P10_TA(2025)0249 — La situation en Biélorussie, cinq ans après les élections présidentielles frauduleuses — Résolution du Parlement européen du 22 octobre 2025 sur la situation en Biélorussie, cinq ans après les élections présidentielles frauduleuses (2025/2900(RSP))
| CELEX | 52025IP0249 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 22 octobre 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/2099 | 29.4.2026 |
P10_TA(2025)0249
La situation en Biélorussie, cinq ans après les élections présidentielles frauduleuses
Résolution du Parlement européen du 22 octobre 2025 sur la situation en Biélorussie, cinq ans après les élections présidentielles frauduleuses (2025/2900(RSP))
(C/2026/2099)
Le Parlement européen,
| — | vu ses résolutions précédentes sur la Biélorussie, en particulier celles adoptées depuis l’élection présidentielle frauduleuse de 2020, |
| — | vu la déclaration commune du 9 août 2025 de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et de la commissaire à l’élargissement sur le cinquième anniversaire de l’élection présidentielle frauduleuse en Biélorussie, |
| — | vu la déclaration du 17 septembre 2025 de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au nom de l’Union européenne, sur l’exercice militaire stratégique conjoint ZAPAD-2025, |
| — | vu les déclarations du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 26 février 2024 sur les élections législatives et locales et du 1er août 2024 sur la libération de plusieurs prisonniers politiques, et la déclaration du haut représentant, au nom de l’Union européenne, du 8 août 2023 sur le troisième anniversaire de l’élection présidentielle frauduleuse, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 12 octobre 2020 et du 19 février 2024 sur la Biélorussie ainsi que les conclusions du Conseil européen du 22 octobre 2021 sur la Biélorussie, |
| — | vu la lettre d’intention sur la coopération entre le Parlement européen et les forces démocratiques biélorusses, signée le 3 mai 2024, |
| — | vu les solutions de Luxembourg sur les défis spécifiques auxquels sont confrontés les Biélorusses en exil, adoptées les 6 et 7 juin 2024 sous l’égide de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, |
| — | vu le rapport du rapporteur spécial des Nations unies du 22 avril 2025 sur les faits nouveaux survenus au Bélarus dans le domaine des droits de l’homme entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025, et le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) du 25 mars 2024 sur la situation des droits de l’homme au Bélarus à la veille et au lendemain de l’élection présidentielle de 2020, |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme, la charte des Nations unies, le pacte international relatif aux droits civils et politiques, la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquelles la Biélorussie est partie, |
| — | vu la résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 24 juin 2025 intitulée «Questions juridiques et violations des droits de l’homme liées à l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine», qui dénonce la responsabilité d’Alexandre Loukachenko dans le transfert illégal d’enfants ukrainiens vers la Biélorussie, |
| — | vu l’article 136, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur, |
| A. | considérant que, plus de cinq ans après l’élection présidentielle frauduleuse du 9 août 2020 et la répression brutale des manifestations pacifiques en faveur de la démocratie qui a suivi, la situation des droits de l’homme en Biélorussie reste critique; que le régime illégitime d’Alexandre Loukachenko a, avec le soutien de la Russie, réprimé sans relâche des manifestants pacifiques, des dirigeants démocratiques, des avocats, des journalistes, des athlètes, des artistes, des syndicats, des chefs religieux et des acteurs de la société civile, entre autres; |
| B. | considérant que la mobilisation massive des citoyens biélorusses en 2020 constituait un appel sans précédent en faveur de la démocratie, de la justice et des droits de l’homme et qu’elle s’est heurtée à des violations systématiques des droits de l’homme, notamment des arrestations en masse, des actes de torture, des disparitions forcées et au moins une dizaine de décès confirmés de manifestants pacifiques; que parmi les victimes figurent notamment Vitold Achourak, Alena Amelina, Raman Bandarenka, Valery Bohdan, Hanna Kandratsenka, Tamara Karavai, Vadzim Khrasko, Mikalai Klimovich, Aliaksandr Kulinich, Ihar Lednik, Uladzimir Krysionak, Mikita Kryucou, Andrei Padniabenny, Artsyom Parukau, Ales Pouchkine, Dzmitry Sarokin, Siarhei Shchatsinka, Dzmitry Shlethauer, Valiantsin Shtermer, Dzmitry Stakhouski, Konstantin Shishmakov, Aliaksandr Taraikouski et Aliaksandr Vikhor, dont les décès témoignent du mépris du régime à l’égard de la vie humaine et des droits fondamentaux; |
