COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 24.7.2024
SWD(2024) 801 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2024 sur l'état de droit
Chapitre consacré à la situation de l'état de droit en Belgique
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION EUROPÉENNE AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2024 sur l'état de droit
La situation de l'état de droit dans l'Union européenne
{COM(2024) 800 final} - {SWD(2024) 802 final} - {SWD(2024) 803 final} - {SWD(2024) 804 final} - {SWD(2024) 805 final} - {SWD(2024) 806 final} - {SWD(2024) 807 final} - {SWD(2024) 808 final} - {SWD(2024) 809 final} - {SWD(2024) 810 final} - {SWD(2024) 811 final} - {SWD(2024) 812 final} - {SWD(2024) 813 final} - {SWD(2024) 814 final} - {SWD(2024) 815 final} - {SWD(2024) 816 final} - {SWD(2024) 817 final} - {SWD(2024) 818 final} - {SWD(2024) 819 final} - {SWD(2024) 820 final} - {SWD(2024) 821 final} - {SWD(2024) 822 final} - {SWD(2024) 823 final} - {SWD(2024) 824 final} - {SWD(2024) 825 final} - {SWD(2024) 826 final} - {SWD(2024) 827 final} - {SWD(2024) 828 final} - {SWD(2024) 829 final} - {SWD(2024) 830 final} - {SWD(2024) 831 final}
Résumé
Les consultations se poursuivent en ce qui concerne le projet législatif visant à renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire par le transfert de pouvoirs de gestion budgétaire de l’exécutif au secteur judiciaire. De nouvelles mesures ont été prises pour améliorer la numérisation de la justice. Des progrès supplémentaires ont été accomplis en ce qui concerne la mise à disposition de ressources suffisantes au sein du système de justice, mais une mesure de la charge de travail confirme les lacunes structurelles en matière de ressources. À la suite des critiques réitérées du Conseil supérieur de la justice, le gouvernement a décidé de ne pas déposer de proposition d’introduction de contrôles de sécurité réguliers effectués par l’Agence nationale de sécurité sur tous les juges. Les directives interdisant l’enregistrement des réunions entre les avocats et leurs clients ont renforcé la confidentialité de leurs échanges. Aucune vue d’ensemble de l’efficience de la justice n’est encore disponible, en raison d’un manque persistant de données sur les procédures judiciaires, bien que des efforts soient déployés pour cartographier l’arriéré judiciaire.
Diverses stratégies et divers plans d’action comportent des éléments de lutte contre la corruption, mais il n’existe pas de stratégie globale ni d’organe chargé de la coordination de la politique en la matière. Une révision législative du Code d’instruction criminelle pourrait avoir une incidence positive sur la lutte contre la corruption. L’Office central pour la répression de la corruption et le parquet continuent de s’attaquer aux affaires de corruption à haut niveau, malgré des ressources globalement limitées. Des mesures sont prises pour lutter contre la corruption liée à la criminalité organisée et au trafic de drogue, qui est considérée comme un phénomène important. Les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale restent difficiles. L’extension du code de déontologie des mandataires publics fédéraux à tous les membres des cabinets ministériels a été formellement adoptée. Toutefois, d’importantes lacunes subsistent dans la politique d’intégrité dans des domaines tels que le (rétro)pantouflage, ainsi qu’au niveau des règles relatives aux cadeaux et aux avantages, en particulier pour les membres du Parlement. Des lacunes sont à déplorer en ce qui concerne la transparence des déclarations de patrimoine. Un projet d’acte législatif sur les contacts des membres du gouvernement avec les lobbyistes a été présenté. Les partis politiques n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une réforme de la législation relative au financement des partis politiques avant la période électorale. L’échelon des collectivités locales et les marchés publics sont considérés comme des domaines présentant un risque élevé de corruption.
Les autorités de régulation des médias audiovisuels continuent de fonctionner de manière indépendante et efficace, et la presse continue d’être régie efficacement par des mécanismes d’autorégulation. La forte concentration des médias est contrebalancée par l’indépendance des autorités de régulation des médias et par la transparence de la propriété des médias. Des garanties bien établies continuent d’assurer l’indépendance des médias de service public. D’autres mesures ont été prises pour renforcer l’accès aux documents officiels, bien que les nouvelles propositions n’accordent pas de pouvoirs décisionnels à la Commission d’accès aux documents administratifs. La sécurité des journalistes continue de poser problème, des études et incidents récents ayant mis en évidence une tendance inquiétante au harcèlement en ligne.
L’Institut fédéral des droits humains (IFDH) a établi une coopération avec l’Institut flamand des droits humains et a été doté de nouvelles missions. Les institutions indépendantes bénéficient de ressources humaines et financières supplémentaires destinées à les aider à s’acquitter efficacement de leurs tâches, même si certaines difficultés subsistent quant à leur répartition. Le non-respect par le gouvernement de décisions de la Cour européenne des droits de l’homme et de tribunaux nationaux, y compris d’un jugement définitif rendu par une juridiction statuant en dernier ressort, suscite de vives inquiétudes. Certaines préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne l’espace civique.
Recommandations
Dans l’ensemble, en ce qui concerne les recommandations figurant dans le rapport 2023 sur l’état de droit, la Belgique:
·a accompli certains progrès supplémentaires en ce qui concerne les efforts visant à fournir des ressources humaines et financières suffisantes au système de justice dans son ensemble, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice;
·n’a accompli aucun progrès dans le renforcement du cadre d’intégrité, qui doit notamment passer par l’adoption de règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement et le renforcement des règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets;
·a accompli certains progrès pour achever la réforme législative sur le lobbying en établissant un cadre comprenant un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux membres du Parlement et du gouvernement;
·a accompli certains progrès supplémentaires en ce qui concerne les efforts visant à renforcer le cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours, tout en tenant compte des normes européennes sur l’accès aux documents officiels.
Sur cette base, et eu égard aux autres évolutions intervenues au cours de la période de référence, il est recommandé à la Belgique de prendre les mesures suivantes:
·poursuivre les efforts visant à combler les lacunes structurelles en matière de ressources dans le système de justice, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice;
·renforcer les efforts déployés pour améliorer l’efficience de la justice, notamment en réduisant la durée des procédures sur la base de données statistiques complètes;
·renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant des règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement, ainsi que des règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets;
·achever la réforme législative sur le lobbying, en établissant un cadre comprenant un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux membres du Parlement et du gouvernement;
·poursuivre encore les efforts visant à renforcer le cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours, tout en tenant compte des normes européennes sur l’accès aux documents officiels;
·prendre des mesures pour assurer l’exécution, par les pouvoirs publics, des décisions définitives des juridictions nationales et de la Cour européenne des droits de l’homme.
I.Système de justice
Le système de justice comprend 13 tribunaux de première instance de droit commun , un certain nombre de tribunaux de première instance spécialisés , cinq cours d’appel, une Cour de cassation et une Cour constitutionnelle. La branche juridictionnelle, dite «section du contentieux administratif», du Conseil d’État fait office de juridiction administrative suprême. Les cours d’assises, qui sont des juridictions non permanentes, examinent les affaires pénales les plus graves . La Cour constitutionnelle a compétence exclusive pour contrôler la constitutionnalité de la législation. La plupart des compétences en matière de justice sont fédérales . L’indépendance des juges et du ministère public est consacrée dans la Constitution . Un Conseil supérieur de la justice indépendant est chargé du recrutement des magistrats et de l’amélioration de la qualité de la justice, grâce à des mécanismes de contrôle comme des audits; il rend également des avis au gouvernement et au Parlement sur des questions liées à la justice, à la demande de ces derniers ou de sa propre initiative. Les candidats à un poste de magistrat sont sélectionnés par le Conseil supérieur de la justice et sont nommés à vie par le Roi, sur proposition du ministre de la justice . Le Collège des cours et tribunaux, composé de présidents de juridictions élus par leurs pairs, est responsable du fonctionnement général des juridictions. L’Ordre des barreaux flamands et l’Ordre des barreaux francophones et germanophone représentent les avocats des différentes parties du pays. La Belgique participe au Parquet européen.
Indépendance
Le niveau d’indépendance de la justice en Belgique reste perçu comme étant élevé par le grand public et est désormais perçu comme étant élevé par les entreprises. Au total, 61 % du grand public et 64 % des entreprises avaient une perception «plutôt satisfaisante» ou «très satisfaisante» du degré d’indépendance des juridictions et des juges en 2024 . Les chiffres ont diminué par rapport à 2023 (66 %), de même que par rapport à 2020 (63 %). Le pourcentage d’entreprises percevant la justice comme étant indépendante a augmenté par rapport à 2023 (59 %) et à 2020 (59 %) .
Les consultations se poursuivent en ce qui concerne le projet législatif visant à renforcer l’indépendance de la justice par le transfert de pouvoirs de gestion budgétaire de l’exécutif au secteur judiciaire. Le rapport 2023 sur l’état de droit indiquait qu’une fois le transfert achevé, les organes directeurs des trois «piliers» du pouvoir judiciaire (la Cour de cassation, le Collège des cours et tribunaux et le Collège des procureurs généraux) seraient directement responsables de la gestion des budgets et de la politique du personnel . Les trois piliers du pouvoir judiciaire ont apporté leur contribution à un projet de loi élaboré par le ministère de la justice . Chaque pilier allouerait des ressources en concertation avec les entités judiciaires relevant de sa compétence, sur la base d’un accord conclu avec le ministère de la justice . Le 18 octobre 2023, le Conseil supérieur de la justice a rendu un avis consultatif sur l’avant-projet de loi , dans lequel il se disait préoccupé par les coûts et le financement de la mise en œuvre de cette réforme, pour laquelle aucune ressource supplémentaire n’était prévue à l’époque. S’agissant de la composition et la représentativité du Collège des cours et tribunaux, l’avis était également critique à l’égard du fait que le président et le vice-président du Collège ne pourraient pas être démis de leurs fonctions, ainsi que des règles applicables au vote d’une motion de méfiance. Le transfert des services d’appui du ministère de la justice vers les collèges était un autre sujet de préoccupation soulevé dans l’avis. En outre, le Conseil supérieur de la justice s’inquiétait du fait que les pouvoirs de gestion transférés s’étendraient aux décisions portant sur la délégation des magistrats et du personnel des tribunaux . Le Conseil supérieur de la justice déconseillait d’étendre ce système, car, les détachements temporaires devenant souvent permanents, une solution efficace aux problèmes structurels en matière de ressources risquait de ne pas être garantie. Le Conseil d’État a émis un avis le 13 février 2024 . Les travaux sur le projet de loi devraient se poursuivre une fois que le nouveau gouvernement sera en place .
