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AccueilDroit européen52024IR3671
Initiative législative52024IR3671

Avis du Comité européen des régions — Recommandations pour le prochain programme-cadre pour la recherche et l’innovation (10e PC)

CELEX52024IR3671
TypeInitiative législative
Datemercredi 9 octobre 2024

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet des recommandations pour le futur 10e programme-cadre de recherche et d'innovation (PC), succédant à Horizon Europe. Il insiste sur la nécessité de renforcer la dimension territoriale et locale de la recherche, de simplifier les procédures administratives et de mieux articuler le programme avec les politiques de cohésion. Pour un professionnel du droit français, ce texte préfigure les orientations politiques et les priorités budgétaires qui structureront le prochain cadre de financement européen pour la R&D, impactant les acteurs publics et privés français.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/7065

4.12.2024

Avis du Comité européen des régions — Recommandations pour le prochain programme-cadre pour la recherche et l’innovation (10e PC)

(C/2024/7065)

Rapporteure

:

Anne BESNIER (FR/PSE), vice-présidente de la région Centre-Val-de-Loire

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

A) La place des écosystèmes régionaux d’innovation dans la mise en œuvre du 10e programme-cadre

1.

réaffirme que les écosystèmes régionaux et locaux d’innovation apportent une irrigation indispensable au cœur battant de l’innovation de l’Union, mettent en place une approche territoriale qui fait émerger les futurs participants au programme-cadre (PC) et contribuent à ses objectifs stratégiques;

2.

rappelle qu’à ce titre et en raison de leur effet de concentration et de proximité géographique, le CdR a continuellement défendu une reconnaissance pleine et entière du rôle des villes et des régions pour atteindre les objectifs européens en matière de compétitivité, de neutralité climatique et d’innovation, notamment dans la gouvernance et la programmation du PC (1);

3.

réaffirme le rôle structurant joué par les villes et les régions dans la fabrique de l’excellence scientifique et technologique de l’UE, tant dans le cadre de la politique de cohésion que par leur participation à des projets relevant de différents PC, en cultivant le terreau fertile à l’élaboration, la recherche, le développement, la production et la diffusion des connaissances, à la valorisation de ces dernières et aux innovations de demain au bénéfice de la société et de l’environnement. Ce rôle structurant s’étend également aux aspects liés à la formation, aux compétences et à l’emploi, à l’accès au (co)financement, à la création et à la croissance des entreprises basées sur les nouvelles technologies (NTBF), ainsi qu’à l’amélioration durable de la compétitivité et du bien-être social;

4.

souligne l’impact de l’intelligence artificielle sur l’ensemble du système de RDI et le prochain PC. Une fois exploitée au moyen de lignes directrices éthiques et d’un cadre réglementaire solide, l’IA peut aider à extraire les connaissances, à partager celles-ci et à analyser les meilleures pratiques, et favoriser ce faisant la confiance entre les participants des écosystèmes, tout en jouant un rôle de catalyseur pour un leadership européen sur le marché mondial; souligne que recourir à une IA responsable peut rationaliser efficacement le processus de cocréation de nouvelles idées et d’innovations;

5.

insiste, pour toutes ces raisons, pour qu’une approche territorialisée de l’innovation (place-based approach) guide la programmation stratégique du prochain PC, en intégrant les recommandations du présent avis; relève par ailleurs que, tout en respectant les objectifs et les principes distincts qui président à l’aide que procurent les différents programmes de financement de l’Union européenne, une telle approche territorialisée permettrait de meilleures synergies entre le prochain PC et la future politique de cohésion, favorisant ainsi l’excellence scientifique d’une part, et soutenant d’autre part les régions de l’échelon NUTS 2 moins développées, ainsi que les régions présentant des spécificités géographiques, dans leurs efforts pour construire leurs écosystèmes régionaux d’innovation;

Rôle des spécialisations intelligentes dans la structuration des écosystèmes régionaux d’innovation et la mise en œuvre du PC

6.

fait valoir que les «stratégies de spécialisation intelligente» (S3-S4) peuvent être un puissant facteur d’excellence pour les écosystèmes régionaux et locaux d’innovation, en concentrant les investissements sur les innovations durables de demain et en favorisant l’émergence de chaînes de valeur qui nourrissent durablement la croissance économique des villes et des régions, et que la programmation stratégique du prochain PC doit créer des interfaces plus efficaces avec les stratégies de spécialisation intelligente;

