| CELEX | 52025AE2727 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 21 janvier 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/1963 | 28.4.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’UE: renforcer la préparation matérielle de l’Union aux crises
[COM(2025) 528 final]
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Préparer l’Union européenne à la prochaine crise sanitaire: une stratégie en matière de contre-mesures médicales
[COM(2025) 529 final]
(C/2026/1963)
Rapporteur:
Paulo BARROS VALECorapporteur:
Gerald KREUZER| Conseillers | Marta Sofia MOREIRA DA COSTA (pour le rapporteur du groupe I) |
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| Mihai IVAŞCU (pour le corapporteur de la catégorie 2) |
| Décision de l’assemblée plénière | 15.7.2025 |
| Base juridique | Article 52, paragraphe 2, du règlement intérieur |
| Consultation | Commission européenne, 14.10.2025 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Commission consultative des mutations industrielles |
| Adoption en section | 16.12.2025 |
| Adoption en session plénière | 21.1.2026 |
| Session plénière no | 602 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 172/0/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) salue les efforts déployés par la Commission pour renforcer la préparation et la résilience de l’Union au moyen de stratégies en matière de contre-mesures médicales et de constitution de stocks. Les stocks stratégiques et les contre-mesures médicales doivent être gérés de manière transparente, et faire l’objet de règles de mobilisation claires, d’une coordination continue avec les États membres et d’un engagement fort de l’industrie et de la société civile, afin de garantir le leadership et l’autonomie à long terme de l’Europe. |
| 1.2. | Le CESE préconise de consacrer des fonds adéquats à la fois aux contre-mesures médicales et à la constitution de stocks stratégiques dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), mais aussi de prévoir des mécanismes flexibles qui permettent de réagir rapidement en cas d’urgence, en promouvant les partenariats public-privé et les synergies avec les États membres, en s’assurant que les ressources disponibles soient utilisées efficacement et en évitant les doubles emplois dans la création de réserves stratégiques. |
| 1.3. | Le Comité recommande en outre de créer un environnement juridique et économique stable, fondé sur le dialogue social et disposant d’une main-d’œuvre qualifiée, afin d’attirer la production de l’industrie pharmaceutique en Europe. Cela permettrait à l’industrie de répondre aux besoins du marché, de limiter les dépendances extérieures, d’augmenter rapidement la production ou encore de remédier promptement aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement en cas d’urgence. |
| 1.4. | Le CESE réaffirme la nécessité de créer un fonds européen spécifique pour accompagner le développement d’une industrie pharmaceutique forte et résiliente, y compris en permettant la construction de nouvelles installations ou l’extension de celles qui existent déjà, en soutenant la recherche et le développement et en compensant les surcoûts d’ordre réglementaire, afin de contrer la concurrence asiatique. L’Union doit attirer des investissements dans la production des principes actifs pharmaceutiques et des médicaments essentiels pour conserver son rôle de chef de file dans les interventions d’urgence, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe, surtout sachant que les États-Unis ont quitté l’Organisation mondiale de la santé (OMS). |
| 1.5. | Le Comité reconnaît l’importance des structures de soutien à l’innovation, telles que le CERN (1), et plaide en faveur de la création d’une entité européenne similaire pour la santé. Celle-ci réunirait des chercheurs de haut niveau et favoriserait l’innovation et l’esprit d’entreprise dans le domaine de la santé, tout en coordonnant ses activités avec celles de l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) et d’autres agences européennes. Elle contribuerait à la mise en œuvre des stratégies de l’Union en matière de contre-mesures médicales, de constitution de stocks stratégiques et de préparation aux situations d’urgence sanitaire. |
| 1.6. | La constitution de stocks de l’Union doit dépasser le stade du cadre général et prendre la forme d’un plan pleinement opérationnel, prévoyant un financement clair, des responsabilités transparentes au niveau européen et national, le développement et la mobilisation d’une main d’œuvre correctement formée, ainsi qu’un suivi et une évaluation efficaces. Un financement durable provenant de l’HERA, du mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU)/rescEU et des États membres, associé à des incitations équitables pour l’industrie, et surtout pour les PME, permettra de garantir leur participation à long terme tout en évitant le gaspillage et l’inefficacité. Le Comité demande que soit mise en place une approche cohérente et coordonnée à l’échelle de l’Union, qui complète les efforts nationaux et favorise le développement d’une capacité véritablement collective de répondre aux crises transfrontières en matière de santé et d’approvisionnement, en tenant compte des différentes asymétries de risque et des besoins militaires à proximité des frontières de l’UE. |
