| CELEX | 52025AE4288 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 29 avril 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3553 | 22.7.2026 |
Avis du Comité économique et social européen
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions
Un programme de l’Union pour les villes: stimuler la croissance et la prospérité
[COM(2025) 739 final]
(C/2026/3553)
Rapporteur:
M. Florian MARINCorapporteur:
M. Roman HAKEN| Conseillère | Mme Kateřina ŠVEŘEPOVÁ (pour le corapporteur) |
| Consultation | 14.1.2026, Commission européenne |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 8.4.2026 |
| Adoption en session plénière | 29.4.2026 |
| Session plénière no | 605 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 224/0/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) considère que les villes constituent l’épine dorsale du développement économique, social et territorial de l’Union européenne. Elles sont des espaces essentiels pour la transformation sociale, écologique et économique, où l’innovation devrait être axée sur l’amélioration de la qualité de vie, la réduction des inégalités et le respect des limites écologiques, la scène sur laquelle se jouent en priorité les transitions écologique et numérique, mais aussi l’échelon auquel, dans la pratique, une grande majorité de la législation de l’Union est mise en œuvre. En conséquence, la prospérité, la résilience et la cohésion de l’Union dépendront demain, dans une large mesure, de la capacité qu’auront les villes de toutes tailles à concrétiser efficacement les objectifs de l’Europe sur le terrain. Si le CESE porte un regard favorable sur l’approche complexe adoptée par la Commission, et sur sa volonté de renforcer le programme de l’Union pour les villes et la vision générale qu’il développe pour des villes prospères, agréables à vivre et inclusives, il n’en estime pas moins que le programme qui est proposé n’est pas encore à la hauteur des ambitions affichées. Plus spécifiquement, il ne prévoit pas suffisamment de mesures concrètes pour soutenir les villes. En leur absence, le risque est que le programme en reste pour l’essentiel au stade des déclarations et qu’il ne parvienne pas à faire se matérialiser des progrès tangibles pour les villes et leurs habitants. |
| 1.2. | Le CESE demande à être formellement inclus dans le programme de l’Union pour les villes qui est proposé, aux côtés du Comité des régions, en reconnaissance du rôle formel qu’il joue dans l’accord de Ljubljana et dans le pacte d’Amsterdam, mais aussi de sa participation active dans tous les domaines du programme urbain. Afin d’assurer la cohérence avec le cadre stratégique existant et une représentation adéquate de la société civile organisée, le CESE demande également à participer au cercle chargé d’organiser le forum des villes et à ses structures de gouvernance, ainsi qu’à la plateforme des villes de l’Union. |
| 1.3. | Le CESE propose que le programme de l’Union pour les villes soit fermement ancré dans une gouvernance à plusieurs niveaux, le principe de partenariat et une approche territorialisée. Il doit garantir un développement territorial équilibré, renforcer le dialogue avec les partenaires sociaux et la société civile, et doter les villes des outils, des ressources et des certitudes dont elles ont besoin pour relever des défis toujours plus pressants, comme le changement climatique, la transition énergétique, les inégalités sociales, les pénuries de main-d’œuvre, les pressions qui s’exercent sur le logement ou encore la transformation numérique. |
| 1.4. | Par conséquent, le CESE invite la Commission européenne à:
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| 1.5. | Le développement local mené par les acteurs locaux (CLLD) est le principal mécanisme par lequel les financements au titre de la politique européenne de cohésion sont mis en œuvre de manière intégrée et territorialisée. Dans les villes et les zones urbaines, il faut sortir l’approche du CLLD-U de la phase pilote dans laquelle elle se trouve et reconnaître qu’il s’agit de l’un des instruments les plus efficaces pour mobiliser les populations locales, créer de l’emploi, renforcer l’économie sociale et associer des parties prenantes qui sont souvent invisibles au sein des structures de gouvernance descendante. Il doit être reconnu que la méthode du CLLD appliquée aux zones urbaines, grâce à l’intégration sociale qu’elle rend possible dans différents groupes sociaux dans une optique intergénérationnelle et habilitante, contribue à la durabilité sur le long terme. Le CESE estime qu’une action spécifique devrait être mise en place pour consolider le CLLD-U à l’avenir et garantir son inclusion formelle dans les processus décisionnels de l’Union européenne et dans les consultations techniques ciblées auprès d’experts. Le soutien apporté au développement du CLLD dans les villes doit devenir une priorité. Par ailleurs, il conviendrait de recommander clairement l’inclusion d’un chapitre spécifiquement consacré aux pouvoirs publics infranationaux dans les plans de partenariat national et régional (plans PNR). Le CLLD-U devra disposer d’un flux de trésorerie individuel alimentant un budget clairement défini, mis au service du développement urbain (CLLD-U) et clairement distinct du développement rural (LEADER/CLLD). |
