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AccueilDroit européen52025DC0805
Acte préparatoire52025DC0805

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Accélérer la transition de l'Europe vers une économie circilaire: un projet pilote pour renforcer la circularité des plastiques

CELEX52025DC0805
TypeActe préparatoire
Datemardi 23 décembre 2025

Résumé IA

Cette communication de la Commission propose un projet pilote visant à renforcer la circularité des plastiques dans l'UE, en accélérant la transition vers une économie circulaire. Le texte définit des actions concrètes pour améliorer la recyclabilité, réduire les déchets plastiques et harmoniser les règles du marché unique, ce qui impactera directement les obligations des producteurs et des États membres en matière de gestion des déchets et d'écoconception.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 23.12.2025

COM(2025) 805 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Accélérer la transition de l'Europe vers une économie circilaire: un projet pilote pour renforcer la circularité des plastiques


Accélérer la transition de l’Europe vers une économie circulaire: un projet pilote pour renforcer la circularité des plastiques

1.Introduction

L’économie circulaire est un catalyseur essentiel des ambitions de l’Europe en matière d’environnement et de climat et est indispensable à sa sécurité économique, à sa résilience et à sa compétitivité. Comme le souligne le rapport Draghi, accroître la circularité dans les secteurs essentiels pourrait libérer un potentiel énorme: améliorer l’efficacité des ressources, réduire la dépendance à l’égard des importations de matières premières et renforcer la base industrielle de l’UE. Chaque tonne de matières premières que nous économisons et chaque produit ou matériau que nous réutilisons ou recyclons renforce la résilience économique de l’Europe, améliore la compétitivité industrielle et réduit les émissions et les incidences sur l’environnement. Les faits démontrant ce potentiel stratégique parlent d’eux-mêmes: le déploiement de solutions circulaires dans les secteurs européens à forte intensité énergétique pourrait, d’ici à 2050, augmenter l’excédent commercial de l’UE de 4 %, réduire les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie associées à la production des secteurs à forte intensité énergétique d’un équivalent de 200 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2050, réduire fortement aussi les émissions du secteur de l’incinération et faire baisser considérablement notre demande de minerais métalliques, d’électricité et de combustibles fossiles 1 . L’économie circulaire ouvre également des perspectives commerciales majeures pour l’UE 2 . Les secteurs de l’économie circulaire génèrent déjà environ 316 milliards d’euros de valeur ajoutée brute annuelle, investissent environ 131 milliards d’euros 3 et emploient 4,3 millions de personnes, avec un fort potentiel de croissance à l’horizon 2030.

Pourtant, malgré ces perspectives, les progrès vers une économie véritablement circulaire restent trop lents. L’UE est encore loin d’avoir réalisé son ambition de doubler le taux de circularité de l’Europe pour le porter à 24 % d’ici à 2030: entre 2010 et 2024, la part des matières recyclées dans l’économie n’a que légèrement augmenté, passant de 10,7 % à 12,2 % 4 . Sans une action plus forte et mieux coordonnée, les objectifs de la boussole pour la compétitivité, du pacte pour une industrie propre et de RESourceEU ne pourront pas être pleinement réalisés.

Afin d’accélérer les progrès, la Commission proposera en 2026 un acte législatif sur l’économie circulaire visant à lever les obstacles structurels, à créer un marché unique des déchets et des matières premières secondaires, et à stimuler la demande de produits, de services et de solutions circulaires. Chaque flux de matière est confronté à des obstacles spécifiques auxquels il convient de remédier au moyen de mesures adaptées. Nous avons besoin d’une action coordonnée au niveau local, national et de l’UE pour éliminer ces obstacles et libérer tout le potentiel de l’économie circulaire.

Toutefois, les pressions exercées sur certains secteurs sont déjà fortes. La présente communication a donc pour objet de présenter un premier projet pilote en vue de l’acte législatif sur l’économie circulaire, axé sur des mesures à court terme destinées à soutenir la circularité dans le secteur des matières plastiques. Ces mesures constituent une étape concrète vers un marché plus intégré des matières plastiques, visent à faire en sorte que les recycleurs européens puissent jouer leur rôle dans le développement du recyclage dans un contexte de sécurité réglementaire et des conditions de concurrence équitables, et ont pour objectif de stimuler l’innovation et l’investissement.

