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AccueilDroit européen52025IR2035
Initiative législative52025IR2035

Avis du Comité européen des régions — Un plan d’action européen pour l’acier et les métaux

CELEX52025IR2035
TypeInitiative législative
Datejeudi 11 décembre 2025

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet un avis sur le plan d'action européen pour l'acier et les métaux, soulignant l'importance de préserver la compétitivité et l'emploi dans ces secteurs stratégiques tout en accompagnant leur transition vers une production décarbonée. Il insiste sur la nécessité de mesures de soutien ciblées, incluant des mécanismes de financement et une simplification des aides d'État, pour éviter les délocalisations et renforcer l'autonomie stratégique de l'UE. Cet avis, bien que non contraignant, oriente les futures propositions législatives de la Commission en intégrant les préoccupations des collectivités territoriales.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/763

24.2.2026

Avis du Comité européen des régions — Un plan d’action européen pour l’acier et les métaux

(C/2026/763)

Rapporteur

:

M. Guillermo PELÁEZ ÁLVAREZ, ministre régional des finances, de la justice et des affaires européennes (Espagne/PSE)

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CDR)

Le plan d’action européen pour l’acier et les métaux, et l’autonomie stratégique de l’Union européenne

1.

accueille avec satisfaction le plan d’action européen pour l’acier et les métaux, qui trace une feuille de route spécifiquement destinée à renforcer la compétitivité de l’industrie sidérurgique et métallurgique européenne que grèvent à l’heure actuelle les difficultés structurelles et conjoncturelles auxquelles ce secteur est confronté;

2.

met en avant l’importance indéniable que l’industrie métallurgique européenne revêt en tant que pilier stratégique et fondamental pour la stabilité économique et sociale de l’Union européenne, mais aussi en raison du lien crucial qui la relie à d’autres industries jouant un rôle moteur, comme l’automobile ou la défense;

3.

fait part de son inquiétude quant à la situation actuelle des secteurs de l’acier et des métaux de base en Europe, mis en difficulté dans les deux cas par les coûts élevés de l’énergie, la charge réglementaire et administrative, l’exposition à une concurrence déloyale à l’échelle internationale et le besoin urgent d’investir dans la décarbonation dans un environnement réglementaire incertain;

4.

rappelle que dans certains territoires qui ne sont pas producteurs d’acier, l’industrie métallurgique regroupe non seulement des entreprises de transformation, mais aussi un vaste réseau d’entreprises d’installation et de maintenance qui sont indispensables à des secteurs stratégiques tels que les ports, les chantiers navals, l’énergie, les infrastructures, les énergies renouvelables, les télécommunications et les systèmes industriels; demande qu’il soit expressément reconnu dans le plan à l’examen que cet écosystème forme un maillon essentiel de la chaîne de valeur de l’acier et de la transition industrielle en Europe;

5.

attire l’attention sur le fait que l’Europe est en train de perdre sa capacité à produire des métaux transformés au moment même où il lui faudrait maintenir une production d’acier et de métaux ferreux sur son territoire et développer les capacités de ses infrastructures d’extraction, de raffinage, de fonderie et de recyclage des métaux non ferreux, ce qui a pour conséquence non seulement de faire disparaître des emplois de qualité partout dans l’Union, mais aussi de placer celle-ci sur une trajectoire contraire aux objectifs de compétitivité et d’autonomie stratégique qu’elle se doit de poursuivre, ce qui dessert des secteurs clés comme la défense, l’automobile ou les énergies renouvelables;

6.

souligne que le principal problème auquel l’industrie de l’acier et des métaux se heurte actuellement est celui du coût élevé de l’électricité, qui a entraîné la fermeture de nombreuses usines de raffinage et de transformation en Europe. C’est le même constat qui est fait dans le rapport Draghi, où l’on relève que l’électricité coûte deux à trois fois plus cher en Europe qu’aux États-Unis, ce qui nuit gravement à la compétitivité de son industrie et à son autonomie stratégique;

7.

