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AccueilDroit européen52024IP0077
Initiative législative52024IP0077

P9_TA(2024)0077 — Accords d’association pour la participation de pays tiers aux programmes de l’Union — Résolution du Parlement européen du 8 février 2024 sur les accords d’association en vue de la participation de pays tiers aux programmes de l’Union (2023/3018(RSP))

CELEX52024IP0077
TypeInitiative législative
Datejeudi 8 février 2024

Résumé IA

Le Parlement européen, par cette résolution, définit sa position sur les accords-cadres permettant à des pays tiers de participer aux programmes de l'Union, en insistant sur la nécessité de garantir la protection des intérêts financiers de l'UE et le respect des valeurs fondamentales. Ce texte invite la Commission à renforcer les conditions de participation, notamment en matière de réciprocité et de contrôle budgétaire, et à clarifier les modalités de suspension en cas de non-respect des engagements. Pour un praticien français, cette résolution sert de guide politique pour l'interprétation des futurs accords d'association et des clauses de conditionnalité liées à l'État de droit.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6341

7.11.2024

P9_TA(2024)0077

Accords d’association pour la participation de pays tiers aux programmes de l’Union

Résolution du Parlement européen du 8 février 2024 sur les accords d’association en vue de la participation de pays tiers aux programmes de l’Union (2023/3018(RSP))

(C/2024/6341)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), et notamment son article 218,

—

vu le règlement (UE) 2021/695 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» et définissant ses règles de participation et de diffusion, et abrogeant les règlements (UE) no 1290/2013 et (UE) no 1291/2013 (1) (ci-après, le «règlement Horizon Europe»), et la déclaration sur les accords d’association faite dans la position du Parlement européen sur ledit règlement arrêtée en première lecture le 17 avril 2019 (2),

—

vu l’accord de partenariat sur les relations et la coopération entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et la Nouvelle-Zélande, d’autre part (3),

—

vu le projet d’accord entre l’Union européenne, d’une part, et la Nouvelle-Zélande, d’autre part, relatif à la participation de la Nouvelle-Zélande aux programmes de l’Union (4),

—

vu le projet d’accord entre l’Union européenne, d’une part, et le gouvernement des Îles Féroé, d’autre part, relatif à la participation des Îles Féroé aux programmes de l’Union (5),

—

vu la décision (UE) 2022/1526 du Conseil du 9 septembre 2022 autorisant l’ouverture de négociations avec le Canada en vue d’un accord sur les principes généraux de la participation du Canada aux programmes de l’Union et sur l’association du Canada au programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» (2021-2027) (6),

—

vu la décision (UE) 2023/1081 du Conseil du 15 mai 2023 autorisant l’ouverture de négociations avec le Japon en vue d’un accord sur les principes généraux de la participation du Japon aux programmes de l’Union et sur l’association du Japon au programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» (2021-2027) (7),

—

vu la décision (UE) 2023/1093 du Conseil du 15 mai 2023 autorisant l’ouverture de négociations avec la République de Corée en vue d’un accord sur les principes généraux de la participation de la République de Corée aux programmes de l’Union et sur l’association de la République de Corée au programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» (2021-2027) (8),

—

vu l’accord-cadre du 20 novembre 2010 sur les relations entre le Parlement européen et la Commission européenne (9),

—

vu la question à la Commission sur les accords d’association en vue de la participation de pays tiers aux programmes de l’Union (O-000004/2024 – B9-0009/2024),

—

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

—

vu la proposition de résolution de la commission des affaires étrangères et de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie,

Considérations générales

1.

reconnaît que la coopération active et mutuellement bénéfique avec les pays tiers qui partagent des valeurs démocratiques communes avec l’Union européenne peut permettre d’enrichir les réalisations des programmes de l’Union;

2.

reconnaît qu’Horizon Europe est le plus grand programme collaboratif de recherche et d’innovation au monde pour la période 2021-2027;

3.

