LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52025AE2760
Avis institutionnel52025AE2760

Avis du Comité économique et social européen a) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon Europe pour la période 2028-2034, définissant ses règles de participation et de diffusion, et abrogeant le règlement (UE) 2021/695 [COM(2025) 543 final — 2025/0543 (COD)] et b) Proposition de décision du Conseil établissant le programme spécifique mettant en œuvre Horizon Europe — le programme-cadre pour la recherche et l’innovation pour la période 2028-2034, définissant ses règles de participation et de diffusion dans le cadre de ce programme, et abrogeant la décision (UE) 2021/764 [COM(2025) 544 final — 2025/0544 (CNS)]

CELEX52025AE2760
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 22 janvier 2026

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) porte sur les propositions législatives établissant le nouveau programme-cadre Horizon Europe pour la période 2028-2034. Il évalue les règles de participation et de diffusion proposées, ainsi que l'abrogation des règlements et décisions antérieurs, en formulant des recommandations sur les priorités de recherche et d'innovation. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une source d'interprétation non contraignante mais influente sur l'orientation politique et réglementaire du futur cadre de financement de la R&I européenne.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/1973

28.4.2026

Avis du Comité économique et social européen

a) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon Europe» pour la période 2028-2034, définissant ses règles de participation et de diffusion, et abrogeant le règlement (UE) 2021/695

[COM(2025) 543 final — 2025/0543 (COD)]

et

b) Proposition de décision du Conseil établissant le programme spécifique mettant en œuvre Horizon Europe — le programme-cadre pour la recherche et l’innovation pour la période 2028-2034, définissant ses règles de participation et de diffusion dans le cadre de ce programme, et abrogeant la décision (UE) 2021/764

[COM(2025) 544 final — 2025/0544 (CNS)]

(C/2026/1973)

Rapporteur:

Christophe LEFÈVRE

Conseillère

Véronique CHAPPELART (pour le rapporteur)

Procédure législative

a)

EU Law Tracker

Consultation

a)

Conseil de l’Union européenne, 25.9.2025

Parlement européen, 12.11.2025

b)

Conseil de l’Union européenne, 25.9.2025

Base juridique

Article 173, paragraphe 3, article 182, paragraphe 1, et article 188, 2e alinéa, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Documents de la Commission

a)

COM(2025) 543 final — 2025/0543 (COD)

b)

COM(2025) 544 final — 2025/0544 (CNS)

Résumé du document COM

Objectifs de développement durable (ODD) pertinents

ODD 3, 6, 7, 9

Compétence

Section «Marché unique, production et consommation»

Adoption en section

8.1.2026

Adoption en session plénière

22.1.2026

Session plénière no

602

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

178/0/2

1. Recommandations

Dans le contexte actuel, caractérisé par des défis mondiaux de plus en plus complexes (transition écologique et numérique, crise mondiale de l’eau, concurrence stratégique avec des acteurs mondiaux tels que, notamment, les États-Unis et la Chine), les propositions de la Commission européenne marquent un changement stratégique et radical pour l’avenir de l’UE, en conformité avec les rapports Draghi et Letta.

Le Comité économique et social européen (CESE):

1.1.

demande instamment aux colégislateurs de soutenir la nouvelle approche du renfort de la compétitivité industrielle de l’Union et son leadership technologique ainsi que la préparation civile, industrielle et sociétale, et d’orienter le financement des activités de recherche et développement (R&D) et d’innovation vers des objectifs de compétitivité clairs;

1.2.

estime que le budget indicatif de 175 002 000 000 EUR proposé pour la période 2028-2034 est encourageant et constitue un signal fort en faveur de l’excellence scientifique et de l’objectif d’investir dans la recherche et l’innovation (R&I) et les technologies de rupture. Cependant, le CESE recommande qu’il serve seulement de référence minimale aux discussions entre le Conseil et le Parlement européen et qu’une attention particulière soit accordée aux technologies propres, domaine dans lequel l’Union peut développer des avantages comparatifs et renforcer son autonomie stratégique;

1.3.