| 1.6. | Le CESE adresse une mise en garde en ce sens qu’une approche technocratique et fondée sur des projets pourrait risquer de négliger les facteurs structurels des crises urbaines. Pour être crédible, le programme de l’Union pour les villes doit s’attaquer aux dynamiques politiques et économiques sous-jacentes, y compris les inégalités, la financiarisation et le développement territorial inégal. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le programme de l’Union pour les villes est un instrument essentiel pour le développement urbain, qui permet de transférer les bonnes pratiques et les innovations qui sont susceptibles d’influer sur ce développement et de réduire les inégalités, mais aussi de renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux, l’approche territorialisée et la culture du partenariat, surtout dans les villes où cette dernière n’a pas encore pleinement éclos. Dans des territoires où la coopération reste limitée, les villes se voient contraintes de naviguer au sein d’un environnement complexe où les politiques européennes sont pilotées par de multiples cadres et stratégies mais doivent aussi, dans le même temps, s’aligner sur les politiques nationales et se coordonner avec les zones rurales. |
| 2.2. | L’importance du programme de l’Union pour les villes est manifeste quand on sait qu’environ 75 % des Européens vivent dans des zones urbaines, que 70 % du PIB est créé dans les villes et que près de 70 % de la législation de l’Union est mise en œuvre par les villes, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile. L’effet s’en ressent directement sur le terrain, dans les rues, au travail, dans les écoles, les hôpitaux et les quartiers. Ces chiffres montrent que les villes de toutes tailles sont les moteurs de la croissance, de l’innovation et du développement social en Europe, mais aussi qu’elles sont les principaux dépositaires de la mise en œuvre concrète des politiques de l’Union. Le CESE considère que la société civile devrait être reconnue comme un véritable partenaire dans le cadre du programme de l’Union pour les villes et que l’on ne doit pas se contenter de la consulter, comme c’est le cas pour le moment — souvent, du reste, lors des ultimes étapes du processus décisionnel. |
| 2.3. | L’avenir des villes de l’Union doit se bâtir autour de pôles interconnectés où convergent la créativité, la durabilité, la résilience et l’innovation démocratique et où les citoyens, la société civile, les institutions et les innovateurs co-créent les villes de demain grâce à un imaginaire partagé, à l’intelligence collective et à un engagement fort en vue de faire des villes des espaces collaboratifs plutôt que de simples espaces à gouverner, en plaçant la transparence et les alliances multisectorielles au cœur de leur démarche. À cet égard, le programme de l’Union pour les villes devrait être équilibré sur le plan territorial, défendre fermement la gouvernance à plusieurs niveaux, promouvoir le principe de partenariat et faire progresser l’approche territorialisée, laquelle intègre les intérêts pluriels des parties prenantes de l’espace urbain et repose sur un dialogue transformateur, inclusif et constructif, qui produit des résultats pour les régions et les villes de toutes tailles. |
| 2.4. | Le CESE considère que les collectivités locales devraient investir dans des initiatives qui permettent de créer du lien local et soutenir les organisations de terrain qui renforcent le tissu social et la participation des citoyens. Il faut, en matière d’urbanisme, adopter une approche axée sur le cycle de vie afin de s’assurer que les villes soient pensées pour soutenir les individus à chaque étape de leur existence, une démarche qui se décline des itinéraires sécurisés pour se rendre à l’école jusqu’aux quartiers adaptés aux seniors, en passant par un aménagement du territoire soucieux de l’égalité entre hommes et femmes. Il s’agit notamment de soutenir les modèles de logement collaboratifs, coopératifs et participatifs, qui ont démontré leur capacité à fournir des logements abordables à long terme, à renforcer la cohésion sociale et à réduire les pressions spéculatives sur les marchés du logement urbain. Les stratégies dans le domaine du numérique doivent inclure des mesures visant à promouvoir un usage sain des technologies, à protéger la vie privée et à faire en sorte que tous les habitants, et notamment les plus âgés d’entre eux, puissent pleinement participer à la vie numérique. |
