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AccueilDroit européen52025IR1930
Initiative législative52025IR1930

Avis du Comité européen des régions — L’adaptation au changement climatique dans les villes et les régions: l’élaboration du plan européen d’adaptation au changement climatique

CELEX52025IR1930
TypeInitiative législative
Datejeudi 11 décembre 2025

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions formule des recommandations pour l'élaboration du futur plan européen d'adaptation au changement climatique, en insistant sur le rôle central des collectivités locales et régionales. Il préconise une approche territorialisée, un financement dédié et une meilleure intégration des enjeux d'adaptation dans les politiques de l'Union, notamment en matière d'urbanisme et de cohésion. Pour un professionnel du droit français, ce texte annonce des évolutions normatives et des obligations potentielles pour les collectivités territoriales en matière de planification et de mise en œuvre de mesures d'adaptation.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/764

24.2.2026

Avis du Comité européen des régions — L’adaptation au changement climatique dans les villes et les régions: l’élaboration du plan européen d’adaptation au changement climatique

(C/2026/764)

Rapporteur

:

Matteo LEPORE (IT/PSE), maire de Bologne

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

1.

se félicite de l’intention déclarée de la Commission européenne d’adopter, au second semestre de 2026, une initiative européenne pour la résilience face au changement climatique et la gestion des risques; souligne la nécessité de promouvoir l’adaptation en tant que nouvelle forme culturelle de changement social et économique, associant l’ensemble de la société, les collectivités locales et régionales et les organismes techniques, afin de garantir une approche cohérente, transformatrice et coordonnée grâce à une gouvernance forte à plusieurs niveaux, et qui tienne compte des particularités, des risques et des possibilités au niveau local; relève que la nature législative de l’initiative sera essentielle pour garantir la certitude juridique, la planification à long terme et la mise en œuvre en temps utile des mesures climatiques; demande donc à cet effet que soit défini un objectif à l’échelle de l’Union et à l’horizon 2050 en matière d’adaptation au changement climatique;

2.

fait valoir que le changement climatique représente un risque macroéconomique, budgétaire et financier important, qui a des répercussions sur les finances publiques, les assurances, les investisseurs et les marchés; reconnaît que la crise climatique doit également être considérée comme une crise sanitaire et que les mesures d’atténuation et d’adaptation, surtout les solutions fondées sur la nature, génèrent des avantages directs pour la santé; attire l’attention, entre autres, sur les estimations selon lesquelles une augmentation de la végétalisation urbaine jusqu’à hauteur de 30 % pourrait réduire de 40 % l’excès de mortalité causé par les vagues de chaleur (1);

3.

rappelle qu’en 2023, l’Europe a enregistré une surmortalité de 47 690 décès due au réchauffement climatique et qu’entre 1980 et 2023, les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont causé des pertes économiques estimées à 738 milliards d’EUR; insiste sur l’urgence d’intensifier le suivi et l’évaluation des risques et des vulnérabilités climatiques, et de renforcer les actions d’adaptation aux fins également de préserver la compétitivité, la sécurité et la prospérité de l’UE, en protégeant les citoyens, les écosystèmes, l’agriculture, les infrastructures, les services essentiels et l’économie; fait observer que les mesures d’adaptation doivent être proactives plutôt que réactives, en anticipant les risques climatiques et en intégrant la prévention et la préparation dans l’ensemble des politiques et plans en la matière; souligne en outre que le coût de l’inaction sera exponentiellement plus élevé que les investissements initiaux nécessaires à l’adaptation, comme l’ont également montré les récentes catastrophes naturelles, et rappelle par ailleurs que cette nécessité qui prévaut à l’échelle mondiale génère une forte demande en technologies propres et d’innovation;

4.

rappelle également que les dommages économiques anticipés sont très inégalement répartis entre les régions d’Europe selon leur situation géographique et pèsent de manière disproportionnée sur les régions les plus pauvres et les plus vulnérables au changement climatique, telles que les territoires insulaires et les régions ultrapériphériques, ainsi que sur celles qui sont touchées par des phénomènes de dépeuplement et des changements d’ordre démographique, qui ont donc davantage de difficultés à prendre des mesures d’adaptation au changement climatique. Faute d’intervention, les effets du changement climatique exacerberont ces disparités, aggraveront les inégalités sociales, économiques et territoriales existantes et saperont l’objectif de cohésion territoriale inscrit dans le traité sur l’Union européenne lui-même;

