| CELEX | 52025IP0298 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 26 novembre 2025 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/1722 | 24.4.2026 |
P10_TA(2025)0298
Stratégie diplomatique et coopération géopolitique de l’Union européenne dans l’Arctique
Recommandation du Parlement européen du 26 novembre 2025 à l'intention du Conseil de la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la stratégie diplomatique et la coopération géopolitique de l’Union européenne dans l’Arctique (2025/2116(INI))
(C/2026/1722)
Le Parlement européen,
| — | vu ses précédentes résolutions sur les questions arctiques, notamment sa résolution du 7 octobre 2021 sur l’Arctique: perspectives, problématiques et enjeux de sécurité (1), |
| — | vu la convention des Nations unies du 16 novembre 1994 sur le droit de la mer (CNUDM), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 13 octobre 2021 intitulée «Un engagement renforcé de l’UE en faveur d’une région arctique pacifique, durable et prospère» (JOIN(2021)0027), |
| — | vu l’accord de Paris et la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, |
| — | vu l’accord se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, adopté le 19 juin 2023, |
| — | vu la mise en place du Conseil des États de la mer Baltique, |
| — | vu la convention de l’Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux, adoptée le 27 juin 1989, |
| — | vu l’accord du 3 octobre 2018 visant à prévenir la pêche non réglementée en haute mer dans l’océan Arctique central (accord relatif aux pêches dans l’océan Arctique central), |
| — | vu la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, |
| — | vu le traité de Svalbard du 9 février 1920 (anciennement traité concernant le Spitzberg), |
| — | vu la déclaration du 19 septembre 1996 sur la création du Conseil de l’Arctique (déclaration d’Ottawa), |
| — | vu les trois accords contraignants négociés sous l’égide du Conseil de l’Arctique, à savoir l’accord de coopération en matière de recherche et de sauvetage aéronautiques et maritimes dans l’Arctique du 12 mai 2011, l’accord de coopération en matière de préparation et d’intervention en cas de pollution marine par les hydrocarbures dans l’Arctique du 15 mai 2013, et l’accord sur le renforcement de la coopération scientifique internationale dans l’Arctique du 11 mai 2017, |
| — | vu la déclaration commune à l’issue du sommet UE – Canada 2025: un partenariat durable, un programme ambitieux, |
| — | vu l’inauguration du bureau de l’Union européenne à Nuuk, au Groenland, le 15 mars 2024, |
| — | vu le discours prononcé par le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, devant le Parlement le 8 octobre 2025, |
| — | vu l’article 121 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A10-0229/2025), |
| A. | considérant que l’Arctique est une région habitée par plus de quatre millions de personnes, caractérisée par des cultures, des communautés et des économies diverses, et qu’à ce titre, elle doit demeurer une zone de paix, et que sa biodiversité et ses écosystèmes fragiles doivent être respectés; qu’il convient de protéger la coopération constructive dans l’Arctique d’une intensification des rivalités à l’échelle mondiale; |
| B. | considérant que l’Union européenne, en tant qu’acteur ayant des intérêts stratégiques, est engagée depuis des décennies à la fois dans la région arctique européenne et dans l’ensemble de la région arctique, et qu’elle a un intérêt fondamental à contribuer stratégiquement à des résultats positifs en matière de sécurité, de socio-économie et d’environnement, notamment grâce à la coopération multilatérale; |
| C. | considérant que la Russie intensifie son renforcement militaire dans l’Arctique depuis sa guerre d’agression illégale contre l’Ukraine; que la militarisation russe, associée à la présence accrue de la Chine, a modifié la situation politique et en matière de sécurité dans la région; que la Russie a adopté un régime unilatéral et illégitime régissant la navigation le long de la route maritime du Nord, y compris la loi du 5 décembre 2022 limitant le passage des navires de guerre étrangers, ce qui suscite de vives inquiétudes au regard du droit international, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, et risque d’exacerber les tensions géopolitiques dans l’Arctique; |
| D. | considérant que l’utilisation de la région arctique à des fins militaires s’accélère, tandis que les cadres réglementaires internationaux de contrôle des armements, y compris des armes nucléaires, s’affaiblissent, en particulier sous l’effet des actions de régimes totalitaires et autoritaires tels que la Russie; |