est d’avis que le budget devrait préciser l’alignement entre les ressources et des résultats clairement définis, et également prévoir des indicateurs clés de performance qui soient mesurables, y compris ceux utilisés pour évaluer le succès et l’impact au regard des objectifs spécifiques des programmes, dont la participation des PME et des États candidats à l’adhésion à l’Union, ou encore l’amélioration du délai d’octroi des subventions dans le but de le ramener à 120 jours en moyenne et 90 jours pour les subventions accélérées, et ce dans l’objectif de garantir accessibilité, équité, efficacité, simplification administrative et proportionnalité;

1.4.

juge impératif de veiller à ce que le contrôle de l’utilisation des fonds soit renforcé et de déterminer quels sont les freins à leur utilisation ou les facteurs de sous-utilisation dans certains pays: des actions sont nécessaires pour mieux piloter le dispositif, accompagner les chercheurs et les inciter à utiliser les fonds européens destinés à financer la recherche;

1.5.

recommande de maintenir et de mettre en œuvre correctement l’alignement prévu entre Horizon Europe et le Fonds européen pour la compétitivité, en particulier entre les quatre volets politiques du Fonds et les activités correspondantes relevant du pilier II «Compétitivité» d’Horizon Europe, tout en mettant l’accent sur la nécessité de couvrir l’ensemble du cycle d’innovation et toutes les étapes du «parcours d’investissement»;

1.6.

recommande que pour soutenir l’ensemble du cycle d’innovation, de la recherche fondamentale à la mise sur le marché, les procédures d’évaluation et la sélection des projets soient basées non seulement sur l’excellence scientifique, mais également sur des critères d’évaluation supplémentaires destinés à mieux saisir la pertinence commerciale, l’impact industriel, ainsi que la contribution à l’autonomie stratégique européenne et à la compétitivité de l’industrie européenne;

1.7.

considère qu’outre la coordination et la connexion étroites nécessaires entre le pilier II d’Horizon Europe et le Fonds européen pour la compétitivité, des synergies plus fortes sont essentielles, même entre les différents piliers d’Horizon Europe et y compris entre ces piliers et le Fonds européen pour la compétitivité;

1.8.

recommande que le budget destiné à financer la R&I liée aux défis sociétaux mondiaux, dont notamment le renforcement des valeurs et fondements démocratiques, la participation des citoyens, la promotion de l’inclusion sociale et l’acceptation sociale des technologies du pilier II «Compétitivité et société», soit augmenté, afin de remédier à l’important déséquilibre de la proposition en faveur de la composante «Compétitivité»;

1.9.

recommande de maintenir un mandat d’une durée de quatre ans, renouvelable une fois, pour le président du Conseil européen de la recherche (CER), au lieu de le réduire à deux ans, renouvelable une fois pour une durée maximale de deux ans supplémentaires, comme indiqué à l’article 6, paragraphe 4, de la proposition de décision du Conseil sur «Horizon Europe»;

1.10.

considère que le pilier I consacré à la recherche et à l’excellence scientifique dans les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA), à l’article 9 de la proposition de décision du Conseil sur «Horizon Europe» et à l’article 13 de la proposition de règlement établissant le programme-cadre «Horizon Europe», ne doit pas être soumis à une quelconque orientation politique et recommande de maintenir un focus ascendant («directionnalité») au lieu du focus descendant proposé par la Commission. Plus particulièrement, la nouvelle programmation d’Horizon Europe accorde une place trop limitée à la recherche fondamentale, au profit de la recherche appliquée et de l’innovation technologique. Cela pourrait nuire à long terme à la capacité de l’Europe à produire des connaissances de rupture;

1.11.

souhaite que la volonté de «Rendre la lune accessible aux Européens» comme l’envisage le préambule de présentation de la proposition de règlement, grâce à des projets ambitieux qualifiés de «moonshots», à forte composante scientifique, pour stimuler la création de valeur et l’autonomie stratégique à l’échelle de l’Union, soit aussi intégrée et précisée dans le règlement, ne serait-ce que dans des actes d’exécution ultérieurs;

1.12.

