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AccueilDroit européen52024IP0104
Initiative législative52024IP0104

P9_TA(2024)0104 — Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune - rapport annuel 2023 — Résolution du Parlement européen du 28 février 2024 sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2023 (2023/2117(INI))

CELEX52024IP0104
TypeInitiative législative
Datemercredi 28 février 2024

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen évalue la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) en 2023, en soulignant les défis géopolitiques majeurs, notamment la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient. Elle appelle à un renforcement de la cohérence et de l'efficacité de l'action extérieure de l'UE, en insistant sur le recours accru au vote à la majorité qualifiée et sur une meilleure articulation entre les instruments de la PESC et les politiques commerciales et de développement. Pour un professionnel du droit français, ce texte offre un aperçu des orientations politiques et des priorités stratégiques de l'UE, qui peuvent influencer l'interprétation des actes juridiques contraignants adoptés dans ce domaine.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6739

26.11.2024

P9_TA(2024)0104

Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune - rapport annuel 2023

Résolution du Parlement européen du 28 février 2024 sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune – rapport annuel 2023 (2023/2117(INI))

(C/2024/6739)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur l’Union européenne (traité UE), et notamment ses articles 21 et 36,

—

vu le rapport du vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) du 15 juin 2023 intitulé «CFSP Report – Our priorities in 2023» (Rapport PESC – Nos priorités en 2022),

—

vu la boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales, avalisée par le Conseil européen le 24 mars 2022,

—

vu le nouveau concept stratégique de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), adopté par les chefs d’État et de gouvernement lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Madrid le 29 juin 2022,

—

vu les conclusions du Conseil européen du 1er février 2024,

—

vu les conclusions du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2023,

—

vu les conclusions du Conseil européen des 29 et 30 juin 2023,

—

vu les conclusions du Conseil européen des 23 et 24 juin 2022,

—

vu les conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2022,

—

vu la décision (PESC) 2021/509 du Conseil du 22 mars 2021 établissant une facilité européenne pour la paix, et abrogeant la décision (PESC) 2015/528 (1),

—

vu la proposition de la Commission du 20 juin 2023 concernant un règlement du Parlement européen et du Conseil établissant la facilité pour l’Ukraine (COM(2023)0338),

—

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement du 1er décembre 2021 sur la stratégie «The Global Gateway» (JOIN(2021)0030),

—

vu la communication de la Commission du 8 novembre 2023 intitulée «Communication de 2023 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2023)0690),

—

vu les rapports sur l’élargissement de 2023 et le plan de croissance pour les Balkans occidentaux, présentés par la Commission le 8 novembre 2023,

—

vu sa recommandation du 23 novembre 2022 au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière d’élargissement (2),

—

vu les conclusions du Conseil européen du 15 décembre 2023 relatives à la décision d’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la République de Moldavie, à l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine une fois que le degré nécessaire de conformité avec les critères d’adhésion sera atteint et à l’octroi du statut de pays candidat à la Géorgie pour autant que les mesures pertinentes énoncées dans la recommandation de la Commission du 8 novembre 2023 sur la politique d’élargissement de l’UE (COM(2023)0690) soient prises,

—

vu la déclaration du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 16 février 2024 sur une opération militaire israélienne prévue à Rafah,

—

vu la communication conjointe de la Commission et de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité au Parlement européen et au Conseil du 7 juin 2023 intitulée «Un nouveau programme pour les relations entre l’UE et l’Amérique latine et les Caraïbes» (JOIN(2023)0017),

—

vu la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 23 février 2023 sur les principes Principes de la Charte des Nations Unies sous-tendant une paix globale, juste et durable en Ukraine (A/RES/ES-11/6) et les précédentes résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’agression contre l’Ukraine,

—

vu la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 7 avril 2022, intitulée «Suspension du droit de la Fédération de Russie de siéger au Conseil des droits de l’homme» (A/RES/ES-11/3),

—

vu la résolution intitulée «Transformer notre monde: programme de développement durable à l’horizon 2030» (ci-après le «programme 2030») (A/RES/70/1), adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2015 lors du sommet des Nations unies sur le développement durable organisé à New York, qui établit les objectifs de développement durable,

—

vu la décision (PESC) 2023/162 du Conseil du 23 janvier 2023 relative à une mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) (3),

—

vu les décisions (PESC) 2022/1970 du Conseil du 17 octobre 2022 (4) et 2022/2507 du 19 décembre 2022 (5) modifiant la décision 2010/452/PESC concernant la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM Georgia),

—

vu ses résolutions du 15 mars 2023 sur les relations UE-Arménie (6) et les relations UE-Azerbaïdjan (7), sa résolution du 19 janvier 2023 sur les conséquences humanitaires du blocus dans le Haut-Karabakh (8) et sa résolution du 5 octobre 2023 sur la situation dans le Haut-Karabakh après l’attaque menée par l’Azerbaïdjan et persistance des menaces contre l’Arménie (9),

—

vu sa résolution du 18 avril 2023 sur la mise en œuvre de la PSDC civile et d’autres formes d’assistance de l’Union dans le domaine de la sécurité civile (10),

—

vu sa recommandation du 5 octobre 2022 au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant les relations stratégiques et le partenariat de l’Union avec la Corne de l’Afrique (11),

—

vu sa résolution du 15 juin 2023 sur la détérioration des libertés fondamentales à Hong Kong, notamment le cas de Jimmy Lai (12),

—

vu la révision à mi-parcours de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde,

—

vu sa résolution du 1er juin 2023 sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation (13), et sa résolution du 9 mars 2022 sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne (14),

—

vu ses résolutions sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit adoptées conformément à l’article 144 de son règlement intérieur,

—

vu le plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne 2021-2025 (GAP III) et le plan d’action de l’Union en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité 2019-2024,

—

vu la décision d’exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l’existence d’un afflux massif de personnes déplacées en provenance d’Ukraine, au sens de l’article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d’introduire une protection temporaire (15), qui a établi une protection temporaire pour les personnes fuyant la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine,

—

vu la déclaration de Reykjavik du Conseil de l’Europe intitulée «Unis autour de nos valeurs», des 16 et 17 mai 2023,

—

vu la déclaration sur l’adhésion future de la Biélorussie à l’Union européenne, la déclaration des forces démocratiques de Biélorussie sur la solidarité avec le peuple ukrainien et la déclaration politique des forces démocratiques de Biélorussie, toutes adoptées lors de la conférence «New Belarus» (Nouvelle Biélorussie) le 6 août 2023,

—

vu sa résolution du 13 juillet 2023 sur des recommandations pour la réforme des règles du Parlement européen en matière de transparence, d’intégrité, de responsabilité et de lutte contre la corruption (16),

—

vu le rapport du 9 mai 2022 sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

—

vu l’étude intitulée «Qualified majority voting in common foreign and security policy – A cost of non-Europe report» (Vote à la majorité qualifiée dans les domaines de la politique étrangère et de sécurité commune – Rapport sur le coût de la non-Europe), publiée par sa direction générale des services de recherche parlementaire le 28 août 2023 (17),

—

vu sa recommandation de février 1999 sur la création d’un Corps civil européen de paix (18),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0389/2023),

A.

considérant que l’ordre international fondé sur des règles est de plus en plus contesté par des acteurs autocratiques, agissant seuls ou de manière concertée, qui tentent d’influencer ou de saper les organisations multilatérales, mettent en place des organisations concurrentes, créent de l’instabilité en renouant avec le principe de sphère d’influence et menacent l’ordre international fondé sur des règles ainsi que la sécurité mondiale et régionale;

B.

considérant que ces acteurs de plus en plus autocratiques mettent également en péril l’universalité des droits de l’homme et sapent les normes démocratiques dans le monde; que l’Union et ses partenaires partageant les mêmes valeurs devraient défendre en priorité l’ordre international fondé sur des règles;

C.

considérant que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et ses conséquences, notamment l’insécurité économique, l’insécurité alimentaire et les prix élevés de l’énergie, ont aggravé l’instabilité dans le voisinage immédiat de l’Union, incitant l’Union à redonner la priorité à sa politique d’élargissement, qui reste son instrument de politique étrangère le plus efficace;

D.

considérant que le Conseil européen a approuvé, les 14 et 15 décembre, le paquet «Élargissement» 2023 présenté par la Commission le 8 novembre 2023, recommandant par là d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie, d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine une fois que le degré nécessaire de respect des critères d’adhésion sera atteint, et d’accorder le statut de pays candidat à la Géorgie, étant entendu que certaines mesures doivent être prises; que le plan de croissance pour les Balkans occidentaux vise à dynamiser l’intégration économique dans les Balkans occidentaux et à combler le fossé socio-économique entre l’Union et ses partenaires d’ici la fin de la décennie; que les fonds seront débloqués lors de la mise en œuvre des différents programmes de réforme; que la politique d’élargissement doit être régie par les critères de Copenhague et rester un processus fondé sur le mérite; que l’Union doit accélérer sa politique d’élargissement à mesure que les pays candidats à l’adhésion poursuivent leurs réformes et satisfont aux critères requis; qu’un message cohérent et une voie clairement tracée vers l’intégration des pays candidats sont essentiels pour préserver la perspective pro-européenne; que les pays des Balkans occidentaux doivent concentrer leurs efforts sur la résolution des conflits, la réconciliation, la coordination avec la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), la coopération mutuelle et les réformes nécessaires pour parvenir à une sécurité commune et à la stabilité de la région;

E.

considérant que la stabilité de la mer Baltique et de la mer Noire est de la plus haute importance pour la sécurité de l’Europe, notamment pour sa sécurité énergétique, comme cela a été annoncé dans le cadre de la boussole stratégique de l’Union et par l’OTAN et, qu’à ce titre, il y a lieu de définir des stratégies globales et de prendre des mesures de fond; que l’Union ne pourra pas être vue comme un acteur mondial crédible et efficace si elle n’est pas en mesure d’assurer la sécurité dans son voisinage immédiat;

F.

considérant que le Conseil a prolongé du 4 mars 2024 au 4 mars 2025 la protection temporaire des personnes fuyant la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine;

G.

considérant que, le 1er février 2024, le Conseil est parvenu à un accord sur la révision du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, y compris la mise à disposition d’une facilité pour l’Ukraine d’une valeur de 50 milliards d’euros, afin d’apporter un soutien cohérent, prévisible et souple à la relance, à la reconstruction et à la modernisation de l’Ukraine au cours de la période 2024-2027;

H.

considérant que la guerre d’agression menée par la Russie a réaffirmé le rôle de l’OTAN comme assise fondamentale de la défense collective de ses pays membres, ainsi que le caractère indispensable d’un lien transatlantique fort; que la décision de l’OTAN de consacrer au moins 2 % du produit intérieur brut aux dépenses de défense n’a été mise en œuvre que par quelques membres de l’Union également membres de l’OTAN; que le démantèlement de l’architecture de sécurité euro-atlantique voulu par la Russie a totalement échoué grâce à la défense héroïque de l’Ukraine et à la réaction rapide et ferme des alliés de l’OTAN;

I.

considérant que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a mis en évidence la nécessité d’une action plus ambitieuse, crédible, stratégique et cohérente de l’Union sur la scène internationale et a souligné la nécessité pour les États membres de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour renforcer la PESC et la transformer en une politique européenne à part entière;

J.

considérant que le prix Sakharov 2021 pour la liberté de l'esprit avait été attribué à l’opposant politique russe Alexeï Navalny; qu’il était emprisonné depuis février 2021 dans des conditions inhumaines, en dernier lieu à Yamalo-Nenets en Sibérie occidentale, où il a été assassiné le 16 février 2024, assassinat dont la responsabilité ultime incombe au Président Poutine et aux autorités russes; que cet assassinat témoigne de la cruauté et de la détermination du régime totalitaire de Poutine; que l’assassinat d’Alexeï Navalny devrait être l’occasion d’une prise de conscience de l’Union européenne et l’encourager à renforcer son soutien à l’Ukraine et ses moyens de défense de la démocratie et des droits de l’homme au sein de l’Union et en dehors de celle-ci;

K.

considérant que les attaques terroristes perpétrées par le Hamas contre Israël ont montré l’instabilité et le caractère changeant de la situation en matière de sécurité au Proche-Orient, ainsi que la nécessité que l’Union européenne et d’autres acteurs internationaux assument une plus grande responsabilité et aident les gouvernements et les organisations de la société civile de la région à parvenir à une paix durable et viable, notamment en continuant à soutenir une solution à deux États pour Israël et la Palestine; que, le 7 octobre 2023, 1 139 citoyens israéliens et ressortissants étrangers ont été tués et 240 personnes ont été prises en otage lors de l’attaque terroriste abjecte du Hamas; que des dizaines de milliers de Palestiniens innocents et des centaines de membres du personnel des Nations unies, de membres du personnel médical et de journalistes ont été tués dans la bande de Gaza suite à la riposte du gouvernement israélien; que le bombardement continu et l’évacuation forcée de Palestiniens vers le sud de la bande de Gaza ont créé une situation humanitaire désastreuse qui se détériore rapidement; que les attaques menées par les forces israéliennes et les colons israéliens ont tué au moins 330 Palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023; que, dans son ordonnance, la Cour internationale de justice a ordonné à Israël d’appliquer les mesures conservatoires dans l’affaire relative à l’application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël);

L.

considérant qu’il est urgent de renforcer les capacités de l’Union et de ses États membres, notamment dans le domaine de la politique de défense, ce qui permettra à l’Union de mieux défendre ses intérêts sans dépendre indûment de pays tiers, mais en étroite coopération avec ses alliés, de mettre en avant ses valeurs sur une base solide et d’améliorer sa contribution au multilatéralisme mondial, à la résolution pacifique des conflits, ainsi qu’aux progrès de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux dans le monde;

M.

considérant que l’instabilité et le caractère imprévisible accrus de l’environnement international font peser des menaces multiples sur la sécurité et la stabilité de l’Union; que l’Union doit renforcer les relations transatlantiques et former des partenariats stratégiques fondés sur le respect et la confiance mutuelle avec des partenaires du Sud partageant les mêmes valeurs;

N.

considérant que le 19 septembre 2023, l’Azerbaïdjan a entamé une offensive militaire injustifiée pour reprendre, par la force, le contrôle de son territoire internationalement reconnu du Haut-Karabakh, qui s’est terminée par l’exode de la population arménienne quittant ce territoire; considérant que la reprise des hostilités dans le Caucase du Sud suscite de vives inquiétudes et rend nécessaire une présence plus proactive de l’Union dans la région; considérant que toutes les institutions publiques de la «République du Haut-Karabakh» ont été dissoutes depuis le 1er janvier 2024; considérant que les perspectives de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan restent fragiles et que, par conséquent, l’Union devrait soutenir et encourager les deux parties sur la voie de la conclusion d’un accord de paix historique, y compris en offrant des perspectives d’intégration plus étroite avec l’Union, si elles décident de poursuivre sur cette voie;

O.

considérant qu’Israël dispose d’un droit reconnu au niveau international de se défendre contre la menace terroriste que représente le Hamas dans la bande de Gaza; considérant que les attentats terroristes perpétrés par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 ont mis en évidence l’instabilité de la situation sécuritaire au Proche-Orient; considérant que le risque d’escalade dans la région est le plus élevé depuis des décennies, ce qui amplifie la nécessité pour l’Union et les autres acteurs internationaux d’assumer une plus grande responsabilité en faveur d’une paix durable et viable, notamment en soutenant une solution à deux États pour Israël et la Palestine;

P.

considérant qu'il est nécessaire d'adopter une approche globale de consolidation de la paix impliquant des spécialistes civils afin de mettre en œuvre des mesures pratiques en faveur de la paix; considérant que les organisations non gouvernementales locales et internationales mènent des activités cruciales visant à prévenir et à résoudre les conflits de manière pacifique, et qu'il est de la plus haute importance de tirer le meilleur parti de leur expérience;

Q.

considérant que l’instabilité croissante dans le voisinage méridional de l’Union et dans la grande région méditerranéenne, ainsi que dans la région du Sahel et en Afrique subsaharienne, menace gravement la sécurité et la stabilité de l’Union et empêche cette dernière de devenir un acteur déterminant sur la scène internationale;

R.

considérant que les tensions qui règnent dans la région indo-pacifique gagnent en importance, principalement en raison de la position de plus en plus ferme de la République populaire de Chine vis-à-vis de Taïwan;

S.

considérant que les démocraties et la sécurité de l’Union sont menacées par le recul de la liberté des médias, les attaques incessantes contre les journalistes, la propagation de la désinformation et l’ingérence étrangère; que l’Union doit coopérer avec ses partenaires partageant les mêmes valeurs afin de défendre la liberté des médias et la liberté d’expression, et de combattre la désinformation et les ingérences étrangères dans les pays tiers;

T.

considérant que les conséquences du changement climatique auront un impact de plus en plus important sur différents aspects de la vie humaine, y compris l’ordre géopolitique ainsi que la sécurité et la stabilité dans le monde; qu’il est de la plus haute importance que la lutte contre le changement climatique et la nécessaire action climatique qui en découle aident ceux qui sont le plus durement touchés par les conséquences de cette crise;

U.

considérant qu’au vu de l’échec d’importants accords en matière de contrôle des armements et de désarmement, mais également au vu des technologies émergentes, la maîtrise des armements et la non-prolifération devraient devenir des priorités dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union;

1.

souligne que ses résolutions sur la mise en œuvre de la PESC sont un élément essentiel de sa contribution à l’élaboration de la politique étrangère de l’Union; souligne que ces résolutions reflètent les conséquences concrètes du droit de regard renforcé dans le domaine de la politique étrangère conféré au Parlement par le traité de Lisbonne; rappelle que la résolution de 2023 est la dernière résolution sur la mise en œuvre de la PESC de la législature actuelle et qu’elle doit guider le prochain exécutif de l’Union dans la définition des priorités de politique étrangère pour la prochaine législature et leur mise en œuvre ultérieure; souligne que, dans un environnement international de plus en plus instable, l’Union doit relever simultanément de nombreux défis de politique étrangère qui l’affectent directement et indirectement, tels que la guerre d’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine, la concurrence accrue entre les grandes puissances, la possible redéfinition de l’équilibre mondial des pouvoirs, les tentatives constantes de saper l’ordre international multilatéral fondé sur des règles et les interactions croissantes entre les crises étrangères et intérieures; est fermement convaincu que, pour conserver une certaine influence sur la scène internationale et défendre efficacement ses intérêts et ses valeurs, l’Union doit susciter la volonté politique des États membres d’atteindre les objectifs de politique étrangère au moyen d’instruments de l’Union, renforcer les capacités, travailler avec des partenaires et des organisations régionales partageant les mêmes valeurs, et se concentrer sur la fourniture d’une offre concurrentielle pour les pays du Sud, en utilisant le plus efficacement possible tous les outils, les ressources, et politiques à sa disposition dans le cadre de l’approche intégrée; souligne que, pour se positionner en acteur mondial dans l’environnement mondial actuel, l’Union doit mener une politique étrangère déterminée, disciplinée et ferme, qui réponde à ses propres objectifs stratégiques, et continuer à définir, à faire valoir et à défendre de manière proactive ses intérêts dans le monde;

2.

souligne que la capacité de l’Union à agir en tant qu’acteur mondial de la politique étrangère, partenaire international fiable et acteur crédible en matière de sécurité et de défense repose sur le développement et le renforcement de son action extérieure dans le cadre de la PESC, sur sa capacité à promouvoir ses valeurs tout en définissant, en faisant valoir et en défendant de manière proactive ses intérêts dans le monde sans recourir à outrance aux ressources des États et des acteurs tiers, qui l’exposent aux divisions internes, sur la revitalisation des partenariats existants et la création de nouveaux, mais aussi sur sa volonté politique de faire preuve de davantage d’initiative et d’assumer une plus grande responsabilité sur la scène internationale, tout en définissant, en faisant valoir et en défendant efficacement ses intérêts dans le monde; insiste en outre sur le fait que les États membres doivent veiller à ce que l’Union parle d’une seule voix, afin d’accroître sa crédibilité et de préserver sa cohérence; réaffirme, dans ce contexte, qu’il est primordial de renforcer l’unité et la solidarité en développant une perception commune des menaces;

3.

rappelle que l’action extérieure de l’Union devrait être guidée par les valeurs et les principes énoncés à l’article 2, à l’article 3, paragraphe 5, et à l’article 21 du traité UE, qui ont inspiré la création, le développement et l’élargissement de l’Union, à savoir la démocratie, l’État de droit, l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d’égalité et de solidarité, et le respect des principes de la charte des Nations unies, de l’Acte final d’Helsinki, de la Convention européenne des droits de l’homme et du droit international; déplore que, parfois, l’Union ne parvienne pas à réaliser ces objectifs, au détriment de ses intérêts, de sa sécurité et de sa réputation internationale; souligne que la volonté ambitieuse de la politique extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme requièrent de l’Union qu’elle agisse de manière cohérente et exemplaire;

4.

estime que l’Union devrait définir sa PESC en conséquence, sur la base des quatre objectifs suivants:

a)

faire face aux conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine,

b)

adapter progressivement les structures, les instruments, les capacités, les financements et les procédures décisionnelles de l’Union,

c)

renforcer le multilatéralisme fondé sur des règles, et

d)

affirmer les intérêts de l’Union par la mise en place de partenariats stratégiques solides et renforcer l’autonomie stratégique;

Faire face aux conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine

5.

est préoccupé par le fait que la guerre d’agression illégale, non provoquée et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine, rendue possible et soutenue par le régime de d’Alexandre Loukachenko, en Biélorussie, et du régime iranien, a ramené la guerre sur le continent européen; condamne une nouvelle fois avec la plus grande fermeté les agissements des dirigeants russes, notamment la violation du droit international et des frontières reconnues, le transfert et l’expulsion illégaux de personnes et d’enfants protégés, et le pillage des terres et les crimes de guerre graves; exige que la Russie et les forces qui agissent pour son compte cessent toute action militaire et que les dirigeants russes retirent immédiatement et sans condition leurs troupes de l’ensemble du territoire ukrainien dans ses frontières internationalement reconnues et de tous les autres pays dont elle occupe illégalement le territoire, ou des parties de celui-ci; condamne toutes les attaques hybrides menées par la Russie en Ukraine et condamne fermement la diffusion de la propagande russe sur sa guerre en Ukraine;

6.

condamne le rôle du régime illégitime d’Alexandre Loukachenko qui, de fait, a cédé la souveraineté nationale au Kremlin pour continuer de jouir d’une mainmise absolue sur la Biélorussie;

7.

rappelle que la Géorgie a subi une offensive militaire russe de grande envergure dès août 2018; condamne fermement l’occupation illégale persistante par la Russie des régions géorgiennes d’Abkhazie et de Tskhinvali/Ossétie du Sud, et condamne également l’atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Moldavie par la présence de troupes russes en Transnistrie; réaffirme son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie et de la République de Moldavie et souligne que les tentatives malveillantes de la Russie visant à modifier par la force les frontières des États souverains en Europe portent gravement atteinte à la sécurité de l’Union; encourage l’Union et les États membres à renforcer la coopération avec l’Ukraine, la Géorgie et la République de Moldavie dans le domaine de la sécurité, notamment pour faire face aux menaces hybrides et lutter contre la désinformation et les cyberattaques;

8.

rend hommage au courageux peuple ukrainien, qui défend non seulement son pays, sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale, mais aussi les valeurs et la sécurité européennes, et qui respecte les normes et les principes consacrés par la Charte des Nations unies et l’Acte final d’Helsinki; exprime son respect et sa gratitude pour l’aide apportée par des particuliers et des organisations de la société civile au peuple ukrainien; salue les initiatives des citoyens géorgiens et biélorusses qui appuient activement la lutte ukrainienne; se félicite de l’extension de la protection temporaire des personnes fuyant la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine;

9.

souligne que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine déstabilise le voisinage oriental et les Balkans occidentaux et menace leur sécurité et leur stabilité, ce qui compromet la sécurité de l’Union elle-même; estime que l’Union devrait dès lors donner la priorité à la réforme de sa politique de voisinage et accélérer le processus d’élargissement parallèlement aux réformes institutionnelles et décisionnelles nécessaires en vue de préserver la capacité d’intégration de l’Union;

10.

appelle de ses vœux une stratégie de communication plus active afin de mettre en avant le rôle et les avantages de l’élargissement dans les Balkans occidentaux et le partenariat oriental, ainsi que pour favoriser l’assistance financière et technique de l’Union; rappelle, dans ce contexte, que l’Union est déjà le principal partenaire commercial et le principal fournisseur d’investissements et d’assistance financière dans les Balkans occidentaux; relève que plus de 6,5 milliards d’euros avaient déjà été engagés au titre de l’IAP III jusqu’à la fin de 2023 et que l’Union a mobilisé 16,6 milliards d’euros d’investissements dans la région au cours de la période 2021-2023;

11.

prend acte, avec une inquiétude particulière, des retombées de l’agression russe contre l’Ukraine, notamment dans le voisinage méridional, la grande région méditerranéenne et le Caucase du Sud, mais aussi en Asie centrale ainsi qu’en Afrique, et au Moyen-Orient; déplore les influences malveillantes, la guerre hybride et les campagnes de désinformation menées par la Russie dans ces régions et demande à l’Union de se mobiliser davantage et de prodiguer une aide plus importante;

12.

accueille favorablement la troisième réunion de la communauté politique européenne en tant que plateforme de débat, de dialogue et de coopération avec les pays partenaires; demande à ce que le Parlement soit étroitement associé à la clarification du champ d’application et des travaux futurs de cette communauté; souligne qu’un certain degré d’harmonisation des principes et valeurs démocratiques est nécessaire pour assurer la cohérence et le succès futur de ce format; rappelle que la communauté politique européenne ne peut, en aucun cas, servir de prétexte pour retarder l’adhésion des pays de l’élargissement à l’Union;

13.

réaffirme la nécessité pour les États membres d’investir conjointement et de manière coordonnée dans la défense et demande la pleine mise en œuvre de la boussole stratégique, en tenant compte des enseignements tirés de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, l’objectif étant de parvenir à une véritable Union européenne de la défense, qui soit compatible et complémentaire avec l’OTAN et qui puisse agir de façon indépendante si nécessaire;

14.

insiste notamment sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec l’OTAN au sujet de la mise en place d’une capacité de déploiement rapide et invite instamment les États membres à veiller à ce que la capacité militaire de planification et de conduite soit pleinement opérationnelle d’ici à 2025; encourage vivement le VP/HR à proposer une décision du Conseil relative à une capacité de déploiement rapide de l’Union afin de protéger les valeurs de l’Union et de servir au mieux ses intérêts, de faire face à toute menace imminente et de réagir rapidement à une situation de crise survenant en dehors de l’Union, notamment dans des environnements hostiles et à tous les stades du cycle d’un conflit; souligne qu’il convient que la capacité de déploiement rapide de l’Union soit établie de telle sorte qu’elle constitue une force constamment disponible et dont les membres s’entraînent ensemble dans le but d’en faire une force permanente;

15.

souligne la nécessité d’accroître la production de munitions d’artillerie dans l’Union, et qu’il convient de le faire dans le cadre d’une coopération industrielle accrue et d’une production conjointe; réaffirme qu’il est urgent de parvenir au seuil de 35 % du budget consacré aux passations de marchés collaboratives pour des équipements de défense et à celui de 20 % pour appuyer la recherche et les technologies collaboratives dans le domaine de la défense européenne, comme convenu par tous les États membres de l’AED; demande que le Centre de situation et du renseignement de l’UE et le centre de réaction aux crises du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) soient renforcés par la mise en place d’un système permettant le transfert automatique de renseignements depuis les États membres vers le SEAE et le Centre de situation et du renseignement de l’UE sur les questions de politique étrangère et de sécurité survenant en dehors de l’Union;

16.

se félicite de l’enveloppe supplémentaire accordée à la facilité européenne pour la paix et invite les États membres à améliorer sa capacité d’action grâce à un financement durable et approprié; salue, à cet égard, les conclusions du Conseil des affaires étrangères du 22 janvier 2024 ainsi que les conclusions du Conseil européen du 1er février 2024 indiquant un accord sur les modalités et le plafond financier global d’un nouveau Fonds d’assistance à l’Ukraine; espère que la décision finale sera prise lors du Conseil européen des 21 et 22 mars 2024; salue les décisions visant à établir le règlement relatif au soutien à la production de munitions et se félicite du renforcement de l’industrie européenne de la défense au moyen d’une loi commune sur les marchés publics pour accroître les capacités de défense européennes; réitère son appel pour que soit amorcé d’urgence un dialogue en vue de créer une autre facilité financière hors budget qui porterait sur l’ensemble du cycle de vie des capacités militaires au niveau de l’Union;

17.

constate que la réaction de l’Union à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine est suivie de près par des acteurs autocratiques dans le monde, et qu’elle aura une influence décisive sur le comportement que ces régimes adopteront sur la scène internationale; félicite le Conseil et les États membres pour la réponse résolue apportée à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; salue la mobilisation de montants sans précédent d’aide macroéconomique, financière, économique et humanitaire considérable en faveur de l’Ukraine, l’adoption, de concert avec les partenaires partageant les mêmes valeurs, de douze trains de sanctions qui devraient avoir une portée dévastatrice pour l’économie russe et la livraison d’armes et de munitions par les États membres, qui a également été rendue possible par la facilité européenne pour la paix; juge néanmoins préoccupant que la Hongrie continue de bloquer la huitième tranche de la facilité européenne pour la paix consacrée à l’Ukraine; demande d’isoler davantage la Fédération de Russie et de continuer à faire pression sur elle en renforçant l’application de mesures restrictives, y compris à l’encontre de la Biélorussie; appelle à renforcer l’action diplomatique à l’égard de tous les États qui se sont abstenus ou n’ont pas participé au vote sur les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies du 13 octobre 2022 et du 2 mars 2023; appelle de ses vœux une diplomatie proactive avec les pays tiers, en concertation avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, en particulier les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, afin de réduire au minimum le contournement de ces sanctions et de combler toutes les lacunes juridiques qui subsistent pour mettre fin à cette pratique; regrette que le douzième train de sanctions de l’Union prolonge les périodes de liquidation pour l’importation de produits sidérurgiques spécifiques;;

18.

se félicite de la détermination affichée par l’Union et la plupart des États membres dans leur recherche d’une indépendance énergétique totale vis-à-vis de la Fédération de Russie; demande une nouvelle fois l’instauration d’un embargo total et immédiat sur les importations russes de combustibles fossiles et les produits fabriqués à partir de pétrole brut russe; prie instamment la Commission et le Conseil de renforcer leur capacité de suivi des combustibles fossiles afin d’éviter toute réexportation; est préoccupée par le fait que certains États membres ont augmenté leurs importations de gaz naturel et de GNL vers la Russie au cours de l’année écoulée;

19.

rappelle que l’application cohérente et uniforme des mesures restrictives dans tous les États membres est une condition sine qua non à la crédibilité et à l’efficacité de l’action extérieure de l’Union; invite tous les pays tiers, et en particulier les pays candidats à l’adhésion à l’Union, à démontrer sans ambiguïté leur attachement au droit international et aux valeurs et intérêts stratégiques de l’Union et à se conformer aux mesures restrictives imposées par l’Union à la Russie; invite la Commission à évaluer de manière critique l’aide de l’Union aux pays tiers qui soutiennent activement l’agression de la Russie contre l’Ukraine et invite instamment le Conseil à imposer des sanctions aux pays tiers qui ont facilité l’invasion de l’Ukraine par la Russie, soit en permettant à cette dernière de contourner les sanctions, soit en lui apportant une assistance militaire directe, comme dans le cas de l’Iran ou de la RPDC;

20.

encourage la Commission, le VP/HR et les États membres à mobiliser le soutien international en faveur du plan de paix présenté par l’Ukraine et à souscrire à des obligations en matière de sécurité à l’égard de l’Ukraine, comme celles recommandées dans le pacte de sécurité de Kiev; se félicite des accords bilatéraux de sécurité signés respectivement entre le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, d’une part, et l’Ukraine, d’autre part, qui respectent les engagements pris par le G7 le 12 juillet 2023 de dissuader toute nouvelle attaque russe contre l’Ukraine dans un avenir proche; souligne que l’Union et les États membres doivent d’urgence œuvrer à la création d’un tribunal international spécial pour engager des poursuites pour le crime d’agression, les crimes assimilables au génocide et les crimes de guerre, y compris les violences sexuelles liées au conflit, perpétrés contre l’Ukraine par la Fédération de Russie et ses alliés, en particulier la Biélorussie, notamment leurs dirigeants politiques et militaires; demande que la Commission et le Conseil inscrivent le groupe militaire privé Wagner, financé par l’État russe, sur la liste des organisations terroristes; se félicite de la création récente du centre international chargé des poursuites pour le crime d’agression contre l’Ukraine, hébergé par l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust), qui facilitera la constitution de dossiers en vue de futurs procès; prie instamment la Commission de localiser et de cartographier les actifs russes immobilisés, de présenter une proposition juridiquement solide visant à utiliser ces avoirs pour financer la défense et la reconstruction de l’Ukraine, et de veiller à ce que cette proposition juridique soit élaborée en étroite coordination avec les pays partenaires du G7; souligne que le déminage et l’élimination des munitions non explosées sont des conditions préalables à la reconstruction de l’Ukraine, y compris à sa production agricole, qui est vitale pour l’économie du pays et pour la sécurité alimentaire mondiale; souligne que ces initiatives nécessiteront un financement global à long terme;

21.

se félicite de la mise en place rapide et de l’exécution réussie de la mission d’assistance militaire de l’Union européenne à l’appui de l’Ukraine et suggère que l’Union envisage de la renforcer; note que cette mission est une démonstration tangible du soutien indéfectible de l’Union à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays; demande que des mesures soient prises pour mettre en place d’autres missions internationales afin de garantir la liberté de navigation, le renforcement des couloirs humanitaires et le transport sûr des céréales ukrainiennes;

22.

invite les États membres à toujours faire preuve de la même détermination et de la même unité, ainsi qu’à fournir à l’Ukraine un soutien supplémentaire sur les plans politique, humanitaire, militaire, infrastructurel, économique et financier, afin de remporter cette guerre; se félicite, à cet égard, de l’assistance fournie par les États membres, tant individuellement que par l’intermédiaire d’instruments de l’Union, y compris la proposition de la Commission relative à la création de la facilité pour l’Ukraine; se félicite de l’accord interinstitutionnel conclu le 6 février 2024, qui garantit à l’Ukraine un soutien financier prévisible de 50 milliards d’euros au cours de la période 2024-2027 pour soutenir son redressement, sa reconstruction et sa modernisation; souligne qu’il est nécessaire que la mise en place de la facilité se fasse dans la transparence la plus totale; demande aux États membres de continuer à apporter une aide militaire à l’Ukraine afin d’expulser les forces armées russes de son territoire; demande aux États membres de continuer à fournir l’assistance militaire nécessaire à l’Ukraine afin d’expulser les troupes russes de son territoire; encourage les États membres à continuer de prodiguer leur aide financière et politique à la société civile, en Ukraine et dans les régions voisines;

23.

insiste sur le fait que l’Union ne peut continuer de s’appuyer sur une mobilisation ad hoc et rappelle, dans ce contexte, la nécessité d’améliorer et de définir clairement la capacité de l’Union à agir de manière durable en réaction aux crises mondiales; souligne, à cet égard, que l’Union devrait continuer à élaborer ses propres instruments, qui devront être indépendants et résilients, au service de l’action extérieure et de la PESC; rappelle que la boussole stratégique fixe une ligne de conduite ambitieuse et dote l’Union des outils lui permettant d’être à la fois un garant effectif de la sécurité et un acteur mondial plus affirmé, et demande par conséquent sa mise en place rapide et intégrale; invite les institutions de l’Union à renforcer leur capacité de planification stratégique pour se préparer à faire face aux problèmes de demain;

24.

prône un usage plus dynamique et plus cohérent du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme, qui demeure un outil sous-utilisé de la palette d’instruments dont dispose l’Union en matière de politique étrangère; se félicite de la proposition du HR/VP relative à un régime de sanctions anticorruption, qui permettrait à l’Union de cibler les actes graves de corruption commis dans le monde; insiste sur le fait que la corruption a une incidence vérifiable sur l’état des droits de l’homme et nuit au fonctionnement des institutions publiques et à l’état de droit; demande, dans ce contexte, l’adoption rapide du régime de sanctions anticorruption proposé par le Conseil;

Adapter progressivement les structures, les instruments, les capacités, les financements et les procédures décisionnelles de l’Union

25.

constate que l’exigence d’unanimité oblige les États membres à œuvrer sans relâche pour parvenir à un compromis et à la cohésion, ce qui constitue la source d’où l’Union tire son influence politique sur la scène internationale; souligne toutefois qu’il convient d’examiner de façon critique le compromis entre, d’une part, l’idéal d’unité et, d’autre part, le coût élevé de l’unanimité sous l’angle de la crédibilité, en gardant à l’esprit notamment qu’une Union élargie fonctionne de manière effective; déplore, dans ce contexte, que des États membres aient eu recours à leur droit de veto pour atténuer la portée des accords, retarder la prise de décision ou faire échouer toute politique commune purement et simplement;

26.

rappelle que les États membres adhèrent aux principes énoncés dans les traités, en particulier l’article 24 et l’article 42, paragraphe 7, du traité UE et l’article 222 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui invitent les États membres à appuyer activement et sans réserve la politique extérieure et de sécurité de l’Union européenne dans un esprit de loyauté et de solidarité mutuelle; précise que les conditions d’activation de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE ainsi que les modalités d’assistance n’ont jamais été clairement définies; estime qu’il est nécessaire d’élaborer sans plus attendre une stratégie politique de solidarité et des mesures de mise en place opérationnelle en ce qui concerne la clause d’assistance mutuelle prévue à l’article 42, paragraphe 7, du traité UE;

27.

regrette que le potentiel d’action rapide, efficiente et efficace en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense, tel que prévu notamment par les clauses passerelles du traité UE, n’ait été utilisé que de manière très limitée; demande une nouvelle fois au Conseil de passer progressivement au vote à la majorité qualifiée pour les décisions relevant de la PESC qui n’ont pas d’implications en matière militaire ou de défense; prend acte des préoccupations de certains États membres qui craignent une diminution de leur capacité à influencer la politique étrangère et de sécurité au niveau de l’Union; constate que les progrès accomplis en ce qui concerne l’application du vote à la majorité qualifiée ne peuvent être que graduels et reposer sur l’élaboration d’une culture stratégique pour l’Union; encourage, à cet égard:

a)

l’introduction du vote à la majorité qualifiée dans des domaines considérés comme prioritaires, par exemple le régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme («loi Magnitsky de l’Union») ainsi que l’adoption et à l’application du prochain plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie et les enjeux y afférents, conformément à l’article 22, paragraphe 1, du traité UE;

b)

l’utilisation des clauses passerelles prévues par les traités, sauf dans le cas de la mise en place de missions ou d’opérations militaires de la politique européenne commune en matière de sécurité et de défense (PSDC) dotées d’un mandat exécutif, pour lesquelles l’unanimité sera toujours de rigueur;

c)

le recours à l’abstention constructive conformément à l’article 31, paragraphe 1, du traité UE, en attendant la pleine application du vote à la majorité qualifiée pour les décisions n’ayant pas d’implications militaires ou dans le domaine de la défense;

d)

l’usage plus rationnel du dispositif intégré de l’UE pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise et la création d’un Conseil européen de sécurité, composé des ministres des États membres, afin de réagir rapidement dans les situations d’urgence et de mettre au point une stratégie intégrée pour les conflits et les crises;

e)

la révision des traités prévue à l’article 48 du traité UE dans le but, notamment, d’y inscrire le vote à la majorité qualifiée pour toutes les questions relatives à la PESC;

f)

le réexamen régulier de l’analyse des menaces qui sous-tend la feuille de route stratégique pour la sécurité et la défense, de sorte que les États membres puissent convenir d’une perception commune des menaces et la définir;

28.

réaffirme que le Parlement joue un rôle à part entière dans la PESC, en y apportant une contribution spécifique grâce à sa diplomatie parlementaire et à ses instruments, canaux et contacts distincts, y compris au moyen de ses programmes de soutien à la démocratie, qui recèlent un fort potentiel pour garantir la participation des principaux acteurs politiques et favoriser la gouvernance démocratique; insiste, en particulier, sur la valeur ajoutée de la diplomatie parlementaire dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et souligne, à cet égard, la précieuse coopération sur les plans politique et technique entre la Verkhovna Rada d’Ukraine et le Parlement;

29.

souligne l’importance que revêt la diplomatie parlementaire, qu’il convient de mener au moyen des canaux existants, tels que la commission des affaires étrangères du Parlement, les délégations officielles et les activités de soutien à la démocratie, par exemple la tenue de dialogues parlementaires réguliers avec les pays partenaires; insiste pour que la politique étrangère et de sécurité de l’Union s’oriente vers les objectifs de prévention des crises, de coopération régionale en matière de sécurité, d’action mondiale en matière de climat et d’environnement, de renforcement des droits de l’homme et de garantie de la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030; demande que l’amélioration de la diplomatie préventive de l’Union tienne lieu d’instrument volontariste de politique étrangère, notamment par le recours à la médiation et au dialogue pour la paix; prie instamment le SEAE de mener des exercices consacrés aux «enseignements tirés» et d’analyser les efforts diplomatiques précédemment déployés par l’Union et leurs résultats, ainsi que les travaux des représentants spéciaux et des envoyés spéciaux; insiste sur la nécessité de renforcer la diplomatie parlementaire auprès des partenaires d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie afin de contribuer à l’objectif de l’Union, à savoir consolider les relations avec des partenaires partageant les mêmes valeurs afin de relever les défis géopolitiques, économiques, sociaux et environnementaux communs;

30.

demande que soient apportées des précisions en ce qui concerne le fonctionnement et le modèle de représentation de l’approche de l’Équipe Europe, ainsi le principe de responsabilité qui la sous-tend, afin de garantir une allocation efficace des ressources et d’éviter les doubles emplois dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union; insiste sur le fait que le Parlement fait partie de l’Équipe Europe et devrait être traité comme tel;

31.

insiste sur la nécessité de mettre à jour la déclaration de 2010 sur la responsabilité politique en tant que cadre des relations entre le SEAE et le Parlement; estime que le Parlement a besoin des moyens nécessaires pour tirer parti de ses instruments afin de lutter contre le recul mondial de la démocratie, notamment par l’observation et la médiation électorales, la prévention des conflits, le renforcement de la communication au niveau local sur la démocratie et la diplomatie parlementaire; insiste sur le rôle complémentaire du Parlement dans la diplomatie de l’Union;

32.

souligne le rôle de bâtisseur de ponts que joue le VP/HR entre la PESC et les partenaires étrangers de l’Union afin d’assurer le plus haut niveau de coordination et de cohérence dans l’action extérieure de l’Union; regrette néanmoins le manque de clarté qui entoure parfois la représentation extérieure de l’Union; souligne la nécessité de définir clairement les compétences des fonctions de VP/HR, de président de la Commission et de président du Conseil européen en ce qui concerne l’action extérieure et la représentation de l’Union;

33.

juge nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire institutionnalisé de l’action extérieure de l’Union, y compris un accès régulier et en temps utile, mais sécurisé, aux informations confidentielles, d’élaborer des notes d’information au Parlement européen et de mettre en place des canaux de communication plus rapides avec le SEAE; rappelle, dans ce contexte, le droit du Parlement à être informé sur les questions relevant de la PESC, conformément à l’article 36 du traité UE; se félicite de la mise en place du dialogue géopolitique de haut niveau et encourage des débats plus ouverts, notamment en continuant à organiser des consultations régulières avec les membres de la Commission et du SEAE et en associant le Parlement à la mise en place de la facilité européenne pour la paix, de la boussole stratégique et de la stratégie «Global Gateway»;

34.

affirme que le Parlement devrait faire pleinement usage de son pouvoir de contrôle et de son pouvoir budgétaire en ce qui concerne les décisions de l’Union en matière d’affaires internationales; demande une modification de la structure du budget de la PESC, avec une ligne budgétaire par mission PSDC civile, afin de permettre un meilleur contrôle et une transparence accrue;

35.

déplore que le budget de la PESC alloué aux missions civiles de la PSDC n’ait guère augmenté entre le cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2014-2020 et le CFP pour la période 2021-2027, bien que le nombre de missions et les tâches qu’elles accomplissent aient augmenté, que l’environnement de sécurité soit devenu plus complexe et que le coût des opérations ait augmenté; prie instamment les États membres d’allouer des fonds suffisants à la PESC, compte tenu de la nécessité de défendre la paix, la démocratie et l’état de droit et d’assurer une meilleure coordination avec les autres domaines d’action; demande, dans ce contexte, un ajustement approprié du CFP et un financement accru de l’action extérieure de l’Union;

36.

réaffirme en outre la nécessité pour l’Union et ses États membres d’intégrer le soutien à la démocratie dans la programmation des instruments financiers de l’Union et insiste, à cet égard, sur l’importance de doter les délégations de l’Union concernées des moyens appropriés afin de multiplier les activités de diplomatie publique et de renforcer leurs capacités en matière de communication stratégique pour lutter contre la désinformation et la propagande; demande que le SEAE, tant son siège que les délégations de l’Union, soit renforcé par la mise à disposition de ressources financières et humaines appropriées afin que l’Union puisse être mieux préparée aux défis mondiaux actuels et émergents, tels que l’instabilité croissante, l’autoritarisme plus affirmé et l’urgence climatique; invite la Commission et le SEAE à mener une politique étrangère et de sécurité féministe conforme à la résolution du Parlement du 10 mars 2022 sur le troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (19);

37.

se félicite de la mise en place du projet pilote intitulé «Vers la création d’une académie diplomatique européenne»; demande la mise en place d’une structure permanente ainsi que les ressources nécessaires à cet effet; demande une étude et une décision sur les moyens d’accès des diplômés de cette académie au SEAE, ce qui peut contribuer au plein développement d’une diplomatie autonome de l’Union, façonnée par une culture diplomatique commune de l’Union; demande une nouvelle fois à la Commission de créer un programme permanent de formation interne sur l’action extérieure de l’Union et la PESC pour les jeunes diplomates des pays candidats à l’adhésion à l’Union;

Renforcer et défendre un multilatéralisme fondé sur des règles

38.

souligne que les enceintes multilatérales, en particulier les Nations unies et leurs agences, devraient être la forme de coopération privilégiée par l’Union; s’inquiète, à cet égard, de l’importance croissante des formes exclusives de coopération, qui témoignent d’une concurrence accrue entre les grandes puissances; attire, dans le même temps, l’attention sur le fait que les institutions et les normes internationales sont de plus en plus instrumentalisées et insiste, à cet égard, sur les différends survenus au sein de l’OMC et de l’OMS; souligne que cette tendance place l’Union dans une position délicate, où joue un équilibre entre la nécessité de favoriser une conception large et sans restriction du multilatéralisme et la nécessité de donner la priorité à la coopération avec des partenaires privilégiés partageant les mêmes valeurs; invite les États membres à renforcer les formes inclusives de gouvernance multilatérale et encourage, dans ce contexte, la Commission, le SEAE et le Conseil à intensifier la coopération interinstitutionnelle avec les organisations multilatérales qui font partie intégrante du système international fondé sur des règles et la gestion du bien commun mondial, notamment les Nations unies et ses agences, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’OMS, l’OMC et l’OTAN;

39.

prend acte de la nécessité d’assurer la cohésion, la cohérence et la complémentarité du travail de l’Union et de l’OTAN en vue du maintien de la paix et de la sécurité internationales; souligne que l’OTAN demeure la pierre angulaire de la sécurité de l’Europe et demande de renforcer davantage encore la coopération entre l’OTAN et l’Union tout en renforçant le pilier européen au sein de l’OTAN, notamment en respectant systématiquement le critère des dépenses de défense de l’OTAN, qui est de 2 % du produit intérieur brut; demande une coopération accrue avec l’OTAN pour lutter contre la désinformation et les menaces hybrides provenant de pays tiers;

40.

invite les institutions de l’Union et les États membres à soutenir activement une réforme institutionnelle globale des institutions multilatérales, au premier chef le système des Nations unies et en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU, réforme qui devrait inclure des mesures visant à limiter le recours au veto, à renforcer la représentation régionale, à amener les organes exécutifs à rendre des comptes aux assemblées qui les élisent et à redéfinir la composition des membres du Conseil de sécurité afin de mieux tenir compte de la réalité géopolitique, notamment en établissant un siège permanent pour l’Union; demande à la Commission de veiller, dans un monde de plus en plus multipolaire, à garantir le rôle indispensable de l’Union sur le plan stratégique; demande aux institutions de l’Union de veiller à ce que l’Union parle d’une seule voix au sein des Nations unies, en particulier au sein du Conseil de sécurité; demande la poursuite du dialogue avec le Royaume-Uni afin de préserver la coopération au sein du Conseil de sécurité; invite tous les États membres des Nations unies à prendre des mesures pour révoquer le droit de veto de la Russie au sein du Conseil de sécurité;

41.

invite le VP/HR à tenir un discours convaincant, cohérent et ciblé, qui démontre les vertus de la démocratie aux citoyens et aux sociétés du monde entier et sa résilience face aux pressions et aux influences des régimes autocratiques; déplore que la République populaire de Chine, la Russie, l’Iran et d’autres régimes totalitaires ou autoritaires aient recours à la manipulation de l’information et à l’ingérence malveillante en tant qu’instruments à part entière pour exercer une pression sur les institutions multilatérales et les valeurs et normes démocratiques, pour éroder les contrôles des abus de pouvoir, pour accroître l’incidence et la gravité des violations des droits de l’homme, pour restreindre l’espace dévolu à la société civile, museler les médias indépendants et réprimer les mouvements d’opposition démocratique et pour diffuser la désinformation antioccidentale; encourage, à cet égard, les investissements dans les communications stratégiques et la lutte contre l’ingérence étrangère et la diffusion de la désinformation, et salue le dialogue entre le SEAE et les Nations sur un code de conduite mondial pour l’intégrité de l’information;

42.

attention sur les menaces transnationales croissantes qui pèsent sur les défenseurs des droits de l’homme et les militants politiques émanant soit des pouvoirs publics de leurs pays respectifs, soit de leurs auxiliaires; encourage la Commission et les États membres à offrir aux défenseurs des droits de l’homme et aux militants étrangers résidant dans l’Union les moyens financiers et autres appropriés pour leur permettre de poursuivre leur travail à distance, sans craindre de représailles; salue le travail que mènent sans relâche les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier et demande à l’Union de renforcer son soutien à la société civile et aux défenseurs des droits de l’homme; se déclare vivement préoccupé par les attaques de plus en plus nombreuses à l’encontre de diverses minorités dans le monde, y compris la communauté LGBTIQ et les minorités religieuses, telles que les chrétiens; souligne qu’il importe d’intégrer la question de l’intersectionnalité dans toutes les actions de l’Union, y compris dans la mise en œuvre de la PESC, afin de favoriser une véritable égalité entre les femmes et les hommes;

43.

condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat, le 16 février 2024, d’Alexeï Navalny, éminente personnalité politique russe et lauréat du prix Sakharov 2021, qui a été incarcéré dans une colonie pénitentiaire et fait l’objet de mauvais traitements, y compris de tortures, de sanctions arbitraires et de pressions psychologiques; demande l’amélioration des conditions de détention des prisonniers politiques en Russie, conformément aux engagements internationaux du pays; dénonce l’escalade des violations des droits de l’homme par le régime russe et condamne la répression en cours à l’encontre des détracteurs du gouvernement, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes indépendants; prie instamment l’Union et ses États membres d’aider les défenseurs des droits de l’homme, militants pour la démocratie et journalistes indépendants de nationalité russe, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays; prie instamment le Conseil d’adopter des mesures restrictives à l’encontre des responsables de l’assassinat d’Alexeï Navalny et de poursuites arbitraires et d’actes de tortures à l’encontre des personnes ayant manifesté contre la guerre;

44.

constate que de nombreux acteurs du «Sud global» tendent à s’affirmer de plus en plus; met l’accent à cet égard sur le fait que l’expression «Sud global» confère une certaine unité à un groupe d’acteurs en réalité très diversifié, dont les aspirations et les orientations divergent; prend note de l’influence internationale de ces acteurs;

45.

rappelle que l’Union est le premier donateur mondial d’aide publique au développement; souligne que l’Union doit rester un allié fiable dans la coopération au développement dans le monde entier; se déclare préoccupé par le scepticisme et le désengagement croissants de l’Union; invite l’Union à répondre aux attentes des pays partenaires et à conclure rapidement des accords politiques avec eux afin de montrer que l’Union est un partenaire essentiel et stratégique et de démontrer que le système international fondé sur des règles est en mesure de relever les défis actuels; plaide dès lors en faveur d’une présence politique plus forte dans les pays où la contribution de l’Union a principalement consisté en une coopération au développement; souligne tout particulièrement l’importance que revêt la présence de l’Union en Afrique et demande à la Commission et aux États membres de consolider le dialogue politique aux niveaux national et régional, ainsi qu’à fournir diverses formes d’appui technique, notamment des financements aux niveaux gouvernemental et local, afin de parvenir à une efficacité et à une visibilité accrues; souligne qu’il importe de conclure avec les pays tiers des accords politiques fondés sur des valeurs européennes communes et les droits fondamentaux;

46.

invite le Conseil à lancer le projet de création d’un Corps civil européen de paix qui associe l’expertise d’acteurs institutionnels et non institutionnels en matière de prévention des conflits, de résolution pacifique des conflits et de réconciliation, dans l’intention de rendre la gestion civile des crises de l’Union plus crédible, plus cohérente, plus efficace, plus flexible et plus visible;

47.

rappelle que l’Union devrait s’affirmer davantage, en tant qu’acteur mondial, en faveur de la paix et de la sécurité humaine; fait remarquer qu’une coopération au développement efficace et une politique commerciale ambitieuse sont également essentielles pour remédier aux causes profondes de la migration et relever d’autres défis auxquels l’Union est confrontée;

48.

Invite la Commission à recourir efficacement et rapidement à la stratégie «Global Gateway» comme alternative viable à l’initiative chinoise «une ceinture, une route» et comme un moyen permettant d’accroître la présence et la visibilité de l’Union dans le monde grâce à des investissements dans les infrastructures et les télécommunications qui créent de la valeur nationale dans les pays partenaires et permettent leur développement socioéconomique, conformément aux objectifs de développement durable et aux dispositions de l’accord de Paris, tout en poursuivant les intérêts de l’Union en matière de prospérité et de sécurité; rappelle que la stratégie «Global Gateway» doit être comprise comme un concept stratégique intégrant les politiques étrangère, économique et de développement; souligne, dans ce contexte, que la coordination avec les institutions financières internationales, une participation bien définie du secteur privé et des communications stratégiques adaptées sont essentielles pour que l’instrument prenne l’ampleur souhaitée; se félicite, à cet égard, de la tenue du premier forum de haut niveau sur la stratégie «Global Gateway», organisé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, en octobre 2023; insiste pour que le Parlement soit davantage associé au processus décisionnel afin de garantir une gouvernance transparente et de veiller à ce que la stratégie «Global Gateway» soit correctement coordonnée avec le partenariat mondial pour les infrastructures et les investissements du G7;

49.

note que les investissements et l’aide de l’Union devraient se concentrer sur des objectifs communs au niveau d’action le plus approprié, bénéficiant d’une visibilité claire dans les pays d’accueil, et sur des investissements sur mesure qui répondent aux besoins de nos partenaires, tels que définis par un dialogue plus volontariste et plus constructif avec eux;

50.

appelle de ses vœux des solutions multilatérales aux nouveaux défis et réalités, tels que la cybersécurité, la biotechnologie et l’intelligence artificielle; insiste sur le caractère clé du multilatéralisme pour le maintien effectif de l’ordre dans l’espace extra-atmosphérique ainsi que sur la nécessité d’approfondir les initiatives actuelles et d’en entreprendre de nouvelles pour préserver les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique;

Affirmer les intérêts par la mise en place d’alliances stratégiques solides et de partenariats fondés sur les mêmes valeurs

51.

insiste sur la nécessité de mettre en place une solidarité stratégique entre des partenaires partageant les mêmes valeurs, laquelle constitue la meilleure réponse à un environnement de sécurité plus dangereux et imprévisible; insiste sur la nécessité de renforcer les partenariats existants avec les pays partageant les mêmes valeurs, en particulier sur des questions telles que les dépendances stratégiques, la coercition économique, l’ingérence politique et la désinformation, et souligne l’importance de nouer de nouvelles alliances, notamment avec d’autres pays du Sud, en tenant compte des besoins et des intérêts mutuels dans le but de favoriser des partenariats véritables fondés sur une coopération équilibrée; considère que le principe du «donner plus pour recevoir plus» devrait être pleinement intégré dans les relations avec les pays tiers, ce qui permettrait à l’Union de développer des partenariats plus solides avec ceux qui partagent les principes de la PESC et de la PSDC ainsi que les valeurs fondamentales de l’Union; estime, à l’inverse, que le principe du «donner moins pour recevoir moins» devrait s’appliquer aux pays tiers qui font preuve d’un mépris manifeste pour les droits de l’homme et le droit international, ainsi qu’à ceux qui permettent à d’autres pays tiers de commettre ces violations; rappelle que le niveau et l’intensité de l’engagement de l’Union devraient être adaptés en conséquence, notamment en ce qui concerne la coopération au développement, les avantages commerciaux et l’accès aux programmes de l’Union;

52.

souligne l’importance d’une coopération transatlantique forte et stratégique, y compris entre l’OTAN et l’Union, fondée sur des valeurs, des intérêts et des objectifs communs, ainsi que sur les principes d’un partenariat d’égal à égal; invite la Commission à resserrer les liens avec des partenaires clés aux États-Unis et au Canada afin de relever les défis mondiaux qui affectent nos valeurs, nos intérêts, notre sécurité et notre prospérité communs; prie instamment la Commission et le VP/HR de collaborer étroitement avec les deux partenaires en question, en intensifiant et en renforçant les formes de coopération déjà nouées, y compris le Conseil du commerce et des technologies UE-États-Unis; souligne, en particulier, la nécessité de faire progresser les travaux sur des dossiers clés de politique étrangère, notamment en ce qui concerne nos relations respectives avec la Chine, le voisinage oriental et méridional de l’Europe, l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes tout comme la région indopacifique; attire l’attention, à cet égard, sur le dialogue spécial entre les États-Unis et l’Union sur la sécurité et la défense et sur la région indopacifique en vue de développer une coopération plus étroite et plus ambitieuse, et souligne le tout premier exercice naval conjoint UE-États-Unis dans le nord-ouest de l’océan Indien en mars 2023; appelle de ses vœux un renforcement de la coopération transatlantique en matière de commerce et de lutte contre les difficultés provoquées par l’évolution rapide des technologies et l’augmentation des cybermenaces;

53.

rappelle que les États-Unis sont le principal allié de l’Union; demande une nouvelle fois que les sommets entre l’Union et les États-Unis se tiennent régulièrement afin de donner une impulsion durable au caractère indispensable de la coopération transatlantique; réaffirme son soutien à la création d’un conseil politique transatlantique qui servirait d’enceinte pour un dialogue institutionnel régulier et efficace entre les États-Unis et l’Union sur la politique étrangère et de sécurité; invite la Chambre des représentants à créer une délégation permanente du Congrès pour le dialogue transatlantique des législateurs (DTL), conformément à la déclaration conjointe de 1999 sur la mise en place du DTL entre le Congrès américain et le Parlement, ce qui renforcerait notre capacité de dialogue politique et de coopération dans des domaines stratégiques;

54.

invite instamment l’européenne et les États-Unis à faire progresser de manière décisive les négociations sur le renforcement des chaînes d’approvisionnement internationales de minéraux essentiels, en vue de trouver des solutions mutuellement acceptables pour lutter contre les effets discriminatoires de la loi américaine sur la réduction de l’inflation;

55.

se félicite de la conclusion du cadre de Windsor et rappelle l’importance de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union et le Royaume-Uni pour un partenariat solide et constructif avec le Royaume-Uni; insiste sur l’importance cruciale et à plusieurs niveaux du protocole sur l’Irlande du Nord et du cadre de Windsor pour l’avenir des relations avec le Royaume-Uni;

56.

regrette que l’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni ne comporte pas de dispositions relatives à la coopération en matière de politique étrangère et de défense; demande, dans ce contexte, une participation accrue du Royaume-Uni aux projets européens de sécurité et de défense et un dialogue plus structuré et plus régulier avec le Royaume-Uni dans le domaine des affaires étrangères, s’appuyant sur l’expérience constructive acquise dans le cadre de la coopération entre l’Union et le Royaume-Uni pour riposter à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, y compris l’adoption et le contrôle des sanctions; se félicite des missions dans des pays tiers de représentants conjointement par des responsables de l’Union et du Royaume-Uni afin d’éviter que les sanctions ne soient contournées; met l’accent sur les intérêts communs et les responsabilités collectives, et demande des formes plus permanentes de coordination en matière de politique étrangère et de sécurité dans différentes régions; se félicite de la participation du Royaume-Uni à la Communauté politique européenne et de l’accueil de son quatrième sommet; est convaincu que la Communauté politique européenne peut instaurer la confiance entre le Royaume-Uni et l’Union, promouvoir un dialogue plus étroit sur les défis communs, en particulier en matière de sécurité, et servir d’incubateur pour des projets de coopération concrets;

57.

se félicite de la création du groupe consultatif entre l’Union et la Biélorussie pour permettre un dialogue permanent entre l’Union et les forces démocratiques biélorusses, mais aussi du soutien continu apporté aux défenseurs russes des droits de l’homme et aux médias indépendants tant en Russie qu’à l’extérieur de ce pays; se dit indigné par la mort d’Alexeï Navalny, lauréat du prix Sakharov 2021, qui a été arrêté et condamné pour des motifs douteux et politiques et qui a sacrifié sa vie pour défendre la démocratie et s’opposer à l’oppression et à la corruption en Russie; invite le régime russe à enquêter sans tarder sur les circonstances de la mort d’Alexeï Navalny; réaffirme son soutien à l’opposition démocratique biélorusse, à tous les prisonniers politiques et aux courageux militants et journalistes qui, en Biélorussie, continuent de résister au régime de leur dirigeant illégitime et à la complicité du régime dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine en dépit des répressions en cours, et qui ont exprimé leur souhait de parvenir au développement démocratique de la Biélorussie et à son adhésion à l’Union, notamment lors de la nouvelle conférence sur la Biélorussie qui s’est tenue à Varsovie en août 2023; souligne que ces efforts démontrent le rôle fondamental que joue la société civile dans le renforcement de la démocratie;

58.

condamne l’appui actif du régime de Loukachenka à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; insiste sur la nécessité urgente d’instaurer des sanctions en miroir à l’encontre de la Biélorussie et de la Russie, le régime de Loukachenka étant pleinement complice compliqué des crimes de guerre commis, notamment l’enlèvement de milliers d’enfants ukrainiens;

59.

se dit indigné et consterné par l’assassinat d’Alexeï Navalny, lauréat du prix Sakharov 2021 et opposant politique russe, qui a sacrifié sa vie pour défendre la démocratie et s’opposer à l’oppression et à la corruption en Russie;

60.

se félicite du train de mesures sur l’élargissement de 2023 et du plan de croissance pour les Balkans occidentaux qui comprend un instrument doté de 6 milliards d’euros sous forme de subventions et de prêts pour accélérer la convergence socio-économique avec l’Union entre 2024 et 2027; confirme qu’il examine actuellement la proposition relative à la facilité pour les réformes et la croissance en faveur des Balkans occidentaux et qu’il coopérera avec le Conseil afin d’assurer une ratification rapide; invite le Conseil à faire preuve d’un véritable engagement politique en faveur de la perspective d’adhésion à l’Union des pays des Balkans occidentaux; note qu’il s’agit à cet égard de faire progresser les négociations d’adhésion avec l’Albanie, le Monténégro et la Macédoine du Nord; soutient les efforts visant à procéder, en priorité, aux modifications constitutionnelles requises en Macédoine du Nord et invite toutes les forces politiques à jouer un rôle constructif à cet égard; demande en particulier aux gouvernements des États membres qui ont imposé cette exigence supplémentaire pour la Macédoine du Nord de tout mettre en œuvre pour soutenir ces efforts; déplore les retards injustifiés dans les processus d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie et rappelle que les pays candidats devraient être évalués en fonction de leurs mérites propres en ce qui concerne le respect des critères objectifs d’adhésion, y compris leur mise en œuvre des réformes liées à l’Union et leur alignement politique sur la PESC, notamment les positions et mesures restrictives adoptées en réponse à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; se félicite que la majorité des pays des Balkans occidentaux soient alignés sur la PESC, tout en appelant Belgrade à faire de toute urgence de même, compte tenu notamment du fait que la Serbie est l’un des très rares pays européens qui ne sont pas encore alignés sur les sanctions adoptées en réponse à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; rappelle que l’adhésion ne pourra avoir lieu qu’une fois que le pays en question s’alignera sur les sanctions de l’Union à l’encontre de la Russie et fera des progrès notables en ce qui concerne ses réformes liées à l’Union; demeure très préoccupé par l’influence, déstabilisatrice pour toute la région, des autorités serbes;

61.

prend acte des observations et des conclusions préliminaires de la mission internationale d’observation électorale (MIOE) du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE sur les élections législatives anticipées qui se sont tenues en Serbie le 17 décembre 2023; se félicite du taux de participation élevé, mais est préoccupé par les irrégularités et les vices de procédure signalés; souligne que le bon fonctionnement des institutions démocratiques serbes est au cœur du processus d’adhésion du pays à l’Union et invite les autorités compétentes à mener une enquête en bonne et due forme et à donner suite aux recommandations de la mission internationale d’observation électorale; encourage les dirigeants politiques serbes à garantir un dialogue constructif et inclusif parmi tous les groupes politiques et à mener à bien les réformes nécessaires pour que la Serbie progresse sur la voie de l’adhésion à l’Union;

62.

est vivement préoccupé par une déclaration publique du président Vučić en février 2024, approuvant explicitement d'éventuelles mesures militaires de la RPC contre Taïwan, en contradiction avec la politique de l'Union soutenant le statu quo dans le détroit de Taïwan et mettant en garde contre des mesures unilatérales, notamment par la force ou la coercition;

63.

regrette que les fortes tensions politiques et la polarisation au Monténégro aient retardé les progrès des réformes liées à l’Union et aient plongé le pays dans une crise politique et institutionnelle profonde, bloquant ainsi le processus d’adhésion du Monténégro à l’Union; se félicite de la formation d’un nouveau gouvernement et souligne que le gouvernement doit avoir la capacité et la volonté de promouvoir les réformes liées à l’Union et de maintenir le Monténégro fermement sur la voie stratégique de l’Union;

64.

déplore que les élections législatives et locales serbes tenues le 17 décembre 2023 n’aient pas été conformes aux normes internationales et aux engagements pris par la Serbie en faveur d’élections libres et régulières, en raison de l’abus persistant et systématique des institutions et des médias par les élus sortants afin d’obtenir un avantage injuste et indu; estime que ces élections ne peuvent être considérées comme s’étant déroulées dans des conditions équitables; s’inquiète des informations faisant état d’une fraude généralisée et systématique qui a compromis l’intégrité des élections en Serbie; relève que la MIOE a affirmé que les élections se sont déroulées sans heurts, mais que le jour du scrutin a été marqué par de nombreux vices de procédure, notamment une application irrégulière des garanties prévues lors du vote et du dépouillement, des exemples fréquents d’encombrement des bureaux de vote, des violations du secret du vote et de nombreux cas de vote collectif, et dominé par la participation décisive du Président Vučić, associée aux avantages systémiques du parti au pouvoir; exprime sa vive inquiétude face à ces irrégularités et au climat général des élections, qui n’ont pas été à la hauteur des normes attendues d’un pays candidat à l’adhésion à l’Union; rappelle aux autorités serbes que le bon fonctionnement des institutions démocratiques du pays est au cœur du processus d’adhésion de la Serbie à l’Union et des modalités d’adhésion à l’Union; demande qu’une enquête internationale indépendante soit menée par des institutions et des experts juridiques internationaux respectés sur les irrégularités des élections parlementaires, provinciales et municipales, et plus particulièrement sur les élections au conseil municipal de Belgrade, étant donné que certaines allégations, notamment celles concernant les déplacements organisés d’électeurs au niveau local, dépassent le cadre couvert par les rapports du BIDDH de l’OSCE;

65.

se félicite de la décision du Conseil européen d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine une fois que le degré nécessaire de conformité avec les critères d’adhésion aura été atteint; attend avec impatience le rapport de la Commission sur les progrès accomplis, qui devrait être publié en mars 2024 au plus tard; invite instamment les dirigeants politiques du pays à mettre en œuvre l’ensemble substantiel de réformes, y compris les réformes électorales, conformément aux décisions des tribunaux nationaux et internationaux afin de garantir à tous les citoyens et tous les peuples constitutifs les principes d’égalité et de non-discrimination, tels qu’ils sont consacrés dans sa constitution et dans le plein respect des arrêts des tribunaux nationaux et internationaux, y compris tous les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme concernant la Bosnie-Herzégovine; dénonce la rhétorique incendiaire constante et les réglementations et politiques sécessionnistes des dirigeants de l’entité de Republika Srpska (RS), y compris la célébration, le 9 janvier 2024, de la «Journée de la RS», jugée inconstitutionnelle; invite les États membres et les représentants de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine à encourager et à soutenir l’application de ces arrêts; réitère son appel en faveur de sanctions ciblées à l’encontre des acteurs déstabilisateurs en Bosnie-Herzégovine, notamment Milorad Dodik ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de la RS et des fonctionnaires serbes qui fournissent un soutien politique et matériel aux politiques sécessionnistes; invite tous les États membres à veiller à ce que le Conseil puisse adopter de telles sanctions, ainsi qu’à les imposer de manière bilatérale ou en coopération avec d’autres États membres si une telle adoption au Conseil n’est pas possible; se félicite de l’accord conclu en vue de prolonger le mandat de la force de l’Union dans le cadre de l’opération Althea en Bosnie-Herzégovine jusqu’au 2 novembre 2024, et rappelle que cette mission joue toujours un rôle central dans la sécurité et la stabilité de la Bosnie-Herzégovine; demande instamment à la mission militaire de l’Union de prévenir activement les défilés illégaux et autres provocations ainsi que les menaces à l’encontre de toutes les personnes qui s’emploient à aider les victimes de génocide et s’investissent dans la réconciliation interethnique ainsi que dans un avenir pacifique pour le pays;

66.

se réjouit du fait que la guerre d’agression à l’encontre de l’Ukraine ait incité l’Union à redonner la priorité à sa politique d’élargissement; réaffirme que le rythme du processus d’élargissement dépend à la fois de la capacité de chaque pays à satisfaire aux critères d’adhésion et de la détermination des dirigeants politiques des pays des Balkans occidentaux et des États membres de l’Union; s’inquiète de la hausse du nationalisme ethnique dans les Balkans occidentaux; invite le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à suivre la situation de près afin d’éviter les tensions; souligne l’importance des activités de soutien à la démocratie organisées avec le concours du Parlement, telles que le dialogue Jean Monnet et le processus de dialogue parlementaire;

67.

se félicite des récents signaux concernant l’accélération du calendrier pour les pays candidats; demande que les négociations d’adhésion en cours et à venir ne soient pas retardées en raison d’intérêts nationaux particuliers ou de la nécessité de réformer les traités; réaffirme la nécessité de poursuivre les travaux sur l’adhésion de nouveaux États membres parallèlement à l’approfondissement de l’Union; souligne toute l’importance des instruments financiers, tels que le troisième instrument d’aide de préadhésion (IAP III), afin de renforcer le partenariat entre l’Union et les pays candidats; demande l’élaboration d’une stratégie cohérente en vue de l’intégration progressive de tous les pays candidats, notamment dans les politiques sectorielles, et en qualité d’observateurs dans les différentes institutions de l’Union; reste profondément préoccupé par les informations selon lesquelles le commissaire chargé du voisinage et de l’élargissement cherche délibérément à éluder et à affaiblir le caractère central des réformes démocratiques et de l’état de droit dans les pays en voie d’adhésion à l’Union; demande instamment à la Commission d’ouvrir une enquête indépendante et impartiale afin de déterminer si le comportement affiché et les politiques poursuivies par le commissaire au voisinage et à l’élargissement constituent une violation du code de conduite des membres de la Commission et des obligations du commissaire en vertu des traités;

68.

note l’importance stratégique des Balkans occidentaux dans le contexte géopolitique actuel, ainsi que pour la sécurité et la stabilité de l’Union dans son ensemble; réaffirme la nécessité d’accroître la présence et la visibilité européennes dans la région afin d’écarter les influences étrangères néfastes et leurs activités hybrides;

69.

condamne l’attentat terroriste perpétré le 24 septembre 2023 contre les forces de police du Kosovo à Banjska, dans le nord de la République du Kosovo, ainsi que d’autres provocations; réaffirme sa position telle qu’elle a été adoptée dans sa résolution du 19 octobre 2023 (20); invite instamment toutes les parties, dans ce contexte, à s’employer à apaiser la situation et à éviter toute rhétorique ou tout acte susceptible d’entraîner de nouvelles tensions; suit de près les enquêtes en cours et réaffirme que leurs auteurs doivent répondre de leurs actes et faire face à la justice; invite la Commission et le Conseil à prendre des mesures à l’encontre du gouvernement serbe si les enquêtes révèlent que l’État serbe a été directement impliqué dans l’attentat susvisé ou les attaques violentes qui ont eu lieu dans le nord du Kosovo en mai 2023, ou si les autorités serbes ne sont pas disposées à coopérer pleinement;

70.

soutient la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie ainsi que le développement du dialogue mené grâce à la médiation de l’Union entre Belgrade et Pristina; invite le Kosovo et la Serbie à mener sans plus tarder ledit dialogue de bonne foi et dans un esprit de compromis, afin de parvenir à un accord global et juridiquement contraignant sur la normalisation de leurs relations, fondé sur la reconnaissance mutuelle, conformément au droit international; rappelle que l’absence de progrès dans la normalisation des relations aurait une incidence négative sur l’intégration des deux pays dans l’Union; déplore les mesures restrictives prises par le Conseil à l’encontre du Kosovo et demande leur levée immédiate; invite l’Union à adopter une approche équilibrée de la médiation entre les parties afin de sortir de l’impasse actuelle; rappelle que l’échec du dialogue aurait également des conséquences sur le rôle de l’Union en tant qu’acteur crédible de la politique étrangère;

71.

Déplore les nombreuses irrégularités signalées par les observateurs lors des élections législatives anticipées serbes du 17 décembre 2023, y compris, sans toutefois s’y limiter, l’abus de ressources publiques, les pressions exercées sur les employés du secteur public, les intimidations et les pressions exercées sur les électeurs, l’achat de votes et la capture des médias; réclame une enquête indépendante rapide sur ces irrégularités; invite, dans ce contexte, les autorités serbes à donner suite aux recommandations de la mission internationale d’observation électorale; s’inquiète de la profonde polarisation de la société serbe et des récents incidents violents, notamment le signalement du passage à tabac d’un homme politique de l’opposition par les services secrets serbes;

72.

se félicite de la décision du Conseil européen d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la République de Moldavie; invite le Conseil à adopter les cadres de négociation respectifs une fois que les mesures pertinentes visées dans les recommandations respectives de la Commission du 8 novembre 2023 auront été prises; prend acte avec satisfaction de la recommandation d’ouvrir également des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine une fois que le degré nécessaire de conformité avec les critères d’adhésion aura été atteint; se félicite de la demande d’adhésion du Kosovo à l’Union et demande à la Commission d’y répondre; rappelle que la candidature du Kosovo au statut de pays candidat sera évaluée sur la base de ses mérites propres et de sa capacité à satisfaire aux critères de Copenhague conditionnant l’adhésion à l’Union; se félicite, toutefois, de la levée de l’obligation de visa pour les citoyens du Kosovo;

73.

prend acte avec satisfaction de la décision du Conseil européen d’accorder à la Géorgie le statut de pays candidat, pour autant que les mesures pertinentes énoncées dans la recommandation de la Commission du 8 novembre 2023 soient prises, y compris celles qui portent sur la lutte contre la désinformation, l’alignement sur la PESC, l’amélioration de la mise en œuvre du contrôle parlementaire et la lutte contre la polarisation politique, la désoligarchisation et la lutte contre la corruption; réitère son appel à la libération de l’ancien président Mikheïl Saakachvili pour des raisons humanitaires et encourage la présidente Salomé Zourabichvili à faire usage de son droit constitutionnel de grâce, ce qui contribuerait à réduire la polarisation politique dans le pays; souligne les aspirations européennes légitimes du peuple géorgien et insiste, par conséquent, sur l’importance du soutien de l’Union au pays, en mettant l’accent sur les acteurs de la société civile œuvrant à l’intégration de la Géorgie dans l’Union; souligne le rôle stabilisateur que la Géorgie pourrait jouer dans le Caucase du Sud;

74.

prie les institutions de l’Union et les États membres de prendre des mesures fermes pour contraindre la Russie à s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu de l’accord de cessez-le-feu du 12 août 2008, pour lequel l’Union avait joué un rôle de médiation, et notamment de retirer toutes ses forces militaires et de sécurité des territoires géorgiens occupés, de permettre le déploiement de mécanismes de sécurité internationaux sur le terrain et d’accorder à la mission d’observation de l’Union un accès sans entrave aux régions géorgiennes d’Abkhazie et de Tskhinvali/Ossétie du Sud, occupées par la Russie; encourage les institutions de l’Union et les États membres à renforcer davantage encore les capacités de la mission de surveillance de l’Union et à étendre son mandat; invite en outre les institutions de l’Union et les États membres à employer le terme d’«occupation» pour désigner les régions géorgiennes d’Abkhazie et de Tskhinvali/Ossétie du Sud, illégalement occupées par la Russie et soumises à son contrôle effectif, conformément aux arrêts respectifs de la Cour européenne des droits de l’homme et à l’enquête de la Cour pénale internationale;

75.

estime que l’adhésion de l’Ukraine et de la République de Moldavie à l’Union constituerait un investissement géostratégique en faveur d’une Europe unie et forte; se félicite du dispositif de soutien et du lancement de la mission civile de partenariat de l’Union en République de Moldavie; salue les progrès déjà accomplis en matière de réformes et invite instamment la Commission à présenter une feuille de route ambitieuse pour l’ouverture des négociations d’adhésion dès que possible et pour l’intégration progressive de l’Ukraine et de la Moldavie dans les politiques et programmes de l’Union; souligne que la complexité du processus d’élargissement et le fait qu’il soit fondé sur le mérite nécessitent que des mesures soient prises régulièrement et en temps opportun; insiste en outre sur le fait que des efforts continus doivent être consentis pour adapter les outils d’adhésion existants et mettre en place la base légale pour le troisième instrument d’aide de préadhésion (IAP III); attend avec intérêt que le Conseil européen se penche sur les réformes internes concernant l’élargissement lors de ses prochaines réunions en vue d’adopter, d’ici l’été 2024, les conclusions sur une feuille de route pour les travaux futurs;

76.

rappelle la nécessité de repenser la politique multilatérale du partenariat oriental pour rétablir l’engagement régional et le programme de réforme démocratique régional, y compris par l’intermédiaire de l’Assemblée parlementaire Euronest;

77.

regrette que l’Azerbaïdjan ait choisi une solution militaire au lieu de la diplomatie en ce qui concerne le Haut-Karabakh, tout en reconnaissant que le Haut-Karabakh est internationalement reconnu comme territoire azerbaïdjanais; condamne avec la plus grande fermeté l’attaque planifiée et injustifiée par l’Azerbaïdjan contre les Arméniens du Haut-Karabakh et la population qui est restée dans la région; invite les autorités azerbaïdjanaises à permettre le retour en toute sécurité de la population arménienne au Haut-Karabakh et à offrir des garanties solides en ce qui concerne la protection de leurs droits; demande la protection du patrimoine culturel, historique et religieux arménien au Haut-Karabakh, conformément aux normes de l’Unesco et aux engagements internationaux pris par l’Azerbaïdjan; déplore que l’offensive de Bakou ait constitué une violation flagrante du droit international et des droits de l’homme ainsi qu’une violation manifeste de la déclaration trilatérale de cessez-le-feu du 9 novembre 2020 et des engagements pris par l’Azerbaïdjan dans les négociations menées sous la médiation de l’Union; estime qu’un véritable dialogue entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie est la seule voie durable à suivre et demande à l’Union et à ses États membres de soutenir ces efforts; soutient les pourparlers de paix en cours entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui sont sérieusement menacés par la récente opération militaire contre le Haut-Karabakh laquelle a donné lieu à l’exode de la population arménienne; souligne qu’une paix régionale digne et durable qui préserve la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale des deux pays est indispensable à la stabilité de la région; est préoccupé par les tentatives de certains dirigeants et puissances régionales d’exploiter la situation actuelle d’une manière susceptible de menacer les perspectives fragiles de paix; avertit que tout effort visant à atteindre les objectifs en recourant à la force et en violant l’intégrité territoriale des pays voisins devrait susciter une réaction décisive de la part de l’Union et de la communauté internationale;

78.

invite la mission civile de l’Union européenne en Arménie (EUMA) à suivre de près l’évolution de la situation en matière de sécurité sur le terrain, à faire rapport en toute transparence au Parlement et à contribuer activement aux efforts de résolution des conflits; demande à l’Union et à ses États membres de renforcer le mandat de l’EUMA, d’en augmenter la taille et d’en prolonger la durée ainsi que de déployer des contrôleurs le long de la frontière avec la Turquie également; invite l’Azerbaïdjan à autoriser la présence de l’EUMA de son côté de la frontière ainsi que dans le Haut-Karabakh;

79.

invite le VP/HR et le SEAE à continuer de soutenir l’Arménie au moyen de la facilité européenne pour la paix, notamment en vue de renforcer ses capacités de défense contre les menaces hybrides afin d’élargir son espace de sécurité au-delà de l’Organisation du traité de sécurité collective; se félicite de la mise en place du dialogue politique et de sécurité entre l’Union et l’Arménie et de sa deuxième réunion, le 15 novembre 2023;

80.

souligne que les multiples avertissements du Parlement quant à la situation n’ont conduit à aucun changement dans la politique de l’Union à l’égard de l’Azerbaïdjan; insiste sur le fait que tout approfondissement des relations entre l’Union et l’Azerbaïdjan doit rester subordonné à la réalisation par le pays de progrès substantiels en matière de respect des droits de l’homme, de l’état de droit, de la démocratie et des libertés fondamentales, y compris en ce qui concerne la protection des minorités ethniques; se déclare, à cet égard, vivement préoccupé par la récente aggravation de la répression contre les journalistes indépendants et les défenseurs des droits de l’homme en Azerbaïdjan; invite par ailleurs l’Union à imposer sans délai des sanctions à l’Azerbaïdjan et à suspendre le protocole d’accord sur un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie; se demande en outre si l’Azerbaïdjan est apte à accueillir la COP 29 en 2024, alors que le pays prévoit d’augmenter d’un tiers sa production de combustibles fossiles au cours des dix prochaines années;

81.

réaffirme son soutien au gouvernement démocratiquement élu de l’Arménie et son plein respect de la souveraineté, de la démocratie et de l’intégrité territoriale du pays; salue la déclaration du Premier ministre Nikol Pachinian, selon laquelle l’Arménie ne se laissera pas entraîner dans une nouvelle guerre avec l’Azerbaïdjan, et ses récents appels à la reprise des pourparlers de paix au plus haut niveau avec l’Azerbaïdjan; condamne l’ingérence russe en Arménie, qui vise à étendre les troubles; invite l’Union à renforcer son engagement dans le Caucase du Sud; se félicite que l’Arménie ait ratifié le statut de Rome de la Cour pénale internationale;

82.

reste préoccupé par le fait que le gouvernement turc n’ait pas inversé la tendance négative à la détérioration de la démocratie, de l’état de droit, des droits fondamentaux et de l’indépendance du pouvoir judiciaire, et que la politique étrangère de la Turquie continue d’aller à l’encontre des priorités de la PESC de l’Union et que la Turquie n’ait pas aligné ses sanctions contre la Russie; se déclare déçu par les déclarations du président turc selon lesquelles le Hamas ne serait pas une organisation terroriste; exprime son profond désaccord avec cette affirmation erronée;

83.

soutient qu’en l’absence d’un changement de cap radical de la part du gouvernement turc, le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union ne peut pas reprendre; invite l’Union et le gouvernement turc à progresser vers un partenariat plus étroit, plus évolutif et plus stratégique, compte tenu du rôle clé que joue la Turquie dans la région et de son importance en tant qu’allié de l’OTAN; recommande d’engager un processus de réflexion afin de concevoir un cadre parallèle et réaliste dédié aux relations entre l’Union et la Turquie qui englobe les intérêts de toutes les parties concernées, et qui ancrerait la Turquie dans l’Union au lieu de la pousser vers la Russie ou l’Iran;

84.

se félicite de la désescalade partielle des tensions en Méditerranée orientale et en mer Égée et demande à la Turquie d’œuvrer à une approche constructive, qui ne soit ni affirmée ni agressive, avec ses partenaires dans ces régions; se félicite, à cet égard, de la décision très tardive de la Turquie et de la Hongrie d'approuver enfin l'adhésion de la Suède à l’OTAN et invite instamment les autorités nationales turques à coopérer étroitement avec l’envoyé spécial international pour la mise en œuvre des sanctions de l’UE;

85.

condamne le lancement de travaux de construction illégaux par la partie chypriote turque à l’intérieur de la zone tampon près du village bicommunautaire de Pyla/Pile à Chypre, ainsi que les agressions perpétrées contre les forces de maintien de la paix des Nations unies et les dégâts causés à des véhicules des Nations unies le 18 août 2023; demande que soient respectés le statut de la zone tampon et le mandat de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre; rappelle que les menaces à la sécurité des forces de maintien de la paix des Nations unies et l’endommagement des biens des Nations unies constituent un crime au regard du droit international; prie instamment la Turquie et les dirigeants chypriotes turcs de cesser et d’abandonner toutes les activités unilatérales de ce type et d’éviter toute nouvelle action ou provocation qui ne serait pas propice à la reprise des négociations menées sous l’égide des Nations unies; se félicite de l’accord auquel sont parvenues les parties pour déterminer la voie à suivre concernant la route de Pyla/Pile à Chypre et pour stabiliser la situation, et appelle à entamer des négociations pacifiques et un véritable processus de dialogue;

86.

déplore que plus de vingt-cinq ans après le lancement du processus de Barcelone, la création d’un espace commun de prospérité, de stabilité et de liberté avec les pays méditerranéens du voisinage méridional ne soit toujours pas achevée; encourage le VP/HR et la Commission à consolider la dimension méridionale du voisinage de l’Union, notamment par un dialogue renforcé et des conditions plus strictes en ce qui concerne le versement de fonds, et à garantir des ressources suffisantes pour la mise en œuvre rapide et effective du nouveau programme pour la Méditerranée; souligne le rôle important joué par les pays du voisinage méridional dans une gestion des migrations fondée sur les principes des droits de l’homme des migrants et des réfugiés consacrés dans le droit international, régional et national, de solidarité, d’équilibre et de responsabilité partagée entre les pays; souligne l’importance de la coopération avec ces pays afin d’atténuer les causes profondes de la migration, les conséquences de la migration illégale, de la traite des êtres humains et de la contrebande d’armes illégales et de biens culturels; souligne que de nombreux pays du voisinage méridional sont riches en ressources énergétiques et peuvent contribuer davantage à la diversification de l’approvisionnement énergétique des pays européens;

87.

prend acte de l’accord politique sur un paquet global de partenariat entre l’Union et la Tunisie; rappelle que ce protocole d’accord est assorti de conditions et invite instamment la Commission à en garantir le respect; regrette toutefois que le protocole d’accord n’ait pas inclus les obligations en matière de droits de l’homme attendues par l’Union dans ses accords avec des pays tiers; estime en outre que les relations entre l’Union et la Tunisie devraient reposer sur le cadre de l’accord d’association UE-Tunisie et sur le respect de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit, avec un contrôle parlementaire complet de la mise en œuvre de l’accord d’association et du versement des fonds de l’Union à la Tunisie; est fermement convaincu que le transfert de fonds de l’Union devrait être subordonné au respect par la Tunisie des normes en matière de droits de l’homme et être soumis à des dispositions en matière de conditionnalité et de responsabilité; invite la Commission à présenter un mécanisme pour garantir la conformité à cet égard, en examinant toutes les options pertinentes;

88.

est vivement préoccupé par la dérive autoritaire des dirigeants tunisiens, par la détention de personnalités de l’opposition et de la société civile et par la persécution des réfugiés et des demandeurs d’asile, et demande instamment aux autorités tunisiennes de respecter le droit international humanitaire et les droits des migrants; condamne en outre la décision des autorités tunisiennes de refuser l’entrée à la délégation de la commission des affaires étrangères du Parlement et prie instamment les autorités tunisiennes de permettre l’instauration d’un dialogue politique ouvert;

89.

souligne la nécessité de nouer un dialogue plus stratégique avec les pays du Golfe, notamment pour promouvoir la sécurité régionale, la coopération, l’action climatique, les droits de l’homme et la lutte contre la corruption; se félicite de la reprise des relations diplomatiques entre le Royaume d’Arabie saoudite et la République islamique d’Iran; se félicite, en outre, de la proposition d’instaurer un dialogue structuré sur la sécurité entre l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe; rappelle, à cet égard, la nécessité d’une transparence et d’une responsabilité totales dans le partenariat stratégique entre l’Union et les pays du Golfe; invite l’Union et les États membres à continuer à mettre l’accent sur le respect des droits de l’homme et de l’égalité des genres, ainsi que sur l’alignement progressif des valeurs, en particulier pour réagir à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et à ses conséquences;

90.

souligne que la PESC vise à développer et à consolider la démocratie, l’état de droit et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales et que ces objectifs ne sont pas partagés par le Royaume d’Arabie saoudite; prend acte du fait que le Royaume d’Arabie saoudite continue de coopérer avec l’Union dans le cadre d’un dialogue régulier sur les droits de l’homme; condamne toutefois les violations persistantes des droits de l’homme commises par le pays, en particulier les condamnations à mort, les exécutions et les restrictions aux droits civils et politiques, ainsi qu’à la liberté d’expression, et demande l’abolition de la peine de mort;

91.

dénonce la répression brutale des manifestations qui ont suivi l’assassinat de Jina Mahsa Amini et la torture et l’assassinat de nombreux autres opposants au régime, par les forces de police et de sécurité iraniennes, y compris le Corps des gardiens de la révolution islamique; demande des mesures restrictives supplémentaires à l’encontre du Corps des gardiens de la révolution islamique, de ses forces subsidiaires et de tous les responsables de violations des droits de l’homme lors des manifestations pacifiques, y compris les plus hauts fonctionnaires; invite le Conseil à inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique et ses forces subsidiaires, y compris la police des mœurs iranienne, la milice paramilitaire Basij et la force Quds, en tant qu’entité terroriste;

92.

renouvelle son soutien au mouvement d’opposition pacifique qui se répand en Iran pour protester contre l’oppression croissante et systématique des femmes, ainsi que les violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales; condamne le régime iranien pour sa campagne de harcèlement, de surveillance, d’enlèvement et de menaces de mort à l’encontre des militants iraniens et pour sa discrimination systématique à l’égard des femmes au moyen de lois et de réglementations qui restreignent gravement leurs libertés; demande la mise en place d’un mécanisme international d’investigation et d’imputabilité pour les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement iranien;

93.

condamne le régime iranien pour avoir fourni des équipements militaires à la Russie lors de l’agression brutale et illégale menée par cette dernière contre l’Ukraine; souligne que la République islamique contribue aux crimes de guerre en Ukraine, étant donné que ces équipements sont utilisés pour cibler les civils et les infrastructures civiles, et demande que l’Union fasse preuve de fermeté face à la participation de l’Iran à la guerre menée par la Russie; condamne le parrainage par l’Iran de groupes terroristes désignés, notamment le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique palestinien et les Houthis; condamne les attaques illégales, inacceptables et déstabilisantes des Houthis contre les navires commerciaux transitant en mer Rouge, au moyen de missiles, de petites embarcations et de tentatives de détournement; souligne que ces attaques ont considérablement perturbé le commerce mondial, étant donné que les compagnies maritimes sont contraintes de réacheminer une grande partie de leur trafic de la mer Rouge, ce qui implique de contourner la pointe sud de l’Afrique; appelle à une action collective et encourage l’Union à s’engager davantage et à renforcer la coopération internationale; salue, dans ce contexte, la décision des États membres de lancer une opération maritime relevant de la PSDC, sous le nom d’ASPIDES, pour protéger les navires marchands, en renforçant la connaissance de la situation maritime et en escortant les navires pour prévenir toute attaque et garantir la liberté de navigation sur l’une des voies navigables les plus critiques du monde; demande qu’il soit mis fin immédiatement à ces attaques illégales et que les navires et les équipages détenus illégalement soient libérés; exprime sa préoccupation quant à l’effet déstabilisateur qu’ont les activités de l’Iran sur le Moyen-Orient et les perspectives de paix entre Israéliens et Palestiniens; souligne la nécessité de faire face et de s’opposer aux activités malveillantes et déstabilisatrices plus largement menées par l’Iran au Moyen-Orient et au-delà; s’oppose fermement à la diplomatie de prise d’otages de l’Iran et exige que tous les ressortissants européens détenus en Iran soient libérés et soient autorisés à quitter le pays; demande au régime de Téhéran de mettre un terme à sa campagne d’intimidation et de répression à l’encontre des groupes de la diaspora iranienne dans l’Union et dans le monde entier; invite les gouvernements des États membres à prendre conscience des tactiques de répression transnationales spécifiques utilisées par l’Iran;

94.

exprime sa profonde préoccupation face à l’enrichissement continu de l’uranium jusqu’à 60 % de pureté par la République islamique d’Iran et à ses violations répétées du plan d’action global commun (PAGC); encourage la reprise des négociations autour du traité du PAGC;

95.

condamne avec la plus grande fermeté les attentats terroristes abjects commis par le Hamas contre Israël et demande la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des otages enlevés par le groupe terroriste Hamas et le rapatriement des dépouilles des otages décédés; reconnaît le droit d’Israël à la légitime défense, consacré et limité par le droit international, et souligne qu’à ce titre, les actions d’Israël doivent respecter strictement le droit international humanitaire, qui prévoit que toutes les parties à un conflit doivent à tout moment établir une distinction entre combattants et civils, que les attaques ne doivent viser que des cibles militaires et que les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être la cible d’attaques; condamne la réaction disproportionnée de l’armée israélienne, qui a entraîné un nombre sans précédent de décès parmi les civils; est très préoccupé par la forte détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza et appelle à la mise en place d’un cessez-le-feu permanent afin que l’aide puisse être apportée aux civils dans la bande de Gaza; prie instamment la communauté internationale de poursuivre et d’accroître son aide humanitaire à la population de la région et réaffirme que l’aide humanitaire de l’Union doit continuer à lui être acheminée; demande instamment aux autorités israéliennes de garantir l’accès continu de l’aide humanitaire à la bande de Gaza, en mettant l’accent sur la fourniture ininterrompue de produits essentiels tels que carburant, nourriture, eau, fournitures médicales et abris, dans le respect du droit international;; déplore que l’Autorité palestinienne n’ait pas organisé d’élections depuis 2005, ce qui nuit à sa crédibilité, et espère que des élections auront lieu prochainement;

96.

invite les États membres à soutenir la CIJ et à exiger d’Israël qu’il se conforme immédiatement aux ordonnances juridiquement contraignantes rendues par la Cour;

97.

regrette que le Hamas et ses alliés cherchent de plus en plus à étendre le conflit à une zone beaucoup plus vaste afin de faire pression sur Israël alors que l’offensive terrestre à Gaza s’intensifie; s’inquiète donc du fait que l’Iran et ses alliés cherchent à déclencher une guerre régionale; exprime sa profonde inquiétude quant à l’escalade potentielle de la guerre et à son impact sur l’ensemble de la région, en particulier sur la situation à la frontière israélo-libanaise, sachant que des combattants fidèles au Hezbollah lancent des roquettes en direction d’Israël; souligne l’importance de désamorcer les tensions dans la région;

98.

réaffirme son soutien sans faille à une solution négociée à deux États pour Israël et la Palestine, sur la base des frontières de 1967, qui prévoit la coexistence de deux États souverains et démocratiques comme voisins pacifiques et Jérusalem comme capitale commune; encourage le SEAE et les États membres à prendre une initiative européenne pour remettre sur les rails la solution fondée sur la coexistence de deux États; demande, dans ce contexte, au VP/HP et au représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient de mobiliser un soutien international pour la «Journée d’initiative pour la paix au Proche-Orient», qui a été lancée en septembre 2023 à New York lors de l’Assemblée générale des Nations unies; est conscient que pour permettre la reprise des négociations, les acteurs internationaux, y compris les États-Unis, les Nations unies, l’Union européenne et les États arabes, doivent compléter leurs efforts de manière à ce qu’ils soient constructifs; rappelle que les colonies dans les territoires palestiniens occupés sont illégales au regard du droit international; condamne fermement la montée de la violence extrémiste des colons à l’encontre des Palestiniens; demande la fin immédiate de la politique de colonisation ainsi que la fin de l’occupation des territoires palestiniens, qui constituent des obstacles majeurs à la viabilité de la solution fondée sur la coexistence de deux États; demande que des mesures restrictives soient prises contre les colons extrémistes qui violent les droits de l’homme et le droit international; soutient une solution équitable et viable à la question des réfugiés palestiniens, sur laquelle les deux parties s’accordent; souligne que la poursuite du soutien à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient demeure un élément clé de la stratégie de l’Union visant à contribuer à la stabilité et à la paix au Moyen-Orient; prend acte avec préoccupation des allégations récentes d’Israël à l’encontre de 12 membres du personnel de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA); salue la réponse immédiate et déterminée des Nations unies à ces allégations, et notamment le licenciement immédiat des membres du personnel en question et l’ouverture de deux enquêtes distinctes sur la question par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations unies et par un groupe d’étude indépendant mené par l’ancienne ministre française Catherine Colonna et trois organisations européennes; invite Israël, à cet égard, à coopérer étroitement avec le BSCI et le groupe d’étude indépendant et à leur fournir toutes les preuves nécessaires; salue la décision de la Commission de ne pas suspendre le financement accordé à l’UNRWA avant l’annonce, par les Nations unies, du résultat des enquêtes et des actions que l’organisation compte engager; demande instamment à tous les bailleurs de fonds qui ont suspendu le financement qu’ils accordaient à l’UNRWA en raison de ces allégations de reconsidérer leur décision à la lumière de la réponse immédiate de l’UNRWA à ces allégations et de son rôle essentiel dans l’acheminement de l’aide vitale aux deux millions de personnes qui en dépendent pour leur survie dans la bande de Gaza dans le cadre de l’une des crises humanitaires les plus vastes et les plus complexes au monde;

99.

réaffirme le soutien ferme apporté par l’Union aux travaux de la Cour pénale internationale (CPI) et de la Cour internationale de justice; demande que les responsables d’actes terroristes et de violations du droit international répondent de leurs actes et, en ce sens, exige que tous les crimes de guerre éventuels fassent l’objet d’une enquête; réaffirme que les attaques délibérées contre des civils constituent de graves violations du droit international, tout comme le transfert forcé de populations; demande que justice soit rendue aux victimes des attentats terroristes du Hamas, qui ont donné lieu à des massacres et à des tortures sexuelles, tant le 7 octobre 2023 que depuis lors; prend acte de la procédure lancée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice;

100.

constate que la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine à la fois pose des difficultés et ouvre des perspectives pour les États d’Asie centrale, qui entretiennent traditionnellement des relations étroites avec la Russie; s’inquiète des pressions exercées par la Russie et la Chine dans la région et souligne la nécessité de renforcer la présence de l’Union en Asie centrale en réaction à celles-ci; souligne l’intérêt pour l’Union de renforcer les relations économiques et d’intensifier les relations politiques avec les pays d’Asie centrale, en partie pour remédier au contournement des sanctions infligées à la Russie et à la Biélorussie; invite les autorités nationales de ces pays, en particulier celles du Kazakhstan, du Kirghizstan et de l’Ouzbékistan, à coopérer étroitement avec l’Union, en particulier son envoyé chargé des sanctions, et rappelle également, à cet égard, qu’il importe de collaborer plus étroitement avec l’OSCE;

101.

encourage la Commission et les États membres à continuer de promouvoir des réformes politiques et économiques qui renforcent l’état de droit, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme, y compris dans le contexte du système de préférences généralisées (SPG) et du SPG+, le cas échéant, et à encourager les relations de bon voisinage; rappelle que tous les pays de la région d’Asie centrale doivent s’engager à respecter la charte des Nations unies, en particulier les principes de respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays;

102.

se félicite du bilan du deuxième forum économique UE-Asie centrale qui s’est tenu à Almaty en mai 2023 et de la deuxième réunion entre le président du Conseil européen et les chefs d’État des cinq pays d’Asie centrale qui a eu lieu en juin 2023; demande que ces réunions et déclarations de haut niveau soient suivies d’actions concrètes; se félicite, dans ce contexte, de la programmation du premier sommet UE-Asie centrale cette année; se réjouit de l’approbation de la feuille de route commune visant à approfondir les relations entre l’Union européenne et l’Asie centrale, qui sert de modèle stratégique pour enrichir le dialogue et la coopération dans des domaines spécifiques, notamment le renforcement de la résilience culturelle, sociale et économique; invite instamment la Commission et les États membres à signer l’accord de partenariat et de coopération renforcé (APCR) avec le Kirghizstan, à achever les travaux préparatoires en vue de la signature de l’APCR avec l’Ouzbékistan et à faire progresser rapidement les négociations en cours sur un APCR avec le Tadjikistan;

103.

rappelle que les pays d’Asie centrale constituent d’importants fournisseurs de matières premières et d’énergie; estime que l’Union a tout intérêt à redynamiser le corridor médian non seulement en tant que zone économique régionale, mais aussi en remplacement du nouveau pont terrestre eurasiatique, qui traverse les territoires russe et biélorusse sanctionnés; souligne l’importance de promouvoir l’intégration régionale le long du corridor médian, notamment pour attirer des financements pour des projets d’infrastructure dans le cadre de la stratégie «Global Gateway»;

104.

renouvelle sa non-reconnaissance du gouvernement afghan de fait; est préoccupé par la situation économique et humanitaire catastrophique en Afghanistan ainsi que par la violation des droits des femmes et des filles dans le pays; dénonce le déclin drastique de la capacité du Programme alimentaire mondial à fournir une aide alimentaire à la population afghane et demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce qu’une aide humanitaire essentielle lui soit apportée et de garantir un financement supplémentaire pour l’aide d’urgence; demande au VP/HR d’avancer l’idée de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre des chefs talibans pour les crimes qu’ils ont commis contre des femmes et des filles;

105.

soutient les cinq critères de référence clés qui ont été adoptés par le Conseil le 21 septembre 2021 et qui tiennent lieu de principes directeurs pour les futurs échanges avec les talibans, mais estime qu’il convient de réaliser un travail important sur la définition d’une stratégie à long terme afin de répondre à l’urgence en matière de droits de l’homme et à l’apartheid de genre existant aujourd’hui en Afghanistan; souligne que le mécanisme de l’Union pour l’évacuation des personnes se trouvant en Afghanistan, qui travaillaient pour les missions européennes, espéraient bénéficier de la protection européenne et sont toujours en situation de danger imminent, ne peut prendre fin tant que des personnes remplissant ces critères demeurent dans le pays;

106.

déplore le veto de la Fédération de Russie, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 11 juillet 2023, en ce qui concerne le renouvellement de la résolution 2672(2023) du Conseil de sécurité des Nations unies concernant l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire aux populations du nord-ouest de la Syrie via Bab al-Hawa, mettant en danger plus de quatre millions de personnes qui dépendent de l’aide humanitaire pour répondre à leurs besoins essentiels en matière de nourriture, de médicaments et d’autres fournitures vitales; prend acte de la réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe; estime qu’une normalisation avec le régime syrien actuel ne peut avoir lieu et souligne que le processus politique syrien est dans l’impasse;

107.

réaffirme qu’une région indo-pacifique libre, pacifique, connectée, ouverte, stable et fondée sur des règles revêt un intérêt européen vital; s’inquiète du fait que la concurrence entre grandes puissances impose des paramètres à la capacité de l’Union à promouvoir le multilatéralisme dans la région; souligne, dans ce contexte, que le dialogue Asie-Europe est toujours paralysé en raison des tensions géopolitiques avec la Russie; reconnaît les efforts déployés par le VP/HR pour créer des liens avec la région, comme en témoignent l’organisation du troisième forum ministériel de l’UE pour la coopération dans l’Indo-Pacifique qui s’est tenu le 2 février 2024, ainsi que la participation du VP/HR au forum régional de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) du 14 juillet 2023; invite l’Union à soutenir activement le forum ministériel pour la coopération dans l’Indo-Pacifique en tant qu’événement annuel;

108.

encourage la création de liens politiques plus étroits avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, conformément à la stratégie de l’Union pour la coopération dans la région indo-pacifique, en particulier avec le Japon, la République de Corée, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Taïwan et les États membres de l’ASEAN, notamment en ce qui concerne la sécurité maritime, la non-prolifération et la résilience face aux menaces hybrides; salue les efforts fournis par le SEAE en matière de renforcement des capacités dans la région indo-pacifique, qui visent à établir une résilience face à la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères; souligne la nécessité de renforcer les relations entre les peuples avec nos partenaires, en particulier les échanges avec la jeunesse, la coopération citoyenne ainsi que la coopération avec les groupes de réflexion; souligne que la préservation de la paix, de la stabilité et de la liberté de navigation dans la région indo-pacifique demeure d’une importance capitale pour les intérêts de l’Union et des États membres;

109.

invite la RPDC à abandonner ses programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de manière complète, vérifiable et irréversible; condamne avec la plus grande fermeté les crimes contre l’humanité perpétrés actuellement et prie instamment les autorités du pays d’engager un processus de réforme dans le cadre duquel tous les droits de l’homme seront respectés et protégés; souligne qu’il est urgent que l’Union et la communauté internationale agissent pour empêcher la coopération militaire et les échanges d’armes entre la Russie et la RPDC;

110.

constate que les défis géopolitiques ont renforcé l’intérêt commun de l’Inde et de l’Union à garantir la sécurité, la prospérité et le développement durable; plaide vigoureusement pour la mise en œuvre intégrale de la stratégie de l’Union pour l’Inde de 2018 et la feuille de route UE-Inde à l’horizon 2025, en étroite coordination avec les propres actions des États membres visant à coopérer activement avec l’Inde; salue la création du Conseil du commerce et des technologies UE-Inde; encourage l'approfondissement des relations entre l'Inde et l'UE en tant que partenaires stratégiques; demande, dans ce contexte, que l'engagement en faveur de dialogues et de sommets multiniveaux réguliers soit respecté afin de maintenir les relations bilatérales au premier rang des priorités; plaide en outre pour l’instauration d’un dialogue interparlementaire plus structuré entre le Parlement européen et son pendant indien; estime que ce dialogue permettrait de coordonner les positions et les initiatives dans les forums multilatéraux, notamment au sein des Nations unies, de l’Organisation mondiale du commerce et du G20; souligne l’importance de la réussite des négociations sur l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde en tenant compte des sensibilités des deux parties; espère que l’Inde alignera sa position concernant l’invasion de l’Ukraine par la Russie avec celle de la communauté transatlantique et demande au Conseil et au VP/HR d’agir sur le plan diplomatique à cet égard; rappelle dans ce contexte que tout approfondissement du partenariat repose sur les valeurs de liberté, de démocratie, de pluralisme, d’état de droit, d’égalité, de respect des droits de l’homme et de développement durable, ainsi que sur la volonté de promouvoir un ordre mondial inclusif fondé sur des règles;

111.

se déclare profondément préoccupé par les récents changements intervenus dans la position intérieure et militaire de la Chine depuis le 20e Congrès national du Parti communiste chinois; estime que l’affirmation de soi de plus en plus forte dont fait preuve la Chine, notamment par une politique de coercition économique, demeure l’un des principaux défis géopolitiques du XXIe siècle; estime que la Chine démontre qu’elle a à la fois l’intention et, de plus en plus, la capacité économique, diplomatique, militaire et technologique de faire basculer l’ordre international fondé sur des règles; met l’accent sur le fait que cette situation nécessite une réponse multidimensionnelle par laquelle l’Union continue à coopérer de manière sélective avec la Chine sur un certain nombre de questions clés tout en réduisant les risques inhérents à ces relations, en limitant de plus en plus la dépendance économique excessive dans les secteurs critiques, conformément à la stratégie de l’Union en matière de sécurité économique; constate qu’il est de plus en plus difficile de dialoguer sur le fond avec la Chine en raison de la concurrence et de la rivalité systémique de plus en plus exacerbées; souligne que la Chine demeure importante dans de nombreux domaines d’action, y compris le changement climatique; alerte sur le fait que le développement continu du partenariat stratégique sino-russe, notamment dans le domaine des transferts de technologies et de capacités militaires, ainsi que de la coopération dans la région arctique, peut renforcer la capacité de la Chine à contraindre les partenaires de l’Union en Asie et dans le monde entier; demande à nouveau une stratégie UE-Chine plus affirmée, qui façonne les relations avec la Chine sur les intérêts de l’Union et tienne pleinement compte des défis que pose l’accession de la Chine au rang d’acteur mondial;

112.

condamne les actes de guerre hybride, tels que les cyberattaques, les campagnes de désinformation et la surveillance ou l’espionnage des citoyens chinois au sein de l’Union; demande instamment à la Chine de mettre immédiatement fin à ces actes malveillants et à ses activités de manipulation de l’information et d’ingérence électorale et invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre d’urgence les initiatives relatives à l’ingérence étrangère dans tous les processus démocratiques de l’Union, y compris la désinformation, comme le suggère le Parlement; désapprouve les sanctions prises à l’encontre de députés au Parlement européen (et d’autres entités de l’Union), de députés de parlements nationaux et de groupe de réflexion et de chercheurs européens, et demande leur levée immédiate et inconditionnelle;

113.

condamne le système de travail forcé dirigé par le gouvernement chinois et ses violations des droits de l’homme qui, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, pourraient constituer des crimes contre l’humanité, notamment un risque élevé de génocide au Xinjiang et des crimes contre l’humanité au Tibet et en Mongolie intérieure, ainsi que les politiques oppressives à l’encontre des autres minorités ethniques; rappelle que la «politique d’une seule Chine» de l’Union demeure une pierre angulaire des relations entre l’Union européenne et la Chine; condamne une nouvelle fois la violation par la Chine de ses engagements internationaux, des déclarations communes sino-britannique et sino-portugaise, du pacte international relatif aux droits civils et politiques, du principe «un pays, deux systèmes» et de la loi fondamentale de Hong Kong, ainsi que la répression menée contre les figures de la lutte pour l’autonomie de la région administrative spéciale et de l’opposition, parmi lesquelles des membres de la société civile et les membres de leur famille; demande à la Commission d’examiner le statut autonome de Hong Kong et de Macao à la lumière des violations par la Chine des déclarations communes sino-britannique et sino-portugaise et des mesures portant atteinte à l’autonomie de Hong Kong;

114.

insiste sur la nécessité de veiller à ce que l’Europe adopte une approche commune lorsque la Chine se sert de son levier économique pour faire taire les voix dénonçant les violations des droits de l’homme qu’elle commet; demande instamment à la Chine d’enquêter sur toutes les violations des droits de l’homme et du droit international et de les prévenir; rappelle que la Chine, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, a une responsabilité particulière en ce qui concerne la déclaration universelle des droits de l’homme; est préoccupé par la situation des chrétiens et des autres minorités religieuses, y compris leur liberté de culte en Chine, étant donné qu’ils sont actuellement victimes de persécutions;

115.

condamne la tendance croissante à la répression transnationale par la Chine et demande aux États membres de l’Union qui ne l’ont pas encore fait de suspendre leurs traités d’extradition avec la Chine et Hong Kong, et de fermer tous les «postes de police» chinois illégaux qui se trouvent encore sur leur territoire; se déclare préoccupé par l’accord sur le renforcement de la coopération en matière répressive et des patrouilles communes signé, le 16 février 2024, par le ministère chinois de la sécurité publique et le ministère hongrois de l’intérieur; invite le gouvernement hongrois à divulguer immédiatement et intégralement tous les détails de l’accord et ses effets négatifs potentiels sur la sécurité et la souveraineté communes de l’Union européenne; invite le SEAE à suivre de près les procès des prisonniers politiques à Hong Kong et à demander leur libération, y compris celle du fondateur d’Apple Daily, Jimmy Lai;

116.

prend acte du dernier sommet des BRICS, qui s’est tenu à Johannesburg en août 2023, et des objectifs géopolitiques de la Chine à l’égard de ces pays ainsi que du discours qu’elle déploie dans le contexte de ses initiatives pour le développement mondial, pour la sécurité mondiale et pour la civilisation mondiale; souligne la nécessité pour l’Union et les États membres de renforcer le dialogue et la coopération avec certains membres des BRICS+ afin de lutter contre les actions malveillantes de la Russie et l’influence croissante de la Chine dans le monde;

117.

invite instamment l’Union et la Chine à intensifier le dialogue et la coopération étroite en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et, plus globalement, en matière d’utilisation durable des ressources biologiques marines et de gouvernance des océans; demande à l’Union de renforcer sa coopération avec le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon et d’autres acteurs clés de la politique en matière de pêche et d’océans, en faisant usage de ses instruments diplomatiques pour encourager la Chine à poursuivre les réformes nécessaires de son cadre de gouvernance de la pêche;

118.

condamne vivement les provocations militaires continues de la Chine à l’encontre de Taïwan, et rejette de nouveau fermement toute modification unilatérale du statu quo dans le détroit de Taïwan, qui menace la stabilité régionale; demande à l’Union et à ses États membres de signaler de manière claire et cohérente que toute tentative de modification unilatérale du statu quo dans le détroit de Taïwan, notamment par la force ou la coercition, ne saurait être acceptée et aura un coût élevé; insiste sur le fait que les revendications territoriales de la Chine n’ont aucun fondement au regard du droit international; dénonce en outre le blocage par la Chine de la participation de Taïwan aux organisations multilatérales; invite la Commission et les États membres à soutenir la participation significative de Taïwan aux organisations internationales pertinentes, telles que l’OMS, l’Organisation de l’aviation civile internationale et la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques; souligne à nouveau que Taïwan est un partenaire majeur de l’Union et un allié démocratique dans la région indo-pacifique; reconnaît le rôle important joué par Taïwan dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans le secteur des hautes technologies, et demande instamment à l’Union et à ses États membres de coopérer plus étroitement avec Taïwan; se félicite des visites consécutives à Taïwan, depuis 2021, de délégations officielles des commissions du Parlement et encourage la poursuite des échanges entre l’Union et Taïwan; invite la Commission à prendre sans tarder des mesures pour préparer les négociations sur un accord bilatéral d’investissement avec Taïwan;

119.

condamne les déclarations du président chinois selon lesquelles la Chine ne renoncera jamais au droit d’utiliser la force contre Taïwan et encourage les dirigeants chinois à faire preuve de prudence et de retenue à la suite des élections présidentielles et législatives taïwanaises; prend note du fait que ni Taïwan ni la Chine ne sont subordonnés l’un à l’autre; exprime de vives inquiétudes quant au recours par la Chine à la désinformation hostile pour porter atteinte à la confiance dans la démocratie et la gouvernance de Taïwan; demande à l’Union et à ses États membres de coopérer avec des partenaires internationaux pour aider à préserver la démocratie à Taïwan, à l’abri des ingérences et des menaces étrangères, et souligne que seul le gouvernement taïwanais démocratiquement élu peut représenter le peuple taïwanais sur la scène internationale; note la nécessité de se concentrer également sur la diplomatie préventive afin d’éviter toute escalade dans le détroit de Taïwan;

120.

constate que la Chine s’est attachée à renforcer son influence dans la région indo-pacifique par une aide, un développement, une diplomatie et une coopération en matière de sécurité accrus au cours de la dernière décennie; souligne qu’il convient de mettre en commun les ressources pour renforcer efficacement le poids politique de l’Union et faire de l’Union un partenaire fiable et stratégique dans le Pacifique; est préoccupé par les tentatives de la Chine de dominer les régions maritimes de son voisinage, notamment la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale, ce qui pourrait sensiblement affaiblir l’équilibre des pouvoirs régional et nuire aux intérêts économiques et politiques de l’Union; prie instamment la Chine, à cet égard, de mettre un terme à toute action et pression militaire dirigée contre la marine philippine et les îles occupées en mer de Chine méridionale; encourage les États membres à mettre leurs forces en commun et à coopérer au niveau ministériel avec les pays insulaires du Pacifique et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique; souligne que l’une des principales préoccupations pour les pays de la région est la réalisation d’un suivi rigoureux des engagements pris lors de la COP28 et invite donc instamment le SEAE à promouvoir un soutien mondial à la transition verte durable et à intensifier sa diplomatie climatique afin de consolider la coopération dans le cadre des mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets;

121.

souligne que l’ASEAN est un allié essentiel dans le renforcement du multilatéralisme fondé sur des règles; plaide pour une coopération étroite, conformément à la déclaration conjointe des dirigeants de l’UE et de l’ASEAN du 14 décembre 2022, afin de façonner la dynamique régionale au-delà des contraintes binaires de la concurrence sino-américaine; insiste en outre, dans ce contexte, sur l’importance que revêt la préservation de la liberté de navigation dans les mers de Chine méridionale et orientale; rappelle qu’il est nécessaire de mettre pleinement en œuvre le plan d’action UE-ASEAN pour la période 2023-2027;

122.

se félicite de la signature de l’accord de Samoa et de ses protocoles régionaux, qui permettront d’accorder une attention régionale sans précédent aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et appelle de ses vœux une ratification rapide de ces textes par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union; prie instamment la Commission et le VP/HR de veiller à ce que le sommet UE-Union africaine de février 2022 soit suivi d’un approfondissement de la coopération sur des initiatives d’intérêt commun et d’une réponse aux besoins des pays partenaires africains; demande que la troisième réunion ministérielle UE-Union africaine, qui a été reportée, ait lieu dès que possible; met l’accent sur le fait que l’Union devrait poursuivre des priorités géographiques au niveau bilatéral, en se concentrant sur les principaux partenaires africains, mais aussi au niveau régional, en axant ses efforts sur la mise en œuvre de stratégies régionales concernant le Sahel et les pays côtiers, la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique; se félicite, dans ce contexte, de l’opération ATALANTA, qui constitue la première opération navale de l’Union ayant pour objectif spécifique de protéger les navires du Programme alimentaire mondial des Nations unies, et s’est révélée être une opération réussie de lutte contre la piraterie; encourage le Conseil et les États membres à envisager d’élargir la portée géographique de l’opération ATALANTA;

123.

attache une importance particulière au renforcement de la collaboration en matière de sécurité avec les pays du Golfe de Guinée, notamment en soutenant leur intégration ainsi que la solidarité intrarégionale; se félicite à cet égard du lancement de l’initiative de l’Union en matière de sécurité et de défense en faveur des pays d’Afrique de l’Ouest situés dans le golfe de Guinée, pour une durée initiale de deux ans, en étroite coordination avec la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin; se dit vivement préoccupé par la détérioration de la stabilité au Sahel, une situation exacerbée par le coup d’État militaire qui s’est déroulé au Niger ainsi que par la dissolution des institutions démocratiques; ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas les autorités issues du coup d’État au Niger; demande une nouvelle fois très clairement le rétablissement complet et immédiat de l’ordre constitutionnel et s’associe pleinement à cet égard aux déclarations de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de ses partenaires africains et internationaux;

124.

condamne l’ingérence de la Russie en Afrique, notamment par la présence accrue du groupe Wagner sur le continent, et condamne fermement les violences et les crimes commis; rappelle que la stabilité du Sahel a des répercussions directes sur la sécurité et la stabilité des frontières extérieures de l’Europe en Méditerranée; demande à l’Union d’accroître les ressources et de renforcer la coopération avec ses partenaires en vue de lutter contre la traite des êtres humains à travers la Méditerranée et la Biélorussie et de démanteler les réseaux criminels utilisés pour la traite des êtres humains; estime que la politique de l’Union à l’égard du Sahel n’a pas abouti aux résultats escomptés et prend acte de l’annonce faite par le VP/HR concernant la révision de la stratégie de l’Union à l’égard du Sahel;

125.

souligne la nécessité d’adapter l’approche actuelle afin de conserver notre influence et appelle à renforcer l’engagement et le soutien de l’Union en faveur de la région; se félicite de l’élaboration par la Commission d’une «nouvelle approche stratégique» du partenariat avec l’Afrique, tenant compte de la nouvelle situation géopolitique, et invite instamment la Commission et le Conseil à mettre en place un partenariat mutuellement bénéfique axé sur des problématiques communes à l’Europe et à l’Afrique; se félicite du paquet d’investissement «Global Gateway» Afrique-Europe de 150 milliards d’euros, qui a pour objectif de soutenir les partenaires africains dans la mise en place d’une reprise et d’une transformation robustes, inclusives, vertes et numériques; estime qu’il est urgent d’intensifier et de renforcer les efforts pour lutter contre la désinformation et mieux montrer le soutien apporté par l’Union à l’Afrique;

126.

souligne que l’accès à l’eau potable est l’un des défis majeurs du XXIe siècle, notamment parce que près de 60 % des ressources aquifères s’étendent de part et d’autre de frontières territoriales; souligne que la rareté de l’eau peut être à l’origine des conflits les plus graves si l’utilisation de ces ressources hydriques n’est pas envisagée de manière intégrée et partagée; souligne que l’Union doit adopter une stratégie visant à faciliter la mise en place de solutions technologiques et géopolitiques dans les zones touchées par la rareté de l’eau, dont le potentiel de déstabilisation est élevé; encourage les pays situés dans les principales zones de conflits liés à l’eau à signer la convention d’Helsinki sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux de 1992;

127.

condamne les actions entreprises par Nicolas Maduro, président du Venezuela, qui menacent directement la souveraineté du Guyana; invite la communauté internationale à engager des discussions en vue de trouver une solution diplomatique respectant la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ) sur ce différend de longue date;

128.

condamne le régime autoritaire de Daniel Ortega et Rosario Murillo, qui portent systématiquement atteinte aux structures démocratiques du Nicaragua, notamment la séparation des pouvoirs, le système électoral et le respect des droits de l’homme; rappelle que le régime nicaraguayen entretient des liens étroits avec d’autres autocraties, telles que l’Iran, le Venezuela et Cuba, tout en manifestant systématiquement son soutien au Kremlin, notamment en autorisant une présence militaire russe au Nicaragua; demande la libération de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels plusieurs évêques et prêtres catholiques, détenus afin de de réduire au silence les voix dissidentes, ainsi que le rétablissement de l’état de droit; invite l’Union à faciliter le dialogue entre le régime et l’opposition; condamne les violences psychologiques et physiques permanentes qu’exercent la police et les autorités pénitentiaires contre l’ensemble des détenus, et la détention au secret dans laquelle sont maintenues certaines personnes, privées d’accès à leurs avocats, à leur famille ou à des soins médicaux; rappelle au régime nicaraguayen la responsabilité qui lui incombe de veiller à ce que les conditions de détention respectent ses obligations internationales en matière de droits de l’homme et l’ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus (règles Nelson Mandela);

129.

estime que l’approche politique de l’Union à l’égard de Cuba est constructive mais critique, comme le prévoit l’accord de dialogue politique et de coopération de 2016; déplore le fait que le régime cubain ne cesse d’ignorer et de violer ces principes et droits depuis des décennies; condamne avec la plus grande fermeté les violations systématiques des droits de l’homme et les atteintes à ces droits, qui se sont récemment multipliées et qui visent des milliers de prisonniers politiques, de manifestants, de dissidents politiques, de dirigeants religieux, de militants des droits de l’homme et d’artistes indépendants, entre autres, et sont perpétrées par le régime cubain; prie instamment les autorités cubaines de mettre immédiatement fin à la politique de répression; relève que le quatrième dialogue sur les droits de l’homme a eu lieu à Cuba en novembre 2023, mais condamne le fait qu’aucune organisation indépendante de la société civile n’y ait participé; conclut dès lors que cet exercice n’a pas donné de résultats concrets; estime que l’Union considère le dialogue comme une fin en soi et non un instrument visant à améliorer les conditions de vie des citoyens cubains, qui ont été confrontés à de graves pénuries alimentaires et à des crises sanitaires entraînant un exode à grande échelle; condamne le fait que le régime cubain interdise actuellement les visites sur place dans le cadre du mécanisme de surveillance à la disposition d’acteurs internationaux impartiaux tels que l’Union européenne; condamne fermement, à cet égard, le fait que le régime cubain ait refusé qu’une délégation du Parlement européen se rende dans le pays;

130.

fait observer que l’Union devrait s’attacher en particulier à donner une nouvelle impulsion à son partenariat avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes; remarque que l’engagement de l’Union dans la région a faibli au cours des dernières décennies, ce qui a créé un vide dont ont su profiter les acteurs étrangers malintentionnés; invite instamment tous les pays d’Amérique latine à adopter une position plus ferme pour condamner l’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; se dit préoccupé par l’augmentation de la criminalité organisée et du trafic de drogue en Amérique latine, qui se répercute également sur l’Union; condamne fermement les violences et les attaques criminelles perpétrées par des groupes armés impliqués dans le trafic de drogue en Équateur et dans la région; appelle au renforcement substantiel de la coopération birégionale dans la lutte contre ce phénomène;

131.

prend acte du sommet qui s’est tenu les 17 et 18 juillet 2023 entre l’Union européenne et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes et espère qu’il permettra d’améliorer les relations birégionales, compte tenu notamment de l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Amérique latine et dans les Caraïbes; invite les États membres et le SEAE à mener une diplomatie proactive dans la région, en mettant fortement l’accent sur la défense de l’ordre multilatéral mondial, du droit international et du respect de la démocratie et des droits de l’homme; se félicite de la signature du nouvel accord-cadre avancé UE-Chili, qui se compose d’un volet «politique et coopération» ainsi que d’un volet «commerce et investissements» et demande que des progrès soient réalisés en vue de la signature et de la ratification de l’accord global UE-Mexique; invite la Commission et la présidence belge du Conseil à faire des progrès décisifs et à conclure l’accord avec le Mercosur avant la fin de la législature actuelle, tout en maintenant le niveau d’ambition le plus élevé en ce qui concerne l’application de ses dispositions en matière de durabilité; se félicite également que le processus de ratification de l’accord d’association UE-Amérique centrale ait été finalisé;

132.

souligne qu’il importe de renforcer encore les relations avec la Norvège, le partenaire le plus proche de l’Union, par l’intermédiaire de l’accord sur l’Espace économique européen; se félicite de la conclusion des discussions exploratoires avec la Suisse et appelle à faire avancer les négociations en vue de la mise en place d’un nouvel accord; se félicite du résultat des négociations en vue d’un accord d’association entre l’Union européenne et Andorre et Saint-Marin; prend acte de la suspension des négociations relatives à un accord d’association avec Monaco;

133.

demande à l’Union de s’engager de façon plus résolue dans l’Arctique, étant donné l’importance stratégique que revêt la région pour l’Union, eu égard aux conséquences du changement climatique, à la concurrence industrielle et économique, aux menaces pour la sécurité, entre autres en raison de l’expansion militaire russe dans le Grand Nord, et à la liberté et la sécurité de la navigation; observe que l’OTAN a insisté sur l’importance du Grand Nord, notamment en raison de l’extension des routes maritimes possibles, de l’accès aux ressources naturelles, de la protection du climat et des revendications territoriales, autant d’éléments qui peuvent conduire à l’accroissement des tensions géopolitiques; souligne que l’engagement de l’Union dans la région doit intégrer une coopération avec les partenaires locaux, y compris les peuples autochtones;

134.

demande, au vu des difficultés croissantes que présente la liberté de navigation, que la stratégie de l’Union en matière de sûreté maritime fasse l’objet d’un soutien renforcé; insiste sur le fait que la liberté de navigation doit toujours être respectée, la priorité devant être donnée à la désescalade et à la prévention des conflits armés et des incidents militaires;

135.

souligne que le pôle Sud devrait être considéré comme une zone d’intérêt émergente compte tenu de l’évolution de la dynamique géopolitique; souligne l’importance de la coopération multilatérale dans la gestion des zones marines protégées; encourage l’Union à élaborer un programme polaire européen ciblé qui vise à intégrer ses ambitions régionales dans sa PESC et qui rassemble les intérêts considérables des États membres dans la science, la préservation des mers et des océans, la pêche, la paix régionale et le multilatéralisme fondé sur des règles; appelle de ses vœux un dialogue renforcé entre l’Union européenne, la Chine et la région antarctique;

°

° °

136.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil européen, au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi qu’aux gouvernements et parlements des États membres.

(1) JO L 102 du 24.3.2021, p. 14.

(2) JO C 167 du 11.5.2023, p. 105.

(3) JO L 22 du 24.1.2023, p. 29.

(4) JO L 270 du 18.10.2022, p. 93.

(5) JO L 325 du 20.12.2022, p. 110.

(6) JO C, C/2023/404 du 23.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/404/oj.

(7) JO C, C/2023/405 du 23.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/405/oj.

(8) JO C 214 du 16.6.2023, p. 104.

(9) Textes adoptés, P9_TA(2023)0356.

(10) Textes adoptés, P9_TA(2023)0106.

(11) JO C 132 du 14.4.2023, p. 115.

(12) Textes adoptés, P9_TA(2023)0242.

(13) Textes adoptés, P9_TA(2023)0219.

(14) JO C 347 du 9.9.2022, p. 61.

(15) 1 JO L 71 du 4.3.2022, p. 1.

(16) Textes adoptés, P9_TA(2023)0292.

(17) Étude – «Qualified majority voting in common foreign and security policy – A cost of non-Europe report» (Vote à la majorité qualifiée dans les domaines de la politique étrangère et de sécurité commune – Rapport sur le coût de la non-Europe), Parlement européen, direction générale des services de recherche parlementaire, 28 août 2023.

(18) JO C 150 du 28.05.1999, p. 164.

(19) JO C 347 du 9.9.2022, p. 150.

(20) Résolution du Parlement européen du 19 octobre 2023 sur l’évolution récente entre la Serbie et le Kosovo, notamment la situation des municipalités du nord du Kosovo (textes adoptés de cette date, P9_TA(2023)0372).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6739/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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