LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52025IR1934
Initiative législative52025IR1934

Avis du Comité européen des régions — Stratégie européenne pour une union de la préparation

CELEX52025IR1934
TypeInitiative législative
Datemercredi 10 décembre 2025

Résumé IA

Le Comité européen des régions (CdR) émet un avis sur la stratégie européenne visant à renforcer la préparation et la résilience de l'Union face aux crises (sanitaires, climatiques, cyber, etc.). Il souligne le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de cette préparation, appelant à une approche ascendante et à des financements dédiés. L'avis insiste sur la nécessité de coordonner les actions entre les niveaux européen, national et local pour garantir une réponse efficace et inclusive.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/762

24.2.2026

Avis du Comité européen des régions — Stratégie européenne pour une union de la préparation

(C/2026/762)

Rapporteure

:

María Isabel URRUTIA DE LOS MOZOS, ministre régionale chargée de la présidence, de la justice, de la sécurité et de la simplification administrative, gouvernement de Cantabrie

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CDR)

L’Union dont nous avons besoin

1.

estime que la préparation de l’Europe est impérative et urgente; soutient la décision d’adopter une stratégie comprenant des mesures et des instruments associant l’Union européenne, ses États membres, toutes les institutions, tous les niveaux de gouvernement (y compris les échelons régionaux et locaux), le secteur privé, les citoyens et la société dans son ensemble afin de faire face aux menaces et aux dangers multidimensionnels, complexes et transfrontières auxquels ils sont confrontés. Il est temps de passer des paroles aux actes et d’intégrer dans une stratégie unique la coordination de l’ensemble des parties, afin de prendre des décisions claires, complexes mais nécessaires, et de relever les défis auxquels font face tous les États membres de l’Union. Il y a lieu que cette stratégie inclue des politiques de sécurité publique et de sécurité nationale qui soient cohérentes, homogènes et harmonieuses dans leur ensemble;

2.

est d’avis que la préparation de l’Europe est incontestablement liée à sa sécurité et à son développement sur les plans économique, social et du bien-être, et que ces deux éléments sont garantis par le libre exercice des droits de tous les citoyens: sans sécurité, il n’y a pas de liberté; soutient la nouvelle stratégie européenne de sécurité intérieure, qui vise à favoriser un changement de culture en la matière au moyen de nouvelles formes de gouvernance qui anticipent les risques et d’une approche englobant l’ensemble de la société, associant les citoyens, les entreprises et la société civile, répondant aux changements que connaît l’environnement de sécurité dans un paysage géopolitique en mutation, et tenant compte de l’évolution des risques pour la sécurité, notamment les menaces hybrides;

3.

déplore que les collectivités locales et régionales ne se voient pas confier un rôle formel et contraignant dans les phases de préparation, d’anticipation, de prévention et de réaction, et rappelle leur valeur stratégique; affirme qu’il ne sera possible de parvenir à une préparation efficace et réussie de l’Europe qu’avec le soutien desdites collectivités, étant donné que la gouvernance à plusieurs niveaux et le respect du principe de subsidiarité sont au cœur des enjeux, et qu’avec une centralisation, un manque de coordination et une absence de transfert de connaissances, d’évaluations et de ressources, la préparation serait vouée à l’échec;

4.

rappelle que les collectivités locales et régionales assument un rôle central dans l’architecture démocratique et administrative de l’Europe, dans la mesure où elles sont le premier point de contact avec les citoyens lorsqu’ils en ont le plus besoin, elles gèrent des services publics essentiels et elles participent activement à la mise en œuvre des politiques au niveau de l’Union et à l’échelon national; demande que les capacités structurelles et opérationnelles de ces collectivités soient renforcées d’urgence afin de garantir une préparation véritable reposant sur une gouvernance efficace, résiliente et proche des citoyens;

5.