soutient l’association à Horizon Europe de pays tiers qui ont de bonnes capacités dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation et est conscient qu’une telle collaboration contribue à la force et à l’efficacité globales de l’action extérieure de l’Union; encourage la Commission à s’efforcer d’obtenir d’autres accords d’association avec des pays tiers et à conclure de tels accords, car cela permet d’accroître la compétitivité de l’Union sur la scène mondiale; souligne la nécessité de veiller à ce que tous les accords d’association pertinents respectent les objectifs d’Horizon Europe en matière de climat;

4.

souligne que l’association de pays tiers aux programmes de l’Union n’est pas un simple acte technique, mais plutôt une décision politique concernant les relations des pays associés avec l’Union et, en particulier pour Horizon Europe, la question de la liberté scientifique et académique;

5.

reconnaît les règles énoncées dans les traités, qui doivent être observées dans le respect de l’état de droit afin de préserver l’équilibre institutionnel, ainsi que le rôle attribué au Parlement; estime que le principe de coopération loyale doit être respecté, de manière à garantir que toutes les institutions de l’Union s’assistent mutuellement dans l’accomplissement des missions découlant des traités, notamment afin de veiller à ce qu’une plus grande attention soit portée au point de vue du Parlement, en tant que représentant direct des citoyens de l’Union;

6.

s’interroge sur l’approche de la Commission relative à la conclusion d’accords internationaux portant sur la participation de pays tiers aux programmes de l’Union, qui entrave l’exercice par le Parlement de ses prérogatives dans le cadre des procédures de conclusion des accords internationaux de l’Union;

7.

invite instamment la Commission et le Conseil à tenir pleinement compte du rôle du Parlement lors de la conclusion d’accords d’association qui adoptent cette nouvelle structure, conformément aux traités;

8.

souligne que sa capacité à donner son approbation effective aux accords internationaux portant spécifiquement sur la participation de certains pays aux programmes de l’Union est entravée par le fait que ces accords ne prévoient pas de structure garantissant un contrôle parlementaire dans le cadre d’une procédure d’approbation pour l’association à un programme spécifique de l’Union;

Accords de coopération et d’association entre la Nouvelle-Zélande et l’Union européenne

9.

reconnaît les liens historiques et culturels étroits qui unissent l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, ainsi que leurs excellentes relations bilatérales, qui reposent sur des valeurs démocratiques communes et de nombreux intérêts communs; salue l’excellente coopération en matière de commerce, de politique étrangère, de recherche et d’innovation ainsi que dans les enceintes multilatérales;

10.

souligne le rôle important que joue la Nouvelle-Zélande, parmi les principaux partenaires de l’Union partageant les mêmes valeurs, dans la dynamique région indo-pacifique dont le poids stratégique et économique n’est pas négligeable; appelle de ses vœux une coopération plus étroite dans des domaines d’intérêt mutuel, en particulier dans le domaine des affaires étrangères; souligne, à cet égard, la coopération actuelle en matière de sécurité entre l’Union et la Nouvelle-Zélande, en particulier en ce qui concerne les opérations et les missions relevant de la politique de sécurité et de défense commune de l’Union; rappelle que la Nouvelle-Zélande a adopté une position identique à celle de l’Union pour ce qui est de la condamnation de l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie et du soutien à l’Ukraine, qui passe par la fourniture d’une assistance et par l’adoption de sanctions à l’encontre de la Russie;

11.

souligne, en outre, l’accord de libre-échange récemment conclu entre l’Union et la Nouvelle-Zélande, dont l’objectif est de renforcer encore les relations bilatérales et de libéraliser et de faciliter le commerce et les investissements, en créant des avantages mutuels et des possibilités économiques considérables pour les entreprises et les consommateurs et en prévoyant des engagements sociaux et environnementaux forts et contraignants liés à l’accord de Paris sur le climat; souligne le rôle positif que la diaspora européenne en Nouvelle-Zélande peut jouer dans l’approfondissement des relations entre la Nouvelle-Zélande et l’Union;

12.