| E. | considérant que le respect scrupuleux de l’intégrité territoriale et du droit international, en particulier la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et des conventions de l’Organisation maritime internationale (OMI), est essentiel pour préserver la sécurité et la stabilité de la région arctique; considérant que l’Organisation maritime internationale est la première autorité mondiale en matière de sécurité maritime et de protection de l’environnement, ses conventions juridiquement contraignantes et ses lignes directrices volontaires s’appliquant à l’échelle mondiale, y compris dans l’Arctique; |
| F. | considérant que l’ensemble des politiques de l’Arctique doivent tenir compte de la diversité des réalités de la région, y compris les différents systèmes de gouvernance, les cadres juridiques, les capacités d’infrastructure et les conditions socio-économiques; |
| G. | considérant que le Conseil de l’Arctique constitue le principal forum de coopération circumpolaire; que trois États membres de l’Union et deux membres de l’Espace économique européen (EEE) font partie du Conseil de l’Arctique, et que sept de ses membres sont des pays membres de l’OTAN; |
| H. | considérant que, bien que le Conseil de l’Arctique repose sur des engagements volontaires et ne dispose pas d’une autorité contraignante, il a permis une coopération constructive et facilité la conclusion de plusieurs accords contraignants; que son mandat limité réduit sa capacité à relever des défis majeurs tels que les catastrophes écologiques ou la montée des tensions géopolitiques, qui pourraient menacer le statut de l’Arctique en tant que région à faible tension; qu’en raison de la guerre d’agression non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine, les réunions politiques du Conseil de l’Arctique ont été suspendues, ce qui compromet sa capacité à exercer son mandat et à fonctionner correctement; |
| I. | considérant qu’aucun progrès n’a été accompli en ce qui concerne la demande de l’Union de devenir un observateur permanent auprès du Conseil de l’Arctique; |
| J. | considérant que le passage GIUK en Arctique (Groenland-Islande-Royaume-Uni) constitue un corridor stratégique qui permet de contrôler le trafic maritime et de détecter les menaces hybrides; que l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN a renforcé l’orientation arctique de l’Alliance et améliorera sa position dans la région; |
| K. | considérant que la région arctique se réchauffe environ trois fois plus vite que l’ensemble du globe en moyenne, accélérant la fonte des glaces et menaçant la stabilité climatique planétaire; que la glace de mer estivale disparaît rapidement, ce qui entraîne une destruction massive des habitats et une diminution des populations d’espèces qui dépendent de la neige et de la glace; |
| L. | considérant qu’en 2022, l’OTAN a reconnu le changement climatique comme étant un défi majeur et un multiplicateur de menaces ayant de profondes répercussions sur la sécurité et les opérations militaires, y compris dans le Grand Nord, et a identifié le Grand Nord comme une région d’importance stratégique dans laquelle la capacité de la Russie à perturber le renforcement des alliances et la liberté de navigation dans l’Atlantique Nord constitue un défi direct pour l’Alliance; que l’Arctique peut être considéré comme une zone prioritaire en ce qui concerne le lien entre climat et sécurité; que la mise en œuvre de l’accord de Paris et du pacte vert pour l’Europe demeure nécessaire en vue de prévenir les conséquences du changement climatique les plus graves; |
| M. | considérant que la fonte du pergélisol constitue une menace transfrontière pour la sécurité, l’environnement et la biodiversité en raison de son incidence destructrice sur les infrastructures, du rejet de méthane nocif pour le climat et de la résurgence de virus et de bactéries dormants et inconnus, ainsi que de sa contribution aux perturbations des conditions météorologiques dans toute l’Europe et au-delà; que le pergélisol sous-marin dans le plateau arctique de Sibérie orientale pourrait devenir une autre source d’émissions de méthane; |
| N. | considérant que la diminution de la glace de mer suscite un intérêt mondial pour l’Arctique et ses ressources; qu’en particulier, le retrait rapide de la glace de mer ouvre des corridors commerciaux saisonniers, voire potentiellement annuels, tels que la route de la mer du Nord, le passage du Nord-Ouest et une éventuelle future route transpolaire, ce qui pourrait redéfinir les modèles mondiaux d’échanges commerciaux tout en posant des problèmes conséquents en matière d’environnement, de sécurité et de gouvernance pour l’Arctique; que les conditions météorologiques difficiles, les capacités limitées de recherche et de sauvetage, les frais d’assurance élevés et les questions non résolues concernant le statut juridique international de ces nouvelles routes maritimes constituent des obstacles majeurs à leur pleine réalisation, et que de nombreuses parties prenantes demandent que ces routes soient considérées comme faisant partie des «ressources communes mondiales»; |