| C. | considérant qu’aucune des six dernières élections présidentielles organisées en Biélorussie n’a été libre ou régulière, notamment le simulacre d’élection du 26 janvier 2025, qui s’est tenu dans un climat d’arrestations et de répression; que le régime de Loukachenko maintient un climat de peur et d’intimidation visant à réprimer les dissidents politiques, à museler la liberté d’expression et à empêcher les rassemblements pacifiques; qu’aucune mission officielle d’aucun pays démocratique n’a observé ce simulacre d’élection et que le Parlement européen et les partenaires partageant les mêmes valeurs ne l’ont pas reconnu; |
| D. | considérant que le régime autoritaire d’Alexandre Loukachenko, en place depuis 31 ans, a toujours systématiquement réprimé les opposants politiques et les dissidents, allant jusqu’à faire disparaître ses détracteurs; qu’Alexandre Loukachenko reste au pouvoir en grande partie grâce à la loyauté de la classe dirigeante et des forces de sécurité, ainsi qu’à l’important soutien politique, économique et sécuritaire, et à la propagande de la Fédération de Russie; |
| E. | considérant que, selon le Centre des droits de l’homme «Viasna», plus de 8 900 personnes ont été inculpées pour des motifs politiques depuis 2020 et que plus de 1 200 prisonniers politiques sont toujours détenus, dont beaucoup sont emprisonnés dans des conditions précaires qui mettent leur vie en danger; que 96 cas de répression politique ont été enregistrés rien qu’en septembre 2025 et que 77 personnes ont été reconnues comme prisonniers politiques au cours de ce mois; |
| F. | considérant que plusieurs prisonniers politiques sont morts en détention ou peu après leur libération du fait des conditions inhumaines dans lesquelles ils ont vécu en prison; que des organisations internationales, parmi lesquelles le HCDH, ont fait état de violations systématiques des droits de l’homme, notamment des actes de torture, des détentions arbitraires, l’emprisonnement ou d’autres privations graves de liberté physique, des disparitions forcées, le travail forcé, le refus de soins médicaux, l’accès restreint aux visites d’avocats et de membres de la famille, l’isolement, la persécution pour des motifs politiques ou nationaux, la déportation et la suppression des libertés fondamentales; que le système pénitentiaire fonctionne comme un réseau de camps de travail forcé, où les prisonniers, y compris les détenus politiques, sont contraints de travailler dans des conditions dangereuses et dégradantes; |
| G. | considérant que les prisonnières politiques, qui sont plus de 175, sont la cible d’abus et d’humiliations et sont menacées de perdre leurs enfants, tandis que les observateurs internationaux ne sont pas autorisés dans les prisons; |
| H. | considérant que le régime recourt à la surveillance de masse, à la censure et à la désinformation, et qu’il vise aussi bien le public national que l’Union; que l’«extrémisme» est le prétexte le plus courant pour poursuivre les prisonniers politiques et que la «liste des extrémistes» établie par le régime compte désormais plus de 5 800 personnes; que le pouvoir judiciaire, les procureurs et les services répressifs ont été instrumentalisés pour commettre des violations des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité; |
| I. | considérant qu’au moins cinq prisonniers politiques sont toujours détenus au secret, à savoir Viktar Babaryka, Maksim Znak, Uladzimir Kniha, Aliaksandr Aranovich et Mikalai Statkevich; que Maryia Kalesnikava a longtemps été détenue au secret et que, pour la première fois depuis deux ans et demi, une lettre de sa main est récemment parvenue jusqu’au monde extérieur; qu’Andrzej Poczobut, journaliste et membre de l’Union des Polonais de Biélorussie, qui souffre de graves problèmes de santé, a été condamné à de multiples années d’emprisonnement et qu’il reste emprisonné dans des conditions difficiles, en cellule d’isolement; qu’Andrzej Poczobut a reçu le prix Sakharov 2025 du Parlement pour la liberté de l’esprit; qu’Ales Bialiatski, lauréat du prix Nobel de la paix, est soumis au travail forcé et victime de sévices en détention, où il se voit refuser des soins médicaux essentiels; |
| J. | considérant qu’Alexandre Loukachenko a «gracié» plus de 200 prisonniers politiques en 2024 pour tenter d’obtenir la levée de certaines sanctions occidentales, mais que les arrestations politiques se sont poursuivies, plus de 1 721 condamnations pour des motifs politiques ayant été prononcées rien qu’en 2024; que le régime a continué de libérer des prisonniers en 2025, mais qu’il en a également arrêté beaucoup d’autres, se servant des détenus comme d’une monnaie d’échange afin d’extorquer des concessions de la part des pays occidentaux; que les prisonniers politiques libérés ont relaté les actes torture qu’ils ont subis; |