recommande que le rôle clé des universités européennes ne soit pas négligé au profit des seules start-up et PME dans l’écosystème de l’innovation européen, car cela pourrait réduire la portée de l’action du Conseil européen de l’innovation. Dans le même temps, la participation de l’industrie aux instruments Pathfinder, Transition et Accelerator du Conseil européen de l’innovation sera importante pour renforcer l’impact des activités de recherche. Il convient de renforcer les synergies entre la recherche publique et le secteur privé;

1.13.

recommande la plus grande prudence quant à la conditionnalité à 3 % du PIB, prévue dans le pilier IV «Espace européen de la recherche» de la proposition de règlement, pour le financement des mesures de renforcement des capacités à partir de 2030, car elle risque d’affecter les bénéficiaires des pays dotés de plus faibles capacités de R&I;

1.14.

recommande que le modèle forfaitaire ne soit pas le modèle unique de financement des programmes de recherche, mais que ce financement soit flexible et adapté à la diversité des activités de recherche;

1.15.

recommande que la limite de 20 % fixée par l’article 18, paragraphe 2, de la proposition de règlement Horizon Europe concernant le financement des infrastructures de recherche et de technologie soit scrupuleusement respectée: le programme Horizon Europe ne doit pas être utilisé pour couvrir les coûts de construction des bâtiments nécessaires à l’installation de ces infrastructures au risque sinon de détourner Horizon Europe de son objectif qui est de financer la recherche;

1.16.

recommande de proportionner les mécanismes d’audit et de contrôle et de les fonder sur les risques, afin de réduire la charge administrative pour les bénéficiaires à faible risque ou les microbénéficiaires, tout en préservant une bonne gestion financière et la responsabilité qui en découle;

1.17.

relève que la proposition de règlement prévoit qu’Horizon Europe puisse soutenir la recherche dans le domaine des biens à double usage et de ceux destinés à des applications dans le secteur de la défense. Le Conseil a accepté le 8 octobre 2025 que le budget aille en ce sens. Le CESE recommande que la base juridique permettant de déterminer quelles parties d’Horizon Europe seront affectées à ces domaines soit expressément indiquée dans la proposition de règlement;

1.18.

estime que la Commission européenne devrait créer des mécanismes de récupération des fonds en cas de cession de brevets, de parts sociales ou de capital à des entités non européennes qui auront indirectement bénéficié d’un financement européen du fait des cessions;

1.19.

invite instamment la Commission et les États membres à intégrer une dimension inclusive dans toutes les politiques en faveur de l’entrepreneuriat, en accordant une attention particulière au rôle de l’économie sociale;

1.20.

demande une nouvelle fois que l’usage durable de l’eau devienne un critère à inclure dans tous les fonds de l’Union, y compris Horizon Europe. Les financements doivent soutenir la recherche dans les technologies économes en eau ainsi que leur adoption, de même que les emplois et les compétences nécessaires pour appuyer la double transition et la résilience dans les secteurs industriels;

1.21.

recommande à la Commission d’examiner la flexibilité des procédures et des exigences relatives à la demande de fonds afin d’identifier les obstacles potentiels et d’en garantir l’accessibilité aux structures requérantes représentant des minorités sociales ou des groupes à risque, vulnérables ou fragilisés.

2. Notes explicatives

Argument à l’appui de la recommandation 1.2

2.1.

Toute réduction du budget en dessous de 175 milliards d’euros serait une occasion manquée à un moment où un investissement soutenu et accru dans la R&I est plus crucial que jamais pour la compétitivité, la résilience et la prospérité de l’Union. En effet, l’inflation exceptionnellement élevée et la hausse des coûts à travers l’Europe risquent d’amoindrir l’impact des ambitions affichées dans les propositions de décision du Conseil et de règlement.

2.2.

Le CESE considère que l’évaluation de l’augmentation du budget proposée, et de sa traduction en termes d’allocations aux différents programmes de recherche, est difficile en l’état.

2.3.

Il relève qu’à l’exception du pilier II «Compétitivité et société», la proposition de règlement ne fournit pas de ventilation détaillée, ce qui signifie que d’autres composantes clés, telles que le Conseil européen de la recherche (CER), les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) et le Conseil européen de l’innovation (CEI), sont présentées uniquement dans le cadre d’un ensemble plus large, ce qui rend impossible l’évaluation de la mesure dans laquelle les ambitions du programme Horizon Europe seront réalisées.

