| CELEX | 52024IR1164 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 9 octobre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/7066 | 4.12.2024 |
Avis du Comité européen des régions — L’intelligence artificielle éthique et l’accès au supercalcul pour les start-up
(C/2024/7066)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
COM(2024) 29 final
Amendement 1
Considérant 2
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Depuis 2021, année de l’adoption du règlement (UE) 2021/1173 du Conseil, l’intelligence artificielle (IA) a fait d’énormes progrès techniques et s’est imposée comme un domaine hautement stratégique et disputé à l’échelle mondiale. L’Union est à l’avant-garde des efforts visant à soutenir l’innovation responsable dans le domaine d’une IA digne de confiance, tout en mettant en place des garde-fous et une gouvernance efficace. | Depuis 2021, année de l’adoption du règlement (UE) 2021/1173 du Conseil, l’intelligence artificielle (IA) a fait d’énormes progrès techniques et s’est imposée comme un domaine hautement stratégique et disputé à l’échelle mondiale. L’Union est à l’avant-garde des efforts visant à soutenir l’innovation responsable dans le domaine d’une IA digne de confiance, tout en mettant en place des garde-fous et une gouvernance à plusieurs niveaux efficace. |
Exposé des motifs
Le règlement de 2021, modifié en 2024 par la nouvelle proposition à l’examen, vise en son article 3, paragraphe 1, à «soutenir la double transition et le développement de compétences clés pour la science et l’industrie européennes». Il sera impossible d’y parvenir sans une coopération entre les niveaux de gouvernance européen, national et local et régional. Qui plus est, en son article 3, paragraphe 2, point b), le règlement de 2021 vise explicitement à «rechercher des synergies avec les activités et programmes pertinents au niveau de l’Union et aux niveaux national et régional, en particulier avec ceux qui soutiennent le déploiement de solutions innovantes, l’éducation et le développement régional, s’il y a lieu».
Amendement 2
Considérant 5
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Le nouvel objectif devrait permettre à l’entreprise commune d’exercer des activités dans le domaine de l’acquisition et de l’exploitation de supercalculateurs ou de partitions de supercalculateurs dédiés à l’IA en vue de faciliter l’apprentissage automatique et l’entraînement rapides de grands modèles de fondation. L’entreprise commune devrait également être autorisée à créer un nouveau mode d’accès à ses ressources de calcul pour les start-up et la communauté scientifique au sens large actives dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à développer des applications d’IA spécifiques optimisées pour fonctionner sur ses supercalculateurs. Ces modifications permettraient à l’entreprise commune de proposer une puissance et des services de calcul adaptés de manière à promouvoir l’entraînement et le développement de l’IA à grande échelle ainsi que son adoption dans l’Union, ce qui n’est pas réalisable dans le cadre du règlement actuel. | Le nouvel objectif devrait permettre à l’entreprise commune d’exercer des activités dans le domaine de l’acquisition et de l’exploitation de supercalculateurs ou de partitions de supercalculateurs dédiés à l’IA en vue de faciliter l’apprentissage automatique et l’entraînement rapides de grands modèles de fondation. L’entreprise commune devrait également être autorisée à créer un nouveau mode d’accès à ses ressources de calcul pour les start-up et la communauté scientifique au sens large actives dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à développer des applications d’IA spécifiques optimisées pour fonctionner sur ses supercalculateurs. Ces modifications permettraient à l’entreprise commune de proposer une puissance et des services de calcul adaptés de manière à promouvoir l’entraînement et le développement de l’IA à grande échelle ainsi que son adoption dans l’Union , dans ses États membres et dans les régions , ce qui n’est pas réalisable dans le cadre du règlement actuel. |
Exposé des motifs
Le raisonnement invoqué à l’appui de cet amendement est le même que celui avancé pour l’amendement au considérant 2 que le CdR propose ci-dessus. Par ailleurs, le présent amendement que le CdR propose d’apporter au considérant 5 de la proposition de 2024 fait écho à l’article 3, point d), du règlement de 2021, lequel vise à «fournir des services de calcul et de données à un large éventail d’utilisateurs publics et privés en Europe». De manière générale, un certain nombre d’écosystèmes régionaux de l’innovation travaillent en synergie avec les pôles européens d’innovation numérique et s’emploient de plus en plus à mettre au point et exploiter des modèles et des applications d’intelligence artificielle. Ils peuvent constituer de puissants moteurs dans l’adoption de nouvelles évolutions technologiques qui répondent à des besoins de la société.
