| CELEX | 52025AE2595 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 22 janvier 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/1976 | 28.4.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de décision du Conseil relative au système des ressources propres de l’Union européenne et abrogeant la décision (UE, EURATOM) 2020/2053
[COM(2025) 574 final — 2025/0574(CNS)]
(C/2026/1976)
Rapporteure:
Katrīna ZARIŅACorapporteur:
Petru Sorin DANDEA| Conseiller | Samuel CORNELLA (pour la rapporteure) |
| Consultation | Commission européenne, 29.8.2025 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 7.1.2026 |
| Adoption en session plénière | 22.1.2026 |
| Session plénière no | 602 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 208/3/4 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) fait valoir que le débat sur les nouvelles ressources propres ne devrait pas se cantonner à de simples ajustements techniques mais se muer en une réflexion stratégique sur la manière de renforcer l’autonomie financière, la cohésion et la compétitivité de l’Union européenne. Le budget de l’Union devrait lui fournir les moyens de réaliser ses priorités communes — la compétitivité, la défense, la sécurité et les transitions écologique et numérique —, tout en garantissant l’équité et la solidarité entre ses États membres. |
| 1.2. | Le CESE invite la Commission européenne à affiner plus avant la conception d’ensemble du train de mesures qu’elle propose concernant les ressources propres pour lui donner un tour ambitieux, équilibré et tourné vers l’avenir. Ce faisant, la Commission devrait: a) établir une feuille de route claire en vue de réduire progressivement la dépendance de l’Union à l’égard des contributions fondées sur le RNB et de lui conférer un surcroît d’une véritable autonomie financière; b) concevoir des mesures pour favoriser la cohésion et l’équité, de sorte que tous les États membres contribuent à raison de la vigueur de leur économie; c) intégrer un dispositif pour observer l’incidence sur la compétitivité et sur les PME dans toutes les nouvelles propositions relatives aux ressources propres, et prêter ce faisant une attention toute particulière au potentiel d’innovation, de recherche et d’exportation; d) maintenir un certain degré de souplesse dans les mécanismes de réaction aux crises, et garantir ainsi la préparation tout en préservant la capacité de l’Union à réagir avec promptitude et de manière proportionnée aux défis imprévus. |
| 1.3. | Le CESE invite le Conseil et le Parlement européen à dégager un consensus aussi large que pérenne grâce à une approche pragmatique, progressive et fondée sur des données probantes. Les institutions devraient: a) aller de l’avant d’abord sur les propositions qui sont prêtes à être mises en œuvre, telles que celles concernant la ressource fondée sur le MACF (1), la contribution modernisée fondée sur les déchets plastiques et la réforme de la retenue sur les droits de douane, tout en se laissant plus de temps pour débattre d’instruments qui sont complexes et pour les étudier; b) s’accorder sur une clause de réexamen conjoint par toutes les institutions, de sorte à procéder à l’évaluation de toutes les nouvelles ressources propres dans un délai de deux ans à compter de la date de leur entrée en vigueur; c) veiller à intégrer dans le train de mesures définitif des mécanismes visant à prévenir tout effet de régression et à compenser le préjudice pour les États membres situés aux frontières extérieures de l’Union. |
| 1.4. | En ce qui concerne la ressource pour l’Europe provenant des entreprises, le CESE estime que la proposition manque de clarté pour ce qui est de son fonctionnement dans la pratique. Il s’inquiète du fait que cette ressource pourrait produire des incidences disparates en fonction du secteur et des États membres, et frapper de manière disproportionnée tant les entreprises qui enregistrent des pertes que les secteurs qui opèrent avec des marges bénéficiaires ténues. Aussi le Comité exprime-t-il certaines réserves à l’égard de la proposition relative à la ressource pour l’Europe provenant des entreprises prise dans son ensemble. Toutefois, il prend également acte de la réduction en termes nominaux de la contribution annuelle forfaitaire et des exemptions substantielles en faveur des PME. Il recommande dès lors de reconsidérer et d’améliorer plus avant la proposition relative à cette ressource, en étroite consultation avec les partenaires sociaux et les autres parties intéressées, de sorte à s’assurer qu’elle renforce le marché unique et soutienne la croissance des entreprises, tout en permettant de financer correctement le cadre financier pluriannuel (CFP) et de réduire les pressions budgétaires sur les contributions nationales. |
