| CELEX | 52025AE3794 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 18 février 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/2544 | 22.5.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, à la Banque centrale européenne, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement — Semestre européen 2026 — Paquet d’automne — Mettre en œuvre la boussole pour la compétitivité: faire progresser les réformes et les investissements
[COM(2025) 955 final]
(C/2026/2544)
Rapporteur:
Luca JAHIER| Conseillère | Anna COLOMBO |
| Consultation | Commission européenne, 5.1.2026 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 5.2.2026 |
| Adoption en session plénière | 18.2.2026 |
| Session plénière no | 603 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 205/0/4 |
1. Conclusions et recommandations
Le Comité économique et social européen (CESE):
| 1.1. | estime que le paquet d’automne du Semestre européen 2026, s’il est correctement élaboré au niveau de l’Union et des États membres, pourrait constituer une tentative opportune de concilier, en vue d’une croissance durable, la compétitivité, la viabilité budgétaire, le développement du capital humain et la résilience à l’échelle de l’Union; |
| 1.2. | déplore toutefois que la Commission se soit à nouveau abstenue de présenter l’examen annuel de la croissance durable, étant donné qu’il est désormais plus essentiel que jamais de renforcer encore la réponse stratégique coordonnée de l’Union dans l’intérêt d’une transition écologique et numérique qui garantisse l’équité sociale et la cohésion territoriale, tout en reconnaissant que le vieillissement de la population et l’inclusion sociale sont des enjeux structurels majeurs auxquels l’Union est confrontée; |
| 1.3. | accueille favorablement le rapport macroéconomique européen, qui fournit une analyse détaillée des problèmes structurels sous-jacents auxquels l’UE doit faire face. Il souligne la nécessité de prendre toute la mesure de ses quatre chapitres analytiques — les principaux défis à relever étant les suivants: la faible croissance de la productivité de l’Union; le risque macrofinancier lié principalement à des déséquilibres persistants entre l’épargne (abondante) et les investissements (qui restent faibles); l’utilisation de l’épargne, dont une trop grande partie est acheminée vers les marchés financiers étrangers; les incidences macroéconomiques des dépenses militaires sur la croissance et l’emploi — et l’urgence d’accélérer en conséquence les mesures correspondantes; |
| 1.4. | fait observer qu’une croissance économique durable est une condition sine qua non pour que l’Europe puisse respecter ses multiples engagements. En l’absence d’une productivité plus élevée et d’une croissance durable, il sera de plus en plus difficile de préserver la viabilité des finances publiques, d’accroître les capacités de défense et de maintenir les niveaux de dépense actuels nécessaires en matière de sécurité et protection sociales. Le Comité relève que des emplois de qualité, de bonnes conditions de travail, des investissements adéquats dans l’éducation, les compétences, la formation et la santé, ainsi qu’un dialogue social constructif, sont essentiels à la productivité; |
| 1.5. | partage l’avis de Mario Draghi selon lequel l’un des problèmes majeurs de l’Europe est le sous-investissement chronique qui l’empêche d’être le moteur du changement. Les enjeux environnementaux, technologiques et démographiques sont tous corrélés et requièrent une réponse globale et solide. Le CESE réitère son appel en faveur d’une capacité budgétaire commune plus solide, soutenue par l’émission conjointe ciblée de titres de créance, afin de contribuer à combler ce déficit croissant d’investissements publics, et d’instruments permanents de stabilisation macroéconomique pour faire face aux chocs, sur la base de l’expérience acquise avec l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE), qui devrait être pérennisé; |
| 1.6. | demeure alarmé par la fragmentation des marchés financiers de l’Union, qui, comme l’indique le rapport Letta, constituent un élément essentiel pour combler le déficit d’investissement. Les marchés des capitaux de l’UE fonctionnent toujours comme 27 marchés en partie distincts, assortis d’obstacles réglementaires et opérationnels qui augmentent le coût du capital et pénalisent le financement des entreprises en expansion. Cette charge réglementaire majeure nécessitera un effort de simplification résolu, afin d’encourager une utilisation plus dynamique et rentable de l’épargne européenne pour financer les investissements nécessaires de l’Union et la croissance de son économie. Le CESE invite la Commission à examiner si un ensemble d’instruments au niveau de l’UE, sur le modèle de la National Securities Markets Improvement Act (loi américaine sur l’amélioration des marchés nationaux de valeurs mobilières, NSMIA), pourrait simplifier l’accès transfrontière au marché, réduire la fragmentation en matière de conformité et soutenir des marchés plus profonds, plus efficaces et plus liquides, tout en maintenant le niveau de sécurité actuel nécessaire. Cette démarche devrait être considérée comme un facteur d’accélération essentiel de la réalisation de l’union des marchés des capitaux (UMC) tant attendue, qui a désormais fait place à l’union de l’épargne et des investissements (UEI); |
