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AccueilDroit européen52024IR0710
Initiative législative52024IR0710

Avis du Comité européen des régions — Plan d’action de l’UE en matière d’énergie éolienne

CELEX52024IR0710
TypeInitiative législative
Datemercredi 9 octobre 2024

Résumé IA

Le Comité européen des régions approuve le plan d'action de l'UE pour l'énergie éolienne, mais insiste sur la nécessité d'une approche territoriale inclusive. Il souligne l'importance de simplifier les procédures d'autorisation, de renforcer les chaînes d'approvisionnement locales et de garantir une répartition équitable des bénéfices pour les collectivités territoriales. L'avis appelle également à un soutien accru à la formation et à la reconversion professionnelle dans les régions concernées.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/7064

4.12.2024

Avis du Comité européen des régions — Plan d’action de l’UE en matière d’énergie éolienne

(C/2024/7064)

Rapporteur

:

Andries GRYFFROY (BE/AE), député au Parlement flamand

Texte de référence

:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Plan d’action de l’UE en matière d’énergie éolienne

COM(2023) 669 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

soutient les efforts déployés par la Commission pour renforcer l’industrie éolienne européenne et promouvoir le développement de l’énergie éolienne dans l’ensemble de l’UE, étant donné qu’elle recèle un potentiel considérable pour ce qui est d’assurer la sécurité énergétique, d’augmenter la part des énergies renouvelables et de garantir des prix de l’énergie abordables, de sorte que les collectivités locales et régionales jouissent d’une plus grande indépendance énergétique; fait valoir à cet égard qu’elle constitue l’une des technologies clés à exploiter pour atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe;

2.

reconnaît qu’il est essentiel de donner aux villes et aux régions les moyens d’atteindre les objectifs de l’Union européenne en matière d’énergie propre et d’efficacité énergétique, tels qu’ils sont définis dans la déclaration de la COP 28, le paquet «Ajustement à l’objectif 55», le train de mesures européennes sur l’énergie éolienne, la stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer, le plan REPowerEU et le pacte vert pour l’Europe;

3.

attire l’attention sur la nécessité de prendre en ligne de compte les collectivités locales et régionales dans le train de mesures sur l’énergie éolienne afin de satisfaire aux exigences en matière de production locale d’énergie en Europe;

4.

estime qu’une énergie propre et produite localement telle que l’énergie éolienne pourrait contribuer largement à accroître la résilience des collectivités locales et régionales, tout en renforçant la compétitivité, l’indépendance et la sécurité énergétiques de l’Union européenne et en concourant à la réalisation des objectifs de décarbonation des régions;

5.

souligne que, pour maintenir la compétitivité de l’UE, il y a lieu de soutenir davantage la décarbonation de l’économie tout en s’attaquant à la dépendance de l’Union à l’égard des pays tiers et à la concurrence croissante dans les secteurs des technologies propres;

6.

fait observer que des chaînes d’approvisionnement locales dans le secteur éolien peuvent jouer un rôle capital dans le développement économique et l’évolution du taux d’emploi à l’échelon local et régional et qu’elles sont donc essentielles au bien-être continu des populations locales;

7.

note toutefois que de tels projets éoliens ont une incidence significative sur l’aménagement du territoire et du domaine maritime dans les collectivités locales et régionales concernées et qu’ils risquent d’être moins bien acceptés par les populations locales si celles-ci n’y sont pas associées de manière adéquate; invite la Commission à garantir une participation effective des citoyens et des collectivités locales et régionales en tant que 7e pilier du plan d’action en matière d’énergie éolienne; déplore que ledit plan d’action ne reconnaisse pas l’importance de l’acceptation et de la consultation à l’échelon local, y compris sur la base des communautés d’énergie renouvelable, des coopératives énergétiques, ainsi que du partage de l’énergie en tant que forme de «prosommation» élargie, ou encore d’un accroissement, à ce même niveau local, de l’approvisionnement énergétique au bénéfice du développement économique et social, de manière à renforcer l’acceptation par le public, la participation des collectivités et le bien-être général;

8.