À la suite des critiques réitérées du Conseil supérieur de la justice, le gouvernement a décidé de ne pas déposer de proposition d’introduction de contrôles de sécurité réguliers effectués par l’Agence nationale de sécurité sur tous les juges. Le rapport 2023 sur l’état de droit faisait mention des préoccupations concernant une proposition visant à introduire des contrôles de sécurité initiaux et réguliers (tous les cinq ans) effectués par l’Agence nationale de sécurité sur l’ensemble des magistrats et des personnels de justice en poste . Le rapport évoquait notamment les normes européennes en matière d’indépendance de la justice et d’autonomie des procureurs, lesquelles indiquent que de tels contrôles de sécurité pourraient constituer une pression extérieure et, partant, compromettre l’indépendance du pouvoir judiciaire . Le Conseil supérieur de la justice a émis des avis sur différents projets de la proposition, faisant valoir que des garanties d’intégrité existent déjà, entre autres grâce au cadre constitué par la déontologie et la discipline judiciaire . En ce qui concerne ce cadre, un deuxième rapport consolidé sur les mesures disciplinaires a été adopté par l’assemblée générale du Conseil supérieur de la justice le 18 octobre 2023 . En outre, le Conseil supérieur de la justice a fait valoir que la proposition menaçait la séparation des pouvoirs en raison des risques d’ingérence du pouvoir exécutif dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire, violant ainsi également les compétences du Conseil supérieur de la justice en vertu de la Constitution belge , ainsi que les principes de légalité, de sécurité juridique et de proportionnalité et le droit à un procès équitable. À la lumière de ces avis, il n’y a actuellement plus d’initiative gouvernementale en ce qui concerne les contrôles de sécurité réguliers des magistrats et des personnels de justice . Quatre propositions connexes ont été examinées par le Parlement jusqu’au début de l’année 2024 en ce qui concerne l’évaluation et la discipline des magistrats . Il reste à voir ce qu’il adviendra de ces propositions lors la prochaine législature.
Les directives interdisant l’enregistrement des réunions entre les avocats et leurs clients ont renforcé la confidentialité de leurs échanges. À la suite de l’adoption de nouvelles directives en réponse aux violations de la confidentialité entre avocats et clients mentionnées dans le rapport 2023 sur l’état de droit , aucune autre plainte n’a été signalée . Les enquêtes pénales relatives aux violations ont abouti à une condamnation en première instance . Les ordres des barreaux indiquent néanmoins que les autorités publiques, notamment en matière fiscale, contestent souvent le fait que les documents en possession des avocats sont couverts par la protection des communications entre avocats et clients . Des cas dans lesquels des avocats pénaux ont été arrêtés et interrogés en lien avec les pratiques criminelles présumées de leurs clients ont été signalés, ce qui constitue une atteinte à la protection des communications entre avocats et clients . Les ordres des barreaux indiquent également que des autorités publiques, y compris des ministres du gouvernement, ont publiquement critiqué le travail des avocats dans des affaires en cours . Les avocats ont également fait part de leurs préoccupations concernant les menaces, le chantage et les pressions exercés par les organisations criminelles .
Qualité
Des progrès supplémentaires ont été accomplis en ce qui concerne la mise à disposition de ressources suffisantes au sein du système de justice, mais une mesure de la charge de travail confirme les lacunes structurelles en matière de ressources. Le rapport 2023 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «poursuivre encore les efforts accomplis pour fournir des ressources humaines et financières suffisantes au système de justice dans son ensemble, en tenant compte des normes européennes sur les ressources du système de justice» . Comme indiqué dans les rapports précédents sur l’état de droit, le manque de ressources humaines et financières adéquates reste un défi pour le système de justice; il nuit au bon fonctionnement du système de justice et est l’une des causes de la durée excessive des procédures judiciaires . Selon le tableau de bord 2024 de la justice dans l’UE, le nombre de juges professionnels pour 100 000 habitants en 2022 est resté inférieur à la moyenne de l’UE . Le budget consacré au système de justice est également resté inférieur à la moyenne de l’UE, bien qu’il ait légèrement augmenté par rapport au niveau de 2021 . Le plan 2021 du gouvernement prévoyait des ressources financières supplémentaires pour le système de justice et des fonds supplémentaires ont été alloués pour remédier au manque de budget et aux pénuries de personnel . En 2023, ces ressources financières supplémentaires ont continué d’être réparties entre les trois piliers du pouvoir judiciaire, sur la base des cadres juridiques existants . Les résultats d’une mesure de la charge de travail des magistrats, publiée le 20 février 2024, ont toutefois fait apparaître que le système de justice a besoin de 43 % de juges en plus pour faire face à la charge de travail dans le temps de travail légal, ce qui nécessite une augmentation structurelle des ressources . En ce qui concerne l’arriéré judiciaire, en septembre 2022, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a appelé de ses vœux une «perspective structurelle à long terme» en ce qui concerne le personnel judiciaire et le budget de la justice et a invité la Belgique à remplir le cadre légal du personnel judiciaire pour remédier à l’arriéré judiciaire . Le 6 novembre 2023, la cour d’appel de Bruxelles a condamné l’État belge à publier, dans un délai de trois mois, tous les postes vacants de magistrats et de greffiers ainsi que les appels à candidatures . Le gouvernement a publié les postes vacants en février 2024 . Toutefois, la Cour de cassation et les ordres des barreaux ont également souligné la difficulté de pourvoir les postes vacants, notamment en raison du fait que les carrières de juge et de procureur continuent de souffrir d’un manque d’attractivité . Dans ce contexte, le 2 mai 2024, la loi portant statut social du magistrat, qui vise à améliorer les conditions de travail des magistrats en réglementant les possibilités de congé, a été promulguée . Malgré les efforts déployés par le gouvernement pour augmenter le budget du système de justice, des lacunes structurelles persistent en matière de ressources et le manque de budget et les pénuries de personnel au sein du système de justice restent un défi important. Dans l’ensemble, compte tenu de ces investissements et de la publication des postes vacants à la suite de l’arrêt susmentionné , des progrès supplémentaires ont été accomplis en ce qui concerne la recommandation formulée dans le rapport 2023 sur l’état de droit.
De nouvelles mesures ont été prises pour améliorer la numérisation de la justice . Dans le cadre du plan de transformation numérique du gouvernement, des travaux sont en cours pour doter toutes les juridictions belges d’un système numérique unique de gestion des dossiers (JustCase) , bien que des retards aient été constatés dans le déploiement du projet pilote . Le déploiement de la plateforme Just-On-Web s’est poursuivi par l’ajout de nouvelles fonctionnalités et applications . La plateforme sert de portail en ligne unifié pour tous les services liés au système de justice et permet la communication sécurisée de toutes les informations numériques du secteur judiciaire aux utilisateurs externes . À la suite de l’adoption de la base juridique pour la création d’un registre central numérique des décisions judiciaires (JustJudgment) , son développement opérationnel s’est poursuivi. Ce registre facilitera l’accès aux jugements non pseudonymisés pour les personnes exerçant une fonction judiciaire et centralisera la jurisprudence pseudonymisée pour le grand public. Si ces évolutions ont encore accru la numérisation du système de justice, des améliorations restent toujours possibles, comme le montre le tableau de bord 2024 de la justice dans l’UE . La Cour des comptes belge procède actuellement à un audit du plan de transformation numérique . Plusieurs projets de loi visant à accroître encore le niveau de numérisation du système de justice ont été déposés par le gouvernement et adoptés . La loi portant organisation des audiences par vidéoconférence dans le cadre des procédures judiciaires en matière civile et pénale, mentionnée dans le rapport 2023 sur l’état de droit, a été adoptée par le Parlement . Bien que la loi soit généralement alignée sur la jurisprudence nationale et sur les normes européennes , les ordres des barreaux et d’autres parties prenantes se sont dits préoccupés quant à son éventuelle incidence négative sur le droit à un procès équitable, en particulier dans le cadre des procédures pénales . Tout en saluant les efforts considérables déployés pour accroître la numérisation de la justice, les praticiens estiment que le système de justice reste insuffisamment numérisé .
L’accès à l’aide juridictionnelle s’est amélioré. Les seuils d’éligibilité à l’aide juridictionnelle n’ont cessé d’augmenter, selon des montants fixes jusqu’en 2023. À partir de 2024, le montant sera indexé chaque année en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation . Le nombre de personnes ayant eu accès à l’aide juridictionnelle a continué d’augmenter au cours des années 2022-2023 par rapport aux années 2021-2022. Le tableau de bord 2024 de la justice dans l’UE montre que, dans une affaire relevant du droit de la consommation, les seuils maximaux pour accéder à l’aide juridictionnelle restent supérieurs au seuil de pauvreté Eurostat .