5.

insiste sur les principes de subsidiarité et de proportionnalité, que doivent respecter toutes les mesures proposées, et indique qu’il convient d’éviter autant que possible de créer des charges administratives supplémentaires;

6.

demande que l’initiative promeuve des mesures complémentaires des politiques d’atténuation et crée des synergies avec celles-ci; en particulier la transition juste, les plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat (PNEC), les plans nationaux d’adaptation (PNA) et les stratégies à long terme au titre du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat doivent devenir corrélés et, lorsque c’est possible, unifiés. Il convient d’éviter les doubles emplois afin de réduire la charge administrative et la fragmentation, et d’harmoniser les obligations de déclaration dans les cadres existants; insiste sur le fait que des mécanismes clairs sont nécessaires pour établir les responsabilités et faire appliquer les règles, de sorte à éviter les retards ou les lacunes dans la mise en œuvre;

7.

réclame le soutien de l’Union et des États membres pour créer des pactes verts locaux qui représenteront le lien opérationnel entre les stratégies à l’échelon européen et national et leur réalisation au niveau local, intégrant l’atténuation et l’adaptation grâce à des indicateurs clés de performance et à des jalons, garantissant la bancabilité et alignant la planification, les marchés publics, les compétences et les investissements;

8.

enjoint à la Commission de demander aux États membres de mettre en place des mécanismes de consultation et de participation systématiques des collectivités locales et régionales au moyen de groupes de pilotage assortis de mécanismes de codécision lors des premiers stades de la procédure législative et de la mise en œuvre des politiques d’adaptation; appelle à ce que les structures de gouvernance à plusieurs niveaux prévues à l’article 11 dans le cadre de la révision du règlement sur la gouvernance soient rendues obligatoires et à ce que les dispositions des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) relatives à l’adaptation soient renforcées, et à ce que des indicateurs mesurant les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs européens et nationaux en matière d’adaptation soient définis avec les collectivités locales et régionales et reposent sur la participation de la société civile et des citoyens; rappelle que, selon la récente évaluation à l’échelle de l’Union de la version finale des PNEC, seuls certains d’entre eux intègrent suffisamment la préparation et la résilience face aux incidences du changement climatique, et seuls quelques-uns prévoient des mesures en matière de résilience dans le domaine de l’eau (2);

9.

demande une cohérence accrue avec d’autres politiques connexes, notamment en ce qui concerne la transition juste, la stratégie de l’Union européenne pour la préparation, la résilience en matière d’eau, la restauration de la nature, la surveillance des sols, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, la politique côtière, les marchés publics et la directive sur l’efficacité énergétique des bâtiments, ainsi qu’avec les politiques non environnementales telles que les politiques en matière de finances, de finances publiques et d’infrastructures;

10.

invite instamment la Commission à veiller à ce que l’adaptation soit une priorité du programme de l’UE pour les villes en mobilisant des initiatives clés telles que la Convention des maires, et à ce qu’elle soit dûment prise en compte dans les plans de partenariat nationaux et régionaux au titre du futur cadre financier pluriannuel (CFP), qui doivent garantir pleinement la participation des collectivités locales et régionales;

11.

encourage les collectivités locales à mettre en place, dans le cadre de leur budget, un fonds municipal pour l’adaptation et la prévention des risques climatiques, y compris la planification et la prévention des risques, ainsi que l’intervention d’urgence et la reconstruction, y compris en recourant aux outils fiscaux locaux, dans les limites de leurs possibilités et en fonction de leurs compétences respectives;

12.

appelle la Commission à renforcer les aspects multi-niveaux des lignes directrices relatives aux stratégies et plans d’adaptation des États membres et presse les États membres de mettre en place, conformément aux orientations de la Commission, des structures nationales de coordination de l’adaptation multi-niveaux assorties de critères transparents en ce qui concerne leur organisation ainsi que la répartition de leurs compétences et responsabilités, en veillant à la participation des collectivités locales et régionales, des réseaux d’entités communales et intercommunales (groupements de communes) et des agences locales et régionales du climat, de l’énergie et de l’environnement et de tous les secteurs concernés; rappelle que le manque de clarté au niveau des responsabilités et de la coordination est l’un des principaux obstacles à la mise en œuvre des politiques et qu’il peut entraîner des pertes de vies humaines, des dommages aux écosystèmes et d’énormes pertes économiques;

