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AccueilDroit européen52024IP0106
Initiative législative52024IP0106

P9_TA(2024)0106 — Les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023 — Résolution du Parlement européen du 28 février 2024 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023 (2023/2118(INI))

CELEX52024IP0106
TypeInitiative législative
Datemercredi 28 février 2024

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen dresse le bilan de la politique extérieure de l'UE en matière de droits de l'homme et de démocratie pour l'année 2023, en évaluant les actions menées et les défis rencontrés à l'échelle mondiale. Elle formule des recommandations stratégiques pour renforcer la cohérence et l'efficacité de l'action européenne, notamment en matière de conditionnalité des aides, de lutte contre l'impunité et de soutien à la société civile. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une référence politique non contraignante mais influente, susceptible d'orienter l'interprétation des instruments juridiques européens et la mise en œuvre des sanctions ou des clauses de droits de l'homme dans les accords internationaux.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6741

26.11.2024

P9_TA(2024)0106

Les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023

Résolution du Parlement européen du 28 février 2024 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023 (2023/2118(INI))

(C/2024/6741)

Le Parlement européen,

—

vu la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu la convention européenne des droits de l’homme,

—

vu les articles 2, 3, 8, 21 et 23 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

—

vu les articles 17 et 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

—

vu la déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que les autres traités et instruments des Nations unies en faveur des droits de l’homme,

—

vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,

—

vu le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,

—

vu la convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967,

—

vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et la résolution 43/29 du 22 juin 2020 du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la prévention du génocide,

—

vu la convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid de 1976,

—

vu la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984,

—

vu la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre 1979,

—

vu la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH),

—

vu la déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par la résolution 36/55 de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 novembre 1981,

—

vu la déclaration des Nations unies sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques du 18 décembre 1992,

—

vu la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme adoptée par consensus par l’Assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1998, en annexe à sa résolution 53/144,

—

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et ses deux protocoles facultatifs adoptés le 25 mai 2000,

—

vu la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (convention de Palerme) adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en annexe à sa résolution 55/25 du 15 novembre 2000 et son protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, qui est entré en vigueur le 25 décembre 2003,

—

vu le traité des Nations unies sur le commerce des armes, entré en vigueur le 24 décembre 2014, et le code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armements du 5 juin 1998,

—

vu la déclaration de Beijing des Nations unies de septembre 1995,

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, adopté le 25 septembre 2015 et, en particulier, ses objectifs no 1, 4, 5, 8, 10 et 16,

—

vu le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières du 19 décembre 2018 et le pacte mondial sur les réfugiés du 17 décembre 2018,

—

vu le huitième examen de la stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies, approuvé le 22 juin 2023,

—

vu la convention du Conseil de l’Europe du 4 avril 1997 pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine, et ses protocoles additionnels, la convention du Conseil de l’Europe du 16 mai 2005 sur la lutte contre la traite des êtres humains, et la convention du Conseil de l’Europe du 25 octobre 2007 sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels,

—

vu la convention du Conseil de l’Europe du 11 mai 2011 sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul), que les États membres n’ont pas tous ratifiée,

—

vu les protocoles no 6 et no 13 à la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe du 28 avril 1983, qui concernent l’abolition de la peine de mort,

—

vu le règlement (UE) 2020/1998 du Conseil du 7 décembre 2020 concernant des mesures restrictives en réaction aux graves violations des droits de l’homme et aux graves atteintes à ces droits (1),

—

vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde, modifiant et abrogeant la décision no 466/2014/UE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant le règlement (UE) 2017/1601 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (CE, Euratom) no 480/2009 du Conseil (2),

—

vu le plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024, adopté par le Conseil le 17 novembre 2020, et son examen à mi-parcours adopté le 9 juin 2023,

—

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 25 novembre 2020 intitulée «Plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) — Un programme ambitieux pour l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans l’action extérieure de l’Union européenne» (JOIN(2020)0017),

—

vu la communication de la Commission du 18 septembre 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025» (COM(2020)0565),

—

vu la communication de la Commission du 24 mars 2021 intitulée «Stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant» (COM(2021)0142),

—

vu la communication de la Commission du 3 mars 2021 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030» (COM(2021)0101),

—

vu la communication de la Commission du 12 novembre 2020 intitulée «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025» (COM(2020)0698),

—

vu les orientations de l’Union européenne concernant les défenseurs des droits de l’homme adoptées par le Conseil le 14 juin 2004 et révisées en 2008, et la deuxième note d’orientation sur la mise en œuvre desdites orientations, approuvée en 2020,

—

vu les lignes directrices de 2005 de l’Union européenne concernant la promotion du droit humanitaire international, telles que mises à jour en 2009 (3),

—

vu les orientations de l’UE concernant la peine de mort, telles que mises à jour par le Conseil le 12 avril 2013,

—

vu les orientations de l’UE relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction, adoptées par le Conseil le 24 juin 2013,

—

vu les lignes directrices de l’Union européenne visant à promouvoir et à garantir le respect de tous les droits fondamentaux des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI), adoptées par le Conseil le 24 juin 2013,

—

vu les orientations de l’UE dans le domaine des droits de l’homme relatives à la liberté d’expression en ligne et hors ligne, adoptées par le Conseil le 12 mai 2014,

—

vu les orientations de l’UE dans le domaine des droits de l’homme relatives à la non-discrimination dans l’action extérieure, adoptées par le Conseil le 18 mars 2019,

—

vu les orientations de l’UE dans le domaine des droits de l’homme relatives à l’eau potable et à l’assainissement, adoptées par le Conseil le 17 juin 2019,

—

vu les orientations révisées pour la politique de l’Union européenne à l’égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptées par le Conseil le 16 septembre 2019,

—

vu les lignes directrices révisées de l’UE en matière de dialogues sur les droits de l’homme avec les pays tiers/partenaires, approuvées par le Conseil le 22 février 2021,

—

vu la communication de la Commission du 12 septembre 2012 intitulée «Les racines de la démocratie et du développement durable: l’engagement de l’Europe avec la société civile dans le domaine des relations extérieures» (COM(2012)0492),

—

vu les conclusions du Conseil du 10 mars 2023 sur le rôle de l’espace dévolu à la société civile dans la protection et la promotion des droits fondamentaux au sein de l’UE,

—

vu les conclusions du Conseil du 20 février 2023 sur les priorités de l’Union en 2023 dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de l’homme,

—

vu la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937, présentée par la Commission le 23 février 2022 (COM(2022)0071),

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’interdiction des produits issus du travail forcé sur le marché de l’Union, présentée par la Commission le 14 septembre 2022 (COM(2022)0453),

—

vu la proposition conjointe de règlement du Conseil instaurant des mesures restrictives contre les actes graves de corruption, présentée par la Commission et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité le 3 mai 2023 (JOIN(2023)0013),

—

vu la déclaration de Reykjavik du Conseil de l’Europe intitulée «Unis autour de nos valeurs», des 16 et 17 mai 2023,

—

vu le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne intitulé «Protecting human rights defenders at risk: EU entry, stay and support» (Protéger les défenseurs des droits de l’homme menacés: entrée et séjour dans l’Union, et aide de l’Union) du 11 juillet 2023,

—

vu le rapport annuel de l’Union européenne sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde de 2022,

—

vu la feuille de route commune du Parlement européen et des présidences tournantes du Conseil du 7 septembre 2022 sur l’organisation, la coordination et la mise en œuvre du calendrier des négociations entre les colégislateurs sur le régime d’asile européen commun et le nouveau pacte européen sur la migration et l’asile,

—

vu son prix Sakharov pour la liberté de l’esprit et ses lauréats, prix qui, en 2023, a été décerné à Jina Mahsa Amini et au mouvement «Femme, Vie, Liberté» en Iran,

—

vu sa résolution du 15 janvier 2019 sur les orientations de l’Union européenne et le mandat de l’envoyé spécial de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne (4),

—

vu sa résolution du 23 octobre 2020 sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans la politique étrangère et de sécurité de l’Union (5),

—

vu sa résolution du 19 mai 2021 sur la protection des droits de l’homme et la politique migratoire extérieure de l’Union (6),

—

vu sa résolution du 19 mai 2021 relative aux effets du changement climatique sur les droits de l’homme et au rôle des défenseurs de l’environnement en la matière (7),

—

vu sa résolution du 8 juillet 2021 sur le régime mondial de sanctions de l’Union européenne en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’UE) (8),

—

vu sa résolution du 16 septembre 2021 contenant des recommandations à la Commission sur l’identification de la violence fondée sur le genre comme un nouveau domaine de criminalité énuméré à l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE (9),

—

vu sa résolution du 16 mars 2023 sur les orientations de l’Union européenne concernant les défenseurs des droits de l’homme (10),

—

vu sa recommandation du 17 février 2022 au Conseil et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la corruption et les droits de l’homme (11),

—

vu sa résolution du 18 janvier 2023 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2022 (12), et ses résolutions antérieures sur les rapports annuels précédents,

—

vu ses résolutions sur les violations des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit (dites «résolutions d’urgence»), adoptées conformément à l’article 144 de son règlement intérieur depuis 2019, en particulier celles adoptées en 2022 et 2023,

—

vu sa résolution du 3 mai 2022 sur la persécution des minorités fondée sur les convictions ou la religion (13),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu la lettre de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres,

—

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0424/2023),

A.

considérant que l’année 2023 marque le 75e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, le 30e anniversaire de la déclaration et du programme d’action de Vienne et le 25e anniversaire de la déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme et du statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI);

B.

considérant que, dans son action extérieure, l’Union est guidée par les valeurs et principes énoncés à l’article 2, à l’article 3, paragraphe 5, et à l’article 21, paragraphe 2, du traité UE et dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, valeurs et principes qui ont présidé à sa création, à son développement et à son élargissement; que ces valeurs comprennent avant tout le respect de la dignité humaine, les libertés fondamentales, l’état de droit, l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme, les principes d’égalité, de solidarité et de non-discrimination ainsi que le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international;

C.

considérant que l’Union, dans le cadre de son action extérieure, définit et mène des politiques communes et des actions afin de consolider et de soutenir la démocratie et les droits de l’homme, conformément à l’article 21, paragraphe 2, du traité UE; que cette mission ne peut être accomplie qu’en inscrivant effectivement la démocratie et les droits de l’homme au cœur de toutes les politiques et de tous les dispositifs de l’Union, notamment en matière d’échanges commerciaux, de développement, de sécurité et de défense et d’élargissement;

D.

considérant que la cohérence entre les politiques internes et externes de l’Union reposant sur ses valeurs et principes fondateurs est essentielle pour lui permettre de mener des politiques efficaces et crédibles en matière de droits de l’homme et de soutien de la démocratie;

E.

considérant que les pays démocratiques doivent garantir à toute personne la possibilité de jouir de ses droits humains et libertés fondamentales; que l’Union est toujours pleinement engagée en faveur de la défense du multilatéralisme ainsi que des valeurs, principes et normes universels qui guident les États membres de l’ONU; que l’Union et ses partenaires devraient s’attacher en priorité à la défense de l’universalité des droits de l’homme;

F.

considérant que l’ordre international fondé sur des règles est de plus en plus souvent contesté par différents acteurs qui, seuls ou au moyen d’une action concertée, tentent de déstabiliser les organisations multilatérales et de détourner, de contourner ou d’empêcher la mise en œuvre du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme; que la manipulation de l’information et l’ingérence font désormais partie de l’arsenal que les autocrates utilisent pour exercer une pression sur les valeurs et les normes démocratiques, ce qui affaiblit les contrôles des abus de pouvoir, aggrave les effets et la gravité des violations des droits de l’homme et réduit l’espace dévolu à la société civile, aux médias indépendants et aux mouvements d’opposition démocratique;

G.

considérant que le nombre d’autocraties a augmenté, 70 % de la population mondiale vivant désormais sous un régime autoritaire selon l’université de Göteborg (14); que le recul démocratique est devenu un trait caractéristique de la politique dans le monde et touche également les démocraties bien établies, qui doivent faire face aux problèmes de la polarisation politique, du dysfonctionnement des institutions et des menaces contre les libertés civiles; que cette montée de l’autoritarisme, de l’illibéralisme et des tendances réactionnaires dans le monde, et dans l’Union européenne en particulier, menace l’ordre mondial fondé sur des règles, la protection et la promotion des droits de l’homme et de la démocratie sur la planète, ainsi que les valeurs et les principes sur lesquels l’Union européenne est fondée;

H.

considérant que l’examen à mi-parcours du plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024, effectué cette année, a montré que, malgré les progrès accomplis jusqu’à présent, l’Union ainsi que ses partenaires partageant les mêmes valeurs ne peuvent pas relâcher leurs efforts, en particulier face aux défis sans précédent qui assaillent les droits de l’homme, la liberté et la démocratie à travers le monde;

I.

considérant que les violations du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion se poursuivent dans le monde entier et conduisent à des situations d’oppression, de conflit et de guerre dans le monde entier et à des atteintes au droit international;

J.

considérant que, dans son rapport de 2010 au Conseil des droits de l’homme, l’experte indépendante dans le domaine des droits culturels a constaté que les droits culturels se rapportaient à un vaste ensemble de questions et de valeurs touchant aux droits de l’homme, telles que le droit de participer à la vie culturelle et à l’éducation, entre autres, et que les droits culturels étaient présents dans différents instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme;