| O. | considérant qu’en raison de la crise climatique, les changements dans la région arctique sont intrinsèquement liés à l’Europe; que l’augmentation des températures, l’élévation du niveau de la mer, la diminution de la biodiversité et les phénomènes météorologiques extrêmes touchent les populations et les écosystèmes en Europe, soulignant la nécessité de politiques fondées sur les connaissances et sur des informations scientifiques qui font appel aux communautés arctiques locales et aux instituts de recherche; |
| P. | considérant que la Russie a considérablement renforcé ses infrastructures militaires et sa position militaire en Arctique, alimentant ainsi les tensions militaires dans la région; que le concept de politique étrangère russe de 2023 définit l’Arctique comme l’une des régions prioritaires pour la Russie; que la militarisation de l’Arctique va à l’encontre de l’esprit de coopération qui a régi jusqu’ici la relation entre les États de l’Arctique; |
| Q. | considérant que l’approfondissement de la coopération entre la Chine et la Russie dans l’Arctique, au moyen de projets énergétiques communs, d’investissements dans les infrastructures et d’entreprises de transport maritime le long des routes émergentes de l’Arctique, risque de consolider un axe géopolitique d’exploitation des ressources et de restreindre l’accès, au détriment des communautés côtières arctiques, des peuples autochtones et des garanties environnementales mondiales; que les violations par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États voisins, associées à son obstruction à la navigation en mer d’Azov, en mer Noire et en mer Baltique, suscitent de vives inquiétudes qui doivent être prises en considération dans toute évaluation des perspectives de maintien d’une coexistence pacifique dans l’Arctique; |
| R. | considérant que, notamment, la Russie améliore ses infrastructures arctiques par la construction et le déploiement du brise-glace nucléaire universel de Tchoukotka (projet 22220) dans le cadre de son programme plus large visant à assurer la navigation tout au long de l’année le long de la route de la mer du Nord; que la Russie construit des brise-glaces supplémentaires en vue de soutenir ses ambitions stratégiques dans l’Arctique; |
| S. | considérant que l’imagerie satellitaire de 2023 a révélé une nouvelle construction importante de bâtiments et d’infrastructures sur Novaya Zemlya, une île arctique éloignée historiquement utilisée par la Russie pour tester des armes nucléaires; que ces évolutions suscitent de vives inquiétudes quant au renouvellement des activités nucléaires dans l’Arctique et à leurs conséquences pour la sécurité régionale et la sûreté environnementale; que l’expansion par la Russie des infrastructures militaires, notamment sur l’île Wrangel, un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et une réserve naturelle, suscite de graves préoccupations en matière d’environnement, de sécurité et d’ordre juridique; |
| T. | considérant qu’en mars 2024, la Russie a adopté un décret étendant la zone arctique de la Fédération de Russie aux districts municipaux de Beriozovski et Beloïarski du district autonome Khanty-Mansi – Iougra; que cette expansion s’inscrit dans le cadre de la stratégie de la Russie visant à consolider le contrôle fédéral des ressources naturelles, à renforcer ses revendications territoriales et à attirer les investisseurs au moyen d’incitations dans les zones économiques spéciales; |
| U. | considérant que la Russie a intensifié les menaces hybrides dans la région arctique, notamment au moyen de cyberopérations et de brouillage des signaux GPS; que les eaux arctiques sont de plus en plus utilisées par la «flotte fantôme» russe, vieillissante et mal entretenue, qui opère sous pavillon de complaisance afin de contourner les sanctions internationales, ce qui pose des risques importants pour l’environnement, la sûreté et la sécurité dans cette région fragile; |
| V. | considérant que la Chine s’est autoproclamée «État proche de l’Arctique», qu’elle a proclamé une «route polaire de la soie» comme une extension de son initiative «nouvelles routes de la soie», et qu’elle ne cesse d’accroître son influence au nord du cercle polaire arctique, notamment au moyen d’investissements dans des entreprises russes; que le livre blanc sur la sécurité nationale de la Chine dans la nouvelle ère, publié en 2025, fait de la «sécurité polaire» une composante de son concept global de sécurité nationale; |
