| CELEX | 52024IR0028 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 20 juin 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/5369 | 17.9.2024 |
Avis du Comité européen des régions — Renforcer l’espace administratif européen (ComPAct)
(avis d’initiative)
(C/2024/5369)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | se félicite que la Commission européenne ait exprimé, dans sa communication intitulée «Renforcer l’espace administratif européen (ComPAct)», son intention d’encourager la coopération et le dialogue politique et de contribuer à améliorer les capacités et la qualité des administrations publiques aux niveaux central, régional et local en Europe; |
| 2. | souligne que les administrations publiques jouent un rôle central s’agissant de renforcer le marché unique et que le secteur public, qui emploie environ 21 % de la main-d’œuvre de l’Union, gère un marché de travaux publics et de fournitures représentant environ 670 milliards d’euros; |
| 3. | fait valoir que les administrations publiques exécutent directement environ un tiers du budget de l’Union, notamment par l’intermédiaire des fonds de la politique de cohésion et de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), tandis que l’échelon local et régional est responsable de la gestion de 34 % des dépenses publiques totales et de 56 % de la totalité des investissements publics; |
| 4. | note avec satisfaction que, dans sa communication, la Commission européenne tient compte de l’avis qu’il a précédemment élaboré dans ce domaine (1) et qu’elle reprend certaines idées qui y figuraient; |
| 5. | invite la Commission européenne et les pouvoirs publics à redoubler d’efforts pour réévaluer et réduire la charge administrative qui pèse en particulier sur les collectivités locales et régionales; relève à cet égard qu’il convient d’éviter autant que possible la surréglementation, conformément aux principes visant à mieux légiférer; |
| 6. | note qu’il faut redoubler d’efforts pour parvenir à un véritable espace administratif européen; relève qu’après 30 ans, des obstacles au bon fonctionnement du marché unique persistent encore et que les approches nationalistes sont un frein à leur élimination; |
| 7. | avance que, même si la Commission européenne présente une communication sur un espace administratif européen, il n’existe pas encore de véritable espace administratif européen et que celui-ci ne pourra voir le jour (dans le cadre du marché unique) sans une vision européenne qui transcende les intérêts nationaux et des règles et structures cohérentes et efficaces fondées sur un consensus général et dont la valeur ajoutée européenne est incontestable; reconnaît à cet égard le rôle que peuvent jouer les régions et leurs pouvoirs publics, dont la portée dépasse en effet souvent les frontières nationales; |
| 8. | salue le soutien ferme apporté dans le rapport intitulé «Much more than a Market» (Bien plus qu’un marché), rédigé par Enrico Letta, à une capacité administrative renforcée afin d’avoir un impact plus important; souligne en particulier l’analyse selon laquelle les contraintes budgétaires ont considérablement entravé les efforts de modernisation des administrations publiques et leur capacité à recruter et à retenir un personnel qualifié depuis la crise financière de 2007-2008, ce qui a entraîné une mise en œuvre inégale et, dans certains cas, incomplète des textes législatifs européens dans l’ensemble de l’Union; se félicite à cet égard de la proposition de créer une nouvelle facilité au service d’un «pacte pour renforcer la coopération et l’expertise des administrations européennes», qui pourrait encourager les investissements et les réformes des administrations publiques et apporter un soutien à des particuliers ou à un groupe d’administrations publiques confrontés à des problèmes similaires ou partageant les mêmes ambitions; réitère l’appel d’Enrico Letta en faveur d’un budget suffisant alloué à cette facilité afin de permettre à la Commission d’apporter une expertise spécifiquement axée sur l’amélioration du fonctionnement des administrations publiques; |
| 9. | constate que si la Commission européenne expose ses grandes idées concernant un espace administratif européen, elle s’abstient toutefois de présenter, dans sa communication, une vision claire quant au contenu d’un tel espace administratif transfrontière et européen; |
| 10. | se félicite que l’instrument d’appui technique soit employé comme principal programme de l’Union pour apporter un soutien aux administrations publiques, y compris aux niveaux régional et local; tient néanmoins à signaler que nombre d’entre elles, en particulier aux échelons régional et local, ne sont pas au fait de l’ensemble des possibilités qu’offre cet instrument; invite la Commission européenne à intensifier ses efforts de communication et à mener davantage de campagnes de sensibilisation à cet égard; |
| 11. | reconnaît que les États membres possèdent des structures gouvernementales différentes et que les législations doivent être adaptées à chacune de ces structures; appuie les actions de décentralisation et les efforts déployés par les États membres pour associer les niveaux de gouvernement infranationaux à la conception et à la mise en œuvre de la législation relative aux politiques; souligne toutefois qu’une mise en œuvre réussie passe par la délégation, non seulement des actions, mais aussi des financements à l’échelon correspondant; |
| 12. | note que le ComPAct vise à stimuler la coopération administrative en développant les compétences des agents grâce à une stratégie en la matière, en appuyant la transformation numérique et en menant à bien la transition écologique. Cependant, de nombreuses administrations publiques sont confrontées à un défi supplémentaire qu’elles doivent relever d’urgence, à savoir le déclin démographique, l’exode des compétences, le vieillissement de leur personnel et leur capacité à inciter les jeunes à rejoindre le service public, de même qu’une future pénurie de compétences sur l’ensemble du marché du travail et une concurrence accrue pour recruter la main d’œuvre disponible; |