K.

considérant que l’égalité entre les hommes et les femmes est une valeur fondamentale de l’Union européenne; que les droits humains des femmes et des filles, y compris leurs droits en matière de sexualité et de procréation, continuent d’être violés à travers le monde; que les défenseuses des droits de l’homme et les organisations de la société civile œuvrant en faveur de l’égalité hommes-femmes, des droits des femmes et de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation sont toujours confrontées au rétrécissement de l’espace dévolu à leur travail, qui est essentiel, ainsi qu’à des menaces de violence, au harcèlement et aux intimidations; que l’égalité entre les hommes et les femmes et une approche intersectionnelle devraient donc être mises en œuvre et intégrées en tant que principes transversaux dans toutes les activités et politiques de l’Union;

L.

considérant que la crise de l’énergie, associée à celle de la production alimentaire, aggrave la pauvreté et la vulnérabilité dans le monde, ce qui a des effets préjudiciables sur les droits de l’homme;

M.

considérant que la conduite responsable des entreprises établies dans l’Union est indispensable pour que les politiques de l’Union en matière de droits de l’homme soient effectivement mises en œuvre, à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur de l’Union, y compris en ce qui concerne la main-d’œuvre; que l’Union s’engage à encourager la conduite responsable des entreprises dans tous les secteurs de production et à tous les niveaux de la chaîne de valeur ainsi que la protection des victimes de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits dans le cadre des entreprises;

N.

considérant que les urgences environnementales, notamment celles découlant du changement climatique, de la déforestation et des activités extractives, peuvent entraîner des violations des droits de l’homme et toucher non seulement les particuliers et les collectivités vivant à proximité immédiate des lieux concernés, mais aussi l’humanité dans son ensemble; qu’a été observée, au cours des dernières années, une augmentation du nombre d’assassinats, d’agressions et d’autres formes de violence visant les personnes qui défendent les droits en matière d’environnement, notamment parmi les populations autochtones; que le changement climatique et la dégradation de l’environnement sont deux enjeux urgents et interdépendants qui mettent en péril tant le développement durable que l’exercice des droits de l’homme dans le monde; que les atteintes à l’environnement et les effets du changement climatique aggravent la précarité, la marginalisation et les inégalités, en obligeant de plus en plus de personnes à quitter leur domicile ou en les enfermant dans des cadres dangereux, où leur vulnérabilité est encore plus grande;

O.

considérant que les défendeurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile (OSC) sont des alliés essentiels de l’Union dans ses initiatives pour protéger et promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit et pour éviter les conflits dans le monde; qu’il est donc du plus haut intérêt pour l’Union et ses États membres de soutenir leur action et de les protéger, elles et l’espace dans lequel elles évoluent; que les gouvernements à travers le monde adoptent de plus en plus de tactiques et de mesures restrictives d’un nouveau genre à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme dans le but de censurer leur travail, de les réduire au silence et de les harceler; que ces mesures comprennent des poursuites stratégiques altérant le débat public (poursuites-bâillons), des politiques gouvernementales restrictives, des campagnes de diffamation, des discriminations, des intimidations ou des violences, y compris des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements ainsi que des arrestations et détentions arbitraires; que les attaques dirigées contre les défenseurs des droits de l’homme visent également de plus en plus leur famille et leur entourage; que l’espace dévolu à la société civile rétrécit, notamment car les régimes autoritaires à travers le monde adoptent des procédures d’agrément de plus en plus strictes pour les OSC, des interdictions ou des limitations en ce qui concerne le financement que ces organisations peuvent recevoir des donateurs et les stigmatisent en les qualifiant d’«agents de l’étranger»; que les auteurs de violations commises à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme bénéficient d’un climat d’impunité dans de nombreux pays du monde;

P.

considérant que le terrorisme demeure l’une des menaces les plus sérieuses pour la paix et la sécurité internationales et qu’il constitue une violation manifeste des droits de l’homme et des libertés fondamentales;

Q.

considérant que le prix Sakharov 2021 pour la liberté de l'esprit avait été attribué à Alexeï Navalny; que celui-ci était emprisonné depuis février 2021 dans des conditions inhumaines; que, dernièrement, il était incarcéré dans la région de Yamalo-Nenets, en Sibérie occidentale, où il a été assassiné le 16 février 2024;

Répondre aux tendances mondiales et aux grands enjeux

1.

réaffirme l’universalité, l’interdépendance, l’indissociabilité et l’indivisibilité des droits de l’homme et la dignité propre à chaque être humain; insiste sur le devoir qui incombe à l’Union et à ses États membres de promouvoir et de protéger la démocratie et l’état de droit ainsi que l’universalité et l’inaliénabilité des droits de l’homme dans le monde de manière résolue, cohérente et systématique; demande à l’Union et à ses États membres d’encourager les démocraties et les organisations régionales et internationales pertinentes à unir leurs forces afin de parer aux menaces et de promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier; y compris en réaffirmant publiquement et avec fermeté notre détermination à défendre l’universalité des droits de l’homme et l’état de droit;

2.

déplore l’attitude des régimes autoritaires et totalitaires qui malmènent les institutions multilatérales, en particulier le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, en essayant d’entraver les mécanismes de défense des droits de l’homme et leur capacité à tenir les États responsables des violations de ces droits qu’ils commettent ainsi que de s’attaquer aux normes internationales et/ou de les réécrire afin de les adapter à leurs ambitions autoritaires; invite le Conseil et les États membres à travailler avec leurs alliés démocratiques attachés aux mêmes principes afin d’encourager la réforme des institutions multilatérales, dans le but de les rendre plus résilientes face à l’influence délétère des régimes autoritaires;

3.

souligne que l’Union doit être pleinement préparée à contrer la montée et l’influence néfaste de l’autoritarisme, de l’illibéralisme et de l’extrémisme ainsi que les menaces qui pèsent sur la protection des droits de l’homme et les attaques de plus en plus fréquentes contre l’universalité des droits de l’homme, la démocratie, l’état de droit et le droit international humanitaire;

4.

souligne que la volonté et la rhétorique ambitieuses de la politique extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme lui imposent d’agir de manière cohérente et exemplaire dans son attachement aux droits de l’homme universels et à la démocratie; déplore la détérioration de la situation en matière de droits de l’homme et d’état de droit dans le monde, et dans l’Union en particulier, ce qui nuit à la crédibilité de celle-ci lorsqu’elle s’élève contre le déclin de la démocratie dans le monde et contre le recul des droits de l’homme; invite l’Union et ses États membres à donner l’exemple en faisant respecter scrupuleusement les droits de l’homme, en garantissant l’existence d’un environnement propice à la société civile et en faisant échec à toute tendance négative dans ce domaine;

5.

condamne la tendance à la hausse des violations des droits de l’homme et des principes et valeurs démocratiques dans le monde, avec notamment le creusement des inégalités sociales, économiques et politiques, le retour en arrière des droits, notamment ceux des femmes, la persistance et le caractère systématique de l’exclusion de groupes sociaux entiers et des discriminations à leur égard, les exécutions, notamment extrajudiciaires, la torture, les violences sexistes, les discriminations et l’apartheid sexiste, les arrestations et détentions arbitraires, les discriminations et inégalités systématiques et structurelles, les mesures de répression contre des personnes et catégories marginalisées et vulnérables, la société civile, les opposants politiques et les minorités ethniques et religieuses, l’esclavage et le travail forcé, les déportations forcées, l’utilisation excessive de la violence par les pouvoirs publics, la censure et les menaces à l’encontre des médias et journalistes indépendants ou encore les menaces qui pèsent sur la sphère numérique, telles que la surveillance en ligne et les coupures d’internet, entre autres; condamne les pratiques de répression transnationale appliquées par les régimes autocratiques; déplore l’affaiblissement de la protection des institutions démocratiques et le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile dans le monde entier, situation créatrice d’impunité pour les auteurs de violations des droits de l’homme; relève que le nombre de régimes démocratiques continue de diminuer, alors que celui des régimes autoritaires augmente;

6.

dénonce les discours conçus spécialement par les régimes autoritaires et illibéraux afin d’attaquer le caractère universel des droits de l’homme et l’état de droit; prévient que lesdits régimes tiennent ces discours dans des enceintes internationales telles que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU; demande que l’Union et ses États membres luttent contre ces discours hostiles, qui brandissent souvent l’argument du relativisme culturel pour dissimuler des abus de pouvoir, entre autres, ainsi que contre la désinformation et l’ingérence étrangère dirigées contre l’Union; invite l’Union et les États membres à employer tous les moyens à leur disposition, et notamment à tirer tout le parti possible des relations culturelles internationales de l’Union;

7.

constate avec préoccupation que des conférences internationales et des événements bénéficiant d’une grande couverture médiatique sont organisés dans des pays autoritaires et illibéraux où les défenseurs des droits de l’homme sont persécutés ou harcelés, et que ces pays se servent de ces événements comme d’une vitrine où ils embellissent leur bilan en matière de droits de l’homme aux yeux du monde;

8.

attire l’attention sur la panoplie de plus en plus large dont se servent les régimes autoritaires, totalitaires et illibéraux pour mettre en place un cadre permettant d’affaiblir les droits de l’homme au moyen de dispositions législatives et non législatives, qui sont utilisées pour truquer des élections, réduire au silence et menacer la société civile, les personnes et les groupes marginalisés et vulnérables, les minorités et les opposants politiques, les médias indépendants et les critiques, contrôler le pouvoir judiciaire et persécuter notamment les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les avocats, les artistes et les militants, qui dénoncent les pratiques de ces régimes;

9.

condamne le mépris croissant pour le droit international relatif aux droits de l’homme que manifestent les régimes autoritaires et illibéraux, en particulier ceux qui ont créé et élargissent les conflits internes et internationaux existants et en provoquent de nouveaux, avec des effets dévastateurs sur les droits de l’homme; constate que ces régimes essayent de remettre en cause la légitimité du droit international relatif aux droits de l’homme afin d’éviter de l’appliquer alors qu’ils y sont tenus;

10.

préconise d’évaluer l’efficacité de la stratégie de la «diplomatie discrète» ou «silencieuse» et demande à l’Union de s’exprimer avec de plus force lorsqu’elle défend les droits de l’homme;

11.

condamne fermement les atrocités, les crimes de guerre et les graves violations du droit international humanitaire, y compris les violences sexuelles, les violences sexistes, la déportation d’enfants ainsi que la torture et les assassinats de civils et de prisonniers de guerre, commis par les forces armées russes et leurs supplétifs dans la guerre d’agression illégale, injustifiée et non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine, et s’en inquiète vivement; rappelle que le soutien à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie est d’une importance cruciale pour la sauvegarde d’un ordre international fondé sur des règles; demande instamment que toutes les mesures qui s’imposent soient prises pou que les auteurs de crimes de guerre et de violations des droits de l’homme en Ukraine soient identifiés et amenés à répondre de leurs actes; exhorte l’Union européenne et ses États membres à continuer d’offrir leur plein soutien aux parties prenantes concernées et aux mesures et mécanismes pertinents dans ce domaine, y compris aux procureurs, enquêteurs et système judiciaire ukrainiens, à la CPI, à la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ainsi qu’aux enquêtes en cours au niveau national en vertu du principe de compétence universelle; souligne qu’il importe de recueillir rapidement et de préserver les preuves des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis, et salue les efforts déployés par la société civile à cette fin;

12.

se dit indigné et consterné par l’assassinat d’Alexeï Navalny, lauréat du prix Sakharov 2021, qui a sacrifié sa vie pour défendre la démocratie et s’opposer à l’oppression et à la corruption en Russie;

13.

demande un cessez-le-feu immédiat à Gaza;

14.

constate avec satisfaction qu’il existe aussi dans le domaine des droits de l’homme des «lueurs d’espoir» qui témoignent de certains progrès en dépit du contexte très difficile en la matière dans le monde; soutient vivement l’action de l’ONU, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE et du Conseil de l’Europe ainsi que celle des défenseurs des droits de l’homme et des OSC, notamment, qui traduisent les engagements internationaux en mesures concrètes pour la réalisation des droits de l’homme; souligne la nécessité d’une communication plus stratégique sur les droits de l’homme et la démocratie qui témoigne de la détermination de l’Union en affichant les évolutions, politiques et bonnes pratiques positives, et demande aux délégations de l’Union et aux missions diplomatiques de ses États membres de suivre elles aussi cette ligne de conduite dans les pays tiers; soutient la campagne du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) visant à célébrer, en 2023, le 75e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme en soutien à l’initiative «Droits humains 75» de l’ONU et à l’initiative «Good Human Rights Stories» (15), y voyant le moyen de porter des récits encourageants sur les droits de l’homme;

15.

souligne que l’UNRWA joue un rôle irremplaçable en apportant une aide indispensable pour la survie au quotidien de 2,2 millions de civils à Gaza, confrontés à une menace indicible qui pèse sur leur vie et leurs droits les plus fondamentaux; s’oppose à la suspension du financement de l’UNRWA par 18 États et rappelle que si cette décision n’est pas annulée, l’UNRWA se retrouvera à court de financement dans les prochains mois; demande par conséquent à l’Union et à ses États membres d’accorder à l’UNRWA leur soutien et un financement adéquat pour lui permettre de poursuivre et de développer son travail humanitaire vital;

Relever les défis dans le domaine des droits de l’homme universels et de la démocratie