| K. | considérant que Siarhei Tsikhanouski, lauréat du prix Sakharov du Parlement, a été libéré le 21 juin 2025 après plus de cinq ans d’emprisonnement à l’isolement, en même temps que 13 autres prisonniers politiques; que Mikalai Statkevich, lauréat du prix Sakharov 2020, qui faisait partie des prisonniers libérés, a refusé de franchir la frontière avec la Lituanie, a de nouveau été emprisonné et est détenu au secret; |
| L. | considérant que le rapporteur spécial des Nations unies sur la Biélorussie a constaté que les organisations de la société civile font l’objet d’une purge systématique depuis 2020, qui cible les groupes de défense des droits de l’homme, les syndicats indépendants, les partis politiques et les organisations religieuses; que près de 2 000 groupes de la société civile, dont des organisations non gouvernementales et des syndicats, ont été interdits; que le régime de Loukachenko utilise des lois de lutte contre l’extrémisme pour entraver le travail des médias indépendants, qui, pour la plupart, sont désormais qualifiés d’«extrémistes»; que, selon l’Association biélorusse des journalistes, 33 représentants des médias, dont des journalistes, des reporters et des blogueurs, sont actuellement emprisonnés, que 83 professionnels des médias ont été poursuivis ces cinq dernières années et que plus de 400 sont toujours en exil; que les médias indépendants, tels que Belsat TV, Charter 97, Nexta, Radio Racyja, Radio Svaboda et Nasha Niva, diffusent des informations essentielles et constituent des tribunes pour les voix démocratiques; |
| M. | considérant que, dès le départ, le régime de Loukachenko a été marqué par la destruction délibérée de l’identité nationale des Biélorusses, notamment leur langue et leur culture; que, depuis 2020, plus de 6 000 enseignants ont perdu leur emploi en raison de la répression, que plus de 50 ont été emprisonnés et que l’enseignement en langue biélorusse est progressivement supprimé dans un contexte de militarisation croissante des écoles; que les établissements d’enseignement supérieur et les universitaires en exil font l’objet d’intimidations et sont qualifiés d’«organisations extrémistes»; |
| N. | considérant que sous la férule d’Alexandre Loukachenko, plus de 250 personnes condamnées à mort ont été exécutées; que la Biélorussie reste le seul pays d’Europe et d’Asie centrale à appliquer la peine de mort, son champ d’application ayant été étendu pour y inclure, en 2022, des actes de terrorisme définis de manière vague puis, en 2023, la «trahison contre l’État»; |
| O. | considérant que plus de 500 000 Biélorusses ont fui le pays depuis 2020, certains continuant de subir des persécutions et des actes d’intimidation de la part du régime de Loukachenko – procès par contumace, menaces des forces de sécurité et pressions exercées sur des proches, confiscation de biens et autres restrictions; que les citoyens exilés se retrouvent dans une situation juridique incertaine du fait des restrictions au renouvellement des documents biélorusses en dehors de la Biélorussie; qu’il est dangereux de rentrer en Biélorussie, comme en témoigne la condamnation pour des motifs politiques de nombre de ceux qui y sont rentrés depuis 2020; que le régime biélorusse figure parmi les dix principaux auteurs d’actes de répression à l’étranger; |
| P. | considérant que la liberté de religion et de conviction continue de se dégrader en Biélorussie; que les membres du clergé et les fidèles biélorusses font face à des pressions systématiques, notamment des poursuites pénales et administratives, des attaques sur les lieux de culte et la qualification des initiatives religieuses indépendantes de «formations extrémistes»; que plusieurs membres du clergé chrétien restent derrière les barreaux en raison de leur travail religieux, notamment Siarhei Rezanovich, Andrzej Juchniewicz, Henryk Okołotowicz, Grzegorz Gaweł et Aleh Loika; |
| Q. | considérant que la communauté LGBTQ+ de Biélorussie continue d’être victime de harcèlement, notamment d’arrestations arbitraires; que la Biélorussie, qui cherche à imiter la législation russe discriminatoire en matière de propagande, a mené de nouvelles attaques contre la communauté LGBTQ+; qu’un nouveau projet de loi propose une peine d’emprisonnement pour avoir communiqué des informations sur des questions liées aux personnes LGBTQ+, au choix de ne pas avoir d’enfants ou à la reconnaissance de la pédophilie comme une pratique «acceptable», ce qui représente un risque grave de censure de masse et de harcèlement; que la mise sur le même plan de la pédophilie, des personnes LGBTQ+ et du choix de ne pas avoir d’enfants relève d’une manipulation délibérée; |
| R. | considérant que, ces dernières années, le régime de Loukachenko a intensifié la pression sur le personnel accrédité des missions diplomatiques occidentales en Biélorussie, ainsi que sur d’autres étrangers dans ce pays; |
| S. | considérant que, malgré les persécutions et les menaces, les dirigeants biélorusses démocratiques en exil poursuivent leur travail avec courage, prônent les droits de l’homme et représentent les aspirations du peuple biélorusse à une Biélorussie libre, démocratique et indépendante; que le Parlement européen et les forces démocratiques biélorusses restent attachés à rétablir la démocratie au moyen d’élections libres et régulières, de l’état de droit et de l’intégration européenne; |
| T. | considérant que le régime de Loukachenko a soutenu l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en donnant aux forces russes accès au territoire biélorusse et en leur fournissant des munitions, du carburant et d’autres équipements; que l’article 133 du code pénal biélorusse prévoit que la participation à une activité mercenaire est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans, mais que, depuis 2014, aucun Biélorusse combattant pour la Russie n’a été condamné à ce titre; que le déploiement d’armes nucléaires russes sur le sol biélorusse accentue l’instabilité régionale et menace la sécurité européenne; que le régime de Loukachenko, avec l’aide de la Russie, contourne certaines sanctions à la faveur d’un accès préférentiel au marché et de l’utilisation d’infrastructures russes; |
| U. | considérant que la population biélorusse s’oppose dans sa grande majorité à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, une position qui a contribué à limiter l’implication directe de la Biélorussie dans le conflit et qui démontre l’engagement de la nation biélorusse en faveur de la paix, de l’indépendance et des valeurs européennes; |
| V. | considérant que, selon le rapport 2025 du département d’État américain sur la traite des êtres humains, la Biélorussie est l’une des principales plaques tournantes de la traite et continue de soumettre au travail forcé des citoyens biélorusses et étrangers; que les autorités biélorusses ont transféré plus de 2 400 enfants non accompagnés de communautés ukrainiennes vulnérables vers la Biélorussie, où ils ont été placés dans des institutions dans lesquelles nombre d’entre eux ont subi une «rééducation» et une formation militaire; que le régime biélorusse reproduit activement les politiques russes visant à détruire l’identité ukrainienne par l’endoctrinement des enfants ukrainiens; |
| W. | considérant que des enfants biélorusses sont préparés au service militaire sous couvert d’«éducation patriotique» et qu’ils sont des milliers à participer aux activités de clubs militaro-patriotiques; que la rhétorique de l’«éducation patriotique» masque la militarisation des mineurs, leur formation à l’utilisation d’armes de guerre et leur endoctrinement avec des discours prorusses; |
| X. | considérant que le régime biélorusse continue de s’aligner sur la Fédération de Russie; que, du 12 au 16 septembre 2025, la Biélorussie a organisé l’exercice militaire stratégique conjoint Zapad 2025 avec la Russie, le premier de ce type depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022; que, le 12 septembre 2025, la Pologne a été contrainte de fermer temporairement tous les points de passage frontaliers avec la Biélorussie, invoquant des inquiétudes quant à une éventuelle escalade; |
| Y. | considérant que la Biélorussie assiste la Russie et d’autres acteurs dans leurs tentatives de déstabiliser l’Union et de saper les aspirations européennes des pays du voisinage de l’Union; que des instructeurs biélorusses et russes en Serbie ont formé plus de 150 militants prorusses de la République de Moldavie pour déstabiliser la Moldavie après les récentes élections qui y ont eu lieu; que la Moldavie a refusé l’entrée de son territoire à 195 athlètes et militants russes et biélorusses, dont Dzmitry Shakuta, l’un des suspects de l’assassinat du militant démocratique biélorusse Raman Bandarenka; |
| Z. | considérant que la Biélorussie continue d’instrumentaliser la migration à ses frontières avec la Pologne, la Lettonie et la Lituanie, où elle rassemble délibérément des migrants et les contraint à aller vers les frontières extérieures de l’Union; que la Biélorussie connaît une grave pénurie de main-d’œuvre en raison de la répression, de la détention arbitraire et de l’émigration forcée; que le régime de Loukachenko a conclu des accords avec des pays tiers dans le but allégué d’attirer de la main-d’œuvre; que ces arrangements aggravent le risque d’instrumentalisation de la migration contre l’Union; qu’après le retour de Loukachenko de Moscou en septembre 2025, le régime biélorusse a intensifié ses actions hybrides concernant l’instrumentalisation de la migration pour déstabiliser l’Union; que le régime a également facilité ou toléré des incursions de drones et de ballons météorologiques à partir du territoire biélorusse dans des États membres de l’Union limitrophes, ce qui a mis en danger l’aviation et contraint à fermer certains aéroports, menaçant ainsi la sécurité et l’économie de ces pays; |
| AA. | considérant que les services de renseignement tchèques, hongrois et roumains ont démantelé un réseau d’espions biélorusse qui opérait sous couvert diplomatique, ce qui lui permettait de circuler librement dans l’Union européenne; |
| AB. | considérant que la centrale nucléaire d’Astraviets, située à la frontière entre la Biélorussie et la Lituanie, a connu de nombreux problèmes, et que la Biélorussie prévoit désormais de construire une décharge de déchets nucléaires près de la frontière lituanienne; que le régime de Loukachenko prévoit également de construire une deuxième centrale nucléaire dans l’est du pays afin de fournir de l’électricité, y compris aux parties de l’Ukraine occupées par la Russie; |
| AC. | considérant que l’Union a mobilisé 170 millions d’EUR depuis 2020 pour soutenir la société civile, les médias indépendants et les victimes de répression biélorusses, et qu’elle a imposé des sanctions ciblées à la Biélorussie en réponse aux élections frauduleuses de 2020, aux violations des droits de l’homme et à la complicité de la Biélorussie dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, notamment des restrictions commerciales et des sanctions à l’encontre de 310 personnes, dont Loukachenko, et de 46 entités; |
| AD. | considérant qu’en raison des réductions annoncées de l’aide américaine aux médias indépendants et aux organisations non gouvernementales biélorusses, certaines organisations pourraient perdre la totalité de leur financement; que les partenaires européens n’ont que partiellement comblé ce déficit; |
| 1. | condamne une nouvelle fois avec fermeté la répression à l’encontre du peuple biélorusse et réaffirme sa profonde solidarité avec toutes les personnes qui continuent de lutter contre la répression massive et systématique que le régime Loukachenko exerce dans le pays; réclame une nouvelle fois la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes arbitrairement détenues, et demande qu’ils obtiennent réparation et que leurs droits soient rétablis; condamne l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire, des procureurs et des services répressifs pour commettre des violations des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité; |
| 2. | s’inquiète vivement de la situation des prisonniers politiques, notamment Ales Bialiatski, Maria Kalesnikava, Viktar Babaryka, Andrzej Poczobut, Mikalai Statkevich, Valiantsin Stefanovic, Maksim Znak, Marfa Rabkova, Uladzimir Labkovich, Anastasiya Loika, Iryna Takarchuk, Yana Pinchuk, Mikalai Bankou, Andrei Navitski, Henrykh Akalatovich, Uladzimir Kniha, Pavel Seviarynets et d’autres, dont beaucoup souffrent de graves problèmes de santé sans pouvoir accéder à des soins médicaux appropriés, et subissent l’isolement, de mauvais traitements et la torture; exhorte une nouvelle fois les autorités biélorusses à respecter les droits des détenus, à leur dispenser des soins médicaux et à leur permettre de voir leurs avocats, les membres de leur famille et les représentants d’organisations internationales; |
| 3. | demande une nouvelle fois à l’Union et aux États membres de soutenir les prisonniers politiques et leurs familles, notamment en exigeant la preuve du lieu où se trouvent les prisonniers politiques, en demandant leur libération, en simplifiant les procédures permettant d’obtention des visas et des documents d’identité, ainsi qu’en apportant une aide à la réhabilitation et d’autres formes d’aide; invite la délégation de l’Union et les ambassades des États membres en Biélorussie à continuer d’observer et de suivre les procès des prisonniers politiques, dans toute la mesure du possible; demande des enquêtes immédiates et indépendantes sur tous les décès en détention de prisonniers politiques; demande une nouvelle fois à la Commission et aux États membres de simplifier les procédures d’obtention de visas et de titres de séjour pour les personnes fuyant la Biélorussie pour des raisons politiques, d’élaborer des règles et des procédures pour traiter les cas d’apatridie, ainsi que d’apporter un soutien aux Biélorusses résidant dans l’Union dont les documents d’identité arrivent à expiration et qui n’ont aucun moyen de les renouveler sans retourner en Biélorussie; |