Le Conseil supérieur de la justice devrait procéder à une nouvelle évaluation de l’enquête judiciaire dans une affaire emblématique. Comme indiqué dans les précédents rapports sur l’état de droit, le Conseil supérieur de la justice a examiné l’enquête judiciaire sur les circonstances du décès de Jozef Chovanec et a émis des recommandations sur les aspects structurels des enquêtes judiciaires relatives aux violences policières . Il devrait assurer le suivi de la mise en œuvre de ces recommandations une fois qu’une décision judiciaire aura été rendue. Les différentes parties ont plaidé en janvier 2024 lors d’une audience extraordinaire de la Chambre du Conseil de Charleroi; le ministère public a requis le non-lieu pour les 31 inculpés dans le dossier. L’ordonnance de la Chambre du Conseil sera rendue le 25 septembre 2024. Le comité P a également formulé un certain nombre de recommandations concernant le fonctionnement de la police aéronautique .
Efficience
Aucune vue d’ensemble de l’efficience de la justice n’est encore disponible, en raison d’un manque persistant de données sur les procédures judiciaires, bien que des efforts soient déployés pour cartographier l’arriéré judiciaire. Le rapport 2023 sur l’état de droit mentionnait la persistance de lacunes importantes en ce qui concerne la disponibilité des données relatives aux procédures judiciaires. Depuis lors, le Collège des cours et tribunaux a poursuivi ses efforts visant à cartographier l’arriéré judiciaire et à élaborer des données statistiques sur les procédures judiciaires, y compris sur la durée moyenne des procédures judiciaires pour toutes les juridictions relevant de sa compétence . Ces données ont été publiées pour les affaires civiles au cours du premier semestre de 2024, tandis que la cartographie se poursuit pour les affaires commerciales. Malgré ces efforts, le manque de données statistiques reste un sujet de préoccupation . La Belgique demeure sous la surveillance renforcée du Comité des ministres du Conseil de l’Europe dans l’affaire Bell c. Belgique, en ce qui concerne la durée excessive des procédures . Le 5 décembre 2023, dans l’affaire Van den Kerkhof c. Belgique , la Cour européenne des droits de l’homme a relevé un problème structurel de longueur excessive des procédures civiles dans l’arrondissement judiciaire de Bruxelles. Les données statistiques relatives aux procédures judiciaires et les mesures de la charge de travail devraient permettre de mieux comprendre les besoins, afin de remédier aux défaillances structurelles . En ce qui concerne les litiges administratifs, les données limitées actuellement disponibles font apparaître que le délai estimé de traitement en première instance a augmenté et que le taux de variation du stock d’affaires pendantes a diminué en dessous de 100 % . L’arrêt Van den Kerkhof c. Belgique a en outre souligné la nécessité de disposer d’un recours effectif en ce qui concerne la durée de la procédure alors que la procédure est toujours pendante . La réforme du Code civil constitue une première étape à cet égard . En outre, des efforts sont en cours pour renforcer le règlement extrajudiciaire des litiges .
II.Cadre de lutte contre la corruption
La compétence d’enquêter sur la corruption et d’engager des poursuites à cet égard est partagée entre plusieurs autorités. L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) reste le service central spécialisé au sein de la police fédérale compétent pour enquêter sur les graves délits de corruption et soutenir les enquêtes sur ces derniers. Le Comité P est l’organe externe indépendant de contrôle des forces de police, chargé de surveiller le respect des règles d’intégrité. La Cour des comptes exerce un contrôle externe sur les opérations budgétaires, comptables et financières de l’État fédéral, tandis que le Corps interfédéral de l’Inspection des finances est un service public qui effectue des tâches de contrôle relatives à la légalité, la faisabilité budgétaire et le caractère opportun des dépenses publiques. Le Bureau Intégrité au sein du service public fédéral Stratégie et Appui (SPF BOSA) est chargé de la gestion de l’intégrité au niveau des fonctionnaires fédéraux, y compris par l’intermédiaire d’un réseau de coordinateurs d’intégrité. La Commission fédérale de déontologie exerce un rôle consultatif en matière de déontologie auprès du Parlement et des titulaires de charges publiques de haut niveau. D’autres systèmes et institutions de prévention existent au niveau régional. Diverses stratégies et divers plans d’action comportent des éléments de lutte contre la corruption, mais il n’existe pas de stratégie globale en la matière ni d’organe chargé de la coordination de la politique de lutte contre la corruption .
Les experts et les dirigeants d’entreprises perçoivent le niveau de corruption comme toujours relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2023, la Belgique obtient un score de 73/100 et se classe au 9e rang dans l’Union européenne et au 16e rang dans le monde . Cette perception est restée relativement stable au cours des cinq dernières années. L’enquête «Eurobaromètre spécial» de 2024 sur la corruption montre que 66 % des personnes interrogées estiment que la corruption est répandue dans leur pays (moyenne de l’UE: 68 %) et que 19 % des personnes interrogées se sentent personnellement touchées par la corruption dans leur vie quotidienne (moyenne de l’UE: 27 %) . En ce qui concerne les entreprises, 56 % d’entre elles estiment que la corruption est répandue (moyenne de l’UE: 65 %) et 28 % estiment que la corruption est un problème dans le monde des affaires (moyenne de l’UE: 36 %) . En outre, 42 % des personnes interrogées estiment qu’il existe un nombre suffisant d’actions pénales ayant abouti à des condamnations pour décourager les pratiques de corruption (moyenne de l’UE: 32 %) , tandis que 37 % des entreprises estiment que les personnes et les entreprises poursuivies pour corruption d’un haut fonctionnaire sont sanctionnées de manière appropriée (moyenne de l’UE: 31 %) .
Une réforme ciblée du Code d’instruction criminelle devrait avoir une incidence positive sur la lutte contre la corruption. En mars et avril 2024, le Parlement a adopté deux projets de loi axés sur une réforme ciblée du Code d’instruction criminelle concernant les repentis, le plaider coupable, la transaction élargie et la prescription . Une première loi rend les règles relatives à la compétence extraterritoriale plus structurées et plus faciles à appliquer; elle vise également à se conformer aux recommandations du GRECO et à s’aligner sur la convention pénale sur la corruption du Conseil de l’Europe. Elle adapte également le délai de prescription, en particulier dans le but de rationaliser le système pour tous les délits, de sorte à garantir la clarté et une durée adéquate . La deuxième loi révise les règles relatives aux règlements extrajudiciaires et aux transactions judiciaires. En réponse aux critiques formulées contre les règles et pratiques actuelles, y compris en matière de secret et d’équité , la réforme renforce la transparence par la publication des règlements extrajudiciaires et ajoute la possibilité pour le procureur de demander une interdiction d’exercer des fonctions publiques pendant une période déterminée, en plus d’infliger d’une amende . En ce qui concerne les transactions judiciaires, la loi adapte les questions de procédure à son application dans les affaires de terrorisme ou de criminalité organisée .
L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) et les parquets ont continué de s’attaquer à plusieurs affaires importantes de corruption à haut niveau, malgré des ressources globalement limitées. La bonne coopération entre l’OCRC et les parquets se poursuit et des condamnations initiales ont été obtenues dans le cadre de multiples affaires complexes et à haut niveau . Si les ressources de l’OCRC ont augmenté ces dernières années , elles restent globalement limitées, notamment au regard du nombre croissant d’affaires de corruption complexes . Dans le cadre de la procédure budgétaire, l’OCRC demandera une augmentation des effectifs de 66 à 81 unités pour faire face à ce nombre croissant d’affaires . En 2023, les parquets ont signalé 361 nouveaux dossiers de corruption : 109 ont été classés sans suite, 2 ont fait l’objet d’un acte d’accusation (en janvier 2024), les autres se trouvent à différents stades de la procédure pénale . Un réseau d’experts aide le Collège des procureurs généraux à élaborer une politique pénale cohérente et coordonnée, en formulant des recommandations spécifiques dans le domaine de la criminalité économique et fiscale . Les recommandations portent en particulier sur le lien entre la corruption (et la criminalité financière) et la criminalité organisée, et fournissent des orientations aux procureurs non spécialisés sur la manière de traiter ces questions. Les lignes directrices doivent encore être approuvées par le Collège des procureurs généraux . La coopération avec le Parquet européen se passe bien, quoique des problèmes mineurs continuent à être rapportés en ce qui concerne le signalement des affaires . Le Parquet européen a signalé quatre affaires de corruption parmi ses affaires en cours (ce qui représente 4,3 % du total de ses affaires en cours) en 2023 en Belgique .
Des mesures sont prises pour lutter contre la corruption liée à la criminalité organisée et au trafic de drogue, qui est considérée comme un phénomène important. Les autorités admettent que les cas de corruption de fonctionnaires liée aux groupes criminels organisés et à la criminalité en matière de drogue sont de plus en plus préoccupants. Parmi les cas récurrents, il convient de citer les fonctionnaires qui accèdent à des bases de données, sans y être autorisés, afin d’obtenir des données spécifiques qu’ils transmettent à des groupes criminels en échange de paiements substantiels . Depuis 2023, le magistrat fédéral nommé «commissaire national aux drogues», le premier en Belgique, travaille à l’élaboration d’un catalogue de fonctions critiques pour contribuer à la lutte contre la criminalité organisée subversive et participe également à divers projets pertinents pour la lutte contre la corruption . D’autres mesures spécifiques visant à prévenir la corruption spécifiquement liée à la drogue et à la criminalité organisée (telles que la sensibilisation des personnes exerçant des fonctions critiques) doivent encore être élaborées . Dans le cadre d’une action contre la criminalité organisée, une nouvelle loi sur l’approche administrative est entrée en vigueur le 17 février 2024 (ci-après la «loi DEIPP»); elle permet aux autorités locales de refuser un permis d’exploitation ou de fermer les entreprises soupçonnées de servir de couverture à l’exercice d’activités criminelles telles que le trafic de drogue, la traite des êtres humains ou le blanchiment d’argent après avoir mené une «enquête d’intégrité» .