13.

souligne que les structures de recherche scientifique doivent être un pilier essentiel de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’examen continu des mesures d’adaptation et fournir un soutien adéquat et ciblé, y compris aux collectivités locales et régionales; insiste dès lors sur l’importance de garantir des ressources appropriées et l’indépendance de la recherche sur le climat dans l’Union;

14.

se félicite des progrès accomplis par la CCNUCC en vue d’atteindre l’objectif global en matière d’adaptation; est d’avis que la réalisation dudit objectif au moyen d’instruments contraignants pour les collectivités locales et régionales est très utile, à condition qu’elle passe par une flexibilité et un soutien suffisants aux autorités soumises à ces obligations; invite la Commission à envisager la création d’un comité de pilotage réunissant le CdR, les réseaux pertinents de collectivités locales et régionales et la Fédération européenne des agences et régions pour l’énergie et l’environnement (Fedarene) afin de soutenir la transposition des décisions prises au niveau mondial par la CCNUCC en tenant pleinement compte des défis de la mise en œuvre au niveau local;

15.

reconnaît que le principe de résilience dès la conception est essentiel pour l’adaptation et nécessite une méthodologie adaptée aux contextes spécifiques afin de garantir sa pleine efficacité; propose que ce principe soit obligatoire pour l’accès à toute forme de financement européen; souligne que la prise en compte des enjeux climatiques est essentielle pour garantir que les actions préviennent les dommages causés par les risques climatiques et qu’elle doit être intégrée au principe consistant à «ne pas causer de préjudice important», en veillant à ce qu’aucun préjudice de ce type ne soit causé à l’environnement ou à la société, que ce soit dans le secteur public ou privé;

16.

invite tous les dirigeants locaux et régionaux à donner une impulsion politique forte pour donner la priorité à l’adaptation, en utilisant les instruments existants tels que la Convention des maires d’Europe, le seul instrument couvrant à la fois l’atténuation et l’adaptation, la mission 100 «Villes neutres pour le climat et intelligentes» et la mission «Adaptation au changement climatique»; est conscient du rôle crucial que jouent les villes et les régions participant à ces missions en qualité de laboratoires de solutions innovantes, demande que ces missions se poursuivent au-delà de 2030 et juge essentiel que les approches écosystémiques territorialisées soient au cœur des politiques d’adaptation de l’Union; demande à la Commission d’apporter un soutien politique concret à ces initiatives et de promouvoir une approche d’inclusion de la société dans la mise en œuvre des actions; estime que le modèle des «contrats de ville» pour le climat devrait systématiquement inclure des mesures d’adaptation, en fournissant un cadre intégré reliant les politiques de l’Union, les politiques nationales et l’action locale, et en renforçant les capacités, les outils et la voix des villes et des régions; souligne que la Convention des maires d’Europe est le meilleur outil pour aider les villes de petite et moyenne tailles à développer leur capacité de planification et d’investissement en faveur de la résilience face au changement climatique;

17.

invite la Commission, le JRC et l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) à harmoniser, en coordination avec les structures nationales existantes, les outils de production et d’analyse des données et les méthodes d’évaluation des risques. Cette évaluation de la vulnérabilité et du risque encouru par les territoires devrait être intégrée au processus du Semestre européen au niveau national et construite sur la base de plans locaux de vulnérabilité qui deviendraient un nouvel instrument contraignant pour les administrations locales et régionales; cette nouvelle obligation s’accompagnerait de ressources adéquates et de mécanismes de soutien;

18.

demande le renforcement de Climate-ADAPT — en intégrant les outils existants tels que la Convention des maires et la mission «Adaptation au changement climatique», les données du premier rapport EUCRA et les données fournies par Copernicus — afin que cette plateforme devienne un pôle de référence européen unique pour l’adaptation, en coopération et en liaison avec les organismes techniques territoriaux tels que les agences locales et régionales du climat, de l’énergie et de l’environnement. Ce pôle aurait vocation à aider les administrations locales à coordonner les outils, les bonnes pratiques et la gouvernance, en veillant à ce que lesdits outils soient également accessibles aux petites municipalités via un portail multilingue. Il pourrait coordonner les travaux sur l’harmonisation des outils, des méthodologies et des données, en travaillant avec les structures nationales de coordination et en associant les collectivités locales et régionales en tant qu’acteurs clés;

19.