| 1.7. | demande une nouvelle fois à la Commission de réviser d’urgence l’ensemble des indicateurs proposés pour le suivi de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM), compte tenu du manque de clarté lorsqu’il s’agit de comparer les évaluations pour différents États membres. Une partie de la solution pour améliorer le tableau de bord actuel de la PDM pourrait consister à suivre l’évolution de l’effet de levier combiné au lieu de s’en tenir à des cloisonnements; |
| 1.8. | estime qu’il convient d’utiliser de manière plus rationnelle le tableau de bord social (suivi du socle européen des droits sociaux), un tableau de bord révisé de la PDM et une méthode révisée d’analyse de la soutenabilité de la dette, complétés par les nouveaux indicateurs de bien-être proposés par le Centre commun de recherche (JRC), étant donné que la force du modèle de l’Union repose sur la compétitivité, la productivité et le modèle social (y compris les services publics et la protection sociale) qui se soutiennent mutuellement; |
| 1.9. | dans ce contexte, demande à la Commission de traiter le cadre de convergence sociale comme étant au même niveau que le cadre budgétaire et de formuler en conséquence des recommandations claires à chaque État membre dans les prochaines recommandations par pays; invite la Commission à proposer des incitations concrètes afin que les États membres recourent davantage à la clause de flexibilité pour les investissements sociaux au titre du nouveau cadre de gouvernance économique, en s’appuyant sur les travaux de la présidence belge de 2024; |
| 1.10. | se félicite de la nouvelle recommandation sur le capital humain, qui est un élément crucial pour combler le déficit technologique de l’Union, compte tenu également du défi démographique; estime que la Commission devrait mettre fortement l’accent, dans ses recommandations par pays, sur les investissements dans l’éducation, les compétences, les qualifications et la formation (y compris la reconnaissance mutuelle), en encourageant chaque État membre à utiliser davantage sa marge de manœuvre fiscale et budgétaire disponible pour des plans d’investissement structurel et de réforme solides à moyen terme, afin de garantir leur efficacité; |
| 1.11. | considère que la Commission devrait également accorder la priorité au grave problème du logement, qui accroît les inégalités et l’exclusion sociale, empêche de nombreux jeunes de poursuivre leurs études jusqu’à l’université et devient de surcroît un obstacle à la mobilité de la main-d’œuvre; |
| 1.12. | invite en outre la Commission à développer l’«Équipe Europe» s’agissant de traduire la recherche fondamentale en technologies de pointe et en scale-up (pour réduire le «déficit d’expansion»), en accordant une attention particulière à la numérisation et à l’intelligence artificielle; |
| 1.13. | réitère son appel en faveur d’une analyse approfondie et d’une clarification des liens annoncés entre le Semestre européen, l’outil de coordination de la compétitivité et le futur cadre financier pluriannuel (CFP) proposé; prie instamment la Commission de ne pas lier le décaissement des futurs fonds de l’Union à des propositions de réformes structurelles sans rapport avec ceux-ci, mais plutôt d’établir un nouveau lien fort et positif entre les investissements nationaux et européens et les objectifs communs de croissance durable et de compétitivité; |
| 1.14. | invite le Parlement européen à mettre en place, comme c’est le cas pour la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), un comité permanent de suivi et d’évaluation pour le «nouveau» Semestre européen, la mise en œuvre et l’évaluation annuelle des plans budgétaires et structurels à moyen terme, les recommandations par pays et leurs liens concrets avec les futurs plans de partenariat national et régional (plans PNR), afin d’améliorer la responsabilité démocratique et la transparence de l’ensemble du processus, auquel les partenaires sociaux et les organisations de la société civile (OSC) devraient être pleinement associés. Le CESE devrait jouer un rôle de facilitateur à cet égard; |