| 1.7. | Un cadre transparent et économiquement viable est nécessaire pour équilibrer les réserves de l’UE et celles des États membres. Une logistique coordonnée, des règles flexibles en matière de transport et une répartition équitable des coûts entre les États membres et les institutions européennes sont essentielles pour pouvoir déployer des biens critiques de façon rapide et efficace en cas d’urgence. |
| 1.8. | Le CESE salue le réseau de constitution de stocks de l’UE et demande que les partenaires sociaux, la société civile et les contractants spécialisés y soient activement associés, afin de garantir la transparence, l’inclusion et l’expertise technique. Pour mettre en place un système de stockage européen fiable et à l’épreuve du temps, la Commission devrait donner la priorité aux stocks de sécurité détenus par l’Union, garantir une couverture publique des coûts liés au stockage et à la chaîne du froid, et investir de manière stratégique dans des infrastructures à double usage. |
| 1.9. | Une préparation efficace nécessite non seulement de la technologie et des infrastructures, mais aussi une main-d’œuvre qualifiée bénéficiant de conditions de travail de qualité. La Commission et les États membres devraient intégrer dans ces stratégies l’apprentissage tout au long de la vie, un développement professionnel continu, une formation approfondie et le renforcement des capacités, ce qui requiert des programmes d’études harmonisés, des simulations régulières et un financement spécifique. En outre, cela passera par la reconnaissance formelle de la santé publique en tant que profession et la mise en place de cadres de compétences communs, conformément aux orientations de l’OMS et de l’Association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER). Donner la priorité au développement des compétences renforcera la capacité d’adaptation et l’efficacité, en garantissant une gestion résiliente des réserves stratégiques et en renforçant la réaction aux crises et la solidarité à l’échelle de l’UE. |
| 1.10. | À l’avenir, la constitution de stocks devrait donner la priorité aux produits qui peuvent être stockés en toute sécurité et gérés efficacement, en s’appuyant sur la demande réelle et sur des données fiables concernant le marché. L’intégration de plateformes numériques permettant d’effectuer un suivi en temps réel, de déterminer des seuils pour chaque produit et d’assurer une planification fondée sur des données probantes améliorera la durabilité, réduira le gaspillage et créera un cadre pour la résilience de l’Union qui sera à la fois prévisible et favorable aux entreprises. Chaque mesure devrait inclure de solides garanties en matière d’abordabilité, pour faire en sorte que la préparation reste transparente, juste et accessible pour les citoyens et les entreprises. |
2. Introduction
| 2.1. | Le présent avis reflète le point de vue du CESE sur deux communications de la Commission européenne décrivant les futures stratégies de l’UE en matière de préparation aux crises: l’une porte sur les contre-mesures médicales en cas d’urgence sanitaire, et l’autre sur les stocks visant à renforcer la préparation matérielle de l’Union à tout type de crise. Pour le rédiger, le Comité s’est basé sur des consultations avec les principales parties prenantes, des avis qu’il a publiés par le passé et les dernières propositions présentées par la Commission. |
| 2.2. | La stratégie en matière de contre-mesures médicales vise à développer des contre-mesures innovantes et compétitives afin de mieux préparer l’Union aux crises sanitaires. Elle adopte une approche «Une seule santé» de la chaîne de valeur de bout en bout et s’articule autour de trois objectifs stratégiques clairs: stimuler et encourager l’innovation dans le domaine des contre-mesures médicales, favoriser une coopération avec les États membres, les pays candidats à l’adhésion à l’UE et les partenaires mondiaux, et intensifier les partenariats public-privé, y compris la coopération civilo-militaire. |
| 2.3. | La stratégie de constitution de stocks est un engagement audacieux et collectif visant à protéger les citoyens européens en veillant à ce que les biens essentiels et les intrants critiques restent disponibles de manière fiable en toutes circonstances. Il est essentiel de prévoir une approche à l’échelle de l’Union pour compléter les efforts des États membres, protéger le marché unique et garantir la disponibilité des produits et technologies critiques. La coordination et la complémentarité avec les efforts consentis au niveau national permettront de créer un cadre prévisible, tant pour les autorités publiques que pour les entreprises, garantissant que les biens essentiels puissent être mobilisés rapidement et durablement en temps de crise. |