7.

considère que le déploiement des S3 et des S4 dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de cohésion a permis aux collectivités locales et régionales d’apporter aux acteurs scientifiques et aux entreprises des ressources créant de la valeur pour les territoires et les citoyens, et qu’elles contribuent précieusement aux objectifs du PC en encourageant les partenariats intrarégionaux et la coopération interrégionale, avec l’implication des collectivités locales, en matière de recherche et d’innovation (R&I);

8.

recommande, à ce titre, que les régions embrassent le plus possible cette approche en accentuant le degré de spécialisation de leurs stratégies et en associant plus activement au processus les grandes municipalités, qui concentrent un nombre important d’acteurs de l’innovation;

9.

recommande, au vu de ce qui précède, que le Comité européen des régions participe de manière effective à la programmation stratégique du PC, par exemple en étant consulté lors de sa planification stratégique, et que l’on facilite dans le même temps les synergies entre le PC et la politique de cohésion;

Les villes, les régions et leur écosystème d’innovation, acteur essentiel pour le succès des partenariats de recherche et d’innovation européens

10.

rappelle que les régions sont un échelon de partenariat d’une haute importance à ces fins et qu’elles ont démontré leur capacité à former des alliances à un haut niveau d’excellence, grâce notamment à l’approche impulsée par les spécialisations intelligentes;

11.

souligne que, compte tenu de la participation active des régions, y compris sur le plan financier, aux partenariats européens dans le cadre d’Horizon Europe, il convient de continuer à développer de telles possibilités. Le CdR demande par ailleurs que la planification des futurs partenariats tienne dûment compte de la possibilité d’une participation des régions et des villes, au moyen par exemple de la constitution de partenariats cofinancés;

12.

soutient, pour ce motif, l’approche proposée par les partenariats européens de R&I mis en œuvre dans le PC, à même de stimuler l’excellence scientifique et technologique partagée par plusieurs poches d’excellence disséminées dans les villes et régions de l’UE;

13.

déplore toutefois qu’à mi-parcours d’Horizon Europe, ces partenariats soient toujours considérés comme pas assez transparents, trop nombreux et peu lisibles pour les participants, et souligne les difficultés des villes et des régions à intégrer ou à utiliser cet outil, pourtant crucial pour éviter la fragmentation des investissements dans la R&I dans les territoires;

14.

propose une assistance technique accrue et la possibilité d’actions préparatoires permettant aux écosystèmes régionaux et locaux d’innovation de préfigurer des partenariats entre territoires avec l’implication des collectivités locales, partageant une excellence commune en matière de R&I ou d’intégrer ceux qui existent, à l’image par exemple du dispositif d’embarquement en marche («hop-on») déjà éprouvé dans le cadre d’Horizon Europe. À cette fin, il pourrait être utile de renforcer le volet interrégional de la coopération territoriale européenne au cours de la prochaine période de programmation; demande la mise en place d’une assistance technique spécifique au sein du programme-cadre pour le renforcement des capacités, le développement de partenariats et l’intégration dans les réseaux européens de recherche et d’innovation des régions moins avancées dans ces domaines;

15.

salue, dans cette optique, la mise en place du programme des investissements interrégionaux en matière d’innovation (I3) et les initiatives du nouvel agenda européen pour l’innovation telles que la préfiguration de vallées régionales de l’innovation (VRI), soutenue par l’action pilote «Partenariats régionaux pour l’innovation» (PRI), qui renforce la nécessité de soutenir une approche territorialisée de l’innovation;

16.

note toutefois que le déploiement de ces nouvelles initiatives reste à mesurer et observe d’ores et déjà que de nombreuses régions n’ont pu y soumettre leur participation, faute de capacités ou d’assistance technique, et propose que les grandes municipalités soient mieux associées;

17.

propose que le prochain PC poursuive une programmation multifonds pour déployer et faire monter en puissance les VRI, en s’associant plus étroitement au programme I3 mais aussi à d’autres financements tels que les fonds de l’Union européenne, ceux des États membres ou des fonds privés (par exemple pour intensifier les investissements dans les sciences et technologies critiques), ou encore les produits du fonds européen d’investissement;

B) Structuration du programme-cadre

Priorités thématiques

18.

rappelle que l’objectif principal du PC est de soutenir l’excellence de la RDI de l’UE en renforçant un espace européen de la recherche, d’améliorer sa compétitivité dans le monde, de soutenir l’accélération des investissements dans la RDI en faveur de la transformation industrielle afin d’atteindre les objectifs de neutralité climatique, et d’accroître son impact en termes de création d’emplois, tout en garantissant l’inclusivité et la durabilité; demande de faire pleinement concorder le programme-cadre avec les objectifs et les priorités du pacte vert pour l’Europe, et de veiller ce faisant à ce que toutes les innovations financées concourent à une Europe durable et neutre pour le climat;

19.

soutient à ce titre que le PC doit effectivement contribuer à la sécurité et l’autonomie stratégique de l’UE dans sa capacité à maintenir sa compétitivité économique et scientifique, et que, si une partie de la R&I peut être financée à titre exceptionnel par le PC (double usage civil et militaire), il y a lieu de maintenir une ligne de financement hors du PC pour la R&I revêtant un caractère militaire;

Une structuration à conserver, des connexions à optimiser

20.

constate que depuis 40 ans, les PC successifs ont considérablement modifié leur périmètre d’action, glissant d’un soutien à la R&I collaborative vers une approche plus industrielle et sociétale, et appelle à préserver un juste équilibre entre le soutien à la recherche fondamentale et celui à la recherche appliquée, notamment en faveur des technologies de rupture;

21.

souhaite que les règles de participation au PC restent stables sur le long terme pour conserver ou renforcer les capacités des participants potentiels à bénéficier du programme;

22.

recommande, pour mieux atteindre les primobénéficiaires, de promouvoir la formation de petits consortiums de projets là où cela peut favoriser leur participation, ainsi que de promouvoir le recours au financement en cascade dans les parties du programme où les taux de succès restent dissuasifs;

23.

soutient la structure du PC en trois piliers, établie depuis Horizon 2020, mais recommande que davantage de dispositifs soient mis en place pour que les résultats des projets financés soient valorisés à travers tous les piliers du PC, et particulièrement entre les piliers 2 et 3;

24.

salue, à ce titre, la mise en place d’actions telles que le dispositif «Transition» du Conseil européen de l’innovation (CEI) ou «l’amplificateur des résultats d’Horizon», et appelle à les compléter avec d’autres formes d’action sous une même appellation afin d’en améliorer l’appropriation par les bénéficiaires, et de les programmer avec l’appui d’autres programmes européens, nationaux ou régionaux. L’élaboration de plusieurs approches complémentaires telles que la constitution de portefeuilles de projets ou des «parcours de valorisation» des résultats devrait être étudiée;

25.

se satisfait de la mise en œuvre du premier pilier, qui génère une part significative de brevets issus des projets du PC, et appelle à construire davantage de passerelles avec le reste du programme, tout en associant davantage les villes et les régions à la diffusion des résultats de recherche dans ce pilier, pour leur diffusion dans la société;

26.

rappelle le cas particulier des régions ultrapériphériques qui, de par leur singularité, disposent d’un certain nombre de points forts et d’atouts uniques, susceptibles de les transformer en laboratoires de test propices à l’émergence de solutions innovantes, dans l’intérêt de l’ensemble de l’Union; souligne qu’il est nécessaire que ces régions reçoivent un soutien de l’Union, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités et la connexion avec les réseaux européens, afin que l’on puisse exploiter pleinement leur potentiel;

27.

regrette qu’à mi-parcours d’Horizon Europe, son 2e pilier ait servi de variable d’ajustement pour le financement de nouvelles initiatives, sans que cela soit compensé par des synergies suffisamment solides avec celles-ci;

28.

salue la mise en place, dans le 3e pilier, du CEI, qui constitue un puissant levier de soutien aux meilleurs innovateurs pour accélérer et déployer leurs solutions de rupture, et appelle à accroître ses ressources notamment autres que de la subvention pour freiner la baisse préoccupante du taux de succès dans ce programme;

29.

salue le rôle de structuration en réseaux qu’apporte l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) afin de créer des écosystèmes européens d’innovation de classe mondiale; rappelle l’objectif d’autonomie financière des communautés de connaissance et d’innovation (CCI) et appelle à davantage de synergies financières avec d’autres programmes, tels qu’Erasmus+, dont notamment les alliances d’université européennes;

30.

regrette que le programme «Écosystèmes européens d’innovation» (EIE) soit si peu doté budgétairement et qu’il fasse si peu participer les meneurs des écosystèmes locaux et régionaux d’innovation de l’UE, tels que les pôles académiques, les clusters ou les villes et régions;

31.

propose que le prochain PC enrichisse le troisième pilier d’actions favorisant les collaborations excellentes entre les écosystèmes locaux et régionaux d’innovation en tirant profit de l’exercice des spécialisations intelligentes et en recherchant les meilleures synergies avec d’autres programmes, comme l’I3; attire en outre l’attention sur le potentiel que revêtent les municipalités dans le cadre du nouveau programme européen d’innovation, et plus particulièrement, de la mise en œuvre de l’initiative phare no 2 intitulée «Rendre possible l’innovation deep tech au moyen d’espaces d’expérimentation et de marchés publics»;

32.

souligne le rôle clé des universités modernes pour ce qui est de traduire la recherche scientifique en politiques réalisables, du fait de leur participation aux écosystèmes de la «science aux services des politiques» (Science for Policy — S4P); demande à cet effet une étroite coopération entre les universités et les décideurs politiques à tous les niveaux afin de veiller à ce que les résultats scientifiques soient effectivement intégrés dans les politiques publiques, renforçant ainsi l’impact sociétal de connaissances scientifiques de qualité; propose à cet égard que les régions et les collectivités locales collaborent étroitement avec les universités pour l’élaboration de projets pilotes de politiques publiques;

33.

suggère à cet effet que les activités du 10e PC menées à l’échelle de l’Union européenne renforcent l’ancrage territorial des universités et permettent d’en tirer parti, et par conséquent, accroissent leur contribution au développement local et régional, tout en s’assurant qu’elles améliorent leur compétitivité mondiale et transforment efficacement des innovations mondiales en bénéfices locaux; propose en outre que les universités élargissent le rôle de la science au-delà des seules réalisations universitaires, grâce à leur participation active aux écosystèmes régionaux d’innovation;

Conforter le déploiement des missions européennes

34.

reconnaît la valeur ajoutée que peuvent apporter les missions européennes en se focalisant sur des défis clairs pour lesquels des solutions concrètes doivent être soutenues, en privilégiant une approche plus transversale et multiprogramme;

35.

propose qu’aucune nouvelle mission ne soit déployée tant qu’une évaluation complète des missions actuelles n’a pas été effectuée;

36.

regrette toutefois que leur mise en œuvre et les structures en place manquent de coordination entre les différents niveaux de gouvernement, ainsi que d’incitations en faveur de l’implication cruciale du secteur privé et des citoyens, et regrette l’absence de vision stratégique dans la mobilisation des programmes de l’Union pour financer la réussite de ces missions;

37.

déplore, à ce titre, que les villes et les régions ne soient pas davantage associées à la gouvernance de ces missions, alors qu’elles sont un niveau d’action indispensable pour l’engagement des citoyens et plus largement de la société civile dans leur mise en œuvre; estime qu’il serait dès lors nécessaire de ménager de réelles possibilités pour la participation des collectivités régionales et locales;

38.

propose que soient mis en place dans chaque mission des éléments de gouvernance communs à même, d’une part, d’améliorer la participation des territoires à leur mise en œuvre (par exemple par le biais de groupes miroir constitués de villes et de régions) et d’autre part, de donner un leadership politique fort à leur exécution, par exemple en les plaçant sous la responsabilité des membres de la Commission européenne capables de porter cette approche globale;

39.

insiste pour que les missions européennes fassent l’objet d’une programmation multiannuelle et multiprogramme plus ambitieuse, de sorte à financer une R&I qui produit véritablement les effets utiles nécessaires pour atteindre leurs objectifs;

Renforcer l’approche citoyenne

40.

soutient que la réussite du PC dépend de sa capacité à associer les citoyens à sa mise en œuvre afin de faciliter l’adoption de ses résultats dans la société civile, un objectif pour lequel les villes et les régions sont des partenaires incontournables; souligne toute l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’inclusion des femmes et des groupes sous-représentés dans tous les aspects de la recherche et de l’innovation;

41.

déplore que la R&I dans le secteur public constitue un domaine de recherche très marginal au sein du PC alors que l’innovation dans les politiques publiques est un facteur de succès indéniable pour développer et déployer les meilleures connaissances et innovations dans l’UE, et demande donc que la programmation stratégique fixe davantage d’objectifs en la matière, notamment en ce qui concerne les questions de numérisation des services publics, les défis environnementaux et climatiques, y compris ceux liés à l’énergie et à la mobilité, ainsi que la santé;

42.

recommande que le concept de science citoyenne soit diffusé aussi largement que possible dans le prochain PC en intégrant cette approche autant dans la phase d’exécution des projets que dans leur phase d’exploitation;

43.

propose d’encourager plus vigoureusement des instruments d’innovation publique tels que les marchés publics axés sur l’innovation et les espaces d’expérimentation, en particulier au niveau municipal, au regard de leur capacité de dynamiser l’ensemble du système de R&I autour de défis d’intérêt commun;

44.

invite, dans ce cadre, à concevoir de nouvelles formes d’action à tester en coopération avec les villes et les régions, en s’inspirant par exemple du système de coupons du «laboratoire du nouveau Bauhaus européen» promu par le CdR;

Élargir la participation au PC en privilégiant une approche territorialisée

45.

considère que le PC alloue une part très limitée de son budget à un programme spécifique consacré à l’élargissement de la participation dans les pays moins performants, en dépit du fait qu’«élargir la participation» contribue in fine à «renforcer l’EER»;

46.

constate que ce programme ne rend pas compte de la réalité de l’excellence de la recherche au niveau régional, ce qui ciblerait pourtant plus efficacement les écosystèmes d’innovation qu’il convient de soutenir davantage;

47.

note que le programme «Écosystèmes d’innovation européens» utilise avec succès le tableau de bord européen de l’innovation régionale (RIS) comme référentiel utile à l’amélioration de la participation des régions les moins avancées en matière de R&I, et considère qu’il est très positif que ce programme soit poursuivi et que le rôle des villes y soit renforcé, sachant qu’il n’était pas suffisamment important jusque-là;

48.

propose, au vu de ce qui précède, d’utiliser le même référentiel (RIS) pour mettre en œuvre les actions d’élargissement de la participation aux niveaux régional et local en prenant mieux en compte les besoins spécifiques et les capacités d’innovation des différentes régions;

Le programme-cadre comme accélérateur des carrières universitaires et de formation aux compétences de demain

49.

rappelle que l’Union intègre pleinement l’excellence de l’enseignement supérieur comme l’une des actions de son agenda politique pour y parvenir, et qu’il s’agit d’un vecteur essentiel de développement des carrières universitaires et de construction de compétences qui seront demain nécessaires à la maîtrise des technologies émergentes;

50.

considère que le PC peut jouer un rôle bénéfique contre la fuite des cerveaux en maintenant des ressources appropriées aux outils de financements de recherche collaborative ainsi qu’aux dispositifs de financements individuels (tels que l’ERC et l’EIC);

51.

propose que le prochain PC intègre dans sa programmation stratégique les efforts d’investissement dans la formation et les compétences et les actions d’autres programmes tels qu’Erasmus+ pour que les résultats générés par le PC puissent être exploités optimalement grâce à un développement adéquat du capital humain dans les territoires;

52.

souhaite davantage de synergies entre le PC et les alliances d’universités européennes;

C) Ressources et synergies avec les autres programmes européens

Pour une dotation ambitieuse du programme-cadre pour maintenir l’UE parmi les leaders de l’innovation

53.

constate que le budget du PC est sous-dimensionné de manière croissante et inquiétante, à l’image d’Horizon 2020 auquel il manquait 159 milliards d’EUR supplémentaires pour financer toutes les propositions de projets répondant aux critères de qualité du programme;

54.

rappelle que les États membres ont souscrit à l’objectif de Barcelone, qui prévoit que, dans leur ensemble, ils doivent mener des activités de recherche et développement à hauteur de 3 % du PIB, en mobilisant des fonds et des investissements tant privés que publics (2); demande, à cet égard, que l’Europe insiste sur l’importance de cet objectif et que le budget du PC soit cantonné, c’est-à-dire à l’abri d’ajustements au profit d’autres programmes et initiatives européennes stratégiques, et mieux articulé avec les fonds de la future politique de cohésion;

55.

propose que le prochain PC intègre pleinement dans sa programmation stratégique le développement de synergies et le principe de mise en commun de ressources avec d’autres programmes européens (notamment ceux ayant trait à la politique de cohésion), nationaux et locaux sur ses futures grandes priorités pour pivoter d’une approche réactive à une approche proactive lorsqu’il s’agit de mettre en place les prochaines initiatives scientifiques et technologiques majeures de l’Union;

Inscrire le programme-cadre dans le cadre d’une programmation multifonds et de long terme

56.

constate que malgré des progrès notables en matière d’aménagements pour la mise en place de synergies interfonds, la combinaison des fonds européens soutenant la R&I demeure un réel défi pour les participants et les autorités de gestion de ces programmes; souligne qu’à cette fin, il est nécessaire de refondre et d’intensifier les programmes de coopération territoriale, en particulier leur volet interrégional, car ils sont les mieux placés pour établir le lien entre le PC et la politique de cohésion et pour relier les chaînes de valeur industrielles régionales, en particulier entre les acteurs des régions les plus développées et celles qui sont encore en convergence;

57.

regrette qu’il n’existe pas de programmation multiannuelle de la R&I multiprogramme qui pourrait faire apparaître les synergies possibles sur le long terme, ni suffisamment d’assistance technique pour les réaliser; propose que soit mis en place un cadre spécifique pluriannuel de programmation à l’intention des régions moins développées, lequel permettrait d’améliorer la planification à long terme et de favoriser l’intégration de ces régions dans des stratégies d’innovation plus larges de l’Union européenne, et de remédier ce faisant aux disparités en matière de financement et d’aide;

58.

propose d’instaurer la structure nécessaire à cette programmation multiannuelle multifonds dans le futur cadre financier pluriannuel, afin d’offrir un dispositif opérationnel propice à la mise en commun de ressources, pensées dès la conception des programmes et sur un long terme; à cet égard, il convient de considérer comme positives les possibilités d’interconnexions, et non de chevauchements, dans l’utilisation des fonds, garantes d’une meilleure adaptabilité aux niveaux local et régional;

59.

insiste particulièrement sur la nécessité de créer des interfaces plus efficaces entre le PC et la politique de cohésion, en tirant parti du programme I3 et en veillant à ce que la plateforme de technologies stratégiques pour l’Europe (STEP) ne conduise pas à une concentration des technologies critiques ciblées dans les mêmes zones, ce afin d’investir massivement dans les chaînes de valeur les plus excellentes de l’UE, soutenues par une spécialisation intelligente des territoires les accueillant;

60.

propose d’utiliser les résultats de l’analyse des données et les conclusions du tableau de bord de l’UE sur les investissements en R&D industrielle, du tableau de bord de l’innovation régionale de l’Union et des feuilles de route pour les technologies industrielles de l’EER afin de mieux placer l’Union dans la «compétition mondiale des technologies» en comprenant mieux les besoins d’investissement en vue d’accélérer les investissements publics et privés de R&I européens dans les technologies émergentes neutres pour le climat;

61.

préconise davantage de souplesse dans l’application des règles de mise en œuvre des différents programmes européens, de sorte que, là où cela est opportun, des règles de participation uniques soient appliquées à l’entièreté d’un projet financé par plusieurs programmes différents;

62.

demande, pour faciliter la combinaison des fonds, que le PC généralise la possibilité donnée aux candidats de donner leur consentement à leur point de contact national (PCN) pour être accompagnés dans leur recherche de ressources supplémentaires ou alternatives pour leur projet, en coopération avec leurs interlocuteurs locaux tels que les régions.

Bruxelles, le 9 octobre 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Avis du Comité européen des régions — La dimension locale et régionale du programme Horizon 2020 et le nouveau programme-cadre de recherche et d’innovation ( JO C 342 du 12.10.2017, p. 1 ), Avis du Comité européen des régions — Horizon Europe: le neuvième programme-cadre pour la recherche et l’innovation ( JO C 461 du 21.12.2018, p. 79 ), Avis du Comité européen des régions sur le thème «Vers une approche politique intégrée de l’Union pour soutenir l’innovation territorialisée aux fins de la transition écologique et numérique» ( JO C, C/2024/1978, 18.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1978/oj ).

(2) Conclusions de la présidence — Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/7065/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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