| 4. | réaffirme qu’il ne reconnaît pas Alexandre Loukachenko comme le président légitime de la Biélorussie; rappelle les nombreux éléments de preuve et témoignages qui indiquent que Svetlana Tikhanovskaïa était la vainqueure légitime de l’élection présidentielle de 2020, mais que le régime de Loukachenko s’est illégalement accroché au pouvoir et a refusé de reconnaître sa victoire; réitère son soutien aux forces démocratiques biélorusses dirigées par Svetlana Tikhanovskaïa ainsi qu’aux aspirations démocratiques du peuple biélorusse; invite l’Union et ses États membres à collaborer avec des pays tiers pour amplifier la politique de non-reconnaissance de Loukachenko en tant que président de la Biélorussie; souligne qu’il importe que l’Union maintienne le dialogue avec les acteurs démocratiques biélorusses et veille à ce que leurs efforts bénéficient d’un soutien politique, financier et sécuritaire; |
| 5. | demande une nouvelle fois que de nouvelles élections libres et régulières soient organisées sous l’observation internationale du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE); souligne que toute élection organisée dans le climat actuel de peur et de répression et en violation de toutes les normes internationales ne saurait être considérée comme libre et équitable; |
| 6. | met en garde contre l’instrumentalisation des prisonniers politiques par Loukachenko, qui les utilise pour contraindre l’Occident à des concessions; prend acte de la libération de dizaines de prisonniers politiques et encourage l’Union, les États-Unis et d’autres partenaires partageant les mêmes valeurs à continuer d’œuvrer en faveur de la libération effective de tous les prisonniers politiques en Biélorussie, tout en intensifiant encore la pression sur le régime; rappelle que chaque fois que des prisonniers ont été libérés, d’autres ont ensuite été placés en détention; est vivement préoccupé par la levée des sanctions américaines contre la compagnie aérienne biélorusse Belavia à la suite du détournement du vol Ryanair en 2021, et observe que Belavia est complice de l’instrumentalisation de la migration; |
| 7. | salue la résilience de la société civile et des forces démocratiques biélorusses; réaffirme sa solidarité avec le peuple biélorusse et son soutien à ses aspirations légitimes à un avenir démocratique et européen et reste déterminé à travailler sans relâche avec les forces démocratiques, la société civile et les médias indépendants biélorusses dans l’intérêt du peuple biélorusse; |
| 8. | invite l’Union et ses États membres à continuer de soutenir les forces démocratiques biélorusses, la société civile, les étudiants, les chercheurs, les journalistes, les dirigeants syndicaux et les professionnels en exil, entre autres, notamment en leur fournissant des visas, des bourses, des subventions, des possibilités de mise en réseau et des mesures visant à garantir leur sécurité; demande que les médias indépendants bénéficient d’une assistance systémique et pluriannuelle, y compris d’un financement, ainsi que le renforcement des capacités des principales structures démocratiques, notamment le cabinet de la présidente élue Sviatlana Tsikhanouskaïa, le cabinet de transition uni, le Conseil de coordination et les partis politiques démocratiques; |
| 9. | invite l’Union et les organisations internationales à formaliser la représentation des forces démocratiques biélorusses dans les enceintes internationales telles que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et l’Assemblée parlementaire de l’OTAN; salue la participation active du cabinet de transition uni et du Conseil de coordination au sein de l’Assemblée parlementaire Euronest, notamment par l’intermédiaire du groupe de travail spécifique sur la Biélorussie; |
| 10. | invite les États membres à lutter de toute urgence contre la répression transnationale exercée par le régime Loukachenko, qui atteint un niveau alarmant, y compris sur le territoire de l’Union, ainsi qu’à y mettre fin; se déclare préoccupé par l’utilisation abusive de mandats d’arrêt d’Interpol par le régime Loukachenko pour extrader des opposants politiques depuis des pays hors UE; exhorte dès lors les pays concernés à ne pas extrader les citoyens biélorusses qui ont fui le régime et qui risquent d’être persécutés à leur retour en Biélorussie; demande à l’Union et à ses États membres d’aborder auprès d’Interpol le problème du recours abusif à des mandats d’arrêt internationaux; souligne qu’il importe de protéger les citoyens biélorusses exilés contre les persécutions du régime de Loukachenko, et de veiller à ce qu’ils puissent séjourner et travailler légalement dans l’Union; |
