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AccueilDroit européen52024IR2717
Initiative législative52024IR2717

Avis du Comité européen des régions — Plan commun de mise en œuvre pour le pacte sur la migration et l’asile: la perspective locale et régionale

CELEX52024IR2717
TypeInitiative législative
Datemercredi 9 octobre 2024

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions évalue le plan commun de mise en œuvre du pacte sur la migration et l'asile sous l'angle des collectivités locales et régionales. Il souligne les défis opérationnels et financiers que ces entités devront relever pour appliquer les nouvelles procédures d'asile et de retour, et insiste sur la nécessité de leur associer des ressources adéquates et une participation effective à la gouvernance du pacte.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/7063

4.12.2024

Avis du Comité européen des régions — Plan commun de mise en œuvre pour le pacte sur la migration et l’asile: la perspective locale et régionale

(C/2024/7063)

Rapporteure

:

Antje GROTHEER (DE/PSE), présidente de l’Assemblée civile de Brême

Texte de référence

:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Plan commun de mise en œuvre pour le pacte sur la migration et l’asile

COM(2024) 251 final – SWD(2024) 251 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

se félicite du plan commun de mise en œuvre, qui constitue une première orientation pour les États membres quant à la voie à suivre pour faire en sorte que ce qui a été convenu dans le pacte sur la migration et l’asile soit pleinement appliqué sur le terrain. Le CdR souligne que la tendance actuelle à la baisse des franchissements irréguliers des frontières selon les données collectées par Frontex (1) offre l’occasion de rechercher un équilibre entre la flexibilité nécessaire accordée aux États membres et la nécessaire cohérence du système global;

2.

salue les efforts déployés pour mettre en place des mécanismes qui renforcent et perfectionnent l’efficacité du suivi par la Commission européenne et d’autres acteurs, en particulier l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), ainsi que les institutions nationales de défense des droits de l’homme;

3.

apprécie l’introduction du cycle annuel de solidarité et de l’interconnexion entre les dix éléments constitutifs du plan en vue de favoriser une approche globale de la lutte contre les migrations, tout en tenant compte de l’imprévisibilité des facteurs géopolitiques extérieurs à l’Union;

4.

alerte sur la nécessité d’une politique migratoire tournée vers l’avenir qui soit capable de répondre aux défis sociétaux et mondiaux actuels. Une telle ambition passe non seulement par la création de voies légales et sûres, ainsi que par l’intégration des personnes qui résident légalement dans l’Union, mais aussi, dans le même temps, par une action qui décourage les irrégularités, gère efficacement les arrivées irrégulières aux frontières et lutte contre le trafic de migrants, tout en assurant une protection aux demandeurs d’asile. Le CdR demande, dans ce contexte, de fournir une assistance appropriée aux régions situées aux frontières extérieures de l’Union, qui sont constamment soumises à une pression migratoire élevée, notamment par le déploiement efficace de Frontex et l’utilisation des outils de suivi des migrations disponibles pour établir les priorités nécessaires lors de l’attribution d’une telle aide (2);

5.

relève que l’objectif premier d’un régime d’asile européen commun est de garantir le respect du principe de non-refoulement et du droit d’asile qui sont consacrés par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et ce pour garantir que toute personne ayant droit à une protection bénéficie d’une telle protection;

6.

souligne l’importance d’une gouvernance à plusieurs niveaux efficace et efficiente du plan et, par conséquent, du rôle clé des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de l’ensemble des dix éléments constitutifs;

7.

préconise que soit juridiquement reconnue la situation spécifique des régions frontalières extérieures dans les politiques de l’Union en matière de liberté, de sécurité et de justice, et ce compte tenu de l’incidence particulière des flux migratoires sur ces régions. Cette reconnaissance devrait s’accompagner d’une procédure spécifique d’information et de consultation sur les mesures à prendre dans le domaine de la migration, en particulier dans le contexte du pacte sur la migration et l’asile, tout en intégrant les besoins particuliers de ces régions dans les instruments et politiques financiers pertinents;

8.

met en avant la nécessité de faciliter de toute urgence l’accès direct des collectivités locales et régionales aux fonds liés à l’intégration et à l’inclusion des migrants, et la nécessité de faire en sorte que cette dimension soit prise en compte dans la perspective de l’évaluation à mi-parcours du Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI) 2021-2027 prévue pour décembre 2024;

9.

observe que, pour ce qui est de la dimension internationale de la migration, la collaboration ou les partenariats avec des pays tiers (pays d’origine ou de transit), dans le cadre d’une gestion efficace et humaine de la migration irrégulière, doivent être transparents, responsables et ancrés dans le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, tenir compte des considérations géopolitiques ainsi que de l’incidence des politiques européennes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union. De plus, de tels partenariats devraient donner la priorité aux solutions durables et reposer sur des considérations de type «gagnant-gagnant», dans le cadre de relations diplomatiques plus fortes que celles qui prévalent actuellement, tout en prenant garde à ne pas encourager les mouvements ou les politiques antidémocratiques dans les pays d’origine ou de transit;

10.

se déclare, pour de multiples raisons, notamment en matière de coûts, d’efficacité et de respect des droits de l’homme, très critique de l’externalisation des procédures d’asile et prend note de l’approche «Équipe Europe», dans l’attente des effets tangibles de sa mise en œuvre. Le CdR salue, dans le même ordre d’idées, les initiatives visant à mettre en place des systèmes de protection solides dans les pays tiers; il souligne toutefois la nécessité d’associer non seulement les États membres, mais aussi leurs collectivités locales et régionales aux partenariats dont les pays tiers sont parties prenantes, en vue de créer des voies de migration sûres et de dissuader la migration irrégulière, compte tenu notamment de l’importance de la coopération décentralisée en matière de migration;

LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES AUX AVANT-POSTES DE LA GESTION DES MIGRATIONS

11.

considère qu’il est de la plus haute importance de sélectionner et de désigner des lieux dédiés au filtrage et aux procédures à la frontière ainsi que pour la procédure de retour à la frontière, en étroite consultation et en accord avec les collectivités locales et régionales;

12.

fait valoir que les infrastructures nécessaires à la diffusion programmée de l’information, au conseil juridique et aux services de santé doivent aussi être intégrées d’emblée à la planification et que toute décision à cet égard devra être coordonnée et concertée avec les collectivités locales et régionales;

13.

signale qu’il importe que les services concernés connaissent bien le contexte local et régional pour éviter qu’ils ne soient perçus comme des organismes étrangers et ne se trouvent confrontés au rejet d’un tel soutien;

14.

prie instamment que les populations des régions où se traitent localement les procédures de filtrage et les procédures à la frontière, ou encore la procédure de retour à la frontière soient associées au processus de consultation grâce à une information rapide et transparente et aussi à la possibilité garantie à chacun d’exprimer son point de vue;

15.

indique que les modèles selon lesquels les informations de base sont transmises par les pouvoirs publics et les services de conseil et de représentation juridique fournis par des organisations indépendantes de l’État pourraient avoir une certaine efficacité, si l’on en croit les expériences menées dans quelques pays européens;

16.

juge qu’il est essentiel pour les collectivités locales et régionales que chaque demandeur d’asile soit parfaitement informé de ses obligations et droits et qu’il ait accès à assistance et conseil pour éviter tout malentendu avec les autorités ou la population;

17.

préconise, pour éviter de longues périodes de blocage dans une situation d’incertitude et de précarité qui peut entraîner des difficultés non seulement sur le plan de l’hébergement, mais aussi de la cohabitation dans les régions et les villes, de privilégier la rapidité des procédures d’asile sachant que celle-ci revêt une importance capitale;

18.

fait remarquer que, même dans les situations de crise, une consultation des collectivités locales et régionales relativement aux lieux d’enregistrement désignés et à toute autre mesure, s’impose;

EURODAC: un système commun d’information sur la migration et l’asile

19.

salue le principe sur lequel repose le système européen de comparaison des empreintes digitales (EURODAC), mais réitère son plaidoyer pour que le règlement général sur la protection des données soit pleinement respecté; préconise de prendre en compte l’importance de la transparence et de la minimisation des données, tout en veillant à ce que les données à caractère personnel ne soient collectées que lorsque cela est nécessaire et à ce que des garanties solides protègent la vie privée et les droits des personnes;

20.

fait observer que les collectivités locales et régionales doivent disposer de ressources financières suffisantes pour relever le défi de la gestion des migrations, et insiste sur le fait qu’une coopération efficace et efficiente entre les administrations d’un même pays est essentielle à cet égard. Il est nécessaire que les gouvernements nationaux, qui, aux côtés de l’Union européenne, disposent de la majeure partie des compétences en matière d’immigration et d’asile, assistent leurs régions et leurs collectivités locales en mettant à leur disposition des ressources et des infrastructures adéquates pour gérer ces flux;

21.

rappelle le rôle cardinal de l’interopérabilité, et s’inquiète que les États membres se disent prêts à mettre pleinement en œuvre les dispositions d’EURODAC, compte tenu de l’entrée en vigueur très récente – le 12 juillet 2024 – du règlement pour une Europe interopérable, lequel vise à renforcer l’interopérabilité et la coopération transfrontalières dans le secteur public à l’échelle de l’ensemble de l’Union;

22.

fait valoir la nécessité de surveiller l’interopérabilité à tous les niveaux, de l’échelon local à l’échelon européen, ainsi que la dimension fondamentale de la connectivité dans l’ensemble de l’Union. Au cours de la période de transition, le CdR demande en outre une clarté totale quant à la hiérarchisation des fonctionnalités d’EURODAC pour la mise en œuvre du pacte;

23.

reconnaît l’intention d’éviter la disparition d’enfants grâce à de nouvelles dispositions telles que le relevé des empreintes digitales à partir de l’âge de 6 ans; rappelle toutefois que le seuil d’âge pour la collecte de données biométriques dans le cadre d’EURODAC a été fixé à un niveau très bas et juge cela extrêmement inquiétant; souligne que «dans tous les actes relatifs aux enfants, qu’ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale» (3);

Un nouveau système de gestion des flux migratoires aux frontières extérieures de l’Union

24.

souligne qu’il est nécessaire d’éviter les doubles emplois dans la procédure de filtrage si l’on souhaite en accroître l’efficacité; relève dans le même temps que certains aspects du filtrage posent de multiples problèmes et qu’ils doivent être dûment traités, sachant qu’ils sont inhérents à son triple objectif — à savoir garantir la sécurité et repérer les vulnérabilités tout en décourageant les demandes d’asile manifestement non fondées; souligne, dans ce contexte, l’importance de prévoir des voies de recours solides à tous les stades et la nécessité d’un suivi efficace pour protéger les droits fondamentaux;

25.

condamne l’instrumentalisation de la migration par des pays tiers qui ciblent les frontières extérieures de l’Union afin d’exercer une pression politique, d’alimenter la polarisation et de déstabiliser les États membres ainsi que l’espace Schengen dans son ensemble. Réitère toutefois ses préoccupations concernant le concept d’instrumentalisation qui figure dans le code frontières Schengen, et fait valoir que les États membres devraient être en mesure de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir une protection efficace contre le refoulement, en ce compris le droit de demander une protection internationale, et de faire en sorte que les garanties appropriées soient en place pour le traitement des personnes vulnérables;

26.

prie instamment la Commission d’évaluer sans tarder tous les contrôles aux frontières intérieures existants, tout en maintenant un dialogue avec les États membres, puis d’émettre un avis sur la nécessité et la proportionnalité des contrôles actuels, conformément au code frontières Schengen;

27.

souligne le rôle clé de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), et attend avec impatience la mise à jour par cette dernière de la boîte à outils pour le filtrage/pour le contrôle de vulnérabilité, qui devrait contribuer à mieux repérer les vulnérabilités particulières à un stade précoce; suggère également que, dans les cas peu clairs de vulnérabilité, les personnes soient transférées vers des institutions spécialisées;

Repenser l’accueil

28.

souligne que l’accueil des migrants et la capacité d’accueil adéquate des États membres, dont la définition incombe totalement à la Commission, sont deux questions indissolublement liées. Par ailleurs, le CdR insiste sur le fait que tout calcul statistique de cette capacité devrait tenir compte non seulement des indicateurs nationaux moyens, mais aussi de la réalité des zones géographiques particulières exposées à la majorité des arrivées;

29.

souligne la nécessité de veiller à ce que, dans le contexte des relocalisations, les collectivités locales et régionales responsables du lieu de relocalisation proposé soient informées et consultées à un stade précoce;

30.

rappelle que «les États membres assurent en toutes circonstances aux demandeurs l’accès aux soins de santé et un niveau de vie conforme au droit de l’Union, y compris la Charte, et à d’autres obligations internationales, dont la convention des Nations unies de 1989 relative aux droits de l’enfant. Il convient que les États membres pourvoient en particulier à la subsistance et aux besoins fondamentaux du demandeur» (4), et ce quelle que soit leur capacité matérielle d’accueil. Il est essentiel que les collectivités locales et régionales soient pleinement habilitées à fournir des services publics adéquats en ce sens, tout en maintenant les normes de ces services pour tous les résidents de leur communauté;

Des procédures d’asile équitables, efficaces et convergentes

31.

se félicite du calendrier harmonisé de la procédure d’asile; prend acte de la révision prévue par la Commission du concept de «pays tiers sûr»;

32.

souligne la nécessité d’éviter la rétention aux fins de l’exécution de procédures d’asile pour les réfugiés, plus spécifiquement les familles, les enfants et les personnes vulnérables, et fait observer que les procédures de détermination du statut de réfugié devraient respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme; dans cette perspective, attend avec intérêt les lignes directrices de l’AUEA sur les solutions de substitution efficaces à la rétention;

33.

invite instamment la Commission à jouer pleinement son rôle et à assurer le suivi nécessaire en associant l’AUEA, conformément au mandat qui est le sien, pour veiller à ce que les procédures d’asile soient appliquées de manière équitable et uniforme par tous les États membres;

Des procédures de retour efficaces et équitables

34.

convient de l’importance de renforcer les incitations au retour volontaire et de fournir un soutien cohérent à la réintégration, avec la garantie que ceux-ci soient effectués dans des conditions sûres et dignes, et de fournir un soutien cohérent à la réintégration; souhaite rappeler à cet effet que toute mesure de ce type nécessite une approche globale des politiques de migration et de développement pour promouvoir les valeurs démocratiques, en particulier la protection des droits de l’homme, et pour inciter les pays d’origine à réadmettre leurs ressortissants, en gardant également à l’esprit la réalisation des objectifs de développement durable (ODD);

35.

note de la même façon que l’instauration de voies de migration légale en coopération avec les pays tiers peut être mutuellement bénéfique, en ce qu’elle a la capacité de remédier à la fois aux pénuries de main-d’œuvre dans l’Union et au manque persistant de possibilités d’emploi dans les pays d’origine des migrants;

36.

insiste sur le fait que, s’il convient effectivement d’encourager les États membres à mettre en place un système informatique moderne et efficace de gestion des dossiers de retour, un tel système devra toujours faire l’objet d’un contrôle humain;

Un système équitable et efficace: faire fonctionner les nouvelles règles en matière de responsabilité

37.

prend acte des mesures visant à lutter contre l’«asile à la carte» mais demeure critique quant au maintien du critère de première entrée en ce qui concerne les demandes d’asile, puisque cela continue d’exercer une pression disproportionnée sur les États membres et les régions situés aux frontières extérieures de l’Union, qui ne sont pas la destination finale souhaitée pour l’écrasante majorité des entrants. Dans le même temps, si des mesures supplémentaires visant à stopper les mouvements secondaires sont mises en œuvre, il convient de tenir compte dûment du point de vue des collectivités locales et régionales concernées;

38.

met en garde contre l’attribution de la responsabilité à l’État membre d’entrée pour des personnes débarquées à la suite d’opérations de recherche et de sauvetage; souligne la nécessité d’un mécanisme de partage juste et équitable des responsabilités entre tous les États membres pour garantir qu’aucun pays ne supporte une charge disproportionnée et que les principes humanitaires soient respecté; il convient de donner la priorité aux opérations de recherche et de sauvetage efficaces pour garantir le débarquement en toute sécurité et la protection de toutes les personnes secourues;

39.

rappelle que le principe de non-refoulement et le droit d’asile exigent que les éventuels besoins de protection soient pleinement évalués et qu’une protection effective soit garantie. Il devrait donc être impossible de rejeter une demande d’asile sans un examen du bien-fondé de la demande;

Faire en sorte que la solidarité fonctionne

40.

se félicite en principe du mécanisme de solidarité permanent et juridiquement contraignant, mais se déclare préoccupé par les répercussions pour les États membres aux frontières extérieures de l’Union qui sont soumis à une pression migratoire constante en raison de la flexibilité de ce mécanisme qui permet la solidarité financière ou d’autres mesures (personnel ou soutien en nature); souhaite à cet effet qu’un équilibre soit trouvé entre les mesures susmentionnées et les relocalisations afin de garantir qu’aucun État membre n’ait la possibilité de refuser systématiquement l’accueil de migrants; note, à cet égard, le rôle essentiel de l’AUEA pour aider les États membres à faire face à des situations de pression particulière sur le terrain;

41.

souligne de même la nécessité pour les États membres de revoir leurs procédures internes afin d’instaurer un processus et un flux de travail clairs, en pleine coopération avec les collectivités locales et régionales, en garantissant une répartition équitable des migrants et des demandeurs d’asile à l’intérieur de leurs propres frontières, conformément à leurs capacités adéquates, définies par la Commission européenne sur la base de critères objectifs (5);

Préparation, planification d’urgence et réaction aux crises

42.

se félicite de l’approche transsectorielle, «tous risques» qui englobe l’ensemble de la société en matière de préparation, d’urgence et de réaction aux crises, mais s’inquiète que soit ignoré le rôle d’une gouvernance à plusieurs niveaux efficace;

43.

fait valoir que les stratégies nationales qui doivent être élaborées dans le cadre du règlement relatif à la gestion de la migration et de l’asile, et qui comprendront les obligations nouvellement introduites en matière de planification des mesures d’urgence, devraient être conçues conjointement avec les collectivités locales et régionales. Il s’impose en effet de mettre davantage en relief l’aspect local et régional, sachant que c’est à l’échelon infranational que doit intervenir la mise en œuvre concrète des stratégies en question;

44.

demande d’être associé au réseau de préparation et de gestion de crise de l’UE, compte tenu de l’importance de prendre en considération la perspective locale et régionale dans les situations migratoires;

Nouvelles garanties pour les demandeurs de protection internationale et les personnes vulnérables, et surveillance accrue des droits fondamentaux

45.