| 2.4. | Le CESE se félicite de l’initiative de la Commission de mettre en place des stratégies cohérentes de constitution de stocks et de contre-mesures médicales à l’échelle de l’Union, qui reconnaissent l’urgence induite par les tensions géopolitiques croissantes, les crises d’approvisionnement récurrentes et les dépendances mondiales. La constitution de stocks doit toutefois être soigneusement ciblée et équilibrée, sans oublier qu’il ne s’agit pas d’une solution universelle et que chaque produit possède des caractéristiques spécifiques dont il convient de tenir compte. |
3. Observations générales
3.1. Contre-mesures médicales
| 3.1.1. | Pendant la pandémie de COVID-19, les pays européens ont progressivement renforcé leur coordination afin de pouvoir relever les défis uniques auxquels ils étaient confrontés. En temps de crise, grâce à la coopération mondiale et à l’action à l’échelle de l’Union, nous sommes plus forts et mieux équipés pour garantir la disponibilité de contre-mesures médicales permettant de répondre aux besoins des citoyens. |
| 3.1.2. | Dans un monde marqué par l’escalade des tensions géopolitiques, la guerre aux portes de l’Europe, les difficultés de plus en plus graves induites par le changement climatique et les crises humanitaires, l’Union doit être prête à faire face de concert à toute situation, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, d’épidémies ou de pandémies, d’attaques militaires ou de guerre hybride, et à protéger sa population dans le domaine qui importe le plus, à savoir sa santé. |
| 3.1.3. | Le CESE estime que la stratégie en matière de contre-mesures médicales est une initiative ambitieuse et nécessaire dans la réponse de l’Union aux futures crises sanitaires. Il exprime son soutien à la Commission et demande que la stratégie soit mise en place de façon rapide et inclusive, sur la base des principes de solidarité, d’équité et de participation démocratique. |
| 3.1.4. | L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis plusieurs recommandations stratégiques sur la réaction en cas d’urgence (2), fournissant ainsi aux autorités de santé publique de l’Union et de l’Espace économique européen des orientations visant à améliorer la planification de la préparation, en tirant des leçons des activités menées lors de récentes crises de santé publique. La communication de la Commission intègre plusieurs de ces recommandations de l’OMS, comme le montre l’annexe I ci-dessous. |
3.2. Stratégie de constitution de stocks
| 3.2.1. | Le CESE fait remarquer que plusieurs éléments essentiels caractéristiques d’une stratégie globale font défaut: des dotations financières claires dans le cadre financier pluriannuel (CFP), des responsabilités opérationnelles détaillées au niveau européen et national et des mécanismes explicites de formation et de mobilisation rapide de la main-d’œuvre. La proposition ne précise pas non plus les quantités et les types de biens nécessaires à une constitution de stocks véritablement efficace à l’échelle de l’Union. De plus, elle ne traite pas pleinement des cadres de transparence, de suivi et d’évaluation permettant de garantir l’efficacité, et ne définit pas comment le secteur privé, les partenaires sociaux et la société civile seront systématiquement associés. Il est crucial d’intégrer ces éléments à la stratégie, de sorte à passer d’une feuille de route de haut niveau à un cadre solide, résilient et concret. |
| 3.2.2. | Le cadre financier et organisationnel de la stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’UE doit être transparent et durable, et équilibrer adéquatement les réserves nationales et les actifs potentiels à l’échelle de l’Union. Le mécanisme doit être économiquement viable afin de préserver la confiance et l’efficacité et de garantir un accès fiable aux biens critiques dans l’ensemble de l’Union. |
| 3.2.3. | L’Union doit simplifier les procédures et introduire une flexibilité ciblée dans les règles en matière de transport, pour permettre de déplacer rapidement le personnel, les équipements et les réserves dans toute l’Union. Les coûts du transport et du déploiement peuvent être coordonnés par la Commission, dans le cadre du MPCU, afin d’améliorer encore l’efficacité. Pour pouvoir mettre en place une coopération sans accroc entre les logistiques civile et militaire, alignée sur les objectifs militaires de l’Union, il y a lieu de consentir des investissements stratégiques dans les infrastructures de transport et les actifs à double usage, mais aussi de prévoir des mécanismes de financement clairs et de répartir équitablement les coûts entre les institutions de l’Union et les États membres. |
| 3.2.4. | Le CESE salue l’intention de la Commission de créer un réseau de constitution de stocks de l’UE, en coopération avec les États membres, et estime que les partenaires sociaux et la société civile doivent y être activement associés, afin de garantir la transparence, l’équité et la prise en compte d’expertises variées. |