Défense du droit international relatif aux droits de l’homme et du droit international humanitaire

16.

attire l’attention sur le lien qui existe entre les violations des droits de l’homme et l’impunité généralisée et l’absence d’obligation de rendre des comptes dans les régions et les pays touchés par des conflits; souligne la nécessité de défendre le droit international relatif aux droits de l’homme et le droit international humanitaire et notamment les conventions de Genève; condamne fermement les violations du droit international humanitaire et les atteintes aux droits de l’homme commises par les forces gouvernementales et les groupes armés dans le monde, qui, dans certains cas, constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité; demande que soit garanti effectivement le passage rapide et sans encombre de l’aide humanitaire pendant les conflits armés et les catastrophes naturelles, et appelle de ses vœux la création systématique de couloirs humanitaires dès lors qu’une situation de conflit armé ou de guerre le requiert; condamne les manœuvres employées par les gouvernements autoritaires pour gêner et restreindre les activités des organisations d’aide humanitaire; rappelle, à cet égard, l’importance de la coordination entre les acteurs civils et militaires; condamne les conséquences humanitaires et violations des droits de l’homme désastreuses causées par la guerre moderne et les conflits dans le monde entier, dont le bombardement de cibles civiles, le viol et la torture, les déplacements forcés et les déportations illégales, entre autres; met l’accent sur les répercussions des conflits armés sur les femmes, avec notamment l’utilisation des violences sexuelles contre les filles et les femmes comme tactique de guerre, leur retentissement sur les enfants et les minorités et leurs conséquences sur l’environnement;

17.

demande que l’Union et ses États membres redoublent d’efforts pour promouvoir le respect du droit international humanitaire et fournir une assistance aux victimes pour qu’elles aient accès à la justice internationale ainsi qu’à un recours et à réparation; rappelle que le droit international humanitaire interdit les attaques contre les civils et les biens indispensables à leur survie; invite l’Union et ses partenaires internationaux à mettre pleinement à profit tous les instruments pertinents de lutte contre les crimes internationaux, l’impunité, y compris l’application du principe de compétence universelle, les tribunaux spéciaux au niveau national et international, notamment pour les crimes d’agression, et la mise en place de mécanismes souples de coopération et de financement permettant de recueillir et d’analyser rapidement les preuves de crimes; demande à la Commission de veiller à ce que ces instruments soient mis en œuvre de manière coordonnée et complémentaire avec les autres instruments de l’Union et des États membres dans ce domaine;

18.

est vivement préoccupé par la persistance d’occupations et d’annexions prolongées de territoires; demande qu’une attention particulière soit accordée à la situation des droits de l’homme dans les territoires illégalement occupés, y compris dans les cas d’occupation prolongée, ainsi qu’aux multiples conflits gelés, et que des mesures efficaces soient prises pour prévenir les violations graves des droits de l’homme, dont la violation du droit à la vie, la restriction de la liberté de circulation et la discrimination;

19.

demande une nouvelle fois aux États membres de contribuer à endiguer les conflits armés et les violations graves des droits de l’homme ou du droit international humanitaire en respectant strictement les dispositions de l’article 7 du traité des Nations unies sur le commerce des armes relatif à l’exportation et à l’évaluation des demandes d’exportation ainsi que la position commune 2008/944/PESC du Conseil sur les exportations d’armes (16) et le règlement de l’Union sur les biens à double usage (17); demande instamment à l’Union de se pencher sur l’utilisation malveillante des logiciels espions dans l’attente de la mise en œuvre de règles solides permettant d’en garantir l’emploi conforme aux normes internationales en matière de droits de l’homme; se déclare toujours préoccupé par l’utilisation faite des drones armés hors du cadre juridique international et demande la réalisation d’évaluations des incidences sur les droits de l’homme des projets de développement de drones armés; exhorte l’Union à lancer une initiative tendant à créer un instrument juridiquement contraignant qui interdirait les armes létales autonomes sans contrôle humain effectif;

20.

insiste sur l’importance d’assurer la cohérence de la politique de l’Union à l’égard des situations d’occupation ou d’annexion de territoires, politique qui doit obéir au droit international humanitaire dans le but de prévenir les graves violations des droits de l’homme sur le terrain; met l’accent sur la responsabilité qui incombe aux entreprises établies dans l’Union d’appliquer la politique de vigilance la plus rigoureuse à l’égard de toute activité économique ou financière dans ou avec ces territoires, et de veiller au strict respect du droit international ainsi que de la politique de sanctions de l’Union, lorsqu’elle est applicable à ces situations; demande à la Commission, à cet égard, de préciser les règles applicables dans le cadre des échanges commerciaux de l’Union avec de tels territoires;

Droit à la vie: progrès vers l’abolition universelle de la peine de mort

21.

rappelle son opposition de principe à la peine de mort, qui est un traitement cruel, inhumain, dégradant et sans retour; regrette qu’en dépit de la tendance de certains pays extérieurs à l’Union à prendre des mesures en vue de l’abolition de la peine de mort, d’importantes difficultés subsistent à cet égard; déplore que, dans d’autres pays extérieurs à l’Union, son application augmente et le nombre de condamnations à mort prononcées ait atteint son niveau le plus élevé au cours des cinq dernières années; invite de nouveau tous les pays qui ne l’ont pas encore fait à abolir complètement la peine de mort ou à instaurer un moratoire immédiat sur la peine de mort comme première étape en vue de son abolition; encourage l’Union et les États membres à utiliser tous les instruments à leur disposition, y compris les accords de commerce et d’association avec les pays tiers, pour s’employer à obtenir un moratoire sur le recours à la peine mort en vue de son abolition;

22.

souligne que l’Union doit se battre sans relâche pour l’abolition universelle de la peine capitale, objectif majeur de sa politique étrangère en matière de droits de l’homme; invite l’Union et ses États membres à plaider en faveur de l’abolition dans les enceintes internationales concernées et à s’efforcer de réunir le plus large appui possible à cette position; encourage les organes des Nations unies dans leurs efforts permanents en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort, conformément aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies; invite en outre les pays concernés à commencer par réduire la liste des crimes ou infractions passibles de la peine de mort; préconise la transparence en ce qui concerne les condamnations à mort et les exécutions dans les pays ne communiquant pas sur ces statistiques; souscrit au processus d’adoption par l’Union africaine du projet de protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples sur l’abolition de la peine de mort en Afrique; encourage les autres pays tiers et organisations régionales à entamer des processus analogues, notamment en y associant de manière constructive les OSC; souligne qu’il est important de soutenir les partisans de l’abolition de la peine de mort aux niveaux local et régional;

Droit à la liberté d’expression, liberté de la presse, liberté académique et droit à l’information

23.

est profondément préoccupé par les reculs de plus en plus marqués de la liberté d’expression, y compris l’expression artistique, et de la liberté des médias dans le monde entier, en particulier en ce qui concerne les journalistes; condamne la censure exercée à l’encontre des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des OSC, des observateurs critiques, des lanceurs d’alerte et des artistes, au moyen de lois visant de prétendus «agents de l’étranger», ainsi que d’autres mesures législatives et non législatives adoptées par des régimes autoritaires, totalitaires et illibéraux, telles que le renforcement des formalités administratives, des amendes, des menaces, et des propos diabolisants et diffamatoires; rappelle la profonde inquiétude que lui inspire le recours aux procédures-bâillons pour réduire ces acteurs au silence et presse les États membres et les pays tiers de mettre un terme à ces méthodes constate que certaines de ces pratiques peuvent également avoir cours dans des pays démocratiques de longue date dans le monde; se félicite, à cet égard, des initiatives prises pour renforcer la protection des journalistes et des militants, notamment dans l’Union, contre les procédures judiciaires infondées ou abusives visant à leur imposer le silence;

24.

reconnaît l’importance essentielle du soutien aux journalistes qui connaissent la persécution et dont la sécurité est menacée et demande la mise en place de programmes de protection des journalistes permettant à ceux qui sont en situation de danger immédiat d’être réinstallés dans un nouveau lieu de résidence; regrette la pratique de la surveillance ciblée des journalistes et l’utilisation de logiciels espions, et d’autres menaces numériques, à leur encontre et condamne les violations de leurs droits à la vie privée, à la liberté d’expression, à la liberté de pensée, à la liberté de l’information et à la liberté syndicale que leur font subir des acteurs étatiques et non étatiques; réaffirme que l’accès à des informations crédibles et fiables, en ligne et hors ligne, constitue un droit fondamental dans une société démocratique;

25.

engage les pays tiers à adopter des mesures urgentes pour prévenir tout emploi inutile ou excessif de la force, tout harcèlement ou toute détention arbitraire à l’occasion des manifestations ainsi qu’à abroger ou à modifier tout acte législatif ou administratif portant atteinte au droit à la liberté d’expression et de réunion;

26.

prie instamment l’Union et ses États membres d’intensifier leurs efforts diplomatiques par des prises de contact bilatérales et multilatérales en lien avec la censure, les menaces ou les attaques dirigées contre la liberté académique, en particulier l’emprisonnement d’intellectuels dans le monde, par des acteurs étatiques ou non étatiques, qui ont des conséquences importantes sur le droit à l’éducation, la jouissance des bienfaits du progrès scientifique et la liberté d’opinion et d’expression; invite le SEAE et la Commission à repenser les mécanismes existants de soutien et de protection, notamment d’urgence, afin de développer les moyens de détection de ces situations et l’aide apportée en la matière; se félicite de l’inclusion des universitaires menacés dans le mécanisme de l’Union pour les défenseurs des droits de l’homme;

27.

invite la Commission à garantir un soutien de haut niveau constant au Campus mondial pour les droits de l’homme et la démocratie, qui offre un endroit sûr aux étudiants et aux universitaires ayant dû fuir leur pays parce qu’ils défendaient la démocratie et les droits de l’homme, et symbolise l’appui apporté par l’Union à l’éducation aux droits de l’homme à travers le monde; souscrit à la déclaration commune faite en soutien à la liberté académique lors de la 52e session du Conseil des droits de l’homme et soutenue par tous les États membres; invite les États membres et les délégations de l’Union à jouer un rôle de premier plan dans le suivi et le signalement des violations de la liberté académique dans les pays tiers; soutient l’établissement du projet de principes de mise en œuvre du droit à la liberté académique et demande à l’Union de promouvoir l’adoption de lignes directrices sur la liberté académique dans le système des Nations unies;

Droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction

28.

exprime une nouvelle fois son inquiétude face aux violations du droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction, et aux crimes de haine qui y sont associés; souligne que ces violations ne connaissent pas les frontières géographiques et culturelles; déplore l’instrumentalisation des identités religieuses ou de conviction à des fins politiques, avec notamment l’exclusion des minorités religieuses et de conviction et des communautés religieuses dans certains pays; condamne l’aggravation des contraintes, des discriminations, du harcèlement et des violences exercées contre les membres des minorités de pensée, de conscience et de croyance et des minorités religieuses, leurs biens et leurs lieux de culte; dénonce les reproches de blasphème, d’apostasie et autres accusations à caractère religieux, qui peuvent valoir la peine de mort aux accusés, dirigés contre les minorités religieuses et les activités légitimes des défenseurs des droits de l’homme, notamment sur l’internet et les réseaux sociaux, et, plus largement, les limitations de l’espace dévolu à la société civile; condamne avec la plus grande fermeté la persécution des chrétiens dans le monde entier;

29.

soutient pleinement le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, le droit d’avoir une conviction ou de ne pas croire, ainsi que le droit de manifester sa religion ou ses convictions, d’en changer ou de les abandonner, sans craindre la violence ni la discrimination; dénonce les attaques dirigées contre des particuliers et des OSC parce qu’ils remettent en cause, critiquent ou caricaturent des croyances religieuses de façon pacifique; demande que l’Union et ses États membres redoublent d’efforts pour protéger ces droits, soulèvent ces questions dans les enceintes des Nations unies consacrées aux droits de l’homme et collaborent avec les mécanismes et comités compétents des Nations unies, y compris en unissant leurs efforts avec des pays tiers pour défendre ces droits et empêcher toute violation; demande également davantage d’efforts et de collaboration au niveau multilatéral, avec le soutien de la CPI, pour recueillir les preuves des crimes de haine, traduire en justice leurs auteurs et indemniser les victimes;

30.

reconnaît la valeur du dialogue interconfessionnel et interreligieux qui permet la coexistence pacifique et la compréhension mutuelle entre différents groupes religieux, confessionnels et ethniques, et encourage l’Union et les États membres à en faire la promotion; fait observer que l’athéisme et la non-croyance progressent rapidement dans le monde et que le cadre stratégique de l’Union européenne sur la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction ne doit pas les négliger;

31.

