| CELEX | 52025AE4127 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 29 avril 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3547 | 22.7.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Le rôle du secteur privé et de la société civile dans le renforcement de la coopération économique dans le cadre du pacte pour la Méditerranée
(avis exploratoire)
(C/2026/3547)
Rapporteur:
Thomas WAGNSONNER (AT-II)Corapporteure:
Lidija PAVIĆ-ROGOŠIĆ (HR-III)| Conseillers | Rim Filali Meknassi (pour la corapporteure, groupe III) Thomas HALM (pour le rapporteur, groupe II) Maria GAVOUNELI (pour le groupe I) |
| Consultation | 13.10.2025 Lettre de la présidence chypriote |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Relations extérieures» |
| Adoption en section | 17.4.2026 |
| Adoption en session plénière | 29.4.2026 |
| Session plénière no | 605 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 177/1/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le nouveau pacte pour la Méditerranée ne pourra atteindre ses objectifs économiques, politiques, sociaux et environnementaux à long terme que si la paix et la stabilité sont garanties partout dans la région. Le CESE invite dès lors l’ensemble des parties impliquées dans des conflits militaires à cesser immédiatement toutes les hostilités et attaques et à pleinement respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire. Dans ce contexte, il incombe tout particulièrement à l’Union européenne, au moyen de ses instruments diplomatiques, politiques et civils, de promouvoir activement la paix, le dialogue et les mesures de confiance dans la région. Ce n’est que dans ces conditions que tous les habitants de la région pourront vivre en paix et avoir accès aux services de base, ce qui leur permettra de vivre dans la dignité et de jouir d’un niveau de vie adéquat. |
| 1.2. | Le pacte pour la Méditerranée offre un avenir prometteur, lequel n’est envisageable qu’au moyen d’un partenariat d’égal à égal entre l’UE, ses États membres et les partenaires du sud de la Méditerranée. Tous les projets doivent apporter des avantages directs aux personnes et aux communautés. |
| 1.3. | Le Comité économique et social européen (CESE) souligne qu’une coopération efficace dans le cadre du pacte nécessite une participation structurée et permanente de la société civile organisée, qui aille plus loin que les consultations ad hoc menées au niveau de l’UE et au niveau euro-méditerranéen. Il demande que les syndicats, les organisations patronales et les organisations de la société civile (OSC) soient associés aux dialogues réguliers prévus. |
| 1.4. | Pour libérer le potentiel du secteur privé, des réformes axées sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont nécessaires, notamment en ce qui concerne l’accès au financement, la simplification des procédures et le soutien à la numérisation et à la connectivité, pour permettre aux entreprises de rejoindre les chaînes de valeur régionales et pour renforcer la confiance des investisseurs. |
| 1.5. | De nombreux pays du sud de la Méditerranée ont conclu des accords commerciaux de première génération qui nécessitent d’être modernisés. La société civile organisée devrait jouer un rôle clé dans le suivi des engagements en matière de durabilité par l’intermédiaire des groupes consultatifs internes qui supervisent les normes en matière de travail, d’environnement et de droits de l’homme. |
| 1.6. | Le commerce et l’investissement doivent promouvoir le développement durable et le travail décent, appelant des approches de codéveloppement assorties de salaires équitables, de conditions sûres, de normes exécutoires et d’investissements dans des projets régionaux durables. |
| 1.7. | La transition de l’économie informelle vers l’économie formelle doit s’appuyer sur la recommandation no 204 (2015) de l’Organisation internationale du travail (OIT) comme principe directeur pour toutes les activités pertinentes, en veillant à ce que le processus ne soit pas punitif, mais inclusif, progressif et économiquement viable. |
| 1.8. | Le plan d’action du pacte doit promouvoir la sécurité sociale, les droits des travailleurs et le travail décent. Toutes les activités du pacte devraient exiger le respect des conventions fondamentales de l’OIT, le soutien de l’UE étant subordonné au respect des normes de l’OIT et à un dialogue social efficace. |
| 1.9. | Les projets relevant de la stratégie «Global Gateway» doivent associer les partenaires sociaux et les organisations de la société civile dès la phase de planification. |
| 1.10. | Les acteurs de l’économie sociale et les coopératives doivent être intégrés dans les programmes du pacte au moyen de financements spécifiques, d’un renforcement des capacités et de cadres juridiques de soutènement, en particulier pour les jeunes et les femmes. |
| 1.11. | Il convient d’encourager les investissements privés dans les transitions écologique et numérique au moyen de financements mixtes et de mesures d’incitation assortis d’un contrôle exercé par la société civile afin de garantir durabilité et responsabilité sociale. |