| 2.5. | Le CESE considère que le futur dialogue qui sera mené devrait accorder une attention particulière aux migrations cycliques et aux implications culturelles de la migration, ainsi qu’aux défis démographiques, à la hausse du coût de la vie et à l’asymétrie des risques associés aux mutations géopolitiques. Le droit d’aller vivre ailleurs tout comme le droit de rester, combinés à un accès équitable à la perspective d’une bonne qualité de vie et à la scène culturelle, quels que soient le pays, la région ou la ville, devraient être davantage reconnus dans la vision qui est proposée. L’intégration des immigrants sur le marché du travail doit être l’une des priorités. |
| 2.6. | Le programme proposé n’est pas à la hauteur des ambitions qu’il affiche et il ne comporte pas suffisamment de mesures concrètes pour soutenir les villes. Le CESE estime que la vision de l’Union pour les villes doit être plus spécifique et inclure des informations plus claires quant aux actions prévues, des indicateurs mesurables et un rôle plus explicite pour les partenaires sociaux et les organisations de la société civile. S’il réserve un accueil favorable aux objectifs qui sont posés, le CESE fait néanmoins observer qu’il faudra, pour les atteindre, proposer des lignes d’action plus claires et des indicateurs de progrès mesurables. Par conséquent, il recommande d’adjoindre au programme un plan d’action ou un ensemble de mesures concrètes comprenant des indicateurs de suivi, afin d’évaluer la mesure dans laquelle les objectifs sont atteints. |
| 2.7. | Le CESE relève que l’inclusion financière et l’accès aux moyens financiers nécessaires restent problématiques pour certaines villes. Ce sera d’autant plus vrai lors de la prochaine période de programmation, au cours de laquelle il y aura plus de flexibilité, mais aussi plus de risques politiques et une plus grande concurrence entre différentes priorités stratégiques. Le CESE fait observer que le financement des projets urbains doit être lisible, équitable et accessible pour les villes, y compris celles dont les capacités sont limitées. |
| 2.8. | Le CESE salue le soin que prend la Commission de recourir aux programmes existants, et au besoin de créer un nouvel instrument pour les villes (la facilité de l’Union pour les initiatives urbaines). Des incertitudes subsistent toutefois quant à la manière dont cet instrument complétera ou remplacera des programmes bien établis tels qu’URBACT ou l’initiative urbaine européenne (IUE). Les communes doivent avoir la certitude qu’elles continueront d’avoir accès à des ressources pour leur développement, que ce soit grâce à des enveloppes spécifiques des fonds ou moyennant la capacité de solliciter directement un soutien pour des projets urbains. Le CESE recommande également d’introduire une initiative européenne spécifique pour les projets urbains ou bien un fonds qui leur serait directement consacré, afin de permettre aux communes de soumettre directement un dossier sans devoir passer par l’entremise des autorités nationales. |
| 2.9. | Le CESE se félicite qu’il soit fait référence à l’allocation de budgets spécifiques pour les villes. Il souligne toutefois que cette démarche reste insuffisante et qu’une plus grande prévisibilité est nécessaire, étant entendu qu’il faudra tirer les leçons des expériences acquises précédemment avec la facilité pour la reprise et la résilience (FRR). Les villes devraient bénéficier d’une meilleure vue d’ensemble des ressources disponibles sur le long terme pour pouvoir planifier des investissements. Des enseignements doivent être tirés des expériences acquises précédemment avec la FRR, dans le cadre de laquelle les villes et les régions n’ont souvent pas reçu des informations suffisantes ou eu la possibilité de participer en temps utile. Une réponse doit être apportée aux problèmes de logement qui se posent dans les villes, en même temps qu’aux enjeux de l’accès aux services bancaires, de l’inclusivité financière et des efforts visant à promouvoir des emplois stables et de qualité, tandis que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour augmenter le financement du développement urbain en s’appuyant sur