Argument à l’appui de la recommandation 1.3

2.4.

L’efficacité du budget doit prévaloir sur le volume annoncé. Avancer des chiffres impressionnants sans en assurer l’impact est stérile car le volume du budget importe moins que sa composition effective.

Argument à l’appui de la recommandation 1.4

2.5.

Ceci éviterait également une fuite de cerveaux vers d’autres continents. Dans le même sens, il convient d’évaluer les raisons pour lesquelles certaines structures parviennent à capter ces fonds et d’autres pas. Dans plusieurs avis précédents, le CESE a pointé le manque de structures d’accompagnement pour le montage des dossiers de cofinancement, la complexité administrative et l’accès difficile aux informations liées aux programmes de financement. En outre, l’absence d’un soutien stable et continu des États membres en faveur de la recherche réduit les possibilités de participer aux programmes de financement. La précarité de l’emploi dans la recherche, qui entraîne la fuite des cerveaux, et le manque de compétences, notamment linguistiques, sont des facteurs limitants.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.5

2.6.

La gouvernance des deux programmes devra être efficace et transparente et s’appuyer sur des mécanismes de mise en œuvre clairs. L’«outil de coordination de la compétitivité» annoncé doit garantir et maximiser les complémentarités et les synergies entre les deux programmes et les instruments de financement. Parallèlement, le conseil stratégique des parties prenantes du Fonds européen pour la compétitivité prévu devrait jouer un rôle clé dans la définition des priorités et garantir un alignement.

2.7.

Le CESE salue néanmoins l’accent mis sur la recherche collaborative et sur les partenariats, qui constituent un outil essentiel afin de poursuivre les objectifs de compétitivité et stimuler l’innovation, l’utilisation efficace des ressources, la durabilité, l’obtention de résultats significatifs et la croissance économique. Il faut prévoir des instruments et des formes de financement conçus selon une logique industrielle et élaborés selon une approche ascendante.

2.8.

Au-delà des grandes entreprises, les PME innovantes, les start-up, les scale-up et les petites entreprises de taille intermédiaire doivent être reconnues comme des moteurs de la recherche et de l’innovation, de la création d’emplois et de la compétitivité dans l’économie européenne et, par conséquent, être habilitées à assumer des rôles de premier plan dans des projets collaboratifs et à accéder à des mécanismes de financement plus simples, plus directs et plus spécifiques.

Argument à l’appui de la recommandation 1.7

2.9.

Cela est fondamental pour couvrir l’ensemble du parcours d’investissement, traduire les résultats du CER et du CEI en services et produits commercialisables et créer un pipeline d’innovation continue, depuis la recherche fondamentale (pilier I) jusqu’au déploiement sur le marché (pilier III), en passant par la recherche appliquée et le développement technologique pour relever les grands défis sociétaux (pilier II), avec le soutien des activités «habilitantes» du pilier IV.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.8

2.10.

Cette préoccupation tient au langage vague, voire incohérent entre l’article 11 «Recherche collaborative» de la proposition de décision du Conseil sur «Horizon Europe», qui fait référence au programme «Horizon Europe», et l’article 15 «Recherche collaborative» de la proposition de règlement établissant le programme-cadre «Horizon Europe» pour la période 2028-2034, qui fait référence au Fonds européen pour la compétitivité: la nouvelle composante «Compétitivité» d’Horizon Europe dans le pilier II semble relever d’Horizon Europe, mais elle est présentée comme si elle était déjà intégrée dans le Fonds européen pour la compétitivité. Cette ambiguïté nuit à l’engagement déclaré en faveur d’un programme Horizon Europe véritablement indépendant. Une plus grande précision et plus de cohérence sont nécessaires.

2.11.

En outre, la ventilation budgétaire fournie pour le pilier II montre un déséquilibre frappant entre ses deux volets, avec plus de 68 milliards d’euros pour la partie «Compétitivité» et seulement 7,6 milliards d’euros pour la partie «Société».

Arguments à l’appui de la recommandation 1.9

2.12.