Nos actions sont complémentaires de la récente stratégie de la Commission pour la bioéconomie et de RESourceEU, qui contribuent ensemble à renforcer la circularité, la résilience et la compétitivité dans les chaînes de valeur essentielles.

Garantir la compétitivité du secteur des plastiques circulaires dans l’UE

Les matières plastiques sont essentielles pour de nombreux secteurs: les emballages, la construction, le secteur automobile, l’électronique, les soins de santé et bien d'autres encore. L’utilisation de matières plastiques dans un large éventail de produits a apporté des avantages économiques, mais a également entraîné une importante production de déchets: sur les quelque 58 millions de tonnes produites dans l’UE, seule la moitié est collectée et triée, et seuls 13 % environ sont recyclés dans de nouveaux plastiques 5 . Les pertes et les dépôts sauvages de déchets qui se produisent tout au long de la chaîne de valeur des plastiques, ainsi que les lacunes dans la gestion des déchets, continuent de limiter le potentiel inexploité des plastiques en détournant des flux de matières qui pourraient autrement être collectés, gérés et valorisés de manière efficace4.

L’économie circulaire représente une perspective majeure pour le secteur des matières plastiques. Les solutions circulaires pourraient réduire les émissions tout au long de la chaîne de valeur des plastiques d’environ 80 millions de tonnes équivalent CO2 d’énergie consommée par le secteur, contribuant ainsi de manière significative aux objectifs environnementaux de l’UE. Les solutions circulaires pourraient également améliorer la balance commerciale du secteur de 18 milliards d’euros par an d’ici à 2050 6 . Des mesures législatives récentes, telles que le règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages et la directive sur les plastiques à usage unique, contribueront à renforcer considérablement la demande et à soutenir les arguments économiques en faveur de la circularité dans le secteur des plastiques à l’avenir. En outre, à la suite de l’accord provisoire, la Commission invite les colégislateurs à finaliser dès que possible le processus législatif en vue de l’adoption de la proposition de règlement relatif aux exigences en matière de circularité applicables à la conception des véhicules et à la gestion des véhicules hors d'usage qui, notamment grâce aux nouveaux objectifs en matière d’inclusion de plastique recyclé dans les véhicules neufs, accélérera encore la demande de plastiques recyclés européens.

Toutefois, à l’heure actuelle, l’industrie du recyclage des plastiques est confrontée à des défis importants qui risquent de compromettre sa capacité à tirer parti de l’augmentation attendue de la demande de recyclage et de plastiques circulaires: les coûts élevés de l’énergie, les prix bas et imprévisibles du plastique vierge (liés aux prix du pétrole) et la concurrence exercée par les importations de plastiques bon marché (souvent des plastiques vierges prétendument recyclés) en raison d’une surcapacité dans d’autres régions et d’une demande insuffisante de plastiques recyclés. Ces pressions ont entraîné une réduction de l’utilisation des capacités, d’importantes pertes financières et la faillite de certains recycleurs de plastiques de l’UE. Alors que la capacité installée de recyclage des plastiques dans l’UE a atteint 13,2 millions de tonnes en 2023, la croissance a ralenti pour s’établir à 6 % en 2023, après avoir enregistré des taux de 17 % en 2021 et de 10 % en 2022. Elle devrait laisser place à une diminution nette d’environ un million de tonnes de capacité d’ici à la fin de 2025. Ce chiffre équivaut à la capacité de recyclage de la France. Cette réduction de la capacité pose des problèmes non seulement du point de vue du respect de la législation environnementale, mais aussi pour la compétitivité industrielle, la croissance économique et le maintien de l’emploi. Elle est particulièrement préoccupante à un moment où l’UE va devoir traiter son propre volume de déchets plastiques, qui augmente rapidement, en raison de l’entrée en vigueur de l’interdiction des exportations de déchets plastiques de l’UE vers des pays non membres de l’OCDE en vertu des règles de l’UE en matière de transferts de déchets.

Pour inverser cette tendance, il est urgent de prendre des mesures au niveau de l’UE et des États membres afin de faciliter le recyclage et l’utilisation des matières recyclées et de promouvoir l’innovation, y compris dans le domaine des plastiques biosourcés recyclables 7 . Dans ce contexte, l’UE travaille à un ensemble de mesures concrètes à court terme visant à lever les principaux obstacles, notamment la fragmentation du marché, la concurrence déloyale et, plus largement, la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables dans l’ensemble du secteur au sein du marché unique.