La politique d’intégrité au sein de la police reste insuffisante pour relever les défis existants et prévenir de manière adéquate les cas d’infiltration criminelle au sein des services répressifs. Les 184 zones de police locale ont des politiques d’intégrité disparates, peu d’aspects horizontaux étant partagés entre elles . Les zones de police plus petites ne sont ni en mesure ni désireuses d’appliquer une véritable politique d’intégrité , ce qui a également une incidence sur les mesures prises à l’égard d’éventuels cas d’infiltration criminelle . Les autorités n’ont pas progressé dans l’élaboration d’un code de déontologie destiné à l’ensemble de la police intégrée, telle que recommandée par le GRECO , et la cellule «Intégrité» de la police fédérale est toujours en sous-effectif et sous-financée . Quelques formations à l’intégrité devraient toutefois être organisées à l’intention de la direction de la police en 2024 . Bien que le ministre de l’intérieur ait proposé de rationaliser le nombre de zones de police afin de les rendre plus résilientes (conformément à l’évaluation réalisée précédemment pour l’ensemble de la police ), il n’est pas certain qu’une telle proposition sera entendue au sein du gouvernement pour le moment, étant donné que le mandat de ce dernier touche à sa fin . Le comité indépendant de suivi de la police a reconnu qu’une politique plus transversale de lutte contre la corruption au sein de la police était nécessaire, compte tenu également de la menace d’infiltration par la criminalité organisée .
Les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale restent difficiles et peu de dossiers progressent. Comme indiqué dans les précédents rapports sur l’état de droit, la mise en œuvre de certaines recommandations de l’OCDE, en particulier en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale, n’a pas été menée à son terme, bien que la question du délai de prescription soit traitée dans le cadre des modifications législatives ciblées du Code d’instruction criminelle décrites ci-dessus . Les enquêtes et les poursuites dans les affaires de corruption transnationale restent difficiles compte tenu de la complexité des opérations menées dans les pays tiers et de la situation en matière de ressources, ainsi que des difficultés générales à recueillir des preuves dans ces affaires . Le ministère public n’a signalé que cinq affaires de corruption transnationale enregistrées entre 2021 et 2023 . Les travaux sur un mécanisme permettant de signaler plus facilement les éventuelles affaires de corruption transnationale au ministère public n’en sont encore qu’à leurs débuts .
Le code de déontologie des mandataires publics fédéraux a été étendu à tous les membres des cabinets ministériels, bien que la politique d’intégrité applicable aux ministres, à leurs cabinets ainsi qu’aux membres du Parlement continue de présenter des lacunes. Le 17 juillet 2023, le Parlement a adopté une loi proposée par le gouvernement , visant à étendre l’application du code de déontologie existant applicable aux mandataires publics fédéraux à l’ensemble des membres du gouvernement fédéral (c’est-à-dire y compris aux cabinets ministériels), alors qu’auparavant il ne s’appliquait qu’aux chefs et chefs adjoints de ces cabinets . Un code de déontologie spécifique continue de s’appliquer aux ministres . Toutefois, des lacunes subsistent dans la politique globale d’intégrité, notamment en raison de l’absence de tout mécanisme de suivi et d’exécution . Le gouvernement fédéral a également décidé que les membres du personnel des entreprises publiques autonomes cotées en bourse ne peuvent plus être détachés auprès d’un cabinet ministériel, à la suite de révélations selon lesquelles les cabinets de plusieurs ministres occupaient du personnel détaché encore rémunéré par ces entreprises, ce qui a donné lieu à des allégations de conflits d’intérêts . Dans ce contexte, la Commission fédérale de déontologie a également publié en octobre 2023 un avis préconisant une réforme plus large concernant les fonctionnaires détachés auprès des cabinets ministériels . En ce qui concerne la fonction publique fédérale, un réseau de coordinateurs d’intégrité est mis en place à la suite de la création d’un Bureau Intégrité au sein du service public fédéral. L’arrêté royal portant création du Bureau Intégrité a prévu l’obligation pour toutes les entités fédérales de désigner un coordinateur d’intégrité .
Des lacunes subsistent en ce qui concerne la vérification et la transparence des déclarations de patrimoine et d’intérêts, aucune nouvelle mesure n’ayant été prise. Comme indiqué dans les rapports précédents sur l’état de droit, le système de déclarations de patrimoine ne garantit pas une vérification et une transparence adéquates, étant donné que la Cour des comptes reçoit les déclarations sous pli fermé et que seuls les juges d’instruction y ont accès dans le cadre d’enquêtes pénales . En 2023, sur les 873 personnes tenues de présenter des déclarations de patrimoine, 11 ont omis de le faire . Le Parlement n’a actuellement pas l’intention de faire avancer ce dossier en raison de préoccupations liées à la violation de la vie privée des hauts fonctionnaires de l’exécutif , et ce malgré les recommandations existantes du GRECO . Les organisations de la société civile ont critiqué le manque de transparence des déclarations de patrimoine ainsi que l’organisation du système dans son ensemble . En ce qui concerne la déclaration de mandats supplémentaires, 9 567 personnes sur les 9 609 tenues par la loi de présenter une déclaration de leurs mandats en 2023 se sont conformées à cette exigence, mais en l’absence de vérification adéquate, l’exactitude de la déclaration relève de la seule responsabilité individuelle de la personne qui la fait . Certaines critiques ont été exprimées quant au fait que le formulaire type de présentation des informations liées à ces mandats (telles que la rémunération) est peu clair et que le système existant n’oblige pas à déclarer les conflits d’intérêts effectifs . Un avis de la Commission fédérale de déontologie concernant le cumul de fonctions dans le secteur public n’a pas encore fait l’objet d’un suivi . Les processus au niveau régional ont également fait l’objet de critiques eu égard à leur imprécision et à leur manque de transparence, de contrôles et de sanctions .
Certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne l’achèvement de la réforme du cadre législatif relatif au lobbying, avec la présentation d’un projet de règles en la matière applicables aux membres du gouvernement. Le rapport 2023 sur l’état de droit recommandait à la Belgique d’«achever la réforme législative sur le lobbying, en établissant un cadre comprenant un registre de transparence et une empreinte législative applicables à la fois aux membres du Parlement et du gouvernement» . Le gouvernement s’était engagé à mener une réforme du lobbying dans l’accord de gouvernement . Le 3 mai 2024, le gouvernement sortant a adopté les projets de loi et d’arrêté prévoyant des règles régissant les contacts entre les lobbyistes et les membres de l’exécutif fédéral et les a transmis pour avis au Conseil d’État et à l’autorité chargée de la protection des données. À la suite de l’avis de ces organes, le futur gouvernement sera chargé de procéder à cette réforme, car elle doit encore être définitivement adoptée. Le Parlement sortant s’était engagé à procéder à sa propre réforme en utilisant des définitions similaires à celles du gouvernement et en évitant les doubles enregistrements . Toutefois, le Parlement n’a pas adopté de réglementations concrètes avant la fin du mandat du gouvernement et la dissolution du Parlement préalablement aux élections législatives de juin 2024 . Étant donné que des premières mesures ont été prises en vue de l’adoption de règles en matière de lobbying pour le gouvernement, mais pas pour le Parlement, certains progrès ont été accomplis s’agissant de la recommandation formulée les années précédentes.
Si les ministres font déjà l’objet d’une politique en matière de cadeaux, aucun progrès n’a été accompli en ce qui concerne l’introduction de règles sur les cadeaux et les avantages pour les membres du Parlement. Le rapport 2023 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant des règles sur les cadeaux et les avantages accordés aux membres du Parlement […]» . Les ministres et les membres des cabinets ministériels sont déjà soumis à des politiques distinctes en matière de cadeaux, comme décrit dans les précédents rapports sur l’état de droit . Les lacunes relevées dans les précédents rapports sur l’état de droit n’ont pas été totalement corrigées. Le Parlement ne dispose toujours pas de règles claires et cohérentes en ce qui concerne les cadeaux et les avantages. La Chambre des représentants n’a actuellement pas l’intention d’introduire des changements; le Sénat aurait travaillé sur un registre des cadeaux, mais aucune information concrète n’est disponible à ce stade et les travaux devront être répétés étant donné que le Sénat a été dissous avant les élections législatives de juin . Les avis demandés sur la question des cadeaux par le Parlement et rendus en 2021 par la Commission fédérale de déontologie n’ont pas été suivis d’effets . La Commission fédérale de déontologie continue de fournir – sur demande – des avis individuels aux membres du Parlement, aux membres du gouvernement et aux titulaires de charges publiques de haut niveau sur les conflits d’intérêts potentiels et l’intérêt à l’égard de cette mission a augmenté au cours de l’année écoulée . Par conséquent, aucune modification n’ayant été apportée en vue d’introduire des règles sur les cadeaux et les avantages applicables aux membres du Parlement, aucun progrès n’a été accompli en ce qui concerne cette partie de la recommandation du rapport 2023 sur l’état de droit.
Aucun progrès n’a été accompli en ce qui concerne les règles relatives au «(rétro)pantouflage», étant donné que les lacunes subsistent et qu’aucune avancée claire n’est constatée. Le rapport 2023 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «renforcer le cadre d’intégrité, notamment en adoptant […] des règles sur le (rétro)pantouflage pour le gouvernement et ses cabinets» . Certaines règles s’appliquent aux membres du Parlement et aux fonctionnaires concernant le «(rétro)pantouflage», notamment dans le code de déontologie des mandataires publics existant et dans le code de déontologie des membres du gouvernement . Toutefois, les règles existantes sur le (rétro)pantouflage continuent de présenter d’importantes lacunes. Il n’existe pas de règles claires ou contraignantes concernant les périodes de transition ou les restrictions transitoires pour les ministres, leur personnel ou les parlementaires, ce qui limite donc leur efficacité . Les recommandations contenues dans l’avis d’initiative de la Commission fédérale de déontologie sur le sujet n’ont été suivies par aucune institution . En outre, une étude commandée par le ministre de la fonction publique indique que le gouvernement belge ne tient pas suffisamment compte de l’apparence de conflit d’intérêts dans certains cas de «(rétro)pantouflage» entre le secteur public et le secteur privé. L’étude recommande une analyse des risques approfondie et une autre étude visant à déterminer si des modifications législatives ou stratégiques peuvent contribuer à résoudre le problème, y compris par un mécanisme de suivi . Par conséquent, en l’absence de mesures concrètes pour combler ces lacunes, aucun progrès n’a été accompli sur cette partie de la recommandation relative à la question du (rétro)pantouflage formulée dans le rapport 2023 sur l’état de droit.
Les discussions sur une réforme plus large du cadre de financement des partis politiques sont au point mort, aucune réforme n’ayant été adoptée avant les élections. Alors que le gouvernement s’était engagé dans son programme à réformer les règles obsolètes en matière de financement des partis politiques, les partis politiques ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la réforme avant les élections législatives de juin 2024 , malgré de multiples études et avis d’experts, y compris un panel de citoyens qui a présenté des recommandations concrètes au cours de l’année 2023 . L’absence de réforme majeure, malgré quatre années de travail sur la question et son inclusion dans l’accord de gouvernement, a suscité des critiques de la part d’un certain nombre de parties prenantes, dont un membre du Parlement, des journalistes et des organisations de la société civile . Les discussions sur des réformes moins importantes, telles qu’une interdiction des dons étrangers ou un plafonnement des dépenses sur les médias sociaux, qui sont considérées comme une solution pour sortir de l’impasse , se sont également heurtées aux désaccords politiques .
De nouvelles règles de protection des lanceurs d’alerte sont en cours de mise en œuvre, même si les parties prenantes soulignent leur complexité. Des règles de protection des lanceurs d’alerte sont en cours de mise en œuvre, à la suite de l’adoption de deux lois distinctes, l’une pour le secteur privé et l’autre pour le secteur public, à la fin de l’année 2022 . D’autres dispositions d’application ont été adoptées au cours de la période de référence . Les acteurs de la société civile considèrent que la législation est trop complexe . En outre, ils ont signalé des problèmes en ce qui concerne la mise en œuvre pour les entreprises actives au niveau international , ainsi que la volonté du personnel désigné pour recevoir les signalements d’assumer son rôle et de gérer et d’assurer le suivi des signalements effectués par l’intermédiaire des canaux de signalement internes et externes . Le médiateur fédéral (en tant que canal de signalement externe) indique avoir reçu un nombre important de signalements, émanant principalement du secteur privé . Une première évaluation des règles et de leur mise en œuvre est prévue pour la fin de 2024, soit deux ans après leur adoption .
L’échelon des collectivités locales et les marchés publics sont considérés comme des domaines présentant un risque élevé de corruption. Le rapport Eurobaromètre Flash sur l’attitude des entreprises à l’égard de la corruption dans l’UE indique que 28 % des entreprises en Belgique (27 % en moyenne dans l’UE) considèrent que la corruption les a empêchées en pratique de remporter un appel d’offres ou un marché public au cours des trois dernières années . Les marchés publics demeurent un domaine présentant un risque élevé de corruption et les parties prenantes font état d’une faible transparence des marchés publics, tant pour les marchés d’un montant élevé soumis aux obligations de transparence prévues par la législation de l’UE que pour les marchés inférieurs au seuil . Au niveau des collectivités locales, un certain nombre d’allégations de conflits d’intérêts impliquant des bourgmestres et des échevins, souvent liés à des transactions immobilières, ont été révélées au cours de la période 2022-2024 . Néanmoins, la réponse des organes d’audit et des gouvernements régionaux chargés du contrôle de ces cas est considérée comme opportune et appropriée . Une étude récente indique que près de la moitié des fonctionnaires des services de l’urbanisme des communes flamandes ont traité des dossiers dans lesquels ils soupçonnaient de possibles conflits d’intérêts . Dans l’ensemble, ces affaires continuent à susciter des inquiétudes quant à la faible prise de conscience de la notion de conflit d’intérêts, en particulier au niveau local, ce qui engendre un risque élevé de corruption. Les marchés publics demeurent un autre domaine présentant un risque élevé de corruption, les organismes médiatiques faisant état d’une faible transparence des marchés publics, tant pour les marchés d’un montant élevé soumis aux obligations de transparence prévues par la législation de l’UE que pour les marchés inférieurs au seuil .
III.Pluralisme et liberté des médias
La Belgique assure le pluralisme des médias au moyen d’un cadre juridique qui prévoit des garanties constitutionnelles concernant la liberté de la presse et la liberté d’expression . La surveillance et la promotion du pluralisme des médias relèvent de la compétence des Communautés flamande, française et germanophone, chaque communauté disposant de sa propre autorité de régulation et de son propre radiodiffuseur de service public. L’accès aux documents est fermement ancré dans la Constitution belge et est réglementé par le droit dérivé .
Les autorités de régulation des médias audiovisuels continuent de fonctionner de manière indépendante et efficace, et la presse continue d’être régie efficacement par des mécanismes d’autorégulation. Les garanties juridiques qui assurent l’indépendance et l’efficacité des autorités de régulation des médias restent solides . Bien que les autorités de régulation des médias estiment que les ressources actuelles sont suffisantes, l’introduction de nouvelles missions, notamment celles découlant de la législation de l’UE telle que le règlement sur les services numériques et le règlement européen sur la liberté des médias, nécessitera de trouver du personnel qualifié et d’obtenir le budget nécessaire . La demande d’une autorité de régulation des médias visant à obtenir du personnel supplémentaire pour gérer ces nouvelles tâches a notamment été refusée en raison de contraintes budgétaires . Les autorités de régulation des médias perçoivent généralement les progrès technologiques comme un défi de taille, en particulier dans le contexte des difficultés à recruter des professionnels qualifiés dans le domaine des technologies de l’information . Dans le secteur de la presse, les conseils de la presse continuent de traiter les plaintes et de surveiller l’application des normes déontologiques sans influence extérieure . Toutefois, les récentes difficultés en matière de cohérence réglementaire entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel de la Communauté française et le Conseil de déontologie journalistique francophone ont suscité des inquiétudes quant aux conflits de compétences concernant la délimitation des responsabilités réglementaires .
La forte concentration des médias est contrebalancée par l’indépendance des autorités de régulation des médias et par la transparence de la propriété des médias. Bien que les marchés des médias flamands et francophones soient fortement concentrés , cette situation est généralement perçue comme nécessaire pour assurer la viabilité financière du secteur des médias . La forte concentration est également contrebalancée par l’indépendance des autorités de régulation des médias et par des efforts de promotion de la transparence de la propriété des médias . L’autorité flamande de régulation des médias publie un rapport annuel détaillé sur la concentration des médias dans tous les secteurs . Aucune des trois autorités de régulation des médias n’a été habilitée à examiner les concentrations sur le marché des médias parallèlement aux autorités de la concurrence, mais elles fournissent toutes les trois une vue d’ensemble des services de médias audiovisuels . Bien que ces ressources ne couvrent que partiellement les informations sur les propriétaires effectifs, les mesures actuelles sont jugées suffisantes pour garantir la transparence en ce qui concerne la structure de propriété et les personnes contrôlant les entreprises de médias .
Des garanties bien établies continuent d’assurer l’indépendance des médias de service public. En Belgique, les médias de service public bénéficient du soutien du grand public . Bien que les médias de service public aient signalé recevoir régulièrement des demandes visant à adapter ou à empêcher des émissions, principalement de la part d’avocats ou de représentants d’entreprises privées, ils n’ont fait part d’aucune inquiétude née lorsque de telles demandes ont été accueillies . Dans les trois communautés linguistiques, les membres des conseils de surveillance des médias de service public sont nommés sur la base de la représentation proportionnelle des partis politiques au sein des parlements respectifs. À la suite d’une réforme introduite par le gouvernement flamand en 2022, le conseil d’administration du fournisseur flamand de médias de service public compte désormais également quatre membres indépendants . Ces nominations sont effectuées sur la base de l’expertise et de l’indépendance des personnes concernées, suivant les recommandations d’une société de conseil externe indépendante À la suite de cette réforme, les législateurs des Communautés francophone et germanophone étudient également la possibilité d’inclure des membres indépendants dans le conseil d’administration de leurs médias de service public respectifs .
D’autres mesures ont été prises pour renforcer l’accès aux documents officiels, bien que les nouvelles propositions n’accordent pas de pouvoirs décisionnels à la Commission d’accès aux documents administratifs. Le rapport 2023 sur l’état de droit recommandait à la Belgique de «poursuivre les efforts visant à renforcer le cadre régissant l’accès aux documents officiels, notamment en améliorant les procédures de demande et de recours, tout en tenant compte des normes européennes sur l’accès aux documents officiels» . Bien que les normes juridiques en matière d’accès du public aux documents soient strictes, les aspects opérationnels et les mécanismes visant à garantir ce droit ont fait l’objet de réformes et de discussions. Depuis le rapport 2023 sur l’état de droit, la Belgique a pris des mesures pour renforcer le cadre juridique régissant l’accès aux documents officiels. La Convention du Conseil de l’Europe sur l’accès aux documents publics a été ratifiée au niveau fédéral, ce qui constitue une avancée constructive . Le parlement fédéral a récemment adopté une proposition de loi – qu’il considère comme une première étape – pour renforcer la transparence et l’accès du public (par exemple, en élargissant le champ des entités publiques soumises à des exigences de transparence). Certaines organisations de la société civile font valoir que cette proposition ne permet pas de réaliser pleinement les réformes nécessaires . En particulier, la loi ne confère pas à la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) les pouvoirs décisionnels dans les recours relatifs à l’accès aux documents qui lui permettraient d’aller au-delà de son rôle consultatif actuel . Une partie prenante a également critiqué ce qu’elle considère être des exceptions trop larges à l’accès aux documents, notamment en ce qui concerne les documents de «stratégie politique» , bien que des exceptions similaires adoptées dans la législation de la Région flamande aient été autorisées par la Cour constitutionnelle. Par conséquent, des progrès supplémentaires ont certes été accomplis en ce qui concerne la recommandation formulée dans le rapport 2023 sur l’état de droit, mais il subsiste une large marge d’amélioration.
La sécurité des journalistes continue de poser problème, des études et incidents récents ayant mis en évidence une tendance inquiétante au harcèlement en ligne. La plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes (qui a enregistré quatre alertes) , le Media Freedom Rapid Response et des rapports de l’initiative flamande pour la sécurité des journalistes (Persveilig.be) ont signalé plusieurs cas de harcèlement et d’intimidation en ligne visant des journalistes. Selon une étude récente de trois universités belges, plus de la moitié des journalistes ont été victimes de comportements transgressifs, tels que des agressions verbales, des discriminations, des violences physiques et du harcèlement sexuel . Les agressions verbales, tant en ligne que hors ligne, ont été les plus fréquentes et ont touché près de 41,3 % des journalistes. 8 % des journalistes ont également déclaré être victimes de discrimination et 5,4 % ont déclaré avoir subi des violences physiques. Plus de 7 % des journalistes interrogés ont été victimes de comportements sexuellement transgressifs. L’étude souligne en outre que les femmes journalistes sont plus susceptibles, dans une mesure disproportionnée, de faire l’objet de comportements inappropriés . La majeure partie des agressions verbales se produisent en ligne (68,5 %) . L’ajout récent des journalistes à la liste, qui figure dans le Code pénal, des personnes exerçant une fonction sociétale constitue une avancée positive, étant donné que les actes de violence commis contre eux seront plus sévèrement sanctionnés . Parmi les autres formes de harcèlement auxquelles sont confrontés les journalistes, il convient de citer les menaces juridiques et les menaces qui visent des sources journalistiques afin qu’elles ne partagent pas des informations . Des parties prenantes ont mentionné le cas d’une action judiciaire unilatérale engagée par un homme politique, visant à ce qu’il soit interdit à tous les médias de communiquer les détails d’une enquête pénale en cours sur des propos racistes qu’il aurait formulés . Cette action a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle censure préventive, qui, de l’avis des parties prenantes, serait contraire aux sauvegardes constitutionnelles qui protègent la liberté journalistique et le droit du public d’être informé .
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
La Belgique est un État fédéral dans lequel les régions et les communautés disposent de pouvoirs importants. Au niveau fédéral, la Belgique est dotée d’un régime parlementaire bicaméral. Le Parlement est composé de la Chambre des représentants et du Sénat. Les propositions législatives peuvent émaner du gouvernement ainsi que des membres des deux chambres du Parlement. La branche consultative du Conseil d’État rend des avis sur les projets d’actes législatifs et la branche juridictionnelle est compétente pour suspendre et annuler les actes administratifs. La Cour constitutionnelle est exclusivement compétente pour contrôler la constitutionnalité des actes législatifs adoptés par le Parlement fédéral et par les parlements des régions et des communautés. Outre le système de justice, des autorités indépendantes jouent un rôle important dans le système d’équilibre des pouvoirs. L’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains (IFDH) et l’Institut flamand des droits humains font office d’organismes fédéral et régional de protection des droits de l’homme. Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) fait office d’organisme de promotion de l’égalité aux niveaux fédéral, régional et communautaire, sauf du côté flamand, où l’Institut flamand des droits humains est l’organisme de promotion de l’égalité.
Les parties prenantes sont généralement satisfaites de leur participation à l’élaboration des politiques, même si la centralisation des consultations renforcerait la transparence et la responsabilité. Dans le même temps, le gouvernement ne consulte le grand public en ce qui concerne les projets de loi que ponctuellement . La durée des consultations en ligne va de quatre à huit semaines, en fonction de la complexité du projet . Les commentaires reçus au cours de la consultation doivent être pris en considération par les décideurs politiques . Par ailleurs, le gouvernement consulte régulièrement les parties prenantes, telles que les partenaires sociaux, à un stade précoce, lorsqu’un problème politique est soumis à discussion . Les représentants des associations professionnelles ont également indiqué qu’ils sont généralement consultés sur les projets de loi qui les concernent . En outre, le 1er février 2024, dans le cadre de la participation des citoyens, la Chambre des représentants a modifié son règlement afin de pouvoir constituer des commissions mixtes et des panels citoyens en son sein. La part des lois adoptées dans le cadre d’une procédure d’urgence à la Chambre des représentants est restée aux alentours de 10 % .
L’Institut fédéral des droits humains (IFDH) a établi une coopération avec l’Institut flamand des droits humains et a été doté de nouvelles missions. Le rapport 2023 sur l’état de droit établissait que l’IFDH avait continué de jouer un rôle actif au cours de sa deuxième année d’activité, tandis que la création d’un institut flamand des droits humains exigeait une coopération étroite entre les deux niveaux de gouvernance . En 2023, l’IFDH a émis de nombreux avis et formulé des recommandations sur des sujets importants faisant l’objet d’un débat sociétal . La qualité de ses travaux est largement appréciée et il reçoit un financement suffisant de la part du Parlement pour exécuter son mandat. La législation nationale transposant la directive sur les lanceurs d’alerte a étendu le mandat de l’IFDH et a mis à sa disposition des ressources supplémentaires pour s’acquitter de cette tâche, afin qu’il puisse apporter un meilleur soutien aux lanceurs d’alerte . En 2024, un mécanisme de prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a été établi au niveau fédéral au sein de l’Institut , qui a reçu un financement supplémentaire à ce titre . Sur la base des recommandations formulées par le sous-comité de la GANHRI sur l’accréditation et de la recommandation 2021/1 du Conseil de l’Europe sur les institutions nationales des droits de l’homme , l’IFDH demande un ancrage législatif plus solide de son mandat et de son indépendance, de préférence au niveau constitutionnel. Il demande également que son mandat soit étendu aux questions relevant de la compétence des communautés et des régions de Belgique, autres que celles relevant actuellement de la compétence de l’Institut flamand des droits humains (FLANHRI) en Communauté et en Région flamandes, qui fait également office d’organisme de promotion de l’égalité au niveau régional. L’IFDH et la FLANHRI ont eu un premier échange constructif au niveau des membres du conseil d’administration et du personnel en janvier 2024 et ont l’intention de signer un protocole de collaboration . L’IFDH demande également à bénéficier d’un droit d’accès à tous les locaux pertinents, y compris les lieux de privation de liberté, et à toutes les personnes concernées, et à disposer d’une plus grande indépendance en termes de ressources humaines et financières . En outre, les ligues des droits de l’homme appellent les autorités belges à veiller à ce que tous les organes de contrôle des droits de l’homme respectent les principes de Paris, en particulier l’autorité chargée de la protection des données, le comité permanent de contrôle des services de police et l’organe de contrôle de l’information policière .
Les institutions indépendantes bénéficient de ressources humaines et financières supplémentaires destinées à les aider à s’acquitter efficacement de leurs tâches, même si certaines difficultés subsistent quant à leur répartition. Le rapport 2023 sur l’état de droit constatait que, malgré des améliorations, certains problèmes subsistaient au niveau des ressources humaines et financières dont disposent les institutions indépendantes . En 2023, le Conseil d’État a obtenu des ressources supplémentaires dans le cadre de l’initiative visant à le réformer. Toutefois, leur répartition égale entre les magistrats francophones et néerlandophones constitue un défi supplémentaire pour les francophones, qui sont confrontés à une charge de travail et à un arriéré plus élevés en raison de la régionalisation partielle de la justice administrative du côté flamand . Ces difficultés sont renforcées par le fait que les délais de traitement des recours ont été raccourcis . En outre, le gouvernement continue de mettre en relation l’octroi de ressources supplémentaires au pouvoir judiciaire et la priorisation de certaines affaires, ce qui peut entraîner un déséquilibre de l’arriéré dans d’autres affaires . La Cour constitutionnelle a pu résorber l’arriéré existant grâce au recrutement de personnel supplémentaire . À la suite de l’extension de leurs compétences, l’Institut fédéral des droits humains et le médiateur fédéral ont obtenu des ressources financières et humaines supplémentaires . L’exercice de rationalisation visant à créer un service commun pour les institutions bénéficiant d’une dotation du Parlement, y compris l’Institut fédéral des droits humains, le médiateur fédéral et le Conseil supérieur de la justice, a été abandonné en l’absence d’accord entre les parties . En lieu et place, ces institutions élaborent des processus volontaires tels que des appels d’offres conjoints et entendent aligner leur gestion des ressources humaines .
Au 1er janvier 2024, la Belgique comptait 21 arrêts de référence de la Cour européenne des droits de l’homme en attente d’exécution, soit une diminution d’une unité par rapport à l’année précédente . À cette date, la proportion d’arrêts de référence des dix dernières années qui restaient en attente d’exécution en Belgique était de 39 % (contre 48 % en 2023), et les arrêts étaient en attente d’exécution depuis 3 ans et 11 mois en moyenne (contre 3 ans et 3 mois en 2023) . L’arrêt de référence le plus ancien, en attente d’exécution depuis près de 15 ans, concerne la durée excessive des procédures civiles en première instance . En ce qui concerne le respect des délais de paiement, au 31 décembre 2023, 5 affaires au total étaient en attente de confirmation des paiements (contre 9 en 2022) . Au 1er juillet 2024, le nombre d’arrêts de référence en attente d’exécution était descendu à 19 .
Le non-respect par le gouvernement de décisions de la Cour européenne des droits de l’homme et de tribunaux nationaux, y compris d’un jugement définitif rendu par une juridiction statuant en dernier ressort, suscite de vives inquiétudes. Le rapport 2023 sur l’état de droit faisait état d’inquiétudes quant au non-respect par le gouvernement fédéral de décisions de justice et d’ordonnances infligeant des astreintes dans plusieurs domaines . Le Conseil d’État, la Cour constitutionnelle et la Cour de cassation ont invité le gouvernement à respecter l’état de droit et qualifié d’inacceptable le non-respect par le gouvernement des décisions de justice et des ordonnances infligeant des astreintes . L’IFDH, les médiateurs et les OSC ont exprimé des préoccupations similaires . Le 18 juillet 2023, la Cour européenne des droits de l’homme a constaté que l’État avait violé l’article 6 de la convention en refusant d’exécuter une décision judiciaire immédiatement exécutoire . La Cour a rappelé que l’un des éléments fondamentaux de l’état de droit est le principe de la sécurité juridique, qui veut que la décision définitive rendue par les tribunaux soit respectée . Le tribunal du travail de Bruxelles a rendu un nombre important de jugements condamnant l’État pour n’avoir pas assuré un accueil adéquat des demandeurs d’asile . Bien que le gouvernement continue à prendre des mesures afin de remédier à la situation en matière d’accueil , les chiffres relatifs aux demandes d’asile restent élevés , et le gouvernement ne respecte toujours pas un certain nombre de jugements et d’ordonnances judiciaires imposant des astreintes . Le 13 septembre 2023, le Conseil d’État a annulé une instruction donnée par la secrétaire d’État compétente de limiter l’hébergement à certaines catégories de demandeurs d’asile . Le 23 janvier 2024, plusieurs OSC ont obtenu de la Cour d’appel de Bruxelles l’autorisation de saisir jusqu’à 2,9 millions d’EUR des comptes de l’Agence fédérale pour l’asile en raison d’astreintes impayées .
Certaines préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne l’espace civique. La note attribuée par CIVICUS au paysage de la société civile reste «rétréci» . Le 5 décembre 2023, l’IFDH a publié les premiers résultats d’une étude intitulée «Espace pour les défenseurs des droits humains en Belgique» . Plus de la moitié des organisations de défense des droits humains interrogées ont déclaré avoir subi des agressions et intimidations entre 2020 et 2022. La majorité des cas constituaient du harcèlement juridique, c’est-à-dire le fait d’intenter ou de menacer d’intenter une action en justice. Plus d’une organisation sur cinq estime subir des campagnes de diffamation et a déjà été touchée au moins une fois par une cyberattaque ciblée . Les OSC flamandes qui promeuvent l’égalité font état de pressions croissantes liées à l’accès au financement . Le rapport 2023 sur l’état de droit indiquait qu’un décret du gouvernement flamand sur l’animation socioculturelle était critiqué parce qu’il contenait des dispositions précisant que les organisations qui pratiquent la «ségrégation» sur la base de l’identité culturelle ethnique ne seraient pas subventionnées . Le 16 octobre 2023, une demande d’annulation de la partie concernée du décret a été présentée à la Cour constitutionnelle belge . Les parties prenantes continuent de faire part de leurs préoccupations concernant les interdictions administratives et judiciaires de manifester , dont elles contestent la légalité, la nécessité et la proportionnalité . À la suite d’une large mobilisation de la société civile, le gouvernement a retiré le projet de circulaire sur l’interdiction judiciaire de manifester en janvier 2024. Certaines préoccupations ont également été exprimées concernant une nouvelle infraction pénale d’«atteinte méchante à l’autorité de l’État» adoptée le 29 février 2024 (article 247 du nouveau Code pénal), compte tenu des tensions perçues en matière de liberté d’expression et de réunion . Le gouvernement rejette cette critique et souligne à ce titre que l’infraction a été analysée à la lumière de la convention européenne des droits de l’homme et que son champ d’application a été limité en conséquence . En outre, l’IFDH et les OSC parties prenantes demandent une réforme de la procédure de droit civil selon laquelle les présidents des tribunaux de première instance peuvent rendre une ordonnance d’urgence sans entendre la partie adverse . De telles ordonnances ont été rendues notamment lors de grèves et d’actions collectives, ainsi que dans le cadre de l’expulsion de migrants sans papiers occupant des bâtiments publics . Le gouvernement n’a pas l’intention de modifier la législation actuelle; il fait valoir que le recours à cette procédure est réservé aux cas de nécessité absolue. Il souligne également la possibilité d’introduire un recours .
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2024 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://commission.europa.eu/publications/2024-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation_en .
Centre européen pour la liberté de la presse et des médias, Media Freedom Rapid Response – Belgique ( www.mfrr.eu/monitor )
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2023), Instrument de surveillance du pluralisme des médias 2023 – rapport sur la Belgique
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2024), Instrument de surveillance du pluralisme des médias 2024 – rapport sur la Belgique (à paraître)
Collège des cours et tribunaux (2024), communiqué de presse, Mémorandum pour le nouveau gouvernement fédéral, https://www.rechtbanken-tribunaux.be/fr/actualite/communique-de-presse-memorandum-pour-le-nouveau-gouvernement-federal
Collège des cours et tribunaux (2024), communiqué de presse, Nos cours et tribunaux ont besoin de 43 % de juges en plus, communique-de-presse-mesure-de-la-charge-de-travail-college-cours-et-tribunaux-20-fevrier-24.pdf (tribunaux-rechtbanken.be)
Collège des cours et tribunaux (2024), Les statistiques annuelles des cours et tribunaux – Données 2023 – Tribunal de première instance – Section civile, tpi_civil_2024.pdf (rechtbanken-tribunaux.be)
Collège des cours et tribunaux (2024), Les statistiques annuelles des cours et tribunaux – Données 2023 – Cours d’appel – Affaires civiles, cour-appel_civil_2024.pdf (rechtbanken-tribunaux.be)
Commission de la culture, de la jeunesse, du sport et des médias du Parlement flamand (2023), rapport de la réunion du 26 octobre 2023, https://www.vlaamsparlement.be/nl/parlementair-werk/commissies/commissievergaderingen/1773814/verslag/1775646
Commission européenne (2022), Tableau de bord 2022 de la justice dans l’UE
Commission européenne (2024), Tableau de bord 2024 de la justice dans l’UE
Commission fédérale de déontologie (2023), Avis d’initiative n° 2024/4 du 13 octobre 2023 relatif au détachement de personnel en provenance du secteur public dans les organes stratégiques (précédemment «les cabinets ministériels») des membres du gouvernement fédéral et au fonctionnement transparent desdits organes, https://www.fed-deontologie.be/wp-content/uploads/2023/10/2023-4-Detachement-cabinets-1.pdf
Conseil de l’Europe, Comité des ministres (2021), Recommandation CM/Rec(2021)1 du Comité des ministres aux États membres sur le développement et le renforcement d’institutions nationales des droits de l’homme efficaces, pluralistes et indépendantes, 31 mars 2021, 0900001680a1f4db (coe.int)
Conseil de l’Europe, Comité des Ministres (2024), liste consolidée des dossiers en vue de la 1507e réunion (septembre 2024) (DH) adoptée lors de la 1501e réunion, https://search.coe.int/cm?i=0900001680b067bb
Conseil de l’Europe, Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes – Belgique, https://fom.coe.int/en/pays/detail/11709488
Conseil des ministres (2024), notification, point 56 – Conseil des ministres du 3 mai 2024
Conseil flamand des réfugiés (2024), tableau de bord Crise de l’accueil, 5 juin 2024, https://vluchtelingenwerk.be/nieuws/het-niet-opvang-beleid-2024
Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Décisions, www.csa.be/documents/?term=D%C3%A9cisions
Conseil supérieur de la justice (2020), Enquête particulière, affaire «Jozef Chovanec», Enquête particulière affaire "Jozef Chovanec" | HRJ-CSJ
Conseil supérieur de la justice (2023), Avis sur l’avant-projet de loi portant dispositions diverses relatives à l’évaluation des magistrats et la discipline, Avant-projet de loi portant dispositions diverses relatives à l’évaluation des magistrats et la discipline | HRJ-CSJ
Conseil supérieur de la justice (2023), Avis sur l’avant-projet de loi portant optimalisation de la gestion autonome et du fonctionnement de l’ordre judiciaire, Avant-projet de loi portant optimalisation de la gestion autonome et du fonctionnement de l’ordre judiciaire | HRJ-CSJ
Conseil supérieur de la justice (2023), Rapport consolidé – Mesures prises en 2022 en vue du maintien de la discipline et du respect des principes généraux relatifs à la déontologie, Rapport consolidé – Mesures prises en 2022 en vue du maintien de la discipline et du respect des principes généraux relatifs à la déontologie | HRJ-CSJ
Cour des comptes (2024), communiqué de presse – Les listes de mandats et déclarations de patrimoine presque toutes déposées, https://www.ccrek.be/sites/default/files/PDF/20240215Communique.pdf
Cour des comptes (2024), communiqué de presse – Rapport au Parlement wallon – Les processus d’élaboration du cadastre des mandats et du registre institutionnel, https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_27_CadastreMandats_Communique.pdf
De Standaard (2024), Les partis du gouvernement ne parviennent pas à se serrer eux-mêmes la ceinture. J’ai honte pour vous. (Regeringspartijen oneens om te besparen op zichzelf. Ik ben beschaamd in jullie plaats), https://www.standaard.be/cnt/dmf20240131_93882916
De Tijd (2023), Le gouvernement se soucie à peine de la transparence dans des marchés publics d’une valeur de plusieurs milliards, (Overheid geeft amper inzage in miljardenorders), https://www.tijd.be/politiek-economie/belgie/economie/overheid-geeft-amper-inzage-in-miljardenorders/10446564.html
GANHRI (2023), Rapport du Sous-comité d’accréditation de la GANHRI, https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/countries/nhri/ganhri/SCA-Report-First-Session-2023-FR.pdf
Gouvernement fédéral belge (2023), communication des autorités belges au Comité des ministres du Conseil de l’Europe concernant l’affaire Bell c. Belgique (requête nº 44826/05), 9 octobre 2023, 1483e réunion (décembre 2023) (DH) - Règle 8.2a - Communication des autorités (09/10/2023) relative à l’affaire BELL c. Belgique (requête nº 44826/05) (coe.int)
Gouvernement fédéral belge (2023), projet de loi du 21 décembre 2023 modifiant la loi du 12 mai 2019 portant création d’un Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains, https://www.dekamer.be/FLWB/PDF/55/3736/55K3736001.pdf
Gouvernement fédéral belge (2024), communication des autorités belges au Comité des ministres du Conseil de l’Europe relative à l’affaire Bell c. Belgique (requête nº 44826/05), 2 avril 2024
Knack (2023), Association des journalistes: la décision de Jambon d’auditer dewereldmorgen.be pourrait constituer un dangereux précédent (Journalistenbond: beslissing Jambon om dewereldmorgen.be door te lichten ‘gevaarlijk precedent’), https://www.knack.be/nieuws/belgie/politiek/journalistenbond-gekant-tegen-beslissing-jambon-om-dewereldmorgen-be-door-te-lichten-gevaarlijk-precedent/
Le Soir (2023), Crise de l’accueil: malgré le camouflet du Conseil d’État, de Moor maintient le cap, https://www.lesoir.be/537025/article/2023-09-13/crise-de-laccueil-malgre-le-camouflet-du-conseil-detat-de-moor-maintient-le-cap
Le Soir (2023), Migration: qu’allons-nous pouvoir dire à nos étudiants?, https://www.lesoir.be/538243/article/2023-09-20/migration-quallons-nous-pouvoir-dire-nos-etudiants
Le Soir (2024), Juristes, universitaires, syndicalistes et citoyens: ils disent «non» à «l’atteinte méchante à l’autorité de l’État», https://www.lesoir.be/568494/article/2024-02-15/juristes-universitaires-syndicalistes-et-citoyens-ils-disent-non-latteinte
Ligue flamande des droits humains (2023), Les organisations socioculturelles constatent une augmentation de l’ingérence politique: rhétorique électorale musclée ou faut-il y voir autre chose? (Sociaal-culturele organisaties zien politieke bemoeienis toenemen: gespierde verkiezingstaal of is er meer aan de hand?), https://mensenrechten.be/nieuwsberichten/sociaal-culturele-organisaties-zien-politieke-bemoeienis-toenemen-gespierde
Loyens, Kim (2023), Pantouflage et conflits d’intérêts – étude exploratoire des risques et politiques en matière de conflits d’intérêts après la sortie de service d’une fonction administrative fédérale et d’un cabinet ministériel (Draaideurconstructies en belangenconflicten- — Een verkennende studie naar risico’s en beleidsmaatregelen op vlak van belangenconflicten na uitdiensttreding bij het federaal administratief ambt en de beleidscellen), université d’Utrecht, https://www.uu.nl/sites/default/files/Draaideurconstructies%20en%20belangenconflicten%2014042023.pdf
Mémorandum commun de la Cour constitutionnelle, de la Cour de cassation et du Conseil d’État du 19 juillet 2024, http://www.raadvst-consetat.be/?page=news&lang=fr&newsitem=844
Ministère de la justice (2024), Réformes majeures approuvées concernant les repentis, le plaider coupable, la transaction élargie et la prescription, https://www.teamjustitie.be/fr/2024/04/05/05-04-reformes-majeures-approuvees-concernant-les-repentis-le-plaider-coupable-la-transaction-elargie-et-la-prescription/
OCDE (2022), Meilleures pratiques de réglementation dans l’Union européenne 2022 (Better Regulation Practices across the European Union 2022), publications OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0981c3a7-en
Ordre des barreaux francophones et germanophone, ASM, UPM, Ligue des droits humains, M&M, VDM, CCM-ARM, Chambre nationale des huissiers de justice (2024), communiqué de presse conjoint: «L’état de droit, j’y crois!», https://avocats.be/sites/avocatsbe/files/2024-03/communique-de-presse-persbericht.pdf
Parlement fédéral belge (2023), compte rendu intégral, séance plénière du mardi 19 décembre 2023, ip278.pdf (lachambre.be)
Parlement fédéral belge (2023), projet de loi du 8 mars 2023 portant le livre 6 «La responsabilité extracontractuelle» du Code civil, La Chambre des représentants de Belgique
Parlement fédéral belge (2023), proposition de loi du 14 novembre 2023 portant des dispositions diverses relatives à l’évaluation des magistrats et à la discipline, La Chambre des représentants de Belgique (lachambre.be)
Parlement fédéral belge (2023), proposition de loi du 17 octobre 2023 modifiant le Code judiciaire en vue de renforcer le droit de la procédure disciplinaire applicable au sein de l’ordre judiciaire, La Chambre des représentants de Belgique
Parlement fédéral belge (2023), proposition de loi du 17 octobre 2023 modifiant le Code judiciaire en ce qui concerne la procédure disciplinaire à l’encontre des magistrats, La Chambre des représentants de Belgique
Parlement fédéral belge (2023), proposition de loi du 20 septembre 2023 modifiant le Code judiciaire en ce qui concerne la procédure disciplinaire applicable aux magistrats, La Chambre des représentants de Belgique (lachambre.be)
Persveilig.be (2023), rapport sur les agressions visant des journalistes, ( http://www.journalist.be/nl/nieuws/jaaroverzicht-2023-persveiligbe )
REINDH (2024), État de droit dans l’Union européenne – Rapports des institutions nationales des droits de l’homme (State of the Rule of Law in Europe, Reports from National Human Rights Institutions)
Reporters sans frontières (2023), Classement mondial de la liberté de la presse 2023 – fiche pays Belgique, https://rsf.org/fr/pays/belgique
RTBF (2024), Réforme du financement des partis politiques: pourquoi ça bloque?, https://www.rtbf.be/article/reforme-du-financement-des-partis-politiques-pourquoi-ca-bloque-11338904
Theunis, Jan (2023), document présenté lors de la 20e réunion du Conseil mixte sur la justice constitutionnelle, tenue à Sofia les 24 et 25 avril 2023, The COVID-19 Case Law of the Belgian Constitutional Court (const-court.be)
UGent (2023), ULB et UMons, Portrait des journalistes belges, https://lapij.ulb.ac.be/wp-content/uploads/2023/06/Journalistiek_BW_FR_digitaal_metCover.pdf
Vlaamse Regulator voor de Media (VRM) (2023), rapport 2023 sur la concentration des médias en Flandre (Mediaconcentratie in Vlaanderen), https://www.vlaamseregulatormedia.be/nl/mediaconcentratie
Vlaamse Regulator voor de Media (VRM), décisions, https://www.vlaamseregulatormedia.be/nl/beslissingen?searchKeyDecision=VRT
Vlaamse Vereniging van Journalisten (2023), Interdiction faite aux médias de diffuser des extraits de l’enquête pénale dans l’affaire Conner Rousseau (Media mogen geen informatie verspreiden uit stukken strafonderzoek in zaak Conner Rousseau), https://www.journalist.be/nl/nieuws/media-mogen-geen-informatie-verspreiden-uit-stukken-strafonderzoek-in-zaak-conner-rousseau
Vlaamse Vereniging van Journalisten (2023), L’interdiction de citer des extraits des procès-verbaux relatifs à Conner Rousseau porte atteinte à l’interdiction constitutionnelle de censure préventive (Verbod om te citeren uit pv over Conner Rousseau raakt aan grondwettelijk verbod op preventieve censuur), http://www.journalist.be/nl/nieuws/verbod-om-te-citeren-uit-pv-over-conner-rousseau-raakt-aan-grondwettelijk-verbod-op
VRTNWS (2024), Après des années de débat, échec de l’ultime tentative de la Vivaldi de réformer le financement des partis politiques: jour noir pour la politique (Na jaren debatteren mislukt ook ultieme poging van Vivaldi om partijfinanciering te hervormen: «Zwarte dag voor de politiek»), https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/01/31/partijfinanciering-geen-hervorming-vivaldi-regering-burgers/
VRTNWS (2024), Désaccord au sein de la majorité concernant le financement des partis: la réforme ne verra pas le jour sous cette législature (Onenigheid binnen meerderheid over partijfinanciering: Hervorming zal niet voor deze legislatuur zijn), https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/02/28/onenigheid-binnen-meerderheid-in-commissie-over-partijfinancieri/
Willemsen, Y. (2023), Analyse des intérêts immobiliers des politiciens locaux dans leur propre commune (Vastgoedbelangen bij lokale beleidsmakers in de eigen gemeente onder de loep), https://www.masterexpo-ontwerpwetenschappen.be/project/yannick-willemstein/
Annexe II: visite en Belgique
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en février 2024 avec les entités suivantes:
·Amnesty International Belgique
·Association flamande des journalistes (VVJ)
·Autorité flamande de régulation des médias
·Autorités communautaires chargées des médias
·Bureau Intégrité
·Collège des cours et tribunaux
·Comité P
·Commission fédérale de déontologie
·Conseil d’État
·Conseil de déontologie journalistique
·Conseil supérieur de l’audiovisuel
·Conseil supérieur de la justice
·Cour constitutionnelle
·Cour de cassation
·Fédération des entreprises de Belgique (FEB)
·Institut fédéral des droits humains
·Liga voor Mensenrechten
·Ligue des droits humains
·Médias de service public
·Médiateur fédéral
·Ministère de l’intérieur
·Ministère de la justice
·Ministère public
·Office central pour la répression de la corruption
·Ordre des barreaux flamands
·Ordre des barreaux francophones et germanophone de Belgique
·Police fédérale
·Transparency International Belgique
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty International UE
·Centre européen du volontariat
·Centre for Democracy and Technology Europe
·Civil Rights Defenders
·Culture Action Europe
·Democracy Reporting International
·European Center for Non Profit Law
·Fédération européenne des journalistes
·Fédération internationale pour le planning familial
·Fédération internationale pour les droits humains
·Forum civique européen
·Forum européen de la jeunesse
·Free Press Unlimited
·Institut international de la presse
·Irish Council for Civil Liberties
·JEF Europe
·Open Society Foundations
·Partenariat européen pour la démocratie
·Société civile Europe
·Union des libertés civiles pour l’Europe