| 1.15. | estime qu’il conviendrait de poursuivre la rationalisation de la charge réglementaire actuelle sur la base d’une analyse comparative avec les niveaux de réglementation dans d’autres juridictions, en tenant compte des avantages globaux du modèle social de l’Union et de l’amélioration effective à long terme de sa durabilité compétitive; attire l’attention sur l’avis de la Banque centrale européenne selon lequel une simplification et une réglementation plus intelligente sont nécessaires pour réduire la charge administrative et améliorer la compétitivité, mais qu’une déréglementation purement formelle pourrait entraîner des risques mal évalués, des marchés moins transparents et moins d’investissements verts, ce qui, en fin de compte, aurait une incidence sur la résilience du système financier de l’Union dans son ensemble; demande que les partenaires sociaux et les OSC soient associés de manière transparente aux processus liés aux trains de mesures omnibus. Le CESE pourrait apporter une contribution significative aux travaux sur une véritable simplification, comme il l’avait fait dans le cadre de la plateforme pour une réglementation affûtée et performante (REFIT); |
| 1.16. | convient que l’Europe doit développer de nouvelles capacités de défense autonomes; met toutefois en garde contre le risque que l’augmentation de la capacité de dépense, en l’absence d’un rôle approprié de l’Union ou d’une coordination adéquate à ce niveau, entraîne une fragmentation nationale, une hausse des coûts et une baisse de l’efficacité, ainsi qu’une dépendance encore plus grande à l’égard de l’industrie de la défense de pays tiers; invite la Commission à renforcer la conditionnalité des marchés publics coopératifs, à donner la priorité aux projets de défense européens d’intérêt commun dans le cadre d’un programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP) considérablement élargi et à élaborer un modèle plus cohérent de gouvernance de l’Union; |
| 1.17. | prend acte de l’actuel mécanisme de «clause dérogatoire» pour les dépenses nationales de défense, mais prévient que la dette publique globale doit rester sur une trajectoire durable, étant donné que l’augmentation actuelle des dépenses de défense nécessitera de futurs ajustements budgétaires supplémentaires qui n’ont pas encore été correctement évalués pour chaque pays; invite la Commission à considérer la clause dérogatoire comme un instrument d’urgence temporaire plutôt que comme un substitut à une stratégie budgétaire et de croissance cohérente à long terme; prie la Commission d’évaluer l’importance grandissante des dépenses de défense dans la croissance durable de l’Union et leur incidence sur l’emploi et la stabilité budgétaire future; |
| 1.18. | réitère son appel en faveur d’une participation plus solide, structurée et significative des partenaires sociaux et des OSC aux niveaux européen, national et local à la mise en œuvre du cycle du Semestre européen. Pour aboutir à une transformation durable et équitable, les réformes systémiques telles que celles dont l’UE a besoin de toute urgence, ainsi que les décisions essentielles sur les priorités d’investissement, requièrent une légitimité plus large, une compréhension nuancée et une participation active. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le Semestre européen 2026 marque un tournant pour l’Union. Celle-ci doit revoir complètement sa stratégie économique si elle entend relever les défis qui perdurent depuis sa création. Ils sont liés aux grandes tendances actuelles, qui vont s’amplifier dans les mois et les années à venir: les nouvelles perturbations géopolitiques, la bifurcation écologique et environnementale, l’accélération technologique et numérique vers l’intelligence artificielle dans tous les domaines, et l’enjeu démographique, lequel représente déjà un test redoutable pour la détermination de l’Europe à affronter l’avenir en tant qu’acteur d’envergure mondiale. Étant donné que les défis énumérés ci-dessus sont corrélés, le CESE ressent profondément l’absence de l’analyse décloisonnée qui figurait dans la précédente stratégie annuelle pour une croissance durable. |
| 2.2. | Eu égard au nouveau désordre mondial et à la détérioration des perspectives internationales, le recours à la force étant désormais la nouvelle norme, la coopération est remplacée par une concurrence déloyale, des conflits et des agressions dévastateurs dans tous les domaines, allant de la sécurité au commerce, et les institutions internationales peinent à rester à flot. |