invite la Commission européenne à favoriser l’intégration de normes de résilience, telles que celles de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) ou du Comité européen de normalisation (CEN), dans les directives, les lois sectorielles et les règles en matière de marchés publics, car elles sont essentielles pour améliorer la qualité des mesures prises en matière de résilience et pour mieux les comparer et les transposer à plus grande échelle, et parce qu’elles peuvent aider à promouvoir l’innovation dans le secteur privé et à améliorer la compétitivité mondiale de l’Europe en matière de solutions de résilience;

20.

souligne la nécessité de différencier les stratégies d’adaptation entre les villes et les régions: l’adaptation à l’échelle macro nécessite une planification large et impliquant de multiples parties prenantes, tandis que l’adaptation locale devrait être intégrée dans la planification et les procédures ordinaires ainsi que dans la conception des nouveaux aménagements urbains;

21.

souligne qu’il faut aussi se pencher, dans le cadre de l’adaptation, sur les déplacements de plus en plus fréquents au sein de l’Union ou en provenance de pays tiers qui sont induits par des facteurs climatiques, étant donné que les inondations, les incendies de forêt, l’augmentation du niveau de la mer et la sécheresse poussent de plus en plus de personnes à s’installer ailleurs; souligne que la responsabilité de la planification et du soutien aux populations concernées incombe principalement aux États membres et aux collectivités locales, mais nécessite également une solidarité européenne; invite la Commission et les États membres à préparer des plans d’urgence transfrontaliers et à soutenir les villes et régions d’accueil tout en apportant un soutien supplémentaire aux régions frontalières les plus exposées, qui voient leurs politiques publiques d’accueil et d’insertion socio-économique sérieusement mises à l’épreuve;

II. DONNÉES

22.

souligne la nécessité d’une approche «de la science à l’action», fondée sur les données locales, les technologies avancées et la recherche — notamment en utilisant des outils innovants comme les jumeaux numériques, les systèmes de prospective fondés sur l’intelligence artificielle et les plateformes de données ouvertes, ainsi qu’en s’appuyant sur la collaboration avec les experts et les assureurs, afin d’améliorer la modélisation et l’évaluation des risques et de garantir des mesures éprouvées, de réduire les risques de mauvaise adaptation et de promouvoir le principe de «reconstruire en mieux»; insiste en particulier sur la nécessité de remédier à la fragmentation actuelle des données disponibles dans les bases de données publiques et privées, et de garantir la disponibilité et l’accessibilité de ces données; demande que soient davantage soutenues les initiatives relevant de la science citoyenne qui donnent aux communautés locales les moyens de contribuer au suivi des vulnérabilités;

23.

estime que l’observation de la Terre, en particulier Copernicus et EUMETSAT, devrait jouer un rôle stratégique dans la surveillance du climat et la planification de l’adaptation au changement climatique, en fournissant des données ventilées localement, accessibles et utiles aux collectivités locales et régionales, en réduisant les coûts et en favorisant la transparence, les nouveaux modèles d’assurance et la gouvernance à plusieurs niveaux; demande que soit encouragée au sein de Copernicus la coopération avec le pôle européen d’adaptation, qui pourrait jouer à cet égard un rôle d’interface intégrant des données descendantes et ascendantes — de manière à prendre en compte les données locales dotées d’un niveau de résolution plus élevé, afin que celles-ci soient intégrées aux données fournies par Copernicus ou d’autres réseaux ou les valident — adaptée aux spécificités territoriales des différents États membres et utile aux collectivités locales, en s’appuyant sur l’expérience des agences régionales et locales du climat, de l’énergie et de l’environnement;

24.

invite la Commission à connecter les services de données sur l’adaptation et l’atténuation aux infrastructures technologiques et aux bancs d’essai, y compris les capteurs, les matériaux avancés, les solutions fondées sur la nature et la construction résiliente face au changement climatique, et à aligner les conditions d’accès sur les besoins en recherche, développement et innovation des start-up, des scale-up et des secteurs industriels établis;

25.