relève qu’il est important de garantir l’approvisionnement de l’Union européenne en matières premières critiques, en particulier celles qui sont nécessaires à l’industrie qui nous intéresse ici, grâce non seulement au recyclage mais aussi à l’exploration et à l’extraction, et ce afin d’assurer aussi la stabilité des marchés des matières premières, de manière à éviter des fluctuations excessives des prix qui risqueraient de mettre le secteur en danger;

8.

insiste sur la nécessité, dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action pour l’acier et les métaux, d’assurer une complémentarité et de mettre à profit les synergies avec d’autres initiatives, comme le pacte pour une industrie propre, mais aussi avec les politiques et programmes existants et en particulier avec les fonds de la politique de cohésion;

9.

se félicite de l’engagement qui a été pris, dans le pacte pour une industrie propre, de transformer l’Union européenne en une économie décarbonée d’ici à 2050, en tant que «puissant moteur» de croissance et de prospérité, et souligne que la clé pour dégager un avantage concurrentiel face à la concurrence mondiale consiste pour l’Union à devenir un champion de l’acier et de l’aluminium verts, car la transition vers la neutralité climatique entraînera une hausse de la demande d’acier et d’aluminium verts qui ouvrira de nouveaux débouchés commerciaux pour le secteur;

10.

demande qu’il soit clairement donné la priorité à des sources d’énergie renouvelables et peu émettrices de carbone dans la production d’acier et de métaux, et souligne que toute trajectoire de décarbonation doit pleinement tenir compte des émissions tout au long du cycle de vie, de l’efficacité dans l’utilisation des ressources et de la circularité, afin de garantir son alignement sur les objectifs du pacte vert pour l’Europe;

11.

souligne qu’il faut, pour garantir une mise en œuvre efficace du plan d’action, y imprimer une forte dimension territoriale et soutenir les écosystèmes industriels régionaux, tout comme il est nécessaire d’épauler davantage les régions abritant des industries très énergivores, notamment la sidérurgie et la métallurgie. Enfin, sachant qu’un certain nombre d’industries, et en particulier l’automobile, la sidérurgie et la chimie, sont souvent implantées dans les mêmes régions, il s’impose d’adopter une approche territorialisée afin de bien articuler les synergies entre ces filières;

Les défis pour l’industrie sidérurgique et métallurgique dans l’Union européenne

12.

fait observer, comme les chiffres le montrent bien, que le mouvement baissier qu’accuse actuellement la consommation d’acier dans l’Union européenne a commencé dès le second semestre de 2022, à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et de l’augmentation consécutive du prix de l’énergie, et que depuis lors, la demande est orientée à la baisse. Cette situation est aggravée aussi par l’incertitude qui règne dans l’économie mondiale et la faiblesse généralisée de l’industrie manufacturière (1);

13.

rappelle que la mise en place d’aides doit être conditionnée à l’engagement, de la part des industriels, de mener à bien les projets auxquels ces aides sont destinées et que, à cet égard, les coûts élevés de l’énergie et la faiblesse de la demande font obstacle à ce que les investissements dont le secteur de la sidérurgie a besoin s’opèrent dans un climat de confiance, porteur de garanties;

14.

fait observer que si le prix final de l’acier a par le passé été fonction du prix du minerai de fer et du charbon utilisés pour sa production, il faut se rappeler que la décarbonation implique aujourd’hui une plus grande dépendance à l’électricité, qui est devenue un facteur prépondérant dans le coût de production;

15.

rappelle qu’il est important d’adopter des règles qui facilitent le déploiement d’installations de production d’énergie à partir de sources renouvelables en Europe, ce qui est indispensable pour satisfaire efficacement, à un prix abordable, la demande d’énergie décarbonée des industries;

16.

ce contexte étant posé, met en avant toute l’importance de l’hydrogène vert, mais déplore que sa production reste limitée et plus coûteuse que dans le cas de la production à partir de combustibles fossiles, ce pourquoi il faut plus de soutien, mais aussi de l’innovation et du développement pour atteindre les objectifs fixés au niveau européen; souligne que pendant la période de transition jusqu’à l’utilisation exclusive d’un hydrogène vert, il conviendrait, aux fins de la montée en puissance progressive de cette filière, d’employer l’hydrogène quels qu’en soient la source ou le mode de production. Il s’agira notamment, à cet effet, d’adapter de manière pragmatique les cadres réglementaires existants au niveau européen, par exemple les actes délégués relevant de la directive révisée sur les énergies renouvelables qui portent sur l’hydrogène renouvelable et bas carbone;

