| CELEX | 52024IR1474 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 20 novembre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/280 | 24.1.2025 |
Avis du Comité européen des régions — L’avenir de la politique climatique de l’UE: aligner les objectifs d’atténuation et les défis en matière d’adaptation
(C/2025/280)
| Rapporteur : Markku MARKKULA (FI/PPE), président de la région de Helsinki Textes de référence : Communication intitulée «Garantir notre avenir — Objectif climatique de l’Europe pour 2040 et voie vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 pour une société durable, juste et prospère» COM(2024) 63 final Communication intitulée «Gestion des risques climatiques — protection des personnes et de la prospérité» COM(2024) 91 final |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
La priorité: induire une transformation systémique afin d’atteindre la neutralité climatique
| 1. | est convaincu, au regard des faits scientifiques ainsi que de l’expérience et des éléments probants obtenus dans le cadre des politiques de l’Union, que les objectifs fixés au niveau de l’UE, les principales bases réglementaires et les nombreuses initiatives en faveur de la neutralité climatique sont bien établis, mais qu’il est à présent temps d’induire une transformation systémique à l’échelle européenne , sans quoi l’UE ne pourra pas atteindre les objectifs ambitieux et contraignants qu’elle s’est imposés; |
| 2. | met en évidence le rôle essentiel des collectivités locales et régionales dans les contextes urbains et régionaux: 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique et 90 % des initiatives d’adaptation à celui-ci sont mises en œuvre aux échelons municipal et régional (1). Eu égard à leur responsabilité majeure et pionnière dans la gestion de l’action pour le climat, ces collectivités devraient être associées au premier plan aux phases de planification, d’exécution et de suivi des politiques climatiques. Les missions de l’UE fournissent un cadre de référence pour appuyer et amplifier ces efforts, en apportant aux acteurs locaux et régionaux les ressources, les orientations et les réseaux de collaboration indispensables à la réalisation d’objectifs climatiques ambitieux dans toute l’Europe; |
| 3. | approuve la proposition que la Commission européenne a présentée s’agissant de fixer un objectif de réduction des émissions nettes de 90 % d’ici à 2040 et qui fait écho à ses stratégies pour la COP 28 et la COP 29. L’analyse d’impact montre que l’option 3 est la plus susceptible de faciliter les mesures visant à atteindre l’objectif de neutralité climatique de l’UE à l’horizon 2050. Elle permettra à l’Union de s’affranchir plus rapidement des combustibles fossiles, en particulier des importations en provenance de Russie et d’autres États non démocratiques, tout en renforçant son autonomie stratégique et sa résilience. Cette option protégera l’UE de la volatilité des prix des combustibles fossiles, renforcera la compétitivité industrielle, favorisera la création d’emplois grâce à de nouvelles technologies durables, accélérera l’adoption des énergies renouvelables et atténuera plus efficacement les effets économiques et sanitaires du changement climatique. Le CdR met en exergue le cadre global de l’Union en matière de climat et d’énergie, qui encourage les investissements privés en mobilisant des mécanismes fondés sur le marché et en prévoyant des réglementations stables et propices à l’investissement, et qui est essentiel pour soutenir les régions vulnérables et garantir la cohésion de l’Europe; |
| 4. | appelle la Commission et les États membres de l’Union européenne à mettre en pratique les recommandations politiques qui ont été formulées dans le rapport du CdR intitulé «Les régions et les villes façonnent le pacte vert pour l’Europe 2.0» (2) en définissant des politiques cohérentes, ambitieuses et inclusives qui s’appuient sur une approche tant mondiale que locale, répondent à de multiples crises et font en sorte d’aligner les priorités politiques, économiques et financières; dans cette optique, s’engage à poursuivre, en étroit partenariat avec les villes et les régions, les travaux engagés par le groupe de travail «Pacte vert — Investir l’échelon local», qui offre un espace de discussion politique sur la transition écologique selon une approche transsectorielle; |
| 5. | relève qu’un objectif ambitieux à l’horizon 2040 devra aller de pair avec la compétitivité industrielle et nécessitera la mise en place des conditions favorables requises, telles qu’une transition juste et équitable pour les citoyens, une baisse des prix de l’énergie et des infrastructures et technologies appropriées; |
| 6. | attire l’attention sur le fait que le secteur public ne dispose pas, à lui seul, des capacités nécessaires pour réduire les émissions de carbone et parvenir à la neutralité carbone tout en renforçant l’adaptation et la résilience face au changement climatique; souligne la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes pour mobiliser des investissements privés substantiels et améliorer l’efficacité des fonds de cohésion et de ceux du programme Horizon Europe dans le cadre des initiatives en faveur du climat; fait en outre valoir qu’il est urgent d’adopter toutes les solutions propres, innovantes et non fossiles pour lutter de manière globale contre le changement climatique; |
| 7. | présente une approche structurée visant à faire progresser la politique climatique de l’Union au moyen de solutions novatrices, exploitables, flexibles et neutres sur le plan technologique, en mettant l’accent sur la diversité des contextes des villes et des régions et en veillant à une mise en œuvre sans heurts par les différentes parties prenantes; |
| 8. | souligne l’importance que revêtent l’électrification de l’économie et la décarbonation de la production d’électricité grâce au déploiement accéléré et complet de sources d’énergie renouvelables, en plus d’investissements dans l’efficacité de la production électrique, des solutions avancées de stockage de l’énergie et des infrastructures de réseau résilientes, qui sont des outils essentiels pour poursuivre la décarbonation, en particulier dans les secteurs de l’industrie et des transports; préconise une planification et des investissements stratégiques en bonne et due forme, étant entendu que l’électrification de l’économie implique des coûts de transition importants pour les entreprises et les consommateurs, ainsi qu’une forte demande de métaux obtenus par extraction et une hausse de la demande d’électricité; |
| 9. | presse la Commission européenne de contribuer à accélérer le déploiement des énergies renouvelables en conférant une sécurité juridique à ce processus; |
Une condition non négociable: l’intégration des politiques en matière de climat et d’environnement afin de favoriser le bien-être de l’UE et de soutenir son industrie, sa compétitivité et ses politiques de sécurité
| 10. | insiste sur le principe fondamental de la nécessité absolue de parvenir à la neutralité climatique et à la résilience, non seulement pour préserver l’environnement de l’Union européenne et le monde, mais aussi pour soutenir l’industrie, la compétitivité, l’autosuffisance, la sécurité, le bien-être, la santé, l’emploi et les politiques urbaines et rurales de l’Union; souligne que, conformément aux rapports Letta et Draghi, il importe d’adopter un état d’esprit axé sur le renouveau, un renforcement de la RDI et une utilisation efficace de la numérisation; |
| 11. | signale que de lourdes pertes financières seraient à déplorer en l’absence de mesures systématiques visant tout à la fois l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci; |
| 12. | plaide en faveur de décisions fondées sur des données probantes pour lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution en opérant une transformation systémique à tous les niveaux de gouvernance; à cet égard, invite le Centre commun de recherche (JRC) à travailler en partenariat avec le CdR en vue de renforcer les outils de l’UE destinés à aider les collectivités locales et régionales à prendre des décisions éclairées dans le domaine de la transition écologique, y compris en mobilisant de nouveaux instruments tels que l’intelligence artificielle et les nouveaux fournisseurs de données, par exemple l’écosystème d’espaces de données Copernicus; |
| 13. | met en évidence la nécessité de créer conjointement un plan d’action de l’UE applicable à tous les niveaux de gouvernance et à tous les domaines stratégiques, sur la base des propositions formulées dans le présent avis, dans le but de mener à bien une transformation systémique commune sur les plans de l’écologie, du numérique et de l’industrie, qui soit assortie de mesures intégrées tant ascendantes que descendantes fondées sur des méthodes innovantes de pilotage à plusieurs niveaux, capables de motiver chaque acteur, dans son propre rôle, à apporter sa contribution à cette transformation collaborative; |
| 14. | invite la Commission et les États membres à mettre en œuvre les plans d’action de l’Union en faveur du climat, conformément au principe de subsidiarité, afin de veiller à ce que les collectivités locales et régionales disposent des moyens nécessaires pour ajuster les efforts d’atténuation et d’adaptation à leur situation spécifique tout en assurant l’adéquation avec les objectifs à l’échelle de l’UE; |
Les cinq prochaines années: la mise en pratique sur le terrain
| 15. | insiste sur la nécessité de mettre en œuvre, dans les années 2020, des mesures efficaces, fondées sur les données scientifiques du GIEC, afin de préparer l’Union à atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050; souligne qu’il est indispensable, pour relever ce défi et pour abandonner progressivement les matières premières fossiles, de concrétiser les objectifs pour 2030 et de définir un cadre ambitieux pour 2040. Cette approche inciterait l’ensemble des acteurs et des groupes de parties prenantes à opérer une transformation systémique, qui garantirait un avenir inclusif et durable pour tous; |
| 16. | insiste sur l’importance du rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les villes et le changement climatique, lequel devrait être publié en mars 2027 et examinera les tendances, risques et solutions qui se présentent aux zones urbaines en matière de climat; entend faire en sorte que l’élaboration dudit rapport influe fortement sur ses propres stratégies et actions; |
| 17. | souligne la nécessité de donner la priorité à une mise en œuvre concrète en apportant un soutien aux villes et aux régions par les mesures suivantes:
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| 18. | met en exergue le rôle central joué par l’industrie pour encourager la décarbonation et faire progresser la double transition écologique et numérique en faveur de la durabilité à la fois sur le plan environnemental et économique, et met en garde contre les exigences réglementaires excessives, en particulier dans le cas des petites et moyennes entreprises, qui peuvent être confrontées à un surcroît de charges administratives; préconise dès lors des cadres réglementaires qui aident l’industrie à exploiter tout son potentiel; souligne en outre qu’il est essentiel d’intensifier l’innovation en développant des écosystèmes d’innovation solides qui facilitent la cocréation, les essais et le prototypage, en veillant à ce que ces innovations soient accessibles à tous et adoptées rapidement; |
| 19. | attire l’attention sur l’écart important qui existe entre les degrés de préparation technique et de viabilité commerciale et fait remarquer que selon des données compilées par McKinsey, les solutions compétitives sur le plan commercial ne recèlent que 10 % du potentiel de réduction des émissions de carbone associé aux technologies en faveur du climat, tandis que 45 % de ce potentiel réside dans des technologies disponibles sur le marché mais dont le coût doit encore être réduit. Pour atteindre les objectifs climatiques de l’Union, le CdR souligne qu’il est urgent d’accélérer la RDI et le changement d’échelle en ce qui concerne l’ensemble des produits, processus et systèmes. Parmi les domaines prioritaires figurent en particulier la production de biométhane, les batteries, les solutions de piégeage, utilisation et stockage du dioxyde de carbone, les pompes à chaleur et les systèmes de chauffage urbain exploitant la chaleur et les ressources résiduelles, les sources d’énergie renouvelables telles que l’énergie éolienne et solaire, les technologies de l’hydrogène, les solutions d’économie circulaire et les solutions de remplacement durables telles que les carburants et les protéines. En outre, pour faire progresser ces technologies, il est nécessaire de mener des recherches scientifiques approfondies supplémentaires, ainsi que d’associer activement les citoyens au moyen d’initiatives de science ouverte visant à améliorer la compréhension, l’acceptation et l’application des nouvelles innovations; |
| 20. | insiste sur l’importance que le déploiement d’installations de biométhane revêt pour décarboner le secteur de l’énergie et le rôle décisif que ce gaz peut jouer pour assurer le développement économique des campagnes et développer l’économie circulaire. Il convient de ne pas perdre de vue que dans les zones rurales, l’industrie du biométhane crée des emplois et promeut le développement économique local, de la collecte et du traitement des sous-produits de l’élevage et de l’agriculture jusqu’à l’exploitation des installations de production. À cet égard, il est essentiel de stimuler l’utilisation des sous-produits du secteur agroalimentaire aux fins de produire de l’énergie et comme matière première pour les processus de production de biogaz et de biométhane. De même, il est indispensable de développer le biométhane si l’on veut parvenir à la neutralité carbone dans le traitement des eaux urbaines résiduaires et dans celui des biodéchets en vue de leur valorisation énergétique; |
| 21. | note le regain d’intérêt de plusieurs États membres pour l’énergie nucléaire, notamment par l’intermédiaire de l’Alliance du nucléaire, menée par la France; prend acte de l’approche plus neutre sur le plan technologique que la Commission a adoptée dans sa communication sur l’objectif climatique pour 2040, quand elle reconnaît le rôle du nucléaire dans les objectifs de décarbonation tout en faisant valoir l’importance que continue de revêtir le développement de solutions fondées sur les énergies renouvelables; |
| 22. | fait observer que le basculement vers l’énergie verte et la stimulation qu’il apporte au développement des énergies renouvelables peuvent offrir aux zones rurales une occasion exceptionnelle de tirer parti de leurs ressources naturelles. Dans le développement de ces énergies, il convient toutefois de préserver les aires naturelles, les zones essentielles pour la biodiversité et les oiseaux, ainsi que les terres de haute qualité du point de vue de la production agricole, avec ou sans irrigation, tout comme de respecter la valeur paysagère des territoires, ainsi que le prévoit la recommandation CM/Rec(2008)3 du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe aux États membres sur les orientations pour la mise en œuvre de la Convention européenne du paysage; |
| 23. | préconise l’exploitation de petites centrales hydroélectriques utilisant les ressources hydriques régionales, lorsque c’est pertinent et dans le respect des restrictions environnementales, afin de réguler les ressources et l’approvisionnement en eau tout en produisant une électricité propre et renouvelable; fait observer que les mini-centrales hydroélectriques exercent une incidence sur l’environnement bien moindre que les grands barrages et que, contrairement à eux, il est possible de les implanter sur des cours d’eau et des canaux sans que des modifications majeures soient apportées au cadre naturel. De par leur capacité à fonctionner de manière continue et fiable, elles viennent en outre compléter d’autres sources d’énergie renouvelables, de nature intermittente, comme le solaire et l’éolien, contribuant ainsi à l’équilibrage du réseau électrique. Ces propriétés sont particulièrement intéressantes dans les zones montagneuses rurales et isolées, où la petite hydraulique peut favoriser l’autonomie énergétique régionale, réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles et, ainsi, apporter une contribution de poids à la transition vers un système d’énergie décarboné; |
Un soutien à tous les niveaux de gouvernance: des mesures en faveur d’une transformation systémique intégrée
| 24. | affirme que, bien que la politique climatique de l’Union soit solidement soutenue par le pacte vert et le paquet «Ajustement à l’objectif 55», sa mise en œuvre reste insuffisante, voire inexistante. Les pratiques actuelles ne permettent pas d’exploiter efficacement les meilleures connaissances et solutions scientifiques et pratiques internationales. Les efforts consentis au niveau européen sont extrêmement fragmentés et manquent de synergies, ce qui aggrave ces défis. En outre, les disparités régionales en matière de ressources financières et de compétences compliquent considérablement l’efficacité de la mise en œuvre; |
| 25. | souligne que, parallèlement au développement des technologies d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, il est impératif d’axer davantage les efforts sur les changements structurels dans la société, notamment les modes de production et de consommation. Il est indispensable de faire évoluer les modes de vie des citoyens et, partant, il est essentiel que l’Union apporte son soutien aux villes et aux régions pour que cette transition soit aussi compréhensible, attrayante et réalisable que possible pour les citoyens. demande par ailleurs qu’une attention particulière soit accordée aux conditions de vie et au développement économique dans les zones rurales, et préconise dès lors la cocréation de solutions efficaces pour la transition climatique, qui soient attrayantes et attentives à des secteurs tels que l’agriculture et l’élevage bovin; |
| 26. | demande aux dirigeants de l’Union européenne d’unifier les politiques nationales et infranationales pour créer une approche cohérente, et insiste sur la nécessité cruciale d’accélérer la stratégie de l’Union en faveur de la neutralité climatique au moyen d’une transformation complète des systèmes de toute l’UE, en mettant l’accent sur:
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| 27. | se félicite qu’il soit explicitement fait référence à l’influence de la résilience climatique sur le maintien des fonctions sociétales, de la compétitivité, de la stabilité financière et de la sécurité (3); appelle de ses vœux des mécanismes plus robustes pour faire respecter et contrôler l’intégration systématique des questions liées au climat dans l’ensemble des politiques pertinentes, qu’elles soient adoptées au niveau national, infranational ou de l’Union. Il s’agit notamment d’intégrer expressément des processus d’évaluation environnementale stratégique pour soutenir l’alignement sur les objectifs, les feuilles de route, les plans et les actions en matière d’adaptation à tous les niveaux; |
| 28. | souligne le rôle essentiel de l’électrification propre et insiste sur la nécessité d’améliorer l’efficacité énergétique, d’appuyer la flexibilité de la demande et la production décentralisée, et d’investir dans des solutions avancées de stockage de l’énergie pour optimiser la production d’énergie renouvelable (4); insiste en outre sur l’importance de concevoir des modèles énergétiques décentralisés et portés par les communautés locales, en vue de renforcer la résilience et de favoriser l’autonomie énergétique locale (5); |
Quelques faits et preuves: une politique climatique intégrée de l’UE, la seule option viable
| 29. | rappelle que, selon la communication de la Commission, le coût de l’inaction est estimé à 2 400 milliards d’euros pour la période 2031-2050; souligne que l’inaction entraîne également des coûts sociaux et environnementaux, aggravant les inégalités, nuisant à la santé publique et exacerbant la vulnérabilité des communautés marginalisées; par ailleurs, le respect de l’objectif de 90 % apporterait des avantages substantiels, par exemple une réduction du nombre annuel de décès prématurés dus à la pollution atmosphérique, dont le chiffre pourrait descendre à 196 000 en 2040, contre 466 000 en 2015; faisant écho au rapport de l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, demande que la préparation soit le fil conducteur de l’ensemble des actions que nous engageons en réponse à toute la série de risques et de dangers auxquels nous sommes confrontés; |
| 30. | souligne que les investissements dans les infrastructures énergétiques et électriques visant à faire progresser la neutralité climatique sont les plus efficaces lorsqu’il s’agit d’utiliser des solutions de pointe appuyées par la technologie et de cibler l’intégration des réseaux régionaux, nationaux et européens dans l’intérêt de tous. Cette coordination devrait favoriser la cocréation de mesures d’incitation, synchroniser les projets de tous les acteurs concernés et conduire à un plan stratégique et global en matière d’énergie afin d’améliorer l’utilisation décentralisée dans tous les secteurs locaux de l’énergie et de l’électricité; |
| 31. | rappelle les conclusions de l’évaluation européenne des risques climatiques (rapport EUCRA) (6), qui montrent que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite, avec un réchauffement plus de deux fois plus rapide que la moyenne mondiale au cours des 30 dernières années; avertit que sans mesures politiques supplémentaires, des centaines de milliers de personnes succomberaient sous l’effet des vagues de chaleur et des pluies diluviennes, et le montant des dommages économiques que causeront les seules inondations côtières pourrait dépasser mille milliards d’euros par an dans l’UE d’ici la fin du siècle; |
| 32. | accueille avec une vive inquiétude les résultats du rapport EUCRA, fondé sur des données scientifiques, qui met en lumière les grands risques du changement climatique au-delà de l’environnement, entraînant des répercussions sur l’économie, le tourisme local, la santé, les infrastructures, en particulier les infrastructures critiques, et les systèmes alimentaires, allant même parfois jusqu’à menacer le patrimoine culturel de nos territoires; souligne la nécessité de considérer le changement climatique comme une priorité transversale plutôt que de l’associer à une politique thématique; |
| 33. | fait observer que les conclusions du rapport EUCRA mettent en évidence la nécessité urgente de l’adaptation au changement climatique, indépendamment de la réussite des efforts déployés pour l’atténuer; demande que les politiques d’atténuation et d’adaptation soient plus intégrées et que des objectifs spécifiques d’adaptation soient fixés conformément au principe de précaution et adaptés aux vulnérabilités propres aux différentes régions, en particulier celles qui, telles le sud de l’Europe, sont définies comme des «points névralgiques»; |
| 34. | précise que l’on s’attend à une intensification, due au changement climatique, des dommages occasionnés par les catastrophes naturelles telles que les sécheresses, les incendies de forêt et les inondations, qui sont souvent imprévisibles et dévastatrices; indique une nouvelle fois que les collectivités locales et régionales jouent un rôle crucial dans la mise au point de politiques d’adaptation et doivent être dotées des pouvoirs et des moyens suffisants pour préserver la santé, la sécurité et le bien-être des citoyens; |
| 35. | accueille favorablement l’annonce d’un plan européen d’adaptation au changement climatique destiné à soutenir les États membres, notamment dans leur préparation et leur planification, et à garantir une évaluation régulière des risques fondée sur des données scientifiques; invite la Commission européenne à prévoir un soutien aux collectivités locales et régionales au titre de cette proposition et à associer le CdR à l’élaboration de celle-ci; |
| 36. | estime qu’il est indispensable de développer un «index» et un tableau de bord des vulnérabilités des territoires, qui pourront être mis à jour en fonction des évolutions du changement climatique, pour ouvrir le débat politique sur les réponses à y apporter dans le cadre de la future politique de cohésion; rappelle qu’il convient de redoubler d’efforts pour mettre au point des ensembles de données utiles au niveau infranational dans le domaine de la transition climatique et en ce qui concerne la vulnérabilité; |
| 37. | se félicite de la proposition d’inclure le patrimoine naturel et culturel dans l’évaluation de la richesse et des activités économiques, et invite la Commission à présenter une proposition en ce sens; |
| 38. | souligne en outre que les catastrophes naturelles menacent toujours plus la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne, ce qui entrave la mise en œuvre de la politique de cohésion de l’Union et accroît les disparités et les inégalités entre les différentes régions et populations, en frappant davantage les plus vulnérables; |
| 39. | insiste une nouvelle fois sur la nécessité d’actionner tous les leviers existants et de créer de nouveaux mécanismes pour mobiliser le secteur privé à agir en faveur du climat; cite en exemple les estimations de la plateforme de la mission de l’UE pour des villes neutres pour le climat et intelligentes, selon lesquelles 650 milliards d’euros sont nécessaires pour que 100 villes atteignent la neutralité carbone d’ici à 2030, 80 % de ces investissements devant émaner du secteur privé; |
Les investissements public-privé: RDI, éducation et développement professionnel
| 40. | souligne qu’il est absolument indispensable d’accroître l’utilisation des technologies actuelles pour mettre en œuvre les solutions existantes et pour en élaborer de nouvelles en vue de parvenir à la neutralité climatique, et met en exergue la collaboration public-privé en matière de RDI afin d’améliorer les progrès fondés tant sur la technologie que sur la nature; approuve les efforts industriels en matière de RDI pour les produits et systèmes dotés d’une empreinte carbone positive, à condition qu’ils comportent de solides garanties environnementales et sociales; si l’innovation est essentielle, une action immédiate fondée sur les technologies actuelles, telles que la transition vers les énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’utilisation des ressources résiduelles et le remplacement rapide des produits à forte intensité de carbone par des produits de substitution renouvelables, ne peut être reportée; |
| 41. | propose, dans la mesure où une bonne partie de la technologie requise n’est pas encore techniquement mûre ou compétitive sur le plan commercial (7), que l’UE définisse des feuilles de route et des plans d’action technologiques et commerciaux, en collaboration avec l’industrie et d’autres experts de la recherche, de sorte à atteindre les niveaux nécessaires sur le plan de la technologie et des coûts, en s’attachant particulièrement à combler le fossé entre la recherche fondamentale, la commercialisation, le changement d’échelle et la pratique réelle; |
| 42. | signale qu’il est d’une importance cruciale de faire progresser la décarbonation industrielle et met dès lors l’Union au défi, par l’intermédiaire de la DG RTD, du JRC et d’autres directions générales, de promouvoir activement les initiatives public-privé au niveau local et régional et de favoriser la collaboration à l’échelle européenne afin d’accélérer le développement de l’innovation et d’intensifier l’utilisation des technologies émergentes au service de la transformation industrielle; |
| 43. | appelle de ses vœux un renforcement des activités stratégiques de recherche et d’innovation dans les domaines scientifique et financier, afin d’assurer la gestion des risques climatiques et d’améliorer la résilience dans divers secteurs et régions dans toute l’Europe, notamment dans les zones urbaines, rurales, côtières et insulaires; demande que les progrès scientifiques et technologiques soient parfaitement appréhendés, en insistant sur la manière dont la RDI peut donner la priorité aux mesures tant à court qu’à long terme qui offrent les avantages les plus importants pour la société et répondent aux divers enjeux régionaux en Europe, comme le soulignent les rapports Letta et Draghi; insiste sur la nécessité d’augmenter le financement de la RDI, d’améliorer la circulation des connaissances et de traduire les innovations en réussites commerciales, autant d’aspects essentiels mis en évidence dans lesdits rapports comme étant indispensables à la réalisation des objectifs de la double transition écologique et numérique; pour aller en ce sens, il conviendrait de prévoir, dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel, une augmentation substantielle de l’enveloppe allouée au programme Horizon Europe; |
| 44. | soutient (8) le règlement pour une industrie «zéro net», réaffirme la nécessité d’intensifier le rôle de l’innovation dans l’ensemble de l’Union, notamment en consolidant les partenariats public-privé, et insiste sur l’importance du soutien aux PME et au secteur agroalimentaire pour combler le déficit d’innovation et mener à bien la transition vers des pratiques et des technologies «zéro net»; |
| 45. | estime nécessaire de renforcer les partenariats public-privé pour accélérer la recherche, le développement technologique ainsi que l’innovation systémique et organisationnelle, afin que l’Union européenne puisse promouvoir ses propres solutions compétitives (savoir-faire, produits et services) sur le marché mondial des investissements dans l’atténuation, l’adaptation et la résilience qui se développe actuellement; |
| 46. | souligne une nouvelle fois la nécessité de réaligner les instruments financiers de l’Union pour associer l’enseignement des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) à la double transition écologique et numérique, en remédiant aux pénuries de professionnels dans tous les États membres et en intensifiant les efforts visant à lutter contre les déséquilibres entre les femmes et les hommes et élargir la participation dans ces matières. Les mesures entreprises devraient promouvoir l’inclusion et l’égalité des chances, en rendant l’enseignement des STIM accessible et attrayant pour tous, en particulier les filles; |
| 47. | met en exergue la nécessité d’aligner les politiques industrielles et climatiques de l’UE, de promouvoir les investissements dans la RDI dans le secteur industriel, de supprimer la concurrence en matière d’aides d’État et de favoriser une innovation ouverte en encourageant la neutralité technologique et la collaboration stratégique en vue de réaliser les objectifs fixés par l’Union pour 2030, 2040 et 2050; souligne qu’il est important de préserver le marché unique, de maintenir des règles uniformes et de limiter les interventions de l’État qui en compromettraient l’intégrité; insiste en outre sur l’importance cruciale, dans ce contexte, de continuer à développer la politique environnementale de l’Union; |
Les missions de l’UE: un instrument décisif pour faire progresser sa politique climatique
| 48. | conscient que les démarches nécessaires ont été entreprises dans le cadre des missions de l’UE pour relever des défis sociétaux de taille, demande que cette réussite soit mise à profit, ce qui suppose d’intensifier le cofinancement en faveur de mesures novatrices potentielles qui s’avèrent essentielles pour mettre en évidence les solutions efficaces et aider les autres acteurs à atteindre les objectifs de 2030; |
| 49. | demande que soient approfondis l’apprentissage mutuel et la collaboration entre les différentes missions de l’UE, tout comme leur visibilité aux niveaux local et régional, en mettant davantage en avant les exemples locaux de réussite, en développant des solutions innovantes et en faisant appel au leadership politique d’élus locaux engagés; |
| 50. | appelle de ses vœux un train de mesures de soutien solide visant à améliorer l’impact des missions de l’UE pour des villes neutres pour le climat et pour l’adaptation — lesquelles ont fait leurs preuves —, en commençant par moderniser les contrats de villes climatiques et en reproduisant, dans le cadre de la Convention des maires, les expériences déjà menées, afin de soutenir le paquet «Ajustement à l’objectif 55»; voit dans ces deux missions de l’UE un instrument incontournable pour accélérer l’action climatique, promouvoir l’innovation et renforcer les mécanismes de reproduction; dans ce contexte, l’apport d’un financement complémentaire d’origine européenne peut représenter un encouragement appréciable pour accélérer cette transformation des villes vers la neutralité climatique; |
| 51. | reconnaît qu’il est urgent de réaliser des progrès porteurs de transformation et territorialisés dans les systèmes sociotechniques fondés sur la connaissance, et invite les villes participant à la mission de l’UE «Villes neutres pour le climat et intelligentes» à mener, en collaboration avec leurs universités et leurs industries, des initiatives révolutionnaires qui repoussent les limites d’une expérimentation ambitieuse. Ces initiatives devraient montrer comment la mise à profit de l’expertise du JRC peut servir à combler l’écart en matière d’innovation avec les États-Unis dans le domaine de la RDI, en positionnant l’Europe en tant que chef de file mondial d’une politique climatique durable; |
| 52. | est disposé à contribuer, par l’intermédiaire de sa campagne «Pacte vert — Investir l’échelon local», à la proposition visant à promouvoir l’adoption de bonnes pratiques axées sur la planification territoriale et maritime, la cohésion, les transports, la pêche, la finance et les politiques agricoles; |
| 53. | réclame une meilleure prévisibilité et une collaboration approfondie pour accélérer les investissements qui contribuent à la réalisation des objectifs des missions de l’UE; souligne l’importance d’intégrer ces objectifs dans la future législation, notamment la réglementation relative à la tarification du carbone et le paquet «Ajustement à l’objectif 55», afin de renforcer le système de gouvernance à plusieurs niveaux de l’Union; met en exergue l’approche axée sur la réalisation de missions, qui renforce la dimension ascendante au sein de ce système de gouvernance; |
Des citoyens engagés: la sensibilisation, une étape essentielle pour mettre en œuvre la politique climatique
| 54. | rappelle que le succès de la transition climatique exige la pleine participation des citoyens, ce qui nécessite une meilleure communication sur les risques et les avantages liés au climat tout en luttant contre la désinformation; réaffirme qu’il continuera lui-même de soutenir, aux côtés des responsables politiques locaux et régionaux, la campagne «Pacte vert — Investir l’échelon local» et l’initiative du pacte pour le climat; |
| 55. | fait observer que le rapport EUCRA révèle d’importants déséquilibres et fractures sur le plan des conséquences du changement climatique entre les différentes régions européennes; demande qu’il soit recouru aux fonds de cohésion et à d’autres instruments pour veiller à ce que l’UE apporte un soutien adéquat en réponse aux besoins des régions vulnérables au changement climatique, aussi bien à court qu’à long terme; invite instamment la Commission à mettre au point, en concertation avec les États membres et les autorités infranationales, les plans d’action sur mesure dont on a besoin pour améliorer la préparation, de manière à assurer des capacités de réaction rapide grâce à un financement approprié et à d’autres mesures de soutien; |
| 56. | estime que le coût de l’inaction et la quantification des avantages connexes devraient être estimés au niveau infranational à l’aide d’un cadre de mesure élaboré scientifiquement, puis communiqués ouvertement aux citoyens et aux parties prenantes; invite les collectivités locales et régionales à associer activement les citoyens aux processus décisionnels, en veillant à ce que les politiques climatiques soient élaborées conjointement et mises en œuvre avec l’ensemble de la population; |
| 57. | insiste sur l’importance des activités transfrontières en matière d’adaptation au changement climatique et de préparation aux risques, et demande qu’un soutien soit apporté aux autorités infranationales afin qu’elles puissent promouvoir des actions conjointes de prévention des catastrophes climatiques; |
| 58. | se félicite que les lettres de mission adressées aux commissaires désignés fassent largement référence aux dialogues avec les citoyens, et souligne le rôle décisif que jouent les responsables politiques locaux et régionaux pour combler le fossé entre Bruxelles et les territoires de l’Union; se tient prêt à coopérer avec la Commission européenne pour lancer une série de dialogues avec les territoires sur la transition écologique, en s’appuyant également sur la coopération fructueuse menée dans le cadre du pacte européen pour le climat; |
Une approche unifiée: intégration des questions liées au climat, à la biodiversité, aux sols, aux eaux, à la santé et à l’affectation des terres
| 59. | met en relief la nécessité d’encourager les synergies entre les objectifs en matière de neutralité climatique, de biodiversité et de pollution zéro, et invite la Commission à établir des liens plus étroits entre les cadres et les mécanismes de financement; |
| 60. | demande à la Commission européenne de prévoir, lors de la révision du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie, des dispositions appropriées pour faire en sorte que les plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat (PNEC) soient effectivement alignés sur les politiques infranationales d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, de manière à ce que l’action climatique gagne en cohérence et en efficacité; souligne que les collectivités locales et régionales se trouvent en position privilégiée pour agir en réponse aux conditions climatiques locales et que, à ce titre, elles doivent conserver la flexibilité nécessaire pour s’adapter à ces conditions sans être contraintes par les PNEC de l’échelon supérieur; |
| 61. | met en relief le rôle essentiel que jouent les solutions fondées sur la nature dans la transformation systémique du milieu urbain, et précise qu’une approche intersectorielle et interdisciplinaire doit être utilisée comme instrument multidimensionnel pour étayer les mesures en faveur de l’atténuation du changement climatique, de l’adaptation à celui-ci, de la biodiversité et de la santé; |
| 62. | appelle de ses vœux un alignement des politiques climatique et industrielle au sein de la bioéconomie, en mettant l’accent sur le développement d’une économie neutre en carbone et circulaire, une utilisation efficace des ressources et des pratiques forestières durables actives. Ces pratiques devraient préserver la vitalité cruciale des forêts, protéger les espèces menacées et renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes dans les forêts et les masses d’eau environnantes; |
| 63. | met en avant le potentiel du CO2 biosourcé de manière durable en tant que matière première renouvelable et produit de stockage du carbone; fait observer que les solutions biosourcées devraient compléter, et non remplacer, les réductions importantes des émissions et l’abandon rapide des combustibles fossiles; relève qu’il importe d’assurer l’autosuffisance en ce qui concerne les matériaux et l’énergie, en veillant à ce que les solutions d’hydrogène biosourcé et renouvelable fassent partie d’une transition juste et durable; |
| 64. | attire l’attention sur la vulnérabilité et le potentiel de séquestration du carbone à long terme que possède le secteur de l’utilisation des sols, ainsi que sur le potentiel élevé de réduction des émissions dont dispose le secteur de l’agriculture grâce à des solutions axées sur le marché, et fait remarquer que le soutien actif de la PAC et un engagement volontaire sont nécessaires pour mener des actions en faveur du climat qui soient efficaces; souligne la nécessité de disposer d’un cadre réglementaire spécifique qui donne aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers les moyens d’adopter des pratiques durables faisant appel aux avancées scientifiques et technologiques et à leurs applications potentielles pour la société, en particulier en s’appuyant sur les résultats de la mission de l’Union sur les sols et de la mission de l’Union relative à l’adaptation au changement climatique, afin d’aligner les politiques agricoles sur les objectifs du pacte vert tout en promouvant la croissance économique, la résilience des écosystèmes et la séquestration du carbone; |
| 65. | souligne la nécessité d’inclure, dans l’architecture globale de la politique climatique et dans le cadre pour 2040, des incitations claires, prévisibles et transparentes à investir dans l’utilisation et le stockage du CO2 biosourcé; |
| 66. | fait observer que les stratégies d’utilisation des terres devraient donner la priorité aux effets positifs des sols, du vent, de l’eau, des forêts et des zones humides dans la transition vers une société neutre pour le climat; demande que soit reconnu le rôle des écosystèmes dans la séquestration du carbone, la biodiversité et la résilience au changement climatique afin de garantir la durabilité à long terme, parallèlement à la mise en œuvre à l’échelle nationale, régionale et locale de la législation de l’Union sur la restauration de la nature; |
| 67. | souligne que le potentiel du secteur de la mobilité et des transports pour réduire les émissions de CO2 est considérable; demande que le fret lourd soit transféré aussi vite que possible de la route vers le rail et qu’une transition innovante soit rapidement opérée vers des véhicules électriques ou à faible taux d’émission qui répondent aux différents besoins des utilisateurs, en mettant l’accent en particulier sur des transports publics complets, fiables et accessibles, tout en favorisant par ailleurs les options de mobilité active telles que le vélo et la marche afin de garantir la mobilité pour tous et en accordant une attention spécifique à l’accessibilité; |
Des mécanismes fondés sur le marché: accélérer la transformation
| 68. | insiste sur le rôle primordial des mécanismes fondés sur le marché pour propulser en peu de temps les initiatives visant à réduire les émissions de carbone; |
| 69. | souligne qu’il convient de mettre au point un système fiable et efficace de tarification du CO2, incluant un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui soit socialement juste, afin d’encourager la décarbonation dans tous les secteurs et de promouvoir des solutions neutres en carbone; invite instamment la Commission européenne à affiner le système de tarification du CO2 et à défendre son intégration mondiale afin de s’aligner sur l’objectif de 1,5 °C fixé par l’accord de Paris, en veillant à ce que les recettes générées soient réinvesties dans l’action pour le climat; fait en outre observer qu’un système de tarification du CO2 bien conçu est essentiel pour encourager les investissements du secteur privé en faveur de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci; |
| 70. | encourage la suppression des subventions préjudiciables à l’environnement, en particulier celles liées aux combustibles fossiles et aux pratiques agricoles non durables, tout en soutenant l’application de sanctions à l’encontre des entreprises qui causent des dommages environnementaux; souligne qu’il importe de réorienter les subventions octroyées aux entités qui enfreignent les normes environnementales, afin de veiller à ce que le financement public soit conforme aux objectifs de l’Union en matière de climat et de biodiversité; |
| 71. | prie instamment l’Union de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale pour développer les systèmes nécessaires de tarification et de budgétisation du CO2 et de négocier des cadres similaires avec ses partenaires commerciaux; souligne qu’il importe de prévenir les fuites de carbone et de garantir la compétitivité de l’industrie européenne en matière de coûts; |
| 72. | invite instamment l’Union et les gouvernements nationaux à garantir un financement public stable et systématique pour les services essentiels tels que les services d’utilité publique, les interventions d’urgence et les soins de santé, tout en intégrant l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de celui-ci dans des investissements plus larges en faveur de la durabilité; |
| 73. | indique qu’à lui seul, le financement public ne peut répondre aux besoins en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets; est favorable à l’utilisation de différentes méthodes de financement, telles que les obligations vertes; appelle de ses vœux des critères de taxinomie pratiques pour garantir la transition écologique sans créer de charges administratives, ainsi que des modèles de financement innovants qui concilient les avantages sociaux, environnementaux et économiques; encourage le recours à des instruments tels que les contrats pour le climat (Climate City Contracts) et les plans d’investissement conjoints avec des entités telles que la BEI et des banques nationales et régionales, ainsi qu’avec les institutions financières issues de la coopération entre les collectivités locales et régionales; |
| 74. | estime qu’il est nécessaire de disposer de mécanismes de financement, tels que le capital-risque et le capital-investissement, pour soutenir la croissance des entreprises technologiques spécialisées dans les questions liées au climat en tirant parti des synergies locales et en dialoguant avec les parties prenantes locales, par exemple les organismes de recherche; |
| 75. | fait valoir qu’il importe de combiner les subventions publiques, le financement en fonds propres patients, et les investissements privés à un stade précoce pour favoriser une innovation transformatrice dans les secteurs qui requièrent des investissements à long terme, tels que ceux des batteries de véhicules électriques, de l’hydrogène et des semi-conducteurs; |
| 76. | met en évidence l’importance des partenariats entre le monde universitaire et l’industrie pour parvenir à des avancées de grande ampleur en matière de RDI, portant sur l’ensemble du cycle de vie de l’innovation, depuis la recherche jusqu’au déploiement à plus large échelle, en s’appuyant sur les réussites des projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) et des alliances stratégiques; |
| 77. | demande à l’Union de s’atteler à mettre en place des cadres de développement durable qui permettront d’accélérer la transformation de l’ensemble des processus et des activités au sein de nos sociétés afin de les décarboner, de promouvoir grâce à la technologie de nouvelles solutions en matière de captage, de stockage et d’utilisation du carbone, et d’encourager la séquestration naturelle du carbone et la restauration des écosystèmes, y compris au moyen d’incitations fondées sur le marché afin de garantir des capacités de séquestration du carbone à grande échelle au-delà de 2050; |
Un suivi efficace, la clé d’une politique climatique fructueuse
| 78. | reconnaît qu’il importe de disposer de statistiques européennes détaillées en ce qui concerne la résilience au changement climatique au niveau infranational, et se félicite de la proposition visant à réviser les outils et lignes directrices existants, notamment en s’appuyant sur les capacités du centre de coordination de la réaction d’urgence à aider les villes et les régions à cet égard; |
| 79. | fait valoir qu’il importe, pour concevoir des outils d’aide à la prise de décision à l’intention des décideurs politiques locaux et régionaux, de disposer de systèmes de collecte, d’évaluation et de suivi des données, tels que le service d’alerte d’urgence par satellite de Galileo et l’observatoire européen de la neutralité climatique; |
| 80. | encourage les villes et les régions à se servir de l’instrument d’appui technique comme d’un outil précieux, qui revêt un intérêt particulier pour aider les régions et groupes vulnérables à analyser les incidences du changement climatique à court terme; |
La gestion du changement: les instruments essentiels à l’action en faveur du climat
| 81. | est d’avis que pour faire face aux crises multiples actuelles, les dirigeants doivent changer d’approche en donnant la priorité à l’esprit d’entreprise et au capital humain. Il s’agit notamment de créer un cadre solide de l’UE qui favorise le bien-être durable et la participation des citoyens, allant au-delà du PIB et étroitement lié aux ODD; |
| 82. | invite l’UE et les États membres à réviser les procédures et les critères des fonds de cohésion pour en faire des instruments financiers plus puissants et qui ont plus de poids dans le cadre d’une transformation climatique systémique qui réponde aux besoins urgents de résilience, d’atténuation et d’adaptation en faveur de la neutralité climatique; |
| 83. | souligne que la fragmentation des différents instruments de financement est source de confusion, de contraintes injustifiées et de considérables inefficacités. Le Comité plaide en faveur d’une révision des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) en vue d’englober tous les instruments de financement et d’intégrer les villes et les régions dans leur système de gouvernance dès le départ, en veillant à ce qu’elles participent pleinement à l’élaboration des stratégies d’atténuation et d’adaptation; |
| 84. | appelle de ses vœux des actions plus décisives en matière de marchés publics innovants et demande instamment à la Commission européenne de mettre à jour les lignes directrices relatives à des marchés publics écologiques et circulaires au niveau des États membres, tout en renforçant encore leur mise en œuvre; |
| 85. | est favorable à l’utilisation d’outils d’achat commun pour offrir aux États membres, aux villes et aux régions des solutions neutres pour le climat à des tarifs abordables, comme des transports publics propres et des énergies renouvelables; |
| 86. | se félicite des critères climatiques pris en compte dans le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» du budget de l’Union et demande à la Commission d’appliquer des méthodes et des critères encore plus stricts en ce qui concerne la mise en pratique de ce principe, en s’appuyant également sur les travaux de l’OCDE consacrés à la cohérence des politiques au service du développement durable, tout en veillant à ce que ces exigences n’entraînent pas de charges administratives importantes; |
| 87. | insiste sur la nécessité de réduire les émissions de méthane, en particulier celles issues du secteur de l’énergie, de l’agriculture, de la gestion des déchets et de la production de combustibles fossiles, et recommande à l’Union de jouer un rôle de premier plan au niveau international en promouvant des objectifs de réduction ambitieux et des pratiques durables; |
| 88. | salue les engagements pris par la présidente de la Commission européenne dans le chapitre «Adaptation et préparation au changement climatique, et solidarité dans ce domaine» de ses orientations politiques 2024-2029, et propose que la mise en œuvre du futur «plan européen d’adaptation au changement climatique» s’accompagne de la convocation systématique d’un groupe de dialogue stratégique qui réunirait les différents niveaux de l’administration publique et du secteur privé. |
Bruxelles, le 20 novembre 2024.
Le président
du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) https://data.europa.eu/doi/10.2863/718117.
(2) Comité européen des régions (2024), «Les régions et les villes façonnent le pacte vert pour l’Europe 2.0».
(3) Communication conjointe au Parlement européen et au Conseil intitulée «Une nouvelle approche du lien entre climat et sécurité» [JOIN(2023) 19 final].
(4) Avis du Comité européen des régions sur le thème «Modifier la directive sur les énergies renouvelables pour atteindre les nouveaux objectifs climatiques à l’horizon 2030» (JO C 301 du 5.8.2022, p. 184).
(5) Avis du Comité européen des régions sur le thème «Réforme de l’organisation du marché de l’électricité de l’Union» (JO C, C/2023/253, 26.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/253/oj).
(6) Agence européenne pour l’environnement (2024), «Évaluation européenne des risques climatiques — Synthèse», rapport 01/2024 de l’AEE.
(7) Agence internationale de l’énergie (AIE, 2021), rapport intitulé A Roadmap for the Global Energy Sector («Une feuille de route pour le secteur mondial de l’énergie»).
(8) Avis du Comité européen des régions sur le règlement pour une industrie «zéro net» (JO C, C/2023/254, 26.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/254/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/280/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024