Amendement 3
Article 1er, paragraphe 1 a), point 3 ter)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| «fabrique d’intelligence artificielle»: une entité centralisée ou distribuée qui fournit une infrastructure de services de supercalcul pour l’intelligence artificielle constituée d’un supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle ou d’une partition de supercalculateur dédiée à l’intelligence artificielle, d’un centre de données associé, d’un accès spécifique et de services de supercalcul axés sur l’intelligence artificielle, et qui attire et rassemble des talents appelés à fournir les compétences requises pour l’utilisation des supercalculateurs pour l’intelligence artificielle; | «fabrique d’intelligence artificielle»: une entité centralisée ou distribuée qui fournit une infrastructure de services de supercalcul pour l’intelligence artificielle constituée d’un supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle ou d’une partition de supercalculateur dédiée à l’intelligence artificielle, d’un centre de données associé, d’un accès spécifique et de services de supercalcul axés sur l’intelligence artificielle, et qui attire et rassemble des talents appelés à fournir les compétences requises pour l’utilisation des supercalculateurs pour l’intelligence artificielle , en mettant l’accent sur l’utilisation de l’expertise et des ressources locales et régionales ; |
Exposé des motifs
Une approche territorialisée des fabriques d’intelligence artificielle et des supercalculateurs est bénéfique pour la croissance locale et régionale.
Amendement 4
Article 1er, paragraphe 2)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| À l’article 3, paragraphe 2, le point h) suivant est ajouté: | À l’article 3, paragraphe 2, le point h) suivant est ajouté: | ||||
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Exposé des motifs
L’interopérabilité et l’accessibilité des écosystèmes d’intelligence artificielle sont des préoccupations majeures pour les parties prenantes locales et régionales. Garantir ces normes communes permettrait non seulement de faciliter la circulation des données, mais aussi de stimuler l’innovation et la croissance économique aux niveaux local et régional.
Amendement 5
Article 1er, paragraphe 3), point viii)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| interagir avec les autres fabriques d’intelligence artificielle, en rendant leurs services accessibles dans toute l’Europe et en coopérant avec les centres de compétences et centres d’excellence EuroHPC, ainsi qu’avec les initiatives pertinentes de l’Union en matière d’intelligence artificielle, comme les pôles de start-up dans le domaine de l’intelligence artificielle, les écosystèmes d’intelligence artificielle et de données, les installations d’essai et d’expérimentation de l’intelligence artificielle, la plateforme centrale européenne d’intelligence artificielle, les pôles d’innovation numérique axés sur l’intelligence artificielle, les communautés de la connaissance et de l’innovation liées à l’intelligence artificielle de l’Institut européen d’innovation et de technologie, les infrastructures européennes de recherche pertinentes et d’autres initiatives connexes. | interagir avec les autres fabriques d’intelligence artificielle, en rendant leurs services accessibles dans toute l’Europe et en coopérant avec les centres de compétences et centres d’excellence EuroHPC, ainsi qu’avec les initiatives pertinentes de l’Union en matière d’intelligence artificielle, comme les pôles de start-up dans le domaine de l’intelligence artificielle, les écosystèmes d’intelligence artificielle et de données, les installations d’essai et d’expérimentation de l’intelligence artificielle, la plateforme centrale européenne d’intelligence artificielle, les pôles d’innovation numérique axés sur l’intelligence artificielle, les communautés de la connaissance et de l’innovation liées à l’intelligence artificielle de l’Institut européen d’innovation et de technologie, les infrastructures européennes de recherche pertinentes et d’autres initiatives connexes au niveau de la coopération européenne, des États membres de l’Union et des régions . |
Exposé des motifs
Identique à l’exposé des motifs des amendements 2 et 3 supra.
Amendement 6
Article 1er, paragraphe 4)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| À l’article 9, paragraphe 5, le point g) suivant est ajouté: | À l’article 9, paragraphe 5, le point g) suivant est ajouté: | ||||
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Exposé des motifs
L’accessibilité des services de supercalcul est essentielle. En outre, la création d’un réservoir de talents présuppose qu’une attention particulière est accordée au développement du capital humain.