Remédier à la fragmentation du marché

L’absence de règles harmonisées et prévisibles à l’échelle de l’Union relatives à la libre circulation des plastiques recyclés a entraîné une fragmentation du marché. Cette fragmentation est aggravée par la faiblesse de la demande de matières recyclées, due aux préoccupations relatives à la qualité et à la sécurité, ainsi qu’à la priorité accordée aux substances héritées du passé, et à l’absence d’un marché unique véritablement intégré des plastiques recyclés.

Les mesures présentées aujourd’hui contribueront à une plus grande intégration du marché des matières plastiques.

Premièrement, la Commission présente un acte d’exécution au titre de la directive-cadre relative aux déchets afin de créer un marché unique des plastiques recyclés au moyen de critères de fin du statut de déchet à l’échelle de l’Union pour les plastiques recyclés mécaniquement, établissant ainsi les conditions d’un marché unique des déchets plastiques. Une fois adoptées, les nouvelles règles permettront aux plastiques recyclés de ne plus être classés comme des déchets et de circuler plus facilement dans les 27 États membres, sous réserve de critères harmonisés applicables dans l’ensemble de l’Union. Ces mesures visent à faciliter l’utilisation de plastiques recyclés dans la fabrication, à réduire la charge administrative pesant sur les recycleurs, notamment les PME, et à favoriser un approvisionnement plus stable en matières recyclées de qualité dans l’ensemble de l’Union. Selon les estimations de l’industrie, l’absence de critères de fin du statut de déchet à l’échelle de l’Union pour les plastiques entraîne des coûts supplémentaires s’élevant à environ 120 millions d’euros par an pour le secteur du recyclage des plastiques de l’UE, soit environ 260 000 euros par recycleur en moyenne.

Deuxièmement, nous avons l’intention d’offrir une plus grande sécurité juridique aux investissements dans le recyclage chimique au sein de l’Union européenne en proposant les toutes premières «règles en matière d’allocation du bilan massique». Ces règles détermineront la part du volume de recyclage chimique qui peut être prise en compte pour la réalisation des objectifs en matière de contenu recyclé. Cette première série de règles concerne la mise en œuvre des objectifs en matière de contenu recyclé au titre de la directive sur les plastiques à usage unique, à savoir 25 % de contenu recyclé dans les bouteilles en PET d’ici à 2025 et 30 % dans toutes les bouteilles pour boissons d’ici à 2030. Des règles harmonisées pour le calcul et la vérification de la teneur en plastique recyclé chimiquement et la communication de données à ce sujet au titre de la directive sur les plastiques à usage unique (bouteilles en PET) permettent de comptabiliser les matières recyclées chimiquement aux fins de la réalisation des objectifs et reconnaissent le rôle du recyclage chimique pour compléter le recyclage mécanique au sein de la chaîne de valeur des plastiques circulaires. Ces règles contribueront à débloquer les investissements: l’industrie européenne des matières plastiques prévoit d’investir jusqu’à 8 milliards d’euros dans le recyclage chimique au cours des prochaines années, mais a appelé à la mise en place d’un cadre réglementaire favorable afin de garantir la réussite de ces investissements.

Mesures

Calendrier

Fixer les règles relatives à la teneur en plastique recyclé chimiquement au titre de la directive sur les plastiques à usage unique (bouteilles en PET) – transmission aux États membres pour vote

Présentée avec la présente communication

Finaliser les travaux sur les critères de fin du statut de déchet à l’échelle de l’Union pour les matières plastiques avec le lancement du processus de consultation du public en vue de l’acte d’exécution établissant des critères de fin du statut de déchet à l’échelle de l’Union pour les matières plastiques

Lancée avec la présente communication

Relancer l’alliance pour les plastiques circulaires afin de définir des actions prioritaires communes

L’alliance pour les plastiques circulaires, lancée en décembre 2018 dans le cadre de la stratégie européenne sur les matières plastiques, rassemble les principales parties prenantes de l’industrie de l’ensemble de la chaîne de valeur des plastiques: des collecteurs de déchets aux recycleurs et aux producteurs primaires en passant par les transformateurs, les propriétaires de marques et les détaillants. Conformément à l’engagement de parvenir à utiliser 10 millions de tonnes de plastiques recyclés dans de nouveaux produits d’ici à 2025, l’alliance pour les plastiques circulaires a mobilisé la chaîne de valeur des plastiques et a réalisé des progrès dans plusieurs domaines critiques, notamment en contribuant à la demande de normalisation de la conception en vue du recyclage et en améliorant le suivi des flux de plastiques recyclés.