note que la stratégie ne prévoit pas de phase finale de réparation, qui est indispensable à une union de la préparation, du fait que les collectivités locales et régionales, qui, une fois qu’une urgence ou un risque a été jugulé, ne peuvent être abandonnées à leur sort, comme cela a récemment été le cas à la suite de catastrophes survenues en Italie, en Allemagne ou en Espagne. Dans de telles situations, la mise à disposition de ressources européennes est impérative, ce qui implique qu’il faut réserver beaucoup plus de capacités économiques, matérielles et humaines à l’échelle de l’Union;

6.

demande, par conséquent, que l’on confère aux collectivités locales et régionales un mandat officiel en matière de préparation, assurant la participation obligatoire desdites collectivités à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des plans nationaux de préparation, ainsi qu’à l’ensemble des tests de résistance, des exercices de risque fondés sur des scénarios et des processus de gouvernance anticipative à l’échelle de l’Union. Ce mandat devrait garantir un accès en temps utile aux informations, une consultation structurée et des responsabilités claires pour les collectivités locales et régionales, conformément aux principes de subsidiarité et de gouvernance à plusieurs niveaux;

7.

souligne que, dans le contexte actuel de mondialisation, dans lequel les risques et les menaces n’ont ni frontières ni limites administratives, la stratégie européenne de sécurité intérieure est profondément conditionnée par les politiques nationales et européennes en matière d’action extérieure et d’aide humanitaire. Un exemple clair en est le mécanisme européen de protection civile lui-même, ainsi que les instruments de soutien et d’assistance mutuelle dans les situations d’urgences et de catastrophes majeures, qu’ils soient civils et/ou militaires, gouvernementaux ou fournis par le tiers secteur. Ces ressources sont utiles et essentielles pour la gestion des crises humanitaires et migratoires de tous types;

8.

fait une nouvelle fois valoir que l’agriculture et l’élevage durables ainsi que la gestion multifonctionnelle des espaces forestiers sont essentiels pour la préservation de la nature et de la biodiversité, ainsi que pour la lutte contre le changement climatique et pour l’action en faveur du développement durable, mais aussi pour garantir la sécurité alimentaire à long terme et le caractère durable de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Ces secteurs revêtent une importance stratégique pour la préparation et la résilience de l’Union face aux défis mondiaux croissants, comme l’instabilité géopolitique, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la nécessité de préserver la filière alimentaire afin d’approvisionner la population, en se tournant parallèlement vers des pratiques agroécologiques, en réduisant l’utilisation des pesticides et des engrais et en promouvant des systèmes agricoles circulaires dans le but de renforcer la résilience à long terme. À cet égard, le Comité plaide en faveur de politiques renforcées et d’une action coordonnée à l’échelle de l’Union pour maintenir la production agricole, favoriser le développement rural et garantir à tous les citoyens un accès fiable à une alimentation sûre, abordable et nutritive, conformément aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies;

9.

fait valoir que nous ne pouvons dissocier la sécurité intérieure des actions menées par les différents acteurs dans le domaine de la sécurité extérieure et des relations internationales. Certaines régions sont conditionnées par leur niveau d’exposition à ces facteurs et de tension à un point tel qu’elles devraient avoir la possibilité de participer plus activement aux processus décisionnels concernant les domaines dans lesquels elles sont particulièrement touchées;

10.