| 1.12. | Les jeunes et les femmes, en tant qu’acteurs et partenaires clés, ont besoin d’un soutien ciblé, au moyen d’une représentation dans les structures de gouvernance et d’une inclusion dans les programmes d’entrepreneuriat, afin de veiller à ce que leur voix soit d’un apport déterminant pour la coopération économique. L’éducation formelle et non formelle est un outil de justice sociale qui permet aux femmes, aux jeunes et aux groupes vulnérables d’accéder aux possibilités offertes par l’économie formelle. |
| 1.13. | La mobilité légale et organisée de la main-d’œuvre doit être fondée sur les droits de l’homme, le respect de l’état de droit et des valeurs communes de l’UE, ainsi que sur une conformité aux instruments juridiques internationaux. Il convient également de souligner l’importance d’atténuer le risque de fuite des cerveaux. |
| 1.14. | Un certain nombre d’institutions financières internationales financées par l’UE sont déjà actives dans la région; toutefois, une coordination encore plus étroite entre elles est nécessaire pour améliorer leur efficacité et en maximiser l’impact. |
| 1.15. | Il pourrait être utile d’envisager de réfléchir à un mécanisme financier supplémentaire, tel qu’une banque de développement régional, pour soutenir les projets d’infrastructure, les MPME, les jeunes pousses et les acteurs de l’économie sociale, et ce avec la participation de la société civile organisée afin de garantir la transparence et l’alignement sur les objectifs sociaux et environnementaux. |
2. Portée
| 2.1. | Le pacte a été présenté comme un cadre stratégique visant à approfondir la coopération entre l’UE et les pays du sud de la Méditerranée (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie). |
| 2.2. | L’avis du CESE intitulé «Un nouveau pacte pour la Méditerranée» (1) reste son principal document de référence actuel pour la région. |
| 2.3 | En janvier 2026, Chypre a pris la présidence du Conseil de l’UE et a demandé au CESE d’élaborer un avis sur la mise en œuvre du pacte. |
3. Observations générales
| 3.1. | Les guerres et les conflits armés en Palestine, en Iran et au Liban causent des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de blessés parmi la population civile, ainsi que des situations d’urgence humanitaire. Conjugués à l’instabilité politique en Syrie et en Libye, ils nuisent gravement à l’économie, aux investissements et au commerce et entravent manifestement la mise en œuvre du pacte pour la Méditerranée. Les risques pour la paix et l’économie sont planétaires. Dans le cadre de ces guerres, les droits de l’homme et le droit international humanitaire font l’objet de graves violations. Le CESE estime qu’à l’heure actuelle, la priorité absolue dans la région méditerranéenne est que l’UE s’engage, par tous les moyens diplomatiques à sa disposition, à parvenir à une véritable cessation des hostilités, à rechercher une paix juste sous les auspices des Nations unies et à exiger de tous les États et acteurs politiques concernés le respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international. |
| 3.2. | Le CESE souligne que, malgré les défis actuels, le pacte offre une occasion positive pour l’avenir, dont le potentiel ne peut être atteint qu’au moyen d’un véritable partenariat d’égal à égal entre l’UE, ses États membres et les partenaires du sud de la Méditerranée. |
| 3.3. | En outre, il est essentiel de veiller à ce que tous les projets aient une incidence positive directe sur la population dans son ensemble et sur les communautés, afin que le pacte soit accueilli favorablement. |
| 3.4. | Le paysage économique de la région se caractérise par un éventail multidimensionnel de défis persistants et de nouvelles possibilités. Certains pays, en particulier en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, présentent des pistes de croissance économique à la vitalité indéniable et reposant principalement sur le tourisme et les ressources naturelles. |
| 3.5. | Le chômage reste élevé dans de nombreux pays, en particulier dans le sud de l’Europe et dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Parmi les défis à relever figurent le chômage des jeunes et l’emploi informel. |
| 3.6. | Un partenariat méditerranéen mutuellement bénéfique nécessite de mettre un terme aux conflits actuels. Avec le soutien de l’UE, les parties doivent permettre une coopération pacifique qui profite à la population de la région, en particulier aux femmes, aux jeunes et aux groupes marginalisés, et qui garantisse un espace permettant à la société civile organisée de représenter ses intérêts. |
| 3.7. | Le changement climatique et les questions environnementales présentent des risques pour la stabilité politique, sociale (par exemple, du fait de la migration climatique) et économique, ce qui nécessite des pratiques durables et, en particulier, des investissements dans les technologies vertes. |
| 3.8. | L’UE investit dans des projets (voir «Global Gateway», par exemple le corridor économique Inde — Moyen-Orient — Europe, le projet Medusa ou le projet de dessalement Aqaba-Amman) dans les pays du sud de la Méditerranée afin de promouvoir la croissance économique et d’améliorer les infrastructures et l’approvisionnement énergétique. Les initiatives en matière d’énergies renouvelables et de développement durable doivent rester au centre des préoccupations. |