Pour tirer parti de ces résultats et accélérer encore la circularité compétitive des matières plastiques de l’UE tout en faisant face à de nouveaux défis, une coopération plus étroite entre l’alliance, les États membres et la Commission sera essentielle.

Par conséquent, la Commission relancera et renforcera l’alliance pour les plastiques circulaires afin de recenser, d’examiner et de relever les principaux défis auxquels est confronté le secteur européen des plastiques conjointement avec les parties prenantes de l’industrie et les États membres. L’alliance remaniée servira de plateforme solide pour faire face à la crise sans précédent dans le secteur.

À cette fin, la Commission proposera pour 2026 un plan de travail conjoint pour l’alliance, axé sur un ensemble de résultats à atteindre d’urgence. En particulier, les travaux de l’alliance pour les plastiques circulaires soutiendront la structuration et la hiérarchisation des axes de travail présentés dans la section suivante de la présente communication. Il s’agira notamment d’une analyse, menée par l’industrie, de la situation actuelle de l’industrie des matières plastiques dans l’UE destinée à cerner les principaux défis à relever, avec le soutien de la Commission et dans le respect des règles de concurrence 8 . L’analyse contribuera, entre autres, à recenser les domaines prioritaires dans lesquels d’éventuelles enquêtes commerciales devraient être menées à l’avenir, lorsque les conditions nécessaires seront remplies. D’autres résultats à atteindre seront proposés à l’alliance et serviront de base à la hiérarchisation des activités de surveillance du marché ou à la stimulation de la demande du marché et à l’élaboration de codes douaniers pour les polymères recyclés.

Pour commencer, la Commission organisera un dialogue de haut niveau sur la circularité compétitive des plastiques afin de préparer le terrain pour les futurs travaux de l’alliance pour les plastiques circulaires.

Mesures

Calendrier

Relancer l’alliance pour les plastiques circulaires, convenir d’un programme de travail pour 2026 et organiser un dialogue de haut niveau sur la circularité des plastiques associant les États membres

T1 2026

Un marché plus équitable

Les objectifs juridiquement contraignants actuels en ce qui concerne la teneur en plastique recyclé des produits dans l’UE, des bouteilles en plastique à usage unique aux emballages, garantissent une circularité accrue, encourageant ainsi fortement les investissements dans la chaîne de valeur du plastique et contribuant à une meilleure protection de l’environnement. Ils créent des arguments économiques en faveur des plastiques recyclés produits dans l’UE. Toutefois, l’expérience a montré que les efforts déployés précédemment pour créer un marché des plastiques recyclés dans l’UE ont également encouragé l’importation de matières premières et de produits finis. Les recycleurs de plastique établis dans l’UE indiquent que même les plastiques vierges sont vendus en tant que plastiques «recyclés» afin de bénéficier de l’effet d’attraction exercé par les objectifs de l’UE, souvent à des prix inférieurs à ceux des équivalents produits dans l’UE. Il est donc urgent de garantir des conditions de concurrence équitables et d’éviter que les recycleurs et les producteurs de l’UE ne subissent une concurrence commerciale déloyale.

La Commission est pleinement déterminée à protéger l’industrie des matières plastiques contre la concurrence déloyale et préjudiciable des importations. La Commission mène des enquêtes en matière de défense commerciale lorsqu’elle reçoit des éléments de preuve de la part de toute industrie de l’Union affectée par le préjudice subi du fait d’importations faisant l’objet d’un dumping et/ou de subventions. À ce jour, elle a déjà imposé six mesures de défense commerciale concernant des produits liés à l’industrie des matières plastiques. En ce qui concerne plus particulièrement le PET, nous avons mis en place des mesures antidumping contre la Chine et des droits antisubventions contre l’Inde, qui couvrent à la fois le PET recyclé et le PET vierge. Des enquêtes supplémentaires sont en cours, couvrant un large éventail de produits liés au plastique.