| W. | considérant que la proclamation de la Chine comme «État proche de l’Arctique» constitue une autodésignation trompeuse, dénuée de fondement juridique, qui ne confère aucun privilège ni aucune justification à une présence militaire dans le Grand Nord; que la Chine dissimule ses activités militaires et politiques sous couvert de recherches scientifiques, les stations de recherche chinoises dans l’Arctique, telles que la station «Fleuve jaune» du Svalbard et l’Observatoire des sciences de l’Arctique Chine-Islande à Kárhóll, ayant des applications potentielles à double usage; qu’en octobre 2024, les garde-côtes chinois ont affirmé être entrés pour la première fois dans l’océan Arctique lors d’une patrouille commune avec la Russie, signe supplémentaire de la volonté coordonnée de la Chine et de la Russie d’étendre leur influence stratégique dans le Grand Nord; |
| X. | considérant que, ces dernières années, plusieurs pays européens ont bloqué des tentatives d’acquisition par la Chine d’infrastructures arctiques sensibles pour des raisons de sécurité nationale, notamment la décision du Danemark, en 2016, de bloquer l’achat de la base navale de Grønnedal au Groenland, la décision de la Finlande, en 2018, de bloquer l’achat de l’aéroport de Kemijärvi situé près d’une zone militaire, et la décision de la Norvège, en 2024, de stopper la vente de Søre Fagerfjord à des acheteurs chinois; |
| Y. | considérant que, ces dernières années, la Russie et la Chine ont approfondi leur coopération dans l’Arctique grâce à la signature d’un accord de coopération entre garde-côtes, à la conduite d’exercices militaires conjoints, tels que «Océan-2024» et «Patrouille du Pacifique 2024», près de l’Arctique, ainsi qu’à des projets technologiques et de construction navale et de nouveaux corridors commerciaux le long de la mer du Nord, renforçant ainsi leur alignement stratégique dans le Grand Nord; que, malgré la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la Chine a poursuivi sa coopération arctique avec la Russie, remplaçant la perte des investissements provenant des entreprises occidentales à la suite des sanctions occidentales adoptées après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie; |
| Z. | considérant que la Chine teste actuellement, à l’aide d’un cargo, une route express vers l’Europe passant par l’Arctique, en vue d’établir un service régulier via la route maritime du Nord russe, qui relierait plusieurs ports asiatiques et européens; |
| AA. | considérant que l’approche des États-Unis à l’égard de l’Arctique, qui tend vers une participation accrue, a été précédée de certaines déclarations regrettables concernant le Groenland; |
| AB. | considérant que les peuples autochtones et les communautés locales possèdent des savoirs traditionnels irremplaçables, sont les principaux gardiens des écosystèmes arctiques et sont dans le même temps touchés de manière disproportionnée par le changement climatique, la marginalisation socio-économique et la dégradation de l’environnement, tout en demeurant souvent exclus des processus décisionnels; qu’il existe un large consensus parmi les décideurs européens sur la nécessité de renforcer le soutien aux populations autochtones et de privilégier davantage leurs intérêts lors de l’élaboration des politiques, tout en veillant à ce que leurs savoirs fondés sur la communauté soient respectés et pris en compte dans toutes les évolutions des politiques; que le Conseil de l’Arctique a pris des mesures importantes pour s’employer à résoudre ce problème; |
| AC. | considérant que le Danemark, la Suède et la Finlande sont signataires de la déclaration d’Ottawa de 1996, qui confirme leur engagement en faveur du bien-être des habitants de l’Arctique, notamment en reconnaissant la relation particulière et les contributions uniques des peuples autochtones et de leurs communautés à l’Arctique, reconnaît les savoirs traditionnels des peuples autochtones et demande qu’ils soient pleinement consultés et associés aux processus décisionnels; |
| AD. | considérant que les régions arctiques de l’Union servent de point de départ à son engagement et à sa présence dans l’Arctique au sens large, et fournissent des ressources pour l’autonomie stratégique européenne tout en répondant aux intérêts locaux, tels que la demande croissante de ressources naturelles et les droits des populations autochtones; que le soutien de l’Union dans le cadre de la politique de cohésion, d’Interreg, d’Horizon Europe et des programmes de développement rural en faveur de zones telles que les régions septentrionales peu peuplées et de réseaux tels que le forum des maires de l’Arctique et les six pays arctiques sont essentiels pour les intérêts de l’Union dans la région; |
| AE. | considérant que des initiatives telles que le Sommet du peuple autochtone sami de la mer de Barents, qui s’est tenu au Parlement européen en 2023, peuvent renforcer davantage la coopération avec la communauté sami; |
| AF. | considérant que le Groenland présidera, au nom du Royaume de Danemark, le Conseil de l’Arctique pour la période 2025-2027, ce qui constitue une occasion cruciale de renforcer une gouvernance inclusive et fondée sur des règles pour l’Arctique; |
| AG. | considérant que la stratégie du Groenland consiste à renforcer sa représentation diplomatique dans le monde entier, notamment en prévoyant d’ouvrir des bureaux à Ottawa et à New York, tout en maintenant ses représentations à Washington, Pékin, Reykjavik et Bruxelles; que l’importance stratégique de la base spatiale des États-Unis à Pituffik au Groenland est essentielle pour le système de défense antimissile et les activités de surveillance spatiale de l’OTAN; |
| AH. | considérant qu’à la suite des recommandations répétées du parlement, l’Union a finalement ouvert un bureau de l’UE à Nuuk en mars 2024, renforçant sa présence diplomatique et favorisant une coopération plus étroite avec le Groenland; que l’Union et les Îles Féroé sont convenues d’un partenariat renforcé, y compris sur la coopération en matière de pêche, de climat, et d’autres questions stratégiques; |
| AI. | considérant que les ressources abondantes de l’Arctique dans le domaine des hydrocarbures, des terres rares, de la pêche et autres sont de plus en plus convoitées, et nécessitent l’établissement de normes strictes en matière de durabilité ainsi qu’un partage équitable des avantages; |
| AJ. | considérant que l’Arctique dispose de diverses ressources énergétiques essentielles pour les transitions écologique et numérique de l’Union, notamment l’hydrogène vert, l’énergie hydroélectrique, l’énergie éolienne et l’énergie géothermique, ce qui peut contribuer à diversifier et à décarboner le bouquet énergétique de l’Union; que des investissements stratégiques sont nécessaires pour sécuriser les matières premières critiques essentielles à la compétitivité industrielle et aux capacités de défense de l’Union; |
| AK. | considérant que des initiatives telles que Polar Connect et le concept «Vision 2030» envisagent la mise en place de câbles sous-marins transarctiques résilients reliant le Groenland et l’Islande à l’Europe continentale; que ces projets sont vulnérables aux menaces hybrides émanant d’acteurs malveillants tels que la Russie et la Chine; |
| AL. | considérant que le développement de câbles à fibres optiques sous-marins arctiques reliant l’Europe au Japon et à la Corée du Sud représente une occasion stratégique d’améliorer la connectivité numérique sûre et à haut débit, de renforcer la souveraineté numérique de l’Union et d’approfondir la coopération entre l’Union et l’Asie; que la protection des câbles et des pipelines sous-marins, des systèmes de communication et des corridors de transport dans l’Arctique est essentielle pour la sécurité numérique, énergétique et économique de l’Union et de l’EEE; |
| AM. | considérant que le Groenland, l’Islande et la Norvège gèrent la plus grande pêche durable de l’Arctique et que la région développe son expertise en matière de biotechnologie et d’innovation, qui sont vitales pour la sécurité alimentaire, l’économie bleue et le rôle moteur dans le domaine scientifique de l’Union; que la convention des Nations unies sur le droit de la mer contient des dispositions relatives aux droits, obligations et responsabilités des États en matière de protection de l’environnement; |
| AN. | considérant que le potentiel économique de l’Arctique s’étend au-delà des ressources naturelles à des secteurs tels que le tourisme durable, la technologie spatiale et les infrastructures de centres de données, ce qui offre à l’Union des possibilités de mettre en place des partenariats stratégiques qui tirent parti de la géographie unique de la région, des ressources énergétiques renouvelables et de la proximité d’alliés clés; |
| AO. | considérant que le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» signifie ne pas soutenir ou mener d’activités économiques qui causent un préjudice grave à des objectifs environnementaux, au sens de l’article 17 du règlement (UE) 2020/852 (2); |
| AP. | considérant que les connexions énergétiques avec l’Arctique – notamment les importations de pétrole et de gaz en provenance de la mer de Barents norvégienne, les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) via les routes maritimes arctiques durant la période de transition vers l’autonomie énergétique de l’Union, les exportations d’énergies renouvelables et le potentiel en matière d’hydrogène vert en provenance d’Islande et du Groenland, les projets d’infrastructure soutenus par l’Union, tels que des câbles et des pipelines sous-marins, ainsi que la coopération en matière de recherche et d’innovation pour le développement durable – sont essentielles pour la sécurité énergétique de l’Union et son futur développement économique, et pour garantir des investissements dans les économies et les infrastructures arctiques locales; que des partenaires et des approvisionnements énergétiques fiables sont essentiels pour garantir la sécurité globale, comme l’illustre la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et la crise énergétique qui en a découlé; |