| 3.9. | Le CESE se félicite des efforts visant à renforcer la coopération dans des secteurs tels que l’éducation, la recherche, l’innovation, les échanges de jeunes et la mobilité afin de promouvoir le développement socio-économique. |
| 3.10. | Le CESE voit dans le pacte une occasion de redéfinir les relations entre l’UE et la Méditerranée en matière de justice sociale, de travail décent et de participation démocratique, et souligne que la connectivité, des systèmes de protection sociale appropriés et des services publics de qualité sont essentiels pour un développement inclusif et durable, ainsi que pour le soutien aux MPME. En l’absence de droits du travail solides et d’un réel dialogue social, le pacte risque d’aggraver les inégalités. |
4. Observations spécifiques
Associer la société civile organisée (syndicats, organisations patronales et OSC) aux consultations et à la mise en œuvre
| 4.1. | Le CESE souligne qu’une coopération significative dans le cadre du pacte — en particulier sur le plan économique — nécessite un apport structuré et permanent de la société civile organisée allant plus loin que les consultations ad hoc. Afin de garantir une appropriation commune et le respect d’obligations de redevabilité, la société civile organisée devrait être officiellement associée aux phases de gouvernance et de mise en œuvre, ce qui passe notamment par sa participation aux mécanismes de surveillance et aux structures de suivi tant au niveau de l’UE qu’au niveau euro-méditerranéen. |
| 4.2. | Le CESE est désireux de rejoindre le processus d’engagement civique Euromed afin de suivre la mise en œuvre du plan d’action. Il consacrera son sommet Euromed annuel à l’évaluation des progrès, en s’appuyant sur les contributions de première main des organisations partenaires de toute la région. |
| 4.3. | Le CESE demande à la présidence chypriote de le soutenir en tant que porte-parole de la société civile organisée au niveau de l’UE et de l’aider à obtenir un rôle formel dans les processus de mise en œuvre et de suivi. |
| 4.4. | Le CESE demande également l’institutionnalisation d’un dialogue social et civil dans le cadre du pacte, en accordant une attention particulière aux jeunes (2). |
| 4.5. | Le CESE demande instamment à la direction générale du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Golfe (DG MENA) d’inclure également les syndicats aux côtés des organisations de la société civile et des organisations patronales dans les dialogues réguliers prévus, et soutient les conclusions de la conférence euro-méditerranéenne de la société civile de 2025. |
| 4.6. | Le CESE se félicite de l’initiative que constitue l’Assemblée parlementaire de la jeunesse pour la Méditerranée et demande que les jeunes soient pleinement intégrés dans les processus de mise en œuvre et de suivi s’agissant de l’élaboration et de la mise en œuvre du plan d’action. |
Mobiliser le secteur privé — MPME
| 4.7. | Certains pays de la région MENA sont confrontés à une forte volatilité économique. Une brève reprise a été suivie d’un ralentissement de la croissance dû à des phénomènes tels qu’inflation, dépréciation monétaire, resserrement budgétaire et tensions géopolitiques, le secteur privé n’étant toujours pas un moteur de croissance durable. |
| 4.8. | Les MPME représentent la grande majorité (70 à 90 %) des entreprises et une source essentielle d’emplois. Toutefois, leur contribution à la valeur ajoutée reste limitée et se concentre dans des secteurs à faible productivité. Dans des contextes fragiles et touchés par des conflits tels qu’en Syrie, en Libye et en Palestine, les MPME s’emploient le plus souvent à survivre. |
| 4.9. | Parmi les principaux défis figurent l’accès limité au financement, la basse productivité, les faiblesses de la gouvernance, le chômage élevé des jeunes et la très faible participation des femmes au marché du travail. |
| 4.10. | Le CESE insiste sur le renforcement de l’intégration régionale, notamment s’agissant du commerce Sud-Sud et des chaînes de valeur sectorielles, telles que l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière, l’énergie et le numérique, tout en promouvant la coopération industrielle transfrontière et les pôles régionaux. |
| 4.11. | L’une des priorités est d’améliorer le climat réglementaire et d’investissement de la Méditerranée grâce à une plus grande convergence, des procédures plus simples, une prévisibilité législative et des mécanismes efficaces de règlement des différends, afin d’attirer les investissements et de renforcer la confiance des investisseurs. |
| 4.12. | Les MPME constituent l’épine dorsale des économies méditerranéennes; elles sont vitales pour la résilience et l’emploi mais entravées par des obstacles structurels. Leur croissance durable nécessite une stabilité macroéconomique, des institutions fiables et une concurrence loyale. Le soutien aux MPME et aux jeunes pousses passe par des initiatives telles que StartUp4Med. Les jeunes pousses, en particulier celles des économies verte et bleue, sont confrontées à de nombreux défis. Le CESE souligne le rôle important que jouent les réseaux et les pôles pour les aider à surmonter ces difficultés. |
| 4.13. | Le pacte devrait aider les MPME et les jeunes pousses à accéder plus facilement aux financements, aux services de développement des entreprises, au soutien à la transformation numérique et aux écosystèmes d’innovation, en mettant particulièrement l’accent sur les entreprises dirigées par des jeunes et des femmes. |
| 4.14. | Le CESE est favorable au tourisme durable en ce qu’il constitue un domaine potentiel de coopération transnationale entre les MPME de l’UE et celles des pays partenaires du Sud. |
| 4.15. | Le soutien à la mobilité, en particulier des jeunes, et la création de l’université méditerranéenne pourraient notamment avoir une incidence positive sur les jeunes pousses. |
| 4.16. | Le CESE demande instamment que l’intégration économique soit liée au développement des compétences (voir la note stratégique no 156 d’EuroMeSCo, p. 7), aux politiques d’innovation, aux investissements dans la formation professionnelle, l’apprentissage tout au long de la vie et l’éducation non formelle, ainsi qu’à un alignement des capacités d’innovation sur les besoins du marché du travail. Le renforcement du capital humain apparaît comme une condition préalable à l’amélioration de la productivité, de la compétitivité et de la création d’emplois de qualité. |
Commerce et investissements durables
| 4.17. | Le CESE soutient le commerce et les investissements qui favorisent le développement durable et des emplois de qualité, et préconise des approches de codéveloppement assorties de salaires équitables, de conditions sûres, de normes exécutoires et d’investissements dans des projets durables. |
| 4.18. | La dimension commerciale du pacte vise une économie méditerranéenne plus intégrée et plus compétitive, dont l’efficacité dépend de l’alignement réglementaire, de la capacité de mise en œuvre et d’un engagement politique soutenu de l’UE et des pays partenaires. |
| 4.19. | Le CESE met l’accent sur les secteurs commerciaux prioritaires, à savoir l’agroalimentaire, l’énergie propre, les services numériques, les transports durables et l’économie bleue, et souligne que la coopération dans ces domaines étaie les chaînes de valeur régionales et la diversification. Il souligne l’importance de la durabilité dans le commerce et les investissements entre l’UE et les pays partenaires. |
| 4.20. | Le CESE se félicite de la modernisation des accords bilatéraux de libre-échange, mais note que les négociations sur les accords de libre-échange (ALE) de nouvelle génération restent inachevées. Il demande instamment que la mise en œuvre du pacte relance ces pourparlers. |
| 4.21. | De même, il plaide vigoureusement pour que les chapitres sur la durabilité prévus par les ALE soient mis en œuvre afin de faire respecter les normes internationales en matière de travail et d’environnement. De nombreux accords en vigueur — dont certains ont jusqu’à 29 ans — ne tiennent pas suffisamment compte de la durabilité. Qu’ils soient nouvellement conclus ou actualisés, les ALE avec les pays du sud de la Méditerranée devraient inclure des chapitres sur le commerce et le développement durable (CDD) et établir des groupes consultatifs internes (GCI) visant à renforcer le suivi exercé par la société civile. L’expérience montre que les GCI sont essentiels pour garantir le respect des engagements en matière de durabilité (Friedrich-Ebert-Stiftung, p. 43). |
| 4.22. | Le CESE appelle à redéfinir la politique commerciale de l’UE autour de la résilience économique en tant que facilitatrice d’adaptation, de croissance inclusive et de réaction aux crises. Comme proposé dans une récente étude d’EuroMeSCo, les futurs accords devraient:
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| 4.23. | Le CESE demande instamment que le capital naturel, à savoir l’eau, les sols, les écosystèmes marins et la biodiversité, soit explicitement reconnu comme un pilier essentiel du pacte. Il demande que les investissements et le commerce adoptent des solutions fondées sur les écosystèmes et la nature, en traitant la restauration et la protection comme des moteurs essentiels de l’emploi, de la résilience et de la valeur économique à long terme. |
| 4.24. | Le CESE se félicite que soient mobilisés en priorité des investissements privés et publics dans la croissance durable, comme les énergies renouvelables et les technologies propres (T-MED), les infrastructures numériques, le transport durable, la gestion de l’eau et des eaux usées, ainsi que l’économie bleue (partenariat pour une Méditerranée bleue et plateforme BlueInvest). Le CESE soutient une approche «Équipe Europe» visant à réduire les risques liés aux investissements et à attirer des capitaux privés, et demande des incitations en faveur des investissements verts, des énergies renouvelables, des technologies propres et de l’économie circulaire, en veillant à ce que la transition écologique renforce la compétitivité et crée des emplois de qualité. Des investissements durables dans les énergies renouvelables pourraient jeter les bases d’un partenariat euro-méditerranéen plus équilibré plutôt que créer une nouvelle forme de dépendance à l’égard des ressources. |
| 4.25. | Les projets d’infrastructure soutenus par l’UE dans les pays tiers doivent être alignés sur ses objectifs stratégiques, environnementaux, sociaux et de compétitivité. Le financement public européen ne doit pas fausser la concurrence ni placer les entreprises et les industries de l’UE, telles que les ports, dans une situation de désavantage concurrentiel. |
| 4.26. | Plusieurs institutions financières internationales soutenues par l’UE, dont la Banque européenne d’investissement (BEI) par l’intermédiaire de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la plateforme d’investissement pour le voisinage, ainsi que des banques multilatérales de développement telles que la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, apportent un soutien financier à l’investissement, au développement du secteur privé et à l’intégration régionale. Le renforcement de la coordination entre ces institutions et un alignement plus étroit sur les objectifs du pacte devraient être prioritaires afin de maximiser l’impact dans la région. |
| 4.27. | Dans ce contexte, il pourrait être utile d’envisager de réfléchir à l’opportunité de concevoir des mécanismes financiers régionaux supplémentaires, par exemple par la création d’une banque de développement régional, dans le but de mobiliser de nouvelles ressources financières. Cet objectif devrait être atteint avec la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile, aux côtés de l’UE, de ses États membres et des pays de la région MENA. De telles mesures devraient venir en compléter d’autres déjà existantes, dans le but d’améliorer l’accès au financement pour les infrastructures, les MPME, les jeunes pousses et les acteurs de l’économie sociale. |
| 4.28. | Les banques nationales de la région devraient être encouragées et davantage soutenues pour investir dans des projets de développement durable. |
Économie informelle — Économie formelle
| 4.29. | Le CESE souligne les défis liés aux niveaux élevés de l’économie informelle en Méditerranée, en particulier ses incidences négatives sur les femmes et les jeunes, avec pour conséquence des emplois précaires, une fragilité budgétaire et une vulnérabilité liée au genre. |
| 4.30. | La recommandation no 204 (2015) de l’OIT, instrument international fondamental du travail visant à promouvoir la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle, doit être utilisée comme principe directeur pour toutes les activités pertinentes. |
| 4.31. | Les économies informelles de la région pouvant concerner jusqu’à 50 % des actifs (Friedrich-Ebert-Stiftung, p. 1), la formalisation des emplois, accompagnée des mesures de protection sociale appropriées, est essentielle pour garantir des conditions de travail décentes. |
| 4.32. | Si les femmes représentent la majorité des nouvelles inscriptions dans l’enseignement supérieur (3), un écart persiste entre les zones rurales et urbaines. Des perspectives traditionnelles quant au rôle des femmes sont encore susceptibles d’entraver leurs aspirations à une éducation de qualité répondant aux exigences du marché du travail formel. |
| 4.33. | Le CESE se félicite des investissements déployés au titre du pacte dans l’éducation formelle et non formelle, en particulier pour les jeunes (par exemple, les jeunes sans emploi qui ne suivent ni études ni formation), notant que le taux de chômage élevé dans les pays du sud de la Méditerranée rend l’éducation traditionnelle et l’apprentissage essentiels à l’inclusion sociale (4). |
| 4.34. | Le pacte doit accorder une attention particulière à l’économie informelle et au marché du travail, en mettant l’accent sur des voies réalistes permettant aux MPME de passer à l’économie formelle. Les MPME n’effectueront cette transition que si les gouvernements réduisent les charges administratives, garantissent l’accès à la protection sociale et créent des environnements propices à un travail décent. Le CESE invite la Commission à présenter rapidement la boîte à outils politique «StartUp4Med». Le financement de l’UE ne devrait être accordé qu’aux entreprises qui participent durablement à l’économie formelle, et les règles de financement devraient réduire au minimum les exigences administratives afin d’empêcher un retour à l’économie informelle après la fin du soutien. |
| 4.35. | Le CESE souligne que le chômage des jeunes et la faible participation des femmes au marché du travail constituent des questions urgentes; il appelle de ses vœux des programmes ciblés d’emploi, de formation et d’apprentissage, ainsi que des mesures en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment s’agissant d’égalité salariale, d’accès aux services de garde d’enfants et de la mise en œuvre de la convention no 190 de l’OIT. |
| 4.36. | Le CESE insiste sur le fait que le plan d’action doit fermement soutenir l’amélioration de la sécurité sociale, des droits des travailleurs et du travail décent. La liberté d’association, le droit d’organisation et le dialogue social, y compris la négociation collective, sont considérés comme des fondements non négociables de la coopération euro-méditerranéenne. Les activités menées dans le cadre du pacte se doivent de respecter les conventions fondamentales de l’OIT, le soutien économique de l’UE devant quant à lui être subordonné au respect des droits de l’homme, des normes sociales, de l’égalité entre les hommes et les femmes et de la protection de l’environnement pour toutes les entreprises actives dans la région. |
5. L’économie du bien commun et la transition juste
| 5.1. | L’ économie du bien commun est un modèle aligné sur les valeurs de l’économie sociale, de l’économie circulaire, de l’économie du partage, de l’économie de la fonctionnalité, de celle fondée sur les ressources et de l’économie bleue. Même lorsqu’elles ne sont pas explicitement recensées comme relevant de l’économie du bien commun, les initiatives telles que l’économie circulaire, les chaînes de valeur éthiques et les emplois verts reflètent ses principes, en aidant les communautés à renforcer la cohésion sociale et à construire des modèles économiques inclusifs et durables. |
Économie sociale et solidaire (ESS) et coopératives
| 5.2. | Les acteurs de l’ESS sont reconnus comme des moteurs essentiels d’un développement inclusif et durable. Cette reconnaissance croissante se reflète dans les engagements ministériels de l’Union pour la Méditerranée, le plan d’action de l’Union pour l’économie sociale et les récentes résolutions de l’OIT et de l’OCDE plaçant le secteur au centre des efforts en faveur d’une reprise équitable, de la création d’emplois et de la cohésion sociale, en particulier pour les jeunes et les femmes. |
| 5.3. | Les coopératives ont gagné en importance dans l’ensemble de la région MENA en réponse au chômage des jeunes, à une économie informelle largement répandue, à l’accroissement des inégalités et à la fragilité économique. Elles occupent une place importante dans l’agriculture, l’artisanat, le logement et les services locaux, où elles réduisent les barrières à l’entrée, créent des possibilités de revenus et renforcent la résilience locale. Les femmes sont fortement représentées, et les jeunes jouent de plus en plus le rôle de moteurs essentiels des coopératives et des entreprises sociales, auxquelles ils apportent des solutions novatrices ou fondées sur la communauté. Toutefois, les progrès restent inégaux en raison de différences au niveau des cadres juridiques, du degré de stabilité politique, de l’accès au financement et de contraintes institutionnelles au sens large qui limitent croissance et durabilité. Encourager les anciens combattants à créer des coopératives et à y adhérer pourrait renforcer leur autonomisation économique et leur inclusion sociale. |
| 5.4. | Au niveau régional, la coopération entre les acteurs de l’ESS est soutenue par le Réseau euro-méditerranéen de l’économie sociale (ESMED), qui renforce le développement solidaire et l’efficacité des entreprises par l’échange et la collaboration. |
| 5.5. | Les définitions communes promues par des réseaux tels que l’ESMED mettent l’accent sur la gouvernance démocratique, la solidarité, l’autonomie et le réinvestissement des excédents pour le bien social, principes qui sont déjà intégrés dans plusieurs cadres juridiques nationaux. |
| 5.6. | Des initiatives telles que le projet MedRiSSE — Laboratoire pour l’innovation sociale en Méditerranée (Espagne, Palestine, Jordanie, Tunisie, Italie) illustrent la manière dont les partenariats de la société civile peuvent développer des solutions d’innovation sociale combinant des outils numériques et des services verts de proximité. |
| 5.7. | Les experts s’accordent sur les priorités essentielles qui permettront de libérer le potentiel du secteur: accroître le renforcement des capacités et des structures de soutien, créer un écosystème financier favorable, adopter des cadres juridiques et des politiques publiques créant des conditions favorisantes et accroître la visibilité grâce à l’éducation et à la sensibilisation. Le renforcement des chaînes de valeur, la numérisation, la connectivité et le soutien aux emplois verts et bleus visent à créer une économie sociale résiliente au service des personnes et de la planète. |
| 5.8. | Le CESE réitère les principales recommandations visant à renforcer l’ESS et les coopératives au moyen des actions prioritaires suivantes:
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| 5.9. | Le CESE souligne que le soutien aux coopératives, en particulier celles dirigées par des femmes et des jeunes, constitue un moyen rentable de lutter contre le chômage et les inégalités, en permettant aux acteurs de l’économie sociale de devenir des piliers essentiels d’un développement inclusif et durable. |
| 5.10. | Dans des contextes marqués par un taux de chômage élevé et une forte proportion d’économie informelle, les coopératives offrent aux jeunes une voie d’accès au marché du travail formel. Si l’ampleur globale des coopératives dirigées par des jeunes reste limitée, leur pertinence s’accroît dans les activités de l’économie verte et numérique, les services et les entreprises de proximité (OIT, 2023). |
| 5.11. | Au-delà des résultats en matière d’emploi, la participation des jeunes aux coopératives renforce le développement des compétences et l’employabilité. Les coopératives peuvent également favoriser l’inclusion sociale et l’engagement civique des jeunes, en particulier dans les zones rurales et mal desservies. |
| 5.12. | La Méditerranée accélère sa transition vers une économie circulaire, en luttant contre la dégradation de l’environnement, la perte de biodiversité, la pollution et la pénurie d’eau. Des initiatives telles que CircleMED favorisent déjà le passage à des systèmes d’économie circulaire en stimulant les pratiques neutres pour le climat et en associant les citoyens, les décideurs politiques, les entreprises, le monde universitaire et la société civile (voir «Économie verte et circulaire à l’échelle méditerranéenne»). La région poursuit une transition écologique et numérique équitable dans un contexte d’inégalités climatiques et de défis en matière de gouvernance. La société civile, y compris les partenaires sociaux, joue un rôle essentiel pour garantir un processus socialement juste et inclusif en apportant des connaissances locales, de la confiance et des solutions innovantes aux politiques de transition. |
| 5.13. | Le CESE se félicite de l’objectif du pacte consistant à créer un espace méditerranéen commun de coopération en matière d’énergie propre et de résilience au changement climatique, en soulignant la nécessité de la participation de la société civile organisée et d’un espace civique protégé afin de garantir une transition inclusive et centrée sur les personnes, en particulier pour les jeunes (voir «Les compétences vertes et numériques ouvrent la voie à un avenir plus durable»). |
| 5.14. | Le CESE souligne que les communautés énergétiques citoyennes soutiennent une transition écologique et numérique équitable, en particulier dans le sud, en améliorant l’accès, l’abordabilité et l’appropriation locale. Inspirées des modèles européens, des initiatives menées dans plusieurs pays méditerranéens promeuvent la démocratie énergétique, réduisent la dépendance à l’égard des combustibles fossiles et renforcent la coopération; elles devraient être résolument soutenues. |
6. Éducation et mobilité des travailleurs
| 6.1. | L’éducation est de plus en plus reconnue dans le sud de la Méditerranée comme un fondement pour des économies équitables, vertes et justes, car elle dote les citoyens des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires pour participer au développement durable et bénéficier de la transition écologique. Les recommandations de la société civile organisée pour la région mettent également l’accent sur l’éducation en tant qu’outil de justice sociale, permettant aux femmes, aux jeunes et aux groupes marginalisés d’accéder aux possibilités offertes par l’économie verte et de participer de manière significative aux transitions démocratique et économique. |
| 6.2 | Avec un soutien approprié dans le cadre du pacte, l’éducation — formelle et non formelle — peut devenir un moteur encore plus important de changement environnemental et un mécanisme d’équité, d’inclusion et de prospérité partagée dans l’ensemble de la région du sud de la Méditerranée, même s’il sera nécessaire de veiller à ce qu’un nombre suffisant d’emplois de qualité soient créés. |
| 6.3. | Le plan visant à développer les partenariats pour les talents et à mettre en place le réservoir européen de talents devrait favoriser les liens entre les employeurs de l’UE et les demandeurs d’emploi des pays partenaires, ce qui pourrait aider le secteur privé à renforcer la coopération économique. |
| 6.4. | En ce qui concerne les partenariats pour les talents, le CESE a souligné, dans son avis sur le thème «Favoriser la migration légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’Union européenne» (5), que la promotion de la mobilité légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’UE, ainsi que les politiques connexes de l’UE, doivent être fondées sur les droits de l’homme et sur l’état de droit, ainsi que sur le respect des valeurs communes de l’UE et des instruments juridiques internationaux contraignants pertinents en matière de migration et de droits sociaux et du travail. |
| 6.5. | Le CESE plaide en faveur d’une approche équilibrée entre l’UE et les pays d’origine, et souligne qu’il importe d’atténuer le risque de fuite des cerveaux grâce à la croissance économique et à des emplois de qualité dans les pays d’origine, avec le soutien de la politique de cohésion de l’UE. |
| 6.6. | Les partenaires sociaux et les organisations de la société civile des deux parties doivent être associés sur le plan institutionnel afin de recenser les possibilités et les défis pour les marchés du travail nationaux et d’intégrer un cadre de suivi pour tous les accords bilatéraux sur la mobilité de la main-d’œuvre. |
| 6.7. | Le CESE soutient les recommandations formulées dans la note stratégique d’EuroMeSCo intitulée «The Pact for the Mediterranean: A Stimulus for enhanced Skills and labour mobility?» (Le pacte pour la Méditerranée: un catalyseur du renforcement des compétences et de la mobilité de la main-d’œuvre?) et note que les outils du pacte (par exemple, le «Med Skills Tracker») devraient être rendus utiles sur le plan opérationnel en les alignant sur les instruments de l’UE. L’examen de l’interopérabilité avec le cadre européen des certifications (CEC) et l’exploitation de la future initiative sur la portabilité des compétences pourraient renforcer la portabilité des compétences et des certifications et accroître la valeur des programmes de formation et de mobilité financés par l’UE. |
Bruxelles, le 29 avril 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
(1) JO C, C/2026/28, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/28/oj.
(2) JO C, C/2025/1189, 21.3.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1189/oj.
(3) Jean-Baptiste Meyer, M. Benguerna, C. Pellegrini, M. Alazali, K. Benbouzid. Higher education in North Africa: comparative evolution of Algeria and Morocco(Enseignement supérieur en Afrique du Nord: évolution comparative de l’Algérie et du Maroc); Journal of North African Studies, 2022.
(4) JO C, C/2026/19, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/19/oj.
(5) JO C, C/2025/4204, 20.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4204/oj.
ANNEXE
Regional Trends
While Libya’s economy is still reliant on hydrocarbons (1), Morocco has been following a plan to diversify its energy sources since the Memorandum of Understanding with the EU in 2003, and gradually increased its aims for a higher percentage of renewable energy sources (2).
Morocco’s alignment of its energy policies, and governance with those of the EU, serves as a case in point for the importance of tightening external connections for sustainable development in the region.
Egypt, historically a hydrocarbon export-oriented country, is also exploring new hydrogen partnerships with Europe in a recent diversification process, as a response to recent domestic and global developments (3). As part of the 2035 Integrated Sustainable Energy Strategy, the government aims to increase its power production from renewable sources up to 42 % of the total installed capacity (4).
Algeria’s focus on fuel exports, which played a pivotal role in its post-independence state-building process, is closely related to global hydrogen prices, as the fluctuations during the 2020 pandemic and the Russian invasion of Ukraine show (5). The high potential for solar (6) and wind faces the challenge of inadequate logistics, a lack of supportive frameworks and a shortage of skilled workforce.
Further investments, like the EUR 241,3 million provided by the European Neighbourhood and Partnership Instrument (ENPI), provide a tool to fulfil Algeria’s potential in the renewable energy sector.
Technical, as well as financial assistance such as EU support for costly physical infrastructure, is necessary to integrate Southern Mediterranean Partners in the renewable value chains (7).
Morocco
Morocco is considered a regional frontrunner. By 2023, around 60 000 cooperatives existed, more than 7 700 of which were women-led (8). Government programmes such as the National Initiative for Human Development (INDH) significantly supported this development.
Algeria
Since 2023, Algeria has begun building a formal SSE framework. An EU-UNDP programme specifically supports youth- and women-led social enterprises.
Tunisia
Tunisia adopted the first SSE law in the Arab region in 2020. Between 2022 and 2025, however, implementation challenges persisted due to political instability.
Egypt
Egypt’s SSE is strongly shaped by informality. Around 71 % of working women in rural areas are informally employed (9). Cooperatives play an important role, particularly in agriculture and housing (10).
Libya
In Libya, the social economy has primarily developed as a survival strategy in conflict contexts. Youth initiatives and local cooperatives contribute to community resilience (11).
Jordan
Jordan has an active NGO and social enterprise landscape, particularly in the context of refugee hosting. A formal SSE law has not yet been adopted.
Lebanon
Economic collapse led to a strong expansion of solidarity-based initiatives, cooperatives and mutual aid networks.
Syria
In Syria, social economy structures mainly exist at local level. In Northeast Syria, women-led cooperatives play a key role.
(1) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 77.
(2) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 83-84; Aim for 2030: 52 %, 2050: 80 %.
(3) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 77.
(4) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 88.
(5) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 85.
(6) Algeria has an average of 2 000 hours of solar irradiation per year.
(7) Aboushady et al. (2025), EuroMeSCo Policy Study N. 39, p. 90.
(8) Ministry of Tourism and Social Economy, Morocco (2023).
(9) UN Women Egypt (2023).
(10) General Cooperative Union of Egypt (2022).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3547/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026
Avis institutionnel — 52026AB0023
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.124070
28/07/2026