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AccueilDroit européen52024IR3099
Initiative législative52024IR3099

Avis du Comité européen des régions — Lutter contre les inégalités territoriales en améliorant l’accès aux services sociaux

CELEX52024IR3099
TypeInitiative législative
Datemercredi 20 novembre 2024

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne la nécessité de réduire les disparités territoriales dans l'accès aux services sociaux (santé, éducation, logement, inclusion) au sein de l'UE. Il préconise une approche locale renforcée, un financement adéquat des collectivités et une meilleure coordination entre les politiques européennes, nationales et régionales pour garantir une égalité d'accès sur l'ensemble du territoire. Cet avis invite les institutions européennes à intégrer ces recommandations dans les futures législations et programmes de cohésion.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/281

24.1.2025

Avis du Comité européen des régions — Lutter contre les inégalités territoriales en améliorant l’accès aux services sociaux

(C/2025/281)

Rapporteur

:

Declan McDONNELL (IE/AE), membre du conseil municipal de Galway

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

se félicite de la saisine de la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne relative à l’élaboration d’un avis sur thème «Lutter contre les inégalités territoriales en améliorant l’accès aux services sociaux», une question dont il estime qu’elle revêt une importance cruciale pour les collectivités locales et régionales de l’ensemble de l’UE. Même s’il est admis que, dans de nombreux États membres de l’UE, ces collectivités ne jouent qu’un rôle limité dans la mise en œuvre des politiques et du budget, elles sont néanmoins en mesure, en leur qualité de niveau de pouvoir le plus proche du citoyen, de jouer un rôle déterminant pour garantir un accès équitable aux services essentiels, ce qui est fondamental pour favoriser la cohésion sociale et réduire les disparités;

2.

mesure l’importance des défis auxquels sont confrontées les collectivités locales et régionales dans ce domaine, notamment les disparités en matière d’infrastructures, d’accès au numérique et de disponibilité de personnel qualifié, qui entravent souvent l’efficacité des services sociaux, en particulier dans les régions éloignées ou mal pourvues. Ces difficultés sont accentuées par les contraintes financières, la complexité de la coopération transfrontalière et la nécessité de renforcer la coordination entre les différents niveaux de pouvoir; reconnaît dès lors toute l’importance que revêt, pour les collectivités locales et régionales et pour les pouvoirs publics, la grande expérience acquise par le milieu associatif quand il œuvre à but non lucratif à la prise en charge des publics vulnérables et des personnes handicapées, et par conséquent met en avant le rôle éminent que ces structures jouent dans la défense des droits sociaux et la fourniture de services en collaboration avec les administrations publiques;

Stratégie intégrée de développement local

3.

plaide en faveur de l’élaboration d’une stratégie globale de développement régional qui intègre la réduction de la pauvreté, l’inclusion sociale et la promotion de l’apprentissage tout au long de la vie dans le domaine des compétences numériques, la promotion de programmes de reconversion et de perfectionnement professionnel adaptés aux besoins de communautés et des industries locales et veille à ce que les disparités régionales soient prises en compte de manière efficace. Pareilles stratégies globales de développement régional doivent, au même titre que les objectifs de réduction des inégalités, s’appuyer également sur les collectivités locales, et en particulier les grandes villes. Ces collectivités, qui fournissent bon nombre des services concernés et sont l’échelon de l’administration le plus proche des citoyens, sont par ailleurs elles-mêmes confrontées à ces disparités sur le territoire de leurs communes;

4.

recommande que la stratégie intégrée fasse de l’accès à l’emploi une priorité, comme outil essentiel pour l’inclusion et l’acquisition d’une indépendance financière, et d’en faire activement la promotion afin de faciliter l’autonomie financière, d’éviter l’enkystement de la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté. La formation et le perfectionnement professionnels, les programmes d’accompagnement et de conseil en matière d’emploi, la formation au numérique et l’accès aux technologies, ou encore les programmes de reconversion et de réinsertion professionnelles sont des instruments très importants pour offrir des perspectives d’emploi aux publics vulnérables;

5.

préconise des investissements ciblés dans les zones défavorisées caractérisées par un taux de chômage élevé et une population très dispersée, afin de garantir un développement équitable et des logements abordables, de renforcer l’économie régionale et de créer un meilleur cadre de vie pour l’ensemble des citoyens, tout en relevant dans le même temps le défi posé par le vieillissement graduel de la population, en particulier dans les zones rurales;

6.