évalue positivement les mesures prévues dans ce volet pour les groupes vulnérables, y compris les mineurs, et souligne que le droit international interdit la privation de liberté des enfants sur la base de motifs administratifs;

46.

tient à rappeler sa ferme conviction que, dans une situation de crise, tout État membre devra également pouvoir accorder à sa discrétion un statut de protection immédiate aux enfants et aux personnes particulièrement vulnérables, ainsi qu’à d’autres groupes de personnes ayant besoin d’une protection immédiate, si son droit national le prévoit;

47.

convient de l’importance d’un accès à un conseil juridique gratuit, et souligne la nécessité de veiller à ce que celui-ci soit apporté dans une langue comprise par les demandeurs de protection internationale, ce qui constitue un défi mesurable pour les pouvoirs publics nationaux et infranationaux compétents; souligne qu’il est important que les autorités compétentes fournissent des informations sur la procédure et que la démarche soit assortie de la possibilité de demander des conseils juridiques et d’autres formes d’assistance dès le début de la procédure;

48.

préconise qu’une attention toute particulière soit accordée aux personnes vulnérables, en particulier les victimes de violences, notamment les victimes de la traite des êtres humains, et souligne qu’il est crucial de repérer et d’aider ces personnes correctement, grâce à des soins complets et prenant en compte les traumatismes, y compris une assistance psychologique, médicale et juridique; plaide pour une coordination transparente et responsable avec les collectivités locales et régionales et un travail interservices, et aussi pour que l’on veille à ce que les victimes participent activement aux décisions relatives à leur soutien et à leur rétablissement;

Réinstallation, inclusion et intégration

49.

se félicite des mesures d’inclusion et d’intégration proposées en faveur d’un accès plus rapide à l’éducation pour les enfants migrants, d’une entrée plus rapide sur le marché du travail pour les adultes et d’un accès égal à la santé. Dans ce contexte, le CdR entend privilégier une approche locale de l’intégration ainsi que le rôle clé joué par les collectivités locales et régionales, et il souligne l’importance d’accélérer les processus d’homologation des diplômes universitaires qui contribuent à retenir les migrants porteurs de talents;

50.

plaide en faveur de l’instauration de nouvelles possibilités de financement pour l’intégration locale, y compris dans le cadre des fonds existants de l’Union européenne, afin d’aider les collectivités locales et régionales à concevoir et à stimuler des projets décentralisés d’intégration locale. Les fonds pourraient être alimentés par les retombées d’une augmentation du revenu imposable découlant d’une intégration réussie;

51.

s’affirme convaincu de la nécessité d’accorder la priorité au renforcement des ressources financières et humaines, ainsi qu’à la capacité administrative globale des collectivités locales et régionales qui reçoivent des bénéficiaires d’une protection internationale par l’entremise de dispositifs de réinstallation ou d’admission humanitaire.

Bruxelles, le 9 octobre 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Le nombre de franchissements irréguliers des frontières de l’Union européenne au cours des sept premiers mois de l’année 2024 a diminué de 36 % pour s’établir à 113 400, selon Frontex (en anglais) (https://www.frontex.europa.eu/media-centre/news/news-release/eu-external-borders-irregular-border-crossings-fall-nearly-40-this-year-ZXxDJD).

(2) La carte migratoire de Frontex (https://www.frontex.europa.eu/what-we-do/monitoring-and-risk-analysis/migratory-map/) est un outil précieux pour le suivi des migrations et l’analyse des risques, en ce qu’elle présente la situation migratoire actuelle en Europe et qu’elle est complétée par des mises à jour mensuelles des statistiques relatives aux franchissements illégaux des frontières. Il convient donc de l’exploiter pleinement.

(3) Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, article 24, paragraphe 2.

(4) Directive (UE) 2024/1346 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 établissant des normes pour l’accueil des personnes demandant une protection internationale (JO L, 2024/1346, 22.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1346/oj).

(5) Décision d’exécution (UE) 2024/2150 de la Commission du 5 août 2024 portant modalités d’application du règlement (UE) 2024/1348 en ce qui concerne la capacité adéquate des États membres et le nombre maximal de demandes qu’un État membre est tenu d’examiner chaque année dans le cadre de la procédure à la frontière ( JO L, 2024/2150, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec_impl/2024/2150/oj ).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7063/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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