souligne l’importance que la future initiative comprenne un recensement des données au niveau macrorégional afin de recenser les territoires présentant des vulnérabilités similaires et de favoriser des solutions communes; invite la Commission et les États membres à continuer d’investir dans la collecte de données ventilées en temps réel, qui reflète la diversité des vulnérabilités sur tout le territoire européen, y compris les régions ultrapériphériques, et intègre l’échelle infranationale dans les prochaines éditions de l’EUCRA; enjoint également à la Commission d’aider l’AEE à fournir des analyses sectorielles et cumulatives au niveau infranational (au moins NUTS 2), en veillant à la cohérence entre les différentes échelles d’évaluation; demande également de promouvoir la coopération supranationale entre les différentes villes et régions appartenant à une même macro-zone afin de mettre en œuvre des projets conjoints à partir de ces solutions communes;

III. FONDS/FINANCES — RENFORCEMENT DU SOUTIEN FINANCIER ET DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES

26.

souligne que le fait de considérer les actions en faveur du climat et de l’environnement uniquement comme des «priorités transversales» dans le nouveau CFP risque de marginaliser la perspective climatique et de ralentir les actions essentielles aux niveaux local et régional en raison de l’accès difficile à des fonds ciblés; se déclare très préoccupé par l’arrêt du programme LIFE; invite les colégislateurs à garantir un cadre propice à la sécurité, à la résilience et à la compétitivité en prévoyant des financements flexibles et aisément accessibles, en augmentant les quotas alloués à l’action pour le climat et en posant des critères clairs, stricts et fondés sur des données scientifiques pour évaluer les projets transversaux; met en garde contre le fait que la gouvernance des plans de partenariat nationaux et régionaux proposés risque de réduire la participation des collectivités locales et régionales à la planification et leur capacité à absorber les ressources et à se projeter sur le long terme, ce qui nuirait à la prévisibilité nécessaire pour orienter les investissements essentiels à la réalisation des objectifs de neutralité climatique à l’horizon 2050 et de l’accord de Paris;

27.

est d’avis que, dans le prochain CFP, les flux de financement tels que le Fonds pour la compétitivité devraient comprendre des critères de résilience et assurer un accès équitable pour les petites municipalités et régions. Il convient aussi de prévoir des moyens de mobiliser des financements privés en normalisant l’information sur les risques et en intégrant la résilience dans les critères d’investissement. Dans le financement de la résilience, il faudrait aussi donner explicitement la priorité aux investissements positifs pour la nature qui génèrent des avantages connexes à long terme pour les sociétés et les économies, comme par exemple l’écoconception,la fabrication économe en ressources et la construction durable;

28.

souligne qu’il importe de renforcer le Fonds social pour le climat, y compris les mesures d’adaptation et les investissements territoriaux en faveur des groupes,secteurs et territoires les plus vulnérables, afin de garantir des transitions justes et équitables;

29.

demande que les financements innovants tels que les fonds renouvelables, les marchés publics écologiques et la collaboration entre les secteurs public et privé soient mis à profit; invite instamment la Commission à mettre au point des outils pour faciliter le financement privé; propose la création d’un groupe permanent entre la Banque européenne d’investissement (BEI) et les autorités locales, lequel collaborerait avec des structures techniques spécialisées telles que les agences locales et régionales du climat, de l’énergie et de l’environnement; plaide pour que les États membres soient invités à introduire des incitations fiscales pour encourager la participation privée et demande instamment à la Commission de mettre en place un accélérateur d’investissement afin de développer des projets susceptibles de bénéficier d’un financement et de faciliter les initiatives réunissant les investisseurs locaux, le secteur de l’assurance, les fournisseurs de solutions et les collectivités touchées;

30.

estime que l’assurance est un outil essentiel pour passer d’une gestion passive des crises à une gestion proactive des risques, en garantissant la résilience financière des citoyens, des entreprises et des organismes publics. La nouvelle initiative devrait aborder la question de l’assurance en évaluant les mécanismes de solidarité de l’UE, tels que la réassurance, et la création de modèles d’assurance permettant de partager les coûts entre les zones et les secteurs touchés, en évitant les asymétries nuisibles à la concurrence. En outre, les compagnies d’assurance elles-mêmes devraient contribuer financièrement, dans leur intérêt, à soutenir la prévention et l’adaptation, en encourageant les investissements des régions et des villes en faveur d’infrastructures résilientes, d’une utilisation intelligente des sols et d’une meilleure qualité des données;

IV. FORMATION, COMMUNICATION ET PARTICIPATION

Formation technique, universitaire et civique

31.