recommande que l’envoyé spécial de l’Union pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne collabore de manière étroite et complémentaire avec le représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour les droits de l’homme, les représentants de l’Union auprès de régions spécifiques et le groupe de travail du Conseil sur les droits de l’homme et, à cette fin, estime que le poste de l’envoyé spécial mérite d’être intégré dans le SEAE de la même manière que les autres envoyés spéciaux et représentants spéciaux de l’Union; regrette que la Commission ait renouvelé le mandat de l’envoyé spécial sans avoir procédé à l’évaluation préalable de l’efficacité et de la valeur ajoutée de ce poste que le Parlement avait appelée de ses vœux à de nombreuses reprises; demande la réalisation de cette évaluation et, sur cette base, l’attribution de moyens financiers et humains suffisants propres à permettre l’exercice effectif des missions confiées; rappelle que cette année marquait le dixième anniversaire des orientations de l’UE relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction; regrette que, bien que les orientations prévoient qu’elles soient évaluées à l’issue d’une période de trois ans par le Conseil, aucune évaluation n’ait jusqu’à présent été rendue publique; invite le Conseil à procéder à cette évaluation et à en faire connaître les résultats au Parlement; souscrit sans réserve à la pratique de l’Union consistant à porter des résolutions thématiques dans ces domaines au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et à l’Assemblée générale des Nations unies; invite le SEAE et les délégations de l’Union, s’il y a lieu, à soulever des questions générales et des cas spécifiques liés à la persécution ou à la discrimination à l’encontre de minorités religieuses ou de conviction dans le cadre des dialogues sur les droits de l’homme avec les pays partenaires et dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de l’homme, tout en appliquant une approche axée sur les résultats et en intégrant la dimension de genre;

Droit à l’égalité et à la non-discrimination

32.

condamne une nouvelle fois toutes les formes de racisme, d’intolérance, de xénophobie et de discrimination fondées sur la race, l’origine ethnique, la nationalité, la classe sociale, le handicap, la caste, la religion, les convictions, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre; souligne qu’il importe d’adopter une approche intersectionnelle lorsque l’on aborde les questions de discrimination; met l’accent sur le fait que le racisme, les discriminations, la xénophobie, l’antisémitisme et l’islamophobie, entre autres, ainsi que les persécutions religieuses et l’intolérance qui y est associée restent un problème majeur dans le monde entier et que la pandémie de COVID-19 a encore aggravé ces problèmes;

33.

condamne le péril international croissant que représentent les discours haineux, y compris en ligne; constate que les femmes sont plus susceptibles d’être ciblées en ligne, ce qui a une incidence négative sur leur participation politique et sur l’égalité hommes-femmes dans la prise des décisions; demande que des mesures efficaces soient adoptées pour lutter contre les comportements discriminatoires et mettre fin à l’impunité, et que soient élaborées, en collaboration avec les États membres et avec la contribution du Parlement, des stratégies locales spécifiques pour aider à combattre les discriminations dans les pays tiers, en concertation avec les représentants locaux et les OSC; rappelle l’importance capitale de l’éducation et du dialogue pour la promotion de la tolérance, de la compréhension et de la diversité;

34.

est très préoccupé par l’ampleur et les effets des hiérarchies fondées sur la caste, et des discriminations et des violations des droits de l’homme liées à ce phénomène, dont le déni d’accès au système judiciaire ou à l’emploi, la persistance des phénomènes ségrégationnistes, la pauvreté, la stigmatisation, et les entraves à l’exercice des droits fondamentaux et au développement humain; demande une nouvelle fois l’élaboration d’une politique de l’Union contre les discriminations fondées sur la caste ainsi que de stratégies locales spécifiques pour permettre de lutter contre cette discrimination dans les pays qui sont le plus touchés par celle-ci; recommande que le Parlement européen se penche sur la discrimination fondée sur la caste dans toutes ses commissions et délégations concernées, désigne un point de contact sur la discrimination fondée sur la caste et, lors de ses visites dans les pays tiers concernés par le problème, consulte les organisations pertinentes et évoque la discrimination fondée sur la caste avec les autorités locales et autres interlocuteurs, et organise une audition annuelle pour examiner les actions et les progrès de l’Union à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale;

Droit de ne pas être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants

35.

condamne toute action ou tentative visant à inciter, à autoriser ou à systématiser la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les exécutions extrajudiciaires, ou à y consentir ou à y acquiescer quelles que soient les circonstances, y compris par les forces de l’ordre; invite tous les pays à adopter et à mettre en œuvre des mesures efficaces dans une démarche axée sur la victime afin d’empêcher la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, tout en veillant à ce que leurs auteurs soient traduits en justice; déplore que le recours à ces pratiques demeure courant dans bien des pays; note avec grande inquiétude la tendance à la multiplication des cas de torture dans le monde ainsi que l’impunité généralisée dont jouissent leurs auteurs; invite tous les pays à revoir systématiquement les règles d’interrogatoire et protocoles de conduite de leurs forces de l’ordre en conformité avec les normes internationales en matière de droits de l’homme;

36.

déplore l’existence de prisonniers d’opinion à travers le monde et demande au SEAE et aux États membres de redoubler d’efforts pour obtenir leur libération sans condition; demande au SEAE et à la Commission d’appuyer la création et le fonctionnement de mécanismes nationaux de prévention dans les pays tiers ainsi que d’OSC actives dans ce domaine; invite l’Union à engager le dialogue avec les pays tiers pour améliorer les conditions de détention, enjeu majeur des politiques publiques, en particulier en s’attaquant au problème de la surpopulation carcérale grâce au recours à d’autres méthodes que le placement en détention; reconnaît le rôle important que jouent, dans la lutte contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, les OSC et les défenseurs des droits de l’homme et demande instamment que l’Union les aide à contrôler les lieux de privation de liberté conformément aux orientations de l’Union révisées sur la torture;

37.

rappelle qu’entre 500 et 700 enfants palestiniens âgés d’à peine 12 ans sont détenus en Israël et poursuivis par des tribunaux militaires israéliens; constate que certains sont détenus sans inculpation, tandis que d’autres sont accusés d’avoir jeté des pierres; condamne fermement cette incarcération illégale et immorale par l’État israélien et demande que tous les enfants palestiniens soient libérés des prisons israéliennes;

38.

invite l’Union à encourager les pays tiers à mettre leurs dispositions nationales en matière de garanties judiciaires en conformité avec leurs engagements internationaux (comme le fait de considérer la torture comme une infraction pénale, conformément à la convention contre la torture); condamne toutes les formes de traite des êtres humains et de travail forcé, y compris lorsqu’elles sont cautionnées par des États, ainsi que toutes les formes de l’esclavage moderne; demande que l’Union et ses États membres prennent la tête des efforts visant à les éliminer et inscrivent, le cas échéant, une mention expresse à cet égard dans les accords de l’Union avec des pays tiers;

Droit à la participation publique

39.

constate que le droit de participer activement ou passivement à des élections libres, transparentes et équitables n’est pas respecté sous les régimes autoritaires, totalitaires et illibéraux, mais aussi que des obstacles de plus en plus nombreux entravent le plein exercice de ce droit dans certains pays démocratiques; souligne que ces régimes organisent des élections factices dans le but de consolider leur pouvoir, en l’absence d’une vraie opposition politique, d’une légitimité et d’un véritable pluralisme; préconise de multiplier les efforts pour garantir la participation publique des minorités ainsi que pour améliorer la représentation des femmes et des jeunes dans les processus électoraux; met l’accent sur le rôle joué par les missions d’observation électorale de l’Union européenne dans l’évaluation indépendante et impartiale des processus électoraux qu’elles surveillent; appelle de ses vœux le suivi de l’adoption et de la mise en œuvre des recommandations de ces missions d’observation électorale dépêchées dans des pays tiers, et demande qu’elles figurent comme un élément essentiel dans les relations entre l’Union et les pays tiers concernés; constate qu’il est plus en plus fréquent que des pays refusent d’inviter l’Union à observer leurs élections et invite le SEAE à remédier à cette situation;

Droits culturels

40.

affirme l’universalité des droits culturels en tant que forme de droits de l’homme qui permet aux individus ainsi qu’aux groupes de personnes de développer et d’exprimer leur humanité et leur identité; soutient le mandat du rapporteur spécial des Nations unies dans le domaine des droits culturels visant à donner une plus grande visibilité aux droits culturels dans le système des droits de l’homme et à favoriser une meilleure compréhension de la gravité de leur violation et de l’opportunité de leur réalisation pour tous, et appelle de ses vœux le renouvellement du mandat du rapporteur spécial après 2024; condamne fermement la destruction du patrimoine historique, artistique et culturel lors des conflits, ainsi que la destruction systématique et ciblée politiquement ou idéologiquement du patrimoine historique, artistique et culturel, de même que l’éradication des identités et des cultures d’États souverains, de peuples ou de minorités; condamne le déplacement illicite et le trafic de biens culturels; demande instamment le retour des œuvres et objets culturels dans leurs lieux d’origine; rappelle que la destruction du patrimoine culturel peut constituer un crime de guerre et une violation des droits de l’homme, et rappelle également, dans ce contexte, les engagements pris par la communauté internationale en matière de responsabilité de protéger, y compris en ce qui concerne la protection du patrimoine culturel au cours et à la suite des conflits armés;

Droits des femmes, y compris santé et droits en matière de sexualité et de procréation, et égalité hommes-femmes

41.

souligne que les droits des femmes et l’égalité des genres sont des droits humains indispensables et indivisibles, et servent de fondement à l’état de droit et à des démocraties résilientes; déplore que des millions de femmes et de filles continuent d’être victimes de discriminations et de violences, en particulier les plus vulnérables d’entre elles en situation de conflit, d’après-conflit ou de déplacement, singulièrement les femmes et les filles handicapées, exposées à une double discrimination, et que les femmes et les filles soient privées de leur dignité, de leur autonomie, y compris de leur autonomie corporelle, et même de leur vie; condamne le recul de plus en plus grand dont pâtissent actuellement l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes, notamment toutes les tentatives pour réduire les droits et protections existants, en particulier dans le domaine de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation, ainsi que la législation, les politiques et les pratiques qui continuent de refuser ou de limiter ces droits dans de nombreux pays du monde, ce qui peut constituer un apartheid sexiste; condamne toutes les formes de violence sexiste et d’exploitation et se déclare préoccupé par les mariages forcés et les maltraitances, violences et assassinats commis au nom de l’honneur sur des femmes et des filles; invite l’Union, ses États membres et les partenaires partageant les mêmes valeurs à intensifier leurs efforts pour garantir la pleine jouissance et la protection de leurs droits fondamentaux; se réjouit de l’adhésion de l’Union européenne à la convention d’Istanbul et invite les États membres de l’Union qui ne l’ont pas encore fait à la ratifier et à la mettre en œuvre dès que possible; soutient le rôle de l’ambassadrice de l’Union chargée du genre et de la diversité ainsi que l’engagement du RSUE pour les droits de l’homme dans ces domaines; appelle de ses vœux une charte européenne des droits des femmes;

42.

est conscient que la promotion et la protection de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation sont essentielles pour parvenir à l’égalité hommes-femmes et souligne le droit d’accéder à des services complets en la matière, y compris à des méthodes contraceptives modernes, à l’avortement sûr et légal, aux soins maternels, prénatals et postnatals, à la procréation assistée, ainsi que l’accès à l’information et à l’éducation sur la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, y compris une éducation sexuelle complète, exempte de toute discrimination, contrainte ou violence; demande à l’Union, au SEAE et aux États membres de prendre des mesures énergiques afin d’accorder une priorité élevée à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation, y compris l’accès à l’avortement sûr et légal, ainsi que de les promouvoir dans le cadre de leurs relations multilatérales et bilatérales, conformément au droit international en matière de droits de l’homme et aux normes internationales et aux lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en la matière;

43.

est conscient de la vulnérabilité accrue des femmes appartenant à des minorités telles que des communautés ethniques, religieuses ou de conviction, en particulier dans les endroits où sont présents des groupes radicalisés et des milices violentes; condamne fermement tous les actes de violence sous toutes leurs formes, y compris la violence sexuelle, l’enlèvement, le déplacement forcé, la traite ou les assassinats de femmes perpétrés en raison de l’appartenance ethnique, de la religion ou de convictions, ou ayant pour motivation des desseins radicaux et extrémistes; condamne fermement les discriminations et les violations des droits humains dont sont victimes les femmes en raison de divers aspects de leur identité, y compris celles qui appartiennent aux minorités ethniques; invite une nouvelle fois les États membres à adopter et à mettre en œuvre des stratégies, des politiques et des programmes visant à faire progresser la santé et les droits en matière de procréation et de sexualité des catégories de femmes marginalisées et à éliminer les obstacles systémiques, financiers, juridiques, pratiques et sociaux auxquels elles sont confrontées et à veiller à ce que leur santé et leurs droits en matière de procréation et de sexualité soient protégés et respectés partout;

44.

condamne encore une fois la pratique commerciale de la gestation pour autrui, phénomène mondial qui expose les femmes du monde entier à l’exploitation et à la traite des êtres humains, tout en ciblant particulièrement les femmes vulnérables sur le plan financier et social; souligne ses graves répercussions sur les femmes, sur leurs droits et sur leur santé, ainsi que ses implications transfrontières;

45.

demande que l’Union, dans la mise en œuvre du troisième plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes, dans l’élaboration de la stratégie locale de l’Union contre la discrimination fondée sur le genre et dans les travaux sectoriels en la matière, s’attaque à l’intersectionnalité en mettant au point une politique de lutte contre les multiples formes de discrimination subies par les femmes et les filles qui sont victimes de violations des droits humains, sous la forme notamment d’abus et de violences sexuels, de déplacements, de travail forcé ou d’asservissement, de prostitution et de traite, et en inscrivant l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes et des filles dans tous les aspects des relations extérieures et de la coopération au développement, en particulier en se dotant d’une politique féministe en matière d’affaires étrangères, de développement et de défense, en accord avec ses engagements internationaux;

46.