| 1.5. | S’agissant des ressources propres à visée environnementale, le CESE se félicite de la contribution positive qu’aussi bien le MACF que le mécanisme lié aux déchets électroniques pourraient apporter à la durabilité et à la circularité. Le Comité demande que leur mise en œuvre se fonde sur des données harmonisées, des règles claires et des procédures rationalisées afin de pouvoir réaliser les objectifs environnementaux. Il fait également valoir l’importance de donner aux entreprises une prévisibilité réglementaire, en particulier dans les secteurs sensibles aux coûts de l’énergie et des matériaux. |
| 1.6. | Le CESE note qu’il convient de concevoir soigneusement la proposition relative à la ressource propre fondée sur les droits d’accise sur le tabac, afin d’éviter qu’elle ne produise des effets négatifs dans les régions frontalières ou des incitations au commerce illicite. Le Comité propose des mesures d’accompagnement consistant par exemple à renforcer l’application de la législation et à tenir compte de manière cohérente des différences de pouvoir d’achat entre les États membres. |
| 1.7. | Le CESE approuve la réduction à 10 % de la retenue sur des droits de douane, en ce qu’elle constitue une étape vers une cohérence financière accrue dans l’Union, pour autant que soient mis en place des mécanismes de compensation appropriés à l’intention des États membres qui subissent des coûts élevés au titre de la gestion des frontières extérieures et des mesures nécessaires pour les faire respecter. |
| 1.8. | Le CESE estime qu’il convient de mettre en œuvre de manière coordonnée l’indexation et l’ajustement de la contribution fondée sur les déchets plastiques, et de s’appuyer pour ce faire sur des normes de vérification communes et des plans de convergence, afin de garantir des conditions de concurrence équitables dans l’ensemble du marché unique. |
| 1.9. | Le CESE se félicite de la suppression du seuil de minimis de 150 EUR pour les colis envoyés dans l’Union depuis des pays tiers et de l’instauration à compter du 26 novembre 2026 d’une taxe de traitement sur les colis importés dans le cadre du commerce en ligne, et il suggère aux colégislateurs d’étudier la possibilité de faire de cette taxe une nouvelle ressource propre pour le budget de l’Union. |
| 1.10. | Dans l’ensemble, le CESE insiste sur le fait que la réforme du système des ressources propres de l’Union constitue l’occasion de moderniser et de renforcer le marché unique, en veillant à ce que le cadre présidant aux recettes de l’Union gagne en autonomie et en équité et s’axe davantage sur la croissance. Les nouveaux instruments ne sauraient se limiter à générer des recettes, mais ils devraient plutôt contribuer à réaliser une Union européenne plus compétitive, plus durable et plus cohésive, à même de mener une action déterminante sur la scène mondiale. |
2. Éléments de contexte de l’avis
| 2.1. | La proposition de la Commission fait état de la nécessité pour le prochain CFP de répondre à des priorités essentielles telles que la compétitivité, la défense, la sécurité, les transitions écologique et numérique et la résilience face aux chocs extérieurs, tout en permettant également de rembourser la dette au titre de NextGenerationEU. Elle met aussi en avant l’importance de conférer au budget de l’Union une souplesse accrue pour faire face aux crises et à l’imprévisibilité d’un monde en mutation rapide. |
| 2.2. | La proposition de la Commission relative à de nouvelles ressources propres (2) vise à réduire la charge financière qui pèse sur les États membres et à assurer le financement durable des politiques communes de l’Union européenne et le remboursement de NextGenerationEU sans devoir procéder à des coupes indues dans les programmes de l’Union ni augmenter excessivement les contributions des États membres fondées sur leur RNB. |
| 2.3. | Cette nouvelle proposition relative aux ressources propres prolonge des initiatives antérieures présentées successivement en 2021 et 2023 par la Commission en vertu de l’accord interinstitutionnel de 2020 avec notamment le Parlement européen, sans que celles-ci aient été adoptées. Elle est également conforme aux priorités politiques de l’Union pour le prochain CFP. |
| 2.4. | La Commission présente trois nouvelles ressources propres supplémentaires. La première est fondée sur la quantité d’équipements électriques et électroniques non collectés (déchets électroniques), et entend produire de la sorte des effets positifs pour l’environnement et pour le développement durable, tout en contribuant à l’autonomie stratégique de l’Union dans le domaine des matières premières critiques. Cette ressource propre relative aux déchets électroniques s’appuiera sur les données existantes communiquées par les États membres et sera calculée en appliquant aux déchets électroniques non collectés un taux de 2 EUR par kilogramme, lequel pourra être adapté chaque année pour tenir compte de l’inflation. |
| 2.5. | La deuxième nouvelle ressource propre est celle relative aux droits d’accise sur le tabac, qui est cohérente avec la politique de santé de l’Union. Elle complète la refonte proposée de la directive du Conseil concernant les accises applicables au tabac, qui entend mettre à jour les accises minimales de l’Union et étendre le champ d’application de la directive à de nouveaux produits. Nonobstant, la ressource propre relative aux droits d’accise sur le tabac qui est proposée n’est pas subordonnée, d’un point de vue juridique, à l’adoption de la refonte de la directive. Plus concrètement, un taux d’appel de 15 % serait appliqué par tous les États membres aux quantités de tabacs manufacturés et à celles de produits connexes du tabac mises à la consommation, multipliées par le taux minimal des accises applicables dans chaque État membre. |
| 2.6. | La troisième nouvelle ressource propre, désignée sous l’appellation de ressource pour l’Europe provenant des entreprises, frappe les entreprises sises dans l’Union et celles de pays tiers qui y disposent d’un établissement stable, et dont le chiffre d’affaires annuel net est supérieur à 100 000 000 EUR. Elle prendrait la forme d’une contribution forfaitaire annuelle, modulée en fonction du chiffre d’affaires net de chaque entreprise. De la sorte, les principales sociétés qui opèrent au sein du marché unique contribueront aux ressources propres de l’Union. |
| 2.7. | La nouvelle ressource propre fondée sur le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) demeure une pierre angulaire des propositions de la Commission, étant donné qu’elle découle étroitement des priorités de l’Union en matière d’environnement et qu’elle constitue une source potentielle importante de recettes. 30 % des recettes du système traditionnel d’échange de quotas d’émission (SEQE 1) alimenteront le budget de l’Union, sachant que le nouveau système d’échange de quotas d’émission lié au transport routier et au bâtiment (SEQE 2) ne sera pas concerné. La nouvelle ressource fondée sur le MACF demeure une composante à part entière du train de mesures proposé. |
| 2.8. | Dans le même temps, il est proposé d’apporter des ajustements ciblés aux ressources propres existantes afin de préserver l’assiette des recettes du budget de l’Union. En particulier: 1) le taux d’appel de la ressource propre fondée sur les déchets d’emballages en plastique non recyclés, établi à un montant fixe de 0,8 EUR/kg, sera porté à un nouveau niveau de 1 EUR/kg en 2028, lequel sera ensuite adapté chaque année pour tenir compte de l’inflation; 2) le niveau actuel de 25 % des droits de douane que les États membres retiennent pour couvrir leurs frais de perception sera ramené à 10 %, permettant ainsi de mettre de nouvelles ressources à la disposition du budget de l’Union; 3) la proposition précise aussi que les montants liés au commerce électronique, tels qu’établis en vertu du code des douanes de l’Union (CDU), relèvent de la catégorie des ressources propres traditionnelles. |
| 2.9. | De surcroît, un nouveau mécanisme extraordinaire sera mis en place pour faire face à des crises imprévues au cours de la période couverte par le CFP 2028-2034. Ce mécanisme extraordinaire et ciblé de réaction aux crises sera activé par la voie d’un règlement du Conseil adopté conformément à la procédure prévue à l’article 311, quatrième alinéa, du TFUE, en tenant dûment compte des traits spécifiques et des besoins de la crise à traiter. Ce règlement autorisera la Commission à emprunter, sur les marchés des capitaux, le montant des prêts aux États membres. Cet outil extraordinaire de réaction aux crises sera soutenu par une augmentation spécifique du plafond des ressources propres. |
| 2.10. | Comme l’indique la Commission dans sa proposition: «Il convient de conserver une marge suffisante sous les plafonds des ressources propres pour que l’Union puisse couvrir l’ensemble de ses obligations financières et passifs éventuels au cours d’une année donnée. Le montant total de ressources propres attribué à l’Union pour couvrir les crédits annuels de paiement ne devrait pas dépasser 1,75 % de la somme des RNB de tous les États membres. Le montant total annuel des crédits d’engagement inscrit au budget de l’Union ne devrait pas dépasser 1,81 % de la somme des RNB de tous les États membres.» (considérant 17 et article 4 relatifs aux plafonds des ressources propres). |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE prend acte de la proposition de la Commission visant à modifier et à renforcer les ressources propres existantes de sorte à conforter le CFP de l’Union européenne, sachant qu’il a déjà demandé d’apporter des améliorations aux mécanismes existants et à leur mise en œuvre. Il souscrit à l’objectif de soutenir l’action de l’Union dans plusieurs domaines pertinents et stratégiques tels que la compétitivité, la défense, la sécurité, ainsi que les transitions écologique et numérique. Dans le même temps, il fait valoir qu’il s’impose pour le budget de l’Union de tenir pleinement compte de la dimension sociale et de veiller ce faisant à une répartition équitable des avantages et des coûts des nouvelles mesures entre chacun des pans de l’ensemble de la société. Dans l’ensemble, il plaide en faveur d’un cadre budgétaire de l’Union plus ambitieux, résilient et renforcé, qui permette à celle-ci de relever les défis d’aujourd’hui et de demain, tout en faisant progresser sa cohésion économique, sociale et territoriale. |
| 3.2. | Le CESE soutient l’initiative législative de la Commission européenne sur les nouvelles ressources propres, tout en faisant observer que les propositions avancées précédemment dans ce domaine n’ont pas recueilli l’aval du Conseil. Dans ce contexte, il importe de tirer les enseignements de ces tentatives passées, comme le note la Commission elle-même, afin de susciter un consensus politique robuste entre les États membres et les autres institutions de l’Union à un moment crucial pour l’avenir de l’intégration européenne. |
| 3.3. | Le CESE suggère dès lors de passer en revue les initiatives précédentes en la matière avant d’aller plus loin, afin de susciter une discussion complète et structurée sur l’évolution du rôle, les objectifs et les origines des nouvelles ressources propres dans le cadre du CFP, et dans le but de concevoir de nouvelles solutions pour préserver la compétitivité et réagir aux évolutions en cours. |
| 3.4. | Le CESE prend acte de l’objectif de la Commission consistant à relever le plafond des ressources propres pour le faire passer de son niveau actuel de 1,4 % du RNB à celui de 1,75 %, et il souligne que les propositions à cet égard se doivent d’être ambitieuses et tournées vers l’avenir en vue de relever avec efficacité les défis actuels et futurs de l’Union, ainsi que de garantir que tous les objectifs et priorités politiques de l’Union convenus seront mis en œuvre. |
| 3.5. | Le CESE se félicite de la proposition de la Commission de mettre en place des mécanismes harmonisés de réponse aux crises, qui remplaceraient les mesures ad hoc utilisées jusqu’à présent, lesquelles ont souvent donné des résultats probants. L’initiative Catalyst Europe et le mécanisme proposé de réaction aux crises pourraient, pour autant qu’ils soient bien conçus, fournir des outils précieux pour accroître la marge de manœuvre budgétaire dont disposent les États membres pour mettre en œuvre des investissements propices à la croissance, à l’instar de ceux issus de l’expérience positive des prêts SAFE (3). Nonobstant, le Comité demande à la Commission européenne et aux colégislateurs d’apporter davantage d’informations et de précisions sur ces instruments de prêt et de concevoir ceux-ci de manière à ce qu’ils soient intéressants sur le plan budgétaire pour les États membres. |
| 3.6. | Le CESE n’est pas favorable à une augmentation des ressources propres qui fonctionnerait de manière régressive, où les économies les plus faibles contribueraient en proportion plus largement au budget de l’Union au regard de leur RNB que des économies plus fortes et plus structurées. Il estime que la proposition relative aux ressources propres ne sort pas du néant et qu’elle ne saurait donc être évaluée isolément, mais bel et bien dans le cadre d’un train de mesures plus large et cohérent visant à continuer de renforcer et de consolider le marché unique, et à stimuler ce faisant une croissance durable et inclusive et une transition équitable. |
| 3.7. | Dans le droit fil des recommandations du rapport Letta sur le marché unique (4), le CESE estime que la proposition de la Commission sur les nouvelles ressources propres devrait s’attacher avant tout à réduire la dépendance de l’Union à l’égard des contributions des États membres, et à la faire ainsi avancer sur la voie d’une autonomie financière accrue. |
4. Observations spécifiques
| 4.1. | Le CESE estime que la proposition relative à la ressource pour l’Europe provenant des entreprises manque de clarté pour ce qui est de son fonctionnement dans la pratique. Le dispositif pourrait produire des effets disparates en fonction du secteur et des États membres, et frapper de manière disproportionnée tant les entreprises qui enregistrent des pertes que les secteurs qui opèrent avec des marges bénéficiaires ténues, comme c’est le cas de celui de l’agroalimentaire. Le Comité prend également acte de la réduction en termes nominaux de la contribution annuelle forfaitaire et des exemptions substantielles en faveur des PME; nonobstant, il exprime certaines réserves à l’égard de la proposition relative à la ressource pour l’Europe provenant des entreprises. Afin de dissiper ses préoccupations, il recommande de reconsidérer et d’améliorer plus avant la proposition relative à cette ressource, en étroite consultation avec les partenaires sociaux et les autres parties intéressées, de sorte à s’assurer qu’elle renforce le marché unique et soutienne la croissance des entreprises, tout en permettant également de financer correctement le CFP et de réduire les pressions budgétaires sur les contributions nationales. |
| 4.2. | Le CESE souhaiterait également savoir si la Commission a soumis la proposition relative à la ressource pour l’Europe provenant des entreprises à un «contrôle de la compétitivité», et si c’est bien le cas, il demande la publication de ses résultats. |
| 4.3. | Le CESE insiste également sur toute l’importance de donner avant tout la priorité à la compétitivité mondiale des entreprises européennes, sachant que lorsque ces dernières sont plus fortes, elles produisent des recettes fiscales plus élevées dans les États où elles sont sises et amoindrissent ce faisant la nécessité d’un appui budgétaire de l’Union. Le contexte mondial actuel, marqué par le retrait des États-Unis des accords internationaux sur l’imposition mondiale des sociétés, crée un handicap concurrentiel pour les entreprises européennes et il exige de soutenir de manière ciblée leur compétitivité. Aussi le Comité fait-il valoir certaines préoccupations touchant à la ressource pour l’Europe provenant des entreprises, dès lors qu’elle est assise sur le chiffre d’affaires des entreprises. |
| 4.4. | En ce qui concerne la ressource propre relative aux déchets électroniques, le CESE est conscient de son potentiel pour faire progresser la protection de l’environnement, la consommation durable, l’amélioration de l’accès aux matières premières et le soutien à l’économie circulaire. Toutefois, il exprime sa préoccupation quant aux difficultés qui pourraient être rencontrées pour calculer et collecter les données pertinentes, notamment sous l’angle de la qualité et de la cohérence des statistiques disponibles. Pour ce qui est de la collecte des données, l’absence d’harmonisation des méthodes dans les différents États membres constitue un nœud gordien. |