reconnaît que l’Union et la Nouvelle-Zélande ont une longue tradition de coopération dans le domaine de la recherche; souligne que la Nouvelle-Zélande peut se prévaloir d’une excellente expérience en matière de participation à Horizon 2020, avec 77 projets financés, et que les chercheurs néo-zélandais ont pu participer aux deux programmes-cadres précédents pour la recherche et l’innovation, le 7e PC et Horizon 2020, mettant ainsi en évidence les avantages potentiels de l’association de la Nouvelle-Zélande à Horizon Europe;

13.

se félicite de la proposition visant à renforcer le partenariat de l’Union avec la Nouvelle-Zélande grâce à l’association de la Nouvelle-Zélande au programme Horizon Europe, qui renforcera encore la coopération en matière de recherche et d’innovation et fera de la Nouvelle-Zélande le partenaire régional le plus important de l’Union dans le domaine de la science et de l’innovation; constate toutefois l’absence de dispositions permettant un contrôle parlementaire approprié de la future association de la Nouvelle-Zélande aux programmes de l’Union;

14.

rappelle que, dans l’accord sur la participation de la Nouvelle-Zélande aux programmes de l’Union, la Commission et le Conseil octroient au comité mixte institué en vertu dudit accord le pouvoir d’adopter des protocoles associant la Nouvelle-Zélande à tout programme de l’Union, malgré l’opposition du Parlement à cette prérogative, qui confère de facto au comité mixte des compétences d’exécution sur des aspects essentiels; relève que les décisions essentielles déléguées à la commission mixte concernent notamment le champ d’application de l’association aux différents programmes ainsi que des dispositions essentielles relatives au mécanisme de correction automatique;

15.

déplore que le comité mixte soit habilité à modifier tout protocole d’association en vigueur, qui peut également comprendre des dispositions relatives aux examens, aux audits et aux irrégularités financières, au moyen de protocoles; constate que ces modifications auraient lieu sans participation parlementaire supplémentaire; est conscient du fait qu’en donnant son approbation, le Parlement accorderait dans la pratique un mandat illimité à la commission mixte; souligne que le Conseil est chargé de surveiller les actions de la Commission au sein de la commission mixte, mais qu’en réalité, il se soustrait souvent à cette obligation et ne rend pas compte de manière appropriée au Parlement, ce qui entraîne un manque total de surveillance et de contrôle de ces accords internationaux;

16.

souligne sa position sur les accords d’association liés à Horizon Europe, exprimée dans une déclaration faite dans le cadre de l’adoption du règlement Horizon Europe, selon laquelle tout organisme institué par de tels accords ne devrait pas se soustraire à la nécessité de demander l’approbation effective du Parlement; estime que les aspects essentiels de la participation d’un pays tiers à Horizon Europe ne devraient pas être délégués à un tel organisme;

17.

ne souscrit pas à cette nouvelle structure pour les accords internationaux, qui ne permet pas au Parlement d’exercer ses pouvoirs conformément à l’article 218, paragraphe 6, point a), du traité FUE; estime que cette nouvelle structure constitue un obstacle à l’exercice des prérogatives du Parlement, qu’elle ne respecte pas l’équilibre institutionnel requis et qu’il convient donc de la modifier;

18.

rappelle, à cet égard, que l’article 218, paragraphe 10, du traité FUE prévoit que le Parlement est immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la procédure de négociation et de conclusion des accords internationaux visés audit article et que, comme l’a jugé la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), cette règle est l’expression des principes démocratiques sur lesquels l’Union se fonde; souligne, en particulier, que la CJUE a déjà précisé que l’implication du Parlement dans le processus décisionnel est le reflet, au niveau de l’Union, d’un principe démocratique fondamental selon lequel les peuples participent à l’exercice du pouvoir par l’intermédiaire d’une assemblée représentative (10);

19.

rappelle, dans ce contexte, que les accords en question sont sans précédent puisqu’ils permettent la participation d’un nouveau type de pays tiers, et ce, pour la première fois, au moyen d’un accord général couvrant tous les programmes de l’Union; souligne que, par le passé, une telle participation était prévue par un accord particulier pour chaque programme de l’Union et qu’elle était limitée à un cadre financier pluriannuel spécifique; met l’accent sur le fait que, compte tenu du caractère nouveau de ces accords, le Parlement ne dispose pas de données ou d’informations pertinentes susceptibles d’être utilisées pour évaluer valablement leur incidence potentielle sur la génération actuelle ou sur les générations futures de programmes de l’Union;

20.

estime, dans ce contexte, que le Parlement devrait être en mesure de garantir la participation effective des citoyens au processus décisionnel, compte tenu de la structure de ces accords internationaux, pour lesquels la décision d’association d’un pays tiers à un programme donné, y compris le champ d’application de cette association, n’est prise qu’ultérieurement, souvent longtemps après que le Parlement a donné son approbation à la conclusion de l’accord initial avec ce pays tiers;

21.

rappelle que sa position sur l’approche de la Commission ne devrait pas être interprétée comme une objection à la Nouvelle-Zélande ou à la coopération solide et bien établie qui a toujours existé entre ce pays et l’Union;

Participation d’autres pays partageant les mêmes valeurs aux programmes de l’Union

22.

regrette que le projet d’accord sur la participation des Îles Féroé et les associations proposées du Canada, de la République de Corée et du Japon suivent la même structure que le projet d’accord avec la Nouvelle-Zélande; demande à la Commission de s’abstenir d’empêcher le Parlement d’exercer son droit d’approbation à toute association à un programme de l’Union et demande de ne conclure des accords d’association avec de nouveaux partenaires que lorsque le Parlement a été en mesure d’exercer son droit d’approbation effective;

23.

se déclare préoccupé par le fait que le rabais automatique récemment accordé sur la contribution du Royaume-Uni à Horizon Europe en cas de participation «inférieure aux prévisions» du Royaume-Uni au programme a entraîné des incohérences avec les dispositions de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union et le Royaume-Uni, auquel le Parlement a donné son approbation;

Perspectives d’avenir

24.

rappelle qu’il devrait être immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la négociation et de la conclusion d’accords internationaux, conformément à l’accord-cadre sur les relations entre le Parlement européen et la Commission européenne;

25.

invite la Commission à lui remettre des rapports réguliers et détaillés sur la mise en œuvre des accords, par exemple des mises à jour sur des aspects tels que les jalons atteints, les problèmes rencontrés, les taux d’aboutissement des propositions des entités de pays tiers, les contributions annuelles des pays tiers, l’exécution du budget et les résultats des audits;

26.

invite instamment la Commission à entamer des négociations sur un accord interinstitutionnel qui établirait les principes généraux du contrôle démocratique exercé par le Parlement sur la mise en œuvre des accords relatifs à la participation de pays tiers aux programmes de l’Union;

27.

espère que la Commission clarifiera la situation, en donnant une réponse pertinente et satisfaisante à la question avec demande de réponse orale du Parlement, afin que l’approbation puisse être donnée; est disposé à coopérer pleinement avec la Commission et le Conseil pour parvenir à ce résultat;

°

° °

28.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 170 du 12.5.2021, p. 1.

(2) Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 17 avril 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» et définissant ses règles de participation et de diffusion (JO C 158 du 30.4.2021, p. 184).

(3) JO L 321 du 29.11.2016, p. 3.

(4) JO L 182 du 19.7.2023, p. 4.

(5) JO L 154 du 7.6.2022, p. 4.

(6) JO L 237 du 14.9.2022, p. 17.

(7) JO L 144 du 5.6.2023, p. 58.

(8) JO L 146 du 6.6.2023, p. 18.

(9) JO L 304 du 20.11.2010, p. 47.

(10) Arrêts de la Cour de justice du 29 octobre 1980, Roquette Frères/Conseil, affaire C-138/79, ECLI:EU:C:2013:249, point 33, et du 24 juin 2014, Parlement/Conseil, affaire C-658/11, ECLI:EU:C:2014:2025, point 81.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6341/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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