Fondé en 2007, le CER a été créé pour soutenir la recherche innovatrice à haut risque et à gain élevé dans le cadre d’une approche ascendante et dirigée par les chercheurs. La proposition de réduire la durée du mandat du président du CER est préoccupante, car cela affaiblirait inévitablement une garantie clé de l’autonomie du CER et sa mission consistant à soutenir une recherche fondamentale d’excellence, d’autant plus qu’il s’agit de recherche à long terme.

Le CESE ne voit aucune raison valable de réduire la durée du mandat du président et considère que l’argument selon lequel il s’agit d’aligner la durée de la présidence du CER sur celle du CEI n’est pas pertinent.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.10

2.13.

Promouvoir des carrières durables, cette expression restant à définir et préciser, soutenir les carrières des chercheurs dans le monde entier à toutes les étapes de celles-ci et encourager l’excellence de la recherche, toutes ces démarches ne semblent pas aller de pair avec des synergies stratégiques et politiques décidées par le CER, et ce en raison du risque de focus thématique descendant («directionnalité») qui permettrait aux décideurs politiques d’imposer des sujets de recherche. Ceci réduirait les ressources disponibles pour des projets ascendants propres à assurer aux chercheurs la liberté de définir leurs propres sujets de recherche, les actions MSCA étant par essence caractérisées par la nature ascendante de la recherche.

2.14.

La tendance déjà présente à diminuer le nombre d’appels à projets couvrant des niveaux de maturité technologique moins élevés («technology readiness level» ou TRL) est à cet égard inquiétante. En effet, au cours des deux premières années d’Horizon 2020, 20 % des appels portaient sur des projets à niveau technologique moins élevé, contre seulement 14 % des appels dans les deux premières années d’Horizon Europe.

2.15.

Cette tendance fait obstacle à des transformations essentielles pour relever les défis sociétaux locaux et mondiaux et tenir des engagements essentiels tels que le pacte vert pour l’Europe et la transition numérique. L’Union européenne dépend de développements scientifiques et technologiques couvrant tous les TRL, ainsi que d’une base scientifique solide et de travaux de recherche exploratoire, comme indiqué dans la déclaration de Lund.

2.16.

Compte tenu de la tendance observée, le CESE a toutes les raisons de penser que celle-ci est amenée à se poursuivre.

Argument à l’appui de la recommandation 1.9

2.17.

Il est essentiel que les bénéficiaires soient correctement consultés sur la direction du pilier II, compte tenu surtout de l’interruption du processus de planification stratégique. Bien que les propositions de décision et de règlement pour Horizon Europe et le Fonds européen pour la compétitivité indiquent que certaines consultations auront lieu sur les orientations politiques envisagées, la façon dont les parties prenantes et les bénéficiaires seront associés à d’autres aspects importants du pilier reste floue à ce stade.

Argument à l’appui de la recommandation 1.12

2.18.

La sélection des projets du pilier IV «Espace européen de la recherche», les sources de financement et leur lien avec les missions et partenariats existants devront être précisés.

Argument à l’appui de la recommandation 1.13

2.19.

Dans ses propositions, la Commission n’évoque que le soutien aux start-up et PME innovantes dans le cadre du CEI, au détriment des chercheurs universitaires et des universités, contrairement à ce qui se fait actuellement. La reconnaissance explicite du rôle des universités dans l’innovation précoce et à haut risque est essentielle pour déployer le plein potentiel de l’innovation européenne.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.14

2.20.

Les pays qui n’auront pas augmenté leur investissement public réel dans la R&I par rapport à l’année précédente ne seraient plus éligibles au financement du renforcement de leurs capacités. Un critère lié à la performance dans la R&I serait plus pertinent. Pour mémoire, l’UE n’a pas atteint l’objectif de 3 % du PIB consacrés à la R&D, fixé par la stratégie de Lisbonne. Le rapport Draghi de 2024 souligne un risque de décrochage de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine.

Argument à l’appui de la recommandation 1.15

2.21.