| 3.2.5. | Pour constituer les stocks de sécurité, la Commission devrait donner la priorité aux réserves stratégiques détenues par l’Union, tout en reconnaissant le rôle complémentaire de celles des États membres. La passation de marché doit reposer sur des contractants spécialisés plutôt que sur des obligations contraignantes, et tous les coûts de stockage, de gestion de la chaîne du froid et de rotation doivent être pris en charge par les pouvoirs publics afin de garantir une constitution de stocks durable, fiable et résiliente à l’échelle de l’Union. |
4. Observations spécifiques
4.1. Contre-mesures médicales
| 4.1.1. | Le CESE estime que, dans le contexte actuel, il est tout à fait approprié de donner la priorité à quatre catégories (3) qui nécessitent des contre-mesures médicales. En plus de la mise en œuvre d’ATHINA (4) et du système sentinelle pour les eaux usées, aussi bien les États membres que l’Union doivent être prêts à répondre rapidement aux nouveaux défis. Pour cela, il convient d’établir des liens étroits entre les décideurs et les équipes de terrain, qui disposent des connaissances scientifiques et d’une capacité souple à prendre des décisions critiques. |
| 4.1.2. | Le CESE soutient fermement l’accent mis sur l’innovation et le renforcement de la recherche européenne et se félicite de l’élaboration d’un accélérateur de contre-mesures médicales ainsi que des autres initiatives prévues pour 2026 et 2027, estimant que l’UE bénéficierait fortement d’une structure similaire à celle du CERN qui serait spécialisée dans la médecine. La recherche devrait être soutenue par des centres d’excellence bien financés liés aux universités et aux PME, pour faire en sorte que les connaissances de qualité ne se perdent pas en raison de la bureaucratie, d’un financement insuffisant ou d’un soutien limité à la production. |
| 4.1.3. | Le Comité est favorable aux investissements dans la technologie avancée et la main-d’œuvre qualifiée pour les contre-mesures médicales, pour s’assurer que la production puisse être portée à grande échelle et que les opérations soient transformées si nécessaire pour répondre à la demande. Il conviendrait d’intégrer à ces mesures des incitations à la fabrication locale et régionale de médicaments, de vaccins et d’équipements médicaux, et de promouvoir des capacités de réponse rapide, par exemple en construisant des usines modulables. |
| 4.1.4. | Le CESE met en garde contre le fait que de nombreuses unités de fabrication de médicaments financées durant la pandémie de COVID-19 ferment en raison d’une faible demande, gaspillant ainsi des millions d’euros d’investissements publics et privés et sacrifiant des milliers de postes dans un secteur essentiel pour réduire la dépendance de l’Europe, tout particulièrement vis-à-vis de l’Asie. Il convient aussi de faire preuve de prudence dans l’attribution de l’aide, pour éviter une dépendance excessive à l’égard des grands opérateurs industriels en période de crise. |
| 4.1.5. | L’industrie européenne peut servir d’exemple mondial en ce qui concerne le développement et la production de médicaments, de vaccins et d’équipements de protection. Le Comité demande qu’un soutien soit apporté aux projets qui utilisent l’innovation européenne dans des infrastructures modulables. L’industrie européenne doit respecter des critères et des normes d’efficacité et de sécurité stricts, sous la supervision de l’Agence européenne des médicaments (EMA), se soumettre à des audits réguliers et fournir des données cliniques transparentes, étant donné qu’il s’agit d’investissements clés dans le cadre de la stratégie globale en matière de contre-mesures médicales. |
| 4.1.6. | Le CESE est favorable à la passation conjointe de marchés pour les contre-mesures médicales, car le pouvoir de négociation qu’offre cette procédure est plus important que si les États membres agissent seuls. Des mécanismes rapides et flexibles sont nécessaires en cas d’urgence, notamment pour les achats de médicaments et de vaccins au niveau européen ou encore pour favoriser des partenariats public-privé fondés sur des contrats clairs. La passation conjointe de marchés devrait également couvrir les médicaments et vaccins essentiels, afin de renforcer les capacités des États membres en matière de santé publique. |
| 4.1.7. | Le CESE convient qu’il est important de maintenir des stocks stratégiques dans le domaine de la santé publique. Il avertit que, au-delà de l’efficacité des achats, il convient aussi d’accorder une attention particulière au contrôle du stockage, étant donné que les produits concernés sont périssables. La constitution de stocks doit aller de pair avec une surveillance stricte des dates d’expiration pour garantir que les envois vers des pays tiers ou les dons dans le cadre d’actions humanitaires puissent intervenir en temps utile. |
| 4.1.8. | La stratégie dans son ensemble ne pourra porter ses fruits que si elle repose sur une coopération étroite entre les États membres et les entités nationales publiques et privées concernées (notamment le secteur militaire), qui jouent un rôle essentiel dans la sécurité du stockage et de la distribution. La Commission doit sensibiliser les États membres à l’importance de leur rôle dans la mise en œuvre réussie de la stratégie, et adopter un système sécurisé de gestion des données, soutenu par l’intelligence artificielle, pour garantir un partage d’informations sûr et éviter les redondances et le gaspillage. |
| 4.1.9. | Le CESE conseille à la Commission de reconnaître officiellement les métiers liés à la santé publique comme des professions réglementées à l’échelle européenne qui englobent des compétences dans les domaines suivants: épidémiologie, politique de santé, communication en matière de santé, gestion de crise, équité et déterminants sociaux de la santé. Cette reconnaissance devrait être alignée sur la feuille de route de l’OMS et de l’ASPHER pour la professionnalisation du personnel de santé publique, qui fournit un cadre cohérent pour renforcer les compétences, normaliser les parcours de formation et soutenir le développement d’une profession de santé publique bien définie, suffisamment qualifiée et dotée de ressources durables dans toute l’Europe. |
| 4.1.10. | Les citoyens doivent également être sensibilisés à la nécessité d’une réaction d’urgence et être formés à la réponse en cas d’urgence, de sorte à pouvoir être proactifs et réagir conformément aux valeurs européennes de solidarité. Il est aussi nécessaire d’agir de toute urgence pour lutter contre la mésinformation et la désinformation, grâce à l’adoption par la Commission de nouvelles stratégies et de nouveaux canaux de communication permettant d’atteindre tous les segments de la population. |
4.2. Stratégie de constitution de stocks
| 4.2.1. | Le CESE insiste sur le fait que, si le prochain CFP ne prévoit pas un financement clair et spécifique, la stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’UE restera lettre morte. Des fonds prévisibles et solides provenant de l’HERA, du MPCU/de rescEU et des programmes sectoriels, ainsi que des contributions des États membres sont essentiels pour transformer les objectifs en préparation concrète, en résilience et en accès rapide aux biens critiques. La participation durable de l’industrie, et surtout des plus petits fournisseurs, pourra être garantie par le biais d’incitations claires, de compensations équitables et de garanties contre le gaspillage. |
| 4.2.2. | Il est crucial de prévoir des garanties efficaces pour s’assurer que le stockage de l’Union reste performant, évite le surstockage ou le gaspillage, et empêche que des coûts cachés ne soient répercutés sur les consommateurs. Chaque mesure de la stratégie devrait donc inclure de solides garanties en matière d’abordabilité, pour faire en sorte que la préparation reste transparente, juste et accessible, tant pour les citoyens (en particulier les groupes vulnérables) que pour les entreprises. |
| 4.2.3. | L’efficacité de la constitution de stocks dépend non seulement de l’utilisation de systèmes et de technologies avancés, mais aussi du niveau de compétence des professionnels, qui doivent être capables de concevoir, de gérer et de déployer les réserves en cas d’urgence et de catastrophes naturelles. En raison de l’actuel manque de formation de la main-d’œuvre et de défaillances au niveau de la mobilisation rapide, il convient d’intégrer à la stratégie de l’Union un perfectionnement professionnel continu, des formations spécifiques aux situations de crises et un apprentissage tout au long de la vie. Le rôle de la négociation collective et du dialogue social, y compris la participation des travailleurs au niveau de l’entreprise, conformément aux règles applicables, est essentiel à cet égard. Des programmes de formation normalisés à l’échelle de l’Union, dotés d’un financement spécifique, devraient aligner les capacités humaines sur la préparation matérielle et garantir l’efficacité, la résilience et la capacité d’adaptation, tout en respectant les droits des travailleurs et les conditions professionnelles. |
| 4.2.4. | Le CESE se félicite de la mise en place d’une task-force public-privé en matière de préparation, et estime que celle-ci doit associer des représentants des entreprises, des syndicats, du monde universitaire et des organisations de la société civile concernées. Le Comité encourage la Commission à garantir la clarté des délais, de la composition et des règles de fonctionnement de la task-force, pour maximiser son efficacité et son incidence sur la société. |
| 4.2.5. | Le CESE soutient la proposition de la Commission visant à déployer des moyens supplémentaires de lutte contre les incendies, de sorte à s’attaquer au risque croissant d’incendies de forêt dans toute l’Europe, et demande que des casernes de pompiers régionales supplémentaires soient créées rapidement, surtout dans le sud de l’Europe. De même, le Comité souligne la dimension humaine, qui est vitale. Il est en effet essentiel de pouvoir disposer d’un personnel qualifié, de conditions de travail de qualité et d’équipes de protection civile pour assurer l’efficacité des opérations. Les cadres coordonnés de l’Union devraient garantir une mobilisation rapide, une formation continue et des salaires décents. Investir à la fois dans les ressources humaines et dans les équipements reste essentiel pour créer des capacités de réaction en cas de crise qui soient résilientes, souples et véritablement européennes. |
| 4.2.6. | À l’avenir, la constitution de stocks devrait se concentrer sur des produits qui peuvent être stockés efficacement et en toute sécurité, et éviter les articles soumis à des exigences techniques complexes en matière de stockage. Aligner les volumes de stocks sur la demande réelle, c’est-à-dire par exemple s’assurer que les quantités de vaccins correspondent à la volonté réelle du public de se faire vacciner, garantira à la fois l’efficacité et la rentabilité. |
| 4.2.7. | Le CESE est également favorable à l’introduction de seuils et de plafonds de l’Union spécifiques à chaque produit, ainsi qu’à l’utilisation de données de marché rétrospectives pour orienter l’estimation de la demande. Ces mesures offriront de la prévisibilité à l’industrie, limiteront le gaspillage et rendront la constitution de stocks plus durable et plus favorable aux entreprises. |
| 4.2.8. | Le CESE invite instamment la Commission à utiliser les plateformes numériques pour le suivi en temps réel des stocks de sécurité et des données relatives à la consommation, tout en tirant pleinement parti des bases de données existantes pour orienter des décisions fondées sur des données probantes. Cette approche permettra d’éviter les structures parallèles, de maximiser l’efficacité et de créer, pour la préparation de l’Union, un cadre prévisible et favorable aux entreprises. |
Bruxelles, le 21 janvier 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
(1) CERN — Organisation européenne pour la recherche nucléaire.
(2) «Recommendations for preparedness planning for public health threats».
(3) Il s’agit des virus respiratoires ou de contact à potentiel pandémique, des virus vectoriels ou à réservoir animal à potentiel épidémique, de la résistance aux antimicrobiens et des menaces liées aux conflits armés, notamment les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN).
(4) ATHINA — Advanced Technology for Health Intelligence and Action (technologie avancée pour le renseignement en matière de santé et l’action sanitaire).
ANNEXE
Tableau comparatif entre les recommandations de l’OMS et la stratégie de la Commission européenne
Le tableau suivant présente un aperçu comparatif des recommandations de l’OMS et de la stratégie de la Commission européenne en matière de contre-mesures médicales.
| Domaine | Recommandations de l’OMS | Stratégie de la Commission européenne |
| Préparation et planification | Développer des plans nationaux fondés sur des scénarios et des évaluations des risques | Créer une stratégie en matière de contre-mesures médicales prévoyant des scénarios de réponse rapide |
| Capacité de production | Accroître la production locale de vaccins et de médicaments | Établir des partenariats industriels et des mécanismes tels que RAMP-UP, pour une production flexible |
| Accès équitable | Assurer un accès équitable aux contre-mesures médicales, surtout pour les pays à faible revenu | Mettre en place un système de passation conjointe de marchés et une distribution coordonnée entre les États membres de l’Union |
| Surveillance et données | Renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique et le partage des données | Intégrer des données en temps réel et des systèmes d’alerte précoce au niveau de l’Union |
| Renforcement des capacités et formation | Former des professionnels de la santé et effectuer des simulations | Effectuer régulièrement des simulations et proposer des formations spécialisées en matière de réaction aux situations d’urgence |
| Infrastructures critiques | Protéger les hôpitaux et les chaînes d’approvisionnement | Renforcer la résilience des infrastructures sanitaires et logistiques critiques |
| Coopération internationale | Promouvoir la coopération entre les pays et les organisations multilatérales | S’aligner sur les normes internationales et coopérer avec l’OMS, HERA et d’autres entités |
| Transparence et communication des risques | Communiquer clairement sur les risques, sur la base d’éléments probants | Mettre en place une stratégie de communication des risques axée sur la confiance et la transparence institutionnelle |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1963/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis institutionnel — 52026AB0024
12/08/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.123095
31/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026