Amendement 7
Article 1er, paragraphe 9), point b)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Le paragraphe 2 ter suivant est inséré: | Le paragraphe 2 ter suivant est inséré: |
| «2 ter. Le comité directeur définit les conditions particulières d’accès aux supercalculateurs optimisés par l’intelligence artificielle et aux supercalculateurs EuroHPC dotés de capacités d’intelligence artificielle conformément à l’article 17, en tenant compte des besoins spécifiques de l’écosystème de start-up dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’écosystème de recherche et d’innovation. Un accès spécifique pour les start-up est prévu. Seules les propositions visant à mettre au point des modèles, systèmes et applications d’intelligence artificielle dignes de confiance, éthiques et conformes aux valeurs de l’Union sont éligibles à cet accès.». | «2 ter. Le comité directeur définit les conditions particulières d’accès aux supercalculateurs optimisés par l’intelligence artificielle et aux supercalculateurs EuroHPC dotés de capacités d’intelligence artificielle conformément à l’article 17, en tenant compte des besoins spécifiques de l’écosystème de start-up dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’écosystème de recherche et d’innovation. Un accès spécifique pour les start-up est prévu. Seules les propositions visant à mettre au point des modèles, systèmes et applications d’intelligence artificielle dignes de confiance, éthiques et conformes aux valeurs de l’Union sont éligibles à cet accès. Les critères régissant l’accès sont fixés de manière transparente, moyennant une information publique complète dès les premières étapes. ». |
Exposé des motifs
Ressort du texte.
Amendement 8
Article 1er, paragraphe 9), point b)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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| «2 quarter. Les conditions d’accès des start-up et des petites et moyennes entreprises qui s’emploient à mettre au point des modèles de fondation d’une intelligence artificielle éthique en demandant à pouvoir utiliser les capacités de calcul à haute performance de l’Union devraient être fixées de telle manière à réduire au minimum la charge administrative et moyennant une certaine souplesse dans l’application du nouveau règlement de l’Union sur l’intelligence artificielle, qui soit proportionnée à la situation desdites start-up et petites et moyennes entreprises.». |
Exposé des motifs
Le CdR a déjà eu l’occasion, dans un avis antérieur consacré à l’intelligence artificielle, de soulever la question de la charge administrative qui pèse sur les petites et moyennes entreprises et les start-up dans le contexte de la réglementation relative à l’IA; voir Journal officiel de l’Union européenne C 97/85 du 28.2.2022, paragraphe 24. Les critères présidant à l’éthique et à la responsabilité, qui reposeront certes sur la conformité au règlement sur l’IA, devront être soigneusement détaillés de telle sorte que les capacités de calcul à haute performance de l’Union demeurent raisonnablement accessibles aux start-up et aux petites et moyennes entreprises, dont la situation n’est pas la même que celle des grandes entreprises technologiques historiques, qui peuvent compter sur des services de conformité réglementaire richement dotés.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | prend acte des mesures réglementaires importantes qui ont été prises l’année dernière pour assurer une utilisation innovante, éthique et durable des outils d’intelligence artificielle (IA) en Europe; souligne que l’Union européenne est le premier acteur majeur à avoir formulé un cadre juridique complet dans ce domaine et que, à ce titre, les règles proposées ont de grandes chances d’être adoptées ou tout du moins d’influencer les réglementations qui seront édictées par la suite; |
| 2. | fait observer que l’Union européenne accuse un retard dans certains domaines, tels que les modèles de fondation ou les semi-conducteurs de pointe; souligne que l’Union devrait prendre des mesures pour lever certains obstacles structurels à l’innovation, en ce qui concerne par exemple la compétitivité, la fragmentation du marché numérique et son manque d’intégration, l’absence de vision stratégique, le sous-investissement dans la R&D, la moindre importance attachée aux modèles d’entreprise et à l’adéquation au marché, ou encore la moindre liquidité des marchés du capital-risque; préconise la mise en place de mécanismes de soutien qui permettraient d’aider les États membres et les acteurs régionaux à convertir leur positionnement à l’avant-garde des concepts en position dominante sur le marché; |