reconnaît que le développement des projets éoliens n’est pas suffisamment rapide pour assurer la résilience et la sécurité énergétique, et ce pour diverses raisons qui sont exposées ci-après;

9.

accueille favorablement la charte européenne de l’éolien signée en décembre 2023 par 26 ministres de l’Union et plus de 300 entreprises du secteur, par laquelle les États membres et l’industrie s’engagent à s’attaquer aux obstacles rencontrés afin d’accélérer le déploiement des projets éoliens, mais déplore qu’elle fasse l’impasse sur les collectivités locales et régionales;

10.

souligne que les collectivités locales et régionales ont elles aussi un rôle extrêmement important à jouer dans le développement de tels projets éoliens et demande dès lors que leurs points de vue puissent s’exprimer lors des prochaines étapes de la mise en œuvre du train de mesures européennes sur l’énergie éolienne;

11.

est favorable à ce que le présent avis d’initiative et l’analyse technique qui l’accompagne servent de base à l’expression de ce point de vue;

Vue d’ensemble de la problématique

12.

souligne que l’énergie éolienne est une source d’énergie intermittente qui doit être transportée du point de production au point de consommation ou stockée localement, sous forme d’électricité ou de molécules, ou encore de chaleur à destination des réseaux de chauffage urbain;

13.

fait observer qu’un système approprié de stockage, de transport et de distribution de l’énergie, interconnexions transfrontalières comprises, est essentiel à la réalisation des projets sur terre comme en mer ainsi qu’à la stabilité du réseau électrique, et que la construction de telles infrastructures critiques devrait aller de pair avec le déploiement de l’énergie éolienne et de son potentiel;

14.

note que cette approche systémique est reconnue dans les principaux facteurs évoqués dans le plan d’action en matière d’énergie éolienne, ainsi que dans la charte de l’éolien, mais qu’elle est extrêmement théorique et ne prévoit pas de mécanismes de stockage. Ces systèmes de stockage seront nécessaires à plus long terme pour éviter le délestage de la production d’énergies renouvelables;

15.

constate que, dans certaines régions, la capacité insuffisante du réseau empêche déjà d’y injecter de l’énergie éolienne, que le développement des infrastructures dans les différentes régions est un processus coûteux et laborieux, et que les goulets d’étranglement au niveau des chaînes d’approvisionnement pour les projets de développement du réseau pourraient bien empêcher le raccordement des infrastructures éoliennes; souligne la nécessité de renforcer les infrastructures de réseau afin de soutenir l’expansion de l’énergie éolienne; prie instamment la Commission européenne de donner la priorité aux investissements dans la capacité du réseau et à la coopération régionale afin de pouvoir faire face à l’accroissement prévu des installations éoliennes, en accordant une attention particulière aux nouveaux concepts tels que les réseaux intelligents et les quartiers à énergie positive;

16.

souligne, compte tenu de l’expansion rapide des capacités d’énergie éolienne en Europe, la nécessité d’aborder l’ensemble du cycle de vie des composants éoliens; demande d’intensifier les activités d’innovation et de développer les capacités de recyclage afin de garantir la durabilité et l’utilisation efficace des ressources dans le secteur de l’énergie éolienne;

17.

rappelle que pour assurer le succès des énergies renouvelables en mer et progresser dans leur déploiement, il faudra approfondir les connaissances dans ce domaine et mettre à l’essai les nouvelles technologies sur lesquelles repose la mise au point de ces installations. À cet effet, il sera important d’encourager le développement de plateformes d’essai et de recherche sur les énergies renouvelables en mer pour favoriser la mise en œuvre de solutions en la matière qui soient innovantes et présentent un meilleur rapport coût/efficacité;

18.

invite instamment la Commission européenne à compléter le plan d’action visant à faciliter le déploiement du réseau par un plan à long terme de développement du réseau à l’échelon local intégrant la question du couplage sectoriel, sous la forme par exemple d’un stockage et d’un transport de l’énergie à l’état de molécules;

19.

demande que les plans décennaux de développement du réseau soient étendus aux capacités de transport et de stockage avec des molécules telles que l’hydrogène renouvelable ou d’autres carburants renouvelables d’origine non biologique;