Ce modèle peut être bien adapté à des projets à court terme, mais il complique la planification et l’exécution de travaux de recherche à long terme et à haut risque, ainsi que les initiatives collaboratives de grande échelle. Créer un seul ensemble de règles pour tous les programmes pourrait être très complexe et compromettre la valeur ajoutée des spécificités liées à chaque secteur. La restructuration d’Horizon Europe devrait se concentrer sur l’amélioration de l’efficacité et la simplification pour les bénéficiaires au lieu de créer des barrières administratives supplémentaires.

Argument à l’appui de la recommandation 1.15

2.22.

Les Fonds structurels et d’investissement semblent mieux adaptés au financement des bâtiments destinés à la recherche et aux infrastructures technologiques.

Argument à l’appui de la recommandation 1.17

2.23.

Il y a lieu de considérer que la méthode du paiement forfaitaire peut représenter une évolution positive vers un environnement de financement plus agile et simplifié, car il réduit la charge administrative et la complexité des rapports financiers, permettant ainsi aux bénéficiaires de se concentrer davantage sur les résultats et l’impact des projets plutôt que sur le respect des procédures.

Argument à l’appui de la recommandation 1.18

2.24.

Seul le Conseil européen de l’innovation prévoit explicitement de soutenir l’innovation dans les technologies critiques orientées vers le domaine de la défense. Ce domaine ne figure dans la proposition de règlement que dans l’exposé des motifs et ne repose sur aucune base juridique expresse, étant également entendu que certains pays tiers seront davantage exclus des appels d’offres. En outre, cette ouverture du champ d’application d’Horizon Europe implique que les bénéficiaires devront adapter leurs règles de sécurité et de contrôle d’accès aux sites de recherche. Ceci devra être clairement reflété dans les appels d’offres, qui devront également indiquer explicitement que la recherche sera appliquée à des biens à double usage et à vocation militaire.

Argument à l’appui de la recommandation 1.19

2.25.

Il n’existe aujourd’hui aucun garde-fou qui empêche les fondateurs, notamment de start-up, de réaliser la valorisation de leur investissement personnel grâce à la vente de brevets ou de parts sociales à des partenaires hors UE, quand bien même les fonds européens auraient largement financé la recherche et l’innovation. S’il est difficile d’empêcher ces cessions, il conviendrait de pouvoir récupérer une partie de ces financements qui auront été à l’origine des plus-values de cession.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.20

2.26.

Une politique européenne globale de l’eau doit s’accompagner d’un plan de financement tout aussi ambitieux. Le CESE considère que les fonds de l’Union sont essentiels pour combler le déficit d’investissement et plaide une nouvelle fois en faveur d’un plan d’investissement stratégique, pluriannuel et spécifique, et d’un cadre de financement adapté pour les infrastructures, les compétences, les technologies et la recherche dans le domaine de l’eau.

2.27.

L’Europe devrait saisir les possibilités offertes par son rôle de chef de file mondial dans le domaine des technologies de l’eau (l’Union possède 40 % de tous les brevets liés à l’eau) pour déclencher un changement de paradigme dans la manière dont nous utilisons l’eau, en investissant dans des infrastructures hydriques résilientes, des boucles circulaires de l’eau, une utilisation en cascade, la gestion numérique et une gouvernance inclusive de l’eau.

Arguments à l’appui de la recommandation 1.21

2.28.

Les fonds devraient notamment être accessibles aux structures représentant des personnes porteuses de handicap, aux personnes en situation précaire et aux personnes et communautés victimes de discrimination fondée sur leur origine ethnique ou raciale ou sur leur orientation sexuelle.

2.29.

L’Union européenne compte 101 millions de citoyens handicapés (source: Eurostat, 2023). Ceux-ci se heurtent à la rigidité des exigences et des procédures pour accéder aux financements, et il convient de veiller à ce qu’ils n’en soient pas exclus.

Bruxelles, le 22 janvier 2026.

Le président

du Comité économique et social européen

Séamus BOLAND


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1973/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Avis institutionnel52026AB0024

Avis institutionnel — 52026AB0024

12/08/2026

Avis institutionnel52026AS123095

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.123095

31/07/2026

Avis institutionnel52026AS122996

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996

28/07/2026

Avis institutionnel52026AS122874

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874

28/07/2026

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →