| CELEX | 52025AE4282 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 18 février 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/2545 | 22.5.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (UE) no 904/2010 en ce qui concerne l’accès du Parquet européen et de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) aux informations relatives à la taxe sur la valeur ajoutée au niveau de l’Union
[COM(2025) 685 final – 2025/0348 (CNS)]
(C/2026/2545)
Rapporteure:
Justyna Kalina OCHĘDZAN| Conseiller | Samuel CORNELLA |
| Consultation | Conseil de l’Union européenne, 20.11.2025 |
| Base juridique | Articles 113 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Documents de la Commission | |
| Objectifs de développement durable (ODD) pertinents | |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 5.2.2026 |
| Adoption en session plénière | 18.2.2026 |
| Session plénière no | 603 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 201/0/1 |
1. RECOMMANDATIONS
Le Comité économique et social européen (CESE):
| 1.1. | soutient pleinement les efforts déployés par la Commission pour promouvoir une approche plus complète et globale de la lutte contre la fraude dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en permettant au Parquet européen et à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) d’accéder aux données relatives à la TVA en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil (1); |
| 1.2. | reconnaît que, pour lutter contre les formes les plus importantes de fraude à la TVA, il est indispensable que les autorités compétentes soient en mesure de collecter, d’utiliser et de recouper rapidement les informations pertinentes en matière de TVA dans plusieurs États membres, de manière à raccourcir les délais de réaction des autorités fiscales compétentes face aux activités frauduleuses; |
| 1.3. | se félicite que la proposition de la Commission fasse suite à une évaluation ex post des règles applicables en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil, basée sur les retours d’information fournis par les États membres. Toutefois, le CESE relève que la proposition à l’examen n’a fait l’objet d’aucune analyse d’impact, même s’il reconnaît que cela se justifie par la demande pressante des États membres concernant une amélioration aussi rapide que possible du cadre juridique applicable, compte tenu notamment des avantages apportés par une lutte plus efficace contre la fraude; |
| 1.4. | constate que la proposition respecte pleinement le principe de subsidiarité, étant donné que le renforcement du rôle du Parquet européen et de l’OLAF en matière d’accès aux données relatives à la TVA ne peut être réalisé au niveau des États membres ou au moyen d’instruments non législatifs, et nécessite clairement une approche européenne globale visant à améliorer le cadre juridique pertinent de l’Union; |
| 1.5. | estime que la proposition est conforme au principe de proportionnalité, dans la mesure où elle implique des modifications ciblées des règles existantes, qui reposent sur une évaluation ex post du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil et sur des consultations des parties intéressées, et n’impose pas d’obligations supplémentaires en matière de communication d’informations ni de coûts de mise en conformité aux citoyens ou aux entreprises de l’Union. La proposition est en outre limitée aux informations relatives à la TVA qui sont déjà échangées en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil; |
| 1.6. | se réjouit de l’intention de la Commission d’intensifier la coopération entre les autorités compétentes chargées de lutter contre la fraude à la TVA, ainsi que de la possibilité de renforcer la coopération entre Europol et Eurofisc dans le cadre du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil, et demande instamment un développement plus poussé de la coopération structurée entre toutes les autorités compétentes participant à la lutte efficace contre l’écart de conformité en matière de TVA et les pertes de recettes; |
| 1.7. | fait observer qu’une lutte plus efficace contre la fraude à la TVA contribue à rétablir une concurrence loyale sur le marché intérieur, au profit des entreprises qui respectent les règles et qui seraient autrement désavantagées par les opérateurs frauduleux; |
| 1.8. | insiste sur la nécessité que le traitement des données relatives à la TVA et l’accès à ces données soient pleinement conformes aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur et au principe de minimisation des données, et qu’il soit dûment tenu compte, en l’espèce, de l’applicabilité simultanée du règlement général sur la protection des données (RGPD), du règlement (UE) 2018/1725 (2) applicable aux institutions de l’Union et du régime spécifique de protection des données prévu au chapitre VIII du règlement sur le Parquet européen, qui requiert une attention particulière; |
| 1.9. | approuve la proposition de la Commission dans une perspective différente et plus large, dans la mesure où elle permet d’augmenter la perception des recettes qui contribuent, entre autres, aux ressources propres de l’Union, ce qui revêt une importance stratégique à l’heure où la Commission et les États membres débattent activement de la mise en place de nouvelles ressources pour soutenir les objectifs à long terme de l’Union. |
2. NOTES EXPLICATIVES
| 2.1. | La proposition de la Commission vise à permettre au Parquet européen et à l’OLAF d’accéder aux données relatives à la TVA échangées au niveau de l’UE en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil. Son objectif est d’assurer la cohérence entre le règlement sur le Parquet européen et celui relatif à l’OLAF, d’une part, et le règlement (UE) no 904/2010 du Conseil concernant la coopération administrative et la lutte contre la fraude dans le domaine de la TVA, d’autre part. |
Évaluation générale
| 2.2. | Le CESE soutient pleinement les efforts déployés par la Commission pour promouvoir une approche plus complète et globale de la lutte contre la fraude dans le domaine de la TVA en permettant au Parquet européen et à l’OLAF d’accéder aux données relatives à la TVA en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil. Selon les estimations de la Commission, la fraude intracommunautaire à l’opérateur défaillant en matière de TVA entraîne à elle seule des pertes de recettes allant de 12,5 à 32,8 milliards d’euros par an. Toutefois, Eurofisc ne détecte chaque année que 2,5 milliards d’euros de cet écart de TVA, ce qui démontre la nécessité d’intensifier les efforts de lutte contre la fraude à la TVA, laquelle nuit à la fois aux recettes fiscales et aux entreprises légitimes. |
| 2.3. | Le CESE reconnaît que, pour lutter contre les formes les plus importantes de fraude à la TVA, il est indispensable d’améliorer l’accessibilité et la rapidité d’utilisation des informations déjà échangées entre les États membres, de manière à raccourcir les délais de réaction des autorités compétentes face aux activités frauduleuses. Ce besoin a été clairement illustré par plusieurs enquêtes récentes menées par le Parquet européen dans plus de la moitié des États membres; citons notamment l’affaire Calypso, concernant des réseaux criminels qui inondaient le marché de l’UE avec des marchandises importées frauduleusement de Chine tout en éludant les droits de douane et la TVA dans dix-sept États membres. |
| 2.4. | La proposition permettra au Parquet européen et à l’OLAF d’accéder rapidement aux données relatives à la TVA gérées de manière centralisée, ce qui est essentiel pour lutter efficacement et rapidement contre la fraude à la TVA, tout en remédiant aux limites du système complexe actuel, qui repose sur de nombreuses collaborations bilatérales avec les autorités fiscales nationales. Dans le même temps, la proposition s’appuie sur des mécanismes de coopération existants, tout en les renforçant; il s’agit en particulier d’Eurofisc, qui joue un rôle central de coordination en ce qui concerne l’échange des informations sur la fraude à la TVA entre les États membres, leur analyse et leur suivi. Le CESE estime dès lors que la proposition est efficace pour renforcer la coopération entre les autorités fiscales dans la lutte contre la fraude à la TVA et qu’elle est conforme au principe de simplification administrative. |
| 2.5. | Il se félicite que la proposition de la Commission fasse suite à une évaluation ex post des règles applicables en vertu du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil, basée sur les retours d’information fournis par les États membres. Toutefois, il relève que la proposition à l’examen n’a fait l’objet d’aucune analyse d’impact, même s’il admet que l’absence d’une telle analyse se justifie par la demande pressante des États membres concernant une amélioration aussi rapide que possible du cadre juridique applicable. Dans le même temps, la proposition n’introduit pas de nouvelles obligations de déclaration ou de conformité pour les opérateurs économiques et a une incidence budgétaire très limitée. |
Principes de subsidiarité et de proportionnalité
| 2.6. | Le CESE reconnaît que la proposition respecte pleinement le principe de subsidiarité, étant donné que le renforcement du rôle du Parquet européen et de l’OLAF en matière d’accès aux données relatives à la TVA ne peut être réalisé au niveau des États membres ou au moyen d’instruments non législatifs, et nécessite clairement une approche européenne globale visant à améliorer le cadre juridique pertinent au niveau de l’Union. |
| 2.7. | La proposition de la Commission semble également conforme au principe de proportionnalité, dans la mesure où elle implique des modifications ciblées des règles en vigueur, reposant sur une évaluation ex post du règlement (UE) no 904/2010 du Conseil et sur des consultations des parties intéressées, et n’impose pas d’obligations supplémentaires en matière de communication d’informations ni de coûts de mise en conformité aux citoyens ou aux entreprises de l’Union. À cet égard, il convient de noter que la proposition est étroitement axée sur l’amélioration de la coopération administrative et l’utilisation des informations déjà échangées entre les autorités fiscales, et qu’elle n’étend pas les catégories de données relatives à la TVA collectées. |
Renforcement de la coopération administrative et de la protection des données
| 2.8. | La Commission note que sa proposition ne préjuge pas de la possibilité d’une coopération renforcée entre Europol et Eurofisc dans le cadre du réexamen de l’architecture antifraude de l’Union et de la révision du mandat d’Europol, comme envisagée au titre de ProtectEU. Le CESE se félicite de ce processus en cours et invite instamment la Commission à intensifier encore la coopération entre les autorités compétentes afin de lutter efficacement contre l’écart de conformité en matière de TVA et les pertes de recettes. |
| 2.9. | Les données relatives à la TVA peuvent inclure des données à caractère personnel, ce qui signifie que les mesures de contrôle de la fraude à la TVA pourraient également concerner des données relatives aux entreprises légitimes et aux citoyens européens, même si la fraude à la TVA est largement orchestrée par la criminalité organisée. Le CESE insiste sur la nécessité que le traitement des données relatives à la TVA et l’accès à celles-ci soient pleinement conformes aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, ainsi qu’au principe de minimisation du traitement des données. S’agissant de la proposition à l’examen, le cadre juridique est particulièrement complexe compte tenu de l’applicabilité simultanée du RGPD, du règlement (UE) 2018/1725 applicable aux institutions de l’Union et du régime spécifique de protection des données prévu au chapitre VIII du règlement sur le Parquet européen, qui requiert une attention particulière. |
Fraude à la TVA et ressources propres de l’UE
| 2.10. | La proposition de la Commission fait référence à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, qui a jugé, dans l’affaire C-105/14, que les intérêts financiers de l’Union comprennent également les recettes de l’Union provenant de l’application d’un taux uniforme à l’assiette harmonisée de la TVA déterminée selon les règles de l’Union. Dans ce contexte, le CESE approuve la proposition de la Commission dans la mesure où elle permettra aussi d’augmenter la perception des recettes qui contribuent aux ressources propres de l’Union, ce qui revêt une importance stratégique à l’heure où la Commission et les États membres débattent de la mise en place de nouvelles ressources pour soutenir les objectifs à long terme de l’Union. |
Bruxelles, le 18 février 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
(1) Règlement (UE) n ° 904/2010 du Conseil du 7 octobre 2010 concernant la coopération administrative et la lutte contre la fraude dans le domaine de la taxe sur la valeur ajoutée (JO L 268 du 12.10.2010, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2010/904/oj).
(2) Règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2018 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions, organes et organismes de l’Union et à la libre circulation de ces données, et abrogeant le règlement (CE) no 45/2001 et la décision no 1247/2002/CE (JO L 295 du 21.11.2018, p. 39, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2018/1725/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2545/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis institutionnel — 52026AB0024
12/08/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.123095
31/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026