| 3. | répète que «l’ambition de la Commission de faire de l’Union européenne un leader mondial dans le développement responsable de l’intelligence artificielle (IA), axé sur le facteur humain, ne peut être réalisée que si les collectivités locales et régionales occupent une position forte dans le processus. Celles-ci sont les mieux placées pour contribuer à la création d’un environnement favorable à l’augmentation des investissements dans l’IA au cours des prochaines années et à favoriser la confiance dans l’IA» (1); regrette dans ce contexte que la proposition de règlement ne reconnaisse pas le rôle des collectivités locales et régionales dans le soutien aux start-up actives dans le domaine de l’IA; |
| 4. | rappelle qu’en sa qualité de représentant de l’échelon local et régional des pouvoirs publics, au plus près des citoyens, le CdR est particulièrement soucieux de ce que leurs droits individuels et collectifs soient dûment respectés dans le cadre de l’utilisation et du développement des technologies numériques; affirme que la compétitivité et la souveraineté technologique de l’Union européenne passent par une traduction concrète donnée à la reconnaissance de la gouvernance à plusieurs niveaux et du rôle joué par les écosystèmes régionaux de la recherche et de l’innovation; propose que la composition du comité directeur d’EuroHPC soit à l’avenir élargie pour inclure un représentant du Comité européen des régions en qualité d’observateur, moyennant la nomination d’un représentant politique assisté de personnel administratif; |
| 5. | fait valoir l’importance des consortiums universitaires pour faire progresser les programmes de recherche dans le domaine de l’IA; met en avant toute l’importance d’une collaboration entre différents acteurs, tels que les entreprises déjà établies, les start-up, les universités, les entités publiques et les ONG, pour mettre en place des écosystèmes de l’innovation dotés d’une composante territorialisée significative qui seront mieux à même de relever les défis posés par l’IA et d’exploiter les possibilités qu’elle offre par ailleurs; |
| 6. | fait remarquer que l’interopérabilité est l’un des principaux défis liés aux nouvelles technologies, dont l’IA fait partie; rappelle dans ce contexte les obstacles économiques et techniques qui entravent le partage et l’utilisation des données sur différentes plateformes et à différentes fins; propose donc de s’appuyer sur le potentiel d’un supercalcul véritablement interopérable, qui répondrait aux préoccupations des acteurs locaux et régionaux tout en stimulant la croissance territorialisée; |
| 7. | souligne qu’il est compliqué de faciliter une participation et des consultations constructives des communautés locales et régionales et de toutes les parties prenantes concernées par le déploiement de l’IA pour répondre à leurs préoccupations et récolter leurs réactions. Ce processus d’engagement implique de rechercher activement des contributions, de répondre aux préoccupations et d’intégrer les retours de groupes différents; |
| 8. | insiste sur la nécessité de simplifier et de clarifier les règles en ce qui concerne l’accès aux infrastructures de supercalcul existantes et la mise au point de nouveaux supercalculateurs; souligne qu’il est nécessaire de préparer à la fois les supercalculateurs existants et ceux qui seront prochainement mis en service à leur utilisation pour l’entraînement de nouveaux modèles de fondation de l’IA, lesquels intégreront les exigences en matière d’éthique, de sécurité et de gouvernance des données qui auront été posées dans le règlement sur l’IA; |
| 9. | souligne que l’accès aux données, et surtout à des données de qualité, est essentiel pour l’entraînement des modèles d’IA et la mise à l’essai de ses applications; est d’avis qu’il serait avantageux de s’employer à normaliser les données sur la base d’une taxinomie européenne; estime que l’on pourrait utiliser l’IA comme une instance de pilotage neutre des espaces de données, et que les prestataires de services qui proposent des systèmes d’IA de cette nature doivent faire en sorte qu’ils soient neutres et dignes de confiance; |
| 10. | soutient que c’est l’opérateur humain qui doit rester aux commandes des systèmes d’IA, afin de garantir que ces systèmes respectent son autonomie, sa dignité et son autorité dans la prise de décision; souligne que le développement et le déploiement de l’IA devraient améliorer le bien-être des personnes, soutenir les objectifs de la société et contribuer à la durabilité environnementale; |
| 11. | considère qu’il serait utile, pour aider les start-up et les entreprises déjà établies en Europe à être compétitives sur un marché mondial, d’adapter, de développer et de compléter des programmes existants tels que les vallées régionales de l’innovation ou les pôles d’innovation numérique; insiste sur le fait que les procédures de financement des start-up dans le domaine de l’IA doivent: 1) être offertes aussi vite que possible afin d’aider les entreprises à gagner en agilité; 2) encourager les investissements dans la phase initiale; 3) soutenir les entreprises après leur lancement; et 4) prendre en compte le fait qu’une large proportion des start-up financées puisse se solder par un échec, dans l’idée qu’il faut savoir échouer pour réussir; |
| 12. | suggère d’étudier la capacité qu’aurait une organisation similaire à celle existant déjà dans le domaine de l’énergie nucléaire, dotée d’un financement public et responsable devant la collectivité, à rendre les fruits de la recherche sur l’IA largement accessibles aux entreprises et à la société; reconnaît cependant les dangers que représentent la surréglementation et la multiplication des agences européennes de régulation qui alourdissent les charges administratives; |
| 13. | souligne que le développement de l’IA en Europe doit trouver un équilibre entre la transparence, la responsabilité et l’équité, et qu’il faut avancer vite dans un environnement technologique en mutation rapide; souligne qu’il est nécessaire de prendre en considération les questions d’éthique se rapportant à l’entraînement de l’IA — par exemple en ce qui concerne la propriété intellectuelle, les biais (y compris les discriminations fondées sur le sexe, la race ou d’autres critères) et la diversité — et à sa mise en œuvre — par exemple en ce qui concerne la sécurité et le respect de la vie privée, la fracture numérique et l’influence sur les comportements; insiste sur le fait que les systèmes d’IA devraient être conçus et contrôlés de telle manière à éviter ou limiter les biais, garantissant ainsi que les résultats en soient justes et équitables pour tous les individus et toutes les communautés; |
| 14. | propose d’inclure et de documenter des mesures de protection de la vie privée et de sécurité des données conçues pour préserver les informations sensibles utilisées dans le développement et la formation de l’IA. L’ajout et la documentation de mesures solides de protection de la vie privée et de sécurité des données, y compris le cryptage, les vérifications d’accès et les contrôles réguliers, protègent les données sensibles contre les cybermenaces. Le fait de les documenter permet de garantir l’existence d’un plan clair et exploitable visant à préserver l’intégrité et la confidentialité des données; |
| 15. | estime qu’il faut mettre en place de nouvelles politiques propices à la création d’un vivier de main-d’œuvre qualifiée qui sera capable à la fois de développer l’IA et le supercalcul et de travailler avec ces technologies; fait valoir que les institutions de l’Union européenne peuvent aider les États membres à harmoniser leurs stratégies en matière de ressources humaines dans le domaine de l’IA afin de répondre aux besoins actuels et futurs des start-up dans les secteurs de l’IA et du supercalcul; fait par ailleurs observer qu’il est important de protéger les droits des travailleurs et leur vie privée en veillant à ce que les outils de surveillance reposant sur l’IA ne soient pas utilisés pour contrôler les employés; |
| 16. | encourage la mise en place de projets interrégionaux dans le domaine de l’IA qui permettront de mettre en relation l’expertise et les ressources par-delà les frontières, avec l’appui de mécanismes de financement de l’Union tels que le Fonds européen de développement régional; est favorable à la création de plateformes régionales des talents consacrées à l’entraînement avancé de l’IA, en partenariat étroit avec les universités et les centres de formation professionnelle au niveau local, afin de retenir les talents locaux, de soutenir les systèmes d’innovation régionaux et d’attirer des experts internationaux; |
| 17. | préconise la mise en place d’espaces régionaux d’expérimentation pour mettre localement à l’essai des technologies d’IA, lesdits espaces pouvant fournir des données et des éclairages utiles dans la perspective de procéder à des ajustements plus larges des politiques de l’Union; est favorable à la constitution d’un réseau au sein duquel ces espaces régionaux d’expérimentation pourraient partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques, assurant ainsi une mise en cohésion progressive des régions et la compatibilité de leurs innovations; |
| 18. | considère que les start-up et les petites et moyennes entreprises travaillant dans des domaines qui font un usage intensif des données, comme c’est le cas de l’IA, pourraient recevoir l’assistance d’équipes spécialisées, éventuellement dans le cadre des fabriques d’IA, qui pourraient aider les acteurs régionaux à développer leurs idées depuis la table à dessin jusqu’au banc d’essai en s’aidant des ressources en supercalcul; propose que de telles équipes soient mises en place au sein des centres de supercalcul spécialisés dans les applications de l’IA; |
| 19. | préconise le lancement de projets pilotes utilisant le supercalcul pour répondre à des problématiques relevant du secteur public, comme la gestion de la circulation, la surveillance de la santé publique et le suivi de l’environnement; soutient la mise en place d’initiatives qui, dans le domaine des villes intelligentes, utiliseront les ressources européennes en supercalcul pour analyser de grands ensembles de données et apporter ainsi des améliorations dans l’urbanisme et la fourniture des services publics; |
| 20. | estime qu’un défi annuel sur le thème de l’IA, axé sur les solutions à apporter à des problématiques régionales telles que les soins de santé, l’agriculture ou les transports, qui serait doté de prix substantiels et proposerait un financement pour transposer à plus grande échelle les dispositifs efficaces, pourrait aider à faire naître un esprit de compétition dans les régions participantes; considère que des partenariats noués avec des universités locales en vue d’accueillir de tels concours pourraient renforcer les liens dont on a besoin entre les parties prenantes; |
| 21. | relève que, pourvu que le cadre juridique le permette, la mise en place d’incitations fiscales à l’intention des PME du secteur de l’IA, y compris des déductions pour les dépenses de R&D et pour les investisseurs dans les technologies de l’IA, une rationalisation du processus d’enregistrement des start-up ou encore la réduction de la charge administrative, peuvent créer un environnement plus favorable au développement et au déploiement de l’IA; |
| 22. | est favorable à la création de pôles de l’IA qui mettraient l’accent sur les secteurs spécifiques dans lesquels l’Europe dispose d’avantages concurrentiels, tels que l’automobile, les services financiers ou les soins de santé; encourage le développement de liens formels et informels entre différents pôles partout dans l’Union, afin de faciliter l’échange de connaissances et l’innovation dans ce domaine; |
| 23. | considère que des subventions pour la recherche visant spécifiquement à développer le volet écologique des technologies d’IA, moyennant par exemple la réduction de la consommation énergétique des systèmes d’IA, l’optimisation des algorithmes pour les sources d’énergie renouvelables ou encore le recours à l’IA dans le suivi et la gestion des incidences environnementales, aideraient l’Europe à atteindre ses objectifs en matière de durabilité; |
| 24. | souligne qu’il est essentiel d’encourager le brevetage des technologies européennes d’IA afin de favoriser l’innovation et de maintenir la compétitivité mondiale; insiste sur le fait que soutenir l’amélioration des cadres de propriété intellectuelle et des brevets peut considérablement stimuler le développement de solutions européennes de pointe en matière d’IA; précise que la mise en place d’un environnement favorable aux brevets peut encourager davantage de recherche et d’investissements dans le domaine de l’IA; |
| 25. | déplore qu’en dépit des engagements récurrents de la Commission européenne, ni les fonds publics ni les sources privées n’aient permis d’atteindre le niveau escompté d’investissement, de croissance et d’emploi liés à l’IA, et prend acte des délibérations tenues récemment par les États membres de l’Union réunis au sein du Conseil en vue de réduire le financement futur de la recherche et de l’innovation; |
| 26. | propose d’ajouter des initiatives ciblées et des mécanismes de financement visant à soutenir les chercheurs et les entreprises désireux d’obtenir des brevets pour des innovations européennes en matière d’IA, renforçant ainsi la position de chef de file de l’Europe dans ce domaine; |
| 27. | fait remarquer que la proposition respecte les principes de subsidiarité et de proportionnalité énoncés à l’article 5 du traité sur l’Union européenne, car, en mettant ses capacités de supercalcul à la disposition des start-up européennes innovantes, l’Union peut, avec ses États membres, renforcer sa souveraineté technologique et sa compétitivité à l’échelle mondiale. |
Bruxelles, le 9 octobre 2024.
Le président
du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Avis du Comité européen des régions — Approche européenne de l’intelligence artificielle — Législation sur l’intelligence artificielle (avis révisé) (JO C 97 du 28.2.2022, p. 60).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7066/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0073 — La situation des droits de l'homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la situation des droits de l’homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov (2024/2993(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024