considère que les décisions que la Commission a prises récemment en ce qui concerne les fonds de cohésion et le cadre financier pluriannuel (CFP) donnent la priorité au niveau central par rapport aux échelons local et régional. En conséquence, les régions se voient écartées de la prise de décision sur le terrain, ce qui est préjudiciable aux politiques sectorielles, telles que les politiques agroalimentaires, qui sont essentielles pour préserver la nature et la biodiversité et pour investir dans la prévention et l’anticipation des catastrophes; insiste sur la nécessité d’activer des instruments spécifiques dotés de systèmes de gestion souples et de procédures simplifiées et garantissant la mobilisation immédiate des ressources là où elles sont nécessaires, afin de faire face à toute situation d’urgence; précise que l’utilisation des fonds de l’Union dans le cadre de cette stratégie doit reposer sur une véritable approche à double usage, et renforcer dans le même temps la protection civile, la préparation aux catastrophes et la résilience au changement climatique; relève que la situation des régions situées le long d’une frontière et de celles ne présentant pas de continuité territoriale du fait de leur insularité est particulièrement claire et préoccupante, ce qui aggrave la complexité et accroît les difficultés à réagir de manière appropriée à certains événements qui entraînent des situations d’urgence et de crise; rappelle qu’il s’impose de mettre en place un mécanisme visant à faciliter la participation et la prise en compte des gouvernements à cet échelon dans de vastes cadres de gouvernance qui les soutiennent dans tous les domaines en les dotant des ressources nécessaires et suffisantes afin qu’ils puissent apporter, avec toutes les garanties voulues, la réponse à laquelle ils sont tenus, tant en cas d’urgence qu’en ce qui concerne les phénomènes migratoires irréguliers de masse;

11.

réaffirme, comme il l’a fait dans son avis de 2023 intitulé «Préparation aux crises et gestion des crises: renforcer la résilience de l’Union, de ses régions et de ses villes» (1), la nécessité de créer une école européenne des risques et crises qui offre des parcours de formation pour les décideurs politiques et les responsables opérationnels, élabore des référentiels professionnels et un dispositif d’accréditation permettant de constituer des communautés professionnelles cohérentes et de faciliter la mobilité et la reconnaissance mutuelle, soutient la formation continue, développe des réseaux et activités d’intervention, d’échange de savoirs et d’expériences, retient les talents, organise des ateliers autour des retours d’expérience et de la conception de stratégies et réponses opérationnelles innovantes;

12.

demande que soit créé un réseau européen des régions touchées par des catastrophes, afin de mettre en commun les mesures de prévention, d’anticipation, de réaction et de réparation, et de partager les expériences passées et actuelles en vue de prévenir et d’anticiper les risques et les dangers pour tous les territoires de l’Union;

13.

s’inquiète de la lenteur de la mise en œuvre des politiques de préparation déjà adoptées, en raison d’un financement faible et inadéquat et d’une intégration insuffisante et médiocre des politiques sectorielles, pour lesquelles la participation des collectivités locales et régionales est très faible; demande à la Commission d’évaluer la législation en vigueur et de mettre en place de nouvelles mesures pour adapter la préparation de l’Europe aux besoins des différentes entités concernées, en accordant la priorité aux niveaux local et régional puis aux niveaux national et européen. À cet effet, il y a lieu d’accélérer, de simplifier et de rationaliser les procédures;

Des fonctions sociétales vitales résilientes

14.

se félicite de l’approche de la Commission consistant à intégrer la préparation en tant qu’axe transversal de la mise en œuvre des politiques publiques; invite à compléter la législation sectorielle susceptible de renforcer la capacité de résilience sociale dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, l’eau potable, l’approvisionnement en énergie, la gestion des déchets, les télécommunications, les transports, les systèmes de santé, les systèmes financiers et le marché unique, au moyen d’une méthode qui garantisse la gouvernance démocratique, la transparence, l’obligation de rendre des comptes, la gouvernance à plusieurs niveaux, une prise de décisions rapide et la responsabilité politique des institutions en cas de situations exceptionnelles;

15.

préconise que des seuils minimaux de préparation en matière sociale et de bien-être soient intégrés dans les plans nationaux et européens de préparation, et qu’ils prévoient notamment des niveaux de référence minimaux en matière d’effectifs pour les services publics essentiels et les services d’urgence, des exigences en matière de continuité des services pour les systèmes locaux de santé, de soins et de protection sociale, des mécanismes de soutien aux ménages et aux groupes vulnérables pendant les crises, ainsi qu’une planification d’urgence des effectifs et des mesures de renforcement rapide de la main-d’œuvre. Ces éléments sont indispensables pour atténuer l’exposition aux risques et veiller à ce que la préparation soit centrée sur les personnes;