met en exergue la nécessité de former les professionnels publics et privés et d’associer la communauté scientifique au développement des connaissances locales, à la réduction des risques d’adaptations inappropriées et à la promotion de modèles de sensibilisation modulables, en particulier parmi les pans de la population les plus vulnérables; propose, dans ce contexte, que l’on renforce la communauté de la connaissance et de l’innovation (CIC) en matière de climat en mettant l’accent sur la résilience et l’adaptation et en fournissant des ressources supplémentaires de sorte à promouvoir la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat sur le terrain;

32.

souligne qu’il importe de renforcer les capacités administratives locales et régionales en intensifiant les financements et le soutien technique au moyen d’instruments adaptés aux besoins spécifiques des territoires en matière de gouvernance et de planification, y compris dans le cadre de la mission d’adaptation et des différents programmes de la BEI; propose la création d’une Académie européenne d’adaptation au changement climatique, à partir de l’expérience acquise dans le cadre de l’initiative ManagEnergy, afin de former les praticiens, les décideurs, les techniciens et les concepteurs, y compris les collectivités régionales et locales et leurs agences du climat, de l’énergie et de l’environnement, à la planification et à la mise en œuvre de mesures intégrées d’atténuation et d’adaptation. Cette académie serait appelée à élaborer des parcours régionaux, multiniveaux et accessibles à toutes les municipalités, en favorisant les groupements de territoires présentant des vulnérabilités similaires, l’échange de bonnes pratiques et la coopération transfrontalière et transversale; réaffirme son engagement à jouer un rôle plus important dans le soutien à la transformation climatique systémique de l’Europe par l’intermédiaire de son groupe de travail «Pacte vert — Investir l’échelon local», en mobilisant le soutien de l’Union en faveur de l’adaptation et de l’atténuation aux niveaux local et régional;

Sensibilisation et participation

33.

met en exergue l’importance de renforcer la communication sur l’adaptation au changement climatique, au moyen de fonds, d’un personnel spécialisé et d’outils clairs, en promouvant l’adaptation transformatrice en tant que changement social et économique positif; invite la Commission à lancer des campagnes de l’Union pour accroître la préparation et les comportements résilients, en s’appuyant sur l’expérience acquise dans le cadre du pacte européen pour le climat;

34.

souligne la nécessité de renforcer les initiatives éducatives, y compris les programmes scolaires et universitaires et les programmes de recherche, notamment grâce à des modules internationaux et aux séjours Erasmus, afin de favoriser la coopération entre les établissements d’enseignement et de recherche et de promouvoir la qualification de spécialistes en matière d’adaptation et de résilience face au changement climatique;

35.

demande que les nouveaux guichets uniques, prévus pour 80 000 habitants ou par région à l’article 18 de la directive relative à l’efficacité énergétique des bâtiments, soient utilisés en tant que centres régionaux d’orientation pour l’adaptation, afin d’aider les citoyens à accéder aux données sur les risques, aux conseils techniques et au soutien financier, ces centres pouvant éventuellement être gérés par les agences locales et régionales du climat, de l’énergie et de l’environnement;

36.

souligne que la communication de crise est essentielle dans la gestion des situations d’urgence, y compris la coordination opérationnelle et les messages destinés au public. Il est urgent de former les institutions à des stratégies de communication en temps utile, claires et rassurantes, et de promouvoir le partage d’approches numériques innovantes, y compris au moyen de lignes de financement spécifiques. Cela pourrait faire l’objet d’un suivi et d’une coordination par les structures nationales d’adaptation en coopération avec le mécanisme européen de protection civile. Les informations relatives au changement climatique et à l’adaptation doivent être communiquées dans un langage clair, par l’intermédiaire de tous les canaux appropriés afin d’atteindre tous les pans de la population;

37.

insiste sur le fait que les collectivités locales doivent lutter contre la désinformation et gagner la confiance du public afin de garantir le respect effectif des instructions en cas de crise; préconise donc une communication inclusive et participative sur l’adaptation au changement climatique dans les villes et les régions, qui s’adresse aux citoyens et aux groupes vulnérables au moyen des outils numériques, des réseaux sociaux et de la science citoyenne et leur fasse prendre conscience des bénéfices de l’adaptation sur le plan de la sécurité et de la santé, en particulier lorsque les solutions adoptées sont fondées sur la nature;

V. PLANIFICATION — PRÉVENTION, PRÉPARATION, PLANIFICATION ET GESTION DES SITUATIONS D’URGENCE

38.

rappelle que le rôle de la gestion des situations d’urgence doit être clairement intégré dans la planification de l’adaptation au changement climatique, de même qu’il y a lieu de tenir compte des informations tirées des projections climatiques dans la planification des situations d’urgence, avec des responsabilités définies pour chaque phase, y compris la prévention, la préparation, la réaction et le rétablissement, en pleine synergie avec la stratégie pour une union de la préparation. Il est essentiel de renforcer la coordination entre tous les niveaux de gouvernance pour garantir une action rapide et efficace;

39.

note que, lors de catastrophes climatiques, la mobilisation de volontaires, y compris ceux qui viennent d’autres pays, représente une ressource sociale extrêmement précieuse. Il convient de soutenir ces personnes par des mécanismes de réglementation et de coordination adéquats, de sorte à assurer leur sécurité, leur efficacité et leur pleine intégration dans les systèmes d’intervention d’urgence;

40.

attire l’attention sur l’importance de sensibiliser le monde des entreprises aux risques liés au changement climatique et à la nécessité de planifier la continuité des activités pour accroître la résilience et améliorer la capacité des entreprises à se rétablir rapidement après des événements extrêmes;

41.

invite la Commission et les États membres à renforcer la coordination entre les opérations d’urgence post-catastrophe et les activités de rétablissement soutenues par des fonds de l’Union, en promouvant un système européen de soutien rapide entre les États membres et en veillant à la pleine mise en œuvre du principe «reconstruire en mieux»;

42.

estime qu’il est essentiel de repenser les modèles de développement territorial et d’intégrer l’adaptation dans les stratégies de développement régional. L’aménagement du territoire doit être un pilier de l’initiative, l’accent étant placé sur la coopération entre les institutions spécialisées, les agences locales et régionales du climat, de l’énergie et de l’environnement et les centres de compétence territoriale; invite les États membres, par l’intermédiaire de leurs structures nationales de coordination, à procéder rapidement à un réexamen des principes d’urbanisme et de construction susceptibles d’entraver l’adaptation; appelle à cet égard la Commission à proposer des lignes directrices sur l’intégration systématique de l’adaptation dans l’aménagement du territoire et l’urbanisme et à demander aux États membres de réviser en tant que de besoin la législation existante à la lumière de ces lignes directrices;

43.

demande que les principes des villes éponges et les infrastructures vertes, comme les parcs inondables, les toitures végétalisées et les corridors écologiques, soient intégrés dans l’aménagement urbain, en complément de l’aménagement plus large du territoire et des solutions fondées sur la nature, de sorte à gérer les eaux pluviales, réduire les risques d’inondation fluviale ou par submersion marine, promouvoir les refuges climatiques dans les villes, améliorer les microclimats locaux et renforcer la résilience;

44.

souligne que, parallèlement à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme, les stratégies d’adaptation doivent garantir la résilience des infrastructures critiques, et notamment des systèmes alimentaires et énergétiques, des réseaux électriques, des installations décentralisées d’énergie renouvelable, des transports publics et des réseaux routier et ferroviaire, pour faire en sorte qu’elles restent opérationnelles pendant les vagues de chaleur, les inondations et les autres phénomènes climatiques extrêmes; rappelle que ces mesures améliorent également la résilience des infrastructures critiques face aux menaces pour la sécurité;

45.

souligne la nécessité d’équiper les territoires, en particulier les zones urbaines, d’un réseau de refuges climatiques qui offrent une protection contre les conditions météorologiques extrêmes, en particulier aux groupes vulnérables;

46.

rappelle que le déploiement de solutions fondées sur la nature, aux bénéfices multiples, est essentiel pour lutter contre le changement climatique, améliorer la santé et la sécurité, garantir l’approvisionnement en nourriture et en eau et promouvoir l’équité sociale. L’initiative devrait mettre l’accent sur ces solutions en priorité, notamment en promouvant la restauration des forêts, des sols, des marais, des méandres,des cycles naturels de l’eau et des zones humides en tant que défenses naturelles, en évitant les nouvelles constructions dans les zones à risque, les pénuries de ressources et l’abandon des terres;

47.

rappelle que l’adaptation au changement climatique nécessite également de transformer en profondeur les systèmes de mobilité; demande que le transport des personnes, et surtout celui des marchandises, soit davantage orienté vers des modes plus écologiques et plus résistants au changement climatique. Le rail, qui est efficace d’un point de vue énergétique, doit jouer un rôle clé à cet égard; précise que les infrastructures de mobilité résilientes et durables permettent non seulement de réduire les émissions, mais aussi d’améliorer les capacités d’adaptation des villes et des régions aux phénomènes météorologiques extrêmes;

48.

souligne la nécessité de coordonner les initiatives de l’UE en matière d’infrastructures afin que les projets soient «zéro net» dès la conception et intègrent des critères d’adaptation et d’atténuation dès ce moment, y compris dans le domaine de la mobilité militaire, en adoptant des méthodes scientifiques internationales telles que celles du GIEC pour l’évaluation des risques climatiques;

VI. PROMOUVOIR LA JUSTICE

49.

demande aux collectivités locales de s’engager activement aux côtés des citoyens, des communautés et des associations locales et de coopérer avec eux afin d’identifier les défis climatiques locaux et de les relever. L’objectif est de faire en sorte que les mesures d’adaptation soient conçues conjointement et acceptées socialement, qu’elles répondent aux besoins locaux et qu’elles renforcent la participation démocratique et la confiance dans les autorités locales;

50.

reconnaît qu’il y a au sein de l’Union des secteurs économiques et des collectivités qui sont plus vulnérables aux effets du changement climatique, qui sont par conséquent confrontés à des risques climatiques disproportionnés et qui manquent souvent de ressources adéquates; préconise un renforcement des capacités consacrées à l’identification précoce des nouveaux groupes potentiellement vulnérables qui apparaissent en raison de problèmes liés au changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci. Le cadre doit intégrer la justice climatique ainsi que des approches tenant compte de la dimension de genre, et prévoir des structures adéquates au sein du pôle européen d’adaptation. Il devrait donner la priorité aux investissements d’adaptation dans les régions et territoires les plus directement touchés, garantir une surveillance des vulnérabilités émergentes, encourager une prise de décision inclusive et promouvoir une résilience juste et équitable grâce à une coopération étroite des structures nationales de coordination avec les collectivités locales et régionales; tous les plans d’adaptation nationaux, régionaux et locaux doivent comprendre des mesures concrètes pour aider rapidement les nouveaux groupes vulnérables qui apparaissent;

51.

reconnaît que les groupes vulnérables, y compris les enfants, les personnes âgées ou handicapées et les ménages à faibles revenus, sont confrontés à des risques climatiques disproportionnés et doivent bénéficier d’un accès prioritaire au financement et aux aides au titre de l’adaptation;

52.

attire l’attention des États membres sur le fait que le problème de la précarité énergétique est de plus en plus accentué par les effets plus larges de la précarité climatique. Cette question doit être abordée de toute urgence dans les plans sociaux pour le climat à l’échelle nationale, et les mesures qu’il faudra inévitablement prendre à l’avenir en matière d’adaptation au changement climatique doivent être soigneusement évaluées sous l’angle de leur incidence sociale potentielle, surtout sur les groupes vulnérables;

53.

reconnaît que le changement climatique exacerbe les risques pour la santé publique et peut entraîner des crises sanitaires, touchant particulièrement les personnes vulnérables; demande d’intégrer les considérations relatives à la santé dans l’initiative, de tirer parti de plateformes telles que l’Observatoire du climat et de la santé de l’AEE pour prendre des décisions fondées sur des données éprouvées et, enfin, de donner la priorité aux investissements dans la résilience sanitaire locale;

54.

propose que soit mis en place un forum au sein duquel, tous les deux ans, différents acteurs des niveaux local, régional, national et européen pourraient échanger sur l’état d’avancement du cadre européen intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques, et notamment sur sa mise en œuvre, les bonnes pratiques et des idées d’action conjointe et de mécanismes de solidarité;

55.

estime que la santé mentale et la résilience psychosociale devraient être intégrées dans la planification de l’adaptation, moyennant des aides pour les citoyens et les communautés qui sont confrontés à des traumatismes, à l’anxiété écologique et au stress causé par les effets du climat, en accordant une attention particulière aux enfants et aux personnes âgées.

Bruxelles, le 11 décembre 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) Commission européenne, «Increasing tree coverage to 30 % in European cities could reduce deaths linked to urban heat island effect».

(2) Évaluation à l’échelle de l’UE de la version finale des plans nationaux en matière d’énergie et de climat — Atteindre les objectifs de l’Union en matière d’énergie et de climat à l’horizon 2030.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/764/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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