| 2.3. | L’Union européenne fait face à un ensemble complexe de défis environnementaux, dus à sa forte densité de population, à son agriculture intensive et à son histoire industrielle. Le pacte vert pour l’Europe était conçu comme une réponse à ces défis liés au changement climatique, à la transition énergétique, à la perte de biodiversité et à la dégradation des habitats, ainsi qu’à la pollution (de l’air, de l’eau, des sols et chimique). En outre, malgré certains progrès, l’économie de l’Union reste largement linéaire («extraire-fabriquer-jeter»), étant donné que la réalisation d’une véritable économie circulaire nécessite des changements systémiques majeurs dans la conception des produits, la gestion des déchets et le comportement des consommateurs. |
| 2.4. | L’Union est confrontée à d’importants défis technologiques, façonnés par son éthique réglementaire, son positionnement géopolitique et l’impératif de rester compétitive tout en défendant ses valeurs fondamentales de respect de la vie privée, d’équité et de souveraineté. Si l’UE excelle dans la recherche fondamentale (elle est par exemple en tête des publications scientifiques), elle peine à traduire cette recherche en technologies de pointe sur le marché et manque d’entreprises technologiques mondiales telles que celles que l’on trouve en Chine ou aux États-Unis. Il en résulte des dépendances et des vulnérabilités critiques à l’égard des technologies étrangères pour des composants clés tels que les semi-conducteurs (les principaux producteurs étant situés à Taïwan, en Corée du Sud et aux États-Unis), l’infrastructure en nuage (AWS, Azure, Google) et les plateformes numériques (Meta, Google, Apple). |
| 2.5. | À mesure que la numérisation prend de l’ampleur (dans les infrastructures critiques, l’administration, les finances, les soins de santé, la communication, etc.), la surface d’attaque s’élargit. L’UE subit la menace constante de cyberattaques sophistiquées, orchestrées par des États et criminelles, et il est indispensable que tant les pouvoirs publics que le secteur privé augmentent les dépenses qu’ils consacrent à la prévention et à la protection. |
| 2.6. | La profonde transformation démographique que connaît l’Union pose d’importants défis économiques, sociaux et politiques. Comme le souligne la Commission, le vieillissement de la population et la diminution de la population en âge de travailler (faibles taux de fécondité et augmentation de l’espérance de vie) sont des tendances communes, bien que leur dimension ne soit pas uniforme dans tous les États membres. En outre, l’Union dépend dans le même temps de la migration, qui est désormais le seul moteur de sa croissance démographique, tandis que l’intégration réussie des migrants et de leurs enfants sur les marchés du travail et dans les sociétés reste un défi majeur. |
| 2.7. | Alors qu’il existe déjà des pénuries critiques dans les secteurs traditionnels (par exemple, les soins de santé), l’Europe commence également à connaître un déficit massif, croissant et alarmant de spécialistes du numérique, qu’il s’agisse d’experts en cybersécurité ou en mégadonnées, ou de chercheurs dans le domaine de l’IA. L’UE n’est pas en mesure de préparer et de former suffisamment de talents locaux, ni d’attirer et de retenir les meilleurs talents mondiaux de la technologie, face à la concurrence d’autres parties du monde qui offrent des salaires plus élevés et des écosystèmes dynamiques. Comme l’a souligné à juste titre la Commission européenne, 42 professions ont été classées en pénurie en 2023. 68 % des entreprises de taille moyenne ont signalé des pénuries de compétences en 2023, et en 2024, 77 % des entreprises ont indiqué que les pénuries de compétences constituaient des obstacles à l’investissement. La participation à l’éducation et à la formation des adultes dans l’UE est faible, puisqu’elle s’élevait à 39,5 % en 2022; plus de 90 % des emplois requièrent des compétences numériques, mais seulement 55,6 % de la population adulte de l’UE possède au moins des compétences numériques de base; enfin, 26,2 % des jeunes de 15 ans n’atteignent pas les niveaux minimaux de compétence en lecture, 29,5 % en mathématiques et 24,3 % en sciences (données de 2022). Le CESE juge la nouvelle recommandation sur le capital humain cruciale, opportune et appropriée; il invite dès lors la Commission et les États membres à accroître et à prioriser les investissements dans ce domaine, en faisant primer davantage la concrétisation des propositions annoncées dans la communication sur l’union des compétences publiée au début de l’année 2025. |