| 4.5. | Le CESE relève que dans le train de mesures proposé, la Commission européenne n’a pas inclus le SEQE 2 parmi les nouvelles ressources propres, tout en y maintenant le MACF. Prélever 75 % des recettes de ce dernier à titre de ressources propres de l’Union s’inscrit logiquement dans le cadre de l’objectif primordial de l’Union de lutter contre le changement climatique. Toutefois, cette mesure pourrait entraîner indirectement des effets délétères en particulier dans des secteurs tels que la logistique et la construction, alors même que cette dernière est mobilisée dans le cadre de l’«urgence en matière de logement» largement reconnue à l’heure actuelle partout dans l’Union. Le Comité estime que les recettes provenant du SEQE et du MACF devraient appuyer les efforts que déploient les États membres pour mettre en place des mesures visant à décarboner les entreprises actives dans les secteurs pour lesquels ces recettes sont perçues. En conséquence, la part des recettes du SEQE et du MACF destinée à alimenter le budget de l’Union devrait faire l’objet d’une évaluation rigoureuse et d’un accord entre la Commission et les États membres. |
| 4.6. | Le CESE est d’avis que la proposition de créer une ressource propre relative aux droits d’accise sur le tabac ne prend pas dûment en compte les disparités économiques existantes en matière de pouvoir d’achat entre les États membres. De ce fait, elle pourrait produire des effets non désirés, tels que la croissance des marchés illicites, notamment dans les régions sises aux frontières extérieures de l’Union. L’élaboration et la mise en œuvre de cette mesure devraient tenir compte de ces effets négatifs et y apporter des solutions. |
| 4.7. | En ce qui concerne la proposition de modification visant à réduire à 10 % les droits de douane que retiennent les États membres pour couvrir leurs frais de perception et à mettre ainsi des ressources supplémentaires à la disposition du budget de l’Union, le CESE relève qu’une telle modification est susceptible de réduire les recettes des budgets nationaux, tout en faisant observer que les États membres, et tout spécialement ceux situés aux frontières extérieures de l’Union, investissent souvent des moyens financiers non négligeables dans les infrastructures, les contrôles douaniers et l’application des règles et des sanctions de l’Union. |
| 4.8. | S’agissant de l’augmentation proposée de la contribution basée sur la quantité de déchets d’emballages plastiques non recyclés et de son indexation sur l’inflation, le CESE fait valoir que les pratiques de mise en œuvre en la matière varient considérablement d’un État membre à l’autre, ce qui pourrait entraîner des incidences disparates du nouveau système de ressources propres dans l’ensemble du marché unique. Dans le même temps, le Comité met en avant la nécessité de réduire l’utilisation des emballages en plastique du fait de leur incidence néfaste sur l’environnement. |
| 4.9. | Le CESE souscrit à la proposition du rapport Letta qui suggère et encourage l’objectif de parvenir à un budget de l’Union qui dépend dans une moindre mesure des contributions des États membres fondées sur leur RNB. Il estime dès lors que l’on pourrait créer une nouvelle ressource propre grâce à la suppression de l’exonération actuelle des droits de douane pour les marchandises importées dans l’Union jusqu’à hauteur de 150 EUR par colis. En 2024, 4,6 milliards de colis de faible valeur sont entrés sur le marché unique. Supprimer ce seuil de 150 EUR et instituer en outre une taxe de traitement par colis permettrait de constituer une ressource propre qui contribuerait de manière significative au budget de l’Union. |
Bruxelles, le 22 janvier 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
(1) Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
(3) Agir pour la sécurité de l’Europe.
(4) https://single-market-economy.ec.europa.eu/news/enrico-lettas-report-future-single-market-2024-04-10_en?prefLang=fr.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1976/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis institutionnel — 52026AB0024
12/08/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.123095
31/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026