En outre, la Commission surveillera les importations de plastique tant dans le cadre de sa nouvelle task-force sur la surveillance des importations qu’au moyen du système de suivi spécifique mis en place en mars 2025 pour certains produits chimiques industriels. La Commission invite les producteurs et les associations de l’UE à examiner les résultats et à fournir davantage d’informations sur le marché et de données sur la situation économique à laquelle le secteur est confronté, afin de l’aider à mettre en place des mesures de protection, le cas échéant, notamment avec le soutien de l’alliance pour les plastiques circulaires. La Commission est prête à ouvrir des enquêtes en matière de défense commerciale sur la base de demandes dûment étayées en cas d'augmentation soudaine et préjudiciable des importations.

La Commission prendra également des mesures pour contribuer à l’application uniforme et soutenir le contrôle de l’application par les autorités douanières et les autorités nationales de surveillance du marché afin d’assurer des conditions de concurrence équitables entre les plastiques fabriqués dans l’UE et les plastiques importés. Les codes douaniers actuels n’établissent pas de distinction entre les matières plastiques vierges et les produits recyclés et ne sont pas suffisamment détaillés pour permettre un suivi adéquat des importations de matières, de marchandises et de déchets plastiques. Cela entrave considérablement la capacité des autorités et des opérateurs du marché à distinguer les importations de matières recyclées des plastiques vierges.

En ce qui concerne les matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires, qui englobent des segments clés du marché des matières plastiques recyclées comme les bouteilles en PET, la prochaine modification du règlement (UE) 2022/1616 de la Commission relatif aux matériaux et objets en matière plastique recyclée destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires vise à introduire des exigences plus strictes en matière de documentation relative à la conformité pour les plastiques recyclés importés dans l’UE. Une fois adoptées, ces exigences fourniraient une base pour l’élaboration de codes douaniers spécifiques pour les matières recyclées, afin de faciliter les contrôles des importations. Cette modification apportera une sécurité juridique aux recycleurs et aux producteurs de matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires et créera des conditions de concurrence équitables pour les matériaux produits sur le marché intérieur et importés.

La Commission s’emploiera également à élaborer des codes douaniers distincts pour les polymères recyclés pertinents pour d’autres secteurs. Cela permettra d’améliorer le suivi de ces matières entrant dans l’Union et d’aider les autorités douanières à vérifier le respect des règles de l’UE pour leur mise en libre pratique. Des actions supplémentaires soutiendront l’application pratique des règles de l’UE relatives aux importations de matières plastiques, dans le cadre du futur mécanisme de contrôle des importations. L’introduction d’exigences plus strictes en matière de documentation relative à la conformité dans le règlement (UE) 2022/1616 de la Commission concernant les matériaux et objets en matière plastique recyclée destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires garantira en outre le même niveau de conformité des plastiques recyclés destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires importés dans l’UE ou produits dans l’UE et créera des conditions de concurrence équitables en ce qui concerne les matières importées. La Commission réalisera des audits sur le respect des règles dans les installations de recyclage opérant en dehors de l’UE et aidera les laboratoires de contrôle à utiliser de nouvelles méthodes d’analyse pour vérifier si les envois déclarés comme étant du PET recyclé sont effectivement recyclés à partir de déchets plastiques 9 . Un outil «TAIEX-EIR PEER 2 PEER» sera déployé pour former les laboratoires de contrôle douanier compétents.

Ces mesures relatives aux importations compléteront le nouveau régime qui commencera à s’appliquer en 2026 pour les exportations de déchets plastiques. À partir de novembre 2026, les exportations de déchets plastiques vers des pays non membres de l’OCDE seront interdites afin d’empêcher l’exportation de la pollution plastique vers des pays plus susceptibles d’être confrontés à des risques pour l’environnement et la santé humaine liés à la gestion des déchets. Parallèlement, la Commission surveillera les exportations de déchets plastiques vers les pays de l’OCDE et évaluera d’ici au deuxième trimestre de 2026, conformément au règlement sur les transferts de déchets, si ces déchets sont gérés de manière durable, en accordant une attention particulière aux pays de l’OCDE qui importent des volumes importants de déchets plastiques depuis l’Union.

Mesures

Calendrier

Modifier le règlement (UE) 2022/1616 relatif aux plastiques recyclés destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.

T2 2026

Lancer la demande d’élaboration de codes douaniers distincts sur la base de la modification du règlement (UE) 2022/1616 et travailler à l’élaboration de codes douaniers distincts supplémentaires pour d’autres polymères recyclés.

T2 2026

Réaliser des audits spécifiques pour les matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires, y compris le PET

2026

Soutenir les laboratoires de contrôle et organiser un séminaire TAIEX pour permettre aux autorités nationales de surveillance du marché de remplir leur fonction de contrôle

T1 2026

Évaluer la nécessité de mesures supplémentaires pour garantir des conditions de concurrence équitables pour la chaîne de valeur des plastiques de l’UE

Toute l’année 2026

2.Encourager les investissements et l’innovation

Les investissements sont essentiels pour accélérer l’économie circulaire. La Commission et la Banque européenne d’investissement estiment le déficit d’investissement annuel dans l’UE en faveur de l’économie circulaire à 82 milliards d’euros. Actuellement, environ 7 % du financement de l’économie circulaire provient du secteur public. Si le cadre financier pluriannuel proposé fournit des outils importants pour stimuler les investissements, y compris dans le cadre des plans de partenariat national et régional, la majeure partie des financements devra provenir de sources privées. À cette fin, tous les outils permettant de mobiliser des investissements privés doivent être utilisés, y compris, le cas échéant, des incitations ou des compléments aux fonds publics. Les principales chaînes de valeur nécessitant des investissements supplémentaires importants par rapport aux niveaux actuels sont la construction (18 milliards d’euros par an), les véhicules et les batteries (10 milliards d’euros par an), l’électronique et les TIC (5 milliards d’euros par an), ainsi que les textiles (5 milliards d’euros par an).

Afin de stimuler les investissements, l’innovation et la circularité, la Commission élaborera un projet pilote dans le cadre de l’outil de coordination de la compétitivité axé sur les pôles de circularité transrégionaux. Conformément au pacte pour une industrie propre, le projet pilote vise à renforcer la compétitivité et la résilience de l’UE tout en soutenant les objectifs environnementaux. Il tirera parti des synergies et des économies d’échelle dans le recyclage et d’autres technologies et pratiques circulaires, renforçant ainsi les arguments économiques en faveur de la circularité en rassemblant les fabricants, les recycleurs et les opérateurs de gestion des déchets tout au long des chaînes de valeur stratégiques. En garantissant la disponibilité de l’approvisionnement en matières premières secondaires au sein de l’UE, le projet pilote soutiendra les industries stratégiques en aval, réduira la dépendance à l’égard des pays tiers et contribuera à l’autonomie stratégique de l’UE. La mise en œuvre combinera des mesures réglementaires et des investissements dans les capacités industrielles que les différents États membres pourraient éprouver des difficultés à réaliser seuls. Une action coordonnée est essentielle pour rassurer les investisseurs et améliorer la compétitivité de l’UE dans la promotion de l’économie circulaire, y compris dans les secteurs qui dépendent d’infrastructures à grande échelle et de signaux de marché stables à long terme. Le projet pilote tirera parti des partenariats industriels et interrégionaux existants 10 , mobilisera des financements publics et privés et s'appuiera sur la législation européenne et nationale existante. Il vise également à compléter le futur acte législatif sur l’économie circulaire lorsque celui-ci aura été adopté.

L’initiative conjointe sur l’économie circulaire, lancée en 2019 par la Banque européenne d’investissement et plusieurs banques nationales de développement 11 , a accéléré le financement de projets liés à l’économie circulaire en investissant plus de 16 milliards d’euros entre 2019 et 2024. S’inspirant de ce succès et à la lumière des efforts qui devront être déployés pour faire progresser la transition circulaire de l’Union, la Commission coopérera avec la Banque européenne d’investissement et d’autres membres de l’initiative conjointe sur l’économie circulaire pour promouvoir une approche «Équipe Europe» afin d’accélérer encore la transition vers une économie circulaire. En outre, comme indiqué dans la deuxième phase de la feuille de route du groupe BEI dans son rôle de banque du climat (2026-2030), la BEI renforcera en 2026 son engagement en faveur de l’économie circulaire en introduisant une orientation spécifique sur l’économie circulaire. Plus généralement, le groupe BEI renforcera son soutien à l’économie circulaire en tant que moteur essentiel de l’efficacité, de la sécurité et de la croissance et élément central de la politique industrielle et agricole de l’Europe.

Pour combler le déficit d’investissement, il est également indispensable d’accroître les investissements au niveau national et régional. La Commission invite les États membres à tirer pleinement parti des possibilités offertes, notamment, par l’encadrement des aides d’État dans le cadre du pacte pour une industrie propre, les lignes directrices concernant les aides d’État au climat, à la protection de l’environnement et à l’énergie et le règlement général d’exemption par catégorie de l’UE. Le nouvel encadrement des aides d’État visant à soutenir le pacte pour une industrie propre offre aux États membres la possibilité d’encourager davantage les investissements privés en réduisant les risques attachés aux portefeuilles de projets liés aux objectifs du pacte pour une industrie propre, y compris les projets dans le domaine de l’économie circulaire.

Afin de mieux recenser les déficits d’investissement et les possibilités d’investissement, la Commission lancera une étude visant à élaborer des indicateurs macroéconomiques et macrofinanciers ciblés démontrant comment la transition circulaire contribue à la croissance et à la compétitivité de l’UE. Ces travaux seront alignés sur les évolutions en cours dans le domaine de la comptabilité économique et environnementale, en particulier l’intégration des indicateurs de l’économie circulaire dans le système des comptes intégrés de l’environnement et de l’économie (SCIEE). Les résultats de ces travaux contribueront aux efforts de suivi de la Commission et réuniront tous les fournisseurs de données et partenaires européens et internationaux concernés, y compris l’Agence européenne pour l’environnement, la Banque européenne d’investissement et l’OCDE, aux côtés de l’industrie, des universitaires et de la société civile.

Dans le cadre d’Horizon Europe, la Commission soutient la recherche et l’innovation afin de faire progresser la circularité des matières plastiques. Entre 2021 et 2024, 115 millions d’euros ont été consacrés à l’amélioration de la circularité des plastiques, à la fourniture de solutions innovantes telles que de nouveaux emballages alimentaires circulaires en plastique, à l’élimination des substances dangereuses provenant des déchets plastiques post-consommation et à l’élaboration de nouveaux plastiques biosourcés destinés à différentes applications. L’innovation est stimulée dans la plupart des grandes chaînes de valeur des secteurs des plastiques, à savoir les emballages, les produits de construction et les transports. Les solutions les plus prometteuses accéléreront la transition de l’UE vers une économie circulaire et bénéficieront de synergies plus fortes avec des financements publics et privés pour soutenir leur expansion. Outre ces initiatives de R&I, le Fonds pour l’innovation continuera de soutenir le déploiement sur le marché de solutions hautement innovantes. Jusqu’à présent, quelque 300 millions d’euros ont été alloués à des projets liés aux plastiques dans le cadre d’appels à propositions pertinents, ce qui a considérablement amélioré la circularité des produits en plastique.

Enfin, la proposition de règlement relatif à l'accélération et à la rationalisation des évaluations environnementales 12 , adoptée ce mois-ci, harmonisera, simplifiera et accélérera les procédures d’octroi de permis pour une série de secteurs stratégiques, y compris pour des projets liés à la prévention des déchets, à la collecte séparée, au réemploi, à la préparation en vue du réemploi et au recyclage. Cette réforme renforcera la prévisibilité réglementaire et facilitera ainsi les investissements dans des infrastructures de recyclage et de circularité de qualité.

Ces mesures complètent le soutien supplémentaire à l’investissement et à l’innovation découlant du volet «transition propre et décarbonation» du futur Fonds européen pour la compétitivité, y compris l’économie circulaire, ainsi que les initiatives d’investissement supplémentaires telles que la nouvelle action de la plateforme de l’espace européen de la recherche 13 .

Mesures

Calendrier

Élaborer un projet pilote dans le cadre de l’outil de coordination de la compétitivité axé sur les pôles de circularité transrégionaux.