| 13. | souligne la nécessité d’une différenciation territoriale dans le cadre du recensement des défis auxquels sont confrontées les administrations publiques des États membres et des collectivités locales et régionales, compte tenu de la diversité des structures, des traditions, des ressources et des capacités; estime dès lors que l’espace administratif européen offre des possibilités mais que des disparités régionales et locales pourraient subsister pour ce qui est de son application; |
| 14. | fait remarquer que les zones rurales, les régions défavorisées et les personnes qui, pour diverses raisons, n’ont pas accès aux outils numériques, sont nombreuses à rencontrer des problèmes d’accessibilité, en raison de déficits infrastructurels, de l’absence d’internet à haut débit ou d’un manque de compétences; souligne que, même dans un service public numérisé à 100 %, les citoyens doivent pouvoir compter sur le soutien public de leur collectivité locale en tant que service d’intérêt public; |
| 15. | appelle de ses vœux une stratégie plus ambitieuse, qui s’appuierait sur la déclaration de Strasbourg sur les valeurs et défis communs des administrations publiques européennes, dans laquelle les États membres ont clairement fait part de leur volonté de transformer leurs administrations publiques, de promouvoir l’échange de bonnes pratiques et d’approfondir leur coopération; |
| 16. | recommande que la création d’un espace administratif européen aille au-delà de la coopération entre les administrations nationales à leur propre échelon et que la déclaration de Strasbourg soit renouvelée pour mettre l’accent en particulier sur les administrations publiques au niveau infranational; |
| 17. | salue le dialogue constant de la Commission européenne avec les administrations homologues par l’intermédiaire de réseaux complémentaires, tels que le groupe d’experts sur l’administration publique et le réseau des administrations publiques européennes; plaide en faveur d’une participation active renforcée des administrations publiques à tous les niveaux, en fonction des besoins; |
| 18. | propose que les fonctionnaires, dans le cadre de leur formation, participent à des stages ou à des expériences de travail temporaire dans un endroit différent de leur lieu de recrutement, par exemple dans un autre organisme public du même État membre, voire dans un autre pays; est conscient des barrières linguistiques qui pourraient y faire obstacle et recommande d’utiliser l’intelligence artificielle et les technologies de traduction pour contourner ces barrières dans la mesure du possible; suggère de s’attacher en particulier à mettre en place de tels échanges tout d’abord entre des villes jumelées, tout en mettant en avant les défis qui se poseraient à cet égard dans les régions défavorisées ou reculées; |
| 19. | met en avant les résultats positifs du nouveau règlement pour une Europe interopérable, qui rendra l’administration publique européenne plus efficace par rapport aux coûts, en ce qu’il permettra de relier les différents niveaux même par-delà les frontières et de mettre au point de véritables espaces d’apprentissage au moyen des technologies numériques; demande des précisions quant au rapport entre le ComPAct et le règlement relatif à l’interopérabilité ainsi que d’autres réglementations et espaces de données pertinents, étant donné que certains outils, tels que la création de centres de soutien pour une Europe interopérable, peuvent également être utilisés pour cet espace de données; |
| 20. | regrette que les gouvernements locaux et régionaux et les partenaires sociaux au niveau de l’Union n’aient pas été officiellement consultés lors de l’élaboration du ComPAct; insiste sur l’importance d’intégrer, dans le cadre du programme pour une meilleure réglementation, les commentaires que l’échelon infranational fait remonter par l’intermédiaire du réseau de pôles régionaux du CdR, des outils de test rural ou des analyses d’impact territorial; |
| 21. | souligne l’importance d’atteindre l’objectif de la décennie numérique consistant à rendre 100 % des services publics essentiels accessibles en ligne d’ici à 2030, ce qui permettra de réaliser des gains d’efficacité et d’améliorer l’accessibilité de ces services, et salue les efforts déployés par la Commission européenne pour en faire un enjeu majeur de l’espace administratif européen; insiste sur la nécessité de veiller à ce que chaque citoyen ait accès à des compétences et infrastructures numériques modernes et à ce que des sessions de formation ciblées soient organisées pour les personnes disposant de capacités numériques limitées; signale toutefois les difficultés que posera la mise en œuvre du ComPAct en raison du calendrier des étapes décisionnelles et des ajustements nécessaires pour répondre aux demandes à venir aux niveaux national, régional et local; |
| 22. | accueille favorablement l’objectif du ComPAct d’améliorer la participation des pays candidats à l’adhésion aux échanges de pratiques avec les États membres et d’en accroître la fréquence, alors que l’Union s’apprête à connaître sa plus grande expansion en raison du nombre croissant de pays candidats; souligne que cet objectif serait conforme à la promotion d’une administration professionnelle et impartiale, qui compte parmi les critères d’élargissement de l’Union; |
| 23. | invite les États membres à aborder les défis en matière de capacités administratives à tous les niveaux de gouvernement dans leurs plans budgétaires et structurels à moyen terme, lesquels doivent être présentés d’ici le mois de septembre 2024 au titre du cadre réformé de gouvernance économique. |
Bruxelles, le 20 juin 2024.
Le président
du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Avis du Comité européen des régions — Améliorer la capacité administrative des collectivités locales et régionales pour renforcer les investissements et les réformes structurelles au cours de la période 2021-2027 (JO C 79 du 10.3.2020, p. 25).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5369/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0073 — La situation des droits de l'homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la situation des droits de l’homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov (2024/2993(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024