demande que des investissements soient spécialement destinés aux régions géographiquement plus étendues où l’habitat est plus dispersé et où le taux de vieillissement de la population et le nombre de personnes dépendantes sont plus élevés, compte tenu du coût économique important qu’y implique la fourniture de services sociaux et de soins de santé;

7.

propose que l’on améliore l’organisation de la formation, de l’habileté numérique, des initiatives de perfectionnement et de reconversion professionnels et des nouveaux modèles de services sociaux, en particulier dans les régions éloignées et confrontées à des défis socio-économiques, et ce grâce au réseau de pôles européens d’innovation numérique et moyennant la reconnaissance de la certification professionnelle par validation de l’expérience afin de faciliter les embauches dans la fourniture de services et de programmes de prise en charge destinés aux personnes vulnérables et handicapées, tout en veillant à ce que la population ciblée soit associée à la conception et à l’évaluation de ces dispositifs;

8.

préconise que les stratégies régionales visant à améliorer la qualité de vie et à promouvoir la cohésion sociale et les soins prévoient la création d’installations récréatives, sociales, culturelles et sportives, d’équipements et de projets de développement local;

9.

est favorable à ce que des politiques en matière de logement soient intégrées dans des stratégies régionales plus vastes visant à promouvoir des communautés inclusives;

10.

plaide en faveur de la création d’une plateforme numérique à l’échelle européenne qui fournisse des informations sur l’accès aux services sociaux dans les différents États membres; souligne de même la nécessité d’associer les collectivités locales et régionales — au moyen d’une approche décentralisée — à une large collaboration afin d’améliorer l’interopérabilité des systèmes gouvernementaux, y compris l’interopérabilité transfrontalière, en vue d’améliorer l’efficacité de la fourniture des services publics;

11.

préconise par ailleurs la création, le lancement, la mise en œuvre et le développement d’une plateforme pluridisciplinaire, nécessaire au traitement des dossiers, prévoyant un accès spécifique pour les différents métiers affiliés aux services sociaux, en particulier dans les régions les plus critiques ou vulnérables, l’objectif étant de faciliter la prise en charge et la coordination des professionnels, de préférence dans le cadre de plans d’intervention auprès de la population ciblée;

12.

demande que des stratégies globales soient élaborées afin de relever les défis liés au vieillissement de la population et de répondre aux besoins spécifiques des groupes vulnérables, en mettant l’accent sur l’accès aux soins de santé, aux soins prodigués aux personnes âgées — en particulier celles qui souffrent de la solitude —, à celles qui sont porteuses d’un handicap et à celles qui se trouvent en situation de dépendance, ainsi qu’aux services d’aide sociale. Il s’agira notamment de tenir compte de la prise en charge des troubles chroniques et de la santé mentale, grâce à des services qui facilitent les traitements et la réhabilitation;

13.

préconise des mesures incitatives spécifiques pour les aidants de personnes âgées et vulnérables dans les régions touchées par le vieillissement de leur population, telles que des allégements fiscaux, des contributions à la formation et un accès prioritaire aux services de répit et d’accompagnement psychologique et physique;

Contraintes budgétaires et économiques

14.

est conscient des contraintes budgétaires qui pèsent sur de nombreuses économies nationales et régionales, en particulier les règles budgétaires, qui ne permettent pas d’augmenter les budgets pour investir dans les services publics essentiels tels que les soins de santé, l’éducation, le logement ou les services sociaux; considère que ces restrictions sont susceptibles de persister, ce qui nécessite de repenser la manière d’élargir la base économique de ces États membres et régions afin de réduire les disparités et de promouvoir le bien-être social à long terme et la durabilité;

15.

fait observer que la réussite de l’intégration européenne est étroitement liée à la qualité de vie dans les régions frontalières de l’Union; demande que les stratégies territoriales accordent une attention particulière à la situation spécifique des régions frontalières et visent à proposer des solutions pour l’accès transfrontalier aux services sociaux; rappelle à cet égard l’avis sur le «Mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier — l’outil de facilitation transfrontalière» (1) (COTER-VII/037);

16.

appelle de ses vœux un débat approfondi et fondé sur des données probantes concernant la possibilité d’élaborer des règles budgétaires novatrices pour accroître les investissements sociaux, par exemple en exemptant de la procédure relative aux déficits excessifs ou en exonérant de l’impôt les investissements considérés comme des investissements sociaux (y compris le soutien financier en faveur d’associations à but non lucratif); demande à cet effet l’introduction d’une taxinomie sociale de l’Union, développée en collaboration avec des experts locaux et régionaux, qui s’inspirerait de celle relative aux activités durables sur le plan environnemental et déterminerait quels investissements pourraient être considérés comme sociaux;

17.

préconise qu’une attention particulière soit accordée à l’intégration de l’habileté numérique et des compétences techniques dans les programmes d’éducation et de formation afin de doter les jeunes des compétences requises par l’évolution du marché du travail, en particulier dans les zones rurales et mal desservies, de même que les personnes âgées, elles aussi fortement touchées par la fracture numérique;

18.

reconnaît les contraintes économiques imposées aux économies nationales et régionales à faible croissance ou à faibles revenus, pouvant être dues à des niveaux d’activité restreints sur le marché économique, qui entraînent une dépendance excessive à l’égard de biens et de services non marchands, y compris la protection sociale et les transferts sociaux. Cette situation induit de bas revenus pour les ménages et les entreprises, des salaires peu élevés et des conditions de travail précaires, avec le risque d’une fuite des compétences et de la main-d’œuvre qui en découle;

19.

préconise une stratégie articulée autour de deux volets: (a) des politiques industrielles ou entrepreneuriales axées sur les régions pour accroître l’activité dans l’économie de marché, qui mettent l’accent sur des pratiques durables sur le plan environnemental et social. La production et les investissements pilotés par le secteur public devraient servir à créer les conditions susceptibles d’attirer les investissements privés dans les marchés sous-développés et soutenir les régions dans lesquelles le secteur privé est réticent à investir; et (b) la promotion de salaires décents et la protection contre les contrats de travail précaires pour faire en sorte que les travailleurs bénéficient d’emplois stables, sûrs et décents. Ces mesures devraient être assorties de négociations collectives universelles et d’autres modalités visant à promouvoir la participation des travailleurs et à parvenir à des territoires «zéro chômeur de longue durée»;

Améliorer la disponibilité et l’efficacité des services

20.

recommande de mettre en œuvre des modèles intégrés en matière de prestation de services, qui coordonnent soins de santé, éducation et formation, logement, transport et services sociaux et sont soutenus par une collaboration entre les secteurs public, privé et les acteurs locaux, tout en veillant à ce que les groupes vulnérables et défavorisés soient pleinement inclus;

21.

soutient la modernisation et le développement des services de transport public, en particulier dans les zones mal pourvues, afin d’améliorer l’accès aux services sociaux et la mobilité régionale;

22.

est d’avis que les soins doivent être fournis au plus près possible des citoyens. Il importe dès lors de veiller à ce que l’accès aux soins de santé, y compris les soins psychiatriques, soit assuré également dans les régions éloignées. Divers outils permettent de garantir et d’offrir cette accessibilité, notamment avec l’appui solide de la technologie numérique;

23.

plaide en faveur d’une numérisation accrue et, le cas échéant, de l’augmentation des effectifs des collectivités locales et régionales afin de pouvoir proposer des services plus efficaces aux citoyens, en particulier concernant des services essentiels tels que le logement, les demandes de subvention et les autorisations urbanistiques;

24.

estime qu’il faut investir dans l’innovation, le développement et le déploiement de dispositifs d’aide et de technologies dans le domicile des personnes âgées ou handicapées afin de les aider à conserver leur autonomie et à prendre part à la vie sociale du lieu où elles résident;

25.

encourage le déploiement de services sociaux mobiles et de centres de proximité proposant un ensemble de services au même endroit, y compris en matière de formation et de renforcement des compétences, en particulier dans les zones isolées;

26.

demande l’accès aussi universel que possible (y compris la gratuité, si cela est faisable) au premier cycle de l’éducation des jeunes enfants, de zéro à trois ans, afin de promouvoir le bien-être des enfants, d’augmenter le revenu des ménages et d’encourager la participation au marché du travail ainsi que l’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’emploi, notamment en ce qui concerne l’accès des femmes au marché du travail, conformément aux objectifs de Barcelone en matière d’éducation et d’accueil de la petite enfance (2). Ces mesures devraient être assorties de salaires adéquats pour les personnes qui s’occupent de la garde d’enfants et l’ensemble des prestataires de soins, étant entendu qu’il convient de reconnaître, d’une part, l’importance d’une éducation de qualité pour la petite enfance, et d’autre part, la nécessité de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur des soins;

27.

préconise le développement de services spécifiquement destinés aux jeunes, y compris des initiatives accessibles en matière d’éducation, de formation ou d’orientation en matière de travail et d’emploi, moyennant des parcours de formation pratique dans des domaines tels que la technologie et la durabilité environnementale, afin de les préparer à relever les défis du marché du travail et de valoriser la contribution qu’ils apportent localement à la collectivité, étant entendu qu’il faudra être particulièrement attentif à la sous-représentation des jeunes femmes dans certains domaines et secteurs économiques;

28.

appelle de ses vœux le renforcement de l’accès aux aides et aux services pour toutes les personnes qui en ont besoin, y compris le soutien à domicile pour les personnes handicapées, les personnes âgées et les personnes qui ont des difficultés en raison de problèmes de santé mentale. Un tel renforcement permet d’améliorer leur qualité de vie et d’encourager la participation au marché du travail des aidants familiaux, ce qui améliore le niveau de vie tout en assurant la pleine mise en œuvre de la déclaration de Barcelone;

29.

demande que soit encouragée la prise en charge à domicile des personnes âgées dépendantes ou handicapées en milieu rural ou transfrontalier, au moyen de services innovants fondés sur des modèles intégrés de prestation de services permettant à ces personnes de rester chez elles dès lors qu’elles le souhaitent. Cette mesure améliorera leur qualité de vie et favorisera l’essor d’une économie des soins autour de ces personnes qui résident en milieu rural ou transfrontalier;

30.

plaide en faveur d’une revalorisation et d’une amélioration des conditions de travail pour les professionnels du secteur des soins. Face aux graves difficultés à trouver des professionnels pour s’occuper des personnes âgées, dépendantes ou handicapées en milieu rural ou transfrontalier, il est nécessaire de mettre en place des politiques visant spécifiquement à remédier, autant que faire se peut, à ce manque;

31.

est favorable au volontariat et aux initiatives solidaires menées à l’échelon local, qui constituent des compléments essentiels aux services sociaux en ce qu’ils renforcent le développement du tissu local et améliorent l’accessibilité des services. Il importe notamment de garantir un accès universel et abordable aux activités sportives, récréatives, culturelles et sociales, ainsi qu’à des programmes de développement des compétences, en particulier pour les jeunes, afin d’améliorer le bilan en matière de santé et d’éducation tout en réduisant les coûts pour les ménages. Le Comité recommande en outre de promouvoir le volontariat en encourageant les démarches qui visent à faciliter la mise à disposition d’espaces dédiés et d’un soutien logistique aux activités menées, ce qui renforcera la viabilité et l’efficacité de l’engagement volontaire;

32.

demande que l’on adopte une culture ascendante de l’innovation qui associe systématiquement, au travers de programmes d’innovation dont ils sont les acteurs, les travailleurs du secteur public à la conception et la fourniture de services sociaux. Il convient ce faisant d’en intégrer la dimension territoriale et de compléter et d’étayer cette approche en y incluant les usagers, le but étant d’intégrer les compétences et l’expérience des travailleurs dans la conception et la fourniture de services, et de répondre aux besoins spécifiques des différents groupes sociaux. La meilleure façon d’y parvenir est de mettre en place une coopération entre syndicats et employeurs, ou des systèmes nationaux et régionaux similaires;

33.

appelle à inclure les points de vue des enfants et des jeunes dans la conception et la fourniture de services sociaux afin de garantir que ces services répondent aux besoins spécifiques des jeunes générations. Cet objectif peut être atteint en associant activement les enfants et les jeunes par la mise en place de forums et de conseils des enfants et des jeunes, pour qu’ils puissent partager des idées et contribuer au développement local et de proximité; demande en outre qu’un soutien particulier soit accordé à ce type d’initiatives dans les régions rurales et mal desservies;

34.

recommande de mettre davantage d’espaces éducatifs et de services d’hébergement et de soutien à disposition pour répondre à la diversité des besoins de l’ensemble des élèves, étudiants et apprenants, en accordant une attention particulière aux régions rurales et mal pourvues; recommande aussi d’intégrer des politiques de logement social spécifiquement destinées aux étudiants dans les zones en pénurie de logements, en encourageant la réhabilitation et la rénovation du bâti existant afin de proposer des solutions de logement durables, pouvant également inclure des espaces pour étudier et accompagner les étudiants;

Tirer parti de la numérisation

35.

souligne qu’il est nécessaire de réaliser de grands investissements dans les infrastructures numériques dans les régions rurales et mal pourvues afin de combler la fracture numérique, en prêtant une attention particulière à la fracture numérique entre hommes et femmes qui touche tout spécialement les femmes âgées, et de permettre à tous les citoyens d’accéder aux services essentiels tout en veillant à ce que les personnes âgées et celles qui souffrent d’un handicap d’apprentissage tout au long de la vie ou qui éprouvent d’autres difficultés à utiliser les infrastructures numériques ne soient pas désavantagées, mais au contraire accompagnées par des actions de formation telles que celles décrites au paragraphe 17;

36.

demande, compte tenu du rôle essentiel que jouent les réseaux à haut débit et l’accès à ceux-ci pour les ménages et les entreprises, qu’un débat ait lieu sur la question de savoir dans quelle mesure ils devraient être considérés comme un service d’intérêt économique général;

37.

soutient le développement de programmes d’habileté numérique pour conférer une autonomie accrue aux groupes marginalisés et leur permettre de tirer pleinement parti de la gouvernance en ligne et des services sociaux numériques; dans le même ordre d’idées, propose de mettre en œuvre des activités de formation en dehors des heures d’école afin de transmettre des compétences numériques de base ou avancées aux enfants et aux adolescents, notamment à ceux issus de familles fragiles sur le plan social, et parmi eux, en priorité à ceux qui sont touchés par la pauvreté et qui résident dans des zones rurales où les inégalités sociales se ressentent fortement, ou à ceux qui relèvent du système de protection de l’enfance;

38.

préconise l’adoption du concept de villages intelligents qui tire parti des technologies numériques pour améliorer les services, la qualité de vie, l’inclusion sociale, la participation citoyenne et le développement régional;

39.

encourage la coopération transfrontalière dans le but de renforcer l’interopérabilité des services sociaux, en particulier dans les régions où les mouvements transfrontaliers sont importants;

40.

recommande d’élaborer, à l’échelle de l’Union, une stratégie visant à réduire la fracture numérique en veillant à ce que tous les citoyens aient accès au haut débit, y compris dans les zones éloignées; recommande aussi de profiter de la numérisation pour mettre en avant une stratégie visant à promouvoir l’accessibilité pour tous des services de proximité, afin de favoriser l’autonomie des personnes;

41.

plaide en faveur de la réalisation d’investissements continus en matière d’innovation dans le secteur public, en particulier l’innovation pilotée pour les travailleurs et par les travailleurs, en mettant l’accent sur la numérisation en tant que moyen d’améliorer l’efficacité et la réactivité des services sociaux, et en veillant à ce que les zones rurales bénéficient de solutions technologiques avancées et d’une meilleure prestation de services;

Lutter contre la ségrégation spatiale et relever les défis en matière de logement

42.

invite instamment les États membres et les régions à considérer l’accès au logement comme un droit de l’homme, conformément à l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme (3), qui reconnaît le droit au logement dans le cadre du droit à un niveau de vie adéquat, et à l’article 34, paragraphe 3, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (4), en vertu duquel l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement; invite dès lors tous les niveaux de gouvernement à donner la priorité à l’élaboration de politiques de logement inclusives et durables qui amélioreraient les conditions permettant aux villes et aux régions de garantir l’accès à un logement abordable et de qualité pour tous ceux qui en ont besoin, ceux qui éprouvent durablement d’importantes difficultés liées à l’accessibilité financière des logements et ceux qui sont privés de logement, notamment ceux qui appartiennent à des groupes marginalisés, et à promouvoir l’accompagnement technique et social en lien avec l’accès à ces logements;

43.

demande qu’on accélère la mise à disposition de logements, notamment en rationalisant les procédures administratives et en encourageant les solutions numériques, afin de répondre aux besoins urgents et de réduire le sans-abrisme;

44.

recommande aux collectivités locales d’envisager des modalités de logement flexibles, telles que les modèles de logement coopératif, afin de répondre efficacement aux besoins locaux en la matière, et d’encourager un vieillissement actif;

45.

met en garde contre les logements locatifs de courte durée qui, s’ils ne sont pas correctement réglementés, sont susceptibles de mettre en péril les droits des locataires et de perturber les communautés locales, provoquant des déplacements et une gentrification; appelle de ce fait à mettre pleinement en œuvre le cadre de l’UE visant à réglementer ce type de locations et à atténuer l’incidence des plateformes numériques de location de courte durée sur les marchés du logement, en particulier en ce qui concerne l’obligation de ces plateformes de se conformer aux réglementations locales et régionales et d’informer les collectivités locales et régionales sur les unités de logement utilisées pour les locations de courte durée;

Inclusion sociale et intégration civique

46.

encourage les collectivités locales et régionales à élaborer des initiatives qui favorisent le respect, l’inclusion, l’interculturalité et le soutien pour toutes les nationalités et promeuvent un environnement accueillant et diversifié. Les migrants, les communautés tsigane, rom et des gens du voyage ainsi que les minorités ethniques, linguistiques et religieuses sont confrontés à des problèmes culturels spécifiques, à savoir la discrimination, la ségrégation et l’exploitation. Il faut dès lors prévoir une protection juridique et élaborer des initiatives sociales relevant du secteur public et reposant sur les valeurs fondamentales de la démocratie libérale, à savoir la tolérance, l’inclusion et l’acceptation. L’accès aux services publics et sociaux devrait être universel;

47.

soutient les programmes éducatifs et les efforts de sensibilisation destinés en particulier, mais pas seulement, aux groupes marginalisés afin de leur expliquer quels sont leurs droits, leurs obligations et les possibilités dont ils disposent, le but étant de garantir qu’ils aient pleinement accès aux services sociaux;

48.

souligne le rôle positif que les associations sportives locales, régionales, nationales, européennes et mondiales peuvent jouer dans l’amélioration de la santé physique et mentale, et recommande une coopération accrue entre celles-ci et l’Union afin de promouvoir le bien-être général;

Utilisation efficace des fonds de l’UE

49.

souligne que les projets de développement régional devraient tenir compte, le cas échéant, d’objectifs plus larges en matière d’inclusion sociale, et que les fonds européens doivent veiller au bien-être de tous et contribuer activement à accroître la cohésion entre les différentes composantes de l’Union;

50.

invite instamment les États membres et les régions à mener une action de sensibilisation et à investir dans la mise en place de mesures visant à prévenir plus efficacement les situations de négligence et de violence à l’égard des enfants et dans la protection et la prise en charge globale des enfants victimes de violences, mais aussi à prévoir les garanties nécessaires pour les mineurs présumés auteurs d’infractions et à soutenir les programmes visant à prévenir les situations de risque et de vulnérabilité des enfants et à promouvoir le développement d’environnements protecteurs pour les enfants en toutes circonstances;

51.

réclame la mise en place de mécanismes de responsabilité transparents pour contrôler l’utilisation des fonds de l’Union ainsi que l’élaboration régulière de rapports sur les progrès réalisés et les résultats obtenus dans le but de garantir une utilisation efficace des ressources. Afin de garantir que les fonds sont utilisés de manière efficace et aux fins prévues ainsi que de promouvoir l’expérimentation et l’apprentissage transrégionaux, il convient en outre d’élaborer des politiques en se fondant sur des recherches et des données probantes;

52.

plaide en faveur de la mise en place de mécanismes de financement novateurs, tels que les partenariats entre secteur public, secteur privé et société civile, et du recours à des programmes de financement de l’Union pour soutenir le développement d’infrastructures sociales dans les régions mal pourvues, tout en évitant les privatisations et les approches axées sur le marché. Ces mécanismes devraient donner la priorité à la propriété publique et aux initiatives menées par les acteurs locaux, en encourageant la collaboration avec les structures associatives à but non lucratif qui fournissent des services d’aide aux personnes handicapées, âgées ou vulnérables, afin de garantir que les services sociaux conservent l’obligation publique de rendre des comptes et restent alignés sur la durabilité sociale et environnementale à long terme;

53.

considère qu’il faut renforcer le financement européen de l’innovation sociale et des projets pilotes visant à trouver des solutions transposables à plus grande échelle en matière de soins et d’accompagnement des personnes, notamment en milieu rural ou transfrontalier, ainsi qu’à attirer de nouveaux professionnels dans le secteur des soins.

Bruxelles, le 20 novembre 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Avis du Comité européen des régions — Mécanisme visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier — l’outil de facilitation transfrontalière (JO C, C/2024/3672, 26.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3672/oj).

(2) Recommandation du Conseil du 8 décembre 2022 concernant l’éducation et l’accueil de la petite enfance: les objectifs de Barcelone pour 2030 (JO C 484 du 20.12.2022, p. 1).

(3) https://www.un.org/fr/about-us/universal-declaration-of-human-rights.

(4) Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (JO C 326 du 26.10.2012, p. 391).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/281/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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