| 11. | exige que les autorités biélorusses mettent un terme à la criminalisation du journalisme, cessent de harceler les journalistes, tant en Biélorussie qu’en exil, et cessent d’intimider les membres de leur famille; condamne fermement les autorités biélorusses pour avoir bloqué les médias indépendants, limité l’accès à l’internet et arrêté des journalistes et des blogueurs, ce qui va à l’encontre des normes internationales en matière de liberté de la presse; demander la libération de tous les journalistes emprisonnés, y compris Katsyaryna Andreeva; |
| 12. | condamne la persécution du groupe minoritaire polonais et de ses représentants en Biélorussie, notamment les décisions qui visent à fermer les écoles polonaises et à éliminer l’enseignement en polonais, ainsi que la destruction délibérée de cimetières et du patrimoine polonais; |
| 13. | regrette que l’éventail des mesures répressives appliquées en Biélorussie se soit élargi jusqu’à inclure des atteintes à la liberté de religion, par l’adoption de la loi relative à la liberté de conscience et aux organisations religieuses, qui constitue une violation grave du droit fondamental à la liberté de religion, de conscience et de conviction; exhorte le régime d’Alexandre Loukachenko à mettre fin immédiatement à la persécution des communautés religieuses et des Églises; |
| 14. | exhorte la Biélorussie à commuer toutes les condamnations à mort, à imposer un moratoire sur la peine capitale et à prendre des mesures en vue de son abolition; |
| 15. | demande une nouvelle fois à l’Union et ses États membres de continuer à enquêter sur les violations des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité en Biélorussie et de soutenir les mesures visant à ce que les responsables répondent de leurs actes, y compris au moyen d’une compétence extraterritoriale et universelle; invite l’Union et ses États membres à soutenir dans sa démarche le gouvernement lituanien, qui a saisi la Cour internationale de justice de la situation en Biélorussie au titre de crimes contre l’humanité transnationaux; encourage les États membres à se ranger aux côtés de la Lituanie dans la procédure devant la Cour internationale de justice concernant l’instrumentalisation de la migration par la Biélorussie; se félicite de l’unité et de la solidarité dont font preuve l’Union et les États membres dans leur réaction aux menaces multiples que le régime d’Alexandre Loukachenko fait peser sur l’Union; |
| 16. | se félicite que des organisations non gouvernementales biélorusses telles que Viasna continuent de recenser les violations des droits de l’homme; salue le travail accompli par les médias biélorusses indépendants pour promouvoir la liberté d’expression et souligne qu’il convient de conserver leurs dossiers pour les procédures judiciaires à venir; invite l’Union et ses États membres à apporter un soutien concret aux organisations de la société civile et aux défenseurs des droits de l’homme qui œuvrent à recueillir et à conserver des preuves des abus et des crimes contre l’humanité commis par le régime de Loukachenko, et à les assister pour transmettre ces preuves aux instances internationales compétentes, notamment la Cour pénale internationale; |
| 17. | invite les États membres à veiller à ce que les efforts visant à établir la preuve des crimes internationaux commis par le régime Loukachenko et à demander des comptes aux responsables se poursuivent au niveau des Nations unies, avec un contrôle renforcé de la part du HCDH sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie, en apportant un soutien sans réserve au groupe d’experts indépendants des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie, dirigé par Karinna Moskalenko, et en préservant le mandat du rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Bélarus, Nils Muižnieks, afin que se poursuive le suivi continu des violations des droits de l’homme en cours; souligne la nécessité de poursuivre la coopération entre l’Union, les Nations unies et les mécanismes internationaux en matière de droits de l’homme afin de garantir que les responsables des crimes commis par les autorités biélorusses répondent de leurs actes; invite le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à prolonger les mandats du rapporteur spécial et du groupe d’experts indépendants au-delà de 2026, afin d’éviter toute interruption de leur travail essentiel de suivi, d’établissement de rapports et de soutien aux futurs processus de responsabilisation en cas de violations des droits de l’homme en Biélorussie; |
