| CELEX | 52024IR2106 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 21 novembre 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/287 | 24.1.2025 |
Avis du Comité européen des régions — L’avenir du marché unique et la compétitivité de l’UE
(C/2025/287)
| Rapporteur : Martijn VAN GRUIJTHUIJSEN (NL/Renew Europe), ministre de la province du Brabant septentrional |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
Des régions fortes, innovantes et résilientes dans l’Union européenne
| 1. | souligne, faisant écho à la vision exposée dans le rapport de Mario Draghi, que les objectifs fondamentaux de l’Union européenne sont notamment de favoriser la prospérité et de garantir l’état de droit, l’égalité, la liberté, la paix et la démocratie dans un environnement durable; relève que ces valeurs doivent continuer à servir de fondement aux politiques de l’Union; fait valoir, dans ce contexte, qu’il est urgent que l’Union définisse ses objectifs communs pour l’avenir et que ses États membres s’accordent sur les moyens de les atteindre; |
| 2. | affirme que l’Union doit jouer un rôle de premier plan dans les technologies essentielles afin de se positionner comme un chef de file au niveau mondial en matière d’innovation, de productivité et de décarbonation des domaines technologiques déterminants; salue par conséquent la vision audacieuse de M. Draghi, en particulier l’ambition de renforcer le rôle de l’Union dans les industries clés à l’échelle de la planète, telles que l’informatique et l’intelligence artificielle, les technologies propres ou l’industrie automobile, et de consolider ses capacités en matière de défense et de résilience; |
| 3. | invite instamment l’Europe à adopter une approche plus ferme sur les marchés mondiaux, en défendant activement ses intérêts; recommande de prendre les mesures nécessaires pour protéger les technologies stratégiques européennes contre les régimes d’aides déloyaux et de se préparer à réagir face à la concurrence déloyale en provenance de l’extérieur de l’Union et aux initiatives qui menacent ses valeurs et objectifs fondamentaux; |
| 4. | plaide en faveur de politiques adaptables fondées sur la situation particulière des régions et des États membres et qui maintiennent les régions au cœur de la gestion des fonds de l’Union pertinents; reconnaît qu’il convient d’opérer une distinction entre le renforcement structurel des régions et l’encouragement apporté à la croissance innovante; estime que l’adaptation des approches en fonction de l’objectif de neutralité technologique et des capacités régionales permettra un développement plus efficace, plus équitable et plus prospère pour tous; considère la subsidiarité active comme la méthode appropriée pour veiller à ce que les règles à l’échelle de l’Union qui visent à renforcer le marché unique soient bien adaptées et mises en œuvre de manière efficace, comme cela est évoqué dans les rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi; |
| 5. | relève qu’il importe de fixer des normes élevées au niveau européen tout en veillant à ce que leur mise en œuvre reste de la responsabilité des États membres, des régions et des villes, étant donné qu’une telle approche fera progresser l’Union tout en permettant une responsabilisation et une appropriation des résultats au niveau local; |
| 6. | recommande à la Commission européenne de redoubler d’efforts pour superviser la bonne mise en œuvre des politiques et des réglementations dans tous les États membres; l’invite à renforcer le contrôle ex post, en garantissant le respect des règles tout en réduisant les charges administratives ex ante et en améliorant l’environnement des entreprises; prie instamment la Commission de veiller à ce que ces efforts soient conformes aux principes du pacte vert, en mettant l’accent sur les cadres réglementaires qui soutiennent également les investissements écologiques et le développement économique durable, tout en réaffirmant que le pacte vert doit aller de pair avec la compétitivité économique; déplore les effets négatifs du nombre croissant de textes législatifs de l’Union sur les entreprises et la compétitivité européennes; réitère l’appel lancé par le rapport Draghi, qui préconise que la Commission, avant d’adopter une nouvelle législation, procède systématiquement au début de chaque mandat à une évaluation et à un test de résistance de toutes les lois et réglementations existantes de l’Union; |
| 7. | demande que l’accent soit mis à nouveau sur l’innovation transformatrice, en encourageant les régions et les villes à adopter, à des rythmes différents, des technologies et des pratiques avancées, en soutenant les régions les plus à même de montrer la voie en matière de pratiques innovantes, tout en apportant un renforcement structurel à celles qui ont besoin de plus de temps pour rattraper leur retard; |