| AQ. | considérant que l’Arctique souffre d’une pénurie d’infrastructures, ce qui désavantage les populations locales et d’autres personnes; que le développement de projets d’infrastructure polyvalents pourrait contribuer à remédier à ces lacunes et à relever les enjeux plus vastes liés à la sécurité; |
| AR. | considérant que les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) nouvellement construits et prévus – en particulier les unités flottantes de stockage et de regazéification en faveur desquelles les États membres de l’Union se sont engagés ces dernières années – constituent une passerelle essentielle pour le GNL norvégien, renforçant davantage la diversification et la sécurité de l’approvisionnement; que la poursuite du développement et de la production de brise-glaces est essentielle pour l’exploration et la sécurité de l’Arctique, et que la Finlande dispose d’une expertise particulière à cet égard; |
| AS. | considérant que la recherche financée par l’Union, les partenariats Horizon Europe et les services par satellite Copernicus fournissent des données essentielles pour la sécurité, la résilience au changement climatique, la sécurité de la navigation et la gestion environnementale dans le Grand Nord; |
| AT. | considérant que la connectivité par satellite sûre, résiliente et autonome constitue un atout stratégique pour préserver les communications, améliorer l’appréciation de la situation, protéger les infrastructures critiques et renforcer la capacité de l’Union à prévenir et à décourager les menaces hybrides et conventionnelles dans l’Arctique, ainsi qu’à répondre à ces dernières; |
| AU. | considérant que les technologies spatiales, y compris le positionnement, la navigation, l’observation de la Terre et les communications par satellite, sont essentielles pour l’appréciation de la situation dans l’Arctique, la surveillance de l’environnement et la connectivité; que la situation géographique et les installations de la Norvège, telles que le centre spatial d’Andøya et la mission arctique consacrée au haut débit satellitaire, fournissent des infrastructures critiques soutenant les intérêts de l’Union et permettent un accès européen indépendant à l’espace; qu’une coopération renforcée avec la Norvège en matière de capacités spatiales est essentielle pour faire progresser la stratégie pour l’Arctique et la sécurité de l’Union; |
| AV. | considérant que le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) joue un rôle central dans l’élaboration et la coordination de la politique arctique de l’Union; |
| 1. | recommande au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité:
|
| 2. | charge sa Présidente de transmettre la présente recommandation au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que, pour information, aux gouvernements et aux parlements des États de l’Arctique, ainsi qu’aux organisations qui représentent les peuples autochtones. |
(1) JO C 132 du 24.3.2022, p. 113.
(2) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2020/852/oj).
(3) Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada, d’une part, et l’Union européenne et ses États membres, d’autre part (JO L 11 du 14.1.2017, p. 23, ELI: http://data.europa.eu/eli/agree_internation/2017/37/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/1722/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
P10_TA(2025)0340 — Enlèvement massif d’enfants au Nigéria, y compris à l’école catholique Saint Mary, à Papiri — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les enlèvements massifs d’enfants au Nigéria, y compris à l’école catholique Saint Mary, à Papiri (2025/3029(RSP))
18/12/2025
P10_TA(2025)0345 — Attaques hybrides continues de la Biélorussie contre la Lituanie — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les attaques hybrides continues de la Biélorussie contre la Lituanie (2025/3025(RSP))
18/12/2025
P10_TA(2025)0339 — Arrestations et jugements arbitraires en Azerbaïdjan des universitaires Bahruz Samadov et Igbal Abilov — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les arrestations et jugements arbitraires en Azerbaïdjan des universitaires Bahruz Samadov et Igbal Abilov (2025/3028(RSP))
18/12/2025
P10_TA(2025)0343 — Mise en œuvre du régime de conditionnalité liée à l'état de droit — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur la mise en œuvre du régime de conditionnalité liée à l’état de droit (2025/2061(INI))
18/12/2025