| CELEX | 52025AB0035 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mardi 11 novembre 2025 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/503 | 23.1.2026 |
AVIS DE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE
du 11 novembre 2025
sur a) une proposition de règlement modifiant le règlement (UE) 2017/2402 créant un cadre général pour la titrisation ainsi qu’un cadre spécifique pour les titrisations simples, transparentes et standardisées, b) une proposition de règlement modifiant le règlement (UE) no 575/2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit pour ce qui est des exigences relatives aux expositions de titrisation, et c) un projet de proposition de règlement délégué modifiant le règlement délégué (UE) 2015/61 concernant les conditions d’éligibilité des titrisations dans le coussin de liquidité des établissements de crédit
(CON/2025/35)
(C/2026/503)
Introduction et fondement juridique
Le 15 juillet 2025 et le 9 septembre 2025, respectivement, la Banque centrale européenne (BCE) a reçu des demandes de consultation de la part du Conseil de l’Union européenne et du Parlement européen portant sur a) une proposition de règlement modifiant le règlement (UE) 2017/2402 créant un cadre général pour la titrisation ainsi qu’un cadre spécifique pour les titrisations simples, transparentes et standardisées (1) (ci-après les «modifications proposées du règlement sur les titrisations»); et b) une proposition de règlement modifiant le règlement (UE) no 575/2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit pour ce qui est des exigences relatives aux expositions de titrisation (2) (ci-après les «modifications proposées du CRR»). En outre, le 17 juin 2025, la Commission a publié un projet de proposition de règlement délégué modifiant le règlement délégué (UE) 2015/61 concernant les conditions d’éligibilité des titrisations dans le coussin de liquidité des établissements de crédit (3) (ci-après les «modifications proposées du règlement délégué sur le ratio de couverture des besoins de liquidité (LCR)», et, prises ensemble avec les modifications proposées du règlement sur les titrisations et les modifications proposées du CRR, les «propositions de règlement»).
La BCE a compétence pour émettre un avis en vertu de l’article 127, paragraphe 4, et de l’article 282, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, étant donné que les propositions de règlement contiennent des dispositions ayant une incidence sur: a) la mission fondamentale du Système européen de banques centrales (SEBC) consistant à définir et à mettre en œuvre la politique monétaire de l’Union, en application de l’article 127, paragraphe 2 du traité; b) la mission du SEBC consistant à contribuer à la bonne conduite des politiques menées par les autorités compétentes en ce qui concerne le contrôle prudentiel des établissements de crédit et la stabilité du système financier, en application de l’article 127, paragraphe 5, du traité; c) les missions confiées à la BCE par l’article 127, paragraphe 6, du traité, ayant trait aux politiques en matière de contrôle prudentiel des établissements de crédit. Conformément à l’article 17.5, première phrase, du règlement intérieur de la Banque centrale européenne, le présent avis a été adopté par le conseil des gouverneurs.
Remarques générales
1. Objectifs des propositions de règlement et considérations relatives à la stabilité financière
| 1.1. | La BCE accueille favorablement les propositions de règlement, qui amélioreront le fonctionnement du cadre de l’Union en matière de titrisation. Le bon fonctionnement du marché de la titrisation de l’Union a déjà été identifié en 2015 comme constituant un pilier important du premier plan d’action de la Commission pour l’union des marchés des capitaux (UMC) et représente un élément majeur du programme de l’union de l’épargne et des investissements. Les propositions de règlement marquent un pas dans la bonne direction pour faire de nouveaux progrès au niveau de l’Union afin de: a) réaliser des économies d’échelle dans le développement des produits de titrisation, b) faciliter l’expansion du marché et c) soutenir l’intégration des marchés de l’Union, autant d’éléments qui contribueraient largement à l’union de l’épargne et des investissements. Les propositions de règlement contribueraient également à faire en sorte que le marché de la titrisation de l’Union puisse jouer un rôle significatif dans le transfert des risques hors des établissements de crédit afin que ces derniers soient mieux à même de répondre aux demandes de prêt supplémentaires de l’économie réelle, tout en offrant des perspectives aux investisseurs intervenant sur les marchés financiers. Un cadre de titrisation bien structuré peut en principe soutenir la croissance économique, ce qui, en définitive, peut contribuer favorablement à la stabilité financière. À cet égard, la BCE partage également l’avis de la Commission, selon lequel la réforme réglementaire ne suffit pas pour stimuler le développement du marché de la titrisation. |
| 1.2. | En réponse à la crise financière mondiale, l’Organisation internationale des commissions de valeurs et le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (Basel Committee on Banking Supervision — BCBS) ont procédé à une révision de la réglementation relative aux titrisations, tirant les leçons de la crise, ce qui a conduit à l’introduction d’exigences en matière de rétention du risque, à l’amélioration des normes de communication d’informations et au renforcement des exigences de fonds propres pour les banques. En 2014, les normes de Bâle sur la titrisation ont été modifiées afin de tenir compte, par la notion de «titrisations simples, transparentes et comparables», du fait que les titrisations structurées de manière responsable justifiaient des exigences de fonds propres moins élevées, en raison de leur profil de risque plus faible (4). |
| 1.3. | Une croissance durable du marché de la titrisation nécessite des titrisations simples et standardisées, ainsi que des exigences prudentielles solides qui maintiennent des incitations appropriées à la structuration. Toute modification éventuelle du cadre réglementaire devrait être évaluée au regard des objectifs consistant à transférer en toute transparence les risques des initiateurs — qui en conserveraient toutefois une part, à élargir la base des investisseurs pour les titrisations et à favoriser un marché durable et sain. Le cadre prudentiel et réglementaire devrait encourager la mise en œuvre d’opérations simples et standardisées, tout en dissuadant celle d’opérations complexes dont les avantages pour le financement de l’économie sont limités et dont les risques sont plus élevés pour les établissements de crédit intervenant en tant qu’investisseurs et initiateurs. |
| 1.4. | Dans l’ensemble, la BCE partage la conclusion figurant dans l’avis conjoint des autorités européennes de surveillance de 2022 sur la titrisation (5), selon laquelle il pourrait être utile d’améliorer la cohérence et la sensibilité au risque du cadre de fonds propres applicable aux banques. Selon cette même conclusion, le recalibrage du cadre prudentiel de titrisation ne serait cependant pas une solution qui, en soi, garantirait la relance du marché de la titrisation. Par exemple, la différence de taille entre le marché européen et le marché américain de la titrisation ne s’explique pas par des facteurs réglementaires, mais plutôt par des différences structurelles entre ces deux marchés, les entreprises soutenues par le secteur public jouant un rôle essentiel et déterminant dans la taille du marché américain de la titrisation. |
| 1.5. | Il convient de prêter une attention particulière à l’incidence des propositions de modification sur les titrisations synthétiques, un segment qui stimule déjà la croissance du marché de la titrisation de l’Union. Si elles ne sont pas correctement gérées par les établissements de crédit initiateurs, les titrisations synthétiques importantes peuvent entraîner une procyclicité en raison du risque de renouvellement; cela pourrait avoir des effets négatifs sur la stabilité financière si le recours à de telles titrisations par les établissements de crédit venait à prendre de l’importance. Le recours à grande échelle aux titrisations synthétiques peut générer trois vulnérabilités principales: a) elles permettent aux banques de prêter davantage à l’économie tout en conservant le même niveau de fonds propres ou de verser des dividendes/de procéder à des rachats d’actions — ces deux types d’opérations augmentant le niveau de dette dans le bilan, même si le ratio de levier limite cet effet; b) elles doivent être renouvelées plus fréquemment que les titrisations classiques afin de conserver le transfert de risque du portefeuille résiduel à l’échéance de la protection, au cas où les deux ne coïncideraient pas; et c) si les vendeurs de protection ne peuvent faire face à des pertes élevées en période de ralentissement économique, le transfert de risque effectif est compromis si la protection du crédit n’est pas suffisamment garantie. Si les émissions devaient se poursuivre conformément aux tendances actuelles, voire s’accélérer, la possibilité que les risques pesant sur la stabilité financière se multiplient et deviennent importants ne saurait être exclue (6). Le suivi continu des risques s’avère donc nécessaire. |
| 1.6. | Les objectifs principaux de la titrisation devraient être de transférer efficacement les risques importants des banques initiatrices vers d’autres parties du système financier, qui sont bien placées pour les supporter en fonction de leur appétit pour le risque et de leurs missions d’investissement, et de diversifier les sources de financement, ces deux éléments pouvant débloquer de nouvelles capacités de prêt au sein de l’économie. Les titrisations classiques, fondées sur des structures avec cession parfaite, ont toujours bien atteint ces objectifs. Si les titrisations synthétiques remplacent de plus en plus les structures avec cession parfaite pour le transfert de risque, elles sont dépourvues de la composante financement; elles contribuent donc beaucoup moins à l’octroi de nouveaux prêts et peuvent introduire de nouveaux risques pour la stabilité financière. C’est pourquoi la BCE considère que les titrisations classiques permettent de mieux atteindre les objectifs des propositions de règlement. |
2. Considérations relatives à la surveillance prudentielle
| 2.1. | Les établissements de crédit initiateurs ont généralement recours à la titrisation pour réduire le montant des fonds propres qu’ils sont tenus de conserver d’un point de vue réglementaire ou à des fins de financement. Si elles ne sont pas gérées de manière adéquate, les titrisations peuvent également présenter des risques graves tant pour les établissements de crédit initiateurs et investisseurs que pour le secteur bancaire dans son ensemble, comme cela s’est produit lors de la crise financière mondiale. C’est la raison pour laquelle le développement à long terme du marché nécessite le transfert réel d’une grande partie des risques hors du secteur bancaire, vers une base d’investisseurs diversifiée capable de gérer ces risques. Les autorités de surveillance devraient également disposer de pouvoirs leur permettant d’identifier et de faire cesser, à un stade précoce, les comportements à risque des établissements de crédit tant initiateurs qu’investisseurs. |
| 2.2. | Les mesures ciblées visant à abaisser les exigences réglementaires devraient être strictement limitées aux positions de titrisation présentant une qualité structurelle et de crédit très élevée, et devraient être assorties de garde-fous appropriés afin d’assurer la solidité du marché de la titrisation tout au long du cycle économique. À cet égard, il convient de saluer le fait que la Commission cherche un moyen ciblé de soutenir le marché en créant un nouveau concept dénommé «opérations résilientes», lesquelles bénéficieraient d’un traitement plus favorable et seraient assorties de garde-fous. Toutefois, le recalibrage proposé des exigences applicables semble excessif et complexe et pourrait donc ne pas permettre d’atteindre les objectifs fixés, à savoir soutenir la croissance saine et durable du marché de la titrisation et accroître le volume des prêts en faveur des ménages et des entreprises au sein de l’Union. |