17.

insiste sur le fait que, tant dans l’industrie sidérurgique que dans celle des métaux non ferreux, le coût de l’électricité constitue le paramètre prépondérant lorsqu’il s’agit de concrétiser les investissements dans des technologies de décarbonation;

18.

fait observer que le secteur de l’acier est sous la menace d’une offre excédentaire de plus de 600 millions de tonnes au niveau mondial, soit quatre fois la consommation totale de l’Union. Cette offre excédentaire s’explique principalement par l’incapacité des producteurs d’acier de pays tiers à consommer leur production et se traduit par un acier disponible pour un très faible coût. Cette situation engendre une concurrence déloyale, en particulier de la part de pays qui distribuent des subventions publiques, mettant en péril la viabilité de nombreuses aciéries européennes;

19.

fait observer qu’en imposant des droits de douane plus élevés sur l’acier et l’aluminium, la proposition mise sur la table par les États-Unis aura un impact direct et délétère sur l’industrie métallurgique européenne. À ce tableau s’ajoutent les dommages indirects occasionnés par le déroutage de l’acier en provenance de pays tiers qui afflue en quantités massives sur un marché européen laissé pour ainsi dire sans protection. À ce titre, l’Union doit promptement réfléchir à des mesures pour contrer les effets des politiques tarifaires américaines;

Des solutions pour rendre l’industrie sidérurgique et métallurgique compétitive

20.

souligne qu’il est nécessaire que la Commission fasse, dans toutes les régions de l’Union, l’inventaire des principaux sites stratégiques de production d’acier et de métaux et qu’elle dialogue directement avec ces acteurs pour comprendre les difficultés qui sont les leurs, de manière à pouvoir adopter des mesures à court, moyen et long terme pour garantir la continuité des activités et à accélérer la décarbonation des procédés industriels, suivant une approche similaire à celle adoptée dans le cadre du plan d’action pour l’industrie chimique;

21.

réaffirme que pour restaurer la compétitivité de l’Europe, il faut réduire les formalités administratives lorsque cela apparaît approprié et nécessaire, et souligne qu’il faut simplifier encore les réglementations applicables aux industries de l’acier et des métaux afin d’accroître leur compétitivité et de réduire la charge administrative, y compris aussi celle qui pèse sur les collectivités locales et régionales;

22.

demande que soit accélérée la mise en place d’aides pour faciliter les investissements dans la décarbonation de l’industrie sidérurgique et métallurgique, moyennant un assouplissement des règles qui en régissent l’octroi, en même temps qu’il convient d’établir et de renforcer les instruments de défense commerciale, mais aussi de nouer des alliances stratégiques pour garantir l’approvisionnement en métaux critiques; se félicite des mesures annoncées par la Commission en vue d’étoffer les instruments de défense commerciale, et en particulier du dispositif de longue durée appelé à succéder aux mesures de sauvegarde appliquées à l’acier, qui expireront en juin 2026; à cet égard, l’objectif doit être de mettre en place un système de contingents tarifaires approprié, flexible et conforme aux règles de l’OMC, qui tienne compte également des intérêts des industries européennes de transformation de l’acier;

23.

demande que soient prises des mesures réglementaires pour faciliter, dans le respect des exigences environnementales des territoires, le développement de projets énergétiques et miniers qui renforceront la compétitivité de l’industrie sidérurgique et métallurgique, car il s’agit là de leviers essentiels pour garantir cette même compétitivité et, partant, la viabilité de cette industrie;

24.