| 18. | condamne avec la plus grande fermeté l’implication du régime d’Alexandre Loukachenko dans la guerre d’agression injustifiée, illégale et non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine; estime que ce régime s’est fait complice des crimes commis par la Russie en Ukraine; estime que le régime biélorusse est complice de la militarisation des enfants ukrainiens par la Russie; invite la Cour pénale internationale à ouvrir une enquête sur le déplacement, l’endoctrinement et la militarisation des enfants ukrainiens par le régime biélorusse; demande à l’Union, à ses États membres et aux autres organes compétents de soutenir, de toute manière nécessaire, Bring Kids Back UA, l’initiative du président ukrainien visant à garantir le retour des enfants ukrainiens en Ukraine; |
| 19. | est vivement préoccupé par l’influence croissante de la Russie en Biélorussie, laquelle menace son existence en tant qu’État souverain; dénonce la militarisation du territoire biélorusse par la Russie, au moyen notamment d’exercices militaires tels que Zapad, et met en garde contre la menace que représente le déploiement de systèmes à capacité nucléaire pour la sécurité de l’Europe; réaffirme la nécessité d’un financement accru en faveur de projets qui contribuent à la préservation de la langue, de la culture et de l’identité nationale biélorusse et qui luttent contre la falsification de l’histoire biélorusse par le régime de Loukachenko, le Kremlin et ses affidés; |
| 20. | exprime une vive inquiétude face à l’intensification de la répression visant la communauté LGBTQ+, alors que la Biélorussie emboîte le pas à la Russie et à la Géorgie dans leur entreprise d’effacement de la visibilité LGBTQ+ au sein de la société; |
| 21. | prie instamment l’Union et ses partenaires internationaux de renforcer les sanctions à l’encontre des personnes et entités responsables du contournement des sanctions, des atteintes à la démocratie et à l’état de droit, de la répression, des violations des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité, et de la participation de la Biélorussie à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, ainsi que de combler les lacunes dans les sanctions; engage l’Union à sanctionner les entités et personnes biélorusses qui soumettent les prisonniers politiques à du travail forcé, ainsi qu’à prendre des mesures contre les biens issus de ce travail forcé; invite toutes les entreprises établies dans l’Union à faire preuve d’une diligence particulière et à mettre un terme à leurs relations avec tous les fournisseurs biélorusses qui recourent au travail forcé dans leurs chaînes d’approvisionnement, foulent au pied les droits civils et politiques de leurs employés ou soutiennent ouvertement le régime de Loukachenko; demande une nouvelle fois aux entreprises européennes et occidentales de cesser leurs activités en Biélorussie; |
| 22. | demande à la Commission et aux États membres d’imposer des sanctions ciblées aux intermédiaires et aux facilitateurs qui se soustraient sciemment aux sanctions sur les engrais biélorusses, ainsi qu’à toute personne ou entité qui loue des installations de production, modifie la marque ou l’emballage ou falsifie l’origine d’engrais biélorusses, ou qui finance, assure ou facilite de toute autre manière le transit; préconise une application plus stricte des règles en place et un renforcement du partage transfrontalier d’informations; prend acte des conclusions de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project sur l’acheminement dans l’Union et sur la récente initiative de Loukachenko visant à développer l’utilisation des cryptoactifs et de la titrisation en cyberjetons pour contourner les sanctions; |
| 23. | presse l’Union et ses États membres d’ouvrir des enquêtes approfondies sur les réseaux d’espionnage biélorusses et russes dans l’Union et les pays candidats et à les démanteler, et insiste à nouveau sur la nécessité d’imposer des restrictions aux diplomates russes et biélorusses dans l’espace Schengen; |
| 24. | invite l’Union et les différents États membres à continuer d’officialiser la représentation des forces démocratiques biélorusses au sein de l’Union en les aidant à ouvrir des bureaux dans les capitales européennes afin d’aider les citoyens biélorusses en exil à obtenir des documents provisoires; |
| 25. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux institutions de l’Union compétentes, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, au Conseil de l’Europe, au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, aux représentants des forces démocratiques biélorusses et aux autorités biélorusses de fait. |
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2099/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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