20.

souligne qu’une part importante de l’énergie éolienne terrestre est connectée au réseau de distribution local en plus du réseau de transport. Les gestionnaires de réseaux de distribution locaux, au sein desquels les collectivités locales et régionales sont des acteurs majeurs, jouent un rôle crucial en tant que points de raccordement et sources d’information pour le raccordement de l’énergie éolienne terrestre;

21.

demande un partage d’informations avec les collectivités locales et régionales, afin de les inciter à signaler les goulets d’étranglement potentiels le plus tôt possible et de permettre une planification régionale adéquate;

22.

souligne le rôle de premier plan que jouent les ports s’agissant d’assurer la croissance de la transition énergétique et la sécurité de l’approvisionnement énergétique, en tant qu’infrastructures critiques, stations-service et pôles de production pour l’éolien en mer; appelle de ses vœux une augmentation des investissements dans les infrastructures portuaires et de terminaux, ainsi que des investissements en vue d’intégrer les capacités éoliennes en mer dans le réseau continental; demande une protection appropriée de ces infrastructures compte tenu de leur importance pour la sécurité énergétique;

Amélioration de la procédure d’octroi de permis

23.

prend acte des défis auxquels sont confrontées de nombreuses régions de l’Union limitrophes de la Russie et de la Biélorussie en ce qui concerne la production d’énergie éolienne en raison des technologies de défense dotées de radars et de capteurs. La promotion de la production d’énergie éolienne dans ces régions contribuerait non seulement à accroître la sécurité énergétique, mais aussi à rendre les régions frontalières extérieures de l’UE plus résilientes;

24.

reconnaît les graves retards que rencontrent les promoteurs de projets éoliens lorsqu’ils introduisent une demande de permis et les risques associés à cette longue période d’attente, et convient qu’il est nécessaire de mettre en place une procédure d’octroi de permis rapide et transparente, accélérée si possible grâce à la numérisation;

25.

attire l’attention sur les petits systèmes éoliens décentralisés combinés à un dispositif de stockage de l’énergie et propose d’intensifier et d’encourager leur développement, afin d’éviter la congestion du réseau et de promouvoir les petites installations éoliennes;

26.

note que l’octroi des permis est une procédure qui relève également des collectivités locales et régionales, lesquelles doivent disposer pour ce faire d’un personnel compétent et qualifié. Pour qu’elles puissent mener à bien cet exercice, il est nécessaire d’apporter à l’échelon local des investissements et un soutien continus sur le plan des outils comme des compétences. Se contenter de créer des outils, en l’absence de gestion appropriée de la formation et des compétences au niveau des collectivités locales, ne produira pas les effets escomptés. La stabilité et la transparence des procédures, lesquelles doivent être fondées sur des évaluations objectives, sont essentielles à une gouvernance digne de confiance. À cet égard, les collectivités locales et régionales devraient soupeser et prendre sérieusement en considération les avantages du petit éolien développant une faible puissance (de l’ordre, par exemple, de 50 kW);

27.

fait observer que l’existence d’une procédure d’octroi de permis aux délais raccourcis, moyennant même la suppression de certaines étapes jugées dispensables, ne signifie pas forcément que le permis sera délivré dans de brefs délais: il faut s’assurer que les formalités et les délais soient raisonnablement suffisants pour garantir la participation effective de tous les acteurs censés contribuer à la procédure et de la société dans son ensemble, afin de ne pas s’exposer à des procédures contentieuses longues et onéreuses; relève par ailleurs que les autorités compétentes doivent être tenues, une fois les procédures mises en place, d’en respecter strictement les délais;

28.

reconnaît les défis auxquels sont confrontées les collectivités locales et régionales dans le cadre des procédures d’octroi de permis, lesquelles entrent souvent en contradiction avec des directives et règlements européens tels que les directives «Oiseaux» et «Habitats». Il convient d’étudier les moyens d’améliorer l’efficacité et le taux d’approbation de ces procédures en tenant compte des normes environnementales. En outre, dispenser aux collectivités locales et régionales une formation aux dispositions des directives «Oiseaux» et «Habitats» (s’agissant par exemple de procéder à une analyse d’impact en bonne et due forme, de prendre des mesures d’atténuation ou des mesures compensatoires, etc.) pourrait offrir une possibilité réelle de limiter les retards dans les procédures d’octroi de permis;