souligne que pour maintenir la compétitivité du secteur, il est essentiel d’organiser, de promouvoir et de soutenir un accès abordable et sûr à l’énergie; à cet égard, si l’encadrement des aides d’État à l’appui du pacte pour une industrie propre (CISAF) — qui conditionne la réduction temporaire des prix de l’énergie à des critères climatiques et environnementaux — est le bienvenu, il faut néanmoins rappeler que ce système risque, sous sa forme actuelle, de fausser la concurrence entre les États membres et entre les régions et d’occasionner ainsi des déséquilibres et des disparités;

25.

souligne qu’il est nécessaire d’introduire, à destination des entreprises industrielles qui sont particulièrement gourmandes en énergie et dépendantes du commerce extérieur, un prix de gros pour l’électricité à usage industriel, dispositif qui pourrait être mis en place conformément aux dispositions prévues par l’encadrement des aides d’État à l’appui du pacte pour une industrie propre (CISAF);

26.

souligne que les mécanismes d’aide pour l’énergie qui sont destinés à l’industrie ne doivent pas faire peser une charge disproportionnée sur les ménages ou sur le développement des énergies renouvelables, et qu’ils doivent privilégier un accès équitable à une énergie propre et abordable pour tous les citoyens;

27.

demande que les technologies nucléaires, y compris la fusion, soient davantage mises en avant dans la stratégie poursuivie par l’Union en matière de décarbonation, de compétitivité et de sécurité énergétique;

28.

demande que l’on s’emploie à stabiliser le marché de l’énergie grâce à des mécanismes qui permettront d’augmenter la compétitivité, y compris par une stabilisation des prix en encourageant les accords d’achat d’électricité (AAE) (2), tout en tenant compte de la concurrence avec d’autres secteurs, comme celui des centres de traitement des données, de sorte que l’industrie métallurgique ne soit pas désavantagée;

29.

demande que l’on achève l’union de l’énergie et que l’on renforce l’interconnexion des réseaux nationaux et régionaux afin d’étendre les marchés et d’accroître, de manière générale, la stabilité et la résilience de l’approvisionnement énergétique;

30.

signale qu’il est nécessaire d’investir davantage dans les réseaux électriques de telle sorte que les projets de décarbonation dans le secteur de la sidérurgie puissent être entrepris dans un climat de confiance, porteur de garanties;

31.

rappelle que l’Union européenne, bien qu’elle ait proposé des réformes, n’a pas abordé le principal problème structurel, à savoir celui que pose l’arrimage du marché de l’électricité au prix marginal du gaz. À cet égard, il conviendrait d’engager une réflexion quant à l’opportunité de réformer en profondeur le cadre réglementaire de telle sorte que les avantages d’une énergie bas carbone puissent être immédiatement répercutés sur les consommateurs; souligne qu’il est nécessaire d’apporter encore des retouches au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), notamment en ce qui concerne le dispositif de redistribution des ressources, l’ajout d’autres produits riches en acier en aval, l’amélioration de la compétitivité des exportations européennes d’acier et de nouvelles mesures de simplification, par exemple grâce à l’automatisation des données douanières;

32.

se réjouit de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui est un outil essentiel pour encourager la mise en œuvre, dans les pays tiers, de la tarification du carbone et ainsi prévenir la délocalisation de la production vers des pays moins regardants sur les normes environnementales; se réjouit de la révision du MACF et préconise une poursuite des efforts en vue de le renforcer, toujours en s’attachant à réduire dans la mesure du possible la charge administrative et tout en veillant à ce qu’il soit aligné sur les objectifs de compétitivité de l’Europe, afin d’une part de parer au risque de fuite de carbone au niveau des métaux produits dans l’Union qui sont soumis à la tarification de son système d’échange de quotas d’émission (SEQE) et exportés vers des pays tiers, et d’autre part aussi afin d’éviter un report des fuites de carbone au niveau des marchandises couvertes par le MACF vers d’autres maillons de la chaîne de valeur situés en aval, comme le prévoit la règle «fondu et coulé»;

33.

signale que, dans le cadre des échanges avec les pays tiers, il faut tenir compte des exportations de ferraille afin d’en garantir la disponibilité au sein de l’Union; rappelle à cet égard que l’Union européenne continue d’exporter de grandes quantités de débris métalliques (principalement de l’acier, de l’aluminium et du cuivre) vers des pays tiers, ce qui représente une perte de matières premières et d’énergie propre utilisée pour leur production. Le corollaire de cette pratique est que les métaux sont retraités dans des pays où les normes environnementales sont moins exigeantes, limitant ainsi la progression réelle vers une véritable économie circulaire;

34.

dans le même ordre d’idées, signale aussi l’immense potentiel que représentent une utilisation plus rationnelle des matériaux, une meilleure conception des produits en vue de leur transformation ultérieure et un renforcement de l’industrie européenne du recyclage pour accroître la sécurité de l’approvisionnement en acier et métaux de l’Union, compte tenu de son manque de matières premières propres et des avantages que les matières premières secondaires présentent pour l’environnement; demande que soient fixés des objectifs contraignants en matière de réutilisation, de remanufacturage et de recyclage des métaux dans l’Union, priorité devant être donnée à des circuits d’approvisionnement intérieur afin de réduire la dépendance à l’égard des matières premières importées et d’éviter des dommages environnementaux à l’étranger;

35.

met en avant la pertinence des projets de la Commission européenne consistant à adopter des mesures spéciales de sauvegarde concernant les importations des principaux éléments d’alliage utilisés dans la fabrication d’aciers aux propriétés améliorées, et à utiliser également ces instruments de défense pour d’autres métaux, comme l’aluminium, dont la capacité de production sur le territoire européen a elle aussi diminué;

36.

appelle de ses vœux une plus grande ambition sur le plan politique au moment de proposer des solutions pour appuyer une transition économiquement durable et afin de surmonter les obstacles à la transition écologique de l’industrie sidérurgique et métallurgique, auxquels il convient de s’attaquer efficacement, s’agissant en l’occurrence des coûts, de la disponibilité limitée du minerai de fer de haute pureté, du manque d’énergie propre, de la disponibilité de l’hydrogène vert et de la pénurie de ferraille;

37.

attend avec intérêt la publication de la feuille de route de l’Union pour des emplois de qualité en vue de préserver la cohésion sociale et un soutien public à la transition écologique et aux travailleurs du secteur; préconise, à la lumière notamment du processus de transformation de l’industrie sidérurgique et métallurgique, un cadre politique européen pour une transition juste, qui servirait d’outil pour anticiper les changements sur le marché du travail;

38.

se félicite qu’il soit proposé de modifier le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), qui est un instrument d’urgence pour aider les travailleurs touchés par des restructurations à se reconvertir au sein de leur entreprise ou à changer d’employeur avant que les pertes d’emploi ne se matérialisent (3);

39.

demande qu’un financement durable soit apporté pour soutenir la décarbonation de l’industrie sidérurgique et métallurgique et pour atteindre les objectifs européens, sans pour autant rogner sur les ressources des Fonds structurels; le financement supplémentaire doit être fourni par l’échelon européen au titre de son ambition climatique et non pas consister en une simple réaffectation de ressources existantes;

Le rôle des collectivités locales et régionales pour bâtir une industrie compétitive

40.

insiste sur la nécessité de reconnaître, dans le plan d’action européen pour l’acier et les métaux, le rôle qui doit impérativement revenir aux collectivités locales et régionales en vue de sa bonne mise en œuvre, déplore qu’il n’y ait été fait aucune allusion ni référence expresse jusqu’à présent et recommande que cet aspect soit réexaminé afin de faciliter une action coordonnée, ancrée dans les territoires et menée à plusieurs niveaux, à plus forte raison encore parce que c’est l’Union européenne elle-même qui recommande et encourage la mise en œuvre de «stratégies de spécialisation intelligente» aux niveaux régional et local;

41.

reconnaît que la transition est un défi pour les régions industrielles, surtout pour celles qui sont très exposées à la concurrence et à la conjoncture mondiale et dont la compétitivité et la viabilité économique futures sont menacées. À ce titre, il apparaît crucial de hisser cette transition au rang de priorité afin de s’assurer qu’elle soit juste et d’ouvrir à ces régions des débouchés, en lien notamment avec l’innovation et moyennant le soutien de sources de financement spécifiques, afin qu’elles puissent se diversifier. Encore faut-il pour déployer efficacement ce type de prospective ou de planification que soit reconnu le rôle essentiel que les collectivités locales et régionales jouent dans la mise en œuvre des politiques européennes;

42.

met en avant le rôle que jouent les collectivités locales et régionales pour développer et maintenir les écosystèmes dans lesquels évoluent les industries très consommatrices d’électricité, notamment l’industrie sidérurgique et métallurgique, et souligne qu’un écosystème industriel englobe, rappelons-le, tous les acteurs de la chaîne de valeur, ce qui inclut des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, mais aussi des entités publiques qui œuvrent de concert pour répondre aux besoins du marché. À cet égard, les collectivités locales jouent un rôle essentiel en tant que catalyseurs et moteurs des réseaux de collaboration entre secteur public et secteur privé;

43.

rappelle l’effet d’entraînement que les collectivités locales et régionales suscitent en tant qu’exécutantes de grands projets d’investissement public, ainsi que leur capacité à agir au service d’un changement dont l’un des axiomes doit être la durabilité à la fois sociale, environnementale et économique, s’agissant par exemple de conditionner le financement de projets industriels par l’Union à des critères sociaux, afin de garantir des emplois de qualité, la formation, la participation des syndicats et la cohérence vis-à-vis des plans de transition juste;

44.

souligne qu’il est important de soutenir la création de marchés pilotes pour les produits bas carbone en exigeant un apport d’éléments locaux et en prenant des mesures concrètes et adaptées aux caractéristiques, aux besoins et aux atouts du territoire concerné, pour réduire autant que possible l’empreinte de l’activité industrielle sur l’environnement et donner la priorité à la valeur ajoutée européenne et à la qualité de l’emploi en Europe, préconise à cet égard l’introduction, dans les procédures de passation de marchés publics, de critères obligatoires de durabilité et de préférence européenne, moyennant notamment une définition donnée à l’acier et à l’aluminium «verts» ou une reconnaissance des labels correspondants au niveau de l’Union; souligne à cet égard qu’il serait nécessaire de mettre au point et d’appliquer des critères de contenu local, et rappelle enfin que les fonds de cohésion, dont la gestion repose sur le principe de la gouvernance à plusieurs niveaux, peuvent être utilisés à cette fin, étant entendu que le rôle joué par les collectivités locales et régionales dans leur gestion doit être maintenu; estime toutefois que les nouvelles exigences juridiques doivent être proportionnées, ne comporter qu’une charge administrative limitée et ne pas porter atteinte à la fonction fondamentale des marchés publics, qui consiste à conclure des contrats et à acquérir des fournitures pour le pouvoir adjudicateur;

45.

suggère que les investissements étrangers dans les matières premières s’accompagnent d’un transfert de technologie et d’une collaboration avec les fournisseurs locaux, afin de favoriser des emplois industriels durables à des conditions de travail équitables; à cette fin, juge particulièrement important que les administrations régionales et locales mettent en place des initiatives spécifiques pour orienter les talents et les investissements internationaux vers les PME présentes dans leur territoire, facilitant ainsi la participation de ces dernières aux chaînes de valeur nationales et internationales, la création d’emplois à haute valeur ajoutée et, en définitive, un regain de vitalité et de prospérité pour leurs économies;

46.

souligne que la Commission doit impérativement poursuivre les dialogues sur le tour concret à donner à la stratégie poursuivie dans le secteur de l’acier, mais aussi dans ceux de l’automobile et de la chimie, étant entendu que les territoires touchés devront y être suffisamment associés, et se dit prêt à apporter son concours en vue de faciliter ces consultations et d’y garantir cette participation des acteurs locaux et régionaux.

Bruxelles, le 11 décembre 2025.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(1) Source: Eurofer, Economic and Steel Market Outlook 2024-2025, fourth quarter.

(2) Source: InFocus: EU initiatives for a just energy transition, article publié le 14.5.2025 par la direction générale de l’énergie de la Commission européenne.

(3) Avis du Comité européen des régions — Révision du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (JO C, C/2025/4419, 29.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4419/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/763/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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