| 8. | estime que l’investissement actuel dans la recherche et l’innovation (R&I) n’est pas suffisant; demande une hausse des investissements dans les technologies pertinentes de l’Union qui mette l’accent sur la compétitivité, bénéficiant ainsi directement et indirectement à toutes les régions de l’Union, tout en concentrant les instruments politiques sur la maximisation de leur impact dans des régions spécifiques; considère que ces investissements devraient contribuer à la coopération européenne, étant donné que les écosystèmes fonctionnent plus efficacement lorsqu’ils ne s’arrêtent pas aux frontières intérieures; juge cette approche avantageuse, en ce qu’elle réduirait la nécessité de contributions supplémentaires au budget de l’Union en favorisant l’autosuffisance des États membres; |
| 9. | souligne que si l’Union européenne coopère efficacement et se fédère autour d’objectifs communs, elle possède les atouts pour devenir la première puissance économique mondiale; met en garde contre le fait que cela nécessite un effort coordonné de tous les niveaux de gouvernance, principalement axé sur la planification stratégique à long terme; invite dès lors instamment les dirigeants de l’Union à prendre les mesures indispensables pour augmenter la compétitivité et la productivité dans tous les territoires de l’Union et appelle à un changement radical de mentalité pour y parvenir, y compris dans les capitales des États membres et dans les collectivités locales et régionales; se dit convaincu que la croissance est compatible avec la réalisation de la transition écologique, propre et numérique grâce aux technologies propres innovantes; |
| 10. | propose un compromis équilibré dans le cadre duquel les institutions de l’Union européenne s’emploieront à garantir une concurrence loyale, à mettre en place des réglementations fermes et à réaliser des investissements importants en vue de renforcer la compétitivité de l’Europe, tandis que les régions et les villes s’engageront à assumer la responsabilité de la mise en œuvre; ajoute que cette approche favoriserait le partage des responsabilités et la collaboration entre les niveaux de gouvernance; invite les États membres à adhérer à cet engagement des régions et des villes; |
Une Union européenne compétitive et à l’épreuve du temps
| 11. | se félicite de la dynamique suscitée par la désignation d’Enrico Letta et de Mario Draghi en tant que rédacteurs de deux rapports qui feront date, contenant des messages clairs et convergents à l’attention des dirigeants de l’Union, et salue leurs efforts visant à contribuer à l’amélioration de l’avenir de l’Europe; espère vivement que les diagnostics sans concession qu’ils établissent sur l’état du marché unique de l’Union, sa position dans le monde et les évolutions démographiques qui vont toucher de manière imminente la population européenne éveilleront un sentiment d’urgence nécessaire pour améliorer la compétitivité et le marché unique de l’Union; |
| 12. | rappelle que chaque région de l’Union européenne possède des talents et des atouts uniques; insiste sur la nécessité d’adopter une approche neutre sur le plan technologique et de fournir les outils appropriés pour permettre à ces régions et villes d’exceller, favorisant ainsi la spécialisation régionale et contribuant à la compétitivité globale de l’Union; |
| 13. | invite instamment les institutions européennes à fixer des objectifs clairs et ambitieux en matière de compétitivité et d’innovation. Plus précisément, en plus de favoriser la compétitivité dans l’ensemble de l’Union en fonction des atouts régionaux, les politiques de compétitivité devraient également se concentrer sur l’objectif d’atteindre l’excellence dans les régions et les secteurs les plus à même de faire progresser l’innovation; dans ce contexte, manifeste son soutien à la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe»; |
| 14. | avertit qu’il sera crucial de réaliser des économies d’échelle, si l’Union entend consolider son industrie de la défense et accroître ses capacités en matière d’énergies renouvelables, afin de maintenir sa compétitivité grâce à une énergie à des prix abordables; dans un même ordre d’idées, outre la nécessité de soutenir la production d’énergies renouvelables, insiste sur le potentiel que revêtent les solutions d’énergie nucléaire de future génération, à impact réduit, ainsi que d’autres technologies liées aux énergies renouvelables pour améliorer la résilience et l’indépendance énergétiques de l’UE, ainsi que pour lui permettre d’atteindre ses objectifs de décarbonation; attire l’attention sur la nécessité d’étendre le réseau et la capacité de stockage de l’énergie afin d’améliorer la sécurité et la résilience énergétiques de toutes les régions de l’Union; |
| 15. | est favorable à une approche des financements de l’Union les destinant à toutes les régions, dans laquelle les ressources soient réparties entre les régions et les villes de sorte qu’elles en tirent les meilleurs résultats; affirme qu’un instrument politique bien conçu et axé sur la compétitivité devrait bénéficier à l’ensemble des régions de l’Union, afin de préserver la valeur fondamentale qu’est l’égalité dans l’Union; |
| 16. | invite instamment les États membres à s’accorder sur un financement solide des investissements dans l’innovation et sur une gouvernance efficace à cet égard, qui devrait également prévoir la participation des collectivités locales et régionales à la conception et à la mise en œuvre des plans d’action pour la compétitivité proposés; |
| 17. | convient qu’une intégration plus poussée des services financiers, du marché des capitaux et des services bancaires, ainsi que la création d’une union des marchés des capitaux seraient bénéfiques pour la compétitivité de l’Union européenne, dès lors que ces avancées pourraient conduire à mobiliser des fonds privés, indispensables, en faveur de l’innovation; |
| 18. | se dit favorable à la collaboration entre les régions hautement innovantes, telles que celles qui participent à l’Alliance européenne des régions productrices de semi-conducteurs et à l’initiative Vanguard; propose une modification du système actuel des programmes Interreg de sorte à intensifier la coopération entre les régions présentant un profil d’excellence, en mettant l’accent sur les innovations internationales de rupture. Il s’agit notamment de soutenir les innovations susceptibles de susciter des changements transformateurs et de rationaliser le financement, en particulier des jeunes pousses et des entreprises en expansion; |
| 19. | recommande de renforcer la coopération précoce avec les entreprises privées dans le processus d’innovation afin d’accélérer le développement et l’introduction des nouvelles technologies sur le marché; suggère d’adapter les systèmes de financement et de créer de nouveaux instruments financiers pour favoriser la croissance des entreprises en expansion et des futurs «champions européens», y compris en apportant un soutien aux projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) et aux initiatives Eureka; |
| 20. | se dit favorable à appuyer la proposition, figurant dans le rapport Draghi, de recentrer les travaux de l’Union en donnant la priorité aux politiques et aux actions dans lesquelles cette dernière apporte la plus grande valeur ajoutée; est convaincu que cette démarche conduira à une plus grande autonomie des États membres, des régions et des villes, en leur permettant d’adapter les politiques et les objectifs européens de manière à ce qu’ils s’ajustent au mieux avec leurs pratiques opérationnelles et à la dynamique de leur territoire, tout en les responsabilisant quant aux résultats; demande que cette démarche s’accompagne d’efforts accrus et d’un renforcement de l’autorité de la Commission européenne dans le domaine du contrôle ex post; |
| 21. | invite les institutions européennes à se concentrer sur les secteurs critiques mis en avant dans le rapport Draghi; souligne qu’il importe de miser sur les points névralgiques de l’économie mondiale, et donc de donner la priorité à des technologies telles que les semi-conducteurs (de nouvelle génération) et l’intelligence artificielle, ainsi qu’à des innovations issues de secteurs, comme les technologies propres, l’industrie automobile et l’industrie pharmaceutique, dans lesquels l’Europe possède des atouts particuliers, qui sont essentiels pour qu’elle joue un rôle de premier plan au niveau mondial, plutôt que de diluer l’impact de son action en saupoudrant les ressources sur un éventail plus large de technologies; |
| 22. | prend acte de la nécessité pour l’Union d’investir massivement dans des secteurs clés, et reconnaît qu’il existe une interaction, voire éventuellement une tension, entre les aides d’État et la compétitivité; soutient l’analyse selon laquelle l’un des principaux handicaps de l’Union est le fait que les fonds privés et publics mobilisés en faveur du développement d’entreprises innovantes sont insuffisants, et que les financements disponibles sont dispersés entre différentes sources; rappelle que les économies locales et régionales sont les premières à faire face aux conséquences — y compris au sein des États membres — de politiques inefficaces en matière d’aides d’État qui faussent le marché sans prévoir par ailleurs de critères pour compenser les handicaps naturels et géographiques dont souffrent certaines régions, afin qu’elles puissent affronter la concurrence sur un pied d’égalité; regrette que les conditions d’égalité de concurrence du marché unique soient mises sous pression au sein de l’Union à cause d’États membres qui poursuivent des intérêts individuels à court terme en recourant à des mesures souvent non coordonnées, par exemple en dressant des barrières commerciales transfrontières injustifiées, en versant des subventions massives à leurs industries nationales, ou en répondant à des intérêts particuliers; attire l’attention sur la situation particulière des régions frontalières, lesquelles sont dans une large mesure dépendantes de l’ouverture des frontières et de la libre circulation des personnes et des marchandises au sein du marché unique; |
| 23. | préconise que des investissements massifs et soutenus soient consacrés aux infrastructures physiques telles que les réseaux électriques, les réseaux ferroviaires et les stations de recharge de véhicules électriques; reconnaît que, par le passé, le manque d’investissements a aggravé les problèmes de compétitivité auxquels l’UE est actuellement confrontée car les infrastructures existantes n’ont pas été correctement entretenues et les nouvelles infrastructures essentielles n’ont pas été déployées au rythme ou à l’échelle adéquats; |
| 24. | souligne que l’interopérabilité des infrastructures et la normalisation des exigences techniques sont essentielles pour la productivité au sein du marché unique; note qu’une approche européenne coordonnée est indispensable à l’évolution des secteurs européens de l’énergie et des transports vers la neutralité climatique; insiste sur l’importance décisive que revêt la coopération régionale pour veiller à ce que tous les États membres concernés apportent un soutien politique aux infrastructures transfrontières; |
| 25. | fait remarquer que la politique de concurrence devrait garantir que le marché unique non seulement défend des entreprises fortes et bien établies, mais encourage également l’innovation et supprime les barrières à l’entrée sur le marché; partage l’avis du rapport Draghi selon lequel la politique de concurrence devrait être intégrée dans une stratégie industrielle européenne et permettre dès lors davantage de soutien public compatible avec les conditions de concurrence équitables du marché unique; convient également que les décisions en matière de concentrations et d’ententes ne devraient pas être exclusivement motivées par les intérêts à court terme des consommateurs, mais tenir compte des conséquences à long terme plus larges pour l’autonomie stratégique de l’Union; |
| 26. | insiste sur la nécessité de trouver un équilibre entre une concurrence loyale et les investissements et subventions publiques nécessaires pour garantir la compétitivité à long terme de l’Union; prend bonne note de la recommandation avancée par M. Draghi de redéfinir la politique de cohésion dans le cadre d’un effort plus large visant à atteindre les objectifs stratégiques de l’Union; fait valoir que, pour soutenir l’innovation transformatrice et le renforcement structurel des régions, il est essentiel de fournir davantage de moyens; est d’avis que cette refonte de la politique de cohésion devrait conduire à une augmentation de son financement; souligne que les futures règles de l’Union en matière d’aides d’État devraient être plus favorables au marché unique, s’attaquer à la chasse aux aides d’État les plus avantageuses et veiller à ce que l’argent public soit destiné à aider à la réalisation des objectifs économiques stratégiques de l’Union; encourage dès lors, d’une part, le recours à l’instrument de réduction des risques pour attirer davantage d’investissements privés et, d’autre part, l’expansion de formes d’innovation qui répondent aux critères des PIIEC; |
| 27. | se félicite non seulement des appels lancés par MM. Letta et Draghi en faveur de la simplification et de l’accélération des procédures PIIEC, car celles-ci pourraient contribuer à orienter les fonds publics vers des investissements stratégiques tels que ceux dans l’énergie et les infrastructures numériques, mais demande également instamment à l’Union de mettre à jour tous les régimes d’aides d’État afin de privilégier le financement public pour les entreprises privées et les projets qui font progresser le marché unique, qui contribuent à la durabilité environnementale ou qui soutiennent la résilience économique régionale; |
| 28. | fait observer que la recherche, l’innovation et la commercialisation sont les principaux moteurs de la croissance de la productivité, en particulier en cette période marquée par le défi de l’adoption de l’intelligence artificielle (IA); affirme que les régions et les villes peuvent jouer un rôle de premier plan en ce sens, en favorisant l’adoption de l’IA au niveau local; se félicite, à cet égard, de l’accent mis sur les compétences dans le rapport, car jusqu’à présent, en Europe, l’IA a davantage eu pour effet de renforcer la main-d’œuvre que de la remplacer; rappelle que la compétitivité de l’Union demandera aussi davantage d’efforts pour combler le déficit de compétences et former la (future) main-d’œuvre européenne, entre autres dans les domaines des industries numériques, vertes et propres; demande que les projets liés à l’IA reçoivent un financement solide à tous les niveaux et suggère que les initiatives actuelles financées au titre du programme pour une Europe numérique, telles que les consortiums pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) et les pôles européens d’innovation numérique (EDIH), soient reconduites et renforcées dans le cadre financier pluriannuel pour l’après-2027; |