29.

souligne que diverses directives, telles que la directive sur les énergies renouvelables, ont déjà des répercussions sur la procédure d’octroi de permis, et demande une rationalisation générale des différentes législations qui doivent être transposées dans le droit applicable à l’échelon régional;

30.

fait observer qu’afin de garantir que les infrastructures énergétiques soient déployées de manière efficace et coordonnée, il conviendrait de conférer aux collectivités territoriales un rôle accru dans la planification stratégique à l’échelle locale et régionale. Les pouvoirs publics et autorités de l’échelon local sont susceptibles de fluidifier la démarche en créant et en administrant des forums énergétiques locaux, lesquels peuvent avoir pour objectif de fédérer les acteurs concernés par le secteur énergétique, comme les sociétés de distribution d’électricité, les entreprises de chauffage urbain et les exploitants d’éoliennes, ainsi que les citoyens;

31.

demande à la Commission de développer une vision plus large de la procédure d’octroi de permis, qui reconnaisse que les contentieux en constituent une partie intégrante, et qui réduise au minimum ces derniers et en harmonise le traitement dans toute l’Europe;

32.

invite la Commission européenne à prendre des mesures afin d’éviter les procédures contentieuses, en tenant compte du principe de subsidiarité et de l’identité propre à chaque région;

Possibilités de financement

33.

souligne que le meilleur moyen d’assurer un financement pérenne est d’établir des conditions de marché qui garantissent des perspectives économiques positives et de mettre en place un cadre législatif stable qui prévoie une tarification stable elle aussi et réduise le risque lié à l’investissement. Cet environnement stable est également nécessaire afin de rétablir la confiance dont les promoteurs de projets éoliens et les investisseurs ont besoin pour réaliser de tels investissements;

34.

note que le coût total du système dépend également des besoins d’expansion du réseau. À l’instar des procédures d’octroi de permis, le développement du réseau est un paramètre dont il faut tenir compte. Le calendrier de sa mise en œuvre, la transparence de ses coûts et son acceptation sociale devraient également être pris en considération lors de la hiérarchisation des investissements dans l’énergie éolienne; rappelle qu’à mesure que la production éolienne et solaire se développe, il est nécessaire, afin d’améliorer la résilience du système électrique, de disposer d’une électricité propre et flexible dans le secteur résidentiel, de capacités de stockage intelligent, ainsi que d’une demande sur site;

35.

fait valoir que les carburants renouvelables d’origine non biologique offrent également la possibilité de développer le réseau à coût maîtrisé face aux besoins de financement à long terme propres aux infrastructures, à condition que toute mesure prise en la matière soit fondée sur des données objectives et étayées par la science;

36.

renvoie à la nécessité d’assurer par ailleurs de manière proactive la nécessaire expansion du réseau de transport et de distribution dans des zones désignées afin de sécuriser les perspectives économiques, et insiste sur la nécessité de mettre en place des systèmes de flexibilité et de stockage au sein de ces réseaux afin de réduire au minimum les périodes de prix négatifs et/ou de délestage de la production. Non seulement ces périodes de délestage font baisser la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, mais elles entraînent également des pertes considérables de revenus pour les promoteurs de projets éoliens, nuisant ainsi aux perspectives économiques;

37.

souligne qu’il y aurait lieu de prévoir, lors du développement de ces systèmes de réseau aussi bien sur terre qu’en mer, la possibilité de relier les parcs éoliens d’une région à l’autre, en particulier en mer, afin d’éviter toute congestion du réseau; demande que l’on s’intéresse au concept de zones de dépôt des offres en mer en vue de réduire les délestages de production pour les promoteurs de projets éoliens et de garantir un marché de l’électricité plus performant pour les particuliers et les entreprises;

38.

relève qu’il est nécessaire de recenser les meilleures pratiques au niveau des modèles commerciaux pour ce qui est de soutenir les investissements dans l’énergie éolienne ainsi que le développement, l’exploitation et la maintenance des réseaux à l’échelon local. Dans ce contexte, l’éolien devrait offrir aux collectivités locales et régionales des avantages concurrentiels lorsqu’elles définissent leur propre bouquet énergétique;

39.

se félicite du rôle joué par la Banque européenne d’investissement (BEI) dans le financement et la garantie des conditions de financement des projets éoliens à grande échelle. Ce rôle devrait également permettre aux collectivités locales et régionales d’investir dans des projets locaux de développement de l’éolien, et des liens substantiels avec ces collectivités devraient être entretenus et consolidés;

40.

propose d’étudier la mise en place de dispositifs de financement pour chaque bassin éolien afin de tenir compte des différences régionales dans chacun de ces bassins et d’accélérer le financement dans les zones les plus développées;

41.

note l’importance accordée aux accords d’achat d’électricité (AAE) et aux contrats d’écart compensatoire (CEC) dans les options de financement. Il s’agit d’instruments complexes potentiellement adaptés à des projets de développement à grande échelle, même si des projets plus modestes devraient également être envisagés;

42.

insiste sur le fait que les collectivités locales et régionales disposent d’une expérience et de compétences limitées en la matière et qu’il est essentiel de soutenir la transposition de ces concepts dans la législation applicable à l’échelon régional;

43.

demande que soit pris en considération le potentiel qu’offre le financement total ou partiel de projets éoliens par les citoyens au moyen de coopératives énergétiques, en ce qu’il permettrait aux citoyens d’en retirer un bénéfice financier. Ces coopératives énergétiques devraient au minimum jouir d’un accès au marché similaire à celui dont disposent les fournisseurs d’énergie et les investisseurs financiers. Les retours sur investissement pour les communautés locales devraient rendre les projets éoliens plus acceptables au niveau local, évitant ainsi des procédures contentieuses longues et coûteuses;

44.

souligne qu’aux niveaux local et régional, les communautés énergétiques offrent une chance de concrétiser une transition énergétique durable, décentralisée et démocratique avec la participation active des collectivités locales et régionales. Ces communautés énergétiques devraient prendre la forme d’organisations ascendantes, ouvertes et démocratiques, reposant sur une participation volontaire. Sur la base de la directive révisée sur les énergies renouvelables (RED III), les communautés d’énergie renouvelable pourraient exploiter les ressources renouvelables disponibles localement, y compris l’énergie éolienne, en revêtant la forme juridique la plus appropriée (par exemple, entité municipale, coopérative, société à but non lucratif, à responsabilité limitée ou ad hoc) selon ce qui convient le mieux aux besoins énergétiques locaux et au contexte. Il convient toutefois de noter que ces communautés énergétiques sont également confrontées à des problèmes d’autorisation, à une charge administrative élevée et à la facturation de frais administratifs par les fournisseurs d’énergie, ce qui rend les perspectives économiques extrêmement difficiles;

45.

souligne que, si le public est positivement disposé à l’égard des énergies renouvelables en général, les projets individuels sont souvent accueillis avec scepticisme ou résistance par les populations locales;

Acceptation par le grand public

46.

déplore le manque d’attention portée dans le plan d’action en matière d’énergie éolienne au renforcement de l’acceptation des projets éoliens par le public. Les collectivités locales et régionales ressentent souvent beaucoup de méfiance, et les citoyens se sentent menacés par le développement de certains projets éoliens dans leur voisinage. Les citoyens jouent un rôle important dans la transition énergétique, et une transition juste et équitable doit tenir compte de leurs points de vue et tendre à s’assurer de leur soutien aux projets éoliens. C’est pourquoi tout doit être fait pour tenter de susciter la plus forte adhésion possible dès le stade de l’autorisation environnementale, grâce à l’élaboration d’un plan de participation des acteurs concernés, qu’il conviendra dans tous les cas d’adresser aux populations et aux collectivités locales;

47.

fait observer que les gens peuvent avoir le sentiment de ne pas être entendus et se retrancher dans un comportement de type NIMBY (Not in My Backyard, ou «pas de ça chez moi») ou, pire encore, BANANA (Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anything, ou «ne construisez rien nulle part près de quoi que ce soit»), suscitant un fort clivage dans la société et le lancement de procédures contentieuses;

48.

note que cette méfiance générale des citoyens et des différentes parties prenantes s’applique non seulement au développement des parcs éoliens eux-mêmes, mais aussi, plus généralement, aux infrastructures nécessaires pour relier ces parcs aux réseaux de distribution et de transport. Les efforts visant à faire accepter les projets par le public doivent porter de manière combinée sur ces deux aspects;

49.

est convaincu que les projets d’implantation sont généralement mieux acceptés par la société en cas de participation financière équitable des régions et des populations locales aux bénéfices réalisés;

50.

fait observer que si l’on veut que l’éolien soit mieux accepté, il y a lieu de prévoir, à l’intention des personnes vivant à proximité comme des collectivités locales, des compensations pour ses répercussions négatives quantifiables sur le paysage et sur les possibilités de mener d’autres activités à l’entour. Ces mesures devraient notamment prendre la forme de possibilités d’indemnisation pour certains biens immobiliers subissant un préjudice objectif ou de tarifs avantageux pour l’accès à l’énergie produite;

51.

note que, si le train de mesures sur l’énergie éolienne prévoit un soutien substantiel aux collectivités locales et régionales dans le contexte des procédures d’octroi de permis, il n’envisage rien pour les aider, sur le plan financier ou pratique, dans leurs démarches visant à faire accepter par le public le développement de l’énergie éolienne et la transition énergétique en général;

52.

invite la Commission à prendre d’urgence des mesures en vue d’instituer une plateforme pour instaurer de la confiance sur la question de la transition énergétique. Ces démarches pourraient prendre la forme d’une campagne de communication, de procédures adaptées, de lignes directrices générales et de bonnes pratiques comportementales (ainsi que de modèles d’entreprise) et devraient avoir pour finalité d’associer activement les citoyens aux projets d’énergie éolienne développés au sein de leurs communautés. À cet égard, les collectivités locales et régionales doivent être associées dès les premières étapes au développement des projets éoliens. Il devrait être envisagé d’offrir aux citoyens la possibilité d’investir dans les projets;

53.

prend acte de la nécessité de mieux comprendre les raisons qui sous-tendent l’acceptation par le public. Les fonds pour l’innovation devraient être consacrés non seulement à l’innovation en matière de fabrication et de reconversion professionnelle, mais aussi à des projets relevant des sciences humaines et sociales ainsi qu’à l’optimisation des éoliennes conformément aux points de vue des citoyens (concernant par exemple le bruit et les vibrations, ou encore les effets d’ombre);

54.

note que les programmes de reconversion et de perfectionnement des travailleurs des industries en déclin, telles que les secteurs à forte consommation de combustibles fossiles, contribueront à accroître l’acceptation générale par les citoyens et devraient donc rester une priorité essentielle;

55.

invite les promoteurs de projets éoliens à informer en temps utile les collectivités locales et régionales de leurs intentions et à être ouverts à la discussion en la matière. Cela permettra non seulement de bénéficier de leur expertise des conditions locales, mais aussi d’améliorer l’acceptation par le public. Au cours de cette période, l’objectif doit être de structurer le projet éolien de manière à maximiser les chances de voir aboutir la procédure d’octroi de permis;

56.

souligne que la transition énergétique devrait également se concentrer sur les avantages qu’offre pour la société la nouvelle industrie issue des énergies renouvelables, tels que le potentiel qui s’ouvre au niveau des chaînes d’approvisionnement locales lors du développement, de la production, de l’installation, de l’exploitation et du recyclage des éoliennes; note qu’un approvisionnement énergétique où les sources éoliennes non fossiles jouent un rôle accru ouvre la voie, au sein de l’économie dans son ensemble, à la création d’entreprises et à leur développement, générant ainsi emplois et revenus. Il est essentiel de communiquer sur les succès engrangés en ce qui concerne ces retombées positives afin d’accroître l’acceptation par le public et d’attirer des personnes qualifiées dans le secteur;

