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AccueilDroit européen52024IP0074
Initiative législative52024IP0074

P9_TA(2024)0074 — Propositions de résolution - Priorités de l'Union européenne pour la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Résolution du Parlement européen du 8 février 2024 sur les priorités de l’Union européenne pour la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (2023/2973(RSP))

CELEX52024IP0074
TypeInitiative législative
Datejeudi 8 février 2024

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen fixe les priorités de l'UE pour la 68e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies. Elle réaffirme l'engagement de l'Union en faveur de l'égalité des genres et de l'autonomisation des femmes, en mettant l'accent sur la lutte contre les violences faites aux femmes et l'intégration de la dimension de genre dans toutes les politiques. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une orientation politique non contraignante mais influente, qui peut éclairer l'interprétation des normes européennes et nationales en matière d'égalité.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6338

7.11.2024

P9_TA(2024)0074

Propositions de résolution - Priorités de l'Union européenne pour la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies

Résolution du Parlement européen du 8 février 2024 sur les priorités de l’Union européenne pour la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (2023/2973(RSP))

(C/2024/6338)

Le Parlement européen,

—

vu la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies et son thème prioritaire «Accélérer la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles en s’attaquant à la pauvreté et en renforçant les institutions et le financement dans une perspective de genre»,

—

vu la déclaration et le programme d’action de Pékin du 15 septembre 1995 ainsi que les résultats de ses conférences de révision,

—

vu la convention des Nations unies de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,

—

vu les articles 21 et 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, son principe consistant à «ne laisser personne de côté» et en particulier l’objectif de développement durable (ODD) 1, qui vise à éliminer la pauvreté, l’ODD 5, qui consiste à réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes et à améliorer les conditions de vie des femmes, et l’ODD 8, qui tend à assurer une croissance économique durable,

—

vu le plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne 2021-2025 (GAP III),

—

vu la stratégie de l’Union en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 du 5 mars 2020,

—

vu sa résolution du 5 juillet 2022 vers une action européenne commune en matière de soins (1),

—

vu sa résolution du 24 juin 2022 sur la pauvreté des femmes en Europe (2),

—

vu l’article 157, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

—

vu les questions adressées au Conseil et à la Commission sur les priorités de l’Union européenne pour la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (O-000056/2023 – B9-0005/2024 et O-000057/2023 – B9-0006/2024)),

—

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

—

vu la proposition de résolution de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres,

A.

considérant que garantir les droits des femmes et l’égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l’Union, consacré par l’article 2 du traité sur l’Union européenne et l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; que l’intégration de la dimension de genre et la budgétisation sensible au genre sont des outils importants pour atteindre cet objectif et intégrer ces principes dans toutes les politiques, mesures et actions de l’Union, y compris dans leurs aspects extérieurs;

B.

considérant que, lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes qui s’est tenue à Pékin en 1995, 189 pays du monde entier, dont les États membres de l’Union européenne et l’Union européenne elle-même, se sont engagés à œuvrer en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autonomisation de toutes les femmes et les filles; que l’ODD 5 du programme de développement durable adopté par les États membres des Nations unies en 2015 fixe à 2030 l’échéance pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’autonomisation des femmes et des filles dans toute leur diversité;

C.

considérant que l’Union européenne doit reconnaître la responsabilité qui lui incombe d’inclure une perspective de genre dans tous les secteurs de ses politiques extérieures, telles que la coopération au développement, l’aide humanitaire, le commerce, l’agriculture, le climat et les migrations, afin de pouvoir exercer une action sur l’élimination de la pauvreté des femmes dans le monde;

D.

considérant que la doctrine de politique étrangère féministe vise à autonomiser les femmes et les filles, à résoudre les crises et à réduire les incidences négatives qui affectent les femmes, les filles et l’égalité des genres, y compris la lutte contre la pauvreté des femmes; que l’Union devrait s’attacher à suivre une telle démarche intégrée dans son action extérieure;

E.

considérant que le programme d’action de Pékin de 1995 a souligné que l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes et des filles ainsi que la réalisation de leurs droits humains étaient des facteurs déterminants de l’élimination de la pauvreté; que la pauvreté et l’exclusion sociale et politique sont profondément interdépendantes; que la pauvreté des femmes est un problème complexe et multidimensionnel dont les origines sont aussi bien nationales qu’internationales; que, pour cette raison, il est essentiel de s’attaquer à toutes les causes profondes de la pauvreté des femmes et à toutes ses manifestations; que celles-ci limitent leur capacité à réaliser tout leur potentiel et à jouir de leurs droits dans la société, ce qui retentit sur leur aptitude à s’assurer des moyens d’existence viables;

F.

considérant que les femmes et les filles continuent d’être exposées davantage que les hommes à la pauvreté et au risque d’exclusion sociale, en particulier les femmes et les filles qui sont victimes de discriminations croisées fondées sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge, l’orientation sexuelle (3), le genre ainsi que l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles; que, dans le monde, selon les estimations, 383 millions de femmes et de filles vivent avec moins de 1,90 USD par jour, contre 368 millions d’hommes et de garçons dans la même situation (4); que la pauvreté des femmes est plus élevée que celle des hommes (12,8 % contre 12,3 %) (5);

G.

considérant que la pauvreté des femmes et les écarts de rémunération et de retraite résultent de l’accumulation des inégalités et des discriminations systémiques et structurelles; que les stéréotypes sexistes et normes sociales délétères pèsent toujours sur la répartition des tâches au sein des ménages, dans l’éducation, sur le lieu de travail et dans la société et l’accès au pouvoir, aux ressources, notamment au financement et au crédit de diverses sources, telles que le capital-risque, y compris les réseaux d’investissements de femmes, la propriété foncière et les successions, ainsi que la prise des décisions; que les soins et travaux domestiques non rémunérés reposent de manière disproportionnée sur les femmes et les filles et que ces responsabilités domestiques et familiales ne sont pas reconnues à leur juste valeur;

H.

considérant que l’accès aux services, y compris les services de garde des enfants et de soins de longue durée, a une incidence toute particulière sur les femmes et les filles, car ce sont elles qui comblent souvent les lacunes en matière de soins et de soutien familial, ce qui perpétue la responsabilité disproportionnée qui leur incombe en matière de soins non rémunérés;

I.

considérant qu’au niveau mondial, les femmes représentent plus de 70 % des travailleurs dans le secteur de la santé et des soins (6); que ces types d’emplois ont été systématiquement sous-valorisés parce qu’ils ont été et sont toujours effectués gratuitement par les femmes au sein des ménages; que les femmes sont davantage employées sous contrats à temps partiel, car elles doivent assumer de manière disproportionnée des soins non rémunérés; que les femmes sont victimes de la pauvreté au travail qui conduit à l’exclusion sociale; qu’il convient de traiter de toute urgence les conséquences sociales, économiques et en matière d’égalité de genre subies par les personnes ayant des responsabilités familiales;

J.

considérant que les secteurs à prédominance féminine, tels que la santé et les soins, sont sous-rémunérés et insuffisamment reconnus, ce de façon systémique; que la promotion de l’indépendance économique exige de reconnaître et de mettre en œuvre des mesures appropriées pour garantir la participation égale des femmes aux marchés du travail, l’égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur, l’accès à des perspectives de travail décent, mais aussi de comprendre le lien entre la sous-évaluation et la sous-rémunération du travail dans les secteurs à prédominance féminine;

K.

considérant que la pauvreté exacerbe les conséquences des violences sexistes sur les femmes et les filles, puisqu’il est plus difficile pour les femmes ayant un partenaire violent de quitter celui-ci en raison des plus grandes difficultés économiques auxquelles elles font face; que la violence sexiste est un problème structurel et sociétal qui touche tous les groupes socioéconomiques et qu’elle est indépendante des origines ou des convictions; que les violences sexistes contribuent également à la pauvreté et à l’exclusion sociale, étant donné que la violence a de graves conséquences sur la santé et peut aboutir à la perte d’emploi et au sans-abrisme;

L.

considérant que la pauvreté des femmes augmente le risque qu’elles soient victimes de traite et d’exploitation sexuelle, car elle rend ces femmes et leurs familles dépendantes de leurs agresseurs d’un point de vue économique;

M.

considérant qu’il importe de comprendre les liens entre la pauvreté et l’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation; que la pauvreté, associée à d’autres barrières pratiques, juridiques, financières, culturelles et sociales, peut être la cause aussi bien que le résultat de l’inaccessibilité des services relatifs à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation pour les femmes, y compris l’accès à un avortement légal et sans risques et à une contraception moderne; que le fait de retarder ou de refuser l’accès à un avortement légal et sans risques constitue une forme de violence à l’égard des femmes et des filles; que plusieurs organismes de défense des droits de l’homme affirment que le refus d’un avortement légal et sans risques peut être assimilé à de la torture ou à un traitement cruel, inhumain et dégradant;

N.

considérant que la prévention, la détection précoce et le traitement du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles et des cancers des organes génitaux, y compris le cancer du col de l’utérus, et les soins d’aide à la procréation et le traitement de l’infertilité sont essentiels pour sauver des vies;

O.

considérant que l’accès aux protections hygiéniques et menstruelles est entravé par la taxation sexiste de ces produits, ce qui vient aggraver la précarité menstruelle; que la honte, le fait de ne pas soulager les douleurs menstruelles et les traditions discriminatoires ainsi que le manque d’accès à des services appropriés d’approvisionnement en eau et d’assainissement pour la gestion de l’hygiène en période de menstruation entraînent des abandons scolaires et des taux de présence plus faibles des filles à l’école et des femmes au travail;

P.

considérant que l’indépendance et l’autonomisation économiques des femmes, l’égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur et la possibilité de participer en toute égalité au marché de l’emploi et à la prise des décisions économiques sont non seulement essentielles pour parvenir à l’égalité hommes-femmes, pour garantir la réalisation des droits des femmes et mettre fin à la pauvreté, mais aussi profitables à l’économie et à la société dans leur ensemble; que l’égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur et la possibilité de participer en toute égalité au marché de l’emploi et à la prise des décisions économiques sont indispensables pour bâtir des économies et des sociétés équitables; que la promotion de l’indépendance économique passe notamment par la stimulation de l’esprit d’entreprise et du travail indépendant des femmes et que cela doit s’accompagner de mesures appropriées;

Q.

considérant que l’égalité entre les femmes et les hommes sur le marché du travail est un instrument important pour éradiquer la pauvreté des femmes et profite non seulement aux femmes, mais aussi à l’économie dans son ensemble étant donné ses répercussions positives sur le produit intérieur brut (PIB), le taux d’emploi et la productivité; que l’amélioration de l’égalité entre les femmes et les hommes conduirait à une hausse de 6,1 à 9,6 % du PIB par habitant de l’Union, ainsi qu’à la création de 10,5 millions d’emplois supplémentaires d’ici à 2050;

R.

considérant que les crises, y compris le changement climatique et l’ensemble des conséquences qui l’accompagnent, notamment l’appauvrissement de la biodiversité, les catastrophes naturelles, les pandémies et les conflits armés, ont des répercussions disproportionnées sur les femmes; que les femmes et les filles en situation de vulnérabilité ont moins accès aux ressources nécessaires pour faire face à ces crises et les surmonter et ont une moindre maîtrise desdites ressources; que les crises ne sont pas neutres du point de vue du genre et aggravent les inégalités sociales et les inégalités hommes-femmes; que la pauvreté parentale et, en particulier, maternelle conduit souvent à la pauvreté des enfants;

S.

considérant que, depuis 2021, l’inflation a connu une augmentation spectaculaire, principalement alimentée par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires; que l’on ne prévoit pas de hausse des salaires qui suive le rythme de l’inflation, ce qui a pour conséquence une crise du coût de la vie; que la crise menace gravement les moyens de subsistance, la santé, le bien-être et l’indépendance économique des femmes, et qu’elle limite leur capacité à couvrir leurs besoins essentiels, y compris les denrées alimentaires et le logement, et aggrave la précarité énergétique;

T.

considérant que les progrès accomplis ces dernières années dans l’Union européenne dans l’autonomisation des femmes et l’avènement d’une société d’égalité, grâce à des initiatives telles que la transparence des procédures de recrutement dans les entreprises ou celle des rémunérations, doivent s’accélérer, car ils sont essentiels pour parvenir à l’égalité hommes-femmes, laquelle revêt une importance particulière en temps de crise;

U.

considérant qu’investir dans des politiques d’autonomisation des femmes améliore également les conditions de vie de leurs familles, en particulier de leurs enfants; que les familles monoparentales, avec à leur tête majoritairement des femmes, sont plus exposées au risque de pauvreté et sont plus susceptibles de transmettre la pauvreté de génération en génération;

1.

adresse au Conseil les recommandations suivantes:

a)

réaffirmer l’engagement sans faille de l’Union en faveur du programme d’action de Pékin et des conférences d’examen ultérieures ainsi que de la série d’actions pour l’égalité hommes-femmes qui y sont présentées;

b)

veiller à ce que le Parlement et sa commission des droits des femmes et de l’égalité des genres participent pleinement au processus décisionnel concernant la position de l’Union lors de la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies, veiller à ce que le Parlement dispose des informations utiles en temps opportun et ait accès à au document exposant la position de l’Union en amont des négociations, et continuer de renforcer la coopération interinstitutionnelle et les consultations informelles, notamment avant et pendant les négociations, afin que les priorités du Parlement soient convenablement prises en compte;

c)

souligner l’importance d’un résultat positif de la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies, qui se tiendra du 11 au 22 mars 2024, notamment par l’adoption d’un ensemble d’engagements ambitieux et tournés vers l’avenir exposés dans la déclaration politique;

d)

s’engager à soutenir fermement les travaux de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), acteur central du système des Nations unies qui œuvre pour faire progresser les droits des femmes et des filles dans toute leur diversité et rassembler toutes les parties prenantes afin de favoriser les changements politiques et les actions coordonnées; demander à tous les États membres des Nations unies, conjointement à l’Union européenne, de garantir un financement suffisant d’ONU-Femmes;

e)

veiller à ce que l’Union montre l’exemple et se pose résolument en chef de file, tout en adoptant une position unifiée sur l’importance de réaliser l’autonomisation des femmes et des filles dans toute leur diversité et de parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde entier;

f)

garantir l’égalité des chances dans l’éducation, sur le marché du travail et dans la prise des décisions politiques et économiques, ainsi que l’égalité d’accès aux services économiques et financiers;

g)

plaider pour l’exercice de responsabilités par les femmes et les filles et leur participation entière, égale et constructive à tous les niveaux du processus décisionnel, car il est essentiel pour la bonne gouvernance et la bonne élaboration des politiques que les femmes participent à la vie et aux décisions publiques et politiques;

h)

appliquer l’intégration de la dimension de genre et la budgétisation sensible au genre dans tous les domaines d’action de l’Union et des États membres, instruments dont l’utilité est mondialement reconnue pour mettre en œuvre les droits des femmes et parvenir à l’égalité hommes-femmes;

i)

créer et adapter les politiques et programmes intérieurs et extérieurs de l’Union de façon à permettre une meilleure autonomisation des femmes et des filles dans toute leur diversité ainsi qu’à respecter, protéger et réaliser leurs droits et à garantir l’égalité hommes-femmes;

j)

s’attaquer aux multiples causes profondes systémiques de la pauvreté des femmes dans le monde, telles que la surreprésentation des femmes dans les emplois mal rémunérés, précaires et à temps partiel, les interruptions de carrière faites par les femmes pour s’occuper de leurs enfants ou d’autres membres de leur famille, l’absence d’accès aux marchés du travail et à l’emploi, les écarts de rémunération et de pension entre les hommes et les femmes ou encore la sous-représentation des femmes dans les processus décisionnels politiques et économiques;

k)

souligner l’importance de promouvoir l’autonomisation des femmes grâce à l’éducation, à la formation et l’apprentissage tout au long de la vie, qui sont essentiels pour lutter contre les stéréotypes préjudiciables et contre les inégalités tenaces qui engendrent la pauvreté, tout en améliorant le taux d’emploi des femmes et en remédiant à leur sous-représentation dans certains secteurs, tels que les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) ainsi que l’intelligence artificielle;

l)

soutenir et encourager l’esprit d’entreprise des femmes à tous les niveaux, en renforçant leur participation au marché du travail, en améliorant leur indépendance financière ainsi qu’en reconnaissant et en mettant en avant des femmes en tant que modèles, mentors et créatrices d’emploi;

m)

veiller à ce que des mesures concrètes et des engagements budgétaires suffisants soient inscrits dans les futurs programmes, stratégies et initiatives de l’Union afin de s’attaquer aux différentes formes et causes de pauvreté des femmes mises en évidence dans la stratégie de l’Union en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes;

n)

accorder de l’attention et sensibiliser aux conséquences désastreuses des violences sexistes commises dans la société et dans les conflits armés sur l’exclusion sociale et la pauvreté des femmes et mettre l’accent sur la nécessité de mettre en place des dispositifs législatifs vigoureux au niveau national et international ainsi que d’amener les auteurs de ces violences à répondre de leurs actes devant la justice et de garantir le droit des victimes à un recours utile et à une réparation effective;

o)

s’attaquer aux pratiques traditionnelles préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage forcé et les mutilations génitales féminines, et les combattre;

p)

veiller à ce que des mesures soient prises pour lutter contre l’absentéisme des filles pendant leurs menstruations en améliorant l’assainissement de l’eau, les services d’hygiène et les dispositifs liés à l’hygiène menstruelle dans les écoles, en s’attaquant à la précarité menstruelle et en luttant contre la stigmatisation dans ce domaine, notamment grâce à l’éducation et à la formation pour toutes et tous; renforcer les synergies entre les programmes portant sur la santé, la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, l’eau, les services d’assainissement et d’hygiène dans les écoles et le soutien personnel aux filles;

q)

appliquer les principes du socle européen des droits sociaux en mettant en œuvre une approche fondée sur le droit pour garantir une protection sociale fondamentale;

r)