16.

soutient les efforts déployés par les institutions européennes et les États membres pour garantir des fonctions vitales critiques et demande que soient valorisés ses avis sur la résilience des infrastructures critiques, sur la sécurité et la préparation en matière de santé, ainsi que sur la préparation et la gestion des crises; exhorte la Commission à approfondir l’adaptation au changement climatique, la stratégie dans le domaine de l’eau, la sécurité énergétique, la gestion des déchets et la mobilité transnationale, en tenant compte d’une approche proactive et de l’évaluation commune des risques; souligne l’importance de réduire les dépendances stratégiques en mettant sur pied des systèmes plus autonomes et plus résilients au sein de l’Union; fait valoir l’importance et la nécessité de disposer non seulement d’une production d’énergie solide et continue, capable de garantir l’approvisionnement pour les consommateurs, les entreprises et les industries d’Europe grâce à toutes les sources de production fiables, mais aussi d’un approvisionnement diversifié et régionalisé en biens essentiels comme les médicaments, les denrées alimentaires et les matières premières, et d’infrastructures numériques et de communication solides; précise que ces mesures sont cruciales non seulement pour la préparation et la réaction aux crises, mais aussi pour renforcer la souveraineté et la confiance de la société; estime que la restauration écologique et la renaturation devraient être reconnues comme des composantes stratégiques de la résilience; précise que les zones humides, les forêts et les autres écosystèmes restaurés, en plus de réduire les risques de catastrophes comme les inondations, les sécheresses et les feux de forêt, peuvent aussi servir de zones tampons de sécurité naturelles et faire obstacle aux menaces militaires, notamment le long des frontières orientales de l’Union, comme le suggèrent des recherches récentes; ajoute que ces solutions fondées sur la nature recèlent un immense potentiel pour renforcer la sécurité et, dans le même temps, présentent des avantages pour le climat, la biodiversité et la société, et invite les collectivités locales et régionales à les intégrer dans leurs stratégies locales en matière de résilience et d’utilisation des sols; souligne que la résilience de fonctions vitales de la société comme les soins de santé, l’énergie et l’approvisionnement en eau repose essentiellement sur des services publics solides et correctement financés, et doit être préservée des défaillances du marché, en particulier en période de crise;

17.

demande que soient prises en considération les expériences de la coalition européenne pour la préparation et la résilience civiles et les expériences similaires non européennes, issues de cultures de préparation beaucoup plus développées, comme au Japon et dans d’autres pays asiatiques;

Préparer la population pour renforcer la société

18.

salue la décision de placer au cœur de la stratégie la sensibilisation de la société aux risques et aux menaces et la préparation de la population pour y répondre. Tout un chacun a droit à la sécurité et est en droit de connaître les risques qui l’entourent, mais il doit également assumer ses devoirs de citoyen pour faire face aux situations d’urgence. La préparation implique non seulement le partage de connaissances et d’informations, mais aussi la participation des citoyens aux phases de prévention et d’anticipation, pour lesquelles il est nécessaire de réaliser des exercices dans lesquels la population joue un rôle de premier plan. Il y a lieu que chacun ait conscience de l’importance des soins autoadministrés et sache ce qu’il doit faire avant, pendant et après une situation d’urgence, afin de réduire au minimum tout dommage;

19.

rappelle qu’il importe de garantir une préparation inclusive de la population, en accordant une attention particulière aux catégories les plus défavorisées de la société, aux acteurs du troisième secteur, ainsi qu’aux organisations qui connaissent les besoins de ces deux groupes, qui ont de l’expérience s’agissant d’assurer leur développement et qui disposent d’outils pour s’occuper d’eux et propose d’intégrer de façon structurelle les organisations de citoyens dans les mécanismes de préparation et de réaction afin de garantir que la participation sociale constitue un élément essentiel et permanent des processus de prévention et de réaction;