Garantir une concurrence équitable

57.

reconnaît que des distorsions de concurrence pourraient avoir des incidences négatives sur les fabricants d’équipements éoliens de l’UE, voire réduire leur compétitivité sur le marché de l’Union. Elles pourraient se traduire par une diminution de l’emploi et du bien-être à l’échelle de l’UE, des États membres et des régions. Les actions proposées dans le train de mesures sur l’énergie éolienne sont essentielles pour garantir des conditions de concurrence équitables; invite l’Union à soutenir les chaînes d’approvisionnement européennes de l’éolien afin de renforcer la compétitivité des entreprises de l’Union tout en réduisant la dépendance à l’égard des pays tiers;

58.

compte tenu du fait que tous les fabricants industriels de l’UE sont confrontés à une situation financière difficile et que cela pourrait saper l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie européenne, affectant des milliers d’emplois dans toute l’Union, propose de créer un label «Made in and by Europe» qui rendrait obligatoire la présence d’un minimum d’apport local dans les composants d’éolienne, comme cela se fait déjà actuellement dans des pays tels que le Brésil, la Chine, les États-Unis et l’Inde, parmi d’autres;

59.

fait observer que les procédures d’adjudication engagées par les collectivités locales et régionales doivent respecter les dispositions de la directive 2014/24/UE sur la passation des marchés publics, en précisant que le marché sera attribué à l’offre reconnue comme étant économiquement la plus avantageuse sur la base du prix le plus bas ou du meilleur rapport qualité/prix, et reconnaît que, conformément à cette directive, le critère de qualité peut inclure des aspects environnementaux et sociaux; observe que conformément au règlement pour une industrie «zéro net» (RIZN), il devrait également être possible, dans les marchés publics, de tenir compte des conditions de concurrence et de la sécurité d’approvisionnement, afin d’éviter toute dépendance unilatérale à l’égard de fournisseurs de pays tiers;

60.

fait observer qu’une part importante des marchés publics est gérée par les collectivités locales et régionales et que leurs compétences et aptitudes devraient également être prises en considération. D’une manière générale, le prix reste le principal critère déterminant d’un appel d’offres. Les données probantes et l’expérience sur la manière d’inclure la comptabilité carbone n’en sont encore qu’à leurs débuts;

61.

demande l’introduction d’une base juridique et administrative simple et de lignes directrices standards sur la manière d’inclure des aspects tels que la comptabilité carbone ou la circularité dans les procédures de passation de marché et de mise aux enchères;

62.

constate qu’il peut s’avérer difficile d’obtenir l’empreinte carbone des infrastructures d’énergie renouvelable auprès des fabricants, en particulier tout au long de la chaîne d’approvisionnement, y compris pour ce qui est des fournisseurs étrangers lorsque ces besoins doivent être pris en considération; considère à cet égard que la mise en œuvre, dans les meilleurs délais, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières constitue la meilleure voie à suivre;

63.

demande que la circularité des matériaux et le traitement des éoliennes en fin de vie entrent également en ligne de compte lors de la définition des procédures de passation de marché et de mise aux enchères;

64.

note que l’un des principes fondamentaux de la circularité est de promouvoir la réutilisation plutôt que le recyclage, et demande que les projets de rééquipement soient privilégiés dans l’optique d’une concurrence équitable;

65.

fait observer que la promotion de l’emploi et des écosystèmes locaux dans les procédures de passation de marché et de mise aux enchères a également une incidence positive sur l’acceptation par le grand public;

66.

constate que le contexte géopolitique actuel démontre à quel point la résilience et la sécurité de l’approvisionnement sont essentielles, non seulement pour l’énergie, mais aussi pour les matériaux critiques, et continue de réaffirmer l’importance des chaînes d’approvisionnement locales pour parvenir à cette résilience.

Bruxelles, le 9 octobre 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7064/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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19/12/2024

Initiative législative52024IP0072(01)

P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))

19/12/2024

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