T1 2026

Lancer une étude visant à mieux prendre en compte les indicateurs macroéconomiques et macrofinanciers ciblés pour mettre en évidence la contribution de l’économie circulaire à la croissance et à la compétitivité de l’UE

T1 2026

3.Circularité: l’heure de l’Europe

Le train de mesures présenté aujourd’hui, qui s’appuie sur l’héritage important des actions existantes de l’UE en faveur de la circularité des matières plastiques, constitue une étape cruciale dans cette direction. Il s’agit de la première série d’initiatives en faveur de l’économie circulaire se renforçant mutuellement, qui seront mises en œuvre en 2025 et 2026.

L’acte législatif sur l’économie circulaire créera le marché unique des déchets et des matières premières secondaires, s’attaquera aux obstacles existants, augmentera l’offre de matières recyclées européennes de qualité et stimulera la demande de matières secondaires et de produits circulaires. Et surtout, ces efforts seront renforcés par les politiques existantes, y compris la mise en œuvre en cours du règlement sur le label écologique de l’UE, ainsi que du règlement sur l’écoconception pour des produits durables et de son premier plan de travail. Ces mesures, soutenues par les passeports numériques de produits, renforceront la transparence, réduiront la dépendance à l’égard des matières premières importées et aideront les entreprises européennes à développer des modèles économiques circulaires dans un marché unique harmonisé.

La transition vers une économie circulaire est indispensable à la sécurité économique, à la compétitivité, à la résilience et à la décarbonation de l’UE. L’Europe a maintenant une occasion unique de jouer un rôle moteur dans la transition circulaire mondiale.

(1) JRC (2025). Capturing the Potential of the Circular Economy Transition in Energy-Intensive Industries (Exploiter le potentiel de la transition vers une économie circulaire dans les industries à forte intensité énergétique). Les quatre industries à forte intensité énergétique étudiées dans ce rapport sont l’acier, l’aluminium, le ciment et les matières plastiques. L’évaluation se fonde sur les émissions des produits fabriqués par ces secteurs sur l’ensemble de leur cycle de vie, y compris les émissions en amont et en aval produites par les secteurs à forte intensité énergétique eux-mêmes, ainsi que les émissions résultant de l’incinération évitées en fin de vie.
(2) Par exemple, le marché européen du remanufacturage devrait passer des 31 milliards d’euros actuels à 100 milliards d’euros d’ici à 2030, ce qui créera 500 000 emplois.
(3) Source: Eurostat (codes de données en ligne: cei_cie012 , cei_cie011 ).
(4) Source: Eurostat (code de données en ligne: cei_srm030 ).
(5)

Répertoire des publications du JRC – Plastics materials flows in the EU-27 and their environmental impacts (Flux de matières plastiques dans l’EU-27 et leurs incidences sur l’environnement) .

(6) JRC (2025). Capturing the Potential of the Circular Economy Transition in Energy-Intensive Industries (Exploiter le potentiel de la transition vers une économie circulaire dans les industries à forte intensité énergétique).
(7)

Conformément à la stratégie 2025 de l’UE pour la bioéconomie.

(8) https://ec.europa.eu/docsroom/documents/44544.
(9) Par exemple, le Centre technique industriel de la plasturgie et des composites, mandaté et financé par le ministère français de l’économie, a élaboré un protocole visant à distinguer le PET vierge du PET recyclé (DISTINGO); les parties prenantes ou un consortium de laboratoires pourraient solliciter une subvention LIFE pour déployer de tels protocoles dans les laboratoires douaniers de l’UE et mettre au point de telles analyses pour d’autres polymères.
(10) Voir, par exemple, les plateformes thématiques de spécialisation intelligente pour la modernisation industrielle dans le domaine des produits chimiques ou la fabrication efficace et durable .
(11) À l’heure actuelle, cette initiative comprend: Bank Gospodarstwa Krajowego (BGK, Pologne), Groupe Caisse des Dépôts (CDC, France), y compris Bpifrance, la banque française d’investissement, Cassa Depositi e Prestiti (CDP, Italie), Instituto de Crédito Oficial (ICO, Espagne), KfW (Allemagne) et InvestNL (Pays-Bas).
(12) Voir 6f650a70-c4f5-4c79-a8dc-6efaff290494_en .
(13) https://european-research-area.ec.europa.eu/era-actions-2025-2027 .

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