20.

estime qu’il est nécessaire d’adopter une carte européenne du handicap par région pour faciliter la coordination médico-sociale visant à localiser les personnes ayant des besoins spécifiques en matière de soins ou de prise en charge en cas d’urgence, afin de leur fournir à la fois des secours dans les meilleurs délais et une prise en charge individualisée. Les outils à tous les stades de la préparation doivent répondre à des critères d’accessibilité universelle et de langage inclusif, de la préparation dans les établissements scolaires à la survenue de situations d’urgence;

21.

appelle à inclure dans la stratégie des normes minimales contraignantes et un financement spécifique pour garantir la protection des groupes vulnérables, notamment les personnes âgées, dans tous les plans de préparation, des systèmes d’alerte précoce au redressement, en passant par l’évacuation;

22.

rappelle que des crises récentes, comme la panne d’électricité majeure survenue en Espagne, ont une nouvelle fois mis en évidence le rôle crucial joué par les médias dans les situations d’urgence; insiste sur l’importance de la coopération entre les pouvoirs publics et les médias pour permettre la diffusion d’informations véridiques et accessibles, transmettre des instructions officielles et des recommandations pratiques, lutter contre la désinformation, contribuer à éviter la panique et assurer la communication avec la population, même dans des conditions techniques défavorables; met en avant la nécessité que les acteurs des médias interviennent dans les efforts de préparation, notamment par la formation des professionnels de ce secteur à la communication de crise; juge dès lors fondamental de disposer de protocoles clairs, de mettre en place des systèmes de secours fiables et de proposer des formations à l’intention des professionnels des médias pour garantir une communication de crise efficace; affirme que la résilience concerne aussi la société, et non les seuls aspects liés à la technique et aux infrastructures; souligne l’importance de renforcer la cohésion sociale et la confiance du public, en tirant les leçons de la pandémie de COVID-19; met en exergue la nécessité urgente de lutter contre la désinformation et la mésinformation, qui accentuent la polarisation de la société et fragilisent la réaction aux crises; appelle en outre à une action coordonnée en faveur du débat démocratique et d’une participation inclusive en tant qu’éléments incontournables d’une Union résiliente;

23.

attire l’attention sur la fréquence des cyberattaques et sur le grand danger qu’elles représentent tant pour les infrastructures critiques que pour la confiance des citoyens dans les administrations, et souligne la nécessité d’associer les collectivités locales et régionales à la détection précoce, à la réaction rapide et à la sensibilisation du public afin de parvenir à une Union européenne qui soit préparée sur le plan numérique;

L’indispensable partenariat public-privé

24.

convient que la participation du secteur privé à la résilience est indispensable à la préparation de l’Europe et réaffirme que la législation de l’Union devrait garantir une coopération intersectorielle étroite entre les prestataires de services publics essentiels, au moins dans les domaines de l’électricité, de l’approvisionnement en eau, du traitement des eaux usées, de la gestion des déchets, du gaz et des communications;

25.

fait observer que la pollution marine devient de plus en plus manifeste et que ses conséquences portent déjà gravement atteinte au bien-être et à la sécurité des citoyens et causent diverses maladies. Les régions côtières européennes de la Méditerranée, en particulier les îles, sont particulièrement touchées par cette pollution, mais dépendent toutefois d’organisations internationales pour faire face à cette urgence; fait valoir que, dans le cadre de la convention sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (convention de Barcelone), le Centre régional méditerranéen pour l’intervention d’urgence contre la pollution marine accidentelle (REMPEC) élabore la «stratégie méditerranéenne (2022-2031)» pour la prévention de la pollution marine causée par les navires et la lutte contre celle-ci. L’un des principaux piliers du plan d’action de cette stratégie consiste à sensibiliser le public, par la diffusion d’études pertinentes et la promotion de bonnes pratiques. Le Comité demande que les régions soient associées à toutes les actions de l’Union européenne en matière de prévention de la pollution marine, par la promotion et la diffusion d’études, de plans et de programmes spécifiques qui génèrent une valeur sociale ajoutée dans l’ensemble de ces domaines;