| 2.8. | La Commission attire à juste titre l’attention sur l’affaiblissement de la balance courante et sur son évolution probable, étant donné que l’investissement (tant privé que public, aux niveaux européen et national) doit augmenter de manière substantielle. L’augmentation des investissements (si elle est correctement ciblée pour répondre aux principaux enjeux de l’Union) pourrait contribuer à combler l’écart de productivité, tout en assurant la confiance des ménages européens dans l’investissement en Europe et en créant plus rapidement les conditions dans lesquelles il serait plus rentable, pour les opérateurs financiers, d’acheminer l’épargne vers l’Europe plutôt qu’à l’extérieur. Le CESE plaide dès lors pour la réalisation, de toute urgence, d’un marché européen des capitaux plus efficace, plus sûr et moins fragmenté. |
3. Observations particulières
Utiliser le modèle de la loi américaine sur l’amélioration des marchés nationaux de valeurs mobilières pour concrétiser l’union de l’épargne et des investissements
| 3.1. | La National Securities Markets Improvement Act (loi sur l’amélioration des marchés nationaux de valeurs mobilières, NSMIA) est une loi fédérale américaine adoptée en 1996, qui visait à rendre les marchés des capitaux plus efficaces et plus compétitifs en restructurant la relation entre la réglementation fédérale et celle des États concernant les valeurs mobilières. Elle prévoit une préemption fédérale pour des catégories bien définies de «titres couverts», qui limite la duplication de l’enregistrement et du contrôle par l’État fédéré. L’objectif principal était d’améliorer la formation de capital, de réduire la réglementation redondante, d’accroître la compétitivité du marché et de créer un cadre national plus clair pour les offres de valeurs mobilières, de manière à rendre les marchés américains plus attrayants tant pour les émetteurs que pour les investisseurs. Sans la NSMIA, les marchés américains du capital-risque et du capital-investissement seraient considérablement plus petits et plus lents. D’un point de vue géopolitique et financier, la réalité est aujourd’hui la suivante: la NSMIA centralise le pouvoir réglementaire au niveau fédéral; elle renforce les marchés des capitaux américains en tant que plateforme mondiale; elle réduit les barrières à l’entrée pour les émetteurs étrangers sans affaiblir la protection des investisseurs; et elle soutient la finance mondiale libellée en dollars. En résumé, il y a un seul contrôleur d’accès pour les émetteurs américains contre vingt-sept pour les émetteurs de l’UE; les marchés privés américains s’étendent par défaut, ce qui est exceptionnel pour les marchés de l’UE; l’Union donne la priorité à la protection plutôt qu’à l’expansion, les États-Unis à l’expansion avec une protection. Une réglementation équivalente au niveau de l’UE pourrait simplifier radicalement l’accès transfrontière aux marchés, réduire la fragmentation en matière de conformité et soutenir des marchés plus profonds et plus liquides, et constituerait ainsi une étape décisive vers une véritable union de l’épargne et des investissements, qui n’en est malheureusement toujours qu’au stade d’une future feuille de route d’actions à entreprendre. |
Tableau de bord de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM)
| 3.2. | La PDM est le principal outil de surveillance de l’UE pour détecter et traiter les risques macroéconomiques (tels que les bulles immobilières, une dette élevée ou une baisse de la compétitivité) qui pourraient nuire à l’économie d’un État membre ou envahir toute la zone euro; elle repose toujours sur un règlement adopté en 2011. La Commission utilise un ensemble d’indicateurs économiques qui ont soulevé un certain nombre de critiques (voir en particulier l’évaluation récemment publiée par le Parlement européen). Le tableau de bord, tel qu’il se présente actuellement, encourage les comparaisons inéquitables, pourrait donner lieu à une perte de crédibilité et ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble (transfert des risques, interconnexion). En lieu et place de ce tableau de bord, le CESE prône une nouvelle fois un ensemble d’indicateurs plus équitables, plus nuancés et plus prospectifs grâce auxquels la surveillance économique de l’UE reposerait non plus sur un système de liste de contrôle simpliste et opaque, mais sur un outil sophistiqué et interconnecté d’analyse des risques. En outre, le CESE a déjà demandé une évaluation adéquate de la méthode d’analyse de la soutenabilité de la dette dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle règle de gouvernance économique, et demande également la mise en place d’un ensemble approprié d’indicateurs de bien-être pour le prochain règlement relatif au CFP fondé sur la performance, sur la base du récent tableau de bord du JRC. Tous ces éléments sont étroitement liés et devraient s’inscrire dans une approche plus cohérente, rationalisée et prospective. |
Défense et technologies de défense numériques
| 3.3. | En ce qui concerne la nécessité indéniable pour l’Europe de développer de nouvelles capacités de défense autonomes en son sein, le Fonds européen de la défense (FED), l’instrument «Agir pour la sécurité de l’Europe» (SAFE), la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) et le programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP) constituent une base solide pour les évolutions futures. Toutefois, l’augmentation de la capacité de dépense en l’absence d’un véritable rôle de l’UE ou d’une coordination à son niveau pourrait entraîner une fragmentation nationale et une dépendance encore plus grande à l’égard de l’industrie de la défense de pays tiers. Afin de veiller à ce que la simple intégration financière ne devienne pas un vecteur de concurrence nationale, l’Union doit renforcer la conditionnalité des marchés publics basés sur la coopération, donner la priorité aux projets de défense européens d’intérêt commun dans le cadre d’un EDIP considérablement élargi, améliorer la surveillance des exemptions en matière de défense dans le pacte de stabilité et de croissance et élaborer un modèle de gouvernance plus cohérent qui aligne les divers instruments de financement de l’Union sur ses objectifs d’autonomie stratégique à long terme. En outre, les «dépenses intelligentes» devraient donner la priorité aux technologies numériques européennes de défense telles que la cybersécurité, la sécurité électronique, la défense contre les systèmes sans pilote, l’espace et les communications, l’intelligence artificielle et l’analyse des mégadonnées, ainsi que la sécurité et l’informatique quantiques, tout en alimentant le secteur de la R&D de l’Union et ses technologies civiles leaders du marché. |
Lien entre le CFP et le Semestre européen
| 3.4. | Selon la Commission, le nouveau cycle du Semestre européen établira des liens plus étroits avec le futur CFP 2028-2034 et les prochaines recommandations par pays du paquet de printemps, qui seront davantage axées sur cette question. Le CESE a longuement commenté, dans un certain nombre d’avis, les implications de cette nouvelle manière d’élaborer les politiques. Le nouveau système dans lequel la Commission et le Conseil (ministres nationaux) pilotent en grande partie le Semestre européen et l’utilisation des fonds de l’UE (au moyen de plans nationaux) ne fait pas l’objet d’un contrôle démocratique suffisant. Pour y remédier, le Parlement européen devrait créer un comité de surveillance puissant et permanent (comme celui de la FRR) capable de suivre constamment l’ensemble de la chaîne politique, depuis la formulation des recommandations économiques jusqu’à leur financement et leur mise en œuvre par l’intermédiaire du budget de l’Union (CFP). Le CESE et le CdR, les collectivités locales et régionales, les syndicats, les entreprises et la société civile doivent y être formellement associés. |
Bruxelles, le 18 février 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
ANNEXE
Previous EESC opinions on related matters and key documents from other institutions and think tanks which the content of this opinion refers to
EESC opinions
| — | The EESC’s recommendations for a solid reform of the European Semester (2023) |
| — |
| — | Boosting long-term inclusive growth through reforms and investment (2024, exploratory opinion — Belgian Presidency) |
| — | An EU investment fund for economic resilience and sustainable competitiveness (2024) |
| — |
| — |
| — |
| — | European public goods (2025) |
| — | Additional considerations on the way forward for the European Semester 2025 (2025) |
| — |
Others
| — | 2026 European Semester — Autumn Package, European Commission |
| — | NextGenerationEU — The road to 2026, COM(2025) 310 final, 4 June 2025 |
| — | The Draghi report on EU competitiveness, European Commission. |
| — | High Level Conference — One year on, keynote speech by Mario Draghi |
| — | Much more than a market, Enrico Letta, April 2024 |
| — | Measuring sustainable and inclusive wellbeing: a multidimensional dashboard approach, Joint Research Centre report |
| — |
| — | What will it take to stabilise debt in advanced countries?, Bruegel, 2025 |
| — | Economic Dialogue with the European Commission on the launch of the 2026 European Semester cycle, European Parliament, ECON and EMPL Committees, December 2025 |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2544/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis institutionnel — 52026AB0024
12/08/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.123095
31/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026