre et joue un rôle crucial dans le bien-être de la planète; prend acte de la nécessité de mieux protéger les océans au niveau de l’Union européenne et du monde; |
| 3. | estime, à l’instar de toutes les parties prenantes des politiques de la pêche et de l’environnement, que des écosystèmes marins sains bénéficient à notre santé, à notre société et à notre économie et sont essentiels pour la planète tout entière et en particulier pour les populations qui en dépendent; |
| 4. | rappelle l’importance vitale de l’océan en tant que pilier du climat et des systèmes alimentaires, car il couvre 71 % de la surface terrestre, produit la moitié de notre oxygène et absorbe un tiers des émissions de CO2; souligne la nécessité d’élaborer des politiques et des approches de financement pour la préservation et l’utilisation durable des océans; demande la préservation, à l’échelle mondiale, des moyens de subsistance fondés sur les océans et de la biodiversité des océans; souligne le rôle essentiel des océans, en particulier pour la séquestration du carbone, le développement des énergies renouvelables, la création d’emplois, la réduction de la pauvreté, le transport de marchandises et les communications internet; attire l’attention sur l’interdépendance entre la pêche et la sécurité alimentaire, étant donné que 3,3 milliards de personnes tirent au moins 20 % de leur apport en protéines animales des ressources de la mer; |
| 5. | constate que les communautés côtières exploitent les ressources alimentaires des mers d’Europe depuis de nombreuses générations; estime que les secteurs de la pêche et de l’aquaculture et ces communautés côtières contribuent à la sécurité alimentaire durable dans le cadre de l’économie bleue; estime que l’utilisation et la gestion durables des ressources marines devraient être considérées comme une contribution aux écosystèmes marins et non comme une atteinte à ceux-ci; |
Approche conforme aux réglementations existantes
| 6. | estime que le plan d’action de la Commission manque de cohérence avec d’autres priorités et stratégies, telles que la garantie de la sécurité alimentaire et de l’autonomie stratégique de l’Union; souligne, en outre, que la gestion du plan d’action devrait reposer sur une approche intégrée, cohérente et fondée sur les écosystèmes qui favorise les synergies entre toutes les activités maritimes afin d’éviter les conflits et de favoriser la coopération, en particulier en ce qui concerne les infrastructures énergétiques marines, et que le plan d’action devrait garantir des conditions de concurrence équitables avec les pays tiers; est d’avis que les considérations telles que la hausse des prix, le renforcement de la dimension sociale de la PCP et le renforcement de la croissance économique et de l’emploi n’ont pas été suffisamment prises en considération dans le plan d’action; |
| 7. | regrette que le plan d’action proposé intervienne à un moment où le secteur de la pêche est confronté aux conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine, de la hausse et l’imprévisibilité des prix du pétrole et du Brexit; |
| 8. | souligne l’inquiétude générale que suscite l’absence de véritable consultation des parties prenantes pour garantir le soutien au plan d’action; exprime son inquiétude générale quant au fait que les considérations relatives à la question de la proportionnalité ne sont pas dûment prises en compte dans les propositions de la Commission; |
| 9. | rappelle que le plan d’action devrait être compatible avec les objectifs de la PCP visant à garantir que les activités de pêche et d’aquaculture sont écologiquement durables à long terme et que leur gestion repose sur une approche fondée sur les écosystèmes; rappelle que le plan d’action devrait également être compatible avec les objectifs visant à garantir des avantages économiques, sociaux et en matière d’emploi, contribuer à la sécurité de l’approvisionnement alimentaire et tirer le meilleur parti des possibilités de pêche disponibles pour réduire la dépendance à l’égard des marchés extérieurs à l’Union; accueille favorablement tout objectif favorisant une approche cohérente entre la PCP et d’autres politiques, notamment la législation environnementale; |
| 10. | soutient la nécessité de renforcer et d’améliorer les projets de recherche scientifique et d’innovation, qui devraient être menés de manière cohérente avec d’autres politiques, projets pilotes et projets scientifiques de l’UE portant sur l’innovation et la recherche, tels que ceux qui visent, par exemple, à réduire et à remplacer l’utilisation des (micro)plastiques; |
Restaurer les écosystèmes marins
| 11. | déplore le manque de cohérence dans l’intitulé du plan d’action ainsi que l’absence d’un ensemble global de propositions dans le plan d’action, puisque le plan se concentre principalement sur la modification des pratiques de pêche qui affectent les espèces et les habitats sans aborder le potentiel d’alignement entre les techniques et pratiques de pêche et la protection ou la restauration des écosystèmes; rappelle qu’il est particulièrement important de trouver un équilibre entre les exigences pour les utilisateurs et les gains pour la nature afin de garantir la prévisibilité et la clarté juridique, et souligne que les pêcheurs doivent faire partie de la solution, au lieu d’être présentés comme la cause du problème; |
| 12. | se félicite que le plan d’action aborde également la possibilité d’introduire des mesures supplémentaires pour renforcer la sélectivité, y compris des innovations visant à améliorer la sélectivité des engins et dispositifs de pêche, ainsi que des mesures visant à réduire les captures de juvéniles et les prises accessoires d’espèces sensibles; rappelle que les captures accidentelles d’espèces marines sensibles doivent être réduites, voire éliminées si possible, de sorte à ne pas menacer l’état de conservation de ces espèces, comme l’exige le règlement (UE) 2019/1241 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relatif à la conservation des ressources halieutiques et à la protection des écosystèmes marins par des mesures techniques; |
| 13. | salue les demandes de la Commission visant à réduire les prises accessoires d’espèces sensibles; souligne en particulier la nécessité urgente d’agir pour réduire les prises accessoires de dauphins communs et de marsouins, en fermant certaines zones de pêche sur le court terme, en utilisant des dispositifs de dissuasion acoustique et en améliorant les systèmes de surveillance, conformément aux avis scientifiques; rappelle que des compensations et des incitations financières sont disponibles au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa) afin d’atténuer les conséquences socio-économiques de ces mesures; |
| 14. | insiste sur la nécessité de mettre au point et de soutenir des initiatives visant à restaurer les écosystèmes marins, ce qui ne peut être réalisé que si les décideurs politiques dialoguent et coopèrent pleinement avec les personnes dont les moyens de subsistance dépendent de ces zones marines; demande, à cet effet, un soutien financier aux études scientifiques et à la collecte de données sur les écosystèmes marins, des compensations financières et des incitations, par exemple par l’intermédiaire du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa), qui devrait être utilisé pour apporter un soutien efficace aux flottes de pêche de l’Union qui passent à des techniques de pêche plus sélectives, et en particulier pour soutenir les pêcheurs les plus touchés par les restrictions, ainsi que pour atténuer les incidences socio-économiques des mesures restrictives; |
| 15. | souligne, par exemple, que des études scientifiques montrent qu’une augmentation des dimensions de la maille et de la taille minimale des débarquements permettrait de laisser les poissons les plus jeunes dans l’eau, et donc d’augmenter les chances de reproduction des populations de poissons, ce qui augmenterait les rendements pour les pêcheurs et les débarquements par unité d’effort; |
| 16. | réaffirme les objectifs consistant à protéger au moins 30 % et à assurer une protection stricte d’au moins 10 % des mers de l’Union d’ici à 2030; note que l’Union a progressé dans la désignation de nouvelles ZMP, tant dans le cadre du réseau Natura 2000 de l’Union que grâce à des désignations nationales complémentaires; |
Zones marines protégées (ZMP)
| 17. | souligne que les ZMP sont diverses en termes de taille, d’espèces, d’habitats et d’écosystèmes à protéger, qu’elles sont créées avec des objectifs de conservation différents et qu’elles ne doivent pas être considérées comme des zones uniformes qui apportent toutes les avantages d’une ZMP correctement gérée pour les écosystèmes marins; estime, par conséquent, que le plan d’action de la Commission présente une approche trop simplifiée et trop généralisée, donnant ainsi l’impression que toutes les ZMP peuvent être mises en œuvre et gérées de la même manière, comme en témoignent, par exemple, des propositions relatives à certains engins de pêche et à la suppression progressive de la pêche de fond mobile dans toutes les ZMP d’ici à 2030; préconise une approche équilibrée de la définition et de la mise en œuvre des ZMP, qui tienne compte des objectifs de conservation de chaque zone spécifique, mais aussi des activités qui utilisent traditionnellement ces zones, ainsi que de l’environnement dynamique et changeant qui résulte du changement climatique, tout en garantissant la participation effective des pêcheurs à la désignation et à la gestion de ces zones; |
| 18. | observe qu’il existe un fort consensus scientifique quant au fait que les ZMP peuvent être bénéfiques pour la pêche, grâce à leur effet d’entraînement et à leurs retombées positives sur l’embauche, par exemple parce qu’elles protègent les sites de reproduction, les jeunes poissons et les grands poissons femelles ayant une capacité de reproduction élevée, comme on l’a vu dans diverses ZMP à travers l’Union; souligne que les ZMP couronnées de succès peuvent générer d’importants avantages socio-économiques, en particulier pour les communautés côtières et les secteurs de la pêche et du tourisme, et jouer un rôle écologique essentiel dans la reproduction et la résilience des populations de poissons, par exemple en offrant des zones de frai et d’alevinage; |
| 19. | attire l’attention de la Commission et des États membres sur le fait que d’autres instruments efficaces de protection de l’environnement, tels que d’autres mesures efficaces de conservation par zone, devraient être pris en compte dans le plan d’action afin de contribuer à la réalisation des objectifs et de maximiser les effets des mesures déjà mises en œuvre dans un environnement dynamique et changeant résultant du changement climatique, ainsi que de contribuer à maintenir la proportionnalité entre toutes les mesures; |
| 20. | invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre les mesures de protection ou de restriction nécessaires pour atteindre les objectifs de conservation et de restauration propres à chacune de ces ZMP, y compris les mesures techniques nécessaires pour atteindre les objectifs, et ce grâce à un financement suffisant, en commençant par les zones les plus menacées et les zones Natura 2000 qui visent à protéger des habitats marins; rappelle les obligations légales des États membres et souligne que la Commission a ouvert des procédures à l’encontre de certains d’entre eux pour manquement présumé aux obligations qui leur incombent en vertu de la directive «Habitats» (18); |
| 21. | estime que les ZMP et les autres zones protégées sont des outils et non des objectifs en soi; reconnaît que leur succès dépend de leur acceptation et de leur adoption par les pêcheurs, les collectivités côtières et les autres parties intéressées; invite la Commission et les États membres à lancer et à financer des programmes de recherche scientifique et demande que le secteur de la pêche, y compris sa composante artisanale, ainsi que d’autres parties prenantes concernées, soient associés à la conception, à la gestion, à la mise en œuvre, au contrôle et à la surveillance des ZMP; |
| 22. | considère que la mobilisation du monde scientifique, du secteur de la pêche et de toutes les parties prenantes concernées ne peut être le seul fait de l’Union, en particulier en ce qui concerne la prévention des mauvaises pratiques des flottes étrangères; demande que des efforts supplémentaires soient déployés pour lutter contre les activités préjudiciables à la protection des océans à l’échelle mondiale, y compris par les flottes de pays non membres de l’Union, comme la flotte chinoise, et recommande d’envisager la mise en place d’un réseau mondial de ZMP; |
| 23. | se déclare vivement préoccupé par l’incidence de l’extraction de pétrole et de gaz sur le milieu marin, la pêche et l’aquaculture; réclame une nouvelle fois l’interdiction de l’ensemble des activités industrielles d’extraction néfastes pour l’environnement, telles que l’exploitation minière et l’extraction de combustibles fossiles, dans les ZMP; |
Engins de pêche de fond
| 24. | souligne que de nombreux navires de l’Union opèrent avec des engins de pêche de fond mobiles et que de nombreuses régions côtières dépendent socialement et économiquement d’activités qui utilisent des engins de pêche de fond fixes et mobiles, telles que les activités de conchyliculture; insiste sur le fait que restreindre ou fermer des zones de pêche aux engins mobiles de pêche de fond ne consiste pas simplement à déplacer l’activité des navires de pêche vers d’autres zones de pêche; souligne qu’il convient de tenir compte, entre autres, des ressources disponibles pouvant être capturées à l’aide de ces engins, de l’expérience pratique des pêcheurs, de la présence et de la redistribution des navires de pêche dans les zones adjacentes afin d’éviter un chevauchement susceptible de donner lieu à des conflits sur l’utilisation de l’espace, à une pression accrue dans d’autres zones de pêche et à une détérioration des conditions de travail; |
| 25. | rappelle que les mesures de régionalisation adoptées lors de la dernière réforme de la PCP visaient à s’éloigner d’une approche unique selon laquelle les décisions étaient trop centralisées au sein de l’Union; se félicite des mesures proposées dans le plan d’action pour améliorer la coopération régionale; considère toutefois que le plan d’action prend certaines mesures allant dans la direction opposée, en particulier en ce qui concerne ses propositions sur le chalutage de fond; |
| 26. | estime qu’il y a eu plusieurs initiatives dans le cadre du plan d’action et en dehors de celui-ci concernant les mêmes techniques de pêche, ce qui a créé une mosaïque d’initiatives et remis en question la cohérence et la prévisibilité des mesures qui seront prises au niveau de l’Union et a gravement affecté la confiance des pêcheurs et des communautés de la pêche dans les processus d’élaboration des politiques et de prise de décision (de l’Union); |
| 27. | estime que tout projet visant à mettre en œuvre des dispositions ou des restrictions sur l’utilisation d’un engin de pêche particulier doit être élaboré en conformité avec les autres politiques et tenir compte de toutes les parties prenantes ainsi que des aspects relatifs à la sécurité alimentaire et des aspects socio-économiques, techniques et scientifiques; réaffirme que les actions soutenues par un consensus et par ces considérations produiront davantage de résultats et auront un effet positif sur leur mise en œuvre; |
| 28. | estime que les conséquences de tout plan d’action ou proposition législative doivent être fondées sur des évaluations et des analyses scientifiques et socio-économiques; constate le manque de recul sur les conséquences de certains aspects de ce plan d’action, telles que les demandes adressées aux États membres par la Commission afin que, d’une part, ils interdisent la pêche mobile de fond dans les ZMP – sites Natura 2000 au titre de la directive habitats qui protègent les fonds marins et les espèces marines – d’ici la fin mars 2024, tandis que, d’autre part, en parallèle et dans le même délai, elle demande aux États membres de fournir des informations sur la manière dont ils entendent garantir que la pêche de fond mobile soit progressivement éliminée dans toutes les ZMP d’ici à 2030, sans attendre, par exemple, les conclusions scientifiques et socio-économiques des propositions antérieures; salue le fait que la Commission ait reconnu qu’une approche globale interdisant la pêche mobile de fond n’est pas adaptée pour réaliser les objectifs du plan d’action; |
| 29. | estime que les mesures relatives au chalutage de fond devraient être évaluées conformément à toutes les orientations existantes, telles que celles du Conseil international pour l’exploration de la mer ou du comité scientifique, technique et économique de la pêche, ainsi qu’aux meilleures données scientifiques disponibles; considère que ces mesures devraient tenir compte du fait que le chalut de fond est l’un des engins de pêche les plus courants et les plus réglementés en Europe et qu’il devrait être réglementé en priorité au titre du règlement sur les mesures techniques (règlement (UE) 2019/1241 (19)), dont l’objectif est, comme son titre l’indique, «la conservation des ressources halieutiques et la protection des écosystèmes marins»; |
| 30. | note que des organismes scientifiques tels que le Conseil international pour l’exploration de la mer et de nombreuses études scientifiques ayant fait l’objet d’un examen par des pairs ont démontré et reconnu que les engins de pêche de fond mobiles ont une incidence sur les écosystèmes; souligne toutefois que l’effet du chalutage est variable et qu’en fonction de plusieurs facteurs tels que le type de pêche, les chaluts sont considérés par la science comme durables et compatibles avec la réalisation des objectifs de conservation des fonds marins ou des stocks exploités au-delà des niveaux de rendement maximal durable; |
| 31. | insiste sur le fait que l’intention de la Commission d’imposer des mesures au moyen de son plan d’action au lieu de laisser les colégislateurs décider risque d’aller à l’encontre de la bonne gouvernance et du dialogue entre les parties prenantes et les différents niveaux d’administration et risque de compromettre l’équilibre interinstitutionnel et le rôle de chaque institution dans le processus décisionnel; |
Anguilles
| 32. | souligne la complexité et les multiples aspects de la gestion du stock d’anguilles, qui ne peut pas se limiter à une approche unique axée sur la mer; rappelle que le règlement relatif aux anguilles a été jugé adapté à l’objectif poursuivi par la Commission lors de son évaluation menée en 2020; est néanmoins d’avis qu’une meilleure mise en œuvre du règlement sur l’anguille et des actions supplémentaires renforcées de la part des États membres sont nécessaires afin de garantir une approche globale dans la mise en œuvre du règlement; rappelle à la Commission et aux États membres de faire pleinement usage du règlement sur l’anguille en tant que politique fondamentale pour la gestion et la reconstitution du stock d’anguilles, en garantissant une approche holistique et cohérente qui prenne en compte les stades de vie de l’anguille en mer et en eau douce et qui s’attaque à la fois aux impacts de la pêche et aux impacts non liés à la pêche en mettant pleinement en œuvre des mesures dans tous les domaines pertinents ; |
| 33. | est d’avis que les mesures prises en dehors du cadre du règlement relatif aux anguilles risquent de nuire à la cohérence de la politique adoptée; exprime sa profonde préoccupation quant à l’approche non globale adoptée dans le règlement (UE) 2023/194 (20) du Conseil qui a restreint la pêche de l’anguille en introduisant une période de fermeture de six mois sans consultation appropriée des parties prenantes et sans envisager un ensemble complet de mesures dans d’autres domaines politiques ou des mesures compensatoires appropriées, y compris des mesures prenant en considération les effets socio-économiques; estime par conséquent qu’une analyse préalable de la reconstitution de l’espèce ainsi que de son rôle éventuel dans la lutte contre les espèces envahissantes devrait être entreprise avant de mettre en œuvre de nouvelles mesures restrictives, comme annoncé dans le plan d’action; |
| 34. | demande la création d’un groupe d’experts chargé spécifiquement des questions ayant trait à l’anguille afin de garantir une représentation pleine et équilibrée de toutes les parties prenantes concernées; invite les États membres à mettre régulièrement à jour leurs plans de gestion de l’anguille et à respecter leurs obligations de déclaration en vertu du règlement sur l’anguille; |
Les réactions des États membres au plan d’action
| 35. | prend acte des nombreuses déclarations et prises de position claires des représentants des États membres, qui font connaître leurs vives préoccupations à l’égard du plan d’action et des incertitudes qui y sont associées; note que les États membres ont particulièrement remis en question l’approche trop simpliste adoptée par la Commission en ce qui concerne les restrictions relatives au chalutage de fond dans les zones marines protégées; |
| 36. | considère que l’opposition tranchée entre le développement de l’industrie de la pêche et la protection de la biodiversité marine constitue une impasse; estime que ces deux objectifs peuvent être atteints de manière équilibrée, comme l’ont déclaré les représentants des États membres après la présentation du plan d’action; |
| 37. | se félicite de la création d’un groupe de dialogue spécial composé de la direction générale de l’environnement (DG ENV) et de la direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG MARE) de la Commission, des États membres et des parties prenantes intéressées; estime que le rôle du groupe de dialogue devrait être de faciliter la connaissance mutuelle et d’éventuelles discussions entre les communautés de la pêche et de l’environnement, ainsi que de donner aux États membres une plateforme de transparence et de dialogue en vue de la mise en œuvre de leurs feuilles de route; |
Les effets juridiques du plan d’action de la Commission
| 38. | réaffirme son engagement à exercer les prérogatives et les compétences du Parlement à l’égard de toute initiative, telle que les propositions législatives et les actes délégués ou d’exécution, y compris ceux qui sont liés ou non au plan d’action; |
| 39. | constate que, bien que le plan d’action ne soit pas juridiquement contraignant, sa mise en œuvre entraînera des coûts socio-économiques importants pour les États membres et leurs flottes, étant donné qu’il contient près de 90 mesures sous la forme de règlements, d’orientations, d’analyses, de feuilles de route, d’études, de rapports et d’initiatives; invite les États membres et la Commission à mener les études nécessaires en temps utile, dans le cadre de l’élaboration de toutes nouvelles réglementations ou initiatives, ou de la révision de celles existantes, ainsi qu’à prendre en considération et à engager les processus de planification de l’espace marin, entre régions et bassins maritimes, ainsi qu’entre différents États membres et avec des pays tiers, en vue d’assurer des avantages socio-économiques; |
| 40. | estime que les mesures incluses dans le plan d’action devraient faire l’objet, lorsque cela est possible, d’une procédure législative ordinaire, pour garantir une plus grande transparence et devraient inclure une véritable analyse d’impact, avec la participation appropriée de toutes les parties prenantes; |
| 41. | prend acte avec inquiétude du manque de clarté quant aux conséquences juridiques du plan d’action, en raison de déclarations faites par la Commission, notamment lors de sa présentation à la commission de la pêche du Parlement et aux différentes parties prenantes; estime que cela n’a pas apporté de clarté et de stabilité au secteur de la pêche et a eu un impact négatif sur de nombreux secteurs de l’industrie de la pêche à un moment où les incertitudes causées par les conséquences cumulées de plusieurs crises pèsent lourdement sur le moral des personnes travaillant dans ce secteur; |
| 42. | constate avec inquiétude que la Commission a de plus en plus recours à des instruments non contraignants, tels que les communications, qui sont communément qualifiés de «droit souple», pour présenter des mesures politiques très concrètes sans les faire suivre de propositions législatives; estime que toute incertitude entre les intentions juridiques des communications présentées et leurs effets juridiques réels est susceptible d’affecter la sécurité juridique et la prévisibilité pour le secteur, ainsi que de soulever des questions juridiques concernant l’équilibre institutionnel ainsi que les limites et l’exercice des compétences de l’Union; estime par conséquent que les communications de la Commission ne devraient pas être utilisées pour proposer des mesures contraignantes; |
| 43. | déplore que la communication provenant de la Commission et, en particulier, de la DG MARE et la DG ENV, comprenne des déclarations contradictoires en ce qui concerne les effets contraignants du plan d’action; demande à la DG MARE et à la DG ENV d’être plus à l’écoute des spécificités du secteur de la pêche au moment d’élaborer ou de présenter des initiatives conjointes; |
Aspects socio-économiques et sécurité alimentaire
| 44. | souscrit au discours sur l’état de l’Union prononcé en 2023 par la présidente de la Commission, qui a déclaré que chaque nouvel acte législatif ferait l’objet d’un contrôle de compétitivité; demande que le plan d’action, toutes les propositions législatives et toutes autres initiatives relatives à la pêche comprennent un contrôle de la compétitivité portant sur leur incidence socio-économique sur les différentes activités, ainsi que sur leurs effets sur les communautés côtières et leur effet cumulé sur la disponibilité de l’approvisionnement alimentaire; |
| 45. | regrette que le plan d’action ne soit pas accompagné d’une étude socio-économique, d’une évaluation d’impact assortie d’une analyse scientifique ou d’un rapport intermédiaire et qu’il ne propose aucun type de mesures de financement supplémentaires pour les transitions verte et énergétique; attire l’attention de la Commission sur le fait que les documents stratégiques, tels que ce plan d’action, devraient être présentés aux différentes parties prenantes et prendre en compte leurs points de vue d’une manière plus coordonnée et plus claire, et devraient inclure des évaluations environnementales, sociales, économiques et juridiques complètes de leur mise en œuvre; demande que tous les moyens nécessaires, y compris les incitations et les mécanismes de compensation, soient mis en place pour une transition juste et équilibrée; |
| 46. | rappelle que les États membres doivent pleinement mettre en œuvre l’article 17 de la PCP lorsqu’ils attribuent des possibilités de pêche; invite les États membres à attribuer des possibilités de pêche sur la base de critères transparents et objectifs, fondés sur les performances sociales et environnementales des flottes de pêche, et à mettre en œuvre l’article 17 en tant qu’outil visant à encourager les pratiques de pêche responsables à faible incidence; |
| 47. | souligne que le plan d’action devrait contribuer de manière égale aux piliers de la durabilité de la PCP (environnementale, sociale et économique) et, entre autres, contribuer à la croissance de la productivité, à des conditions de travail décentes dans le secteur, en particulier pour la pêche artisanale, et à la stabilité des marchés, garantir la sécurité alimentaire, la qualité et la durabilité des produits alimentaires sans compromettre la sécurité et l’autonomie alimentaires, en permettant aux pêcheurs d’utiliser pleinement les quotas de pêche qui leur sont alloués, et de contribuer à la relance et à la protection de l’environnement afin d’atténuer le changement climatique et de s’adapter à ses conséquences; |
| 48. | se félicite de l’appel lancé par la Commission en faveur d’une collecte de données sur l’impact de la pêche récréative, mais souligne la nécessité de prendre également en considération les incidences économiques et sociales des activités de pêche récréative durables; estime que la pêche récréative peut offrir d’excellentes possibilités pour promouvoir l’approche de la «science citoyenne»; |
Action internationale et réciprocité
| 49. | estime que le traité des Nations unies sur la haute mer constitue une réalisation majeure au niveau international pour la protection des océans; regrette toutefois que le plan d’action n’insiste pas suffisamment sur la nécessité d’inclure le principe de réciprocité dans les accords internationaux; estime dès lors qu’il est essentiel qu’au niveau international, l’Union travaille avec d’autres partenaires afin de mettre en œuvre des règles dont les objectifs et les buts sont similaires à ceux fixés dans la PCP, en particulier son article 28, paragraphe 2, point d), dans le pacte vert pour l’Europe et dans les ODD; |
| 50. | souligne qu’il importe que l’Union collabore avec les pays en développement, en particulier les pays d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Pacifique, pour préparer le développement futur des énergies marines renouvelables en partageant son expérience de planification marine et de développement industriel; invite l’Union à accroître le renforcement des capacités et le financement des pays en développement pour améliorer la gestion des océans et des côtes, en élaborant des stratégies pour l’économie océanique, en comblant les lacunes en matière de gouvernance et en luttant contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et le commerce illicite des ressources marines; souligne l’importance du développement de réponses adaptées aux besoins locaux en énergie décarbonée, à l’impératif de protection des écosystèmes marins et à la préservation des activités traditionnelles comme la pêche; insiste sur l’importance de la participation des communautés littorales dans la mise en œuvre de ces actions; souligne en outre qu’il importe de soutenir des pratiques de pêche durables dans les régions ultrapériphériques, en se fondant sur l’utilisation durable des ressources marines et la gestion durable de la pêche, de l’aquaculture et du tourisme, afin d’assurer le développement socio-économique durable de ces régions; |
| 51. | invite l’Union à promouvoir la transparence dans la pêche et les autres industries extractives en mer dans les pays partenaires, ce qui s’avère essentiel pour mettre un terme à la surpêche, à la perte de biodiversité et aux violations des droits de l’homme; souligne que les pays côtiers en développement peuvent mettre en œuvre les normes définies dans l’initiative pour la transparence des pêches et dans l’initiative pour la transparence des industries extractives afin d’améliorer la transparence; |
| 52. | demande que toute restriction, qu’elle soit ou non fondée sur le plan d’action, soit automatiquement répercutée sur les produits importés de pays tiers, compte tenu notamment du fait que l’Union importe 70 % du poisson qu’elle consomme; souligne qu’il est essentiel de garantir la cohérence entre les politiques internes et externes, ainsi que des conditions de concurrence équitables entre les opérateurs de l’Union et ceux de pays tiers; |
| 53. | constate que les captures réalisées à l’aide d’engins de pêche de fond mobiles représentent 25 % du total des captures européennes; considère que les nouvelles règles de gestion, notamment les limitations ou restrictions relatives à l’utilisation de certaines techniques de pêche au niveau de l’Union, ne devraient pas menacer la sécurité alimentaire ni entraîner une augmentation des importations de produits de la pêche, d’autant moins si ces produits sont capturés à l’aide d’engins de pêche dont l’utilisation est limitée ou restreinte dans l’Union; |
Collaboration avec le secteur de la pêche
| 54. | soutient les efforts actuellement déployés par le secteur de la pêche pour améliorer la sélectivité des techniques de pêche et réduire leur impact sur l’environnement; souligne les exemples positifs de reconstitution des stocks d’espèces dans les zones protégées tout en maintenant les activités de pêche; est favorable à des efforts supplémentaires visant à renforcer les accords de cogestion dans lesquels les parties prenantes locales assument la responsabilité d’une gestion durable et investissent davantage dans la recherche, l’innovation et le développement de nouveaux engins et techniques de pêche; souligne le rôle des pêcheurs en tant que «gardiens de la mer», leur engagement en faveur de la reconstitution des stocks halieutiques et leur contribution à la restauration des écosystèmes marins; |
| 55. | constate que, selon la Commission, des progrès tangibles vers une pêche plus durable sur le terrain ont été réalisés au cours des dernières décennies grâce à la PCP; souligne toutefois que cette reconstitution s’est soldée par des coûts élevés pour la plupart des communautés de pêcheurs; |
| 56. | souligne l’importance d’inclure toutes les parties prenantes concernées, des pêcheurs aux représentants de la société civile, dans le processus de prise de décision et la mise en œuvre de mesures qui contribuent à la protection et à la restauration des écosystèmes marins, susceptibles de soutenir une pêche durable et résiliente; |
| 57. | souligne qu’il convient d’accorder une attention particulière à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’autonomisation des femmes, compte tenu du rôle crucial que jouent les femmes et les jeunes, en particulier dans l’économie durable fondée sur les océans et dans les zones de protection marine; ° ° ° |
| 58. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO C 349 du 29.9.2023, p. 127.
(2) JO L 354 du 28.12.2013, p. 22.
(3) JO L 327 du 22.12.2000, p. 1.
(4) JO L 164 du 25.6.2008, p. 19.
(5) JO L 257 du 28.8.2014, p. 135.
(6) JO L 354 du 23.12.2016, p. 1.
(7) JO L 248 du 22.9.2007, p. 17.
(8) JO L 242 du 19.9.2022, p. 1.
(9) JO C 67 du 8.2.2022, p. 25.
(10) JO C 456 du 10.11.2021, p. 129.
(11) JO C 465 du 6.12.2022, p. 2.
(12) JO C 493 du 27.12.2022, p. 62.
(13) JO C 132 du 14.4.2023, p. 106.
(14) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0132.
(15) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0411.
(16) Ares(2023)3615063.
(17) Communication de la Commission du 21 février 2023 intitulée «La politique commune de la pêche aujourd’hui et demain: un pacte pour la pêche et les océans vers une gestion de la pêche durable, fondée sur des données scientifiques, innovante et inclusive (COM(2023)0103).
(18) Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (JO L 206 du 22.7.1992, p. 7).
(19) Règlement (UE) 2019/1241 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relatif à la conservation des ressources halieutiques et à la protection des écosystèmes marins par des mesures techniques, modifiant les règlements (CE) no 1967/2006 et (CE) no 1224/2009 du Conseil et les règlements (UE) no 1380/2013, (UE) 2016/1139, (UE) 2018/973, (UE) 2019/472 et (UE) 2019/1022 du Parlement européen et du Conseil, et abrogeant les règlements (CE) no 894/97, (CE) no 850/98, (CE) no 2549/2000, (CE) no 254/2002, (CE) no 812/2004 et (CE) no 2187/2005 du Conseil (JO L 198 du 25.7.2019, p. 105).
(20) Règlement (UE) 2023/194 du Conseil du 30 janvier 2023 établissant, pour 2023, les possibilités de pêche pour certains stocks halieutiques, applicables dans les eaux de l’Union et, pour les navires de pêche de l’Union, dans certaines eaux n’appartenant pas à l’Union, et établissant, pour 2023 et 2024, de telles possibilités de pêche pour certains stocks de poissons d’eau profonde, JO L 28 du 31.1.2023, p. 1).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5735/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
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P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024