| 29. | rappelle que la compétitivité de l’Europe est également affectée par sa dépendance à l’égard des matières premières critiques provenant de l’étranger et que, si le règlement sur les matières premières critiques constitue un pas dans la bonne direction vers une économie circulaire, l’Union a besoin d’une stratégie circulaire véritablement globale pour réduire ses vulnérabilités extérieures, accroître son autonomie stratégique à tous les stades des chaînes d’approvisionnement en diversifiant lesdites chaînes, en favorisant l’économie circulaire et en réduisant la demande de matières premières grâce à des innovations portant sur l’efficacité matérielle et la conception circulaire des produits; |
Créer un marché unique renforcé avec les régions et les villes
| 30. | est fermement convaincu que les réformes à venir du marché unique devraient être placées sous le signe de l’assertivité et estime que la taille du marché intérieur, les conditions de concurrence équitables fondées sur des règles et la stabilité de la gouvernance sont des atouts uniques sur lesquels l’Union peut miser pour renforcer sa compétitivité future; |
| 31. | fait remarquer que les récentes perturbations ont mis en évidence la fragilité de notre marché unique, en révélant qu’il est indéniablement urgent de le moderniser et de le mettre à jour afin de le préparer aux défis à venir; souligne également que l’impact territorial de ces perturbations a été très variable suivant les États membres et les régions, et invite la Commission à renforcer à la fois la résilience économique des régions de l’Union et leur compétitivité; renvoie, dans ce contexte, à l’avis du CdR sur le thème «Vers des régions européennes résistantes aux chocs: renforcer la résilience des économies locales et régionales dans le cadre de l’évolution stratégique du marché unique» (1); |
| 32. | se félicite que le rapport Draghi fasse clairement référence à la subsidiarité en tant qu’outil permettant d’alléger la charge réglementaire qui pèse sur les entrepreneurs et les petites entreprises, ainsi qu’à la nécessité d’exercer «activement» ce principe de l’Union et de procéder à une véritable simplification administrative; encourage les institutions de l’Union à adopter cette approche et demande que ces recommandations du rapport Draghi soient intégrées dans l’approche de subsidiarité active préconisée par le Comité; s’inscrit en faux contre la «surréglementation», en soulignant que, dans de nombreux cas, les ajouts inutiles à la législation de l’Union créent des complexités lourdes, entravent la compétitivité et nuisent à la mise en œuvre efficace des politiques européennes dans toutes les régions; |
| 33. | souligne que les régions et les villes sont comme les «incubateurs» de l’Union en matière de recherche et d’innovation, car elles bénéficient de leur diversité et créativité, de l’esprit d’entreprise et de la collaboration; prend donc acte des réflexions visant à ajouter une «cinquième liberté» au marché unique, consistant à favoriser la recherche et l’innovation; constate que de nombreuses régions ne sont toujours pas axées sur la valorisation, alors que cela peut être extrêmement bénéfique pour le renforcement structurel et le potentiel d’innovation de l’ensemble du marché unique; |
| 34. | soutient le «28e régime» et invite les décideurs politiques de l’Union à utiliser cette approche de manière large, afin de permettre aux entreprises et aux travailleurs de naviguer facilement dans le marché unique par-delà les frontières des États membres, ainsi qu’à simplifier et à accélérer les procédures réglementaires, mais signale que cela nécessite également un meilleur alignement et une meilleure harmonisation de la surveillance de ces régimes afin d’éviter une fragmentation s’exerçant par voie détournée; |
| 35. | partage l’avis de MM. Letta et Draghi selon lequel le marché unique devrait être au cœur des efforts visant à permettre des activités transfrontières sans friction, ce qui a déjà été reconnu comme une nécessité particulière dans le règlement sur les situations d’urgence et la résilience du marché intérieur, qui vise à garantir le fonctionnement de ce dernier en cas de crises futures; invite la Commission européenne à redoubler d’efforts pour faire du marché unique une réalité pour les PME et pas seulement pour les grandes entreprises; souligne que l’accès au marché unique implique non seulement de réduire les obstacles au commerce, mais aussi de supprimer les barrières à l’entrée auxquelles sont confrontées les entreprises en développement, notamment les jeunes pousses et les entreprises en expansion, souvent en raison d’un manque d’investissements disponibles; |
| 36. | insiste sur la nécessité de préserver le modèle social de l’Union tout en renforçant la compétitivité économique et la résilience; partage le constat du rapport Draghi selon lequel une approche européenne de la compétitivité doit garantir que la croissance de la productivité et l’inclusion sociale vont de pair; rappelle que dans cette optique, tous les travailleurs doivent avoir accès à l’éducation et à la reconversion afin d’être en mesure de s’adapter aux difficultés qu’engendrent les évolutions technologiques rapides ainsi que les transitions sectorielles; |
| 37. | soutient les objectifs du nouveau concept de «liberté de rester chez soi» de M. Letta, à savoir que le marché unique devrait s’adresser à tous et bénéficier également à ceux qui ne prévoient pas de quitter leur région, et considère la politique de cohésion et les services d’intérêt général comme les outils politiques appropriés pour atteindre ces objectifs; note qu’une politique efficace nécessite de mettre l’accent sur le renforcement économique structurel des zones en difficulté; invite la Commission européenne à élaborer une politique sur la manière de concilier la liberté de rester chez soi et des régions qui connaissent un déclin naturel de la population, ainsi qu’à donner la priorité au renforcement structurel des régions, qui contribuera à retenir et à attirer les jeunes dans ces zones; |
| 38. | constate que les efforts actuels de la Commission européenne en matière d’application de la législation n’ont pas permis d’abolir les principaux obstacles injustifiés au marché unique; invite dès lors instamment la Commission à consacrer davantage de ses ressources à la suppression systématique des obstacles au marché unique et à l’application des règles de ce marché; |
| 39. | fait valoir que la fragmentation des brevets dans le marché unique entrave également le développement de la propriété intellectuelle; estime que l’innovation a donc besoin non seulement d’investissements accrus dans la R&I, mais aussi d’une stratégie en matière de propriété intellectuelle à l’échelle de l’Union; |
| 40. | estime que les régions et les villes jouent un rôle majeur dans la création et la mise en œuvre d’un environnement réglementaire véritablement propice à l’innovation et aux entreprises, au bénéfice de leurs travailleurs, leurs jeunes pousses et leurs entreprises en expansion, leurs PME et leurs entrepreneurs; soutient par conséquent les initiatives susceptibles de contribuer à accélérer et à simplifier les procédures d’autorisation, telles qu’une coordination des procédures d’octroi de permis au niveau de l’Union afin de faciliter le déploiement d’infrastructures stratégiques, et se tient prêt à y contribuer; |
| 41. | reconnaît le potentiel que revêt l’élaboration de politiques adaptatives et créatives au moyen d’instruments tels que les bacs à sable réglementaires, où les entreprises peuvent tester des produits, des services ou des modèles économiques innovants dans le cadre d’une surveillance réglementaire assouplie, afin de contribuer à stimuler l’expérimentation et l’innovation à l’échelle locale, et estime que les législateurs locaux et régionaux ont un rôle important à jouer dans la mise au point de ce concept; |
| 42. | réaffirme l’importance d’une Europe unifiée, en soulignant que cette ambition est essentielle pour faire de l’Union le bloc commercial le plus grand et le plus compétitif au monde; |
| 43. | souligne qu’il importe de mobiliser et d’associer les citoyens de l’ensemble des régions et des villes de l’Union pour être en mesure de renforcer fondamentalement la compétitivité de l’Union et son orientation future. |
Bruxelles, le 21 novembre 2024.
Le président
du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Avis du Comité européen des régions — Vers des régions européennes résistantes aux chocs: renforcer la résilience des économies locales et régionales dans le cadre de l’évolution stratégique du marché unique (JO C, C/2024/7061, 4.12.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7061/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/287/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2024)0075 — Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies — Recommandation du Parlement européen du 19 décembre 2024 à l'intention du Conseil concernant les priorités de l’Union européenne pour la 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies (2024/2057(INI))
19/12/2024
P10_TA(2024)0074 — Répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d'Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de Meydan TV — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la répression constante exercée contre la société civile et les médias indépendants en Azerbaïdjan, et le cas de Gubad Ibadoghlu, d’Anar Mammadli, de Kamran Mammadli, de Rufat Safarov et de MeydanTV (2024/2994(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0073 — La situation des droits de l'homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la situation des droits de l’homme au Kirghizstan, en particulier le cas de Temirlan Sultanbekov (2024/2993(RSP))
19/12/2024
P10_TA(2024)0072 — La 11e année d'occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d'Iryna Danylovych, de Tofik Abdulhaziiev et d'Amet Suleymanov — Résolution du Parlement européen du 19 décembre 2024 sur la 11e année d’occupation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Crimée occupée, notamment les cas d’Irina Danilovich, de Tofik Abdoulgaziev et d’Amet Suleymanov (2024/2992(RSP))
19/12/2024