26.

estime nécessaire de réviser la législation sur les marchés publics également du point de vue de la préparation aux crises, et demande d’envisager la passation directe de marchés en assouplissant les règles relatives aux besoins essentiels liés à la sécurité et à l’approvisionnement dès le stade de la planification; est d’avis qu’il est primordial d’élaborer des lignes directrices communes à l’échelle de l’Union afin que les acquisitions indispensables à la préparation puissent être effectuées de manière rapide et efficace;

27.

propose la mise en place, au niveau des entreprises et en coopération avec les associations professionnelles dans chaque domaine, de protocoles de volontariat qui puissent être appliqués immédiatement et efficacement pour répondre aux situations d’urgence, ou être activés dans la phase qui précède ces situations;

28.

considère qu’il est essentiel d’associer les professionnels de tous les secteurs tant à l’anticipation et à la prévention des risques qu’aux phases de réaction et de réparation des situations d’urgence; vise une gestion globale et efficace des risques, dans le cadre de laquelle l’échange d’informations est rapide, sûr et mutuel afin d’apporter une réponse efficace aux crises et de concevoir une action conjointe, coordonnée et coopérative de préparation entre les secteurs public et privé, commençant au niveau local et s’étendant aux échelons régional, national et européen;

Coopération civile-militaire

29.

approuve le fait d’intégrer les principes de résilience mutuelle et de double usage dans toutes les initiatives stratégiques de l’Union en tenant compte des spécificités sectorielles ou régionales. La coordination civilo-militaire doit reposer sur des procédures transparentes et un contrôle démocratique, et privilégier les capacités à double usage (logistique, transports, télécommunications par satellite, etc.) qui contribuent de manière active à renforcer la protection civile et la réaction aux crises. Des évaluations des risques fondées sur des scénarios doivent être utilisées pour préparer des options de réaction aux crises et orienter l’élaboration de stratégies plus larges sur les éventuelles perturbations et crises extérieures, afin de réduire les dépendances et d’assurer une protection contre les fuites de technologies;

30.

appelle de ses vœux une stratégie structurée et institutionnalisée pour des investissements civils et militaires coordonnés, fondée sur les capacités, afin de s’assurer que ces investissements renforcent la protection civile et la résilience de la société en plus de la préparation militaire. Cela nécessiterait de recenser les lacunes et les besoins à un stade précoce, de les examiner plus avant, de développer des solutions pour y répondre et de les doter de financements adéquats; estime qu’il est essentiel d’assurer la coordination et la coopération des services répressifs civils et militaires aux niveaux local, régional et national, afin de créer des synergies, de rassembler des expériences, de partager des outils et d’établir une collaboration à l’échelle européenne, allant de la prévention à l’action intégrée; souligne que toute coopération civilo-militaire doit être soumise à des mécanismes de transparence et de responsabilité à tous les niveaux de gouvernement, de façon à s’assurer que les droits fondamentaux soient systématiquement protégés;

31.

fait valoir que les services répressifs aux échelons national, régional et local jouent également un rôle actif pour que l’Europe soit préparée, forte et résiliente, et que leur collaboration, leur coordination et leur proximité avec les citoyens leur permettent de sensibiliser et de contribuer à toutes les étapes pour assurer l’indispensable sécurité de l’Union;

Prévention, réaction et réparation

32.

propose la création d’une carte européenne des risques par région, en mettant à jour le tableau de bord de la résilience et l’indice de vulnérabilité sociale réalisé par le Centre commun de recherche à l’aide de nouveaux paramètres harmonisés et communs et en établissant une hiérarchie plus claire entre les fonctions sociétales vitales recensées dans la communication et les exigences fondamentales de l’OTAN et des Nations unies, afin que des systèmes d’alerte précoce et l’utilisation des technologies, y compris l’intelligence artificielle, puissent être mis en place pour concrétiser ces fonctions; recommande, afin de garantir l’efficacité et le contrôle de ces mesures, de prévoir un système d’indicateurs d’évaluation et de suivi qui soit concret, quantifiable et régulier, et qui permette de mesurer la préparation et la résilience de chaque région, de recenser les lacunes et d’orienter l’amélioration continue des capacités de réaction; souligne qu’il importe de renforcer la résilience mutuelle avec les pays tiers en mettant en place des mécanismes solides d’alerte précoce, de prévention et de réaction aux crises, afin de limiter l’incidence des crises extérieures sur l’Union tout en renforçant les capacités de ces pays;

33.

affirme la nécessité de renforcer le système de protection civile de l’Union en mobilisant plus rapidement des modules locaux et régionaux, en rationalisant l’accréditation, en améliorant la coordination avec les services d’urgence et en tenant compte des enseignements tirés pour améliorer la préparation et la réaction;

34.

demande que soient planifiés et approuvés des protocoles de réaction ambitieux, complets, communs, conjoints et coordonnés ainsi que des protocoles de soutien réciproques de tous les acteurs concernés; fait observer qu’il convient en particulier de prévoir une collaboration transfrontière à l’instar du modèle présenté dans le règlement relatif à un instrument pour le développement et la croissance des régions frontalières (BRIDGEforEU); signale que l’utilisation de solutions numériques réduirait significativement les délais de réponse; accueille donc favorablement la proposition de système de communication critique de l’UE comme moyen d’améliorer la communication transfrontalière en cas d’urgence; souligne la nécessité d’associer les collectivités locales et régionales des régions frontalières au développement de ce système, de sorte qu’il reflète les véritables besoins de ces zones (2);

35.

se félicite de l’augmentation significative du budget prévu pour Frontex, qui vise à étendre les opérations de cette agence et à renforcer la surveillance et la gestion des frontières ainsi que le suivi technique, autant d’éléments qui contribuent à la résilience de l’Union face à la criminalité transfrontière et à la migration irrégulière;

36.

estime qu’il s’impose, compte tenu de l’analyse des principaux risques et menaces pesant sur les différentes régions de l’Union européenne, de renforcer les politiques publiques en matière de protection civile en les traduisant dans les stratégies nationales pertinentes dans ce domaine. À cet égard, les administrations doivent disposer des ressources humaines et matérielles nécessaires à la mise en place de lignes directrices et de lignes d’action visant à renforcer l’efficacité des systèmes de prévention, de préparation et de réaction aux catastrophes ainsi qu’à éviter les accidents, réduire les risques existants, gérer les risques résiduels et assurer la reprise sociale, en vue d’améliorer en permanence la résilience face aux catastrophes;

37.

requiert la promotion et le renforcement du mécanisme de protection civile de l’Union afin de faire face de manière globale aux situations d’urgence et aux crises majeures, mais aussi de tenir compte des politiques de protection civile et de la gestion globale des risques que les collectivités locales et régionales mènent depuis des années, malgré un manque de ressources; demande que l’accréditation des modules disposant d’une expertise locale et régionale qui relèvent de ce mécanisme soit simplifiée et accélérée; préconise que le centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) soit doté de davantage de capacités et d’équipements, ainsi que d’un cadre pour renforcer ses contacts avec les collectivités locales et régionales dans les situations de crise. Les volontaires jouent un rôle clé tout au long du cycle des situations d’urgence. En outre, les équipes volontaires de protection civile témoignent de la solidarité et de la résilience dont la société fait preuve et constituent une ressource précieuse; souligne qu’il est indispensable de déployer un grand nombre de volontaires lors d’urgences de grande ampleur et que, sans coordination adéquate, cette mobilisation massive risque de nuire à la gestion des urgences elles-mêmes. Le Comité estime qu’il y a lieu d’examiner la façon de gérer de manière coordonnée le déploiement de volontaires de différents pays en cas d’urgences internationales, dans la mesure où l’Union européenne ne dispose pas d’un système organisé et harmonisé à cet effet. Compte tenu du rôle particulier que les régions jouent dans la création et la mise en place d’un réseau efficace d’équipes volontaires de protection civile, ainsi que dans la mobilisation et l’organisation coordonnées de ces ressources en vue d’un éventuel déploiement dans d’autres pays, le CESE fait valoir qu’il s’impose de créer un système au niveau européen pour faciliter cette intégration et l’utilisation de ces ressources. La participation des citoyens à la gestion des risques de catastrophes est un facteur essentiel pour ce qui est de sauver des vies;

38.

met en évidence le rôle important de rescEU et propose d’élargir encore sa réserve de ressources en tenant compte de la hiérarchie entre les fonctions sociétales vitales et la catégorie classique des biens publics mondiaux; souligne que l’information est essentielle pour comprendre non seulement les risques et les menaces, mais aussi les outils de réponse qui peuvent être mis à disposition en cas de réaction à l’échelle mondiale, y compris les réserves de produits de base, les chaînes d’approvisionnement, les stocks publics et privés et les capacités de production dans l’ensemble de l’Union; appelle à renforcer la confiance entre les institutions européennes, les États membres et le secteur privé, ainsi qu’à éliminer la fragmentation et le manque d’unité stratégique;

39.

accorde une grande importance non seulement à l’initiative visant à étudier des solutions pour réduire le déficit de couverture d’assurance face aux différents types de catastrophes naturelles, mais aussi à l’augmentation significative des programmes d’investissement et de renforcement des capacités existants de l’Union afin de soutenir les entreprises et les États membres qui subissent des dommages du fait des différents risques recensés;

40.

demande la mise en place d’un système de communication européen complet qui assure l’interconnexion des systèmes de communication européens existants et futurs afin de garantir une communication continue, sécurisée et fluide entre tous les acteurs concernés ainsi qu’entre ceux-ci et la société, de la phase de préurgence à la phase de réparation. L’Union européenne doit garantir, à tous les niveaux de gouvernement, y compris aux échelons local et régional, un tel système, qui devrait être interopérable et normalisé. Une Europe qui communique et qui reste interconnectée en permanence est une Europe sûre.

Bruxelles, le 10 décembre 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) JO C 257 du 21.7.2023, p. 6.

(2) Avis du Comité européen des régions — Lever les obstacles à la coopération des services d’urgence dans les régions frontalières de l’UE (JO C, C/2025/282, 24.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/282/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/762/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Initiative législative52025IP0340

P10_TA(2025)0340 — Enlèvement massif d’enfants au Nigéria, y compris à l’école catholique Saint Mary, à Papiri — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les enlèvements massifs d’enfants au Nigéria, y compris à l’école catholique Saint Mary, à Papiri (2025/3029(RSP))

18/12/2025

Initiative législative52025IP0345

P10_TA(2025)0345 — Attaques hybrides continues de la Biélorussie contre la Lituanie — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les attaques hybrides continues de la Biélorussie contre la Lituanie (2025/3025(RSP))

18/12/2025

Initiative législative52025IP0339

P10_TA(2025)0339 — Arrestations et jugements arbitraires en Azerbaïdjan des universitaires Bahruz Samadov et Igbal Abilov — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur les arrestations et jugements arbitraires en Azerbaïdjan des universitaires Bahruz Samadov et Igbal Abilov (2025/3028(RSP))

18/12/2025

Initiative législative52025IP0343

P10_TA(2025)0343 — Mise en œuvre du régime de conditionnalité liée à l'état de droit — Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2025 sur la mise en œuvre du régime de conditionnalité liée à l’état de droit (2025/2061(INI))

18/12/2025

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →