COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.6.2024
JOIN(2024) 20 final
RAPPORT CONJOINT AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Région administrative spéciale de Hong Kong
Rapport annuel 2023
| CELEX | 52024JC0020 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | jeudi 13 juin 2024 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.6.2024
JOIN(2024) 20 final
RAPPORT CONJOINT AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Région administrative spéciale de Hong Kong
Rapport annuel 2023
RAPPORT CONJOINT AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
RÉGION ADMINISTRATIVE SPÉCIALE DE HONG KONG:
RAPPORT ANNUEL 2023
Synthèse
Depuis la rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine (RPC) en 1997, l’Union européenne (UE) et ses États membres suivent de près l’évolution de la situation politique et économique dans la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong.
Afin de respecter l’engagement pris en 1997 à l’égard du Parlement européen, la Commission et le haut représentant/vice-président publient un rapport annuel sur l’évolution de la situation à Hong Kong. Au fil des ans, l’accent a été mis sur la mise en œuvre du principe «un pays, deux systèmes» et sur l’autonomie de Hong Kong, comme le prévoit la loi fondamentale.
Le présent document, qui constitue le 26e rapport, porte sur l’année 2023. L’année a été marquée par: i) une réforme électorale des conseils de districts et les premières élections après sa mise en œuvre, ce qui a entraîné un nouveau recul du pluralisme politique à Hong Kong; ii) une attention constante accordée à la sécurité nationale pendant la troisième année suivant l’institution de la loi sur la sécurité nationale; et iii) un élan en faveur de la normalisation des relations économiques après la fin des restrictions de déplacement liées à la COVID-19. L’érosion de l’autonomie de Hong Kong ainsi que des libertés et des droits fondamentaux, censés être protégés au moins jusqu’en 2047, s’est poursuivie. En 2023, des décisions de justice ont également été rendues en faveur de la promotion des droits des personnes LGBTI+.
Les procès intentés, en vertu de la loi sur la sécurité nationale et de la législation connexe, contre des militants, des défenseurs et des responsables politiques prodémocratie se sont poursuivis et ont connu, pour certains, des retards considérables. Les audiences du procès intenté au nom de la sécurité nationale contre les 47 militants prodémocratie qui avaient participé à des élections primaires ont débuté en février 2023 et se sont clôturées début décembre 2023. Un verdict est attendu pour le printemps 2024. Le procès Stand News, intenté, en vertu de la loi relative à la sédition datant de l’époque coloniale, à l’encontre de deux anciens rédacteurs en chef du média indépendant dissous, a été interrompu en novembre 2023 et reporté au printemps 2024. Le procès intenté au nom de la sécurité nationale contre Jimmy Lai, patron de médias et militant prodémocratie, a débuté le 18 décembre 2023. Les dates des audiences du procès intenté contre l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements démocratiques patriotiques de Chine, dont fait partie la célèbre militante Chow Hang-tung, n’avaient pas encore été annoncées à la fin de l’année 2023. De nombreux prévenus se trouvent en détention depuis mars 2021, et parfois en isolement cellulaire.
Dans le cadre d’une application extraterritoriale de la loi sur la sécurité nationale, les autorités de Hong Kong ont émis à deux reprises des mandats d’arrêt contre des militants prodémocratie de Hong Kong en exil. À Hong Kong, des proches et d’autres contacts de militants recherchés ont ensuite été interrogés par la police.
Bien que la liberté de l’internet soit globalement maintenue à Hong Kong, les autorités ont continué de bloquer des contenus en ligne jugés sensibles, tels que le site web de Hong Kong Watch, une organisation non gouvernementale de défense d’intérêts établie à Londres.
Ces évolutions continuent de saper la confiance dans l’État de droit à Hong Kong.
L’UE a exprimé des préoccupations, en public et lors d’échanges individuels, concernant l’évolution de la situation à Hong Kong.
Le haut représentant/vice-président a mis en ligne sur X (anciennement Twitter) la publication suivante concernant Hong Kong:
ü5 juillet — Publication relative au mandat d’arrêt émis à l’encontre de huit militants 1 .
La porte-parole de l’UE a effectué des déclarations concernant Hong Kong, couvrant les questions suivantes:
ü6 juillet — Déclaration de la porte-parole sur les modifications apportées au système électoral des conseils de district 2 ;
ü18 décembre — Déclaration de la porte-parole concernant l’ouverture du procès intenté au nom de la sécurité nationale contre Jimmy Lai 3 .
Les publications de la porte-parole de l’UE sur X (anciennement Twitter) concernant Hong Kong ont couvert les questions suivantes:
ü11 mars — Publication sur la condamnation des organisateurs de la veillée du 4 juin pour non-respect d’un avis de la police de sécurité nationale 4 ;
ü11 décembre — Publication relative à l’élection des conseils de district 5 .
Lors de la 38e session du dialogue UE-Chine concernant les droits de l’homme, qui s’est tenue le 17 février à Bruxelles 6 , l’UE a fait part de ses préoccupations quant à la détérioration des droits à la liberté de réunion pacifique, à la liberté d’association et à la liberté d’expression à Hong Kong.
Le 15 juin, le Parlement européen a adopté une résolution sur la détérioration des libertés fondamentales à Hong Kong, notamment le cas de Jimmy Lai 7 . Dans cette résolution, il s’est déclaré «préoccupé par l’application extraterritoriale de la loi sur la sécurité nationale».
Lors du sommet UE-Chine qui s’est tenu le 7 décembre à Pékin, les dirigeants de l’UE ont fait part de leurs préoccupations quant à l’évolution de la situation à Hong Kong.
L’économie de Hong Kong a connu une croissance de 3,2 % en 2023. Cette évolution fait suite à quatre années de croissance essentiellement négative (- 1,7 % en 2019, - 6,5 % en 2020 et - 3,5 % en 2022). Toutefois, même en prenant en considération la croissance enregistrée en 2023, l’économie de Hong Kong s’est maintenue à un niveau inférieur à celui de 2018 (en tenant compte de l’inflation). En 2023, l’inflation est restée maîtrisée, s’établissant à 2,1 %.
En ce qui concerne l’emploi, le retour aux niveaux enregistrés avant la COVID-19 a été confirmé, avec un taux de chômage de l’ordre de 3 % au cours de l’année. En 2022 (dernières données disponibles), la RAS était la septième économie commerciale au monde (2022, statistiques de Hong Kong et données de l’OMC) 8 . Pendant les dix premiers mois de 2023, l’UE a été le troisième partenaire commercial de Hong Kong, après la Chine continentale et Taïwan.
Évolution de la situation liée à la COVID-19
Les autorités ont levé les dernières restrictions de déplacement liées à la COVID-19 en février 2023. Les mesures strictes adoptées en réaction à la pandémie de COVID-19 en 2020 (dont trois semaines de quarantaine pour les voyageurs entrants) avaient isolé de fait Hong Kong du reste du monde.
I.Évolution politique et sociale
Élections ordinaires des conseils de district
Lors des élections des conseils de district qui ont eu lieu le 10 décembre, le taux de participation dans les circonscriptions élues au suffrage direct a été historiquement bas: 27,54 %, contre 71,23 % en 2019. À la suite de l’institution de la loi sur la sécurité nationale en 2020 et de la réforme des procédures électorales pour l’élection du chef de l’exécutif et celle du Conseil législatif en 2021, le processus électoral pour les conseils de district a également été remanié, selon le principe politique des «patriotes gouvernant Hong Kong». En raison d’un remaniement du processus de désignation, aucun candidat prodémocratie n’a pu se présenter aux élections.
Le 2 mai, le chef de l’exécutif a annoncé un projet de réforme du système électoral des conseils de district pour le nouveau mandat débutant le 1er janvier 2024. Le 31 mai, le gouvernement de Hong Kong a présenté au Conseil législatif, pour première lecture, le projet de loi (modificative) de 2023 sur les conseils de district. Le 6 juillet, le Conseil législatif, qui, depuis sa réforme électorale de 2021, ne compte aucun représentant du camp prodémocratie, a adopté ce projet de loi à l’unanimité.
Dans le cadre nouvellement établi, le nombre total de sièges aux conseils de district a été réduit de 479 à 470, et le nombre de sièges élus au suffrage direct est passé de 452 à 88. Les membres des comités locaux, des comités de district pour la lutte contre la criminalité et des comités de district pour la protection contre les incendies — tous désignés par le gouvernement — élisent 176 sièges supplémentaires; le gouvernement désigne lui-même les 179 sièges restants. 27 sièges restent réservés d’office aux représentants autochtones.
En vertu de la loi modifiée, les candidats aux sièges pourvus par scrutin doivent obtenir trois parrainages de chacun des comités de district locaux et se soumettre à une procédure de vérification à laquelle participe le Conseil de sécurité nationale, un organe soustrait au contrôle juridictionnel, établi en 2020 par la loi sur la sécurité nationale. Ce sont des fonctionnaires, et non des conseillers de district élus, qui assument les fonctions de président dans chacun des 18 conseils de district, conformément au principe de «gouvernement dirigé par l’exécutif». Le 12 octobre, le gouvernement a annoncé la composition du comité d’examen de l’éligibilité des conseils de district, un nouvel organe de vérification institué par le projet de loi (modificative) de 2023 sur les conseils de district.
Au cours de la période de sélection des candidats à l’élection, qui s’est déroulée du 17 au 30 octobre, des personnalités politiques des camps pro-Pékin et prodémocratie ont signalé rencontrer des difficultés pour obtenir suffisamment de parrainages. Au final, aucun candidat du parti démocratique ne remplissait les critères requis pour se présenter aux élections. L’opposition prodémocratie est désormais exclue de fait à la fois du Conseil législatif et des conseils de district.
Le 9 novembre, le comité de vérification a confirmé la désignation de 399 candidats, déclarant qu’ils satisfaisaient tous aux exigences et aux conditions légales permettant de respecter la loi fondamentale et de prêter allégeance à la région administrative spéciale de la République populaire de Chine. Le 1er décembre, dans une affaire de contrôle juridictionnel, la Haute Cour a jugé que l’exigence relative aux parrainages ne constituait pas une restriction excessive au droit constitutionnel de se présenter aux élections.
Le jour de l’élection, le 10 décembre, la commission des affaires électorales a annoncé que la période de vote serait prolongée d’une heure et demie en raison d’un problème technique au niveau du système électronique de registre électoral. Les agents des services répressifs ont arrêté six personnes au motif qu’elles en auraient incité d’autres à voter blanc; au moins l’une d’entre elles a été inculpée et libérée sous caution.
Si le taux de participation pour les sièges élus au suffrage direct (circonscription géographique) a été historiquement bas, le taux de participation pour les sièges élus au suffrage indirect (circonscription des comités de district) s’est élevé à 96,92 %, soit environ 2 454 voix admissibles. Le 12 décembre, le gouvernement a annoncé le nom des 179 membres désignés pour les nouveaux conseils de district.
Sécurité nationale et patriotisme
La sécurité nationale est restée une priorité absolue pour les autorités de Hong Kong tout au long de l’année 2023. Le gouvernement a poursuivi ses efforts en vue d’élaborer une législation, comme le prévoit l’article 23 de la loi fondamentale 9 , élargissant la liste des infractions liées à la sécurité nationale, actuellement au nombre de quatre au titre de la loi sur la sécurité nationale 10 . Le 17 janvier, le chef de l’exécutif a déclaré que la nouvelle loi ciblerait les activités d’espionnage ainsi que les «organisations déguisées» et couvrirait les nouveaux médias et les nouvelles technologies. Le 25 octobre, le chef de l’exécutif a annoncé dans son discours annuel de politique générale que, d’ici la fin de 2024, le gouvernement achèverait le processus législatif au titre de l’article 23.
Le chef de l’exécutif a continué d’appeler à la «vigilance» face à la «résistance douce», notamment dans son discours prononcé le 1er juillet lors de la réception organisée à l’occasion du 26e anniversaire de la création de la région administrative spéciale de Hong Kong. La notion de «résistance douce» n’a pas été définie ni expliquée plus avant; la prudence et l’autocensure largement répandues au sein de la société hongkongaise s’en trouvent dès lors renforcées.
Le gouvernement de Hong Kong a également mis davantage l’accent sur l’éducation patriotique. Après la reprise des déplacements sans quarantaine imposée entre Hong Kong et le continent, un premier groupe d’environ 200 élèves de l’enseignement secondaire s’est rendu sur le continent le 3 avril, se pliant ainsi à une exigence du programme scolaire obligatoire intitulé «Citoyenneté et développement social», qui remplace les cours de sciences humaines depuis 2021.
Le 24 octobre, le comité permanent du Congrès national du peuple à Pékin a adopté la loi sur l’éducation patriotique. Dans son discours annuel de politique générale, le chef de l’exécutif s’est engagé à promouvoir l’éducation patriotique à Hong Kong. Moins d’un mois plus tard, le 23 novembre, le bureau de l’éducation a dévoilé un nouveau cadre pédagogique d’enseignement des sciences humaines pour les écoles primaires. Le principe directeur qui a guidé l’élaboration de cette nouvelle matière, qui devrait être enseignée dès l’année académique 2024-2025, était la volonté de «s’aligner sur l’orientation nationale de l’éducation patriotique».
Le 15 novembre, le Conseil législatif a adopté le projet de loi (modificative) de 2023 sur le drapeau régional et l’emblème régional, qui vise à «mieux préserver la dignité» de ces deux symboles officiels. Les utilisations inappropriées de ces deux symboles sont énumérées dans le projet de loi et le secrétaire à l’éducation y est chargé de les inclure au programme d’enseignement primaire et secondaire.
L’espace dévolu aux voix pluralistes à Hong Kong s’est encore rétréci en 2023. Le parti démocratique, autrefois le plus grand groupe politique prodémocratie, n’est pas parvenu à organiser de campagnes de collecte de fonds en février, mars et septembre, car au moins cinq des prestataires qui devaient mettre les lieux à disposition ont annulé à la dernière minute. Le 14 novembre, le gouvernement a refusé d’accéder à une demande du parti, qui souhaitait tenir un stand lors du marché annuel du Nouvel an lunaire. Le parti civique, un groupe politique fondé en 2006, a été dissous le 27 mai. Ce groupe comptait autrefois le deuxième plus grand nombre de législateurs prodémocratie au sein du Conseil législatif. Cette décision est intervenue car aucun membre n’a accepté d’occuper un poste au sein de son comité exécutif.
Les militants et les responsables politiques ont continué de quitter Hong Kong. Le 3 décembre, la militante Agnes Chow, qui avait été arrêtée en août 2020 puis libérée sous caution et étudiait au Canada, a annoncé qu’elle ne retournerait pas à Hong Kong pour se présenter à la police. Le 27 décembre, le militant Tony Chung, qui avait tenté de demander l’asile politique au consulat des États-Unis à Hong Kong en 2020, a annoncé qu’il était arrivé au Royaume-Uni et qu’il prévoyait d’y demander l’asile. Chung a été condamné pour sécession en vertu de la loi sur la sécurité nationale et a écopé d’une peine de 43 mois de prison.
Le 19 octobre, la Haute Cour a rejeté le recours juridictionnel introduit au sujet de la mise à la retraite forcée d’un fonctionnaire. Ce fonctionnaire n’avait pas présenté de déclaration signée prêtant allégeance à la Région administrative spéciale dans les délais impartis.
Le 13 décembre, le gouvernement a lancé le processus de consultation visant à mettre à jour le code de la fonction publique, qui s’applique à plus de 180 000 fonctionnaires. Dans le projet de révision, non seulement il est rappelé aux fonctionnaires publics de faire preuve de prudence lorsqu’ils expriment leur opinion sur les politiques gouvernementales, mais aussi la portée de leur devoir de loyauté a été élargie afin que ce devoir s’applique également au gouvernement populaire central de la République populaire de Chine à Pékin. Le gouvernement a également exigé de tous les fonctionnaires qu’ils suivent une formation sur la sécurité nationale.
Mise en œuvre de la législation sur la sécurité nationale
Le 30 juin a marqué le troisième anniversaire de l’institution de la loi sur la sécurité nationale. Selon le bureau du secrétaire à la sécurité, au 29 décembre 2023, 290 personnes avaient été arrêtées en vertu de la loi sur la sécurité nationale et des dispositions connexes, avec un taux de condamnation de 100 %. En mars, le gouvernement de Hong Kong a alloué 5 milliards de HKD supplémentaires (soit 590 millions d’EUR) au «fonds spécial» consacré à la sauvegarde de la sécurité nationale.
En 2023, les autorités de Hong Kong ont, pour la première fois, publié une liste de personnes recherchées ciblant des individus résidant à l’étranger, y compris des ressortissants étrangers, mettant ainsi en œuvre la loi sur la sécurité nationale en dehors du territoire de Hong Kong. Le 3 juillet, la police de sécurité nationale a proposé des primes s’élevant à 1 million de HKD (118 000 EUR) chacune pour la capture de huit militants exilés de leur propre gré, accusés de collusion avec un pays étranger ou des éléments extérieurs. Le lendemain, le chef de l’exécutif a déclaré que ces huit personnes seraient «poursuivies à vie».
L’annonce de ces primes à la capture a eu l’effet d’une vague à Hong Kong. Le 5 juillet, la police de sécurité nationale a arrêté quatre membres du groupe politique Demosisto, aujourd’hui démantelé, pour avoir levé des fonds afin de soutenir des activités «anti-Chine» à l’étranger. Le 6 juillet, la Law Society et l’ordre des avocats ont déclaré avoir ouvert des enquêtes à l’encontre de deux de leurs membres vivant à l’étranger. À ce jour, la police a arrêté, pour les interroger, au moins 26 personnes parmi les membres de la famille et les amis des huit militants recherchés.
Le 14 décembre, la police a publié une deuxième liste de personnes recherchées sur laquelle figurait le nom de cinq militants volontairement exilés, accusés d’incitation à la sécession, d’incitation à la subversion et de collusion avec un pays étranger ou avec des éléments extérieurs, et proposé une prime de 1 million de HKD (soit 118 000 EUR) pour la capture de chacun d’entre eux. Au 31 décembre, aucune personne figurant sur ces listes de personnes recherchées n’avait été extradée vers Hong Kong.
Les autorités de Hong Kong ont également étendu la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale à d’autres domaines. À titre d’exemple, le gouvernement a ajouté des clauses de sécurité nationale applicables aux ventes aux enchères de terres et exigera des chaînes de télévision et de radio gratuites qu’elles diffusent au moins 30 minutes hebdomadaires de programmes consacrés à la loi sur la sécurité nationale une fois arrivé le moment du réexamen à mi-parcours de leurs licences d’exploitation. Le gouvernement a également mis en place de nouveaux moyens permettant aux personnes fréquentant les bibliothèques de signaler les ouvrages jugés inappropriés ou mettant en danger la sécurité nationale.
Le 15 décembre, le gouvernement a modifié pour la première fois ses orientations pour la mise en œuvre de l’article 43 de la loi sur la sécurité nationale, qui régit les mesures répressives applicables. Cette modification habilite le secrétaire à la sécurité à geler les avoirs des suspects et des prévenus impliqués dans des affaires portant sur la sécurité nationale jusqu’à ce que toutes les procédures judiciaires les concernant aient pris fin, supprimant ainsi la durée maximale du gel des avoirs qui était jusque-là fixée à deux ans, sauf prorogation autorisée par la Haute Cour.
Les procédures judiciaires relatives aux procès intentés au titre de la loi sur la sécurité nationale et de la loi relative à la sédition datant de l’époque coloniale se sont poursuivies, avec toutefois des retards considérables. De nombreux prévenus se trouvent en détention depuis mars 2021, et parfois en isolement cellulaire.
Lors du procès de masse des 47 députés et militants prodémocratie qui avaient participé à des élections primaires en 2020, le procureur a accusé les prévenus de «complot en vue de commettre des actes de subversion» en vertu de la loi sur la sécurité nationale. La peine maximale est l’emprisonnement à perpétuité. De tous les procès intentés en vertu de la loi sur la sécurité nationale, il s’agit là de celui qui compte le plus grand nombre de prévenus. Au total, 16 des prévenus ont plaidé non coupables. La plupart des prévenus s’étant vu refuser la mise en liberté sous caution par le tribunal en mars 2021, nombre d’entre eux se trouvent toujours en détention depuis lors. Le procès a débuté le 6 février et a duré 118 jours, dépassant les 90 jours initialement prévus. Les dernières déclarations se sont achevées le 4 décembre. Il a été annoncé que le verdict serait rendu dans un délai de trois à quatre mois à compter de cette date.
La procédure intentée en vertu de la loi sur la sécurité nationale contre l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques de Chine (ci-après l’«Alliance») est entrée dans sa phase judiciaire. Toutefois, au 31 décembre 2023, la Haute Cour n’avait pas encore annoncé de date pour le début des audiences. Ce groupe issu de la société civile avait organisé la veillée annuelle aux chandelles pour commémorer la répression de Tian’anmen en 1989. Le procureur a accusé l’Alliance et ses principaux membres d’incitation à la subversion. La peine maximale est l’emprisonnement à perpétuité.
Dans un avis publié le 1er mai, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a qualifié d’«arbitraire» l’arrestation et la détention de Chow Hang-tung, l’un des principaux membres de l’Alliance 11 . Le 12 décembre, les ministères allemand et français des affaires étrangères ont décerné à Chow le «Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit». Le 21 décembre, Chow Hang-tung a introduit pour la 16e fois une demande de libération sous caution, qui a été rejetée. Elle a été placée à plusieurs reprises en isolement cellulaire prolongé.
Le procès intenté, en vertu de la loi sur la sécurité nationale et de la loi relative à la sédition, contre Jimmy Lai, patron de médias et militant prodémocratie, a débuté le 18 décembre. Comparaissent également à ses côtés six anciens journalistes du quotidien Apple Daily, aujourd’hui disparu, qui ont plaidé coupables en novembre 2022, et trois sociétés liées à Apple Daily. Le parquet a retenu contre Lai et les autres prévenus deux chefs d’accusation en vertu de la loi sur la sécurité nationale («conspiration en vue de commettre une collusion avec un pays étranger ou avec des éléments extérieurs dans le but de mettre en péril la sécurité nationale») et un chef d’accusation au titre de la loi relative à la sédition datant de l’époque coloniale («conspiration en vue d’imprimer, de publier, de vendre, d’offrir à la vente, de distribuer, d’exposer et/ou de reproduire des publications séditieuses»). La peine maximale prévue par la loi sur la sécurité nationale est l’emprisonnement à perpétuité. Le procès, qui devait durer 83 jours, a été reporté à deux reprises: une première fois du 1er décembre 2022 au 25 septembre 2023, et enfin au 18 décembre 2023.
En 2023, Jimmy Lai a introduit trois recours en justice contre ce procès; il les a tous perdus. Entre février et avril, Lai a introduit deux actions en justice visant à pouvoir être représenté dans ce procès par son avocat établi au Royaume-Uni et à obtenir l’annulation du rejet de la demande de visa de travail introduite par ce dernier. Le 19 mai, la Haute Cour a rejeté les deux actions. Le 29 mai, la Haute Cour a rejeté l’action en justice intentée par Lai en vue de mettre fin à son procès pour cause d’injustice, en invoquant l’absence de jury et le fait que les juges du procès avaient été choisis de manière partiale. Le 19 juin, la Cour a bloqué le recours de Lai contre le mandat de perquisition délivré en vue d’accéder à son téléphone. Le 22 décembre, la Cour a rejeté l’allégation des conseillers juridiques de Lai selon laquelle le chef d’accusation relatif à la sédition avait été prononcé au-delà du délai de six mois prévu par la loi. L’affaire a ensuite été reportée au 2 janvier 2024.
Le 26 septembre a marqué le 1 000e jour d’emprisonnement de Jimmy Lai. Son procès a continué d’attirer l’attention de la communauté internationale. Dans une lettre datée du 16 mai 2023, plus de 100 éditeurs, rédacteurs en chef et directeurs de publication issus de 42 pays ont signé une déclaration commune rédigée par Reporters sans frontières afin d’exprimer leur soutien à Jimmy Lai 12 . Dans une pétition datée du 1er novembre, 10 dignitaires de l’Église catholique établis à l’étranger ont demandé sa libération 13 .
Lors du procès intenté au titre de la loi sur la sécurité nationale contre Joseph John, également connu sous le nom de Wong Kin-chung, ressortissant portugais et résident du Royaume-Uni, Joseph John a été inculpé pour «complot visant à inciter à la sécession». La peine maximale est de dix ans d’emprisonnement.
Le 10 août, la police a arrêté dix personnes, accusées de collusion avec le Fonds d’aide humanitaire 612, qui avait offert son aide aux manifestants impliqués dans les mouvements de contestation contre le projet de loi sur l’extradition en 2019. Le secrétariat du Fonds a cessé ses activités en octobre 2021.
Le 12 octobre, le Conseil privé du Royaume-Uni a jugé, dans le cadre d’une affaire ouverte en République de Trinité-et-Tobago, que les infractions de sédition devaient comporter une intention d’inciter à la violence ou au trouble de l’ordre public. Afin de prendre cette décision en considération, le juge présidant au procès pour sédition intenté contre le média en ligne Stand News, aujourd’hui disparu, a annoncé que le jugement ne serait rendu qu’en avril 2024. Le procès intenté contre deux anciens journalistes de ce média accusés d’avoir publié des articles séditieux devait s’achever en novembre 2023.
Le 3 novembre, le tribunal de première instance de West Kowloon a condamné une étudiante de 23 ans à deux mois de prison pour avoir «incité à la sécession» après qu’elle eut plaidé coupable. Parmi les éléments de preuve figuraient des publications effectuées par l’étudiante sur les réseaux sociaux pendant ses études au Japon, ce qui a soulevé des préoccupations quant à l’application extraterritoriale de la loi sur la sécurité nationale. L’étudiante a été arrêtée après être rentrée à Hong Kong en mars pour renouveler sa carte d’identité.
Le 17 avril, la Haute Cour a condamné le militant Joshua Wong à trois mois de prison pour avoir divulgué sur l’internet des données à caractère personnel appartenant à un agent de police.
Les procédures judiciaires relatives aux manifestations de 2019 se sont poursuivies en 2023. Le 11 avril, l’administrateur judiciaire a informé le Conseil législatif du fait qu’environ 90 % des affaires liées aux manifestations de 2019, dont le nombre dépasse les 2 200, et environ 80 % des quelque 170 procès intentés au nom de la sécurité nationale avaient été clôturés en janvier 2023. 6 000 personnes, principalement des jeunes, arrêtées lors des manifestations de 2019, mais n’ayant pas encore été inculpées, restent dans une situation d’incertitude quant à leur avenir.
Dans le contexte de ces procédures judiciaires, et pour la troisième année consécutive, Hong Kong a reculé dans l’indice de l’état de droit. Dans le classement établi par le World Justice Project et publié le 25 octobre, Hong Kong est passé de la 16e place en 2020 à la 23e place, sur 142 régions 14 .
En 2023, le pouvoir judiciaire de Hong Kong a continué d’adapter sa pratique juridique à la loi sur la sécurité nationale, qui prévaut sur le système de «common law» pour les questions jugées pertinentes pour la sécurité nationale. Dans un arrêt rendu le 22 août, la Cour d’appel final a jugé que le fait de plaider coupable dans des affaires graves relevant de la sécurité nationale ne pouvait plus garantir une réduction d’un tiers de la peine, comme c’était le cas auparavant. Elle a estimé, en revanche, que la sanction ne pouvait être inférieure au minimum fixé par la loi sur la sécurité nationale.
Le 9 juin, la Cour d’appel a ordonné qu’une affaire fasse l’objet d’un nouveau procès, en raison de doutes quant à la qualité du travail judiciaire. Dans son arrêt, elle a constaté que le juge de première instance qui avait présidé au procès initial avait reproduit «plus de 98 %» des observations écrites du plaignant dans son jugement. Le pouvoir judiciaire a indiqué aux médias que ce juge, qui était l’un des trois juges à avoir entendu le premier procès intenté en vertu de la loi sur la sécurité nationale en 2021, avait fait l’objet d’un blâme sévère pour ses actions de la part du président de la Cour suprême.
Le 10 mai, le Conseil législatif a adopté à l’unanimité le projet de loi (modificative) de 2023 sur les praticiens du droit, qui requiert l’approbation du chef de l’exécutif pour que des avocats étrangers puissent représenter leurs clients dans des affaires liées à la sécurité nationale. Cette modification était fondée sur l’interprétation donnée par le comité permanent du Congrès national du peuple le 30 décembre 2022. En ce qui concerne l’admission d’un avocat établi au Royaume-Uni dans l’affaire Jimmy Lai, le 28 novembre 2022, le chef de l’exécutif avait demandé pour la première fois que Pékin fournisse une interprétation de la loi sur la sécurité nationale.
Le 12 juillet, le Conseil législatif a adopté le projet de loi (modificative) de 2023 sur la procédure pénale, qui confère aux procureurs des pouvoirs supplémentaires pour faire appel des décisions d’acquittement rendues par le tribunal de première instance de la Haute Cour, tant dans les procès intentés en vertu de la loi sur la sécurité nationale, présidés par une formation de trois juges, que dans les procès non liés à cette loi, présidés par un jury.
Les relations extérieures de Hong Kong
Les relations extérieures de Hong Kong en 2023 ont été marquées par des efforts visant à diversifier les liens commerciaux et économiques avec les pays du Moyen-Orient et d’Asie du Sud-Est. En février, le chef de l’exécutif s’est rendu en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, où il a signé 13 protocoles d’accord. En juillet, sa délégation s’est rendue à Singapour, en Malaisie et en Indonésie, où elle a signé 33 protocoles d’accord. Par ailleurs, le 4 mai, la Biélorussie a ouvert un consulat général à Hong Kong.
L’émigration en provenance de Hong Kong s’est poursuivie. En 2023, le ministère britannique de l’intérieur a annoncé qu’il avait reçu, au 30 septembre, 30 300 demandes de visa de ressortissant britannique d’outre-mer. Le Royaume-Uni a reçu un total d’environ 191 000 demandes de la part de ressortissants de Hong Kong souhaitant bénéficier du régime spécial de visas pouvant ouvrir la voie à l’obtention de la citoyenneté. Le Canada et l’Australie ont continué de recevoir des demandes de visa dans le cadre des programmes d’immigration spécifiquement destinés aux résidents de Hong Kong.
Le 26 janvier, les États-Unis ont prolongé de deux ans la politique de «refuge» adoptée pour les résidents de Hong Kong, leur permettant concrètement de demeurer sur leur territoire au-delà de la date d’expiration de leur visa. Les législateurs américains ont en outre introduit la loi sur la certification du bureau économique et commercial de Hong Kong (Hong Kong Economic and Trade Office Certification Act), la loi sur la sauvegarde de la liberté de l’internet à Hong Kong (Safeguarding Internet Freedom in Hong Kong Act) et la loi sur les sanctions prises à Hong Kong (Hong Kong Sanctions Act). Le 14 décembre, le Congrès américain a adopté la loi de 2024 relative au budget de défense nationale (National Defense Authorization Act) inscrivant la République populaire de Chine, y compris Hong Kong, sur la liste des «adversaires étrangers», au même titre que Cuba, l’Iran, la Corée du Nord, la Russie et le Venezuela.
La Finlande a accordé le statut de réfugié à un ressortissant de Hong Kong pour la première fois en 2022.
Levée des restrictions liées à la pandémie de COVID-19
Le 8 janvier, le gouvernement a rouvert quatre postes de contrôle frontaliers pour le continent et Macao, avec un quota journalier de 50 000 passages. Le même jour, le système «LeaveHomeSafe» utilisé pour suivre les déplacements de ses utilisateurs a cessé de fonctionner. Le 6 février, le gouvernement a rouvert tous les postes de contrôle et supprimé le quota journalier ainsi que les obligations en matière de dépistage de la COVID-19. Le 1er mars, le gouvernement a levé l’obligation de port du masque.
Droits, libertés et égalité des chances
Les 15 et 16 février, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies a examiné le quatrième rapport périodique de Hong Kong sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Par la suite, le 22 mars, le Comité a publié ses observations finales 15 , en demandant instamment à Hong Kong de revoir la loi sur la sécurité nationale afin de «garantir pleinement l’indépendance du pouvoir judiciaire, et de veiller à ce que la législation sur la sécurité nationale ne soit pas utilisée de manière arbitraire pour entraver la justice». Il a également invité Hong Kong à «faire en sorte que les défenseurs des droits de l’homme, y compris ceux qui œuvrent à la protection des droits économiques, sociaux et culturels, les acteurs de la société civile, les journalistes et les avocats travaillant sur les droits de l’homme bénéficient immédiatement de toutes les garanties d’une procédure régulière».
L’une des 38 contributions présentées par des organisations de la société civile dans le cadre de la préparation du processus de réexamen contenait des modifications apportées par le bureau des affaires constitutionnelles et continentales du gouvernement de Hong Kong. Le bureau a déclaré ultérieurement qu’il avait uniquement conseillé l’ONG en question sur la présentation des documents. Aucune des 20 organisations s’étant exprimées en faveur de la loi sur la sécurité nationale n’avait déposé d’observations au cours du précédent processus de réexamen, neuf ans auparavant.
Le 12 mai, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a examiné le quatrième rapport périodique de Hong Kong sur la mise en œuvre de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Le 31 mars, il a publié ses observations finales 16 . Le Comité a recommandé à Hong Kong «de prendre en considération l’importance primordiale du droit de réunion pacifique et de ne pas accorder une priorité excessive aux questions d’ordre public et de sécurité lorsqu’il s’agit d’envisager des restrictions à des manifestations démocratiques telles que la Marche annuelle pour les droits des travailleurs et des femmes et l’égalité des genres».
Le 17 mars, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire et plusieurs rapporteurs spéciaux sur les droits de l’homme ont exprimé leurs vives préoccupations au sujet de l’arrestation de Jimmy Lai, de sa détention et des multiples procédures le visant (ainsi que de la fermeture forcée du média d’actualités Apple Daily), vraisemblablement liées, selon eux, aux critiques émises par Lai à l’égard du gouvernement chinois et à son soutien en faveur de la démocratie à Hong Kong 17 . Le 19 avril, le rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats a fait part de ses inquiétudes quant à certaines dispositions prévues au titre de la loi sur la sécurité nationale, aux modifications apportées au régime d’aide juridictionnelle et à la modification du projet de loi sur les praticiens du droit 18 . Le 25 juillet, cinq rapporteurs spéciaux des Nations unies ont déclaré que les règlementations proposées au sujet des activités de financement participatif risquaient d’entraîner la violation de certains droits et libertés fondamentaux consacrés par le droit international 19 . Dans son discours de politique générale de 2022, le chef de l’exécutif avait annoncé son intention de réglementer les activités de financement participatif en ligne et hors ligne. Les groupes d’opposition ont depuis lors critiqué cette proposition, étant donné qu’un manque de financement pourrait les contraindre à cesser leurs activités.
Le 31 août, en ce qui concerne l’émission de mandats d’arrêt à l’encontre de militants en exil, quatre rapporteurs spéciaux des Nations unies ont exprimé leur consternation face à l’inculpation des sept personnes concernées qui, selon eux, sont poursuivies au nom de la loi sur la sécurité nationale pour des activités protégées par le droit international en matière de droits de l’homme. Les rapporteurs spéciaux ont également déclaré que le procès de masse des 47 militants prodémocratie soulevait en soi de graves préoccupations en matière de régularité procédurale 20 .
Le 9 octobre, quatre rapporteurs spéciaux des Nations unies se sont déclarés gravement préoccupés par le premier procès de masse de ces 47 personnes et par l’émission de mandats d’arrêt et de primes à la capture à l’encontre de personnalités prodémocratie de Hong Kong actuellement en exil à l’étranger 21 .
En 2023, Hong Kong a continué de descendre dans différents classements mondiaux liés aux droits. Dans l’indice de la liberté humaine (Human Freedom Index) établi en 2023 par le Cato Institute et le Fraser Institute, Hong Kong est passé de la 34e à la 46e place 22 . Dans l’indice de la démocratie (Democracy Index) établi en 2022 et publié par l’Economist Intelligence Unit en février 2023, Hong Kong a chuté de trois places pour se classer au 88e rang 23 . Dans le rapport sur la démocratie publié par l’organisation suédoise Varieties of Democracy, Hong Kong est tombée de la 123e à la 139e place dans l’indice de la démocratie libérale (Liberal Democracy Index) 24 .
La liberté de la presse a, elle aussi, continué de faire l’objet de pressions. Hong Kong occupait la 140e place sur les 180 pays et régions figurant dans le classement mondial de la liberté de la presse (World Press Freedom Index) établi en 2023 par l’organisation Reporters sans frontières et publié le 3 mai 25 . L’enquête sur la liberté de la presse menée par le club des correspondants étrangers de Hong Kong (FCC) et publiée le 5 juillet 26 a révélé que 65 % des répondants — des journalistes à Hong Kong — ont déclaré s’être autocensurés dans leurs écrits au cours des 18 derniers mois. Le FCC a également indiqué avoir élaboré un ensemble d’orientations pour la publication de déclarations sur les questions ayant trait à la liberté de la presse, dans lesquelles il conseillait notamment de demander un avis juridique et de contacter les services du gouvernement avant de publier quoi que ce soit. D’après l’indice de la liberté de la presse publié le 7 juillet par l’Association des journalistes de Hong Kong 27 , tant le grand public que les journalistes ont observé un recul de la liberté de la presse en 2022.
Au cours de l’année 2023, au moins deux journalistes établis à Hong Kong ont été portés disparus en Chine continentale. L’un d’entre eux est rédacteur au magazine politique Exclusive Character, et l’autre est reporter spécialisé en politique de défense et en diplomatie chinoises pour le quotidien South China Morning Post.
Le 15 avril, le gouvernement a interdit à plusieurs médias de couvrir une journée consacrée à l’éducation à la sécurité nationale à laquelle participait Xia Baolong, directeur du bureau des affaires de Hong Kong et de Macao à Pékin. En juillet, le bureau du médiateur a conclu que, puisque la décision avait été prise par le Conseil de sécurité nationale, il devait s’abstenir de formuler des observations à ce sujet.
Le 14 mai, Ming Pao, un quotidien d’actualités locales, a cessé de publier les ouvrages du caricaturiste Wong Kei-kwan, connu sous le pseudonyme de «Zunzi», après que son travail a fait l’objet de critiques répétées de la part de représentants du gouvernement.
Le 25 septembre, un tribunal a condamné Ronson Chan, président de l’association des journalistes de Hong Kong, pour avoir fait obstruction à un agent de police en civil en 2022. Ronson Chan effectuait un reportage au moment de son arrestation et avait insisté pour que l’agent lui montre la preuve de son habilitation en tant que policier. Le tribunal l’a condamné à cinq jours d’emprisonnement, mais l’a libéré sous caution dans l’attente d’un appel.
Le média Transit Jam a été dissous en mai 2023, après avoir subi des attaques de la part des médias contrôlés par Pékin. Le 21 avril, Wen Wei Po, un journal local, a critiqué le fondateur de ce média en ligne pour avoir protesté lors de la visite à Hong Kong de Xia Baolong, directeur du bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, plus tôt dans le mois.
Au cours de l’année, le gouvernement de Hong Kong a interdit à trois journalistes indépendants de pénétrer sur son territoire. Il s’agissait de Michiko Kiseki (Japon), de Yoshiaki Ogawa (Japon) et de Matthew Connors (États-Unis). Le motif de cette décision serait la couverture qu’ils ont faite des manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong.
En revanche, le 5 juin, la Cour d’appel final a jugé que le journalisme était une raison valable pour la productrice indépendante Bao Choy d’accéder à la base de données officielle d’immatriculation des véhicules pour son documentaire d’investigation sur l’attaque perpétrée contre des manifestants prodémocratie en 2019. Une juridiction inférieure l’avait condamnée pour fausses déclarations au ministère des transports et lui avait infligé une amende de 6 000 HKD (soit 705 EUR) en avril 2021.
Par ailleurs, lors d’un entretien publié le 29 juin, le chef de l’exécutif a déclaré qu’il ne souhaitait pas procéder à l’élaboration d’une législation sur les fausses informations pour autant que la presse soit capable de faire preuve d’«autodiscipline».
Au nom de la sécurité nationale, la liberté d’expression a encore été mise à rude épreuve en 2023. Le 14 avril, le secrétaire à la culture, aux sports et au tourisme a indiqué à un député que le conseil de Hong Kong pour le développement des arts avait mis fin au financement de deux projets, d’un montant total de 1 million de HKD (soit environ 118 000 EUR), car ils étaient réputés avoir enfreint les lois de Hong Kong, y compris celle sur la sécurité nationale. Le Conseil a confirmé en juillet 2021 qu’il avait retiré une subvention de plus de 700 000 HKD à Ying E Chi Cinema, le distributeur du documentaire «Inside the Red Brick Wall» traitant des manifestations.
Le gouvernement de Hong Kong a également tenté d’interdire la circulation de la chanson de protestation populaire «Glory to Hong Kong» au moyen d’une injonction. Le Tribunal de première instance a rejeté sa demande en juillet, indiquant qu’une telle interdiction pourrait avoir pour effet de brimer la liberté d’expression. La Cour d’appel a examiné l’affaire pour la première fois le 19 décembre et a reporté les audiences au 14 février 2024.
Le 12 septembre, une étudiante originaire du continent a été condamnée pour «tentative d’accomplir un ou plusieurs actes à des fins de sédition» pour avoir projeté d’afficher une bannière représentant le «Pillar of Shame», une sculpture en cuivre réalisée par le sculpteur danois Jens Galschiøt pour commémorer la répression de Tian’anmen, en 1989, que les autorités avaient saisie en décembre 2021. Elle a été condamnée à une peine d’emprisonnement de six mois. Par ailleurs, un musicien de rue japonais connu sous le nom de «Mr Wally» s’est vu refuser l’accès à Hong Kong car il avait exprimé sa sympathie envers les manifestants en 2019.
En ce qui concerne la liberté de religion ou de conviction, les organisations religieuses subissent de plus en plus de pressions pour se conformer aux nouvelles exigences du gouvernement en matière de patriotisme. À l’occasion de la fête nationale chinoise, le 1er octobre 2023, la cathédrale anglicane St John a, pour la première fois, arboré le drapeau national de la Chine lors de son office du matin. L’association bouddhiste de Hong Kong et la mosquée de Kowloon ont organisé des cérémonies de levée du drapeau pour célébrer l’occasion, respectivement le 28 septembre et le 17 octobre.
Le 17 avril, l’évêque catholique romain de Hong Kong, Stephen Chow, a pris la tête d’une délégation de prêtres de haut rang qui s’est rendue à Pékin pendant cinq jours sur invitation de l’archevêque de la ville, Joseph Li Shan. Cette visite était la première de ce genre depuis près de 40 ans. À son tour, l’archevêque Li s’est rendu en visite à Hong Kong à partir du 14 novembre.
La liberté de réunion reste considérablement restreinte depuis l’institution de la loi sur la sécurité nationale. Les organisateurs ont annulé une marche prévue pour célébrer la Journée internationale des travailleurs le 1er mai. Les autorités ont de nouveau réprimé la veillée aux chandelles du 4 juin marquant l’anniversaire de la répression de Tian’anmen en 1989. La marche des fiertés n’a pas retrouvé son format initial malgré la levée des restrictions liées à la COVID-19.
La fédération des syndicats de travailleurs de Hong Kong et Kowloon, pro-Pékin, a annulé son projet d’organiser une marche pour la fête du travail, le 17 avril, après avoir échoué à obtenir l’autorisation de la police. Le 26 avril, un ancien dirigeant de la confédération des syndicats de Hong Kong, prodémocratie et aujourd’hui dissoute, a annulé son projet de marche après avoir été interrogé par la police et évoqué des «pressions considérables» exercées par les autorités.
Pour ce qui est de la commémoration du 4 juin, la veillée aux chandelles qui se déroule annuellement dans le parc Victoria, initialement organisée par l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques de Chine, un groupe issu de la société civile, n’a pas eu lieu pour la quatrième année consécutive. Le diocèse catholique de Hong Kong a annoncé que, comme en 2022, il n’organiserait pas de messe commémorative. Dans la soirée du 4 juin, la police a arrêté 11 hommes et 12 femmes pour atteinte présumée à l’ordre public à proximité du parc Victoria. La police a également arrêté un étudiant polonais pour avoir allumé des bougies.
Le 5 juin, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a déclaré qu’il était alarmé par des informations faisant état d’arrestations à Hong Kong liées à l’anniversaire du 4 juin et a réclamé la libération de toute personne détenue pour avoir exercé sa liberté d’expression et de réunion pacifique 28 .
La manifestation annuelle du 1er juillet, dont la dernière édition légale remonte à 2019, n’a pas fait son retour. Les tentatives individuelles de manifestations ont été réprimées par la police de Hong Kong, qui a déployé des milliers d’agents. Au total, 16 manifestants ont été fouillés et interrogés. Le Front civil des droits de l’homme, un groupe issu de la société civile qui organisait la manifestation depuis 2003, a été dissous en août 2021.
La première manifestation autorisée depuis la levée des restrictions liées à la COVID-19 a eu lieu le 26 mars: un groupe de propriétaires a protesté contre un plan de récupération des terres. La police a exigé des participants qu’ils portent un badge numéroté autour de leur cou, qu’ils ne portent pas de masque et que le groupe ne compte pas plus de 100 manifestants.
Le président du Conseil législatif a déclaré que les autorités envisageaient de rouvrir la zone de manifestation spécifiquement délimitée dans le complexe du Conseil législatif début 2025 au plus tôt. Entre-temps, le chef de l’exécutif a cessé de recevoir les lettres de protestation en amont des réunions hebdomadaires du Conseil exécutif, déclarant qu’il existait trop de canaux pour exprimer des opinions. Par le passé, les groupes de pression profitaient de cette occasion pour faire directement part de leurs préoccupations au chef de l’exécutif.
L’année 2023 a également été marquée par des procès relatifs à la liberté de réunion. Le 22 novembre, la Cour d’appel final a examiné le recours formé par le ministère de la justice contre la décision d’une juridiction inférieure d’acquitter Chow Hang-tung, accusée d’avoir incité à rejoindre une veillée aux chandelles interdite au parc Victoria le 4 juin 2021. Le 8 décembre, la Cour d’appel a fait droit à la demande de sept dirigeants prodémocratie de former un recours devant la Cour d’appel final à la suite de leur condamnation pour avoir participé à une manifestation le 18 août 2019.
La liberté d’association a également continué de faire l’objet de pressions. Le 22 mars, la police de sécurité nationale a emmené quatre anciens membres de la confédération des syndicats de Hong Kong, aujourd’hui dissoute, afin qu’ils contribuent à une enquête. L’ancien plus grand syndicat indépendant de Hong Kong a été dissous en 2021.
Le 9 novembre, l’Union professionnelle des enseignants de Hong Kong a annoncé la prochaine étape de sa dissolution, informant tous les membres éligibles qu’ils pouvaient recevoir chacun 3 190 HKD (soit 375 EUR) sur les fonds du syndicat. Le groupe s’attendait à ce que le processus officiel de dissolution soit achevé dans le courant de l’année 2024.
Le rassemblement au sein de groupes politiques autres que les partis pro-Pékin est apparu de plus en plus difficile. Dans le cas de la Ligue des sociaux-démocrates, trois comptes bancaires du groupe ont été clôturés en mai. Plusieurs banques ont également clôturé les comptes personnels de quatre membres principaux de la Ligue.
La liberté académique a, elle aussi, continué d’être soumise à des pressions. Hong Kong est passée de la 149e à la 152e place, sur 179 pays et territoires, dans l’indice de liberté académique établi par l’Institut V-Dem, établi en Suède, et l’université allemande Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg, et publié en septembre 29 .
Le 24 octobre, le service de l’immigration a rejeté la demande de visa de travail de Rowena He, professeur d’histoire dont les recherches portent principalement sur la répression de Tian’anmen en 1989. Le 27 octobre, l’université chinoise de Hong Kong a licencié cette citoyenne canadienne née à Guangzhou, au motif de son incapacité à obtenir un visa de travail.
Le 6 juin, l’institut indépendant de recherche sur l’opinion publique de Hong Kong a annulé la publication de son «rapport de sondage sur l’anniversaire du 4 juin», quelques heures avant le moment prévu. L’institut a déclaré que les services compétents du gouvernement lui avaient conseillé d’annuler la publication. Le 20 juin, l’institut a annoncé qu’il allait supprimer environ un quart des questions habituellement posées dans ses sondages. Les réponses données à un tiers du questionnaire restant ne seront pas mises à la disposition du public.
L’année 2023 a été marquée par des signes encourageants de progrès en ce qui concerne les droits des personnes LGBTI+ à Hong Kong, principalement sous l’impulsion du pouvoir judiciaire. Le 7 février, la Cour d’appel final a jugé que la politique consistant à empêcher les personnes transgenres de modifier le genre indiqué sur leur carte d’identité, à moins qu’elles n’aient subi une intervention chirurgicale complète de changement de sexe, violait les droits de ces personnes et était anticonstitutionnelle.
Le 5 septembre, la Cour d’appel final a jugé que le gouvernement était tenu de fournir, dans les deux ans à venir, un cadre alternatif pour protéger les couples de même sexe. Elle s’est toutefois également prononcée contre la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe, y compris celles mariées à l’étranger.
Les couples de même sexe ont également obtenu gain de cause devant les tribunaux en ce qui concerne les questions exposées ci-après. Le 15 septembre, la Haute Cour a reconnu le lien de filiation entre un enfant né dans le cadre d’une gestation pour autrui effectuée en Afrique du Sud et sa mère biologique, après que seule la mère porteuse avait été reconnue en tant que parent dans le registre d’état civil. Le 17 octobre, la Cour d’appel a rejeté deux recours de l’autorité du logement et a confirmé le droit des couples de même sexe de demander un logement social et de vivre ensemble dans les logements mis à disposition dans le cadre du programme d’accession à la propriété. Le 24 octobre, la Cour d’appel a confirmé une décision rendue par une juridiction inférieure selon laquelle les couples de même sexe devaient jouir des mêmes droits successoraux.
L’attitude du public à l’égard des personnes LGBTI+ est devenue plus favorable. Selon un sondage effectué par des chercheurs de l’université de Hong Kong, de l’université chinoise de Hong Kong et de l’université de Caroline du Nord, environ 60 % des 1 551 répondants étaient favorables à une législation sur le mariage homosexuel, soit augmentation de 22 points de pourcentage par rapport au même sondage effectué 10 ans auparavant. Dans le même temps, 71 % des répondants se sont déclarés favorables à des mesures de lutte contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.
Le gouvernement de Hong Kong a toutefois introduit des recours visant à faire annuler les décisions de justice relatives aux politiques en matière de logements sociaux et à l’égalité des droits successoraux. Il ne s’est pas non plus montré entièrement favorable à la tenue de l’édition 2023 des Gay Games à Hong Kong, organisés pour la toute première fois dans un pays asiatique. Cette manifestation, qui s’est déroulée du 3 au 11 novembre et a attiré 2 300 participants provenant de 45 pays, a été organisée par la société civile et a été principalement financée par des entreprises multinationales.
Le 10 décembre, la marche des fiertés annuelle baptisée «Pink Dot» a de nouveau été organisée en plein air après s’être déroulée en intérieur en 2021 et 2022 en raison de la pandémie de COVID-19.
La garantie des droits des prisonniers a continué de susciter des inquiétudes. Chow Hang-tung, militante prodémocratie emprisonnée et membre de l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques de Chine, a été placée à plusieurs reprises en cellule d’isolement.
Le 2 février, le bureau du médiateur a indiqué qu’il était possible d’améliorer le «programme de visite des juges de paix», un mécanisme juridique permettant notamment aux détenus de transmettre leurs commentaires. Le bureau du médiateur a critiqué le fait que, dans certains cas, les personnes détenues n’étaient pas suffisamment informées de leurs droits au titre de ce programme tels que la possibilité de demander un entretien privé afin de pouvoir transmettre leurs commentaires.
En ce qui concerne les demandeurs d’asile, le gouvernement a mis en œuvre, en décembre 2022, une nouvelle politique d’éloignement pour les personnes ayant présenté une demande de non-refoulement. Dans le cadre de ce dispositif, le service de l’immigration peut expulser une personne dont la demande a été jugée non fondée une fois que le pouvoir judiciaire a rejeté son recours en annulation. En octobre 2023, le service de l’immigration avait expulsé 150 demandeurs dans le cadre de cette nouvelle politique.
Au cours de l’exercice 2023-2024, le gouvernement a voté un budget de 1,4 milliard de HKD (soit 165 millions d’EUR) pour financer le traitement des demandes de non-refoulement, soit une augmentation d’environ 300 millions de HKD en glissement annuel. Cette décision a été prise en vue de se préparer à l’augmentation attendue du nombre de demandeurs après la fin de la pandémie de COVID-19.
Les travailleurs domestiques étrangers à Hong Kong restent un groupe vulnérable. Entre le 21 mars et le 15 mai, le gouvernement a mené une consultation publique sur la révision du code de bonnes pratiques destiné aux agences pour l’emploi. Afin de décourager les travailleurs de passer régulièrement d’emploi à l’autre, l’une des principales propositions consistait à exiger des agences pour l’emploi qu’elles expliquent clairement aux ressortissants étrangers sollicitant un emploi en tant que domestique que, dans le cadre de la politique en vigueur, les demandes de changement d’employeur à Hong Kong pendant la période contractuelle de deux ans ne seraient normalement pas approuvées, sauf circonstances exceptionnelles. L’ONG International Migrants Alliance a critiqué cette politique en faisant valoir que, dans un marché libre, les aides à domicile devraient pouvoir changer d’emploi à leur gré.
II.Évolution de la situation économique
Hong Kong est la septième économie commerciale au monde (2022) 30 , la quatrième destination au monde en ce qui concerne les flux d’investissement et la septième plus grande source d’investissements au monde 31 (2022). Les échanges de marchandises représentent environ 290 % du PIB 32 , ce qui témoigne de l’ouverture de cette économie.
Hong Kong exerce une autorité indépendante dans la mise en œuvre des accords commerciaux et établit sa politique monétaire de manière autonome par rapport à la Chine continentale. Hong Kong est restée, notamment en ce qui concerne les questions de politique économique, une juridiction de droit distincte de la Chine continentale, conservant une monnaie indépendante non restreinte par des limitations de capitaux, ainsi que des structures réglementaires distinctes pour surveiller les entreprises exerçant leurs activités sur son territoire. Le rayonnement mondial de Hong Kong après la fin des restrictions liées à la pandémie — notamment en vue du retour de ses talents et de ses entreprises — et le renforcement de sa compétitivité, ainsi que son intégration économique avec la Chine continentale, figuraient parmi les priorités du gouvernement au cours de l’année.
Hong Kong a reculé d’une place dans le rapport de 2023 sur l’investissement dans le monde élaboré par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (juin); elle est donc devenue la quatrième destination au monde pour les investissements directs étrangers (IDE) en 2022 (tandis qu’elle occupait la troisième place en 2021) 33 . La dernière enquête menée par le gouvernement de Hong Kong sur les entreprises étrangères indique que le nombre d’entreprises étrangères non chinoises présentes sur le territoire s’est stabilisé en 2023 (à un niveau inférieur à celui enregistré avant la COVID-19), après plusieurs années de déclin dans un contexte de strictes restrictions liées à la pandémie. En outre, la population de Hong Kong s’est rétablie dans l’ensemble après avoir diminué d’environ 170 000 personnes pendant la pandémie. À la mi-2023, la population avait augmenté de 2,1 % (soit 126 500 personnes) par rapport à la mi-2022, mais elle était toujours inférieure de 0,3 % (soit 39 500 personnes) à celle d’avant la pandémie (fin 2019) 34 .
L’économie de Hong Kong a renoué avec la croissance en 2023, avec une augmentation de son PIB de 3,2 % en glissement annuel (après une contraction de 3,7 % en 2022) 35 , mais elle n’a pas encore retrouvé son niveau de 2018. Le secteur financier et le secteur du commerce et de la logistique ont été confrontés à d’importantes difficultés. Les secteurs dépendant du tourisme ont partiellement retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie.
L’inflation est restée modérée, avec une hausse annuelle de 2,1 % de l’indice des prix à la consommation au cours de l’année 36 . Le taux de chômage a continué de s’améliorer et a retrouvé son niveau d’avant la pandémie, soit 3,0 % pour l’ensemble de l’année 2023, contre 4,3 % en 2022 37 .
Le secteur du commerce et de la logistique, qui représente 23 % du PIB de Hong Kong, a continué de faire face à des difficultés. Le PIB provenant du secteur de l’importation et de l’exportation s’est contracté de 11,0 % en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de 2023 38 et la valeur du commerce extérieur de marchandises de Hong Kong a baissé de 6,7 % pour s’établir à 8 820 milliards de HKD (soit 1 040 milliards d’EUR) 39 en 2023 40 . Le commerce extérieur a renoué avec la croissance au cours des trois derniers mois de l’année, mettant ainsi fin à 16 mois de déclin consécutifs. Le commerce de marchandises de Hong Kong est fortement dépendant du commerce extérieur de la Chine continentale, qui est de loin son principal partenaire commercial, compte tenu du rôle de Hong Kong en tant que centre de transit et de réexportation pour le continent.
Le secteur financier (22 % du PIB de Hong Kong) s’est contracté de 1,7 % en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de 2023. Ce secteur a été l’un des principaux moteurs de croissance de la ville au cours des dernières années, jusqu’à un coup d’arrêt en 2022 (avec une croissance de seulement 0,1 % en glissement annuel) et une contraction en 2023.
Le nombre d’introductions en bourse a encore diminué pour s’établir à 73 en 2023, contre 90 en 2022. Le montant levé lors des introductions en bourse a chuté de 55,8 % en glissement annuel pour s’établir à 46,3 milliards de HKD (soit 5,4 milliards d’EUR). Hong Kong était le huitième pôle mondial pour les introductions en bourse en 2023, après avoir occupé la quatrième place en 2022 et 2021, la deuxième en 2020 et la première en 2019.
Au cours de l’année, l’indice Hang Seng de Hong Kong a perdu 13,8 % de sa valeur, tandis que la capitalisation boursière de Hong Kong a chuté de 13,0 % pour s’établir à 31 000 milliards de HKD (soit 3 600 milliards d’EUR). Le chiffre d’affaires quotidien moyen du marché a chuté de 15,9 % en glissement annuel pour s’établir à 105 milliards de HKD (soit 12,4 milliards d’EUR) 41 . Fin octobre 2023, Hong Kong était la septième bourse mondiale et la quatrième bourse asiatique par capitalisation boursière, et la plus grande plateforme offshore en CNY.
La baisse de la capitalisation boursière et des introductions en bourse a été causée par une combinaison de facteurs tels que les taux d’intérêt élevés aux États-Unis, les préoccupations des investisseurs concernant l’économie chinoise et la qualité des actifs chinois (les entreprises chinoises représentant environ 78 % de la capitalisation boursière de Hong Kong), ainsi que les tensions géopolitiques.
Le tourisme constitue une source de revenus pour plusieurs secteurs de l’économie de Hong Kong. Parmi les secteurs qui dépendent du tourisme figurent la vente au détail, l’alimentation et les boissons, les transports, les voyages et l’hôtellerie. Hong Kong a accueilli 34 millions de visiteurs en 2023, soit une augmentation sensible par rapport aux 604 564 visiteurs recensés en 2022, mais la moitié (52 %) du nombre de visiteurs accueillis en 2018 42 . Au cours du second semestre de l’année, le nombre de visiteurs a augmenté pour atteindre environ 60 % du niveau enregistré en 2018. Les visiteurs se rendant en Chine continentale ont constitué le plus grand groupe parmi les touristes (78 % en 2023, soit une proportion similaire à celle de 2018) et représentaient, selon les estimations, 40 % des ventes au détail de la ville avant la pandémie.
Au cours des neuf premiers mois de 2023, le PIB des secteurs de l’hébergement et de la restauration et celui des ventes en gros et au détail ont augmenté respectivement de 35,8 % et de 29,2 % en glissement annuel. Cette hausse a contribué à la croissance économique de Hong Kong, mais ces secteurs ne représentaient toujours que 56 % et 68 %, respectivement, du PIB enregistré au cours de la même période en 2018, ce qui montre que la reprise n’était que partielle. Au cours de l’année, les ventes au détail ont augmenté de 16,2 % par rapport à 2022, pour s’établir à 406,7 milliards de HKD (soit 47,9 milliards d’EUR), mais ne représentaient toujours que 83,8 % de leur niveau de 2018. Les recettes des restaurants ont augmenté de 33,9 % en glissement annuel au cours des neuf premiers mois, pour atteindre 82,1 milliards de HKD (9,7 milliards d’EUR), soit 92 % du chiffre atteint au cours de la même période en 2018. Le taux d’occupation hôtelière était de 82 %, contre 65 % en 2022 et 92 % en 2018.
Le secteur de l’aviation et les secteurs d’activités connexes se sont partiellement rétablis. Le nombre de vols à l’aéroport international de Hong Kong a pratiquement doublé par rapport à 2022, mais ne représentait toujours que 65,8 % de leur niveau d’avant la pandémie (2019). Le nombre de passagers a augmenté pour s’établir à 39,4 millions (contre 5,6 millions en 2022), un chiffre qui ne représente qu’un peu plus de la moitié (55,3 %) des 71,3 millions de passagers enregistrés en 2019. Le volume de fret aérien a diminué de 3,2 % en glissement annuel pour atteindre 91,4 % du niveau de 2019 43 .
Les secteurs de la construction et de l’immobilier ont enregistré une hausse de 4,8 % et 6,7 % respectivement au cours des neuf premiers mois de l’année. Les prix de l’immobilier ont baissé au cours de l’année, mais Hong Kong est restée l’une des villes les plus chères au monde.
Le système de taux de change lié de la RAS est resté en place au cours de l’année, 1 USD valant entre 7,75 et 7,85 HKD. Les avoirs de réserve de change ont été globalement stables, terminant l’année 2023 à 425,5 milliards d’USD, contre 424,0 milliards d’USD fin 2022.
Hong Kong devrait continuer d’enregistrer un déficit budgétaire au cours de l’exercice 2023-2024 (se terminant en mars 2024). Il s’agirait du quatrième déficit de la RAS en cinq ans, chose rare pour une économie habituée à afficher des excédents budgétaires. Le budget présenté en février 2023 prévoyait un déficit de 119 milliards de HKD (soit 14 milliards d’EUR) pour l’exercice budgétaire 2023-2024, hors produit de l’émission d’obligations d’État, mais le gouvernement a ensuite averti qu’il serait sensiblement plus élevé. Le budget a été présenté dans l’optique que l’économie croîtrait de 3,5 à 5,5 %, et non pas de 3,2 % comme cela s’est produit.
Les récents déficits ont été en grande partie comblés en puisant dans les réserves budgétaires importantes de Hong Kong. Les réserves budgétaires se sont élevées à 692 milliards de HKD (soit 81,4 milliards d’EUR) en décembre 2023, ce qui représente une baisse de 10,5 % en glissement annuel et de 40,3 % par rapport aux 1 200 milliards de HKD enregistrés en mars 2020. Les réserves correspondent à une estimation de 12 mois de dépenses, contre 24 mois avant la pandémie de COVID-19.
En décembre, Moody’s a revu à la baisse ses prévisions concernant la notation de la santé financière de Hong Kong, les faisant passer de «stables» à «négatives». Ce changement est intervenu après que Moody’s a revu ses prévisions concernant la Chine, notée «A1», les faisant passer de «stables» à «négatives», et à la suite de son évaluation des liens politiques, institutionnels, économiques et financiers étroits entre Hong Kong et la Chine continentale, compte tenu desquels l’écart de notation entre les deux économies ne devrait pas être supérieur à un cran. Dans ses prévisions, l’agence a également fait état de signes indiquant une perte d’autonomie au niveau des institutions politiques et judiciaires de Hong Kong. En dépit de ce déclassement, Hong Kong a conservé sa notation (Aa3), Moody’s ayant jugé que la RAS disposait d’atouts importants en matière de crédit, tels que son économie prospère et concurrentielle ainsi que ses importantes réserves budgétaires et externes, et que ses politiques monétaire et budgétaire s’avéraient efficaces. Ces points forts ont continué d’offrir, selon Moody’s, un degré élevé de résilience face aux chocs et aux facteurs négatifs tels que le vieillissement rapide de la population, le ralentissement structurel de l’économie de la Chine continentale ainsi que l’incertitude géopolitique et stratégique persistante.
Lors de ses dernières consultations au titre de l’article VI (en mai 2023), le Fonds monétaire international a prévu une croissance inférieure à 3 % à moyen terme. Il a recommandé de ne pas revenir trop rapidement à l’équilibre budgétaire, étant donné que l’économie avait encore besoin de soutien. Hong Kong s’est également vu conseiller d’introduire des prestations de chômage, d’élargir son assiette fiscale et d’accroître son offre de logements. Le FMI s’est félicité de la qualité élevée de la surveillance du secteur financier de la ville ainsi que de ses importantes réserves et a salué les projets visant à garantir un taux positif de coussin de fonds propres contracyclique. Les risques pesant sur la croissance sont liés aux tensions bancaires mondiales, au durcissement de la politique monétaire, au ralentissement de la croissance mondiale et au fait que Hong Kong se trouve «en première ligne de la fragmentation géoéconomique croissante en tant que porte d’entrée financière vers la Chine». La RAS devait surveiller son risque de crédit et sa stabilité financière compte tenu de son exposition au marché immobilier de la Chine continentale et aux répercussions persistantes de la pandémie sur la situation financière des entreprises de Hong Kong. En ce qui concerne le débat en cours sur l’utilité (et l’opportunité politique) d’un ancrage du HKD à l’USD, le FMI a estimé que le système de taux de change lié demeurait le dispositif approprié pour le territoire, en tant que point d’ancrage de la stabilité macroéconomique et financière. Hong Kong devrait continuer de garantir la libre circulation des capitaux et de préserver l’État de droit tout en stimulant l’innovation et en renforçant les liens avec la région de la Grande baie ainsi qu’avec les pays membres du partenariat économique régional global (RCEP).
Environnement des entreprises
L’évolution de la situation politique, y compris la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale, la liberté d’information, la confidentialité des données et les sanctions, demeure un sujet de préoccupation pour les entreprises à l’échelle internationale et a nui à l’image de Hong Kong en tant que centre d’affaires international.
Dans les enquêtes menées auprès des entreprises, les difficultés qui reviennent le plus souvent sont celles rencontrées pour accéder aux talents et les perspectives économiques de Hong Kong. Dans le même temps, de nombreux acteurs du monde des affaires reconnaissent que la RAS reste un lieu concurrentiel pour les entreprises, grâce à la simplicité de son système fiscal, à sa connectivité et à son accès à la Chine continentale, à son système de common law, à la libre circulation des capitaux ainsi qu’à la totale convertibilité de sa monnaie.
La levée des restrictions liées à la COVID-19 a amélioré l’environnement des entreprises dans la RAS. Avec la réouverture de Hong Kong et de la Chine continentale, les entreprises ont de nouveau pu tirer pleinement parti de Hong Kong en tant que plaque tournante régionale. Toutefois, plusieurs secteurs de l’économie continuent d’afficher des résultats insuffisants (les secteurs liés au tourisme, par exemple). La fuite des talents observée pendant la pandémie continue également d’avoir une incidence sur la capacité des entreprises à recruter du personnel. Les politiques strictes liées à la COVID-19 et les préoccupations politiques persistantes ont érodé l’attrait et l’image de Hong Kong auprès des talents étrangers. À la fin de l’année 2023, la population active à Hong Kong était toujours inférieure de 4,0 % à celle enregistrée avant le début de la pandémie (soit 160 000 travailleurs), ce qui s’explique à la fois par l’émigration et par le départ d’employés étrangers quittant la ville.
Une enquête annuelle relative aux entreprises étrangères à Hong Kong 44 a montré qu’au 1er juin 2023, la baisse du nombre d’entreprises étrangères (à l’exclusion des entreprises de Chine continentale) avait cessé (variation de 0,0 % du nombre d’entreprises par rapport à juin 2022). Elle s’est toutefois stabilisée à un niveau inférieur de 5,2 % à celui de juin 2019 (avant la COVID-19). Le nombre de personnes employées par ces entreprises a également baissé de 5,2 % par rapport à juin 2019. Le nombre de sièges régionaux étrangers (non chinois) a diminué plus sensiblement (- 6,1 % en glissement annuel et - 17,8 % par rapport à 2019), ce qui indique que Hong Kong pourrait perdre de son importance en tant que pôle d’affaires régional. Si le nombre d’entreprises étrangères non chinoises a chuté dans l’enquête, le nombre d’entreprises de Chine continentale à Hong Kong a quant à lui augmenté de 3,0 % en glissement annuel et de 21,0 % par rapport à 2019.
Inciter les talents et les entreprises à revenir à Hong Kong et promouvoir la RAS dans le monde ont constitué une priorité politique au cours de l’année. Le bureau chargé d’attirer les entreprises stratégiques a démarré ses activités en décembre 2022, avec pour mission d’attirer des entreprises stratégiques à Hong Kong, y compris dans des secteurs technologiques clés bien ciblés. Le 4 octobre, il a signé un accord avec un premier groupe de 20 entreprises occupées à démarrer ou à développer leurs activités à Hong Kong 45 . Les programmes de recherche de talents ont été renforcés et, afin d’attirer les personnes fortunées, le gouvernement a réintroduit, en décembre 2023, le Capital Investment Entrant Scheme (CIES), un régime (suspendu en 2015) permettant à certaines personnes de s’installer à Hong Kong en effectuant un investissement en capital. Ce régime de migration des investissements permet aux personnes qui investissent au moins 30 millions de HKD (soit 3,5 millions d’EUR) sur le marché boursier ou dans d’autres actifs, à l’exclusion des biens immobiliers résidentiels, d’obtenir plus rapidement le statut de résident.
Dans son discours annuel de politique générale du 25 octobre 2023, le chef de l’exécutif a proposé des politiques visant à soutenir la croissance et la relance de l’économie, à faire progresser l’intégration des flux économiques, financiers et interpersonnels dans la région de la Grande baie (y compris l’assouplissement du régime des visas pour les expatriés) et à participer davantage à l’initiative «Une ceinture, une route». Inciter davantage de talents et d’entreprises, y compris des sièges d’entreprises, à s’établir à Hong Kong demeurera une priorité. Pour l’économie, le chef de l’exécutif a annoncé des mesures visant à soutenir le secteur du tourisme et la mise en place d’un nouveau bureau de développement de l’industrialisation, ainsi qu’un nouveau programme d’accélération de l’industrialisation doté de 10 milliards de HKD (soit 1,18 milliard d’EUR). Les secteurs de la culture et de la création seront également promus davantage. En ce qui concerne le secteur financier, les priorités sont l’amélioration de la liquidité du marché, le renforcement de l’accès mutuel avec le marché des capitaux de la Chine continentale (y compris au moyen des dispositifs de connexion), la facilitation des échanges internationaux en CNY ainsi que le soutien aux technologies financières (Fintech) et à la finance verte. Lors du discours de politique générale, un plan d’action a également été annoncé afin de faire de Hong Kong un centre maritime international de premier plan, de promouvoir les services maritimes à haute valeur ajoutée et de faciliter la collaboration maritime dans la région de la Grande baie (un plan d’action relatif à une stratégie maritime et de développement portuaire a été publié en décembre). Les transports utilisant des énergies nouvelles, les bâtiments décarbonés et le recyclage seront également encouragés.
L’un des autres objectifs stratégiques est de faire de Hong Kong un centre d’innovation et de technologie. En mars 2023, le ministère chinois des sciences et de la technologie et le gouvernement de Hong Kong ont signé l’«accord entre la Chine continentale et Hong Kong sur l’accélération de la transformation de Hong Kong en un centre international d’innovation et de technologie». Cet accord vise à approfondir la collaboration en matière scientifique, à partager l’innovation et à échanger des talents, en tirant parti des avantages offerts par Hong Kong en tant que ville internationale. Hong Kong met actuellement en place un centre de supercalcul fondé sur l’intelligence artificielle (la première phase doit être achevée en 2024, selon le discours de politique générale). Un projet pour la création d’un institut de recherche et de développement dans le domaine de la microélectronique à Hong Kong a également été annoncé lors du discours de politique générale. Dans le budget 2023-2024 (février 2023), 3 milliards de HKD (soit 352 millions d’EUR) ont été alloués au développement de la collaboration internationale en matière de recherche scientifique et aux efforts visant à attirer des talents, des équipes de recherche et des entreprises de premier plan dans le domaine de l’innovation et de la technologie. La construction du parc d’innovation et de technologie de Hong Kong-Shenzhen (HSITP), à la frontière avec Shenzhen (et géographiquement situé dans la métropole du Nord), s’est poursuivie en collaboration avec Shenzhen. Le lot nº 1 devrait être achevé d’ici 2027.
Les travaux d’aménagement de la métropole du Nord se sont poursuivis. La zone d’aménagement, qui comprendra des quartiers résidentiels, une zone d’innovation et de technologie, un pôle logistique et une infrastructure ferroviaire reliant la région au reste de Hong Kong ainsi qu’à Shenzhen, intégrera davantage Hong Kong dans la région de la Grande baie. Le bureau de coordination de la métropole du Nord a été créé en juin afin d’élaborer et d’adopter un programme d’action et un plan de mise en œuvre. Parmi les grands projets d’aménagement figure également la construction des îles artificielles de Kau Yi Chau (1 000 ha destinés à de nouveaux quartiers résidentiels et commerciaux). Un rapport sur la participation du public a été publié en août.
En ce qui concerne le financement vert, Hong Kong a émis de nouvelles obligations vertes au cours de l’année dans le cadre du programme d’obligations vertes du gouvernement lancé en 2018. L’autorité monétaire de Hong Kong a également démarré des travaux préparatoires en vue d’établir une taxinomie verte pour Hong Kong, notamment en utilisant comme référence la taxinomie commune (élaborée conjointement par l’UE et la Chine continentale). Hong Kong s’est également engagée à adopter les normes internationales d’information financière (IFRS) sur la publication d’informations en matière de durabilité.
Le 1er juin 2023, le nouveau régime d’agrément pour les plateformes d’échange d’actifs virtuels est entré en vigueur, fixant les exigences réglementaires applicables aux plateformes d’échange d’actifs virtuels agréées. Dans le cadre de ce nouveau régime, les plateformes centralisées d’échange d’actifs virtuels opérant à Hong Kong devront demander une autorisation au titre de l’ordonnance sur les titres et les contrats à terme (Hong Kong Securities and Futures Ordinance) et/ou de l’ordonnance relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Politique du commerce
Hong Kong a conclu huit accords de libre-échange (ALE): un avec la Chine continentale (l’accord CEPA, signé en juin 2003 et renforcé par la suite), un avec la Nouvelle-Zélande (signé en mars 2010), un avec les États membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE) (signé en juin 2011), un avec le Chili (signé en septembre 2012), un avec Macao (signé en octobre 2017), un avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) (signé en novembre 2017) un avec la Géorgie (signé en juin 2018) et un avec l’Australie (signé en mars 2019). Hong Kong a également signé 23 accords de promotion et de protection des investissements (APPI) avec des économies étrangères (y compris avec 10 États membres de l’UE) et des négociations (en attente de signature) ont été conclues avec Bahreïn, les Maldives et le Myanmar.
Hong Kong continue de chercher à adhérer rapidement au partenariat économique régional global (RCEP). Elle a présenté sa demande d’adhésion en janvier 2022. En janvier 2023, Hong Kong a entamé des négociations en vue de la conclusion d’un ALE avec le Pérou. En octobre, un APPI a été signé avec la Turquie 46 . Des APPI avec le Bangladesh, la Russie et l’Arabie saoudite sont en cours de négociation.
Dans son discours de politique générale d’octobre 2023, le chef de l’exécutif a déclaré que Hong Kong poursuivrait ses efforts pour rejoindre le RCEP et qu’il participerait également à 70 manifestations connexes avec des membres et des parties prenantes du RCEP en 2024. Hong Kong cherchera aussi activement à renforcer son accord de partenariat économique renforcé (CEPA) avec la Chine continentale, notamment en s’efforçant de poursuivre la libéralisation, en visant en particulier les secteurs (tels que celui des services financiers) dans lesquels Hong Kong bénéficie d’avantages concurrentiels.
Intégration économique avec la Chine continentale
En ce qui concerne l’intégration financière et l’accès mutuel, le volet nord du système d’échange «Swap Connect» a été lancé en mai 47 . Son but est de fournir aux investisseurs internationaux un canal leur permettant d’échanger des swaps de taux d’intérêt sur le continent grâce à une connexion entre les infrastructures de Hong Kong et celles du continent. Ce système vise à faciliter la gestion, par les investisseurs mondiaux, des risques de taux d’intérêt découlant de leur attribution à des obligations continentales et à accroître leur participation au marché onshore des obligations par l’intermédiaire de Hong Kong. En juin, la Hong Kong Exchange and Clearing Limited (HKEX) a lancé le HK$-RMB Dual Counter Model, qui offre aux investisseurs de Hong Kong la possibilité de négocier les actions d’une société cotée à Hong Kong en HKD ou en CNY.
En septembre 2023, les autorités de règlementation de Hong Kong et de Chine continentale ont annoncé que le programme de gestion du patrimoine «Wealth Management Connect» de la région de la Grande baie serait élargi 48 , notamment en ce qui concerne ses critères d’éligibilité, son champ d’application, ses produits et ses quotas.
Au cours de l’année, des orientations et des initiatives stratégiques ont été publiées en ce qui concerne le développement de la zone de coopération de l’industrie des services modernes Qianhai Shenzhen-Hong Kong (située à Shenzhen) et le renforcement des liens entre Qianhai et Hong Kong. Elles portaient notamment sur la facilitation de l’ouverture de comptes bancaires, sur l’établissement par les compagnies d’assurance de Hong Kong d’un centre de services après-vente en matière d’assurance à Qianhai et sur la fourniture d’un soutien aux entreprises de Qianhai en vue d’utiliser Hong Kong pour lever des fonds et mettre en place des activités à l’étranger.
En ce qui concerne la région de la Grande baie, dans son discours de politique générale, le chef de l’exécutif a proposé: i) un fonds d’investissement conjoint avec le gouvernement provincial du Guangdong afin d’investir dans des projets dans la région de la Grande baie; ii) la promotion des flux de données transfrontières; iii) l’utilisation des pôles logistiques situés dans le nord de Hong Kong comme point d’accès logistique à la région de la Grande baie; et iv) le renforcement de la coopération financière en matière d’accès mutuel (y compris avec Qianhai et au moyen de la mise en place d’un comité de coopération financière avec Shenzhen). Hong Kong a également cherché à étendre à l’ensemble de la région de la Grande baie les possibilités (actuellement limitées à Qianhai et à certaines zones de libre-échange) offertes aux entreprises continentales pour leur permettre de recourir au droit et aux services de règlement des litiges de Hong Kong en renforçant la coopération transfrontière sur des questions telles que les procédures de faillite. La collaboration médicale transfrontière sera renforcée (y compris en matière de recherche médicale, de soins de santé et de prise en charge des personnes âgées).
III.Relations entre Hong Kong et la Chine continentale
Au mois de mars, le gouvernement central chinois a subi un remaniement de ses dirigeants lors des sessions plénières annuelles du Congrès national du peuple et de la Conférence consultative politique du peuple chinois, connues sous le nom de «deux sessions». Ce remaniement a donné lieu à la réaffectation de toute une série de fonctionnaires à Hong Kong.
Ding Xuexiang, membre du comité permanent du bureau politique du parti communiste, est devenu vice-premier ministre et chef du groupe dirigeant chargé de Hong Kong et de Macao. Tung Chee-hwa, ancien chef de l’exécutif, a quitté ses fonctions de vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois. CY Leung, ancien chef de l’exécutif, a conservé son siège de vice-président de ce même organe.
Le 11 mars, Starry Lee, député et ancien président du parti politique pro-Pékin «Alliance démocratique pour l’amélioration et le progrès de Hong Kong» (DAB), a succédé à Tam Yiu-chung en tant que représentant unique de Hong Kong au sein du comité permanent du Congrès national du peuple.
Au niveau local, le 14 janvier, Pékin a nommé Zheng Yanxiong, ancien directeur du bureau pour la sauvegarde de la sécurité nationale du gouvernement populaire central de la RAS de Hong Kong, au poste de directeur du bureau de liaison du gouvernement populaire central de la RAS de Hong Kong et en tant que conseiller pour la sécurité nationale auprès du Comité pour la sauvegarde de la sécurité nationale de la RAS de Hong Kong, à la suite de Luo Huining. Le 18 juillet, Pékin a nommé Dong Jingwei au poste de chef du bureau pour la sauvegarde de la sécurité nationale de la RAS de Hong Kong, à la suite de Zheng Yanxiong.
Parallèlement à ces réaffectations, Pékin a annoncé, le 16 mars, son intention de faire du bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, relevant du Conseil des affaires d’État, le bureau du Comité central du Parti communiste chinois à Hong Kong et Macao. Du 13 au 18 avril, Xia Baolong, directeur du bureau de travail de Hong Kong et de Macao, s’est rendu en visite à Hong Kong. Au cours de son séjour, il a rencontré de hauts fonctionnaires des branches exécutive, législative et judiciaire du gouvernement de Hong Kong, ainsi que des représentants des secteurs des affaires, du droit, de la technologie et de l’éducation. Xia Baolong a également participé à la cérémonie d’ouverture de la journée de l’éducation à la sécurité nationale, le 15 avril. Dans un discours prononcé le 22 décembre, il a exposé ses attentes à l’égard de différents secteurs de la société hongkongaise, dont le gouvernement, les groupes politiques, les entreprises et les citoyens.
Entre le 29 octobre et le 5 novembre, une délégation de 17 juges et magistrats s’est rendue à Pékin pour une visite d’échange s’inscrivant dans le cadre des échanges professionnels en cours entre les juges et les magistrats de Hong Kong et ceux du continent. Entre le 19 et le 25 novembre, plus de 30 fonctionnaires se sont rendus sur le continent pour le premier programme national d’études destiné aux fonctionnaires de l’administration actuelle nommés pour des motifs politiques.
La facilitation de l’intégration de Hong Kong avec la Chine continentale est restée une priorité politique pour les autorités, tant à Hong Kong que dans la région du delta de la rivière des Perles et à Pékin. Le 7 novembre, le gouvernement provincial du Guangdong a publié le «plan d’action triennal pour la construction de la région numérique de la Grande baie». Ce plan vise à fournir une gamme complète de services électroniques dans des domaines tels que la création d’entreprises et les services de financement.
Au cours de l’année, la Chine continentale a été le principal partenaire commercial de Hong Kong en ce qui concerne les marchandises, représentant 49,2 % de ses échanges totaux. De son côté, Hong Kong a été une plaque tournante majeure du commerce pour la Chine continentale et le cinquième partenaire commercial de la Chine en 2023.
La province du Guangdong est restée une importante base de perfectionnement passif pour Hong Kong. L’accord de partenariat économique renforcé conclu avec la Chine continentale (en 2003) était l’accord commercial le plus important de Hong Kong. Aucune modification majeure n’a été apportée à l’accord en 2023. La valeur des marchandises réexportées en transit par Hong Kong en provenance et à destination de la Chine continentale représentait environ 85,4 % de la valeur totale du commerce de réexportation de Hong Kong (en 2022).
Hong Kong est restée le principal centre financier offshore et le principal pôle d’investissement pour la Chine. Fin 2022, la Chine continentale était la principale source d’entrées d’investissements directs étrangers, sans compter les centres offshore, et la première destination des IDE de Hong Kong à l’étranger, représentant respectivement 30 % et 49 % du stock total 49 . À son tour, Hong Kong était la principale source d’IDE en Chine continentale, puisqu’elle représentait 55,9 % du total des IDE vers le continent (à la fin 2022) et la principale destination des IDE de la Chine continentale, représentant 55,9 % du total (à la fin de l’année 2022). 1 447 entreprises du continent étaient cotées à Hong Kong, ce qui représente 76,5 % de la capitalisation boursière totale et 86,5 % des fonds propres.
Les marchés des capitaux de Hong Kong et de la Chine continentale sont reliés par le système «Stock Connect», qui relie les bourses de Hong Kong, de Shanghai et de Shenzhen, et par le système d’accès mutuel aux marchés obligataires baptisé «Bond Connect». Cette initiative a été complétée en septembre 2021 par le lancement d’un programme de gestion de patrimoine («Wealth Management Connect») destiné à la région de la Grande baie, qui permet aux résidents éligibles de la Chine continentale, de Hong Kong et de Macao d’investir dans des produits de gestion de patrimoine distribués par les banques sur leurs marchés respectifs. En 2023, les passerelles «Stock Connect» ont été renforcées et le volet nord du système d’échange «Swap Connect» a été lancé.
IV.Relations bilatérales et coopération UE-Hong Kong
En 2023, à la suite des mesures très restrictives mises en place pendant la pandémie, Hong Kong a rouvert ses frontières aux entreprises et aux voyageurs. Cette réouverture a offert de nouvelles possibilités en ce qui concerne les réunions physiques, les manifestations et les visiteurs.
Le chef du bureau de l’UE et les consuls généraux des États membres ont noué un dialogue régulier avec les hauts fonctionnaires du gouvernement de Hong Kong, y compris le chef de l’exécutif.
Le bureau de l’UE, en collaboration avec la chambre de commerce européenne de Hong Kong (EuroCham), a organisé la deuxième édition de la manifestation intitulée «Green Way», à laquelle ont participé des acteurs de haut rang et qui a débouché sur des recommandations qui permettraient une participation accrue de l’industrie et des normes de l’UE à l’appui de la stratégie environnementale de Hong Kong. Des actions de sensibilisation ont également été organisées auprès du public au sujet des politiques de l’UE en la matière, notamment le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, la directive sur le devoir de diligence, la circularité, le règlement sur les batteries, la finance verte, les normes de déclaration ESG, etc.
L’UE et Hong Kong ont poursuivi leur dialogue sur les questions fiscales et Hong Kong a modifié son régime fiscal en ce qui concerne l’exonération des revenus d’origine étrangère. Hong Kong et l’UE sont également entendues sur l’équivalence du certificat COVID numérique.
En 2023, les autorités de Hong Kong ont décidé de continuer à soutenir la participation des entités hongkongaises à «Horizon Europe». Le Conseil des subventions à la recherche de Hong Kong a proposé le «mécanisme UE-Hong Kong de cofinancement de la coopération en matière de recherche par le conseil des subventions à la recherche» afin de soutenir financièrement les entités établies à Hong Kong qui souhaitent rejoindre des consortiums Horizon Europe. Des manifestations visant à encourager les échanges interpersonnels entre l’UE et Hong Kong ont été organisées.
Selon l’enquête annuelle relative aux entreprises étrangères réalisée par le bureau du recensement et des statistiques de Hong Kong 50 , l’UE demeure à la tête de la plus grande communauté d’entreprises étrangères dans la ville, devant le Japon, les États-Unis et le Royaume-Uni. En juin 2023, au moins 1 548 entreprises de l’UE étaient installées à Hong Kong et nombre d’entre elles (797) y avaient établi leur siège régional ou des bureaux régionaux. Les entreprises de l’UE étaient présentes dans un large éventail de secteurs, notamment les services financiers et les services aux entreprises, le commerce et la logistique, la vente au détail, l’alimentation et les boissons ainsi que le bâtiment. Dans l’enquête, le nombre d’entreprises de l’UE a enregistré une baisse de 3,4 % par rapport à son niveau antérieur à la COVID-19 (juin 2019), tandis que le nombre total d’entreprises étrangères non chinoises a diminué de 5,2 % au cours de cette période. Les entreprises de l’UE ont donc été plus résilientes face aux évolutions locales que d’autres milieux d’affaires étrangers. Ces statistiques ne tiennent toutefois pas compte des entreprises de l’UE qui ont réduit ou délocalisé certaines activités et/ou une partie de leur personnel sans quitter Hong Kong.
Au cours des 11 premiers mois de 2023, les échanges bilatéraux de marchandises entre l’UE et Hong Kong se sont élevés à 28,5 milliards d’EUR, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à la même période en 2022. Les exportations de marchandises de l’UE vers Hong Kong se sont élevées à 23,4 milliards d’EUR, contre 5,1 milliards d’EUR pour les importations en provenance de Hong Kong, soit un excédent de 18,2 milliards d’EUR pour l’UE 51 . En 2023, l’UE était le troisième partenaire commercial de Hong Kong en ce qui concerne les marchandises, après la Chine continentale et Taïwan 52 . Hong Kong est restée une importante plaque tournante pour le commerce entre la Chine continentale et l’UE.
L’UE était le troisième partenaire commercial de Hong Kong dans le domaine des services (dernières données disponibles, statistiques de Hong Kong) 53 . En 2022, Hong Kong était le 10e partenaire de l’UE pour les importations de services hors UE et son huitième principal partenaire pour les exportations de services hors UE (Eurostat) 54 . Selon les données d’Eurostat, les volumes des échanges de services entre l’UE et Hong Kong ont atteint un total d’environ 41 milliards d’EUR en 2022, avec des augmentations enregistrées ces dernières années (+ 8 % en 2022 et + 30 % en 2021). Les principaux services échangés sont des services de transports, de télécommunications, des services financiers et d’autres services aux entreprises.
L’UE était le cinquième investisseur à Hong Kong et la deuxième destination des investissements directs étrangers de Hong Kong à l’échelle mondiale. Selon Eurostat, Hong Kong était la neuvième source de stocks d’IDE dans l’UE en 2022, avec 194,5 milliards d’EUR (soit une hausse de 11,6 % en glissement annuel, mais une baisse de 4,2 % par rapport au niveau record enregistré en 2019), et la 15e destination des stocks d’IDE de l’UE, avec 95,7 milliards d’EUR (soit une hausse de 3,1 % en glissement annuel, mais une baisse de 42,8 % par rapport au niveau record enregistré en 2019) 55 .
Le mécanisme de soutien au dialogue politique entre l’UE et Hong Kong a continué d’offrir une plateforme de discussion sur des sujets tels que la durabilité et les échanges dans l’enseignement supérieur.
Le 18 septembre, le cabinet du commissaire du ministère des affaires étrangères a publié une note verbale demandant aux représentations diplomatiques étrangères de fournir des informations à caractère personnel sur leur personnel local. Le 8 décembre, le gouvernement a adopté un projet de loi imposant aux missions diplomatiques étrangères de demander l’approbation du cabinet du commissaire du ministère des affaires étrangères pour prolonger leurs baux fonciers.
Le bureau de l’UE a organisé le festival du film de l’Union européenne 2023, inauguré par la projection d’un film ukrainien. Parmi les activités qui ont été organisées, figurent également une exposition de photos marquant le premier anniversaire de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, une manifestation à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une table ronde avec des représentants de la société civile concernant les droits des personnes LGBTI+ à Hong Kong, à l’occasion des «Gay Games» de Hong Kong, et une projection de films suivie d’une discussion, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme 2023.
Dans ses conclusions de juillet 2020 sur Hong Kong 56 , le Conseil a demandé la poursuite de l’observation des procès de militants prodémocratie. Le bureau de l’UE et les États membres de l’UE à Hong Kong ont effectué 122 observations de procès en 2023.
Publication du haut représentant/vice-président concernant le mandat d’arrêt émis à l’encontre de huit militants, 5 juillet, disponible à l’adresse suivante: https://twitter.com/JosepBorrellF/status/1676663898886361088 .
Déclaration de la porte-parole sur les modifications apportées au système électoral des conseils de district, 6 juillet, disponible à l’adresse suivante: https://www.eeas.europa.eu/eeas/hong-kong-statement-spokesperson-changes-district-council-electoral-system_en .
Déclaration de la porte-parole concernant l’ouverture du procès intenté au nom de la sécurité nationale contre Jimmy Lai, 18 décembre, disponible à l’adresse suivante: https://www.eeas.europa.eu/eeas/hong-kong-statement-spokesperson-start-national-security-trial-against-jimmy-lai_en .
Publication sur la condamnation des organisateurs de la veillée du 4 juin pour non-respect d’un avis de la police de sécurité nationale, disponible à l’adresse suivante: https://twitter.com/NabilaEUspox/status/1634573843116220419 .
Publication relative à l’élection des conseils de district, disponible à l’adresse suivante: https://twitter.com/nabilaEUspox/status/1734134836573479177?s=48&t=DhTwM2QUg9VBLA9NCBIQXw .
https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2023-0242_FR.html .
https://www.censtatd.gov.hk/en/web_table.html?id=81 (total des États membres de l’UE).
L’article 23 de la loi fondamentale de Hong Kong dispose que la région administrative spéciale de Hong Kong édicte ses propres lois aux fins de proscrire tout acte de trahison, de sécession, de sédition ou de subversion à l’égard du Conseil des affaires de l’État (gouvernement central de la Chine populaire) et tout vol de secrets d’État, d’interdire aux organisations ou organes politiques étrangers de mener des activités politiques dans la région et d’interdire aux organisations ou organes politiques de la région de nouer des liens avec des organisations ou organes politiques étrangers. La dernière tentative d’élaboration d’une législation au titre de l’article 23, en 2003, avait déclenché de nombreuses protestations publiques, entraînant l’arrêt du projet législatif.
La loi de la République populaire de Chine sur la sauvegarde de la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong proscrit les activités de sécession, de subversion, de terrorisme et de collusion avec un pays étranger ou avec des éléments extérieurs menées dans le but de mettre en péril la sécurité nationale.
https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=27848 .
https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=27992 .
https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=28178 .
https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=28323 .
https://www.cato.org/sites/cato.org/files/2023-12/human-freedom-index-2023-county-profiles.pdf .
https://www.fcchk.org/statement-on-results-of-fccs-press-freedom-survey/ .
https://twitter.com/UNHumanRights/status/1665415438514176002 .
Examen statistique du commerce mondial 2023 réalisé par l’Organisation mondiale du commerce: https://www.wto.org/french/res_f/publications_f/wtsr_2023_f.htm .
Rapport sur l’investissement dans le monde 2023 élaboré par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement:
https://unctad.org/system/files/official-document/wir2023_en.pdf s.
Ratio calculé à partir des statistiques du PIB et du commerce extérieur (sur 10 mois en 2023) du bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
Rapport sur l’investissement dans le monde 2023 élaboré par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement: https://unctad.org/system/files/official-document/wir2023_en.pdf .
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
Estimations anticipées relatives au produit intérieur brut pour l’année 2023, janvier 2024, bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
https://www.censtatd.gov.hk/en/press_release_detail.html?id=5380 .
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong: https://www.censtatd.gov.hk/en/press_release_detail.html?id=5378 .
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
Mesures de volumes chaînées du PIB par activité économique — en dollars chaînés (2021), bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong, disponibles à l’adresse suivante: https://www.censtatd.gov.hk/en/web_table.html?id=310-34501 .
Taux de change de décembre 2022: 1 EUR = 8,0965 HKD.
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
Statistiques de marché, site web de la Hong Kong Exchange and Clearing Limited:
Arrivées de visiteurs à Hong Kong, office du tourisme de Hong Kong: https://partnernet.hktb.com/en/research_statistics/latest_statistics/index.html .
Statistiques du trafic aérien, ministère de l’aviation civile:
Rapport sur l’enquête annuelle 2023 relative aux entreprises à Hong Kong dont les sociétés mères sont établies en dehors de Hong Kong, bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong: https://www.censtatd.gov.hk/en/EIndexbySubject.html?pcode=B1110004&scode=360 .
Communiqué de presse du gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong: https://www.news.gov.hk/eng/2023/10/20231004/20231004_173732_399.html .
Communiqué de presse du gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong: https://www.info.gov.hk/gia/general/202310/31/P2023103100544.htm .
Communiqué de presse de l’autorité monétaire de Hong Kong:
https://www.hkma.gov.hk/eng/news-and-media/press-releases/2023/05/20230515-3/ .
Communiqué de presse de l’autorité monétaire de Hong Kong:
https://www.hkma.gov.hk/eng/news-and-media/press-releases/2023/09/20230928-4/ .
Rapport sur les statistiques en matière d’investissements directs étrangers de Hong Kong (édition 2021), 8 décembre 2023, disponible à l’adresse suivante: https://www.censtatd.gov.hk/en/EIndexbySubject.html?pcode=B1040003&scode=260 .
Rapport sur l’enquête annuelle relative aux entreprises à Hong Kong dont les sociétés mères sont établies en dehors de Hong Kong, édition 2023, bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong, disponible à l’adresse suivante: https://www.censtatd.gov.hk/en/EIndexbySubject.html?pcode=B1110004&scode=360.
Source: Eurostat, commerce de marchandises de l’Union européenne.
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong: https://www.censtatd.gov.hk/en/scode230.html#section4 .
Bureau du recensement et des statistiques de la région administrative spéciale de Hong Kong:
https://www.censtatd.gov.hk/en/EIndexbySubject.html?pcode=B1020011&scode=240 .
Eurostat, commerce de services de l’Union européenne:
https://ec.europa.eu/eurostat/web/main/data/database et https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20240130-1 .
Source: Eurostat, statistiques de l’Union européenne sur les investissements étrangers. https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/bop_fdi6_geo/default/table?lang=fr .
https://www.consilium.europa.eu/media/45222/council-conclusions-on-hong-kong.pdf .
Notification préalable d’une concentration (Affaire M.11764 – DP WORLD / ARCESE / JV) — Cas susceptible d’être traité selon la procédure simplifiée
27/12/2024
Notification préalable d’une concentration (Affaire M.11789 – APOLLO / BARNES GROUP) — Cas susceptible d’être traité selon la procédure simplifiée
23/12/2024
Acte préparatoire — 52022HB0026R(01)
20/12/2024
Non-opposition à une concentration notifiée (Affaire M.11717 — SUMITOMO / EEW HOLDING / EEW OFFSHORE WIND EU HOLDING)
20/12/2024