appelle de ses vœux des efforts mieux concertés pour éliminer le recours aux violences sexuelles en tant qu’arme de guerre et lutter contre l’impunité des auteurs de ces violences; invite la Commission à poursuivre son action en vue d’éliminer entièrement la pratique des mutilations génitales féminines, de la stérilisation collective et de l’avortement forcé dans le monde entier;

Droits des minorités

47.

rappelle que la plupart des conflits violents dans le monde tiennent à des griefs d’exclusion, de discrimination et d’inégalités exprimés par des minorités en lien avec des violations de leurs droits humains, comme l’a fait remarquer le rapporteur spécial de l’ONU sur les questions relatives aux minorités; souligne qu’il faut systématiser la protection des droits des minorités et l’élaboration de mécanismes de protection au niveau de l’ONU; rappelle l’obligation des États de protéger les droits de leurs minorités nationales, ethniques, culturelles, religieuses ou linguistiques sur leurs territoires respectifs; déplore les cas observés dans le monde, malgré les obligations et engagements internationaux de protection des minorités, de politiques d’assimilation forcée des minorités nationales, ethniques et linguistiques, au mépris de leurs droits de l’homme et de leurs droits fondamentaux; demande que l’Union et ses États membres aident activement les pays tiers à respecter les droits humains fondamentaux des minorités nationales, ethniques et linguistiques dans tous les domaines; invite la Commission à soutenir la protection des droits des minorités, notamment à titre prioritaire dans le cadre du programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) — Europe dans le monde;

48.

met l’accent sur la dimension extérieure du plan d’action de l’UE contre le racisme, et invite la Commission, le SEAE et les délégations de l’Union à dialoguer avec les partenaires des pays tiers pour soutenir l’élaboration, en concertation avec les représentants des OSC et les membres des communautés marginalisées et vulnérables et en s’appuyant sur l’approche décrite dans l’outil d’orientation sur la discrimination fondée sur l’ascendance du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, de stratégies et de politiques analogues, qui devraient couvrir tout l’éventail des actions possibles de l’Union, telles que la promotion de modifications législatives et leur mise en application, des plans de visibilité et des programmes d’aide;

Droits des migrants et des réfugiés

49.

dénonce le recul des droits fondamentaux et de la sécurité des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées de force; réaffirme leurs droits humains inaliénables et rappelle que les États ont pour obligation de les protéger conformément au droit international applicable; demande à l’Union et à ses États membres de défendre efficacement ces droits dans le cadre des politiques en matière de migration et d’asile de l’Union et de leur coopération avec les pays partenaires à cet égard; déplore la montée de la xénophobie, du racisme et des discriminations à l’égard des migrants; souligne que les réfugiés et les migrants, tout particulièrement les sans-papiers, se heurtent à différentes formes de violence, y compris lors de leurs déplacements, comme la violence sexuelle et sexiste, ainsi qu’à de nombreux obstacles, notamment dans l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à un logement décent et aux autres services de base; est extrêmement préoccupé par le nombre sans précédent de personnes déplacées de force à la suite de violations des droits de l’homme, qui a doublé au cours des dix dernières années; salue l’activation de la directive relative à la protection temporaire (18) et demande qu’elle soit utilisée si nécessaire; appelle de ses vœux le renforcement des efforts visant à protéger les droits des migrants, à garantir leur accès à tous les services de base, y compris lorsqu’ils sont en transit, et à faire respecter le principe de non-refoulement; demande la cessation immédiate de la pratique illégale des renvois forcés; demande que l’on s’attaque aux causes profondes des migrations et déplacements forcés;

50.

met l’accent sur l’importance des principes de solidarité et de responsabilité partagée entre les États membres face aux flux migratoires, y compris pour remédier aux difficultés rencontrées par les États membres de première entrée; réaffirme son soutien à la feuille de route relative au pacte sur la migration et l’asile; invite instamment les colégislateurs à redoubler d’efforts pour achever la réforme du cadre législatif en matière d’asile et de migration avant la fin de la législature actuelle;

51.

insiste pour que l’Union et ses États membres fassent en sorte que tous les accords de réadmission et de coopération en matière de migration qu’ils concluent avec des pays tiers respectent strictement les normes internationales en matière de droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit maritime, et en particulier la convention relative au statut des réfugiés; invite la Commission et les États membres à intégrer des évaluations préalables ainsi que des mécanismes de suivi visant à mesurer l’incidence sur les droits de l’homme de la coopération en matière de migration avec des pays tiers et à en communiquer les résultats au Parlement; juge extrêmement préoccupante la pratique consistant à conclure des arrangements informels avec des pays tiers sur la coopération en matière de migration, arrangements sur lesquels le Parlement ne peut exercer aucun contrôle; invite les États membres à assurer la transparence et à permettre l’exercice d’un contrôle parlementaire et démocratique, notamment en ce qui concerne la coopération avec des parties connues pour avoir commis des violations des droits de l’homme; insiste pour que les droits de l’homme soient systématiquement pris en compte et leur respect contrôlé dans toutes les activités menées par l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (ex-EASO);

52.

invite l’Union et ses États membres à faire régner une transparence totale sur les financements liés à la migration accordés aux pays tiers et à veiller à ce qu’ils ne facilitent pas, directement ou indirectement, la perpétration de violations des droits de l’homme ou l’impunité pour de telles violations; demande que les opérations humanitaires financées par l’Union prennent en compte les besoins spécifiques des enfants et autres groupes vulnérables et garantissent leur protection pendant leurs déplacements; condamne à cet égard le placement d’enfants migrants dans des centres de détention, en particulier lorsqu’ils sont séparés de leurs parents ou tuteurs légaux;

53.

condamne vigoureusement les réseaux de passeurs impliqués dans le trafic de migrants et la traite des êtres humains et demande que l’Union et ses États membres redoublent d’efforts pour lutter contre ces réseaux et prévenir le trafic, y compris en concertation avec les pays tiers, dans le respect des normes européennes et internationales en matière de droits de l’homme; souligne que, en l’absence de routes migratoires sûres et légales, les réseaux de passeurs prospèrent et sont responsables de pertes de vies humaines dans des conditions dramatiques le long des routes migratoires; souligne qu’il est indispensable de diffuser des informations et d’organiser des campagnes de sensibilisation sur les risques que comporte le trafic orchestré par les passeurs;

Droits des peuples autochtones

54.

regrette que les peuples autochtones continuent d’être victimes de discriminations et de persécutions généralisées et systématiques dans le monde entier, y compris de déplacements forcés; condamne les arrestations arbitraires et les assassinats de défenseurs des droits de l’homme et des terres qui luttent pour les droits des peuples autochtones; souligne que la promotion des droits des peuples autochtones et de leurs pratiques traditionnelles est essentielle pour parvenir à un développement durable, lutter contre le changement climatique et préserver la biodiversité; prie instamment les gouvernements d’appliquer des politiques en matière de développement et d’environnement qui respectent les droits économiques, sociaux et culturels et incluent les peuples autochtones et les populations locales, conformément aux objectifs de développement durable des Nations unies; demande une nouvelle fois à l’Union, aux États membres et à leurs partenaires au sein de la communauté internationale d’adopter toutes les mesures nécessaires en vue de garantir la reconnaissance, la protection et la promotion des droits des peuples autochtones, y compris au regard de leurs terres, de leurs langues, de leurs territoires et de leurs ressources, comme le stipule la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, notamment en ce qui concerne le consentement préalable, libre et éclairé; demande que l’Union et ses États membres garantissent une coopération de bonne foi sur les droits susmentionnés, et veillent ce qu’ils soient respectés, dans le cadre des instruments commerciaux de l’Union et des dispositions pertinentes de la législation européenne applicables aux entreprises établies dans l’Union; encourage la ratification de la convention no 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) relative aux peuples indigènes et tribaux;

55.

invite tous les États, y compris les États membres de l’Union, à veiller à ce que les populations autochtones et les communautés locales soient associées aux délibérations et aux processus décisionnels de la diplomatie climatique internationale; engage la Commission à continuer de promouvoir le dialogue et la collaboration entre les peuples autochtones et l’Union;

Droits de l’homme, entreprises et commerce

56.

met l’accent sur le rôle du commerce, instrument majeur pour promouvoir et améliorer la situation des droits de l’homme dans les pays partenaires de l’Union, y compris au titre du système de préférences généralisées plus (SPG+); fait cependant observer qu’aucune amélioration ou presque n’a été constatée dans certains des pays concernés; déplore les effets néfastes des activités commerciales excessives et relevant de l’exploitation sur les droits de l’homme et la démocratie et condamne les compagnies qui exploitent illégalement les ressources naturelles, avec des conséquences délétères sur l’exercice des droits de l’homme par les communautés locales;

57.

demande que l’Union veille à la mise en place d’instruments européens et internationaux complémentaires et ambitieux établissant des dispositions énergiques et substantielles, y compris sur l’accès à la justice et à des recours effectifs pour les personnes touchées; appelle de ses vœux, à cet égard, un accord final rapide et ambitieux au sujet de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité, assorti de règles européennes contraignantes en matière de comportement responsable des entreprises en ce qui concerne les droits de l’homme, les droits du travail et les droits environnementaux, ainsi que l’achèvement en temps utile de l’interdiction des produits issus du travail forcé pour que les produits fabriqués en ayant recours au travail forcé soient interdits sur le marché de l’Union; souligne qu’un dialogue constructif avec les parties prenantes, dont les victimes, les représentants de victimes, les syndicats de travailleurs et autres acteurs concernés, constitue une composante primordiale et constante du devoir de vigilance ainsi qu’une étape fondamentale pour détecter et combattre le travail forcé et pour y remédier; insiste sur l’importance de mesures de réparation et d’accès à la justice qui soient conformes aux principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, y compris des mesures financières et non financières concertées avec les victimes, demande instamment à la Commission de soumettre une recommandation au Conseil afin d’obtenir un mandat ambitieux pour que l’Union s’engage dès que possible dans les négociations en cours sur l’instrument juridiquement contraignant des Nations unies relatif aux entreprises et aux droits de l’homme; invite la Commission, le SEAE et les délégations de l’Union à défendre la responsabilité sociale des entreprises et leur obligation de rendre des comptes ainsi que les principes dans leur dialogue avec les pays tiers et dans l’accompagnement de ces derniers pour l’élaboration de leurs propres plans d’action nationaux;

58.

rappelle qu’il incombe aux entreprises de s’assurer que leurs activités et leurs chaînes d’approvisionnement ne sont pas impliquées dans des violations des droits de l’homme, y compris contre les défenseurs des droits de l’environnement, des autochtones et des travailleurs; met l’accent sur les obligations et les responsabilités essentielles des États et d’autres acteurs, y compris les sociétés et entreprises, en matière d’atténuation des effets du changement climatique, de prévention de leurs répercussions négatives sur les droits de l’homme et de promotion de politiques appropriées qui soient respectueuses des obligations en matière de droits de l’homme;

59.

rappelle que le droit au travail est consacré par l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme, et souligne à cet égard que les petites et moyennes entreprises (PME) sont pourvoyeuses de plus de deux tiers des emplois dans le monde et peuvent contribuer au progrès des droits sociaux et économiques; réaffirme dans ce contexte qu’il importe d’assurer des conditions de concurrence équitables pour les PME;

60.

souligne que la liberté d’entreprise est un droit consacré par l’article 16 de la charte des droits fondamentaux; encourage l’Union et les États membres à mener le débat à l’ONU et dans d’autres enceintes multilatérales afin de faire reconnaître le droit fondamental à la liberté d’entreprise à l’échelle mondiale;

Droits des personnes LGBTIQ+

61.

déplore les violations des droits humains, y compris la discrimination, la stigmatisation, la ségrégation, la persécution, la violence et le meurtre, commises à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, non binaires, intersexuées et queer (LGBTIQ+) dans le monde entier, ainsi qu’à l’encontre des défenseurs de leurs droits; est conscient de l’importance d’une éducation inclusive pour lutter contre la discrimination à un stage précoce; est extrêmement préoccupé par la diffusion de discours haineux et de législations anti-LGBTIQ+ qui prennent pour cible les personnes LGBTIQ+ et les défenseurs des droits de l’homme; demande aux pays tiers d’adopter des politiques spécifiques protégeant les personnes LGBTIQ+ et leur donnant les outils nécessaires pour signaler en toute sécurité une violation de leurs droits; demande aux pays tiers de supprimer les dispositions de leur législation qui se traduisent directement ou indirectement par des discriminations, du harcèlement et des persécutions à l’encontre des personnes LGTBIQ+; demande une nouvelle fois la mise en œuvre intégrale de la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025 en tant qu’outil de l’Union pour améliorer la situation des personnes LGBTIQ+ dans le monde; s’inquiète particulièrement au sujet des personnes LGBTIQ+ vivant sous des régimes non démocratiques et préconise des mécanismes flexibles pour protéger ces personnes ainsi que les défenseurs de leurs droits; demande à l’Union et aux États membres d’assurer l’application pleine et cohérente des orientations de l’Union visant à promouvoir et protéger le respect de tous les droits fondamentaux des personnes LGBTIQ dans l’action extérieure;

Droits de l’enfant

62.

condamne fermement la dégradation du respect des droits de l’enfant et l’augmentation des violations de ces droits, que constituent notamment les violences, les mariages précoces et forcés, les abus sexuels et l’exploitation sexuelle, les mutilations génitales, la traite, le travail des enfants, y compris le travail forcé des enfants, le recrutement d’enfants soldats, notamment par des bandes criminelles, l’absence d’accès à l’éducation — dont le droit de se familiariser à leurs propres cultures, langues et traditions — et aux soins de santé, la malnutrition, la ségrégation et l’extrême pauvreté; condamne l’enlèvement ainsi que la séparation, la déportation, l’adoption et l’assimilation forcées d’enfants, y compris de ceux issus de minorités ethniques, tout particulièrement pendant une guerre ou un conflit; attire l’attention sur le nombre toujours élevé d’enfants qui, dans le monde, sont contraints de travailler, généralement dans des conditions dangereuses; demande une nouvelle fois la mise en place d’une approche systématique et constante de la promotion et de la défense des droits des enfants dans l’ensemble des politiques de l’Union; demande l’inclusion d’une stratégie spécifique des droits de l’enfant relative aux procédures judiciaires, améliorant l’accès des enfants à la justice et à des recours efficaces, et garantissant que les auteurs de ces actes en répondent; souligne qu’il faut créer des voies de réintégration et de réparation pour les enfants qui ont été victimes de violations de leurs droits dans des conflits à travers le monde; lance un appel pressant pour la ratification intégrale et universelle de toute urgence de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant;

63.

insiste sur le rôle que joue l’éducation dans le développement des enfants et des jeunes du monde entier; souligne que l’accès à une éducation universelle, inclusive et de bonne qualité est un droit humain, éducation qui devrait inclure la sensibilisation des élèves aux droits de l’homme qui sont les leurs, ainsi qu’à ce qui constitue des violations de leurs droits et à la manière de les signaler; note qu’aux termes de l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme, les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants; demande que l’Union et ses États membres fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à ce que le droit à l’éducation soit respecté partout dans le monde, y compris dans les camps et centres de réfugiés; invite la Commission et le SEAE à continuer de consacrer des moyens financiers importants à l’éducation au titre des instruments de financement extérieur de l’Union et à soutenir les pays tiers dans la création et le développement de systèmes d’éducation de qualité; souligne que l’ensemble du matériel scolaire et éducatif doit respecter les normes de l’Unesco en matière d’éducation;

Droits des personnes handicapées

64.

est préoccupé par les difficultés qui entravent la pleine jouissance des droits des personnes handicapées, tels que l’accès à une éducation inclusive et de qualité, aux soins de santé et à l’emploi, ainsi que la participation à la vie politique; demande une nouvelle fois à l’Union d’apporter son aide dans le monde pour l’élaboration de politiques en faveur des aidants des personnes handicapées; invite tous les acteurs concernés à sensibiliser la société et à lutter contre les comportements discriminatoires à l’égard des personnes handicapées; invite une nouvelle fois la Commission et les États membres à redoubler d’efforts pour promouvoir l’égalité des droits des personnes handicapées au travers de l’action extérieure de l’Union, y compris à l’égard des pays candidats, dans le droit fil des obligations qui leur incombent en tant qu’États parties à la CNUDPH; souligne qu’il faut veiller à la tenue d’un dialogue systématique et structuré avec les organisations représentatives des personnes handicapées dans les pays partenaires et mettre en œuvre des politiques qui leur garantissent la pleine jouissance de leur droit fondamental à participer sur un pied d’égalité à la société, y compris grâce à l’exercice de leur droit de vote, compte tenu de leurs besoins et points de vue particuliers; demande une nouvelle fois que l’Union aide les pays partenaires à élaborer des politiques en faveur de soins de qualité, abordables et accessibles pour les personnes handicapées; appelle de ses vœux l’adoption rapide de la proposition de directive du Conseil relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle;

Droits des personnes âgées

65.

demande une nouvelle fois que l’Union et ses États membres trouvent de nouveaux moyens de renforcer les droits des personnes âgées en tenant compte des multiples difficultés auxquelles elles doivent faire face, telles que les discriminations fondées sur l’âge, la pauvreté, la violence, le manque de protection sociale, la solitude et l’exclusion numérique, entre autres; invite les pays tiers à adopter des mesures de nature à faciliter l’accès des personnes âgées à des soins et à des services sociaux et juridiques de qualité, accessibles et abordables, en portant une attention particulière à la lutte contre le risque de pauvreté que courent les femmes âgées tout spécialement, car elles ont subi des écarts de rémunération par rapport aux hommes au cours de leur vie professionnelle; souligne que leur participation aux affaires publiques de manière autonome devrait être garantie et qu’elles devraient pouvoir jouir pleinement et dignement de leurs droits humains et de leurs libertés fondamentales;

Droit à l’alimentation, à l’eau et à l’assainissement

66.

rappelle que le droit à l’alimentation, à l’eau potable saine et à l’assainissement, y compris l’accès physique et économique à une alimentation, à de l’eau et à des systèmes d’hygiène sûrs et adéquats, est un droit fondamental internationalement reconnu; est extrêmement préoccupé par les difficultés qui pèsent sur le droit à l’alimentation dans le monde entier, en particulier dans les situations de guerre et de conflit, ainsi que lors des catastrophes naturelles et des phénomènes météorologiques extrêmes dus au changement climatique; invite l’Union et ses États membres à promouvoir des lignes directrices obligatoires sur le droit à l’alimentation au sein du système des Nations unies; appelle de ses vœux l’adoption de politiques publiques visant à lutter contre la faim, en particulier chez les enfants, notamment en renforçant la coopération internationale pour remédier à l’insécurité alimentaire mondiale et en apportant une aide d’urgence aux populations menacées de famine et de malnutrition;

67.

invite l’Union, ses États membres et la communauté internationale à intensifier immédiatement leurs efforts pour mettre un terme au phénomène des graves pénuries alimentaires qui se font jour; souligne que la sécurité alimentaire se dégrade sous l’effet des nombreux conflits qui ont lieu dans le monde, y compris des conflits en cours dans des pays qui sont de grands exportateurs mondiaux de produits alimentaires de base, notamment de céréales, ce qui a des conséquences épouvantables dans plusieurs régions du monde; condamne fermement l’utilisation faite de l’insécurité alimentaire à des fins politiques dans le cadre de la guerre, ou la menace brandie d’y recourir, ainsi que les effets délétères de la spéculation sur le prix des denrées; demande en particulier un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza afin de garantir à tous ses habitants un accès ininterrompu à la nourriture et à l’eau;

Droit à un environnement propre, sain et durable

68.

souligne que la crise climatique et son incidence sur l’environnement et la biodiversité ont des effets directs sur la jouissance effective de tous les droits de l’homme et que ces problèmes sont imbriqués et interdépendants; préconise l’adoption rapide de politiques visant à renforcer la coopération internationale et à renforcer les capacités à cet égard, comme le prévoit la résolution 76/300 de l’Assemblée générale des Nations unies; reconnaît le travail extrêmement important des OSC, des défenseurs des droits de l’homme relatifs à l’environnement et des militants autochtones en faveur de la préservation et de la protection de l’environnement et de la biodiversité; déplore les risques et condamne toutes les formes de violence auxquels sont exposés les défenseurs des droits de l’homme relatifs à l’environnement et demande que leur protection effective soit garantie; insiste sur la nécessité de lutter efficacement contre les déplacements de personnes provoqués par les destructions de l’environnement et le changement climatique, qui augmentent le risque de violations des droits de l’homme et les vulnérabilités face à différentes formes d’exploitation; demande que l’Union et les États membres intensifient leurs efforts pour soutenir les mécanismes régionaux, tels que le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement et l’accord d’Escazú (19);

69.

invite instamment l’Union, l’ONU et les mécanismes régionaux des droits de l’homme à endosser un rôle plus important dans la protection des écosystèmes mondiaux et des défenseurs de l’environnement, en particulier là où le changement climatique a de graves répercussions sur les communautés autochtones et locales; invite l’Union à promouvoir une initiative au niveau des Nations unies pour permettre aux observateurs internationaux de surveiller les atteintes majeures à l’environnement, les graves crises environnementales ou les situations dans lesquelles les défenseurs des droits environnementaux sont le plus menacés, ainsi qu’à collaborer avec les autorités et à les aider pour mettre en place des conditions protectrices pour ces défenseurs;

70.

encourage l’Union et les États membres à promouvoir la reconnaissance de l’écocide en tant que crime international au titre du statut de Rome de la CPI;

71.

rappelle que la transition vers les énergies propres doit être juste et respecter les droits fondamentaux de chacun; souligne que la conception et la mise en œuvre des politiques et des projets de transition énergétique devraient être menées de manière à ne pas attiser les violations des droits de l’homme et à ne pas nuire à l’environnement;

Droits de l’homme et technologies numériques

72.

est préoccupé par la menace que l’intelligence artificielle (IA) peut faire peser sur les démocraties et les droits de l’homme, en particulier si elle n’est pas dûment réglementée; se félicite des conclusions du Conseil du 26 juin 2023 visant à renforcer le rôle et le leadership de l’Union dans la gouvernance numérique mondiale, en particulier son positionnement consistant à façonner un cadre réglementaire mondial sur le numérique, et accueille favorablement, à cet égard, la proposition de règlement visant à harmoniser les règles relatives à l’IA, lesquelles doivent protéger les droits de l’homme, en particulier le droit à la vie privée et à la non-discrimination, et les avantages que l’IA peut offrir au bien-être humain; souligne que les technologies nouvelles et émergentes, telles que les logiciels espions, nécessitent un contrôle urgent, une transparence stricte et des protections appropriées; souligne l’importance d’appliquer à ces technologies une approche fondée sur les droits de l’homme; condamne l’utilisation des technologies nouvelles et émergentes comme des instruments coercitifs afin d’intensifier le harcèlement, l’intimidation et la persécution des défenseurs des droits de l’homme, des militants, des journalistes, des avocats et des minorités; est résolument d’avis que l’exportation de logiciels espions de l’Union vers des pays tiers où ces outils sont utilisés contre les militants des droits de l’homme, les journalistes et les opposants au gouvernement, constitue une violation grave des droits fondamentaux inscrits dans la charte ainsi qu’une violation flagrante des réglementations de l’Union en matière d’exportations;

73.

déplore les pratiques des régimes autoritaires et totalitaires qui limitent l’accès des citoyens à l’internet, notamment en le coupant lors de réunions et manifestations publiques, entre autres; insiste sur l’importance d’un cyberespace ouvert, libre, stable et sûr, qui respecte les valeurs fondamentales de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit; attire l’attention sur l’importance que revêt, pour la diplomatie numérique de l’Union, la promotion d’une approche des technologies numériques fondée sur les droits de l’homme;

74.

juge inquiétante l’utilisation des cyberattaques, considérées comme des menaces hybrides, qui sont souvent employées pour nuire à des services et infrastructures essentiels pour la population civile; s’inquiète de l’intensification de ce phénomène qui peut également conduire à des violations des droits numériques des personnes et accentuer la violence hors ligne;

75.

demande à la Commission et au SEAE de promouvoir l’adoption de dispositions législatives contre la désinformation et les discours de haine dans les pays tiers, d’interdire et de punir expressément les discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence à raison de la race, de l’origine ethnique, de la nationalité, de la classe sociale, d’un handicap, de la caste, de la religion, des croyances, de l’âge, de l’orientation sexuelle, du sexe ou de l’identité de genre, ainsi que de faire pression sur les entreprises de technologie et les plateformes de médias sociaux pour favoriser un environnement en ligne respectueux des droits de l’homme;

Renforcer la boîte à outils de l’Union pour la promotion et la protection des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde

Plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie

76.

observe qu’à ce jour, la mise en œuvre par l’Union et ses États membres du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie, si elle est considérable, a encore du retard et reste difficile à évaluer en l’absence d’objectifs concrets assortis d’échéances; relève, dans l’examen à mi-parcours du plan d’action, l’observation relative aux défis sans précédent auxquels le monde a été confronté depuis l’adoption du plan d’action et le recul général de la protection des droits de l’homme ces dernières années, mais souligne que cela devrait conduire à renforcer la mise en œuvre du plan d’action pour la période restante, en vue de maximiser les synergies et la complémentarité entre les droits de l’homme et la démocratie aux échelons local, national et mondial; se félicite que l’action de l’Union à l’égard des défenseurs des droits de l’homme ait été évaluée dans le cadre de la révision; demande que le prochain plan d’action de l’Union intègre la défense et la promotion de l’universalité des droits de l’homme à ses piliers, en accordant une attention particulière aux discours et outils utilisés par les régimes autoritaires et illibéraux dans leurs attaques en la matière; relève la nécessité de combler le fossé entre la vision et les objectifs stratégiques du plan d’action et sa dimension opérationnelle; souligne la nécessité que les États membres s’approprient le plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie et rendent publiquement compte de leurs actions au titre de ce document stratégique; encourage les parlements nationaux et régionaux, les institutions nationales de défense des droits de l’homme et les organisations de la société civile locales à collaborer avec les autorités au niveau des États membres, afin de contribuer à la mise en œuvre de la politique extérieure de l’Union en matière de droits de l’homme;

Représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour les droits de l’homme

77.