| 2.3. | Le recours à des produits de titrisation simples, tels que des titrisations simples, transparentes et standardisées (STS), pourrait avoir des effets bénéfiques sur le marché de la titrisation. Les nouvelles opérations devraient également rester suffisamment simples afin que les autorités de surveillance puissent continuer de mener leurs missions et de suivre le rythme de croissance du marché, sans avoir à utiliser des ressources disproportionnées qui pèseraient négativement sur les établissements de crédit surveillés, ni perdre de vue l’évolution du marché. C’est pourquoi le recours à des produits simples et standardisés est une étape nécessaire pour favoriser le développement du marché, tout en soutenant la stabilité financière et en attirant de nouveaux investisseurs. En revanche, si les titrisations complexes et les structures opaques peuvent optimiser la rentabilité des opérations individuelles, elles bloquent les ressources des établissements de crédit initiateurs, des investisseurs et des autorités de surveillance et, en fin de compte, n’apportent aucun nouvel avantage au secteur financier ou à l’économie dans son ensemble. C’est pourquoi la BCE propose, dans le présent avis, des modifications spécifiques concernant le recalibrage du cadre prudentiel applicable à la titrisation. |
3. Considérations relatives à la mise en œuvre de la politique monétaire
| 3.1. | La BCE fait observer que les tranches de rang supérieur des titrisations classiques sont éligibles en tant que garanties des opérations de politique monétaire de l’Eurosystème (7), à condition qu’elles remplissent les critères d’éligibilité des garanties de l’Eurosystème (8). Des titres adossés à des actifs (asset-backed securities — ABS) ont également été achetés dans le cadre du programme d’achats d’actifs de la BCE (9) et du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (10). À cet égard, la BCE salue l’objectif global des propositions de règlement, dans la mesure où un marché de la titrisation (de qualité élevée) qui fonctionne bien peut soutenir la mise en œuvre de la politique monétaire dans la zone euro, en fournissant des garanties supplémentaires de qualité élevée que les contreparties de l’Eurosystème peuvent utiliser pour participer aux opérations de crédit de l’Eurosystème. |
| 3.2. | La BCE rappelle qu’il est d’une importance primordiale de disposer d’informations suffisantes pour les évaluations de l’obligation de diligence appropriée en matière de gestion des risques et pour le suivi des titres adossés à des actifs acceptés en tant que garanties ou achetés à des fins de politique monétaire. |
4. La compétence de la BCE en matière de surveillance du respect des critères STS
| 4.1. | Les modifications proposées du règlement sur les titrisations confient aux autorités compétentes chargées de la surveillance prudentielle, y compris la BCE pour les établissements importants au sein du mécanisme de surveillance unique, la mission de surveiller l’application des critères STS par les établissements de crédit initiateurs et sponsors lorsqu’ils initient ou sponsorisent des titrisations STS. |
| 4.2. | Si la BCE reconnaît l’intérêt d’une surveillance à l’échelle de l’Union en ce qui concerne les critères STS, elle rappelle son point de vue précédemment exprimé, selon lequel les dispositions qui contiennent les critères STS et prévoient le processus de vérification de la conformité à ces critères concernent la surveillance du marché de la titrisation, et que, par conséquent, la surveillance du respect des critères STS ne devrait pas relever des missions relatives à la surveillance prudentielle des établissements de crédit (11). |
| 4.3. | La BCE reconnaît que le respect des critères STS par les établissements de crédit initiateurs et sponsors a également une incidence sur les exigences de fonds propres applicables aux positions de titrisation STS détenues par les établissements de crédit initiateurs et sponsors, ainsi que sur les exigences de fonds propres des établissements de crédit de l’Union intervenant en tant qu’investisseurs. Toutefois, la BCE soutient que la surveillance du respect des critères STS par les établissements de crédit initiateurs et sponsors ne constitue pas une mission prudentielle classique. Confier à la BCE la surveillance du respect des critères STS en tant que mission prudentielle nécessiterait donc une interprétation large de l’article 127, paragraphe 6, du traité et de l’article 4 du règlement du Conseil (UE) no 1024/2013 (12). |
| 4.4. | Étant donné que la surveillance du respect des critères STS ne relève pas des missions prudentielles classiques, la confier aux autorités de surveillance prudentielle pourrait signifier que certaines autorités de surveillance prudentielle, dont la BCE, devraient se doter de ressources supplémentaires afin de s’en acquitter. Par ailleurs, les modifications proposées du règlement sur les titrisations pourraient également aboutir à des divergences en matière de surveillance, dans certains États membres et dans l’Union, entre la surveillance des initiateurs qui sont des établissements de crédit et des celle des initiateurs autres que les établissements de crédit et des vérificateurs tiers. |
Remarques particulières
Partie I: Modifications proposées du règlement sur les titrisations
5. Simplification des exigences de diligence appropriée des investisseurs
| 5.1. | Les investisseurs dans les titrisations sont tenus d’effectuer leurs propres contrôles de diligence appropriée afin de vérifier qu’ils comprennent pleinement les risques et les caractéristiques de la position de titrisation concernée. Toutefois, des exigences de diligence appropriée trop contraignantes peuvent dissuader de nouveaux investisseurs d’entrer sur le marché et limiter l’activité sur le marché secondaire. |
| 5.2. | La BCE salue donc l’objectif consistant à rendre les exigences de diligence appropriée plus proportionnées et axées sur les caractéristiques des risques et les caractéristiques structurelles susceptibles d’avoir une incidence significative sur la performance de la titrisation, mais elle estime qu’il est essentiel que le règlement sur les titrisations fournisse des indications plus claires sur la manière dont la proportionnalité devrait être interprétée et appliquée dans la pratique. En particulier, la BCE accueille favorablement la proposition visant à supprimer l’obligation faite aux investisseurs institutionnels de vérifier que les parties du côté vente établies dans l’Union respectent les exigences en matière de rétention du risque, les exigences de transparence et les politiques de sélection et de fixation des prix applicables aux expositions non performantes. La suppression de ces obligations devrait réduire la charge administrative pesant sur les investisseurs institutionnels et limiter la multiplication des contrôles de conformité au sein de l’Union. |
| 5.3. | Toutefois, la logique visant à rendre les exigences de diligence appropriée plus proportionnées repose sur l’hypothèse selon laquelle les parties du côté vente établies dans l’Union respectent leurs obligations. Ainsi, le problème de fragmentation de la surveillance, que le comité mixte a souligné dans son avis, pourrait ne pas être traité de manière adéquate dans la proposition relative au segment des titrisations initiées par des établissements financiers non bancaires. Étant donné que le segment non bancaire devrait connaître une croissance significative dans un avenir proche, la BCE juge utile d’envisager une surveillance centralisée ou plus coordonnée, à l’échelle de l’Union, du respect du règlement sur les titrisations (y compris le respect des critères STS) pour tous les segments. Cela pourrait également être complété par une surveillance centralisée ou plus coordonnée, à l’échelle de l’Union, des vérificateurs tiers afin de créer des synergies, étant donné que le nombre de vérificateurs tiers est également susceptible d’augmenter si le marché évolue comme prévu. À cet égard, il semble que les autorités de surveillance du marché soient les mieux placées pour surveiller le respect, par tous les initiateurs, des critères les concernant. |
| 5.4. | En outre, les considérants des modifications proposées du règlement sur les titrisations expliquent l’objectif visant à appliquer globalement les exigences de diligence appropriée de manière plus proportionnée et de permettre une diligence appropriée simplifiée pour les opérations répétées (13). Toutefois, cet objectif n’est pas repris dans les modifications concrètes apportées aux dispositions concernées du règlement sur les titrisations (14). Au contraire, les dispositions concernées (15) ne font que supprimer la liste minimale des caractéristiques devant être évaluées avant les investissements. Les modifications proposées du règlement sur les titrisations ne modifient pas de manière substantielle la portée globale actuelle de l’évaluation de la diligence appropriée, par exemple «toutes les caractéristiques structurelles de la titrisation susceptibles d’influencer significativement la performance de la position de titrisation», ni la norme d’évaluation de la diligence appropriée et de la documentation requise, c’est-à-dire «les procédures écrites appropriées qui sont proportionnées au profil de risque de la position de titrisation». La BCE suggère donc d’introduire une référence explicite à la proportionnalité et à la simplification de la diligence appropriée directement dans les dispositions concernées (16), et de préciser davantage le concept de proportionnalité pour les titrisations à faible risque et les opérations répétées. Cela devrait fournir un fondement juridique précis permettant aux investisseurs institutionnels d’adapter leur approche actuelle en matière de diligence appropriée dans le cadre du règlement sur les titrisations. Sans cette précision, il existe un risque d’interprétation et de mise en œuvre incohérentes par les différents investisseurs institutionnels, et l’objectif de réduire les efforts et les coûts en matière de diligence appropriée pourrait ne pas être atteint. |
| 5.5. | En outre, la proposition de suppression de l’obligation faite aux investisseurs de vérifier le respect des exigences applicables aux titrisations STS (17) a pour effet d’accroître le recours aux notifications et aux vérifications de la conformité avec les critères STS. La BCE convient donc que les modifications proposées du règlement sur les titrisations (18) devraient exiger que les vérificateurs tiers qui s’assurent du respect des critères STS soient non seulement agréés, mais fassent aussi l’objet d’une surveillance appropriée. Il importe également que les autorités compétentes concernées continuent de surveiller de manière appropriée le respect des critères STS par les initiateurs, les prêteurs initiaux et les entités de titrisation. |
| 5.6. | Les investisseurs devraient disposer d’un délai après l’investissement pour documenter et démontrer le respect des exigences de vérification du processus de diligence appropriée. À cet égard, la BCE se félicite de la précision apportée, selon laquelle les investisseurs institutionnels disposent d’un délai de 15 jours calendaires pour documenter leurs obligations de diligence appropriée lorsqu’ils investissent sur le marché secondaire (19). Elle salue également le fait que cet allongement du délai accordé aux investisseurs institutionnels pour documenter leurs obligations de diligence appropriée ne modifie en rien l’exigence selon laquelle les investisseurs institutionnels doivent s’acquitter de leurs obligations de diligence appropriée avant leur investissement et dans toute la mesure requise par l’article 5 du règlement sur les titrisations. Ces obligations essentielles sont, à juste titre, maintenues par les modifications proposées du règlement sur les titrisations. |
| 5.7. | La BCE se montre toutefois sceptique quant aux propositions de nouvelles dérogations aux exigences de diligence appropriée pour certaines positions de titrisation qui sont garanties par des banques multilatérales de développement (20) ou pour les positions de titrisation dont la tranche première perte représentant au moins 15 % du montant nominal des expositions titrisées est soit détenue, soit garantie par l’Union, des banques ou des institutions nationales de développement (21). La BCE reconnaît que le profil de risque d’une position de titrisation directement garantie par une banque multilatérale de développement pourrait nécessiter une exigence de diligence appropriée différente de celle applicable à une position similaire dépourvue de garantie publique. La BCE estime toutefois que cette question pourrait être traitée de manière proportionnée dans le cadre de la reformulation des dispositions pertinentes du règlement sur les titrisations (22). En ce qui concerne les titrisations comportant une position de première perte importante, rien ne justifie de déroger aux exigences de diligence appropriée pour les autres positions de ces mêmes opérations, étant donné que ces positions ne bénéficient pas de la garantie. |
| 5.8. | En ce qui concerne l’objectif visant à préciser le régime de sanctions qui serait applicable aux violations des exigences de diligence appropriée, la BCE convient que la sécurité juridique est pour les investisseurs institutionnels un aspect essentiel afin d’accroître leur participation aux marchés de la titrisation de l’Union. Dans le même temps, un régime de sanctions efficace constitue un élément essentiel des exigences de diligence appropriée à proprement parler. Toutefois, si le régime de sanctions proposé en cas de non-respect des exigences de diligence appropriée est trop sévère, de nouveaux investisseurs pourraient être dissuadés de participer. La BCE estime donc qu’un régime de sanctions plus proportionné, par comparaison avec les sanctions applicables aux exigences du «côté vente», pourrait être mieux adapté à la réalisation des objectifs des propositions de règlement, à savoir l’élargissement de la base d’investisseurs sur les marchés de la titrisation. En outre, l’imposition de sanctions administratives, en vertu du règlement sur les titrisations, aux investisseurs institutionnels, en plus des mesures prudentielles punitives déjà prévues au titre des dispositifs réglementaires sectoriels applicables, pourrait être considérée comme étant disproportionnée. Le règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil (23) (ci-après le «règlement sur les exigences de fonds propres» ou «CRR») prévoit déjà que les autorités compétentes doivent imposer une pondération de risque supplémentaire proportionnée lorsqu’un établissement ne satisfait pas à certaines exigences spécifiques en vertu du règlement sur les titrisations (24), (25). |
| 5.9. | La possibilité pour les investisseurs institutionnels de déléguer l’exécution de leurs obligations de diligence appropriée à un autre investisseur institutionnel conformément au règlement sur les titrisations (26) signifie actuellement que des sanctions peuvent être imposées à l’investisseur auquel la délégation est faite, plutôt qu’à l’investisseur délégant. Les modifications proposées du règlement sur les titrisations visent à modifier cette approche, de sorte que la responsabilité juridique et les sanctions associées continuerait d’incomber à l’investisseur délégant, plutôt qu’à l’investisseur qui assure le respect des exigences de diligence appropriée. S’il est vrai que le principe général appliqué dans la réglementation financière aux dispositifs d’externalisation veut que la responsabilité juridique et l’obligation de respect continuent d’incomber à l’entité qui externalise plutôt qu’à celle à laquelle la délégation est faite, la BCE considère que le respect de l’obligation de diligence appropriée relève en premier lieu de l’entité qui effectue effectivement les contrôles de diligence appropriée. En outre, la modification proposée pourrait également dissuader de nouveaux investisseurs d’entrer sur le marché de la titrisation, ce qui irait à l’encontre de l’objectif de la proposition. Enfin, la responsabilité juridique ne pourrait être transférée que par délégation à d’autres investisseurs institutionnels qui sont eux-mêmes soumis aux exigences concernées (27). La BCE propose donc que les dispositions concernées du règlement sur les titrisations ne soient pas modifiées comme le propose la Commission (28), mais qu’elles soient seulement précisées de manière que l’investisseur institutionnel délégant veille à ce que l’investisseur auquel est déléguée l’exécution de l’obligation dispose d’une expérience suffisante. Cela devrait s’entendre sans préjudice des pondérations de risque supplémentaires proportionnées qui doivent être imposées aux établissements délégants en vertu du CRR (29). |
6. Assouplissement de certaines exigences en matière de rétention du risque
| 6.1. | La BCE prend note de la proposition de dérogation aux exigences en matière de rétention du risque pour les titrisations dont les tranches de première perte représentent au moins 15 % de la valeur nominale des expositions titrisées qui sont détenues ou garanties par des entités bien définies (30), y compris l’Union. De manière générale, cette tranche est considérée comme fournissant une couverture du risque suffisante et reflète les objectifs des dispositions concernées du règlement sur les titrisations (31), qui visent à promouvoir les opérations soutenues par des entités publiques ou de développement. |
| 6.2. | Toutefois, certains types d’opérations de titrisation, tels que ceux comportant des expositions à risque élevé ou des expositions non performantes (ENP), nécessitent des garanties supplémentaires pour assurer une couverture du risque adéquate. Dans de tels cas, l’importance de la tranche de première perte pourrait, par exemple, être fixée à la valeur la plus élevée entre 15 % de la valeur nominale des expositions titrisées et un facteur du montant des pertes anticipées du portefeuille d’expositions titrisées de l’opération donnée, avec la possibilité d’un calibrage fondé sur des données probantes afin d’en améliorer la précision. À titre de garantie supplémentaire, au lieu d’exempter entièrement ces opérations des exigences de rétention du risque, il pourrait être envisagé d’imposer un intérêt économique net significatif d’au moins 5 % pour les tranches non garanties restantes, obtenu au moyen d’une tranche verticale ou selon une autre méthode autorisée en vertu de l’article 6, paragraphe 3, du règlement sur les titrisations. Ces ajustements renforceraient le cadre réglementaire, en garantissant une plus grande solidité tout en restant conformes à l’objectif de la modification proposée. |
| 6.3. | Sur la base de l’expérience acquise en matière de surveillance prudentielle, la BCE propose d’introduire une possibilité supplémentaire de conformité, en matière de rétention du risque, concernant les titrisations d’expositions non performantes qui bénéficient de dispositifs de garantie publique. L’efficacité de ces dispositifs de garantie publique (32) pour résoudre et réduire le problème des prêts non performants inscrits aux bilans des banques a été démontrée au cours de ces dernières années. En particulier, la BCE propose que la rétention d’au moins 5 % de la valeur nominale de chaque tranche vendue ou transférée à des investisseurs, comme le permet actuellement le règlement sur les titrisations (33), soit également considérée comme étant conforme aux exigences de rétention du risque lorsqu’une ou plusieurs tranches sont intégralement garanties par des entités éligibles (34), à condition qu’au moins 5 % de la valeur nominale de chacune des tranches non garanties soient retenus (35). Cette modification compléterait les méthodes actuellement utilisées pour les titrisations d’expositions non performantes dans le cadre des dispositifs de garantie actuels, telles que la rétention d’une tranche de première perte, en introduisant une autre modalité permettant de respecter les exigences sans compromettre l’intégrité prudentielle des dispositifs. Cette souplesse accrue favoriserait le recours durable à ces dispositifs, qui se sont avérés efficaces pour faciliter la titrisation et la résolution des ENP, et contribuerait davantage à l’objectif politique plus large consistant à traiter la question des prêts non performants hérités du passé au sein du système bancaire de l’Union. |
7. Simplification des obligations de communication d’informations
| 7.1. | La BCE soutient l’objectif de simplification des obligations de communication d’informations prévues par le règlement sur les titrisations. Il convient de saluer l’approche ciblée visant à réduire la charge de déclaration et les coûts connexes, l’accent étant mis sur la suppression des points de données qui ne sont pas essentiels pour les investisseurs actuels ou potentiels et les autorités compétentes. Toutefois, cette simplification ne doit pas compromettre la qualité des données, leur comparabilité ni la prise en compte d’informations essentielles à la gestion des risques et à une surveillance efficace. La charge de déclaration n’est pas uniquement déterminée par le nombre de champs de données à remplir, mais aussi par la complexité et le caractère pratique des exigences de conformité. Des efforts devraient être déployés afin de veiller à ce que les obligations de déclaration demeurent proportionnées, tout en préservant l’accès à toutes les informations nécessaires, mais en améliorant aussi la qualité des données afin garantir leur utilité et leur comparabilité. Par conséquent, l’objectif quantitatif de réduction de 35 % des obligations de déclaration devrait être appliqué avec souplesse, afin de veiller à la conservation des informations essentielles, y compris celles nécessaires à la gestion des risques et aux nouvelles priorités politiques. La BCE est également favorable à l’introduction d’une distinction entre champs obligatoires et champs facultatifs dans les modèles de déclaration révisés, dans la mesure où cela pourrait contribuer à un cadre de déclaration plus proportionné et plus flexible. Néanmoins, la BCE estime important que la fourniture d’informations utiles à l’évaluation des risques des positions de titrisation soit obligatoire, afin de garantir que la simplification des obligations de déclaration reste cohérente avec l’approche proportionnée de la diligence appropriée. |
| 7.2. | La simplification des modèles de déclaration ne devrait pas empêcher d’inclure des points de données utiles au suivi des risques liés au climat et à l’environnement, y compris ceux relatifs aux risques physiques et de transition (36). À l’heure actuelle, ces données sont rares, ce qui limite la capacité des investisseurs et des autorités à évaluer et à gérer les risques associés. L’inclusion, dans les modèles de communication d’informations, d’un ensemble limité d’indicateurs harmonisés liés au climat, concordant avec ceux utilisés dans d’autres actes juridiques de l’Union, favoriserait une évaluation plus cohérente des risques dans l’ensemble des catégories d’actifs (37) et contribuerait à la réalisation d’objectifs plus larges de l’Union en matière de climat. |
| 7.3. | La BCE soutient la proposition visant à exempter les titrisations adossées à des expositions sous-jacentes très granulaires de l’obligation de déclaration d’informations par prêt, tout en préservant la transparence par la publication d’informations par catégorie. Toutefois, il demeure essentiel que les données agrégées soient suffisamment détaillées et disponibles en temps utile pour permettre aux investisseurs et aux autorités d’évaluer de manière valable les risques liés à l’opération. Il importe de veiller à ce que les critères d’éligibilité pour ces exemptions soient clairement et strictement définis. Cela réduirait le risque d’une application incohérente ou d’une structuration stratégique des opérations afin de bénéficier d’obligations de déclaration allégées et contribuerait à préserver l’intégrité et la transparence du marché de la titrisation. |
| 7.4. | La BCE salue la proposition visant à introduire un modèle de communication d’informations réservé aux titrisations privées, qui s’appuie sur le cadre établi par le guide de la BCE relatif à la notification des opérations de titrisation (38). Cette initiative devrait rationaliser les pratiques en matière de déclaration et améliorer la cohérence et l’efficacité de la communication d’informations relatives aux titrisations privées. |
| 7.5. | Toutefois, la proposition de modification du règlement sur les titrisations relative au cadre de déclaration des titrisations privées (39) fait référence aux autorités nationales compétentes. Afin de garantir la clarté et la cohérence avec le cadre de surveillance de l’Union, la BCE recommande la suppression du terme «national». Cette modification confirmerait explicitement que ce terme inclut la BCE, s’agissant des missions spécifiques qui lui sont confiées par le règlement (UE) n o1024/2013. |
| 7.6. | La BCE salue en outre la disposition imposant la déclaration des titrisations privées aux référentiels des titrisations. Cette mesure constitue une avancée importante pour faciliter l’accès à des informations complètes et centralisées à des fins de surveillance, ce qui remplacerait les mécanismes ad hoc actuels de déclaration aux autorités compétentes, simplifiant ainsi l’extraction des données et améliorant la surveillance des opérations de titrisation privées. Il importera de veiller à ce que les autorités compétentes puissent accéder sans difficulté à ces référentiels, tout en préservant le niveau de confidentialité requis par les opérations privées. |
| 7.7. | Le processus de révision des modèles de communication d’informations sera mené par le sous-comité «titrisation» du comité mixte des autorités européennes de surveillance, placé sous la direction de l’Autorité bancaire européenne (ABE). La BCE propose que ce travail prenne en compte des considérations relatives à la qualité des données et prévoit une consultation publique afin de garantir son adéquation avec les pratiques et les attentes du secteur. |
| 7.8. | La BCE soutient la proposition visant à réexaminer, à intervalles réguliers, les normes techniques de mise en œuvre des obligations de déclaration. Ces réexamens périodiques sont essentiels pour garantir que les normes restent adaptées à leur objectif et continuent de répondre à l’évolution des besoins des acteurs du marché et des autorités de surveillance. |
8. Modifications des critères STS
| 8.1. | La BCE exprime des inquiétudes quant à la proposition visant à modifier l’exigence d’homogénéité pour les titrisations STS adossées à des prêts accordés aux petites et moyennes entreprises (PME), selon laquelle il serait accepté un minimum de 70 % d’expositions sur des PME, le reste du panier incluant d’autres types d’expositions. Cette proposition inciterait à mettre en place des opérations, adossées à des prêts accordés à des PME, qui sont adossées à un panier mixte de prêts sur actifs, ce qui, de l’avis de la BCE, serait contraire à l’exigence de simplicité requise pour pouvoir bénéficier du label STS. L’exigence de simplicité impose des paniers homogènes tant en termes de type d’actifs qu’en ce qui concerne leurs caractéristiques spécifiques relatives aux flux de trésorerie, y compris les caractéristiques contractuelles, de risque de crédit et de remboursement anticipé. Cette proposition pourrait également poser problème concernant la mise en œuvre de la politique monétaire de l’Eurosystème, dans la mesure où l’Eurosystème n’accepte pas, en tant que garanties, des titres adossés à des actifs qui sont eux-mêmes adossés à des paniers mixtes. Néanmoins, la BCE est favorable à l’accès des PME au financement par les marchés. Dans cette optique, la BCE peut approuver cette proposition à condition qu’elle soit complétée par des restrictions supplémentaires applicables au reste des expositions du panier. Elle suggère donc que les 30 % restants des expositions se limitent à des prêts accordés à des entreprises ou des sociétés, afin de respecter le principe d’opérations simples et homogènes au titre du label STS. Cette approche constituerait tout de même un gain de flexibilité par rapport aux exigences actuelles d’homogénéité relatives aux PME, bien que plus limité que dans la proposition initiale de la Commission, en prévoyant les garde-fous appropriés concernant le type de débiteurs sous-jacents représentés dans les 30 % divergents du portefeuille sous-jacent. La présente proposition est également conforme au règlement délégué (UE) 2019/1851 de la Commission (40), qui limite déjà la possibilité de combiner des expositions sur les PME avec des expositions sur d’autres entreprises ou sur des particuliers en fonction de leur similitude en matière de souscription et de gestion. |
| 8.2. | La BCE exprime également des inquiétudes quant à la proposition visant à élargir les critères d’éligibilité des conventions de protection de crédit, dans le cadre STS, afin d’y inclure des garanties non financées fournies par des entreprises d’assurance ou de réassurance. Cette proposition risque d'accroître à la fois le risque de concentration et le risque de contrepartie (41). |
| 8.3. | Le risque de concentration augmenterait, si cette proposition était suivie, car celle-ci donnerait aux entreprises d’assurance et de réassurance un avantage concurrentiel par rapport à d’autres investisseurs privés pour la fourniture de protection de crédit dans le cadre STS. Cet avantage pourrait conduire les entreprises d’assurance et de réassurance à devenir les principaux fournisseurs de protection de crédit pour les titrisations synthétiques STS dans l’ensemble de l’Union. Une telle position dominante soulève des inquiétudes quant à d’éventuels effets procycliques, en particulier à la lumière des dispositions du CRR qui imposent aux fournisseurs d’une protection de crédit non financée de respecter un seuil minimal de notation de crédit afin de pouvoir être reconnus comme des fournisseurs de protection de crédit éligibles (42). Si la notation de crédit d’un assureur ou réassureur devait être inférieure à ce seuil, les titrisations synthétiques s’appuyant sur leur protection perdraient leur éligibilité au titre du cadre STS et du cadre pour le transfert de risque significatif. Cela entraînerait la suppression de la réduction correspondante des montants d’exposition pondérés. Ce scénario est particulièrement préoccupant en périodes de grave ralentissement économique, lorsque les assureurs ou réassureurs sont plus vulnérables aux dégradations des notations de crédit. De telles dégradations imposeraient des exigences de fonds propres plus élevées aux établissements de crédit initiateurs à un moment où leur résilience financière — et leur capacité à octroyer des crédits à l’économie réelle — seraient déjà mises à rude épreuve. |
| 8.4. | Les modifications proposées du règlement sur les titrisations augmenteraient également le risque de contrepartie en amplifiant les canaux existants et en créant de nouvelles voies de transmission entre les secteurs de la banque et de l’assurance. En période de tensions financières, les établissements de crédit initiateurs pourraient être confrontés à une double menace: des pertes de crédit sur le portefeuille de prêts titrisés et le défaut potentiel des assureurs ou réassureurs fournissant une protection de crédit. Dans de tels scénarios, la protection de crédit financée représente un garde-fou essentiel contre le risque de contrepartie, étant donné qu’elle est adossée à des garanties qui assurent le maintien d'une protection efficace même en cas de défaillance de l’assureur ou du réassureur. En revanche, une protection de crédit non financée, qui ne dispose pas de telles garanties, exposerait directement les établissements de crédit initiateurs au risque de crédit des assureurs ou réassureurs. Cette exposition augmente le risque que la protection devienne inefficace précisément au moment où elle est le plus nécessaire, c'est-à-dire en périodes de difficultés financières. |
| 8.5. | Si les modifications proposées du règlement sur les titrisations prévoient certains garde-fous, tels que la limitation de la fourniture de garanties non financées aux grandes entreprises d’assurance et de réassurance diversifiées, ceux-ci ne permettent pas de faire face de manière adéquate aux risques constatés pesant sur la stabilité financière. En outre, la proposition pourrait introduire de nouveaux risques. Par exemple, le seuil minimal de taille fixé pour les assureurs ou réassureurs, à savoir un total d’actifs supérieur à 20 milliards d’euros, pourrait entraîner des difficultés similaires à celles liées aux seuils de notation de crédit, en particulier si le total des actifs d’un assureur ou réassureur venait à passer sous cette limite. En outre, cette modification pourrait accentuer le risque de concentration sur un seul nom si trop peu d’assureurs ou réassureurs remplissent les critères d’éligibilité proposés. Compte tenu de ces préoccupations, la BCE estime qu’il est essentiel de conserver la formulation actuelle du règlement sur les titrisations (43) afin de préserver la stabilité financière et d’éviter d’introduire des risques qui pourraient compromettre la résilience du système financier. |
| 8.6. | L’un des garde-fous proposés exige que l’entreprise d’assurance ou de réassurance ait obtenu l’échelon 3 de qualité de crédit, voire un échelon supérieur (44). Le CRR prévoit des exigences d’éligibilité globalement similaires applicables aux fournisseurs éligibles d’une protection de crédit non financée sur des positions de titrisation (45). Toutefois, il semble exister une incohérence interne au sein des dispositions pertinentes du CRR faisant suite aux modifications que le règlement (UE) 2024/1623 du Parlement européen et du Conseil (46) a apportées au CRR (47). Le réexamen en cours du cadre de la titrisation pourrait constituer une bonne occasion de remédier à cette incohérence. |
9. Modifications de la définition de la titrisation publique
| 9.1. | La modification proposée de la définition de la titrisation publique dans le règlement sur les titrisations inclut également les titrisations sans prospectus, mais qui sont a) admises à la négociation sur une plate-forme de négociation, ou b) commercialisées auprès d’investisseurs à des conditions non négociables entre les parties. Cette définition pourrait donc également inclure des opérations qui sont actuellement structurées pour être des titrisations privées. Le fait de rendre publiques des titrisations privées — qui sont souvent des opérations bilatérales et sur mesure — pourrait avoir des conséquences inattendues et compromettre le fonctionnement actuel du marché sur ce segment. La BCE recommande donc que le champ d’application actuel de la définition des titrisations publiques reste basé sur la nécessité d’établir un prospectus, afin d’éviter des conséquences inattendues ou des perturbations du fonctionnement du marché. D’autres approches pourraient également permettre d’atteindre les objectifs des modifications proposées du règlement sur les titrisations en matière de transparence et de surveillance du marché, sans risquer d’entraîner des conséquences inattendues ou des perturbations du fonctionnement du marché. Néanmoins, la BCE note que, pour qu’un titre adossé à des actifs soit considéré comme éligible en tant que garantie d’opérations de crédit de l’Eurosystème, il doit satisfaire aux exigences relatives à la fourniture des données par prêt sous-jacent conformément à l’orientation (UE) 2015/510 (BCE/2014/60), indépendamment de sa classification en tant que titrisation publique ou privée. |
Partie II: Propositions de modification du CRR
10. Modification de la définition de la position de titrisation de rang supérieur
| 10.1. | La modification proposée de la définition de la position de titrisation de rang supérieur (48) dans le CRR exige que la position de titrisation de rang supérieur ait un point d’attachement supérieur à KIRB ou au KA (49), sans préciser si cette exigence doit être respectée dès le départ ou de manière continue. Cela pourrait conduire à ce qu’une position de titrisation de rang supérieur cesse d’être considérée comme une position de rang supérieur à un moment donné au cours de la vie de la titrisation si les performances du portefeuille sont inférieures aux prévisions. Le résultat inattendu serait que la position entraînerait un effet de seuil dans les exigences de fonds propres qui imposent un traitement plus strict aux tranches qui ne sont pas de rang supérieur, ou en matière de liquidité, car elle ne serait plus conforme aux critères d’éligibilité au LCR même si elle conserve la notation correspondante. La BCE recommande donc de ne pas modifier la définition. |
11. Introduction du concept de position résiliente
| 11.1. | La BCE salue la proposition visant à différencier le degré des traitements réglementaires préférentiels en fonction de la résilience des positions de titrisation de rang supérieur en période de tensions et de limiter la réduction des planchers de pondération de risque et le traitement favorable aux fins du LCR aux positions présentant des garanties suffisantes (50), en s’appuyant notamment sur l’ avis émis par les autorités européennes de surveillance (AES) (51). |
| 11.2. | L’introduction du concept de positions de titrisation résilientes a pour effet d’accroître la complexité du cadre prudentiel. Toutefois, les nouveaux critères d’éligibilité applicables aux positions de titrisation résilientes de rang supérieur qui figurent dans les modifications proposées du CRR (52) sont très étroitement alignés sur les critères STS, à une exception près seulement concernant le niveau minimal de rehaussement de crédit pour la tranche de rang supérieur des positions de titrisation résilientes. Concrètement, sur la base d’un échantillon d’opérations existantes initiées par des établissements de crédit importants ayant réalisé un transfert de risque significatif, la BCE estime que 60 % des tranches de rang supérieur des opérations existantes répondant aux critères STS seraient considérées comme des positions de titrisation résilientes. Ce pourcentage devrait encore augmenter une fois que la proposition législative aura été finalisée. En outre, le concept de positions de titrisation résilientes améliore également la sensibilité au risque du cadre. Le critère spécifique relatif au niveau minimal de rehaussement de crédit pour les positions de rang supérieur est dûment justifié au regard de la proposition de nouveau traitement préférentiel applicable aux tranches de rang supérieur résilientes par l’application d’un plancher de pondération de risque absolu plus faible que celui applicable aux tranches de rang supérieur non résilientes. Dans ce contexte, la BCE recommande vivement de conserver le concept de positions de titrisation résilientes, tout en limitant aux opérations répondant aux critères STS (ci-après les «opérations STS») le champ d’application des positions de titrisation de rang supérieur résilientes éligibles, et d’exclure totalement du traitement différencié les positions de titrisation de rang supérieur dans des opérations non STS. Cela réduirait également davantage la complexité des modifications proposées du CRR. |
| 11.3. | Les modifications proposées du CRR (53) exigent également le respect des critères d’éligibilité pour les titrisations résilientes, aussi bien dès le départ que de manière continue. Bien que cela présente l’avantage de garantir que l’opération remplisse les critères minimaux tout au long de sa durée de vie, ces exigences peuvent, dans la pratique, accroître la complexité du cadre pour les initiateurs, les sponsors et les investisseurs, ainsi que pour les autorités de surveillance prudentielle, notamment en raison du remboursement du portefeuille titrisé au fil du temps, qui nécessiterait des contrôles réguliers. Cela pourrait également aboutir à une situation dans laquelle une opération ne satisferait plus aux critères d’éligibilité au traitement différencié en termes d’exigences de fonds propres, ce qui créerait des effets de seuil dans le traitement prudentiel de l’opération et pourrait éroder la confiance du marché. Compte tenu de l'objectif général de la proposition, il conviendrait d’éviter ce risque de perte de confiance. La BCE propose donc que les critères d’éligibilité pour les positions de titrisation de rang supérieur résilientes ne soient évalués qu’au moment de l’initiation. Afin de tenir compte de l’effet du remboursement, il est également suggéré d’ajuster le critère relatif au niveau minimal de rehaussement du crédit déterminant le point d’attachement de la position de titrisation de rang supérieur concernée afin de faire une distinction entre les profils de remboursement des différentes titrisations. Cela permettrait de garantir que la tranche de rang supérieur reste résiliente pendant toute la durée de vie de la titrisation. En particulier, le niveau minimal de rehaussement de crédit au moment de l’initiation pour les opérations qui sont remboursées au prorata, même avec des déclencheurs liés à la performance, devrait être augmenté par rapport au niveau minimal de rehaussement de crédit requis pour les opérations qui sont remboursées de manière strictement séquentielle. |
12. Modification des planchers de pondération de risque
| 12.1. | En tant que filets de sécurité des approches sensibles au risque pour le calcul des exigences de fonds propres du CRR, les planchers de pondération de risque constituent un élément essentiel du traitement prudentiel des positions de titrisation, ce qui garantit une exigence de fonds propres minimale pour ces positions. À la suite de la crise financière mondiale, le plancher de pondération de risque a été relevé, en modifiant le CRR par le règlement (UE) 2017/2401 du Parlement européen et du Conseil (54), passant de 7 % à 15 % pour les positions de titrisation autres que les titrisations STS, et à 10 % pour les positions de titrisation consistant en des tranches de rang supérieur de titrisations STS. Ce relèvement fait suite à la constatation de lacunes dans les règles applicables avant la crise, qui avaient entraîné des pondérations de risque excessivement faibles sur les tranches de rang supérieur, ainsi qu’à la révision du cadre de titrisation par le BCBS. C’est pourquoi, contrairement à d’autres éléments du cadre tels que le facteur p dans le cadre de l’approche fondée sur les notations internes pour la titrisation (SEC-IRBA), les planchers de pondération de risque sont, par nature, non sensibles au risque. En outre, les planchers de pondération de risque sont l’un des facteurs à l’origine de la non-neutralité des fonds propres dans le traitement prudentiel des titrisations. |
| 12.2. | L’objectif des planchers de pondération de risque est d’éviter des pondérations de risque excessivement faibles pour quelque position de titrisation que ce soit. Par conséquent, compte tenu de la nécessité de tenir compte des risques que le processus de titrisation ajoute à ceux des expositions titrisées, en particulier le risque de modèle et le risque d’agence, la BCE se montre sceptique quant au concept de planchers de pondération de risque sensibles au risque. Elle estime que l’application de ce concept pourrait conduire, en pratique, à des pondérations de risque très faibles pour certaines positions de titrisation, bien en deçà du plancher de 7 % qui était applicable avant la crise financière mondiale. |
| 12.3. | En outre, les modifications proposées du CRR (55) visent à supprimer les freins actuels à la titrisation des portefeuilles à faible pondération de risque. Cela signifie que les positions de titrisation dont les portefeuilles sous-jacents présentent un risque faible — par exemple les prêts hypothécaires — bénéficieront d’exigences de fonds propres plus faibles, si bien que les titrisations de ces portefeuilles pourraient augmenter. S’il est vrai que des titrisations de portefeuilles à faible risque peuvent attirer de nouveaux investisseurs peu enclins au risque, il convient d’examiner attentivement si le niveau des pondérations de risque des expositions titrisées tient suffisamment compte de la complexité et du niveau du risque d’agence et de modèle, ou s’il pourrait être nécessaire de limiter les planchers inférieurs à certaines catégories d’actifs. À cet égard, il convient de mentionner que le plafonnement actuel de la pondération de risque de la tranche de rang supérieur, fondé sur la pondération de risque moyenne des expositions sous-jacentes (56), qui dépasse le plancher, permet également la titrisation de portefeuilles à faible pondération de risque. |
| 12.4. | Dans ce contexte, la BCE suggère de suivre plus étroitement l’avis des AES, tel qu’exposé dans l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), et d’appliquer un plancher fixe de pondération de risque de 7 % aux opérations STS résilientes (57). |
| 12.5. | En outre, la BCE considère que ce plancher de pondération de risque plus faible ne devrait s’appliquer qu’aux opérations résilientes (58) et uniquement aux banques initiatrices mentionnées à l’article 2, point 3), a), du règlement sur les titrisations. Il est nécessaire de limiter les planchers de risque plus faibles aux seules positions de titrisation résilientes conservées par les initiateurs participant à l’initiation des expositions sous-jacentes mentionnées dans le règlement sur les titrisations (59) dans la mesure où ce n’est qu’à l’égard de ces initiateurs qu’existe un risque moindre d’agence et de modèle, par comparaison avec les investisseurs. Toutefois, le traitement préférentiel ne devrait pas s’appliquer à d’autres établissements de crédit investisseurs ni à aucun initiateur qui, conformément au règlement sur les titrisations, «achète les expositions d’un tiers pour son propre compte et les titrise ensuite» (60), afin d’éviter que des établissements de crédit n’étendent leurs activités au-delà de leurs activités principales dans le seul but de titriser les expositions en question afin de bénéficier des exigences réduites en matière de fonds propres (61). |
13. Modification du facteur p dans le calcul des pondérations de risque pour les positions de titrisation
| 13.1. | Le facteur p est l’un des paramètres clés permettant de déterminer le niveau de non-neutralité des exigences de fonds propres générées par les approches du cadre prudentiel fondées sur des formules (à savoir l’approche SEC-IRBA et l’approche standard pour la titrisation (SEC-SA)), qui sert à calculer les exigences de fonds propres applicables aux positions de titrisation. La non-neutralité des fonds propres correspond à l’exigence de fonds propres supplémentaire requise pour détenir toutes les tranches d’une titrisation donnée par rapport à l’exigence de fonds propres que les banques doivent détenir pour les expositions titrisées correspondantes. Cela se justifie par les risques supplémentaires qu’implique la titrisation, les principaux étant le risque d’agence et le risque de modèle, auxquels s’ajoutent les risques juridiques et les fluctuations des évaluations à la juste valeur dans le cas des obligations émises dans le cadre de titrisations classiques. |
| 13.2. | Les modifications proposées du CRR prévoient un recalibrage du facteur p pour tous les types de titrisations, cependant de manière à offrir des avantages réglementaires supplémentaires pour les opérations qui sont plus standardisées et plus sûres (c’est-à-dire les opérations STS et résilientes), ainsi que pour les positions conservées par les initiateurs en raison de leur exposition plus faible au risque d’agence et au risque de modèle (62). Cette approche peut certes réduire les exigences de fonds propres pour les tranches, mais la BCE craint que cette partie de la proposition aille au-delà de l’avis formulé par les AES dans l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), selon lequel le facteur p ne devrait pas être modifié unilatéralement, mais qu’il conviendrait plutôt de réviser l’ensemble du cadre au niveau international. |
| 13.3. | Toutefois, l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire) n’a pas pris en compte l’effet de la modification du CRR par le règlement (UE) 2024/1623 visant à introduire le plancher de fonds propres (63)et les dispositions transitoires connexes abaissant le facteur p pour l’approche SEC-SA (64). Afin de simplifier le cadre réglementaire, la BCE suggère de recalibrer le facteur p, applicable aux positions de rang supérieur détenues par les initiateurs d’expositions visés dans les dispositions pertinentes du règlement sur les titrisations (65), de façon cohérente avec l’approche recommandée ci-dessus pour le plancher de pondération de risque. Ce recalibrage garantirait que les établissements de crédit initiateurs qui utilisent l’approche SEC-IRBA pour calculer leurs exigences de fonds propres ne limitent pas trop leurs activités d’initiation en raison de contraintes liées au plancher de fonds propres, sans qu’il ne soit nécessaire de recourir à des dispositions transitoires. Par conséquent, si les colégislateurs acceptent le recalibrage des facteurs p suggéré par la BCE, comme cela est détaillé au paragraphe suivant, les dispositions transitoires énoncées dans les dispositions pertinentes du CRR (66) pourraient être supprimées. |
| 13.4. | Conformément à ce qui précède, la BCE recommande un recalibrage des facteurs p, pour les initiateurs des expositions qui sont visés dans les dispositions pertinentes du règlement sur les titrisations (67), au moyen d’ajustements qui entraîneraient une réduction moindre des fonds propres, simplifieraient la proposition et introduiraient une plus grande sensibilité au risque tant en période normale qu’en période de tension:
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| 13.5. | Le calibrage actuel devrait rester inchangé pour les établissements de crédit investisseurs, étant donné que la logique du risque de modèle et du risque d’agence réduit ne leur est pas applicable. Cela permettra de garantir que le cadre applicable aux investisseurs reste en adéquation avec le cadre du BCBS. Cette adéquation est très importante car l’une des principales préoccupations auxquelles répond le calibrage et la nouvelle hiérarchie des approches dans le cadre du BCBS concernait les faibles exigences de fonds propres et les effets de seuil auxquels ont été confrontés les établissements de crédit investisseurs lors de la crise financière mondiale. |
14. Considérations générales concernant les propositions de modification du traitement des fonds propres des positions de titrisation
Le recalibrage du facteur p et du plancher de pondération de risque proposé par la BCE permettrait de résoudre le problème créé par le plancher de fonds propres et faciliterait la fin du dispositif transitoire relatif au plancher de fonds propres pour les opérations de titrisation. Cette proposition de recalibrage est également conforme à la hiérarchie des approches énoncée dans les dispositions pertinentes du CRR (68).
15. Modifications des critères du TRS
| 15.1. | Pour parvenir à une réduction des montants d’exposition pondérés, la titrisation nécessite une évaluation positive du transfert de risque de crédit significatif (TRS) de la part de l’autorité compétente, reconnaissant que des risques importants ont été transférés et ne seront pas repris par les initiateurs pendant la durée de vie de la titrisation. |
| 15.2. | La BCE salue la proposition de la Commission consistant à réviser en profondeur et à mettre à jour les dispositions régissant le TRS, en s’appuyant sur les recommandations de l’ABE (69) ainsi que sur l’expérience acquise en matière de surveillance prudentielle. Elle salue notamment la proposition de supprimer du CRR, pour le TRS, l’approche fondée sur des autorisations (70), qui n’a jamais été utilisée par les établissements importants. Sa suppression contribuerait utilement à la simplification du cadre réglementaire. |
| 15.3. | La BCE accueille également favorablement la proposition de remplacer les tests mécaniques actuellement prévus par le CRR (71) par un nouveau test suivant une approche fondée sur des principes, pouvant être utilisé pour toutes les structures de titrisation, quel que soit le nombre réel de tranches. Le test suivant une approche fondée sur des principes permettra également de remédier aux insuffisances constatées lors des tests mécaniques précédents, en particulier en ce qui concerne l’épaisseur suffisante des tranches protégées. |
| 15.4. | Compte tenu de son expérience acquise en matière de surveillance, la BCE considère également que le périmètre des portefeuilles remplissant les conditions d’un transfert de risque significatif devrait être précisé directement dans le CRR, afin d’exclure explicitement certains types d’expositions complexes pour lesquelles les montants d’exposition et la couverture exacte de la protection de crédit ne peuvent être modélisés avec une certitude suffisante, ou qui génèrent une volatilité excessive dans le temps. C’est le cas, par exemple, du risque de crédit de contrepartie pour les expositions sur produits dérivés, pour lesquelles la couverture du risque de crédit est difficile à mesurer au moment de l’initiation en raison de la volatilité liée au marché de la valeur exposée au risque des expositions qui seraient titrisées. La BCE considère que, si le cadre de titrisation est bien adapté au risque de crédit ordinaire, il ne rend pas suffisamment compte de la complexité inhérente aux expositions liées aux produits dérivés. |
16. Modifications du processus du TRS
| 16.1. | S’agissant du processus d’évaluation du TRS, la BCE établit généralement une distinction entre a) les opérations simples, standardisées et répétées; et b) les opérations complexes et innovantes, pour lesquelles l’autorité de surveillance devrait avoir la possibilité de procéder à une évaluation complète du TRS. |
| 16.2. | Par conséquent, la BCE a mis au point une procédure accélérée d’évaluation prudentielle du TRS, qui vise à réduire considérablement le délai d’évaluation dans le cas de titrisations suffisamment simples qui répondent à certaines exigences, tout en tirant parti des avantages de la normalisation des produits et des modèles harmonisés. Les autorités compétentes ont déjà la possibilité d’appliquer une telle procédure accélérée dans le cadre de la version actuellement en vigueur du CRR, fondée sur le principe de proportionnalité et conforme à la pratique établie d’une surveillance fondée sur les risques. En outre, il est difficile de savoir quelle valeur ajoutée apporteraient des principes généraux à une procédure d’évaluation simplifiée accélérée, s’ils devaient être précisés dans des normes techniques réglementaires qui seraient élaborées et adoptées en application des modifications proposées du CRR (72), lesquels viendraient s’ajouter au principe général d’évaluation accélérée du TRS déjà énoncé dans le CRR. |
| 16.3. | En ce qui concerne les opérations complexes, un examen prudentiel approfondi des titrisations présentant des caractéristiques délicates doit être mené pour évaluer la solidité du TRS, ce qui renforcerait la résilience financière des banques surveillées. Aussi la BCE se félicite-t-elle que les modifications proposées préservent la souplesse de la surveillance et la compétence de l’autorité de surveillance pour procéder à un examen complet des opérations complexes et innovantes. |
| 16.4. | Il est particulièrement important que les modifications proposées maintiennent également la possibilité pour l’autorité compétente d’exiger, au cas par cas, que l’initiateur transfère une partie des montants pondérés des pertes imprévues des expositions sous-jacentes qui soit supérieure aux 50 % exigés conformément au test suivant une approche fondée sur des principes, ou de s’opposer au TRS lorsque elle estime que le risque de crédit transféré est insuffisant pour tenir compte de certaines caractéristiques spéciales ou complexes de la titrisation, ou qu’il entraîne une réduction non proportionnelle des montants d’exposition pondérés. Afin d’évaluer si une titrisation TRS particulière entraîne une réduction non proportionnelle des montants d’exposition pondérés, la BCE entend recourir au «test de proportionnalité», qui figure dans le guide de la BCE relatif aux options et facultés (73) et a été appliqué de manière constante, au fil des ans, pour évaluer le TRS des titrisations initiées par des établissements importants. La BCE propose donc de clarifier les dispositions pertinentes du CRR afin de maintenir la référence à la proportionnalité. |
| 16.5. | La BCE se félicite de la mission confiée à l’ABE, consistant à élaborer des projets de normes techniques réglementaires concernant les titrisations classiques dans le cadre des modifications proposées du CRR (74). La BCE estime notamment qu’il est essentiel de préciser, dans ces normes techniques réglementaires, le calcul des pertes attendues sur la durée de vie des expositions sous-jacentes et leur répartition entre les tranches de titrisation, ainsi que la répartition entre ces tranches des pertes imprévues des expositions titrisées. En outre, la mission confiée à l’ABE consistant à préciser, dans des normes techniques, les principes généraux applicables au processus de réexamen et d’évaluation du TRS permettra d’atteindre un juste équilibre entre l’objectif consistant à garantir des conditions de concurrence équitables pour tous les initiateurs — y compris, notamment, lorsqu’interviennent plusieurs entités des mêmes groupes bancaires établis dans différents États membres — et la souplesse nécessaire pour que les autorités compétentes puissent élaborer leurs processus de surveillance. Par ailleurs, conformément au paragraphe 16.2, la BCE suggère de supprimer, du mandat prévu dans les modifications proposées du CRR, les principes généraux relatifs à l’évaluation accélérée du TRS (75). |
| 16.6. | Enfin, la BCE estime que, compte tenu des efforts récemment déployés pour simplifier le cadre réglementaire et rationaliser les obligations de notification et de déclaration, il conviendrait de supprimer l’obligation faite aux autorités compétentes de notifier systématiquement à l’ABE, chaque année, toutes les titrisations TRS. Ces informations peuvent être extraites par l’ABE des modèles de déclaration d’informations prudentielles (à savoir les modèles COREP C14.00 et C14.01, qui font partie du cadre de déclaration harmonisé), et cette obligation de notification devrait donc être supprimée afin d’éviter les doublons et les chevauchements. |
Partie III: Modifications proposées du règlement délégué sur le ratio de couverture des besoins de liquidité (LCR)
17. Modifications du traitement des positions de titrisation en tant qu’actifs liquides
| 17.1. | La BCE se félicite que les modifications proposées du règlement délégué (76) (UE) 2015/61 de la Commission (ci-après le «règlement délégué sur le LCR») continuent de permettre que les tranches de rang supérieur des titrisations classiques STS soient éligibles en tant qu’actifs liquides de haute qualité de niveau 2B pour le coussin de liquidité dans le cadre du LCR, compte tenu également des avantages plus larges que procurent les titrisations aux fins de la gestion des risques, et en termes de diversification. |
| 17.2. | La BCE soutient la proposition visant à supprimer l’exigence selon laquelle les titrisations éligibles au coussin de liquidité doivent avoir une durée de vie moyenne pondérée résiduelle de cinq ans (77). Elle considère que cette exigence constitue une contrainte injustifiée qui ne figure pas non plus dans la norme LCR de Bâle. |
| 17.3. | La BCE approuve également la proposition visant à faire concorder les critères d’homogénéité et d’éligibilité, applicables au portefeuille sous-jacent des tranches de rang supérieur des titrisations classiques STS éligibles au coussin de liquidité, avec les exigences définies dans le règlement sur les titrisations (78) et précisées dans le règlement délégué (UE) 2019/1851 (79). La BCE relève que cette proposition contribuera à une concordance plus importante du traitement des titrisations aux fins du LCR avec d’autres volets du cadre prudentiel de l’Union applicable aux titrisations. En outre, cette proposition simplifiera les critères d’éligibilité des actifs liquides de haute qualité et autorisera les établissements de crédit à inclure dans le coussin de liquidité aux fins du LCR d’autres types de titrisations présentant une liquidité et une qualité de crédit suffisamment élevées et qui respectent rigoureusement les autres exigences propres aux actifs prévues par le règlement délégué sur le LCR. |
| 17.4. | Dans le cadre des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, les tranches de rang supérieur des titrisations classiques STS présentant des échelons de qualité de crédit compris entre 2 et 7, deviendraient éligibles en tant qu’actifs liquides de haute qualité (80). D’un côté, la BCE se félicite de la proposition de rétablissement de l’éligibilité des titrisations présentant des échelons de qualité de crédit compris entre 2 et 4 en tant qu’actifs liquides de haute qualité (81). De l’autre côté, la BCE est préoccupée par le fait que les titrisations présentant des échelons de qualité de crédit compris entre 5 et 7, équivalant à une notation de crédit de A+ à A-, puissent être utilisées dans le coussin de liquidité. Cet élargissement constitue une déviation supplémentaire par rapport aux normes internationales, sans qu’il ne soit factuellement prouvé que ces positions de titrisation constituaient une source fiable de liquidité, notamment en périodes de tension sur les marchés. Bien qu’il soit suggéré d’appliquer une décote plus élevée de 50 % à ces actifs pour tenir compte des risques de liquidité potentiellement plus élevés, il demeure incertain dans quelle mesure ces actifs constituent, de manière générale, une source fiable de liquidité en périodes de tensions. |
| 17.5. | La BCE émet des réserves sur les propositions suivantes: a) ramener de 25 % à 15 % les décotes appliquées aux tranches de rang supérieur des titrisations classiques résilientes STS, et b) ramener de 35 % à 25 % la décote appliquée aux titrisations, éligibles en tant qu’actifs liquides de haute qualité, qui sont adossées à des prêts commerciaux ou à des prêts à la consommation personnelle (82). De manière plus générale, l’introduction de décotes plus faibles est prématurée dans la mesure où les titrisations n’ont toujours pas été suffisamment testées dans des périodes de tensions réelles correspondant pleinement aux scénarios visés dans le règlement délégué sur le LCR (83). Une décote de 15 % pour les tranches de rang supérieur des titrisations classiques résilientes serait inférieure au pourcentage de 25 % envisagé pour les titrisations de niveau 2B selon la norme de Bâle (84). En outre, l’application de la même décote de 15 % que celle applicable aux actifs de niveau 2A ne semble pas proportionnée étant donné que le niveau de liquidité attendu des tranches de rang supérieur des titrisations classiques résilientes est inférieur à celui des actifs de niveau 2A. |
| 17.6. | La BCE estime également que toute amélioration effective du traitement des titrisations aux fins du LCR, qui résulterait de l’éligibilité des titrisations présentant des échelons de qualité de crédit compris entre 5 et 7 en tant qu’actifs liquides de haute qualité ainsi que de l’application de décotes plus faibles, devrait faire l’objet d’une analyse d’impact préalable par l’ABE confirmant que les positions de titrisation concernées disposent d’une liquidité de marché suffisante. À cet égard, si la BCE salue la proposition de mission explicite, qui confierait à l’avenir à l’ABE le suivi régulier de la liquidité des titrisations (85), elle considère que la réalisation d’une analyse d’impact préalable par l’ABE constitue une condition indispensable avant de décider d’une amélioration effective du traitement des titrisations aux fins du LCR. |
Lorsque la BCE recommande de modifier les propositions de règlement, des suggestions de rédaction particulières, accompagnées d’une explication, figurent dans un document de travail technique séparé. Le document de travail technique peut être consulté en anglais sur le site internet EUR-Lex.
Fait à Francfort-sur-le-Main, le 11 novembre 2025.
La présidente de la BCE
Christine LAGARDE
(1) COM(2025) 826 final.
(2) COM(2025) 825 final.
(3) Ares(2025)4808223.
(4) Voir Comité de Bâle sur le contrôle bancaire de la Banque des règlements internationaux, document de Bâle III: Révisions du cadre de titrisation, tel que modifié pour inclure le traitement alternatif des fonds propres pour les titrisations «simples, transparentes et comparables», 11 décembre 2014 (rév. juillet 2016). Cette norme a été intégrée au dispositif de Bâle consolidé, disponible sur le site internet de la Banque des règlements internationaux à l’adresse suivante: www.bis.org.
(5) Avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), Réponse à la demande d’avis de la Commission adressée en octobre 2021 au comité mixte des AES (JC/2022/66), 12 décembre 2022.
(6) Voir le rapport du Comité européen du risque systémique (CERS), «Unveiling the impact of STS-on-balance-sheet securitisation on EU financial stability» (Les effets sur la stabilité financière de l’UE des titrisations STS inscrites au bilan), mai 2025, disponible sur le site internet du CERS à l’adresse suivante: www.esrb.europa.eu.
(7) Pour de plus amples informations sur la part de titres adossés à des actifs (ABS) au sein de l’univers des actifs négociables éligibles de l’Eurosystème et de l’univers des garanties mobilisées par l'Eurosystème, voir «Eurosystem Collateral Data», disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse suivante: www.ecb.europa.eu.
(8) Orientation (UE) 2015/510 de la Banque centrale européenne du 19 décembre 2014 concernant la mise en œuvre du cadre de politique monétaire de l'Eurosystème (orientation sur la documentation générale) (BCE/2014/60) (JO L 91 du 2.4.2015, p. 3, ELI: http://data.europa.eu/eli/guideline/2015/510/oj) et Orientation de la Banque centrale européenne du 9 juillet 2014 relative à des mesures temporaires supplémentaires concernant les opérations de refinancement de l’Eurosystème et l’éligibilité des garanties et modifiant l’orientation BCE/2007/9 (BCE/2014/31) (JO L 240 du 13.8.2014, p. 28, ELI: http://data.europa.eu/eli/guideline/2014/528/oj).
(9) Décision (UE) 2015/5 de la Banque centrale européenne du 19 novembre 2014 relative à la mise en œuvre du programme d'achat de titres adossés à des actifs (BCE/2014/45) (JO L 1 du 6.1.2015, p. 4, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2015/5/oj).
(10) Décision (UE) 2020/440 de la Banque centrale européenne du 24 mars 2020 relative à un programme temporaire d’achats d’urgence face à la pandémie (BCE/2020/17) (JO L 91 du 25.3.2020, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2020/440/oj).
(11) Voir le point 3.3 de l’avis de la Banque centrale européenne du 11 mars 2016 sur a) une proposition de règlement établissant des règles communes en matière de titrisation ainsi qu’un cadre européen pour les opérations de titrisation simples, transparentes et standardisées et b) une proposition de règlement modifiant le règlement (UE) no 575/2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement (CON/2016/11) (JO C 219, du 17.6.2016, p. 2). Tous les avis de la BCE sont publiés sur EUR-Lex.
(12) Règlement du Conseil (UE) no 1024/2013 du 15 octobre 2013 confiant à la Banque centrale européenne des missions spécifiques ayant trait aux politiques en matière de surveillance prudentielle des établissements de crédit (JO L 287 du 29.10.2013, p. 63, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/1024/oj).
(13) Voir les considérants 4 et 8 des modifications proposées du règlement sur les titrisations.
(14) Voir l’article 5 du règlement sur les titrisations.
(15) Voir l’article 1er, point 3), b), et point 3), c), i), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui modifient ou suppriment l’article 5, paragraphe 3, points b) et c), et l’article 5, paragraphe 4, point a), deuxième alinéa, du règlement sur les titrisations.
(16) Voir l’article 5 du règlement sur les titrisations.
(17) Voir l’article 1er, point 3, b) ii), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui supprime l’article 5, paragraphe 3, point c), du règlement sur les titrisations.
(18) Voir l’article 1er, point 14), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui modifie l’article 28, paragraphe 1, du règlement sur les titrisations.
(19) Voir l’article 1er, point 3) c) ii), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui ajoute un nouvel article 5, paragraphe 4, point g), au règlement sur les titrisations.
(20) Voir l’article 1er, point 3) d), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui insère un nouvel article 5, paragraphe 4 bis, dans le règlement sur les titrisations.
(21) Au sens de l’article 2, point 3), du règlement (UE) 2015/1017 du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2015 sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, la plateforme européenne de conseil en investissement et le portail européen de projets d’investissement, et modifiant les règlements (UE) no 1291/2013 et (UE) no 316/2013 — le Fonds européen pour les investissements stratégiques (JO L 169 du 1.7.2015, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2015/1017/oj). Voir l’article 1er, paragraphe 3, point d), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui insère un nouvel article 5, paragraphe 4 ter, dans le règlement sur les titrisations.
(22) Voir l’article 5 du règlement sur les titrisations, tel que modifié par l’article 1er, point 3), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, y compris les modifications proposées par la BCE.
(23) Règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et modifiant le règlement (UE) no 648/2012 (JO L 176 du 27.6.2013, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/575/oj).
(24) Voir l’article 270 bis du CRR.
(25) Voir le chapitre 2 du règlement sur les titrisations.
(26) Voir l’article 5, paragraphe 5, du règlement sur les titrisations.
(27) Voir l’article 5, paragraphe 5, du règlement sur les titrisations.
(28) Voir l’article 1er,, point 3) e), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui modifie l’article 5, paragraphe 5, du règlement sur les titrisations.
(29) Voir l’article 270 bis du CRR.
(30) Précisé à l’article 6, paragraphe 5, du règlement sur les titrisations.
(31) Voir l’article 6, paragraphe 5, du règlement sur les titrisations.
(32) Voir, par exemple, la Garanzia sulla Cartolarizzazione delle Sofferenze (GACS) italienne et le programme grec de protection des actifs Hercules (Greek Hercules Asset Protection Scheme — HAPS).
(33) Voir l’article 6, paragraphe 3, point a), du règlement sur les titrisations.
(34) Conformément à l’article 5 du règlement sur les titrisations.
(35) Conformément à l’article 6, paragraphe 3, point a), du règlement sur les titrisations.
(36) La BCE a appelé, en mars 2023, à un renforcement des obligations de publication d’informations sur le changement climatique dans la déclaration conjointe des AES et de la BCE sur la divulgation d’informations sur le changement climatique concernant les produits financiers structurés, 13 mars 2023, disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse suivante: www.ecb.europa.eu. Cela a été complété en octobre 2024 par la réponse des services de la BCE au document de consultation de l’AEMF sur les modèles de publication d’informations sur les titrisations prévu à l’article 7 du règlement sur les titrisations, également disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse suivante: www.ecb.europa.eu, dans lequel la BCE a précisé les champs qui pourraient être ajoutés aux exigences de transparence applicables aux produits titrisés.
(37) Les obligations de publication d’informations relatives au changement climatique pour les obligations garanties sont actuellement à l’étude dans le document de consultation EBA/CP/2025/07 intitulé «Draft Implementing Technical Standards amending Commission Implementing Regulation (EU) 2024/3172, as regards the disclosures on ESG risks, equity exposures and the aggregate exposure to shadow banking entities» (Projet de normes techniques d’exécution modifiant le règlement d’exécution (UE) 2024/3172 de la Commission, en ce qui concerne la publication d’informations sur les risques ESG, les expositions sous forme d’actions et l’exposition agrégée aux entités du système bancaire parallèle), 22 mai 2025, disponible sur le site internet de l’ABE à l’adresse suivante: www.eba.europa.eu.
(38) Disponible sur le site internet de la BCE à l’adresse suivante: www.bankingsupervision.europa.eu.
(39) Voir l’article 1er, point 5), b), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui modifie l’article 7, paragraphe 2, du règlement sur les titrisations.
(40) Règlement délégué (UE) 2019/1851 de la Commission du 28 mai 2019 complétant le règlement (UE) 2017/2402 du Parlement européen et du Conseil par des normes techniques de réglementation sur l’homogénéité des expositions sous-jacentes à des titrisations (JO L 285 du 6.11.2019, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2019/1851/oj) et voir notamment son article premier.
(41) Ces risques ont été soulignés dans le rapport du CERS intitulé «Unveiling the impact of STS on-balance-sheet securitisation on EU financial stability» (Les effets sur la stabilité financière de l’UE des titrisations STS inscrites au bilan), mai 2025, et dans les lettres du CERS du 25 juillet 2025 adressées respectivement au Parlement européen (CERS/2025/0091) et au groupe de travail du Conseil (CERS/2025/0092), intitulées «European Commission’s proposals to the Securitisation Regulation» (Propositions de modification du règlement sur les titrisations par la Commission européenne), disponibles sur le site internet du CERS à l’adresse suivante: www.esrb.europa.eu.
(42) Voir l’article 249 du CRR.
(43) Voir l’article 26 sexies, paragraphe 8, du règlement sur les titrisations.
(44) Voir l’article 1er, point 13 c), des modifications proposées du règlement sur les titrisations, qui modifie l’article 26 sexies, paragraphe 8, du règlement sur les titrisations.
(45) Voir l’article 249, paragraphe 3, du CRR.
(46) Règlement (UE) 2024/1623 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 modifiant le règlement (UE) no 575/2013 en ce qui concerne les exigences pour risque de crédit, risque d’ajustement de l’évaluation de crédit, risque opérationnel et risque de marché et le plancher de fonds propres (JO L, 2024/1623, 19.6.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/1623/oj).
(47) En particulier, il apparaît que l’article 249, paragraphe 3, du CRR ne concorde plus avec l’article 201, paragraphe 1, modifié du CRR.
(48) Voir l’article 1er, point 2), a), des modifications proposées du CRR, qui modifie l’article 242, point 6), du CRR.
(49) La note figurant sous le tableau 3 de la section 5 des modifications proposées du CRR définit a) «KIRB » comme une exigence de fonds propres pour les expositions sous-jacentes à la titrisation, selon le cadre NI (fondé sur les notations internes) et b) «KA » comme une exigence de fonds propres pour les expositions sous-jacentes à latitrisation, ajustée pour tenir compte des performances négatives, selon le cadre standard. Pour une définition détaillée du KIRB et du KA, voir l’article 255 et l’article 261, paragraphe 2, du CRR.
(50) Voir en particulier l’article 1er, point 3), des modifications proposées du CRR, qui ajoutent un nouvel article 243, paragraphe 3, au CRR.
(51) Avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), Réponse à la demande d’avis de la Commission d’octobre 2021 adressée au comité mixte des AES (JC/2022/66), 12 décembre 2022.
(52) Voir en particulier l’article 1er, point 3), des modifications proposées du CRR, qui ajoute un nouvel article 243, paragraphe 3, au CRR.
(53) Voir en particulier l’article 1er, point 3), des modifications proposées du CRR, qui ajoute un nouvel article 243, paragraphe 3, au CRR.
(54) Règlement (UE) 2017/2401 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2017 modifiant le règlement (UE) no 575/2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement (JO L 347 du 28.12.2017, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2017/2401/oj).
(55) Voir l’article 1er, points 9), 10), 11), 12), 13) et 14), des modifications proposées du CRR, qui modifie les articles 259, 260, 261, 262 et 263, respectivement, du CRR.
(56) Voir l’article 267 du CRR.
(57) Voir l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), Réponse à la demande d’avis de la Commission d’octobre 2021 adressée au comité mixte des AES (JC/2022/66), 12 décembre 2022.
(58) Se limite aux opérations STS, comme il est expliqué au point 11.2 du présent avis.
(59) Voir l’article 2, point 3) a), du règlement sur les titrisations.
(60) Voir l’article 2, point 3), b), du règlement sur les titrisations.
(61) Voir également l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), p. 68.
(62) Voir l’article 1er, points 9, 10, 11 et 12, des modifications proposées du règlement CRR, modifiant les articles 259, 260, 261 et 262, respectivement, du CRR.
(63) Voir l’article 92, paragraphes 5 et 6, du CRR.
(64) Voir l’article 465, paragraphe 13, du CRR.
(65) Voir l’article 2, point 3), a), du règlement sur les titrisations.
(66) Voir l’article 465, paragraphe 13, du CRR.
(67) Voir l’article 2, point 3), a), du règlement sur les titrisations.
(68) Voir l’article 254 du CRR.
(69) Rapport de l’ABE sur le transfert de risque de crédit significatif dans le cadre de la titrisation conformément aux articles 244, paragraphe 6, et 245, paragraphe 6, du règlement sur les exigences de fonds propres (EBA/Rep/2020/32), disponible sur le site de l'ABE, à l'adresse suivante: www.eba.europa.eu.
(70) Voir l'article 244, paragraphe 3, et 245, paragraphe 3 du CRR.
(71) Voir les articles 244, paragraphe 2, et 245, paragraphe 2 du CRR.
(72) Voir l’article 1er, point 4, des modifications proposées du CRR, qui introduit un nouvel article 244, paragraphe 7, point e), dans le CRR.
(73) Disponible sur le site internet de la BCE à l'adresse suivante: www.bankingsupervision.europa.eu.
(74) Voir l’article 1er, point 4), des modifications proposées du CRR, qui insère un nouvel article 244, paragraphe 7, dans le CRR.
(75) Voir l’article 1er, point 4), des modifications proposées du CRR, qui insère un nouvel article 244, paragraphe 7, dans le CRR.
(76) Règlement délégué (UE) 2015/61 de la Commission du 10 octobre 2014 complétant le règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne l’exigence de couverture des besoins de liquidité pour les établissements de crédit (JO L 11 du 17.1.2015, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_del/2015/61/oj).
(77) Voir l’article 1er, point 1 c), des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, qui supprime l’article 13, paragraphe 12, du règlement délégué sur le LCR.
(78) Voir l’article 20, paragraphe 8, et l’article 24, paragraphe 15, du règlement sur les titrisations.
(79) Voir l’article 1er, point 1), b), des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, qui remplace l’article 13, paragraphe 2, point g), du règlement délégué sur le LCR.
(80) Voir l’article 1er, point 1), a), des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, qui remplace l’article 13, paragraphe 2, point a), du règlement délégué sur le LCR.
(81) En ce qui concerne les positions de titrisation présentant des échelons de qualité de crédit 2 à 4, cette modification vise à mettre en adéquation l’éligibilité des titrisations en tant qu’actifs liquides de haute qualité avec la granularité accrue des échelons de qualité de crédit et avec l’échelle normalisée de catégorisation de la solvabilité des expositions de titrisation conformément aux modifications apportées au règlement (UE) 2017/2401 et à la modification correspondante du règlement d’exécution (UE) 2016/1801 de la Commission du 11 octobre 2016 définissant des normes techniques d’exécution pour la mise en correspondance des évaluations de crédit effectuées par les organismes externes d’évaluation du crédit en ce qui concerne la titrisation conformément au règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 275 du 12.10.2016, p. 27, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2016/1801/oj) par le règlement d’exécution (UE) 2022/2365 de la Commission du 2 décembre 2022 modifiant les normes techniques d’exécution définies dans le règlement d’exécution (UE) 2016/1801 en ce qui concerne les tableaux de correspondance des évaluations de crédit effectuées par des organismes externes d’évaluation du crédit pour les titrisations conformément au règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 312 du 5.12.2022, p. 101, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2022/2365/oj).
(82) Voir l’article 1er point 1) d), des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, qui remplace l’article 13, paragraphe 14, du règlement délégué sur le LCR.
(83) Voir l’article 5 du règlement délégué sur le LCR. Ce point se reflète également dans l’avis du comité mixte sur la révision du cadre prudentiel en matière de titrisation (secteur bancaire), selon lequel aucune période de tension aux fins du LCR dans le système bancaire n’a été observée ces dernières années, y compris pendant la période couvrant la pandémie de COVID-19.
(84) Bien qu’une décote de 25 % pour les titrisations adossées à des prêts commerciaux ou à la consommation personnelle ne constituerait pas en soi un écart par rapport à la norme LCR de Bâle, cette dernière limite les actifs liquides de haute qualité de niveau 2B aux titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles (c’est-à-dire que le règlement délégué sur le LCR s’écarte déjà de la norme LCR de Bâle sur ce point)
(85) Voir l’article 1er, point 1), e), des modifications proposées du règlement délégué sur le LCR, qui ajoute un nouvel article 13, paragraphe 15, au règlement délégué sur le LCR.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/503/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.113683
30/12/2025
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.120528
29/12/2025
Avis institutionnel — 52025AE2123R(01)
23/12/2025
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.113257
23/12/2025