les budgets nationaux et régionaux, mais aussi sur les marchés des capitaux. S’agissant de la disponibilité du logement, le CESE et d’autres parties prenantes reconnaissent les difficultés spécifiques que rencontrent les jeunes (1); en conséquence, des mesures ciblées sont nécessaires pour remédier à la gentrification excessive, à la prolifération des locations de courte durée et aux pressions exercées par le surtourisme, notamment des mesures visant à rendre le logement plus abordable et plus accessible pour les catégories vulnérables, et il conviendrait dans le même temps de se pencher sur le concept du «logement en tant que bien social». Il est important de faire le lien entre les transports, le logement et l’aménagement du territoire si l’on veut adopter une approche urbaine intégrée. |
| 2.10. | Parmi les problèmes liés au logement auxquels les villes sont confrontées, le programme de l’Union pour les villes devrait se pencher sur le rôle des acteurs financiers, des fonds d’investissement et de la spéculation immobilière. |
| 2.11. | Le CESE prend note de la vision de villes prospères, agréables à vivre et inclusives qui est développée, et estime qu’il s’agit d’un cadre arrivé à maturité et bien articulé. Au demeurant, il propose d’y intégrer une dimension relative à la complémentarité avec les zones rurales et au renforcement du dialogue avec la société civile et les partenaires sociaux, et dans le même temps de mobiliser davantage les citoyens. Le programme devrait donc aborder explicitement la complémentarité entre les villes et les régions rurales, et soutenir les liens fonctionnels. |
| 2.12. | Le CESE relève aussi que certaines mesures figurant dans le programme de l’Union pour les villes semblent redondantes, car elles sont déjà mises en œuvre actuellement grâce à plusieurs mécanismes qui sont en place. Il faudra également en assurer la continuité et la coordination. Les nouvelles plateformes ou les nouveaux partenariats devraient s’appuyer sur les expériences des groupes de travail existants plutôt que de tout réinventer. |
| 2.13. | Le CESE se réjouit des références qui sont faites à l’économie circulaire dans la proposition à l’examen et considère qu’en la matière, il faudrait davantage développer les leviers que sont par exemple la responsabilité élargie des producteurs, les marchés publics durables et l’augmentation des investissements consacrés au renforcement des capacités (y compris grâce à l’apprentissage entre pairs), sachant qu’aucune mesure spécifique n’a été mise en avant pour l’instant. Qui plus est, il est nécessaire de soutenir davantage l’économie sociale et les coopératives sociales pour consolider leur place dans la construction des villes de demain. Le programme devrait insister davantage sur les mesures d’adaptation au changement climatique et la protection des populations urbaines contre ses conséquences. Le CESE propose que l’Union mette en place un programme d’adaptation urbaine afin de doter les villes des financements et de l’expertise dont elles ont besoin pour mettre en œuvre des projets d’infrastructures écologiques, par exemple des parcs urbains, des rues arborées, une collecte des eaux pluviales, des réseaux de froid urbain et des mesures fondées sur la nature pour se protéger contre les inondations. |
| 2.14. | Le CESE estime qu’il est nécessaire de prévoir des zones fonctionnelles pour protéger des services écosystémiques importants dans les villes et les communes, en particulier la végétalisation urbaine, les masses d’eau et les microcours d’eau, d’utiliser les fleuves et les rivières pour maximiser les zones d’infiltration et de rétention des précipitations, et de minimiser l’imperméabilisation des sols dans les villes, en y laissant une surface de sol fonctionnelle aussi grande que possible et en adoptant vis-à-vis de l’entretien des espaces verts urbains une approche plus soucieuse de la nature, axée sur la diversité et propice aux pollinisateurs. Il faut préserver et protéger les zones présentant une valeur naturelle aux alentours des agglomérations urbaines, comme les réserves et monuments naturels, ce qui passe aussi par leur bonne gestion, et il convient de préserver également ces nouveaux espaces urbains qui sont laissés «à l’état naturel» et qui font la part belle à la biodiversité. Le CESE souligne que les villes sont des espaces de première ligne en matière de vulnérabilité et d’inégalité climatiques, où le stress thermique, la pollution et les risques climatiques touchent de manière disproportionnée les plus vulnérables, et notamment les groupes à faibles revenus. Le programme de l’Union pour les villes devrait donc intégrer une dimension sociale dans les politiques d’adaptation au changement climatique, et tenir compte notamment des principes de justice climatique. |