soutient pleinement le travail du RSUE pour les droits de l’homme, qui contribue à la visibilité et à la cohérence des actions de l’Union en matière de droits de l’homme dans le cadre des relations extérieures de l’Union; invite le SEAE à renforcer son rôle et sa visibilité en matière de promotion et de protection des droits de l’homme par l’Union lorsqu’il dialogue avec les pays tiers et les partenaires partageant les mêmes valeurs, ainsi qu’en orientant la mise en œuvre du plan d’action en faveur des droits de l’homme et de la démocratie; appelle à améliorer la responsabilité, la transparence et la visibilité des travaux du mandat, notamment en publiant des rapports sur les visites effectuées dans les pays, sur le programme de travail et sur les priorités; estime que la portée du mandat justifie la nomination d’un titulaire de mandat à temps plein; insiste pour que la nomination du prochain RSUE ne soit confirmée qu’après une évaluation positive par la commission des affaires étrangères du Parlement et par sa sous-commission des droits de l’homme, et pour que le RSUE rende régulièrement compte à l’institution;

Instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde et programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie

78.

rappelle le rôle fondamental que joue l’IVCDCI – Europe dans le monde, notamment son programme thématique sur les droits de l’homme et la démocratie, en tant qu’instrument phare de l’Union en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde; demande à nouveau, à la lumière des tendances régressives actuelles dans le monde, que soit renforcé le soutien apporté aux organisations de la société civile, aux militants en faveur de la démocratie et aux organisations médiatiques, notamment par l’intermédiaire du Fonds européen pour la démocratie; souligne la nécessité de nouer un dialogue avec la société civile et d’autres partenaires locaux dans toutes les activités extérieures pertinentes de l’Union; réaffirme la nécessité de rationaliser une approche fondée sur les droits de l’homme dans le cadre des instruments d’action extérieure de l’Union;

79.

demande de nouveau une plus grande transparence concernant les dispositions relatives aux droits de l’homme dans les conventions de financement au titre de l’IVCDCI - Europe dans le monde et une clarification du mécanisme et des critères de suspension de ces conventions en cas de violation des droits de l’homme, des principes démocratiques ou de l’état de droit; souligne que l’Union devrait strictement s’abstenir de recourir à l’appui budgétaire en tant que moyen d’assistance aux régimes qui violent de manière flagrante les normes internationales dans le domaine des droits de l’homme, de la démocratie et de la lutte contre la corruption; insiste sur le fait que, dans ces situations, le soutien devrait plutôt être apporté par l’intermédiaire de la société civile; demande que l’Union veille tout particulièrement à évaluer et à prévenir toute violation liée à ses propres politiques, projets et financements dans des pays tiers, notamment en créant un mécanisme de plainte pour les personnes ou groupes dont les droits auraient été violés par les activités de l’Union dans ces pays;

80.

rappelle que l’Union s’est engagée à soutenir la transition des soins institutionnels vers les soins familiaux et communautaires dans le cadre de son action extérieure au titre de l’IVCDCI - Europe dans le monde; exhorte dès lors les institutions de l’Union à écarter le financement aux institutions, y compris pour leur réaménagement, leur construction ou leur rénovation, s’il n’intervient pas dans le cadre d’un processus de désinstitutionalisation;

Accords internationaux de l’Union

81.

souligne que les clauses relatives aux droits de l’homme devraient s’appliquer de façon cohérente à tous les accords internationaux de l’Union avec des pays tiers, y compris les accords sectoriels et d’investissement, qu’elles devraient être suivies de près et assorties d’un ensemble clair de critères de référence et de procédures à respecter en cas de violations et qu’elles devraient constituer le fondement d’un dialogue pratique et souple sur les droits de l’homme avec les pays tiers; relève que jusqu’en 2014, l’Union a officiellement activé les clauses relatives aux droits de l’homme plus de vingt fois, et qu’elle n’a, depuis lors, adopté de «mesures appropriées» au titre de ces clauses qu’une seule fois; réaffirme que, face aux violations graves et persistantes des clauses relatives aux droits de l’homme par ses pays partenaires, l’Union devrait réagir rapidement et avec détermination, en suspendant en dernier recours les accords pertinents si d’autres options se révèlent inefficaces;

82.

demande que soit mise en œuvre la recommandation de la médiatrice de l’Union consistant à créer un portail de traitement des plaintes, dans le cadre des instruments commerciaux et financiers de l’Union, et à adapter le point d’entrée unique de la Commission pour permettre le dépôt de plaintes en cas de non-respect de clauses relatives aux droits de l’homme, lequel point d’entrée unique devant être facile d’accès, tourné vers les citoyens et transparent; encourage les institutions de l’Union et les États membres à poursuivre leur collaboration avec la médiatrice pour élaborer de nouvelles stratégies et de nouveaux outils visant à protéger et à promouvoir les droits de l’homme par les échanges commerciaux; demande à la Commission d’améliorer sa communication avec le Parlement lorsqu’elle examine l’application des clauses relatives aux droits de l’homme dans les accords internationaux et qu’elle prend des décisions en la matière;

Dialogues de l’Union sur les droits de l’homme

83.

souligne le rôle important que jouent les dialogues sur les droits de l’homme au sein de la boîte à outils de l’Union en matière de droits de l’homme et en tant que vecteur essentiel du déploiement du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie; souligne que ces dialogues devraient traiter de la situation de tous les droits de l’homme et de la démocratie avec les pays concernés; souligne le rôle des organisations de la société civile indépendantes et la nécessité de garantir leur participation légitime grâce à la préparation et au suivi de ces dialogues; souligne que la participation de la société civile à ces dialogues ne doit pas être discriminatoire; fait observer que les dialogues sur les droits de l’homme devraient être considérés comme un élément clé de l’engagement durable de l’Union et non comme un exercice consistant à cocher des cases ou comme un instrument autonome; rappelle que ces dialogues doivent être utilisés conjointement et en synergie avec d’autres instruments, que leur déroulement devrait être axé sur les résultats et qu’ils devraient être réexaminés régulièrement; souligne que l’absence de résultats concrets devrait avoir des conséquences sur la conduite générale des relations bilatérales; réaffirme la nécessité d’attirer l’attention sur des cas individuels, notamment ceux que met en avant le Parlement dans des résolutions et parmi les lauréats et finalistes du prix Sakharov, et d’assurer un suivi adéquat; demande au SEAE et aux délégations de l’Union européenne d’accroître la visibilité de ces dialogues et de leurs résultats, notamment par la publication d’un communiqué de presse conjoint, et d’assurer un suivi adéquat desdits dialogues;

Régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme

84.

constate le recours croissant, jusqu’à présent, au régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme (loi Magnitsky de l’Union) en tant qu’outil politique essentiel pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie par l’Union dans le monde entier; relève toutefois les difficultés que pose l’exigence d’unanimité lors de son adoption et réitère son appel en faveur de l’introduction du vote à la majorité qualifiée pour les décisions relatives à ce régime; préconise une utilisation plus dynamique et cohérente de cet outil, notamment par la coopération avec les partenaires attachés aux mêmes principes; demande au Conseil d’agir concernant les sanctions demandées par le Parlement dans ses résolutions; soutient pleinement la possibilité d’imposer des sanctions anticorruption ciblées concernant les violations graves des droits de l’homme, ce qui constitue une priorité de longue date du Parlement, salue la proposition de la Commission en la matière et demande au Conseil de l’adopter rapidement, que ce soit par son inclusion dans le régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme ou au moyen d’un régime différent;

85.

souligne que l’application cohérente et uniforme des sanctions par tous les États membres a des conséquences sur la crédibilité et l’efficacité de l’action extérieure de l’Union; fait remarquer qu’il est nécessaire d’appliquer complètement les sanctions et demande qu’il soit lutté efficacement contre les violations et les contournements;

Activités de soutien à la démocratie

86.

exprime une nouvelle fois son inquiétude face aux attaques croissantes que mènent les régimes autoritaires, totalitaires et illibéraux contre les institutions et normes démocratiques et la société civile, ainsi que face aux tentatives de réécriture des normes internationales; souligne que la défense et le soutien de la démocratie dans le monde revêtent de plus en plus un intérêt géopolitique et stratégique; estime qu’il est nécessaire d’intensifier les efforts de sensibilisation à l’affaiblissement de la culture démocratique dans les pays tiers et réaffirme la nécessité de renforcer cette dernière; insiste à nouveau sur l’importance des missions d’observation électorale déployées par l’Union et de la contribution du Parlement au développement et au perfectionnement de la méthode qui les guide; demande aux pays tiers d’appliquer les recommandations formulées par les missions d’observation électorale de l’Union et par d’autres organismes internationaux reconnus, dans le but d’améliorer à l’avenir leurs processus électoraux et, ainsi, de contribuer à la transparence et à la légalité de ces derniers afin de renforcer les normes démocratiques des États concernés; salue le travail du Fonds européen pour la démocratie et réaffirme la nécessité de continuer à renforcer ses activités et ses ressources;

Soutien de l’Union aux défenseurs des droits de l’homme et aux organisations de la société civile

87.

est extrêmement préoccupé par les attaques et le harcèlement dont sont victimes les défenseurs des droits de l’homme, ainsi que leurs familles, communautés et avocats, et considère comme particulièrement préoccupants les moyens de plus en plus sophistiqués utilisés pour les persécuter; condamne fermement les lois, notamment les lois antiterroristes, les lois sur la sécurité nationale et les lois contre la diffamation, qui sont utilisées pour cibler les défenseurs des droits de l’homme et les organisations non gouvernementales (ONG), pour criminaliser leur travail et pour les stigmatiser; déplore le harcèlement des ONG dans des pays tiers au moyen de dispositions législatives, telles que les lois sur les agents extérieurs et d’autres lois semblables, ainsi que d’autres restrictions auxquelles les ONG sont confrontées dans leur travail légitime; soutient, salue et remercie sans réserve les défenseurs des droits de l’homme, pour leur travail courageux et essentiel, et l’action de l’Union visant à garantir leur protection dans le monde entier; demande l’application complète et cohérente, par l’Union et par ses États membres, des orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme, favorisant ainsi une stratégie proactive et globale en matière de protection des défenseurs des droits de l’homme qui s’inscrive dans la durée et anticipe et atténue les problèmes graves, tels que les agressions et les menaces ciblant les défenseurs des droits de l’homme, qui ont souvent un coût personnel élevé pour ceux-ci, leur famille et leur entourage; souligne la nécessité urgente de procéder à une révision complète et opportune des orientations concernant les défenseurs des droits de l’homme, en vue de répondre aux menaces et enjeux émergents et de garantir l’applicabilité de ces orientations et leur efficacité dans la protection des défenseurs des droits de l’homme à l’échelle mondiale, tout en intégrant des approches intersectionnelles et sensibles au genre dans les orientations mises à jour, qui reflètent les divers parcours et expériences des défenseurs des droits de l’homme et tiennent compte des vulnérabilités spécifiques auxquelles ils peuvent être confrontés;

88.

souligne le phénomène, qui prend de l’ampleur dans le monde, des menaces transnationales contre les défenseurs des droits de l’homme de la part de leurs autorités nationales ou de leurs mandataires; invite la Commission et les États membres à identifier et à combattre ces menaces au sein de l’Union, de telles actions devant constituer une priorité et un élément intégral des orientations de l’UE concernant les défenseurs des droits de l’homme; encourage la Commission et les États membres à fournir aux défenseurs des droits de l’homme étrangers résidant dans l’Union les moyens adéquats, qu’ils soient financiers ou d’une autre nature, pour leur permettre de poursuivre à distance leur travail dans le domaine des droits de l’homme, sans crainte de représailles; souligne que les fonctionnaires et les agents de pays tiers qui harcèlent les défenseurs des droits de l’homme dans l’Union, ainsi que les facilitateurs locaux, qu’il s’agisse d’individus ou d’entités, devraient répondre de leurs actes; souligne qu’il est essentiel que les services répressifs disposent de formations et de ressources afin de lutter contre ces attaques transnationales;

89.

insiste pour que le SEAE, la Commission et les délégations de l’Union accordent une attention particulière à la situation des lauréats et finalistes du prix Sakharov en danger et prennent des mesures résolues, en coordination avec les États membres et le Parlement, pour garantir leur bien-être, leur sécurité ou leur libération;

90.

demande que des efforts soient déployés pour renforcer la visibilité des actions et des canaux de l’Union pour la protection et le soutien des défenseurs des droits de l’homme; exhorte les États membres à montrer l’exemple et à élaborer des orientations et des lois nationales solides et effectives concernant les défenseurs des droits de l’homme, lesquelles serviront de modèle à suivre pour les autres pays; est conscient de la responsabilité collective du SEAE, de la Commission et des États membres dans la garantie de la mise en œuvre efficace des orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme et appelle l’Union à mettre en œuvre une véritable stratégie de l’Équipe Europe concernant les défenseurs des droits de l’homme; soutient pleinement les mécanismes de ProtectDefenders.eu et invite l’Union et ses États membres à favoriser la création de mécanismes semblables dans les pays partageant la même optique et d’activités conjointes entre l’Union, ses États membres et les pays tiers afin de protéger les défenseurs des droits de l’homme; souligne qu’il importe que les RSUE se mettent en contact avec les autorités nationales pour la protection des droits de l’homme et des personnes; demande une nouvelle fois à la Commission de jouer un rôle proactif dans la mise en place d’un régime de visas à entrées multiples à l’échelle de l’Union pour les défenseurs des droits de l’homme en danger; exhorte les États membres, par le présent rapport, à améliorer les procédures au sein de leurs missions diplomatiques, en veillant à ce que les procédures de demande de visa soient rapides, compréhensibles, accessibles et réalisables; invite en outre les États membres à établir et intégrer, de façon collaborative, une catégorie dédiée au sein du code des visas de l’Union, rationalisant ainsi les procédures relatives aux visas et favorisant l’uniformité de la procédure de demande de visa de l’Union; demande au haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission d’établir, en collaboration avec les États membres et le Parlement, une liste annuelle des pays qui suscitent de graves préoccupations concernant les défenseurs des droits de l’homme, afin de permettre une réponse coordonnée de l’Équipe Europe, un accès aux ressources, une surveillance renforcée, des stratégies dédiées et un plus grand soutien à tous les niveaux; préconise que cette liste soit présentée au Parlement et révisée de façon transparente, afin que les responsables répondent de leurs actes;

91.

déplore que les défenseuses des droits humains soient confrontées à des violences sexistes et souffrent d’un manque d’accès à des ressources et à des mécanismes de protection adéquats; condamne les attaques ininterrompues contre les défenseuses des droits de l’homme, notamment les agressions sexuelles, les menaces, l’intimidation, la criminalisation et les meurtres; affirme que la montée des discours misogynes, sexistes et homophobes de la part des dirigeants politiques ces dernières années a normalisé la violence à l’encontre des défenseuses des droits de l’homme, en particulier contre celles qui travaillent dans le domaine de la santé et des droits génésiques et sexuels; insiste sur la nécessité que l’Union continue de soutenir les organisations de la société civile qui défendent les droits des femmes et des filles sur le plan politique et financier;

Lutte contre l’impunité et la corruption

92.

souligne que la corruption facilite, perpétue et institutionnalise les violations des droits de l’homme, affaiblit les institutions démocratiques et touche de manière disproportionnée les personnes et les groupes les plus vulnérables et marginalisés de la société; demande que la lutte contre la corruption fasse partie de tous les efforts et politiques de l’Union visant à promouvoir les droits de l’homme et la démocratie; se félicite des actions de lutte contre la corruption dans le cadre des politiques extérieures de l’Union, y compris la possibilité d’imposer des sanctions ciblées de lutte contre la corruption, qui figurent dans la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 3 mai 2023 sur la lutte contre la corruption (JOIN(2023)0012); demande à l’Union et à ses États membres d’intensifier leurs efforts en matière de réforme de la justice, de lutte contre l’impunité et d’amélioration de la transparence et des institutions de lutte contre la corruption dans les pays tiers, ainsi que de se pencher sur le rôle que jouent, dans ce domaine, certains acteurs basés dans l’Union; soutient les dispositions de lutte contre la corruption contenues dans les accords commerciaux de l’Union avec des pays tiers; souligne qu’il est de la plus haute importance que l’Union et ses États membres montrent l’exemple en appliquant à leurs financements extérieurs les normes les plus élevées en matière de transparence et en intensifiant leur soutien aux organisations de la société civile, aux militants et aux journalistes d’investigation engagés dans la lutte contre la corruption et l’impunité, ainsi qu’en encourageant l’adoption de mesures mondiales et efficaces de lutte contre la corruption et de cadres réglementaires solides, et en s’attaquant aux juridictions opaques et aux paradis fiscaux; appelle de ses vœux un renforcement de la coopération avec les principaux acteurs internationaux à cet égard, tels que le Groupe d’États contre la corruption (GRECO), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), afin d’améliorer les synergies et l’échange de bonnes pratiques en matière de mesures de lutte contre la corruption;

Actions de l’Union dans les enceintes multilatérales

93.

réaffirme qu’il est indispensable que l’Union et ses États membres parlent d’une seule voix au sein des Nations unies et des autres enceintes multilatérales; est extrêmement préoccupé par les attaques croissantes menées à l’encontre des institutions multilatérales telles que les organes des Nations unies, en particulier le Conseil des droits de l’homme, par des régimes autoritaires et illibéraux dans le but de saper le travail et la légitimité de ces institutions; salue le soutien ininterrompu de l’Union et de ses États membres aux Nations unies et à d’autres institutions multilatérales, ainsi que le dialogue stratégique et la coopération continus et croissants avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme; soutient fermement le parrainage, par l’Union, des résolutions des Nations unies sur les droits de l’homme et la démocratie; invite l’Union et ses États membres à prendre des mesures concrètes pour renforcer la solidité et la résilience de l’architecture internationale des droits de l’homme ainsi que la mise en œuvre cohérente des obligations et instruments internationaux en matière de droits de l’homme; demande à l’Union et à ses États membres de plaider en faveur d’un siège distinct et permanent pour l’Union dans les enceintes multilatérales, y compris le Conseil de sécurité de l’ONU, en plus du siège existant attribué aux États membres de l’Union, et de veiller à une plus grande coordination; invite les délégations de l’Union à jouer un rôle plus important dans les enceintes multilatérales, ce pour quoi elles devraient disposer de ressources appropriées;

94.

signale que la protection effective des droits de l’homme dans le monde passe impérativement par une coopération internationale à l’échelon multilatéral; met l’accent sur le rôle particulièrement important de l’Organisation des Nations unies et de ses organes, en tant que principale enceinte permettant de faire progresser efficacement les efforts en faveur de la paix, de la sécurité, du développement durable et du respect pour les droits de l’homme et le droit international; rappelle l’obligation de tous les États membres des Nations unies de promouvoir et de protéger l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales, comme le prévoient la charte fondatrice des Nations unies et la résolution no 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies; insiste sur la responsabilité qui incombe au Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de lutter contre toutes les violations graves des droits de l’homme dans le monde; déplore le fait que plusieurs membres du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies aient des antécédents de violations graves des droits de l’homme et de non-observation de leurs obligations en matière de droits de l’homme; appelle de ses vœux une meilleure application des critères d’éligibilité au Conseil des droits de l’homme des Nations unies; enjoint au SEAE de lancer et de mener les efforts en vue de l’adoption d’une position coordonnée de l’Union et de ses États membres concernant la participation au Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies, afin de favoriser une plus grande transparence du processus électoral et une compétition fondée sur le mérite; invite les institutions européennes, dont lui-même, à renforcer davantage leurs relations et leur coopération étroite avec ces organes des Nations unies;

95.

met en lumière le travail des commissions d’enquête et des missions d’établissement des faits mandatées par les Nations unies, qui sont de plus en plus utilisées pour répondre aux cas de violations graves du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme, ainsi que pour lutter contre l’impunité; demande à l’Union et à ses États membres de continuer à soutenir politiquement et économiquement les activités des Nations unies, y compris les procédures spéciales et les organes de traités; condamne fermement toutes les attaques contre les titulaires de mandats au titre de procédures spéciales des Nations unies et contre l’indépendance de leurs mandats; demande aux États membres et aux partenaires démocratiques de l’Union de s’opposer résolument à de telles tentatives et de prendre toutes les mesures possibles pour contribuer à proposer des espaces sûrs et ouverts afin que les personnes et les organisations de la société civile puissent interagir avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes;

96.

invite l’Union et ses États membres à soutenir le renforcement des systèmes régionaux des droits de l’homme, grâce notamment à une aide financière et à un échange d’expérience interrégional; souligne, en particulier, le rôle essentiel des organes de traités et des mécanismes judiciaires créés en vertu de ces systèmes régionaux ainsi que leur complémentarité avec le système de protection des droits de l’homme des Nations Unies;

97.

se félicite du soutien politique et financier que l’Union a apporté à la Cour pénale internationale (CPI), y compris au bureau du procureur de la CPI; demande à l’Union et à ses États membres de continuer à soutenir la CPI par les moyens et ressources nécessaires, tant humains que financiers, et d’utiliser tous les instruments à sa disposition pour renforcer la lutte contre l’impunité dans le monde; salue les contributions de la CPI à la lutte contre l’impunité dans le monde; soutient les contributions de l’Union aux enquêtes sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité menées dans le cadre de la CPI; condamne les tentatives visant à saper le travail de la CPI et sa légitimité; demande à l’Union et à ses États membres d’encourager leurs partenaires à ratifier le Statut de Rome et ses amendements et, ainsi, à étendre la compétence de la Cour;

Stratégie de l’Équipe Europe

98.

déplore les différences d’approche en matière de protection et de promotion des droits de l’homme dans les pays tiers que l’on observe dans les ambassades des États membres et dans les délégations de l’Union; souligne que les ambassades des États membres devraient ériger la promotion et la protection des droits de l’homme au rang de priorité, tout en soutenant la société civile dans les pays tiers; note que cette responsabilité ne devrait pas incomber entièrement aux délégations de l’Union; invite l’Union et les États membres à placer effectivement les droits de l’homme au centre de toutes les politiques et de tous les outils de l’Union; demande instamment à l’Union et à ses États membres d’intensifier leurs efforts pour promouvoir et protéger les droits de l’homme et la démocratie dans le monde entier; souligne qu’il est nécessaire pour l’Union et ses États membres d’agir de façon efficace et unie, d’une seule voix, pour aborder les enjeux mondiaux en matière de droits de l’homme et de démocratie dans les enceintes multilatérales; demande une coordination totale, dans les pays tiers, entre toutes les délégations des États membres et les délégations de l’Union sur les questions relatives aux droits de l’homme; invite les délégations de l’Union et les missions diplomatiques des États membres de l’Union à adopter une approche plus volontariste en matière de promotion et de défense des droits de l’homme;

99.

souligne qu’il importe de trouver une solution à la segmentation constante qui caractérise la conduite des relations extérieures de l’Union en matière de droits de l’homme; appelle de ses vœux une meilleure coordination sur les questions relatives aux droits de l’homme entre, d’un côté, la direction générale des partenariats internationaux de la Commission et le SEAE et, de l’autre, d’autres directions générales concernées, dont celle du commerce et celle de la migration et des affaires intérieures, ainsi que les agences de l’Union concernée, telles que Frontex et l’AUEA; se félicite de la coordination accrue entre les délégations de l’Union et le siège du SEAE, d’une part, et la direction générale des partenariats internationaux, d’autre part, en ce qui concerne les affaires urgentes relatives à des défenseurs des droits de l’homme;

100.

demande à toutes les délégations de l’Union dans les pays tiers d’accroître leur soutien aux défenseurs des droits de l’homme, conformément aux lignes directrices de l’Union dans ce domaine, ainsi que de rendre visite aux membres de l’opposition démocratique, aux militants et aux membres de la société civile emprisonnés dans ces pays, de suivre leur situation, d’assister aux procès et de faire valoir leur cas dans le cadre des dialogues de l’Union sur les droits de l’homme avec les pays concernés;

101.

souligne le rôle important de la diplomatie publique et culturelle de l’Union ainsi que des relations culturelles internationales dans la promotion des droits de l’homme et demande à la division de communication stratégique et prospective du SEAE d’intensifier ses initiatives à cet égard, pour lesquelles elle devrait pouvoir compter sur les ressources appropriées; insiste sur la nécessité d’une communication abondante, dans les pays tiers, sur les programmes en faveur des droits de l’homme financés ou soutenus par l’Union; estime qu’il est de la plus haute importance de mettre pleinement en œuvre les orientations de l’Union en matière de droits de l’homme dans les délégations de l’Union et les missions diplomatiques des États membres;

102.

invite la Commission, le SEAE et les États membres à adopter une véritable stratégie de l’Équipe Europe consistant à collaborer régulièrement avec le Parlement et à l’associer de manière significative lors de chaque réunion, visite ou autre événement officiel ou non officiel, conformément au rôle qui lui échoit en sa qualité de seul organe de l’Union élu directement et de représentant des citoyens de l’Union;

°

° °

103.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au Conseil de sécurité des Nations unies, au Secrétaire général des Nations unies, au président de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ainsi qu’aux chefs des délégations de l’Union européenne.

(1) JO L 410 I du 7.12.2020, p. 1.

(2) JO L 209 du 14.6.2021, p. 1.

(3) JO C 303 du 15.12.2009, p. 12.

(4) JO C 411 du 27.11.2020, p. 30.

(5) JO C 404 du 6.10.2021, p. 202.

(6) JO C 15 du 12.1.2022, p. 70.

(7) JO C 15 du 12.1.2022, p. 111.

(8) JO C 99 du 1.3.2022, p. 152.

(9) JO C 117 du 11.3.2022, p. 88.

(10) JO C, C/2023/409, 23.11.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/409/oj.

(11) JO C 342 du 6.9.2022, p. 295.

(12) JO C 214 du 16.6.2023, p. 77.

(13) JO C 465 du 6.12.2022, p. 33.

(14) Université de Göteborg, «The world is becoming increasingly authoritarian - but there is hope» (Le monde devient de plus en plus autoritaire, mais il y a des raisons d’espérer), 2 mars 2023, https://www.gu.se/en/news/the-world-is-becoming-increasingly-authoritarian-but-there-is-hope.

(15) https://goodhumanrightsstories.net/.

(16) Position commune 2008/944/PESC du Conseil du 8 décembre 2008 définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires (JO L 335 du 13.12.2008, p. 99).

(17) Règlement (UE) 2021/821 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2021 instituant un régime de l’Union de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts en ce qui concerne les biens à double usage (JO L 206 du 11.6.2021, p. 1).

(18) Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil (JO L 212 du 7.8.2001, p. 12).

(19) Accord régional du 4 mars 2018 sur l’accès à l’information, la participation publique et la justice en Amérique latine et dans les Caraïbes.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6741/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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