s’assurer que les États membres mettent en œuvre des régimes de sécurité sociale forts, y compris en étudiant la mise en place d’un revenu minimum, afin de fournir un filet de sécurité à toutes les femmes, particulièrement celles les plus exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale, dans le droit fil des demandes exprimées par les citoyens de l’Union lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe;

s)

veiller à ce que les États membres aient comme priorité d’investir dans les infrastructures sociales et les emplois verts afin d’assurer le bien-être et l’autonomisation des femmes;

t)

renforcer les services publics, notamment les services de santé, ainsi que l’enseignement public et les transports publics de qualité et abordables, et reconnaître que des transports publics accessibles et fiables jouent un rôle capital pour permettre aux femmes de participer au monde du travail et à la société;

u)

promouvoir les emplois verts et investir dans la participation pleine et entière des femmes à la transition écologique, ce qui est essentiel pour aller vers une économie durable tout en garantissant l’égalité entre les hommes et les femmes dans les secteurs nouveaux et émergents;

v)

reconnaître que la précarité énergétique touche les femmes de manière disproportionnée et présenter des mesures spécifiques pour soutenir les personnes en situation de vulnérabilité, tout en garantissant à tout un chacun l’accès à l’électricité, au chauffage et au refroidissement dans le cadre de la transition vers une énergie verte;

w)

assurer l’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation, y compris à une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle complète et adaptée à l’âge pour tous, à une contraception moderne et abordable, à des soins légaux et sûrs en cas d’avortement et aux autres services de santé sexuelle et procréative, dont des services de santé maternelle de qualité;

x)

prôner, soutenir et prendre des mesures concrètes pour réaliser le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, y compris en garantissant l’accès universel à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation;

y)

prendre des mesures énergiques pour dénoncer sans équivoque les réactions d’hostilité et les attaques dont font l’objet actuellement l’égalité entre les hommes et les femmes et la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation, y compris de la part d’organisations d’extrême droite et de mouvements antidémocratiques, et qui visent à nuire aux droits fondamentaux des femmes, à leur autonomie et à leur émancipation sur tous les plans;

z)

renforcer et soutenir les organisations de la société civile et les ONG qui défendent les droits des femmes et leur autonomisation;

aa)

accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux déjà pris, tels que les objectifs de développement durable (ODD), la déclaration universelle des droits de l’homme, la convention d’Istanbul, la convention no 190 de l’Organisation internationale du travail et la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies; soutenir les nouvelles mesures visant à autonomiser les femmes et les filles et ainsi à combattre leur pauvreté et leur exclusion sociale;

bb)

œuvrer à la promotion de la notion de lutte contre les formes multiples et croisées de discrimination dans tous les organes des Nations unies ainsi que dans l’Union et ses États membres;

cc)

réaffirmer que l’Union doit jouer un rôle de premier plan au niveau multilatéral en faveur d’une diplomatie féministe afin de mettre en œuvre les accords internationaux relatifs aux droits et à l’autonomisation des femmes et des filles; demander à l’Union, à ses États membres, à la Commission et au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de s’engager à progresser vers une politique étrangère, de sécurité et de développement féministe qui implique une vision porteuse de changements en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et à faire de l’égalité entre les hommes et les femmes un élément central de leurs actions et priorités extérieures;

dd)

tenir compte de la nécessité de renforcer l’intégration de la dimension de genre et d’appliquer plus efficacement les principes de la budgétisation sensible au genre, ce également dans les politiques extérieures de l’Union, afin de lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde;

ee)

mettre pleinement en œuvre le troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes et veiller à ce que 85 % de toutes les nouvelles actions entreprises dans le cadre des relations extérieures contribuent à l’égalité des sexes et à l’émancipation des femmes d’ici 2025; appliquer l’approche globale et durable de politique étrangère féministe dans toutes ses politiques et actions extérieures;

ff)

veiller à obtenir des données comparables ventilées par âge, sexe et genre rendant compte de la situation des personnes subissant des formes multiples et croisées de discrimination afin d’améliorer l’analyse des données et d’éclairer la conception et la mise en œuvre des politiques, étant donné que moins de la moitié des données nécessaires au suivi de l’ODD 5 sont actuellement disponibles;

2.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme.

(1) JO C 47 du 7.2.2023, p. 30.

(2) JO C 47 du 7.2.2023, p. 2.

(3) Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, article 21.

(4) Azcona, G., et Bhatt, A., Poverty is not gender neutral , ONU-Femmes, mars 2023.

(5) Gender differences in poverty and household composition through the life cycle , ONU-Femmes et Banque mondiale.

(6) Résolution du 5 juillet 2022 sur la pauvreté des femmes en Europe, textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0274.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6338/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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