| 2.15. | Le CESE défend l’idée d’associer davantage les citoyens au nouveau programme de l’Union pour les villes. Pour que cette participation des citoyens soit efficace, la société civile doit y être associée dans toute sa diversité, et un soutien méthodologique et des outils pratiques doivent être mis au point à l’appui de cette démarche. Ces outils devraient permettre aux citoyens de jouer un rôle actif non seulement au moment des élections, mais aussi entre les scrutins (groupes de travail permanents, panels de citoyens, jurys de citoyens, auditions publiques, etc.). Il est important, pour assurer une participation effective et constructive, de choisir opportunément le lieu et le moment de chaque réunion et de veiller à communiquer des informations pertinentes et accessibles, de sorte que tous les citoyens puissent facilement y avoir accès. Cette approche rendrait plus efficace le financement par l’Union de projets locaux, réduirait la corruption et associerait de façon plus inclusive le public aux démarches engagées. Quand la mobilisation s’inscrit dans le temps long, les participants devraient bénéficier des aménagements et du soutien nécessaires, y compris des moyens financiers, pour pouvoir participer. |
| 2.16. | Une économie locale forte et compétitive constitue une condition préalable pour un développement urbain durable. La dimension économique du programme de l’Union pour les villes gagnerait donc à être plus marquée et plus explicitement reconnue. Le programme devrait davantage s’attacher à créer les conditions propices à l’investissement privé et à l’esprit d’entreprise, y compris pour les PME. Un environnement réglementaire prévisible, l’accès à des locaux et à du foncier commercial abordables, des processus administratifs efficaces et une bonne connectivité sont des facteurs essentiels à la croissance économique urbaine. Renforcer les fondements économiques des villes permet aussi d’asseoir la cohésion sociale, de soutenir l’emploi et d’améliorer la capacité des zones urbaines à atteindre des objectifs plus larges de l’Union, comme les transitions écologique et numérique. Il est essentiel de soutenir des systèmes alimentaires locaux, mais aussi les petits commerces, comme les boutiques indépendantes et les restaurants, pour garantir une structure économique diversifiée et multicouche dans les villes. |
3. Observations particulières
| 3.1. | Le CESE se dit déçu que son rôle n’ait pas été formellement reconnu dans la proposition de programme de l’Union pour les villes, et il demande avec force à y être inclus aux côtés du Comité européen des régions et du Parlement européen. Cette demande apparaît fondée au vu des intérêts légitimes que le CESE représente et des fonctions concrètes que la société civile organisée assume dans le développement urbain, mais aussi parce que le CESE prend déjà part de manière active à toutes les dimensions du programme urbain pour l’Union. Ce rôle important que joue le CESE dans la mise en œuvre et le développement du programme urbain est clairement reconnu dans l’accord de Ljubljana et le pacte d’Amsterdam. L’exclure du programme de l’Union pour les villes qui est proposé témoignerait aussi d’un défaut de cohérence par rapport au cadre stratégique existant. Qui plus est, le CESE insiste pour être associé au cercle chargé d’organiser le forum des villes ainsi qu’à ses structures de gouvernance, de même qu’à la gouvernance de la plateforme des villes de l’Union. |
| 3.2. | Le CESE considère qu’un seul dialogue politique par an sera insuffisant. Pour traiter les problématiques complexes qui touchent les villes, il serait opportun de mettre en place des plateformes de travail ou des comités thématiques qui se réuniraient plus fréquemment pour aborder certains dossiers plus en profondeur (comme le climat, les transports, ou la transformation numérique). Le CESE propose de compléter le dialogue annuel à haut niveau par des groupes de travail permanents associant les citoyens, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les villes ainsi que leurs associations, de sorte qu’un flux constant d’informations et de remontées puisse circuler entre les échelons local et européen. |
| 3.3. | Le CESE recommande aux institutions de l’Union de mettre en place des modalités claires pour assurer le suivi des recommandations qui auront été formulées par les partenariats thématiques. Pour promouvoir un véritable changement, il est essentiel de prendre des mesures concrètes et d’établir un cadre de gouvernance solide et institutionnalisé qui intègre la coopération à plusieurs niveaux dans le processus décisionnel de l’Union. Un système conçu de la sorte devrait permettre aux villes et à la société civile de peser dès le début dans le processus législatif de l’Union, au lieu de simplement contribuer à sa mise en œuvre. Le CESE considère qu’il est essentiel d’apporter plus de clarté sur la relation entre le nouveau programme de l’Union pour les villes et son actuel programme urbain, de même que sur les partenariats se rapportant à l’un comme à l’autre. Il conviendra de veiller, dans le nouveau programme, à puiser dans les connaissances et les leçons glanées grâce à ces initiatives, par exemple en assurant au sein de la Commission une coordination plus systématique pour faire en sorte qu’il soit toujours tenu compte des besoins des villes dans toutes les politiques qui les touchent. |
| 3.4. | Le programme de l’Union pour les villes devrait établir un cadre de gouvernance à plusieurs niveaux permanent, structuré et inclusif, qui garantisse des partenariats constructifs avec les pouvoirs publics infranationaux et la société civile dans toute sa diversité aux fins de l’élaboration de la législation de l’Union dans tous les domaines de son action politique. Il devrait également améliorer la manière dont les politiques de l’Union sont mises en œuvre au niveau local. Le CESE estime que le principe de partenariat doit être compris comme un processus de dialogue continu et non comme un exercice ponctuel de consultation. Conformément aux recommandations de la communauté de pratique européenne sur le partenariat, les partenaires devraient être associés tout au long du cycle d’élaboration des politiques, depuis la définition des priorités et la conception des programmes jusqu’à leur mise en œuvre, leur suivi et leur évaluation. Si l’on veut que le programme s’applique véritablement à toutes les politiques, alors une équipe ou une unité au sein de la Commission devrait être désignée pour coordonner le programme de l’Union pour les villes et garantir ainsi une approche intégrée. On a souvent constaté jusqu’à présent que la dimension urbaine était traitée séparément dans le cadre de chaque domaine d’action, ce qui conduit à une duplication des efforts et, parfois, à des contradictions dans les exigences imposées aux communes, et qui, dans la pratique, rend la mise en œuvre des mesures difficile, voire impossible. |
| 3.5. | Le CESE a la conviction que les missions de l’Union devraient se poursuivre et qu’on pourrait les étendre en complétant l’initiative des «100 villes neutres pour le climat et intelligentes» par une nouvelle mission sur le thème de «100 villes sans pauvreté». Ce cadre devrait garantir que la société civile organisée participe officiellement à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des contrats de mission, ainsi qu’au transfert des bonnes pratiques futures. En outre, des programmes similaires à la Capitale européenne de la culture pourraient être étendus et inclure de nouvelles initiatives telles qu’une Ville européenne de la jeunesse, la Ville la plus inclusive d’Europe ou la Ville la plus entreprenante d’Europe. La mise en œuvre du programme de l’Union pour les villes devrait faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation en continu, sur la base d’indicateurs spécifiques. L’accent devrait être mis sur les données au niveau local, afin de déterminer où les politiques fonctionnent et où elles échouent. |
| 3.6. | Le CESE accueille favorablement la proposition d’établir un dialogue politique à haut niveau avec les collectivités locales, y compris une plateforme thématique spécifique et récurrente sur le logement, l’accessibilité financière des zones urbaines et la justice territoriale, compte tenu de l’urgence et de l’ampleur de la crise dans les villes européennes, et considère qu’il s’agit là d’une avancée positive. Toutefois, il souligne aussi que cette approche pourrait ne pas suffire pour traiter la complexité des exigences de l’Union et la diversité considérable des défis auxquels les villes sont confrontées. Par conséquent, le CESE propose qu’au moins deux réunions par an soient organisées et qu’on y associe formellement les partenaires sociaux et les organisations de la société civile, de sorte que la structure de gouvernance soit plus complète et plus représentative. Le CESE invite par ailleurs les États membres à traduire les déclarations du programme de l’Union pour les villes en ce qui concerne l’importance de ces dernières en des actions concrètes au moment de négocier les politiques européennes et le budget de l’Union. Par exemple, les États membres devraient soutenir l’affectation de ressources spécifiques au développement urbain dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union, pour l’après-2027, et s’assurer ainsi que les villes aient toujours voix au chapitre quant à la manière dont ces ressources sont utilisées. Augmenter les financements consacrés à l’assistance technique apportée aux villes devrait être une préoccupation constante, tout comme la bonne utilisation de ces fonds. |
| 3.7. | Le CESE souligne qu’il est important de renforcer la dimension économique et celle qui a trait à l’emploi dans les politiques urbaines grâce à un dialogue structuré et continu. Ce dialogue devrait offrir aux villes, aux partenaires sociaux, à la société civile et aux institutions de l’Union un espace où échanger de bonnes pratiques favorisant des conditions propices à la création d’emplois de qualité. Les villes sont confrontées à la flambée du coût de la vie, aux inégalités intra-urbaines, à des pénuries de main-d’œuvre, à des déficits de compétences et à des inégalités croissantes, et pourtant le programme à l’examen continue de traiter les conditions nécessaires à la création d’emplois de qualité comme des enjeux secondaires et non comme le socle politique sur lequel il convient d’asseoir les transformations urbaines. |
| 3.8. | Les villes sont la pierre angulaire d’une économie viable dans les États membres et l’Union européenne dans son ensemble. Il est important que le programme de l’Union pour les villes et les mesures qui sont proposées dans ce dispositif fournissent des outils efficaces pour créer, dans les villes, un afflux d’investissements en réponse aux problèmes rencontrés par les entreprises et qui sont liés aux tendances démographiques, à la bureaucratie, à l’augmentation du coût de leurs activités et à des facteurs propres au marché du travail. Le CESE considère qu’en matière de politique urbaine, une approche fondée sur le dialogue s’avère plus réaliste et plus efficace, qu’elle évite des charges administratives supplémentaires et qu’elle permet aux villes d’intégrer des objectifs d’ordre social et en rapport avec l’emploi d’une manière qui corresponde aux réalités qui sont les leurs sur le plan économique et du point de vue du marché du travail. |
| 3.9. | Le CESE estime que toutes les formes de dialogue sont nécessaires, et qu’il serait très avantageux d’adopter vis-à-vis de celui qui se noue avec les partenaires sociaux et la société civile une approche complémentaire et synergique. Il conviendrait de réviser les processus de représentation des intérêts et des différentes générations afin de s’assurer que la participation soit inclusive et équilibrée d’un point de vue à la fois territorial et catégoriel. À cet égard, un partenariat thématique devrait être établi au titre de l’accord de Ljubljana sur l’avenir du partenariat, et le code de conduite européen en matière de partenariat devrait être réformé. En outre, le dialogue au niveau technique qui est proposé devrait être étroitement lié à l’accord de Ljubljana dans un souci de cohérence et d’alignement à tous les niveaux de gouvernance. Dans le cadre de ce dialogue, il conviendra d’apporter une attention toute particulière à la représentation de la jeunesse européenne et de sa vision du développement futur des villes de l’Union, ainsi qu’à certaines catégories présentant des besoins spécifiques (comme les migrants ou les personnes handicapées). |
| 3.10. | Au niveau stratégique, les villes devraient mettre en œuvre un suivi de la pollution sonore et lumineuse et des stratégies pour les réduire, et les intégrer dans les politiques touchant plus largement à la santé et à l’environnement, mais aussi inclure la promotion de la santé mentale et un soutien psychologique accessible dans les stratégies locales, et veiller ainsi à ce que le bien-être soit traité comme une priorité urbaine de premier rang et non comme une considération accessoire. |
| 3.11. | Pour que les villes soient agréables à vivre et accueillantes pour tous, elles devraient systématiquement lever les obstacles auxquels se heurtent certaines catégories de la population, comme les personnes handicapées et les personnes âgées, entre autres, et pour ce faire garantir l’accessibilité des infrastructures, du logement, des espaces publics, des transports et des services, dans l’esprit d’une conception universelle et d’aménagements raisonnables. Les politiques urbaines doivent s’attaquer à des enjeux tels que la mobilité limitée, la ségrégation, l’accès inégal aux services et la participation pleine et entière des catégories vulnérables. Dans leur mise en œuvre de la politique de l’Union et des programmes relevant de la stratégie pour une union de la préparation, les villes doivent investir dans des mesures de résilience et de préparation afin de prévenir et d’atténuer les effets des chocs récents et futurs sur le système. Il convient d’intégrer une démarche attentive à la question du handicap dans toutes les étapes de la préparation aux catastrophes, et il est impératif que les personnes handicapées et leurs organisations soient associées de manière constructive à la programmation et à la prise de décision. |
| 3.12. | Le CESE propose que des normes en matière de consultations soient prévues dans le programme de l’Union pour les villes afin d’éviter que les consultations ne restent un exercice purement formel et d’assigner un rôle plus clair et plus concret aux partenaires sociaux et aux organisations de la société civile à tous les niveaux (européen, national et municipal). Le CESE estime qu’il est essentiel de garantir la représentativité, la légitimité et la transparence au sein des différentes structures proposées, de sorte que la consultation évolue véritablement vers la codécision et la coopération et que tous les acteurs concernés soient présents autour de la table. Si l’on veut préserver l’efficacité des programmes de l’Union et s’assurer que les citoyens se les approprient et les jugent dignes de confiance, alors il faut éviter les situations dans lesquelles les parties prenantes sont associées trop tardivement au processus, exclues des principales étapes décisionnelles ou consultées sans avoir eu accès à des informations suffisantes ni assez de temps pour apporter une contribution constructive. |
| 3.13. | Le CESE propose que soient mises en place, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de l’Union pour les villes, des évaluations systématiques des effets de tout nouveau dispositif législatif de l’Union sur les villes et les communes (analyses d’impact territorial). Cet outil permettrait d’évaluer les obligations, les coûts et les possibilités que les dispositifs proposés impliqueraient pour les collectivités locales, de sorte qu’elles puissent en temps utile déployer des mesures pour en amortir les effets négatifs. Des exigences procédurales spécifiques sont nécessaires pour préserver les intérêts des jeunes dans le cadre de la planification à long terme, et il y aurait lieu d’envisager de mettre en œuvre un mécanisme d’analyse d’impact du point de vue des jeunes. |
| 3.14. | Le CESE propose d’établir un cadre unifié au niveau de l’Union pour recueillir et communiquer des données urbaines, afin de garantir la comparabilité des indicateurs et l’efficacité du suivi dans l’ensemble des États membres. Ce socle de données pourrait être géré dans le cadre d’une nouvelle plateforme de l’Union pour les villes. Dans le même temps, le CESE recommande d’insister davantage sur la transformation numérique et l’innovation dans les villes. La numérisation peut contribuer à rendre l’administration urbaine plus efficace et à mieux s’adresser aux citoyens. Le programme devrait également permettre aux petites communes de tirer parti des solutions numériques, par exemple au moyen de plateformes partagées ou d’un marché central regroupant des outils numériques éprouvés à destination des collectivités locales. |
| 3.15. | Le CESE convient que les villes constituent de puissants aimants pour les talents et qu’elles sont des moteurs de la compétitivité, de la numérisation, de l’innovation et de l’investissement. À cet égard, il souligne l’importance d’investir dans des villes productives où l’économie urbaine est transformée par le numérique et qui assistent à l’éclosion de l’automatisation, d’activités créatives et de communautés énergétiques. L’accent doit être mis notamment sur le concept de ville productive, qui repose sur les PME, les services locaux, les circuits courts, l’économie circulaire et l’innovation sociale. Le CESE attire enfin l’attention sur l’importance du secteur du tourisme pour le développement économique de villes agréables à vivre. Un tourisme urbain plus durable et plus résilient peut constituer un pilier important de l’économie locale. |
Bruxelles, le 29 avril 2026.
Le président
du Comité économique et social européen
Séamus BOLAND
(1) Forum européen de la jeunesse (EYF), More than a roof — The European Youth Forum’s position on housing, 2025.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3553/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122996
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.122874
28/07/2026
Avis institutionnel — 52026AB0023
28/07/2026
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.124070
28/07/2026