La taxation des produits énergétiques et de l’électricité au sein de l’Union européenne est régie par la directive 2003/96/CE du Conseil du 27 octobre 2003 restructurant le cadre communautaire de taxation des produits énergétiques et de l’électricité (ci-après la «directive sur la taxation de l’énergie» ou la «directive»).
Conformément à l’article 19, paragraphe 1, de la directive, outre les dispositions prévues en particulier aux articles 5, 15 et 17, le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission, peut autoriser un État membre à introduire des exonérations ou des réductions supplémentaires du niveau de taxation pour des raisons de politique spécifiques.
En vertu de la décision d’exécution (UE) 2023/1197 du Conseil du 19 juin 2023, la Pologne a été autorisée à appliquer des taux d’accise réduits au fioul lourd, au gaz naturel, au charbon et au coke utilisés comme combustibles. Cette autorisation a expiré le 30 juin 2023.
La Pologne demande l’autorisation de continuer à appliquer une réduction temporaire des taux de taxation nationaux pour le fioul lourd, le gaz naturel, le charbon et le coke utilisés comme combustibles, qui seraient ainsi inférieurs aux niveaux minimaux de taxation fixés à l’article 9 et à l’annexe I, tableau C, de la directive.
La période de validité demandée est limitée à six mois, ce qui n’excède pas la durée maximale autorisée par l’article 19, paragraphe 2, de la directive sur la taxation de l’énergie.
Par lettre du 30 juin 2023, les autorités polonaises ont informé la Commission de leur intention de continuer à appliquer la mesure temporaire susmentionnée pour une nouvelle période de six mois, à compter du 1er juillet 2023 jusqu’au 31 décembre 2023. Les autorités polonaises ont fourni des informations complémentaires le 8 septembre 2023, ainsi que les 5 et 13 octobre 2023.
La demande de dérogation porte sur l’application de taux d’accise réduits au fioul lourd, au gaz naturel, au charbon et au coke utilisés comme combustibles.
Les autorités polonaises ont fait valoir que l’actualisation annuelle des taux minimaux exprimés en monnaies nationales, qui est exigée pour les États membres qui n’ont pas adopté l’euro en application de l’article 13 de la directive, combinée au taux de change euro/zloty (EUR/PLN) temporairement élevé – et défavorable – en vigueur le premier jour ouvrable du mois d’octobre 2022, nécessiterait d’augmenter les niveaux de taxation applicables aux produits concernés.
Bien que depuis lors, le taux de change du zloty soit revenu à un niveau plus favorable, les règles définies par l’article 13 n’en tiennent pas compte; par conséquent, l’introduction d’une demande de dérogation représente le seul moyen pour la Pologne de maintenir des niveaux constants de taxation des produits énergétiques en question. Selon la Pologne, sans cette dérogation, il conviendrait d’augmenter les niveaux de taxation applicables à ces produits.
La demande introduite par la Pologne vise à atténuer l’incidence négative que pourrait avoir l’adaptation prévue à l’article 13 de la directive sur la taxation de l’énergie, en maintenant les taux de taxation nationaux applicables à leurs niveaux actuels, en deçà des niveaux minimaux de taxation correspondants établis par la directive. Cela correspondrait à une réduction des taux de taxation nationaux exprimés en euros par rapport aux taux minimaux, résultant de la différence de change EUR/PLN après l’adaptation annuelle effectuée conformément à l’article 13 de la directive. Ce maintien des taux nationaux actuels serait également appliqué à d’autres produits destinés au chauffage au sens de l’article 2, paragraphe 3, de ladite directive.
D’après les autorités polonaises, la situation sociale et économique engendrée par l’inflation élevée ainsi que la hausse des prix des produits énergétiques continuent de poser de graves problèmes à la société polonaise.
Outre les autres mesures qui ont été adoptées, la Pologne a mis en exergue l’importance d’une telle dérogation compte tenu de l’incidence négative de la forte hausse des prix de l’énergie, qui est l’une des conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Parallèlement à l’inflation galopante, les autorités polonaises ont souligné que cette situation avait des répercussions directes sur les ménages comme sur les entreprises.