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AccueilDroit européen52024SC0616
Acte préparatoire52024SC0616

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION Rapport par pays 2024 — Luxembourg accompagnant le document: Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL relative aux politiques économique, sociale, de l’emploi, structurelle et budgétaire du Luxembourg

CELEX52024SC0616
TypeActe préparatoire
Datemercredi 19 juin 2024

Résumé IA

Ce document de travail des services de la Commission analyse la situation économique, sociale et budgétaire du Luxembourg en 2024. Il identifie les principaux défis structurels du pays, notamment en matière de logement, de transition verte et de compétitivité, et sert de base à la recommandation du Conseil adressée au Luxembourg. Pour un professionnel du droit français, ce rapport éclaire le contexte macroéconomique et les priorités politiques luxembourgeoises qui peuvent influencer les évolutions législatives et réglementaires dans le cadre du Semestre européen.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 19.6.2024

SWD(2024) 616 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

Rapport par pays 2024 — Luxembourg

accompagnant le document:

Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL

relative aux politiques économique, sociale, de l’emploi, structurelle et budgétaire
du Luxembourg

{COM(2024) 616 final} - {SWD(2024) 600 final}


L’économie luxembourgeoise, historiquement forte, s’est contractée en 2023

Le profil de croissance du Luxembourg reflète sa sensibilité aux changements de l’environnement international, révélant ainsi des défis pour sa compétitivité 1 . Le secteur financier, moteur économique traditionnel du Luxembourg, a conduit le pays aux revenus par habitant les plus élevés de l’UE, contribuant ainsi à la solidité du marché du travail et à la solidité des finances publiques. Pourtant, l’économie historiquement forte du pays a connu une croissance deux fois moins rapide depuis la crise financière mondiale et s’est contractée en 2023. La profonde intégration du Luxembourg dans les marchés internationaux des capitaux expose le pays à des risques associés aux fluctuations financières mondiales et à l’environnement réglementaire d’autres pays.

La situation géopolitique et le resserrement de la politique monétaire ont eu des répercussions négatives sur l’économie ouverte du Luxembourg. L’activité économique a diminué de 1,1 % en 2023, principalement sous l’effet du secteur financier. L’incertitude accrue et le resserrement de la politique monétaire ont eu une incidence sur les flux d’investissement. En octobre 2023, les actifs gérés par le secteur de la gestion de fonds ont enregistré leur niveau le plus bas depuis le pic atteint en 2021 (voir aussi annexe 18). Depuis la crise financière mondiale, la croissance économique a ralenti pour atteindre 2,5 % par an en moyenne, contre 4,8 % au cours de la période précédente, et, à six reprises, elle a été inférieure à celle de l’agrégat de la zone euro. Chaque fois, l’activité dans le secteur financier a diminué, le plus souvent en lien avec un recul des marchés boursiers. La croissance du PIB réel devrait rester faible en 2024, à 1,4 %, avant de remonter à 2,3 % en 2025. La croissance inférieure à la moyenne en 2024 est principalement due à la faiblesse des exportations nettes et de l’investissement dans un contexte de conditions de financement défavorables et d’incertitude géopolitique. Par ailleurs, une baisse de l’exportation de services liés aux fonds d’investissement et la diminution du volume des transactions dans le secteur financier entraîneraient une contribution négative des exportations nettes (Commission européenne, 2024 ).

Les salaires ont augmenté, mais des mesures maintiennent l’inflation en dessous de la moyenne de la zone euro. Le fléchissement des prix de l’énergie et des denrées alimentaires a entraîné un assouplissement progressif de l’inflation, qui avait atteint un pic en 2022. Toutefois, en 2023, un ralentissement plus prononcé a été évité par une croissance plus forte des salaires, les coûts réels moyens de la main-d’œuvre ayant augmenté de 3,8 % (après que le mécanisme d’indexation des salaires a exceptionnellement été activé trois fois en 2023). Les prévisions d’inflation pour le Luxembourg s’établissent à 2,3 % pour 2024, année au cours de laquelle une seule indexation des salaires est attendue, et devraient continuer de baisser pour atteindre 2,0 % en 2025, principalement parce que les prix de l’énergie et des biens devraient ralentir considérablement. L’incidence de l’inflation sur l’économie nationale a été contrebalancée par des mesures de soutien du gouvernement (dans le cadre du Solidaritéitspak) réduisant le nombre d’indexations des salaires. Cependant, conformément aux recommandations du Conseil adressées au Luxembourg en 2023, il demeure important que le gouvernement mette fin à ces mesures dès que possible en 2024 ou veille à ce que toute nouvelle mesure d’urgence soit temporaire et cible les ménages et les entreprises vulnérables, et maintienne les incitations aux économies d’énergie.

La dette publique du Luxembourg, bien qu’elle soit relativement faible, a triplé depuis la crise financière mondiale et présente des défis à long terme pour les finances publiques. Le déficit public a atteint 1,3 % du PIB en 2023 et devrait augmenter pour s’établir à 1,7 % du PIB en 2024. Cette augmentation est principalement due aux mesures de soutien actuellement mises en œuvre dans le cadre du Solidaritéitspak pour atténuer l’incidence de la hausse des prix de l’énergie et soutenir le secteur de la construction. La dette publique devrait augmenter pour atteindre 27,1 % du PIB en 2024, contre 25,7 % en 2023. Le principal défi pour les finances publiques luxembourgeoises consiste à garantir la viabilité à long terme, notamment en raison de l’augmentation des coûts des pensions (qui devraient augmenter de 8,3 points de pourcentage pour atteindre 17,5 % du PIB d’ici à 2070) et de la demande croissante de soins de longue durée, qui devraient exercer une forte pression à la hausse sur les dépenses publiques dans les décennies à venir (voir aussi Commission européenne, 2024 ).

Encadré 1:

La compétitivité du Luxembourg en bref

Le secteur financier du Luxembourg a permis au pays d’atteindre l’un des niveaux de productivité les plus élevés de l’Union européenne. Son centre financier international représente chaque année plus de 30 % de son PIB, 11 % de l’emploi et 20 % des recettes fiscales directes, avec des effets indirects encore plus importants. L’économie a grandement bénéficié de l’intégration du secteur dans les marchés financiers mondiaux, les intrants intermédiaires (principalement importés) représentant près de 90 % de sa production, ce qui a entraîné une production par heure six fois supérieure à celle du reste de l’économie marchande.

Toutefois, des défis en matière de compétitivité subsistent:

 la valeur ajoutée par travailleur du secteur financier a diminué de 15 % entre 2021 et 2023, avec une baisse cumulée de 30 % depuis 2007, ce qui reflète une diminution de la capacité à tirer parti des avantages de l’intégration du secteur dans les marchés financiers mondiaux (voir aussi annexe 5);

 la part des investissements des entreprises dans le PIB du Luxembourg est l’une des plus faibles de l’Union, ce qui pèse sur la productivité du pays et sur sa compétitivité coûts et hors coûts (voir aussi annexe 12); et

 les pénuries de travailleurs, l’un des principaux obstacles à l’investissement, pourraient être encore exacerbées par les prix élevés des logements et la congestion routière, entraînant une incidence sur l’attrait du Luxembourg en tant que lieu de travail. Dans le même temps, les nombreuses récentes indexations salariales dues à la forte inflation ont eu une incidence négative sur la compétitivité des entreprises, en particulier dans les secteurs d’activité non financiers moins productifs, et, si elles persistent, elles pourraient décourager les investissements en installations entièrement nouvelles et avoir une incidence sur les décisions de délocalisation des entreprises.

Le Luxembourg est confronté à des pénuries de travailleurs qualifiés et à une inadéquation des compétences, qui pèsent sur la compétitivité. En 2023, malgré le recul de l’activité économique, l’emploi a augmenté de 2,2 %, avec une hausse notable de 3,3 % dans le secteur financier. Toutefois, dans la conjoncture actuelle, le rythme de la création d’emplois a ralenti, et la baisse du taux de vacance d’emploi indique un resserrement du marché du travail. Selon des enquêtes de la Chambre de commerce (CC, 2023), plus de la moitié des employeurs cite le manque de travailleurs qualifiés comme principal obstacle à la croissance économique et à l’investissement. Malgré de bons résultats globaux en matière d’éducation et de formation des adultes, la participation des travailleurs âgés et des personnes peu qualifiées aux programmes d’apprentissage reste faible. Ce problème est aggravé par le fait qu’une proportion considérable de la main-d’œuvre approche de la retraite et par une dépendance à l’égard des travailleurs tant frontaliers (47 % en 2023) qu’étrangers (27 % en 2023). Historiquement, l’afflux de jeunes travailleurs frontaliers et étrangers, attirés par les salaires et le niveau de vie relativement élevés du pays, a aidé le Luxembourg à contrebalancer le vieillissement de la main-d’œuvre. Néanmoins, cette tendance s’estompe et appelle des stratégies pour faire face aux changements causés par le vieillissement de la population (LISER, 2023 ), y compris l’augmentation du très faible taux d’emploi des travailleurs âgés. Les projections indiquent un besoin d’environ 300 000 nouveaux travailleurs, soit une augmentation de 64 %, d’ici à 2030 (UEL, 2023 ). En réaction, de nouvelles règles adoptées en septembre 2023 visent à rationaliser le recrutement des ressortissants de pays tiers. Le nouveau gouvernement a l’intention de poursuivre l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de compétences. Il subsiste d’importantes difficultés liées au manque de logements abordables (voir annexe 18), à la congestion routière et à l’éducation (voir annexe 15), qui entravent la capacité du Luxembourg à attirer les travailleurs nécessaires possédant les compétences adéquates, ce qui est particulièrement crucial pour réussir les transitions écologique et numérique (voir aussi annexe 14).

Si les vulnérabilités liées aux prix élevés des logements et au fort endettement des ménages se sont récemment accentuées, elles semblent avoir été globalement maîtrisées et devraient s’atténuer à moyen terme. Un bilan approfondi du logement dans le cadre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques a été réalisé pour le Luxembourg en 2023 (Commission européenne, 2023 ). Il a permis de conclure à l’absence de déséquilibres macroéconomiques. À mesure que la politique monétaire s’est resserrée tout au long de l’année 2023, les risques financiers se sont accrus sur le marché immobilier luxembourgeois et pour les ménages plus lourdement endettés, ayant des revenus plus faibles et des prêts hypothécaires à taux variable, qui continuent de rencontrer des difficultés pour honorer leurs obligations hypothécaires en raison de la hausse des taux d’intérêt. Une étude utilisant des données de 2021 a montré qu’environ 30 % des ménages luxembourgeois pouvaient être considérés comme financièrement vulnérables. Toutefois, les ménages endettés de ce groupe ne représentent que 11 % du nombre de contrats hypothécaires et 9 % de l’endettement agrégé du secteur des ménages 2 . À ce jour, le rapport entre les prêts non productifs et le total des prêts a diminué, pour s’établir à 0,7 % en 2023, contre 1,2 % l’année précédente. Il reste inférieur à la moyenne de l’Union européenne. Dans le même temps, les prix des logements ont fortement diminué — de 9,1 % en 2023 (OH, 2024 ). Cela s’est traduit par des diminutions en termes réels, tandis que des mesures prises par le gouvernement ont contribué à alléger la charge financière que représente le logement pour les ménages vulnérables.

Les données économiques donnent à penser que des entreprises utilisent les règles fiscales luxembourgeoises à des fins de planification fiscale agressive. En 2022, le Luxembourg a continué d’enregistrer le stock d’investissements directs étrangers (IDE) entrants et sortants le plus élevé de l’Union européenne en pourcentage du PIB. La majeure partie du stock d’IDE au Luxembourg (60 % des flux entrants et 60 % des flux sortants d’IDE en 2022) est détenue par des entités ad hoc. La part considérable de stocks d’IDE détenus par de telles entités peut être un indice de planification fiscale agressive. Le Luxembourg est l’un des principaux vecteurs de flux de capitaux: il reçoit 16,8 % de l’ensemble des dividendes perçus par l’EU-27 et est à l’origine de 16,9 % de l’ensemble des dividendes versés par l’EU-27 (2022). Il est également le bénéficiaire de 34,2 % de l’ensemble des intérêts perçus par l’EU-27 et à l’origine de 27,2 % de l’ensemble des intérêts payés par l’EU-27 (2022). Ces flux sont parmi les plus élevés de l’Union et sont disproportionnés par rapport à la taille de l’économie du pays. L’absence de retenue à la source sur les paiements d’intérêts et de redevances à destination de pays où le taux d’imposition est faible ou nul et qui ne figurent pas sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales, ou l’absence de mesures ayant un effet équivalent, est particulièrement préoccupante.

Encadré 2:

Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies

Le Luxembourg affiche de relativement bons résultats en ce qui concerne plusieurs indicateurs de suivi des ODD, bien que des défis subsistent dans le domaine de la durabilité environnementale, où il s’améliore néanmoins (ODD 2, 7, 12 et 13). Dans ce domaine, le pays enregistre de bons résultats en ce qui concerne les villes et communautés durables (ODD 11). Le Luxembourg obtient de bons résultats en ce qui concerne certains indicateurs de suivi des ODD relatifs à l’équité, tels que la bonne santé et le bien-être (ODD 3), l’égalité entre les sexes (ODD 5) et la réduction des inégalités (ODD 10). Pour ce qui est des ODD relatifs à la productivité, le pays s’éloigne des objectifs fixés pour l’éducation de qualité (ODD 4), le travail décent et la croissance économique (ODD 8) et l’industrie, l’innovation et l’infrastructure (ODD 9). Enfin, le Luxembourg affiche de très bons résultats en ce qui concerne l’indicateur nº 16 de suivi des ODD relatif à la stabilité macroéconomique.

Le Luxembourg obtient des résultats inférieurs à la moyenne de l’Union pour cinq des 17 indicateurs. Outre ceux liés à la durabilité environnementale mentionnés ci-dessus, le Luxembourg s’éloigne des objectifs en matière de travail décent et de croissance économique (ODD 8).

Dans l’ensemble, la situation sociale est bonne au Luxembourg, mais des inégalités persistent entre les différents segments de la population, comme en témoigne le risque de pauvreté et d’exclusion sociale. Le tableau de bord social qui sous-tend le socle européen des droits sociaux souligne que la proportion de personnes exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale a diminué en 2022 (19,4 %), restant inférieure à la moyenne de l’Union (21,6 %). Cependant, les personnes qui ne sont pas nées au sein de l’Union européenne sont plus susceptibles de connaître la pauvreté (38,3 %) et d’être des travailleurs pauvres au Luxembourg (33,4 %). Le niveau d’instruction ainsi que la composition et l’intensité de travail 3 du ménage sont des facteurs qui influent sur le risque de pauvreté et de pauvreté des travailleurs (voir annexe 14). De plus, l’incidence des transferts sociaux sur la réduction de la pauvreté a diminué, passant de 34,2 % en 2021 à 33,7 % en 2022 (soit moins que la moyenne de l’Union européenne, qui s’établit à 35 %). La pauvreté des travailleurs reste particulièrement élevée au Luxembourg (12,9 %, contre une moyenne de l’Union de 8,5 %), ce qui met en évidence les difficultés auxquelles certains groupes sont toujours confrontés sur le marché du travail.

Les financements provenant de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et les financements au titre de la politique de cohésion renforcent mutuellement les efforts consentis par le Luxembourg pour stimuler sa compétitivité et favoriser une croissance durable. Outre les 83 millions d’EUR de financement au titre de la FRR décrits à l’annexe 3, la politique de cohésion rapporte au Luxembourg 38,9 millions d’EUR pour la période 2021-2027. Le soutien combiné apporté par ces deux instruments représentait environ 0,15 % du PIB du pays en 2023, contre une moyenne de l’Union de 5,38 % (voir annexe 4).

Dans le cadre de son plan pour la reprise et la résilience (PRR), le Luxembourg a lancé d’importantes mesures qui devraient améliorer la compétitivité du pays. En particulier, le PRR prévoit des réformes dans les domaines des soins de santé, de l’innovation, des transports durables, de la reconversion et du perfectionnement professionnels et du logement. Le Luxembourg a également investi dans l’allègement de la charge administrative pesant sur les citoyens et les entreprises grâce à une série de mesures de numérisation. Il s’agit notamment de développer une interface mobile pour les tâches administratives, de moderniser les activités des agences de placement afin de faciliter des transitions professionnelles plus en douceur et de veiller à ce que les compétences des travailleurs soient alignées sur la demande du marché du travail, et de créer un registre en ligne des professionnels de la santé afin d’optimiser le déploiement du personnel en cas d’urgence et de planifier les futurs rôles dans le domaine des soins de santé.

La mise en œuvre du plan pour la reprise et la résilience du Luxembourg est bien engagée. Le Luxembourg a présenté une demande de paiement, correspondant à 26 jalons et cibles figurant dans le plan, qui a donné lieu à un décaissement global de 20,2 millions d’EUR le 16 juin 2023. Au-delà de la demande de paiement, la mise en œuvre du plan est globalement sur les rails (voir annexe 3).

Les financements au titre de la politique de cohésion aident le Luxembourg à relever ses défis en matière de croissance et de compétitivité et à favoriser la cohésion sociale et territoriale. Au cours de la période de programmation de la politique de cohésion 2014-2020, le soutien était axé sur l’efficacité énergétique, la recherche et l’inclusion sociale. Durant l’actuelle période de programmation 2021-2027, la politique de cohésion donnera un nouvel élan à la compétitivité du Luxembourg, à la transition écologique et numérique et à la cohésion sociale, en améliorant les conditions de vie et de travail des citoyens. Plus de 10 % des fonds alloués au titre de la politique de cohésion sont consacrés aux investissements dans l’efficacité énergétique, ciblant la rénovation en profondeur des bâtiments. Pendant la période 2021-2027, le Fonds européen de développement régional financera du matériel pour la recherche et l’innovation et encouragera davantage encore la création d’emplois dans le domaine de la recherche.

Renforcer l’efficacité énergétique et
les énergies renouvelables

Utilisant efficacement différentes sources de financement, le Luxembourg a pris des mesures pour améliorer l’efficacité énergétique de son système de transports en commun et de ses bâtiments résidentiels et publics. Des investissements sont prévus en vue de porter la capacité de production d’énergies renouvelables du pays à 200 MWh/an. Les fonds alloués au Luxembourg au titre du Fonds pour une transition juste, pour un montant total de 9,2 millions d’EUR, seront investis dans le sud du pays et contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de serre en améliorant la performance énergétique des logements, en augmentant le nombre de véhicules des transports en commun respectueux de l’environnement et en améliorant l’efficacité énergétique des bâtiments publics.

Quant aux mesures qui se renforcent mutuellement, le PRR comprend une réforme qui encourage l’électrification des transports en commun. Dans le cadre de cette réforme, une nouvelle loi précise le pourcentage minimal de véhicules propres achetés au moyen de marchés publics. Cela vaut pour les autobus et autres véhicules publics. Le Luxembourg, en tant que pouvoir adjudicateur, prévoit l’électrification de l’ensemble de la flotte d’autobus exploités par l’opérateur de transport public (le RGTR) d’ici à 2030. Cette réforme est complétée par deux projets relevant du Fonds européen de développement régional qui contribuent à sa mise en œuvre: l’achat de bus électriques utilisés pour les transports urbains collectifs et l’installation des infrastructures de recharge. L’un de ces projets, qui bénéficie d’un financement au titre de REACT-EU, concerne le réseau régional du RGTR et l’autre cofinance 13 bus et deux stations de recharge pour autobus dans la capitale.

Rendre le marché de l’emploi plus accessible

Afin de stimuler la croissance économique et de maximiser la productivité et la compétitivité des travailleurs luxembourgeois, le Fonds social européen plus soutiendra l’accès à l’emploi des demandeurs d’emploi. Cette initiative, dotée d’un budget de quelque 4,7 millions d’EUR, sera principalement axée sur le développement des compétences. En outre, 1,7 million d’EUR seront consacrés à la promotion de l’apprentissage tout au long de la vie en vue du perfectionnement et de la reconversion professionnels des salariés en fonction des besoins de compétences, et 2,9 millions d’EUR seront alloués pour aider les groupes défavorisés, en particulier grâce à des parcours intégrés d’accès à l’emploi, y compris des formations et des ateliers de réinsertion sociale et professionnelle. La réforme des compétences prévue dans le PRR, qui analyse la situation et associe les parties prenantes, contribue à mieux cibler les investissements dans le perfectionnement et la reconversion professionnels. Les chômeurs ont bénéficié d’un investissement «FutureSkills» au titre du PRR, puis d’un investissement «Skills4Jobs» soutenu par le Fonds social européen plus.


Encadré 3:

Action combinée pour des fonds de l’Union plus efficaces

La réforme «Naturpakt» du PRR crée un cadre dans lequel les communes peuvent bénéficier d’un soutien financier pour des mesures visant à protéger la nature et à prévenir la perte de biodiversité. Plus de 80 communes ont signé le contrat «Naturpakt». Par l’intermédiaire du Fonds européen agricole pour le développement rural, le plan stratégique relevant de la politique agricole commune soutient diverses mesures permettant aux agriculteurs d’améliorer la biodiversité. Une prime en faveur d’une agriculture et d’une viticulture durables et respectueuses de l’environnement est accordée aux agriculteurs qui s’engagent à remplir 24 conditions, dont la formation, l’entretien des paysages et l’interdiction de certains produits phytosanitaires. Ensemble, ces projets contribuent à prévenir la perte de biodiversité au Luxembourg.

Protection du climat et biodiversité

La FRR et les fonds de la politique de cohésion soutiennent des mesures visant à protéger l’environnement et à rendre la société et l’économie luxembourgeoises plus durables. Les fonds de la politique de cohésion contribuent à l’avènement d’une Europe plus verte et plus juste et à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies au Luxembourg, en particulier de l’ODD 8 (travail décent et croissance économique), de l’ODD 1 (pas de pauvreté) et de l’ODD 7 (énergie propre et d’un coût abordable). Le PRR du Luxembourg met fortement l’accent sur la transition écologique. Parmi les mesures spécifiques figure un investissement de 30,5 millions d’EUR pour élargir le réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques dans l’ensemble du pays. Le PRR alloue également 6 millions d’EUR au «Naturpakt», au titre duquel les communes peuvent bénéficier d’un soutien financier pour des mesures visant à protéger la nature et à prévenir la perte de biodiversité.

Le Luxembourg est confronté à des défis supplémentaires liés à la viabilité à long terme des finances publiques, à la planification fiscale agressive, aux prix des logements et à l’endettement des ménages, aux inégalités en matière d’éducation et à la transition écologique. Relever ces défis contribuera à accroître la compétitivité à long terme du Luxembourg et à garantir la résilience de son économie, ainsi qu’à accomplir de nouveaux progrès dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies.

Il importe que les défis recensés soient relevés à l’échelon tant national que local afin de réduire les disparités locales et d’améliorer les capacités administratives et d’investissement de manière équilibrée dans l’ensemble du pays.

Renforcer la viabilité à long terme des finances publiques

Le système des pensions luxembourgeois, qui se trouve actuellement dans une situation favorable à court et moyen termes, sera confronté à d’importants défis à long terme en raison des changements démographiques. Ce système repose sur un régime de pensions par répartition, historiquement dopé par les excédents des cotisations versées par les jeunes qui s’installent dans le pays et les travailleurs frontaliers. Ces excédents ont été stockés dans une réserve dans un fonds d’investissement indépendant. Malgré cette gestion prudente, le système devrait être soumis à une pression financière (voir aussi le rapport 2024 sur le vieillissement de la population), étant donné que les dépenses liées aux pensions devraient dépasser les recettes provenant des cotisations au cours de la seconde moitié des années 2020, ce déficit ne cessant de croître par la suite. Ce déséquilibre peut en grande partie être imputé à un nombre croissant de pensionnés par travailleur, conséquence du vieillissement de la population, qui entraîne une augmentation du taux de dépendance économique des personnes âgées.

En l’absence d’ajustements des politiques, la réserve destinée à protéger la santé financière du système des pensions devrait tomber sous le seuil légal d’ici au début des années 2040. Ce seuil est le montant de la réserve minimale nécessaire pour éviter les réformes obligatoires devant permettre au système de rester opérationnel. Selon les projections, une fois cette limite dépassée, la réserve sera épuisée dans les cinq ou six ans. Cette échéance laisse très peu de possibilités pour une réforme graduelle, introduite progressivement. Cela signifie que des changements plus brusques et potentiellement perturbateurs pourraient se révéler nécessaires pour garantir la viabilité du système, l’augmentation des dépenses liées aux pensions, qui devraient doubler, en pourcentage du PIB, se profilant à l’horizon 2070. Cette flambée des dépenses met en péril non seulement la viabilité financière du système des pensions luxembourgeois, mais aussi sa capacité à maintenir l’équité entre les générations.

Pour relever ce défi, il convient d’agir de manière décisive en combinant plusieurs mesures, dont le relèvement de l’âge effectif de départ à la retraite. Ces mesures devraient permettre de contrer significativement les pressions financières exercées sur le système des pensions en réduisant les dépenses et en stimulant la croissance économique. Encourager l’allongement de la vie active et augmenter les taux d’activité des travailleurs âgés contribuerait à accroître à la fois l’offre de main-d’œuvre et les niveaux de consommation, en raison de la hausse des revenus accumulés tout au long de la vie. L’augmentation du taux d’emploi des travailleurs âgés nécessiterait également des mesures d’activation ciblées. Le lancement précoce de réformes permettrait une transition plus fluide, en mettant progressivement en œuvre des changements visant à améliorer la résilience financière du système des pensions et l’équité entre les générations.

Le gouvernement devrait proposer des pistes potentielles pour la réforme nécessaire au cours de l’actuelle législature. Le nouveau gouvernement a reconnu l’importance de cette question dans son accord de coalition, qui définit les priorités de la législature actuelle. Il a lancé une série de consultations avec les principales parties prenantes, dans le but de parvenir à un consensus sur une réforme, qui contribuerait à la future mise en œuvre de celle-ci. Toutefois, des propositions spécifiques doivent encore être convenues avec les principales parties prenantes avant d’être soumises au Parlement.

Pour relever les défis budgétaires, les institutions budgétaires indépendantes pourraient être renforcées. Au Luxembourg, le Conseil national des finances publiques (CNFP) analyse la fiabilité et la conformité avec le cadre budgétaire de l’Union des projections budgétaires du gouvernement et des scénarios macroéconomiques sous-jacents publiés par l’Institut national de la statistique (STATEC). La portée de son contrôle pourrait être renforcée, notamment en améliorant son accès à des informations plus détaillées en plus des agrégats publiés par le STATEC et des textes législatifs budgétaires.

Lutte contre la planification fiscale agressive

D’après les données économiques disponibles, la planification fiscale agressive reste un problème au Luxembourg. Il est essentiel d’y remédier, car elle fausse la concurrence loyale et constitue un obstacle à un environnement fiscal équitable au sein de l’Union européenne, ce qui a une incidence sur les contribuables et les finances publiques. Plus que le régime fiscal des autres États membres, le régime fiscal luxembourgeois continue de présenter certains aspects susceptibles de faciliter des pratiques de planification fiscale agressive, tels que l’absence de retenue à la source ou l’autorisation de divergences des prix de transfert (voir annexe 19). Par ailleurs, le Luxembourg a adopté peu de mesures pour remédier à ce problème, en particulier par rapport aux autres États membres confrontés à des défis similaires.

L’absence de retenue à la source sur les paiements sortants d’intérêts et sur les redevances des entreprises établies au Luxembourg vers des pays tiers pourrait encore conduire à une imposition faible, voire nulle. Cela sera notamment le cas si ces paiements ne relèvent pas du champ d’application du pilier deux et ne sont assujettis à aucune taxation, ou ne sont que faiblement taxés, dans le pays du bénéficiaire. En 2021, le Luxembourg a adopté une mesure 4 qui rend non déductibles les paiements d’intérêts et de redevances effectués vers des pays figurant sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales. Toutefois, le champ d’application de cette mesure est trop restreint pour que soient écartés les risques de planification fiscale agressive liés aux paiements sortants émis au Luxembourg. À l’heure actuelle, aucune mesure du régime fiscal luxembourgeois ne traite suffisamment la question de la non‑déductibilité des paiements sortants d’intérêts et de redevances.

La législation récente et à venir de l’Union sur les taux minimaux d’imposition des sociétés et l’harmonisation des règles en matière de prix de transfert devrait avoir une incidence positive au Luxembourg. La directive (UE) 2022/2523 (la «directive sur le pilier deux»), en vigueur depuis le 1er janvier 2024, a introduit un taux d’imposition minimale effective de 15 % pour les multinationales actives dans les États membres de l’Union. En limitant le nivellement par le bas des taux d’imposition des sociétés et en réduisant l’intérêt des entreprises à transférer leurs bénéfices vers des juridictions où elles sont soumises à une faible imposition, elle contribuera à résoudre le problème des paiements sortants. Cependant, le champ d’application de ces règles, qui sont déjà mises en œuvre au Luxembourg, se limite aux plus grandes multinationales (seuil de 750 millions d’EUR de chiffre d’affaires annuel) et il existe certaines exonérations sectorielles. À cet égard, en septembre 2023, la Commission a présenté une proposition de directive sur les prix de transfert visant à harmoniser les règles en matière de prix de transfert au sein de l’Union et à garantir une approche commune des problèmes relatifs aux prix de transfert, qui, si elle est adoptée, pourrait contribuer à finalement résoudre le problème.

Remédier à la pénurie persistante
de logements et aux prix élevés
de l’immobilier résidentiel

La forte croissance démographique, conjuguée à une offre limitée, a poussé la demande de logements à la hausse au cours des années qui ont précédé la crise énergétique. En 2023, les prix à la consommation et les taux d’intérêt historiquement élevés ont continué d’exacerber les vulnérabilités liées aux prix élevés des logements et au fort endettement des ménages, comme cela a été signalé dans le bilan approfondi de 2023. L’augmentation des prêts hypothécaires, soutenue par des incitations fiscales, a encore accru la demande de logements au cours des années qui ont précédé la crise énergétique, tandis que l’offre a été limitée par le nombre restreint de terrains à bâtir disponibles et par la rétention de terres. L’écart grandissant entre l’offre et la demande de logements a entraîné de fortes hausses des prix de l’immobilier, d’où un risque croissant de surévaluation du prix des logements, devenus de moins en moins abordables. Le manque croissant de logements abordables aggrave encore le risque de pauvreté pour les groupes les plus vulnérables. Les prix des logements ont commencé à baisser fin 2022 et ont diminué de 9,1 % en 2023, principalement sous l’effet d’une baisse des prix des logements existants, tandis que les prix des logements nouvellement construits et des terrains à bâtir ont nettement moins diminué, et ne sont en baisse que depuis le troisième trimestre de 2023. Le nombre de transactions immobilières et de permis de bâtir a également fortement diminué, ce qui a une incidence sur le secteur de l’immobilier et de la construction.

On ne s’attend pas à une nouvelle forte correction des prix de l’immobilier, étant donné que les revenus se maintiennent bien et que la pénurie de l’offre se poursuit, les grands promoteurs freinant apparemment les ventes. Toutefois, le ralentissement de l’activité qui en a résulté a eu une incidence sur le secteur de la construction, déclenchant une série de mesures de soutien visant à protéger les liquidités des entreprises. L’endettement des ménages reste élevé au regard du revenu disponible, bien qu’il ait diminué en 2023, tandis que les emprunts hypothécaires ont poursuivi leur tendance à la baisse. Les ménages disposent par ailleurs d’importants actifs financiers, les ménages les plus endettés sont aussi ceux dont le niveau de revenu et de richesse est le plus élevé et le secteur bancaire est sain: autant de facteurs qui contrebalancent globalement les risques macrofinanciers. Le Luxembourg pourrait prendre des mesures supplémentaires pour stimuler l’offre de logements (y compris en fournissant des logements sociaux et abordables à ceux qui en ont le plus besoin), par exemple en accélérant et en élevant au rang de priorité l’adoption et la mise en œuvre de mesures récentes, dont des taxes récurrentes visant à accroître l’offre de terrains à bâtir et de biens immobiliers non occupés, combinées à la réforme en cours de l’aménagement du territoire. En outre, la réduction de la déductibilité des intérêts hypothécaires, qui a de nouveau été considérablement accrue au début de 2024, réduirait les incitations fiscales à emprunter, qui favorisent les prix élevés de l’immobilier.

Lutter contre les inégalités dans le
système éducatif

Les compétences de base et les performances globales des élèves dépendent largement de leur milieu socio-économique et linguistique. Bien que le Luxembourg n’ait pas participé au dernier cycle PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves de l’Organisation de coopération et de développement économiques), les résultats de 2018 ont montré que les niveaux moyens de compétences à l’âge de 15 ans étaient nettement inférieurs à la moyenne de l’Union européenne (voir annexe 15). L’écart entre les élèves défavorisés et leurs pairs est plus important au Luxembourg que dans n’importe quel autre pays de l’Union. Les élèves apprennent à lire et écrire en allemand, et toutes les matières (à l’exception du français) sont enseignées en allemand. Cela représente une exigence très élevée de compétences linguistiques dans un pays où seuls 5 % environ des élèves de première primaire parlent allemand et un sur trois parle luxembourgeois chez lui. Afin d’adapter son enseignement à la diversité de sa population scolaire, le Luxembourg a lancé, en septembre 2022, un projet pilote dans quatre écoles primaires, dans le cadre duquel les élèves peuvent commencer à apprendre d’abord en français, puis en allemand, et a augmenté le nombre d’écoles publiques européennes accessibles gratuitement aux élèves.

La transition écologique et la dépendance à l’égard des énergies fossiles

Le Luxembourg devrait présenter le chapitre REPowerEU de son plan pour la reprise et la résilience, qui devrait améliorer la sécurité de l’approvisionnement et favoriser une énergie abordable. En ce qui concerne les autres États membres, cela suppose spécifiquement: i) des mesures continues pour réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles; ii) des mesures de diversification par rapport aux combustibles russes; et iii) la poursuite de l’action visant à réduire la demande au moyen de mesures plus structurelles telles que l’efficacité énergétique et le déploiement des énergies renouvelables.

La dépendance énergétique est une caractéristique structurelle du territoire enclavé du Luxembourg. Le Luxembourg importe 91 % de sa consommation d’énergie. Le pays est fortement tributaire des combustibles fossiles, qui représentaient 77 % du bouquet énergétique en 2022. La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie augmente, mais reste parmi les plus faibles de l’Union. Le Luxembourg continue de progresser dans le déploiement de la production d’énergies renouvelables. La capacité installée totale a augmenté de 13,5 % par rapport à 2021, comme décrit à l’annexe 7. Les mesures prévues comprennent une législation visant à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets de décarbonation et l’achat d’énergies renouvelables au moyen de transferts statistiques.

Le Luxembourg maintient un approvisionnement fiable en électricité et en gaz naturel, renforcé par ses partenariats stratégiques et ses interconnexions avec les pays voisins. Les infrastructures actuelles de la nation permettent de répondre à ses besoins énergétiques. Toutefois, anticipant les futures hausses de la consommation d’électricité, le Luxembourg a présenté des plans visant à renforcer son réseau électrique et à améliorer les interconnexions avec l’Allemagne d’ici à 2040. Bien qu’il participe à la coopération régionale, le Luxembourg n’a encore pris part à aucun projet d’intérêt commun dans le cadre du règlement relatif au réseau transeuropéen d’énergie offrant un potentiel d’intégration accrue dans les réseaux énergétiques continentaux.

Le Luxembourg a accompli des progrès significatifs dans la réalisation des objectifs de l’Union à l’horizon 2030 en matière d’efficacité énergétique. Les meilleurs résultats ont été atteints dans le secteur des services, tandis que le secteur résidentiel doit encore rattraper son retard. Pour s’acquitter de son obligation d’économies d’énergie, le Luxembourg s’appuie sur le mécanisme d’obligations en matière d’efficacité énergétique, mais des mesures supplémentaires seront nécessaires pour atteindre l’objectif de la période 2021-2030.

Le Luxembourg a pris d’importantes mesures pour lutter contre les effets de la hausse des prix de l’énergie et soutenir les ménages. Toute prolongation des mesures d’aide en cours arrivant à expiration en 2024 (dans le cadre du Solidaritéitspak) ou toute nouvelle mesure devrait être temporaire et ciblée et préserver le signal de prix de l’énergie. Les mesures d’aide ne devraient pas entraver la transition écologique, promouvoir une consommation accrue d’énergie ou augmenter l’inflation.

La transition du Luxembourg vers des transports durables progresse et le pays doit maintenir la dynamique. En 2022, 3,3 % des voitures particulières au Luxembourg étaient des véhicules électriques à batterie (ce qui est supérieur à la moyenne de l’Union européenne). En 2023, le pays comptait 2 120 bornes de recharge accessibles au public, ce qui représentait une borne de recharge pour 13 véhicules électriques, tandis que la moyenne de l’Union est de 1 borne de recharge pour 10 véhicules électriques. Toutefois, des investissements supplémentaires sont nécessaires pour accroître la part du transport de voyageurs et de marchandises par chemin de fer, étant donné que la route est utilisée pour 86 % du transport de voyageurs et de marchandises (voir annexe 6). Le secteur des transports est le principal contributeur luxembourgeois aux émissions de gaz à effet de serre et reste essentiel pour la décarbonation. Le Luxembourg présente plus de vulnérabilités que le reste de l’Union en ce qui concerne les émissions de CO2 dues au transport routier (voir annexe 5).

Bien que le Luxembourg affiche un taux élevé de recyclage et d’éco-innovation, les performances de l’économie circulaire sont altérées par une grande production de déchets, une importante empreinte en matières premières et une forte dépendance à l’égard des importations (voir annexe 9). L’agriculture intensive, le développement urbain et l’extension des infrastructures de transport entraînent une perte de biodiversité. En matière de lutte contre la pollution, des mesures supplémentaires ciblant des secteurs clés et promouvant davantage le principe du «pollueur-payeur» sont nécessaires (voir annexe 6).

En ce qui concerne la transition écologique, le Luxembourg a connu ces dernières années des pénuries de compétences croissantes dans des secteurs clés. Ces pénuries créent des obstacles à la transition vers une économie à zéro émission nette. Le nombre de programmes de perfectionnement et de reconversion professionnels axés sur la transition écologique a augmenté. Le Fonds pour une transition juste soutient des investissements dans les compétences, en particulier dans les domaines du transport électrique, de la construction et de la rénovation durable. Toutefois, des inadéquations de compétences persistent et les pénuries de travailleurs continuent d’augmenter. Dès lors, un soutien supplémentaire est nécessaire pour aider le Luxembourg à atteindre son objectif national d’au moins 62,5 % de l’ensemble des adultes participant chaque année aux activités d’éducation et de formation d’ici à 2030. Le perfectionnement et la reconversion professionnels des travailleurs en matière de transition écologique, y compris de ceux qui sont les plus touchés par la transition, et la promotion de marchés du travail inclusifs sont des politiques essentielles pour accélérer la transition vers un niveau d’émissions de gaz à effet de serre nul et garantir son équité (voir annexe 8).

Le centre financier luxembourgeois représente à la fois un risque et une opportunité pour le Luxembourg, en particulier en ce qui concerne le financement de la lutte contre les changements climatiques. La complexité du secteur financier mondial facilitée par le centre financier luxembourgeois rend difficile l’adaptation aux priorités de la transition écologique. Par ailleurs, de grandes parties du modèle de croissance fondé sur la finance du pays dépendent de décisions prises par des établissements financiers et des investisseurs étrangers, qui pourraient ne pas être en conformité avec les priorités de la transition écologique ou son approche inclusive. Sans réorientation structurelle en vue du financement du développement durable, le principal moteur de l’économie luxembourgeoise reste vulnérable aux risques climatiques: les investissements dans des actifs délaissés peuvent devenir insoutenables à long terme et compromettre la croissance économique et la compétitivité futures. Pourtant, de par la taille même de son secteur financier, le Luxembourg a également la possibilité d’exercer une incidence significative sur la lutte contre les changements climatiques, tant à l’échelle nationale qu’à l’étranger (OPC, 2023 ).

Productivité et investissement
des entreprises

La productivité de la main-d’œuvre au Luxembourg est extrêmement élevée, mais sa croissance compte parmi les plus faibles de l’Union européenne. Les chiffres d’Eurostat montrent que la productivité de la main-d’œuvre au Luxembourg est nettement supérieure à la moyenne de l’Union, bien qu’elle soit en baisse. La croissance de la productivité a été faible au cours des dix dernières années, en particulier dans le secteur des services financiers. Alors que la productivité de la main-d’œuvre dans les services liés aux TIC a fortement augmenté ces dix dernières années, les principaux secteurs des services du Luxembourg (la finance et l’assurance) ont vu leur productivité diminuer. La productivité de la main-d’œuvre et la productivité totale des facteurs ont toutes deux progressé lentement au cours des dix dernières années, en particulier par rapport aux autres pays de l’Union.

Le Luxembourg accuse un retard dans le domaine des investissements des entreprises, y compris dans la recherche et le développement (R&D), notamment en raison de sa composition sectorielle. Bien que l’économie se soit orientée vers des secteurs à plus forte productivité et que la proportion de travailleurs hautement qualifiés soit relativement élevée, le pays accuse un retard pour ce qui est des investissements des entreprises. En 2022, les investissements des entreprises représentaient 8,2 % du PIB (voir annexe 12). Cette part figure parmi les plus faibles de l’Union européenne (moyenne de l’Union: 13,7 %). Les dépenses des entreprises en matière de R&D ont continué de diminuer et sont tombées à 0,5 % en 2022, contre une moyenne de l’Union de 1,48 %. Si cette situation s’explique en partie par l’importance des services au Luxembourg, qui sont généralement moins intensifs en recherche que le secteur industriel, elle entrave néanmoins les gains de productivité du pays.

Dans un contexte de bouleversements géopolitiques et de turbulences sur les marchés financiers mondiaux, le centre financier luxembourgeois semble résilient. Pourtant, les données indiquent que, si le PIB nominal reste robuste (+ 2,3 % en 2023), le PIB réel envoie des signaux contrastés (- 1,1 %). Par ailleurs, le revenu national (RNB) semble ne pas avoir suivi le rythme (- 1,7 %), ce qui laisse penser qu’il existe un décalage entre l’activité économique au sein du pays et les revenus perçus par ses résidents. Cet écart s’est creusé au fil du temps, en particulier depuis la crise financière mondiale, témoignant soit de changements systémiques dans les structures de marché, soit des effets potentiels des activités des multinationales sur les statistiques nationales. Bien qu’il contribue de manière significative au PIB, le secteur financier a connu une baisse notable de la productivité, ce qui soulève des questions quant aux performances réelles de l’économie luxembourgeoise et à l’efficacité des indicateurs économiques traditionnels.

La baisse de la productivité du secteur financier coïncide également avec un accroissement de l’écart entre le PIB et le RNB. Cet écart est estimé à 30 % du PIB. Ces évolutions pourraient bien indiquer des mutations structurelles plus profondes dans le commerce mondial et les réseaux financiers, ou bien être le produit de pratiques d’optimisation financière de multinationales (CNP, 2023 ). L’incertitude concernant ces scénarios pose des problèmes d’interprétation de la santé économique du Luxembourg au moyen de mesures standards de croissance de la productivité. Les données indiquent que, si les multinationales dopent le PIB, elles ne contribuent pas de la même manière au RNB en raison du fait qu’elles rapatrient leurs bénéfices, ce qui a une incidence sur la répartition des richesses nationales et exacerbe les inégalités, incidence qui pourrait à son tour avoir un effet sur la productivité et la croissance à long terme.

Maintenir son statut de pôle financier mondial tout en veillant à ce que l’économie nationale reste résiliente et profite à ses résidents constitue un enjeu majeur pour le Luxembourg. La baisse continue de la productivité du secteur financier met en évidence la nécessité de stratégies de diversification visant à contrer les risques potentiels liés au commerce mondial et aux mutations financières. Les politiques fiscales et d’investissement pourraient être recalibrées afin d’encourager la rétention des bénéfices et de rapprocher le RNB du PIB. En outre, il pourrait être essentiel de mettre au point des indicateurs économiques plus sophistiqués capables de saisir la véritable valeur générée au Luxembourg pour élaborer des politiques qui favorisent une croissance économique équitable et la stabilité.

Encadré 4:

Le réexamen à mi-parcours des financements au titre de la politique de cohésion en faveur du Luxembourg

Le réexamen à mi-parcours des financements au titre de la politique de cohésion est l’occasion d’évaluer les programmes de la politique de cohésion et de tenter de répondre aux besoins et défis émergents dans les États membres de l’Union et leurs régions. Les États membres réexaminent chaque programme en tenant compte, entre autres, des défis recensés dans le cadre du Semestre européen, y compris dans les recommandations par pays de 2024. Ce réexamen constitue la base d’une proposition de l’État membre concernant l’attribution définitive de 15 % du financement de l’Union incluse dans chaque programme.

Le Luxembourg a accompli certains progrès dans la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion et du socle européen des droits sociaux, mais des défis subsistent, comme indiqué dans le présent rapport, y compris dans ses annexes 14 et 17. En particulier, le Luxembourg présente toujours d’importantes disparités socio-économiques entre les grandes villes, les petites villes, les banlieues et les zones non urbaines. Dans ce contexte, il reste important de poursuivre la mise en œuvre des priorités prévues, en accordant une attention particulière: i) aux transitions écologique et numérique; ii) aux investissements dans les compétences pour faciliter les transitions de carrière et la mobilité professionnelle en fonction des besoins du marché du travail, en accordant une attention particulière aux travailleurs âgés et aux personnes peu qualifiées; iii) à l’activation et l’intégration sociale des personnes vulnérables, en particulier celles issues de l’immigration; et iv) à la garantie européenne pour l’enfance, notamment en prenant des mesures favorisant l’intégration des élèves défavorisés au moyen d’une éducation et d’une formation de qualité.

Le Luxembourg pourrait également bénéficier des possibilités offertes par l’initiative de la plateforme «Technologies stratégiques pour l’Europe» 5 pour soutenir la transformation de l’industrie, notamment en investissant dans des chaînes de valeur stratégiques telles que l’industrie à zéro émission nette, la décarbonation des industries à forte intensité énergétique et l’innovation numérique.

Le plan pour la reprise et la résilience du Luxembourg comprend des mesures destinées à répondre à un ensemble de difficultés structurelles, en synergie avec d’autres fonds de l’Union européenne, y compris ceux de la politique de cohésion:

 des mesures pour favoriser la décarbonation des transports et soutenir l’électrification de la flotte des transports en commun et l’introduction d’un dispositif de financement pour élargir le réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques;

 la numérisation de l’administration publique, y compris une offre de solutions en ligne destinées aux personnes et aux entreprises, ainsi que du secteur de la santé;

 une réforme visant à élaborer une stratégie nationale en matière de compétences;

 des programmes de formation professionnelle pour remédier à l’inadéquation des compétences sur le marché de l’emploi et pour favoriser la croissance inclusive.

La poursuite des efforts est essentielle à la réussite de la mise en œuvre de toutes les mesures du plan pour la reprise et la résilience du Luxembourg, y compris le chapitre REPowerEU une fois adopté, d’ici août 2026.

Outre les réformes et les investissements prévus dans le PRR et les programmes de la politique de cohésion, il serait bénéfique pour le Luxembourg:

 d’améliorer la viabilité à long terme du système des pensions afin de maintenir des finances publiques saines et l’équité, notamment en augmentant le taux de personnes âgées qui travaillent ou recherchent un emploi;

 de renforcer les actions pour lutter efficacement contre la planification fiscale agressive afin d’éviter les distorsions de concurrence entre les entreprises, de garantir le traitement équitable des contribuables au sein de l’Union européenne et de protéger les finances publiques;

 de stimuler la productivité en soutenant les investissements des entreprises, en particulier dans la recherche et l’innovation, et en poursuivant des stratégies de diversification visant à contrer les risques potentiels liés au commerce mondial et aux mutations financières susceptibles d’avoir une incidence sur la compétitivité du secteur financier;

 de réduire l’incidence du milieu linguistique et socio-économique des élèves sur leurs performances en matière d’éducation et de compétences de base;

 de remédier à la pénurie persistante de logements — qui constitue un obstacle à l’investissement et à la croissance à moyen terme et risque de devenir un désavantage concurrentiel pour l’économie — en augmentant l’offre de logements, notamment en accélérant l’adoption d’une politique globale d’affectation des sols et d’une réforme de l’impôt foncier, et en priorisant le développement de projets de quartiers résidentiels d’envergure sur des terrains publics, ce qui contribuera à réduire les inégalités et à rendre le pays plus attrayant pour les travailleurs;

 de·réduire la dépendance aux combustibles fossiles et d’accélérer la transition écologique, notamment en promouvant les compétences nécessaires pour la transition écologique, en investissant dans les énergies renouvelables et en promouvant l’efficacité énergétique, particulièrement dans les bâtiments (y compris dans le secteur résidentiel ainsi que dans les entreprises et l’industrie, pour lesquels les régimes de soutien sont assez limités) et les transports; et de s’attaquer à la congestion routière croissante, qui constitue un défi majeur au Luxembourg, avec des conséquences économiques, sociales et environnementales.

Indicateurs transversaux

A1. Objectifs de développement durable

A2. Progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations par pays

A3. Plan pour la reprise et la résilience — mise en œuvre

A4. Autres instruments de l’Union européenne pour la reprise et la croissance

A5. Résilience

Durabilité environnementale

A6. Pacte vert pour l’Europe

A7. Transition énergétique et compétitivité

A8. Transition équitable vers la neutralité climatique

Productivité

A9. Productivité, efficacité et circularité des ressources

A10. Transformation numérique

A11. Innovation

A12. Industrie et marché unique

A13. Administration publique

Équité

A14. Défis stratégiques en matière d’emploi, de compétences et de politique sociale à la lumière du socle européen des droits sociaux

A15. Éducation et formation

A16.Health and health systems

A17. Performances économiques et sociales à l’échelle régionale

Stabilité macroéconomique

A18. Principales évolutions dans le secteur financier

A19. Fiscalité

A20. Tableau des indicateurs économiques et financiers

A21. Analyse de la soutenabilité de la dette

LISTE DES Tableaux

A2.1. Tableau de synthèse des recommandations par pays de 2019 à 2023

A3.1. Principaux faits concernant le PRR luxembourgeois

A3.2. Mesures du PRR du Luxembourg

A4.1. Soutien des instruments de l’UE au Luxembourg

A5.1. Indices de résilience dans l’ensemble des dimensions pour le Luxembourg et l’EU-27

A6.1. Indicateurs permettant de suivre les progrès accomplis dans la réalisation du pacte vert pour l’Europe d’un point de vue macroéconomique

A7.1. Principaux indicateurs en matière d’énergie

A8.1. Indicateurs clés pour une transition équitable au Luxembourg

A9.1. Indicateurs de circularité

A10.1. Objectifs clés de la décennie numérique suivis par les indicateurs de l’indice relatif à l’économie et à la société numériques

A11.1. Principaux indicateurs en matière d’innovation

A12.1. Marché unique et industrie

A13.1. Indicateurs relatifs à l’administration publique

A14.1. Tableau de bord social pour le Luxembourg

A14.2. Situation du Luxembourg en ce qui concerne les objectifs en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté à l’horizon 2030

A15.1. Objectifs à l’échelle de l’UE et autres indicateurs contextuels au titre du cadre stratégique de l’espace européen de l’éducation

A16.1. Principaux indicateurs en matière de santé

A17.1. Principaux indicateurs socio-économiques selon le degré d’urbanisation, Luxembourg, 2022

A18.1. Indicateurs de solidité financière

A19.1. Indicateurs de la fiscalité

A20.1. Principaux indicateurs économiques et financiers

A21.1Analyse de la soutenabilité de la dette — Luxembourg 73

A21.2Carte thermique des risques en matière de viabilité des finances publiques — Luxembourg 73

LISTE DES Graphiques

A1.1. Progrès accomplis dans la réalisation des ODD au Luxembourg

A2.1. Progrès du Luxembourg dans la réalisation des recommandations par pays de 2019 à 2023 (Semestre européen 2024)

A3.1. Total des subventions versées au titre de la FRR

A4.1. Répartition du financement au titre de la politique de cohésion entre les objectifs stratégiques au Luxembourg

A4.2. Répartition du financement au titre de la FRR par pilier au Luxembourg

A6.1. Émissions de gaz à effet de serre des secteurs visés par la répartition de l’effort en millions de tonnes d’équivalent CO2, 2005-2022

A6.2. Évolution de la densité de bétail et de l’agriculture biologique

A6.3. Déficit d’investissement en faveur de l’environnement, moyenne annuelle

A7.1. Prix de détail de l’énergie au Luxembourg pour les ménages et pour l’industrie et les services

A7.2. Évolution des prix de l’électricité pour les clients non résidentiels (UE et partenaires étrangers)

A7.3. Capacité installée de production d’énergies renouvelables (à gauche) et répartition entre les différents modes de production d’électricité (à droite) au Luxembourg

A8.1. Défis d’une transition équitable au Luxembourg

A8.2. Taux de vacance d’emploi dans les secteurs en transformation et dans les industries extractives

A9.1. Émissions du SEQE par secteur depuis 2013

A9.2. Traitement des déchets urbains

A11.1. Dépenses des entreprises en matière de R&D en % du PIB, 2011-2022

A12.1. Productivité de la main-d’œuvre (PIB par personne occupée, indice 2010 = 100)

A13.1. Efficacité des pouvoirs publics

A13.2. Éducation des adultes: a) taux de participation à des activités d’éducation et de formation liées à l’emploi parrainées par l’employeur (à gauche); b) nombre moyen d’heures de cours suivies par les participants à l’éducation et à la formation par secteur (au centre); c) proportion de femmes et d’hommes occupant des postes de direction dans l’administration publique

A15.1. Évolution de la compréhension écrite en allemand en troisième année primaire, en fonction du statut socio-économique entre 2018 et 2020

A16.1. Espérance de vie à la naissance, en années

A16.2. Hausse prévue des dépenses publiques dans le secteur des soins de santé entre 2024 et 2070

A18.1. Évolution de l’activité de crédit

A19.1. Coin fiscal pour les ménages à un seul revenu et les personnes apportant un second revenu en pourcentage du coût total de la main-d’œuvre, 2023

A19.2. Risque lié à l’activité financière au Luxembourg: flux de dividendes et d’intérêts, et utilisation d’entités ad hoc pour les investissements directs étrangers (IDE)

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Graphique A1.1: Progrès accomplis dans la réalisation des ODD au Luxembourg

Pour des ensembles de données détaillés sur les différents ODD, voir rapport annuel d’Eurostat sur le développement durable dans l’Union européenne « Sustainable development in the European Union »; les données détaillées par pays sur les progrès à court terme des États membres sont disponibles à l’adresse suivante: Principales constatations — Indicateurs de développement durable — Eurostat (europa.eu) . Un bon positionnement ne signifie pas qu’un pays est sur le point d’atteindre un ODD spécifique, mais qu’il fait mieux que la moyenne de l’UE. La note de progression est une mesure absolue fondée sur les tendances des indicateurs au cours des cinq dernières années. Le calcul ne tient compte d’aucune valeur cible, étant donné que la plupart des objectifs stratégiques de l’UE ne sont valables que pour le niveau de l’UE dans son ensemble. En fonction de la disponibilité des données pour chaque objectif, les 17 ODD ne sont pas tous présentés pour tous les pays.

Source: Eurostat, dernière mise à jour: 25 avril 2024. Les données concernent principalement les périodes 2017-2022 et 2018-2023. Les données relatives aux ODD peuvent varier d’un rapport à l’autre et de ses annexes en raison de dates butoirs différentes.

La présente annexe contient une évaluation des progrès accomplis par le Luxembourg dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), selon les quatre dimensions de la durabilité compétitive. Les 17 ODD et les indicateurs qui leur sont associés constituent un cadre stratégique établi conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par les Nations unies. Ce programme a pour but de mettre fin à toutes les formes de pauvreté ainsi que de lutter contre les inégalités, contre les changements climatiques et contre la crise environnementale, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. L’Union européenne et ses États membres se sont engagés à respecter cet accord-cadre mondial historique et à jouer un rôle actif pour optimiser les progrès accomplis dans la réalisation des ODD. Le graphique ci-dessous est fondé sur l’ensemble d’indicateurs de suivi des ODD de l’Union européenne conçu pour mesurer les progrès accomplis en vue de la réalisation des ODD au sein de l’Union.

Alors que le Luxembourg s’améliore en ce qui concerne les indicateurs de suivi des ODD liés à la durabilité environnementale (ODD 2, 7, 12 et 13) et s’éloigne des cibles de l’ODD 9 (industrie, innovation et infrastructures), il n’obtient de bons résultats qu’en ce qui concerne l’ODD 11 (villes et communautés durables). Le Luxembourg a en particulier progressé en ce qui concerne le pourcentage des terres agricoles affectées à l’agriculture biologique, qui est passé de 3,5 % en 2016 à 5,2 % en 2021, mais reste inférieur à la moyenne de l’UE, qui est de 9,9 % (ODD 2) (voir aussi annexe 6). Pour ce qui est de l’ODD 7 (énergie propre et d’un coût abordable), la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie a plus que doublé (passant de 6,2 % en 2017 à 14,4 % en 2022; moyenne de l’UE: 23,0 %). En revanche, la dépendance à l’égard des importations d’énergie exprimée en pourcentage des importations brutes d’énergie disponible a diminué (passant de 95,6 % en 2017 à 91,3 % en 2022), mais reste supérieure à la moyenne de l’UE (62,5 %). La productivité énergétique, mesurée en euros par kilogramme d’équivalent-pétrole (kg ep) (ODD 12), s’est améliorée, passant de 11,6 EUR par kg ep en 2017 à 14,7 EUR en 2022 (bien au-dessus de la moyenne de l’UE de 9,3 EUR). Le Luxembourg a également enregistré une amélioration des émissions nettes de gaz à effet de serre (ODD 13), qui ont chuté, passant de 19,5 tonnes par habitant en 2017 à 14,4 tonnes en 2022. Ce chiffre reste toutefois supérieur à la moyenne de l’UE, qui est de 7,3 tonnes. Le pays a encore amélioré ses performances en matière de recyclage des déchets urbains exprimés en pourcentage du total des déchets produits (ODD 11), passant de 48,9 % en 2017 à 54,6 % en 2022, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’UE (48,6 %) (voir aussi annexe 9). Le PRR du Luxembourg contient le plus haut pourcentage de mesures écologiques (68,8 %) des 27 PRR approuvés; ces mesures contribueront en particulier à décarboner les transports.

Le Luxembourg obtient de bons résultats concernant certains indicateurs de suivi des ODD liés à l’équité (ODD 3, 5 et 10), s’améliore en ce qui concerne l’ODD 7 et s’éloigne des cibles des ODD 1, 4 et 8. Le pourcentage de personnes de 16 ans ou plus déclarant être en bonne ou en très bonne santé a augmenté, passant de 71,1 % en 2017 à 74,4 % en 2022 (moyenne de l’UE: 67,8 %). Quant à l’ODD 5 (égalité entre les sexes), le Luxembourg a amélioré son écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi (qui est passé de 8,0 % des personnes âgées de 20 à 64 ans en 2018 à 6,8 % en 2023; moyenne de l’UE: 10,2 %). En outre, les postes d’encadrement supérieur occupés par des femmes exprimés en pourcentage des membres des conseils d’administration sont passés de 13,3 % en 2018 à 23,5 % en 2023, mais sont restés inférieurs à la moyenne de l’UE (33,8 %). Le pourcentage de personnes exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale a augmenté, passant de 19,3 % en 2017 à 19,4 % en 2022 (moyenne de l’UE: 21,6 %), et le pourcentage de personnes exposées au risque de pauvreté monétaire après transferts sociaux est passé de 16,4 % en 2017 à 17,3 % en 2022, et est désormais supérieur à la moyenne de l’UE, qui s’établit à 16,5 % (ODD 1 — pas de pauvreté). Pour ce qui est de l’ODD 4 (éducation de qualité), le taux de diplômés de l’enseignement supérieur en pourcentage de la population âgée de 25 à 64 ans a bondi de 53,7 % en 2018 à 60,2 % en 2023, soit bien au-dessus de la moyenne de l’UE (43,1 %). Cependant, le nombre de jeunes ayant quitté prématurément le système d’éducation et de formation exprimé en pourcentage de la population âgée de 18 à 24 ans est passé de 6,3 % en 2018 à 6,8 % en 2023 (moyenne de l’UE: 9,5 %). Le PRR comprend des mesures visant à renforcer la résilience du système de santé, notamment par la numérisation du secteur.

Sur le plan de la productivité, le Luxembourg affiche de bons résultats en ce qui concerne l’ODD 9, mais s’éloigne des cibles des ODD 4 et 8. La part des ménages disposant d’une connexion internet à haut débit a bondi de 57,2 % en 2017 à 93,3 % en 2022 (ODD 9), ce qui est bien supérieur à la moyenne de l’UE (73,4 %). Quant à l’ODD 8 (travail décent et croissance économique), le PIB réel par habitant reste le plus élevé de l’UE, bien qu’il ait légèrement baissé pour passer de 83 390 EUR par habitant en 2018 à 83 320 EUR en 2022 (moyenne de l’UE: 28 940 EUR). Le taux de jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation est passé de 7,5 % en 2018 à 8,5 % en 2023, bien qu’il reste inférieur à la moyenne de l’UE (11,2 %). Le pourcentage d’adultes possédant au moins des compétences numériques de base est passé de 63,8 % des personnes âgées de 16 à 74 ans à 60,1 % (moyenne de l’UE: 55,6 %) (ODD 4). Le PRR envisage plusieurs réformes et investissements destinés à promouvoir une économie fondée sur les données ainsi que la numérisation de l’administration publique. Il comprend également des mesures visant à améliorer les compétences et concernant le perfectionnement et la reconversion professionnels afin de faciliter l’accès au marché du travail. Les formations proposées dans le cadre de l’initiative «FutureSkills» figurant dans le PRR ont ciblé les demandeurs d’emploi, et tout particulièrement les personnes âgées de 45 ans et plus.

Le Luxembourg obtient de très bons résultats en ce qui concerne l’ODD 16 relatif à la stabilité macroéconomique, mais s’éloigne des cibles des ODD 8 et 17. La dette publique brute (ODD 17) a augmenté, passant de 20,9 % du PIB en 2018 à 25,7 % en 2023, mais reste très faible par rapport à la moyenne de l’UE (81,7 %). Par ailleurs, pour ce qui est de l’ODD 8, la part des investissements par rapport au PIB a diminué, passant de 17,8 % en 2017 à 17,5 % en 2022, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’UE (22,7 %). En outre, le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans est passé de 72,1 % en 2018 à 74,8 % en 2023, bien qu’il reste inférieur à la moyenne de l’UE 75,3 %). Enfin, pour ce qui est de l’ODD 16, la perception de l’indépendance du système judiciaire s’est améliorée (très bonne et plutôt bonne), passant de 71 % d’avis positifs au sein de la population en 2018 à 76 % en 2023, soit un taux bien plus élevé que la moyenne de l’UE (53 %). Le PRR du Luxembourg comporte des mesures visant à promouvoir une économie transparente et équitable. Ces mesures ont notamment pour but d’améliorer l’efficacité de la supervision des professionnels qui fournissent des services aux sociétés et fiducies dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Une autre mesure, visant à renforcer la qualité et la transparence du répertoire des entreprises, aidera les autorités à mieux identifier les bénéficiaires finals des entités juridiques. Cela devrait contribuer à dissuader les criminels d’utiliser ces entités pour blanchir des fonds illicites.

Étant donné que les ODD constituent un cadre global, tous les liens avec les ODD pertinents sont expliqués ou représentés au moyen de pictogrammes dans les autres annexes.

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