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AccueilDroit européen52026AR0953
Avis institutionnel52026AR0953

Avis du Comité européen des régions — Simplification de la charge administrative liée à la législation environnementale

CELEX52026AR0953
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 7 mai 2026

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/3468

24.7.2026

Avis du Comité européen des régions — Simplification de la charge administrative liée à la législation environnementale

(C/2026/3468)

Rapporteure

:

Nadia PELLEFIGUE (FR/PSE), vice-présidente du conseil régional d’Occitanie

Textes de référence

:

Communication — Simplifier pour assurer une compétitivité durable

COM(2025) 980 final

Proposition de règlement modifiant le règlement (UE) 2023/1542 et le règlement (UE) 2024/1244 en ce qui concerne la simplification de certaines exigences et la réduction de la charge administrative

COM(2025) 981 final

Proposition de règlement suspendant l’application des règles relatives à la désignation d’un mandataire chargé de la responsabilité élargie des producteurs en ce qui concerne les batteries et les déchets de batteries ainsi que les emballages et les déchets d’emballages

COM(2025) 982 final

Proposition de directive suspendant l’application des règles relatives à la désignation de mandataires pour le régime de responsabilité élargie des producteurs concernant les déchets, les déchets d’équipements électriques et électroniques et les déchets de plastiques à usage unique

COM(2025) 983 final

Proposition de règlement relatif à l’accélération des évaluations environnementales

COM(2025) 984 final

Proposition de directive modifiant la directive 2007/2/CE en ce qui concerne la simplification de certaines exigences pour l’établissement de l’infrastructure d’information géographique dans l’Union

COM(2025) 985 final

Proposition de directive modifiant les directives 2008/98/CE, 2010/75/UE, (UE) 2015/2193 et (UE) 2024/1785 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la simplification de certaines exigences et la réduction de la charge administrative

COM(2025) 986 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif règlement relatif à l’accélération des évaluations environnementales — COM(2025) 984 final

Amendement 1

Considérant 20

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

En vue de rationaliser le processus décisionnel tout en garantissant des consultations efficaces et en temps utile du public concerné et des autorités susceptibles d’être concernées par le plan, programme ou projet en raison de leurs responsabilités spécifiques en matière d’environnement ou de leurs compétences locales et régionales, ces consultations devraient être menées en parallèle. Les États membres devraient veiller à ce que les consultations soient menées de la manière la plus efficace possible. Les États membres ne devraient pas exiger expressément et de manière générale que les autorités susceptibles d’être concernées par le projet, en raison de leurs responsabilités environnementales spécifiques ou de leurs compétences locales et régionales , soient consultées avant le public concerné. Dans le même temps, les États membres veillent à ce que le public concerné soit consulté sur tous les éléments essentiels d’un plan, d’un programme ou d’un projet qui auraient une incidence significative sur l’environnement ou la santé humaine.

En vue de rationaliser le processus décisionnel tout en garantissant des consultations efficaces et en temps utile du public concerné et des autorités susceptibles d’être concernées par le plan, programme ou projet en raison de leurs responsabilités spécifiques en matière d’environnement ou de leurs compétences locales et régionales, ces consultations pourraient être menées en parallèle. Les États membres devraient veiller à ce que les consultations soient menées de la manière la plus efficace possible. Si les États membres ne sauraient être tenus de consulter de manière systématique les autorités exerçant des responsabilités environnementales spécifiques ou des compétences locales et régionales avant le public concerné , ils doivent néanmoins veiller à associer ces autorités à un stade qui leur permet de faire valoir leur expertise et leur connaissance des réalités locales et régionales pour influer effectivement sur la participation du public et sur le processus de prise de décision . Dans le même temps, les États membres veillent à ce que le public concerné soit consulté sur tous les éléments essentiels d’un plan, d’un programme ou d’un projet qui auraient une incidence significative sur l’environnement ou la santé humaine.

Exposé des motifs

Le caractère effectif de la participation publique dépend du moment où est opérée la consultation et de la qualité des informations. Les collectivités locales et régionales et les autorités environnementales apportent des connaissances territorialisées essentielles qui favorisent une participation éclairée et une prise de décision en connaissance de cause, évitant ainsi que des consultations parallèles n’affaiblissent les évaluations environnementales.

Amendement 2

Considérant 24

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de garantir un niveau élevé de protection de l’environnement, de sécurité juridique et d’efficacité administrative, les États membres devraient avoir la possibilité, dans le cadre de leurs systèmes nationaux respectifs, d’exiger que tous les arguments pertinents soient soulevés au cours de la phase administrative de la procédure conduisant à l’autorisation d’un projet avant tout éventuel contrôle juridictionnel, permettant ainsi aux autorités compétentes de les traiter au cours de la prise de décision afin d’éviter des retards excessifs dans la procédure d’octroi des autorisations, sans préjudice du droit d’accès à la justice.

Exposé des motifs

Cette proposition est contraire aux règles existantes en matière de droit d’accès à la justice et peut entraîner des risques environnementaux pour la municipalité concernée. Elle risquerait de prolonger les procédures d’autorisation si l’instance judiciaire concernée doit rejeter la demande au lieu de compléter le dossier.

Amendement 3

Considérant 26

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de réduire les coûts supportés par les promoteurs de projets pour se conformer à leurs obligations environnementales, les États membres devraient être encouragés à prendre en charge les coûts administratifs (prélèvements) associés aux évaluations environnementales pour un projet donné, en particulier dans le cas des petits promoteurs. Les coûts liés à l’élaboration des rapports d’évaluation environnementale devraient toujours être supportés par le promoteur du projet. Cette possibilité offerte aux États membres vise à faciliter l’application pratique de la législation de l’Union par les petits promoteurs et à renforcer la compétitivité et la durabilité de l’économie de l’Union.

Exposé des motifs

La proposition selon laquelle les coûts découlant des activités des promoteurs dangereuses pour l’environnement devraient être supportés par le public est contraire au principe du pollueur-payeur. Dans le cadre de la proposition à l’examen, elle concernerait probablement un grand nombre de promoteurs cherchant à obtenir des permis pour de nouvelles mines ou de nouvelles industries, dans de nombreux États membres.

Amendement 4

Considérant 28

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(28)

Afin que les tâches attribuées aux autorités au titre du présent règlement soient exécutées à un niveau de qualité suffisamment élevé, les États membres devraient veiller à ce que le point unique de contact en matière d’environnement et l’ensemble des autorités compétentes responsables de toute étape des processus de vérification préalable et d’évaluation environnementale, y compris toutes les étapes procédurales, disposent d’un personnel qualifié en nombre suffisant et d’assez de ressources financières, techniques et technologiques.

(28)

Afin que les tâches attribuées aux autorités au titre du présent règlement soient exécutées à un niveau de qualité suffisamment élevé, les États membres devraient veiller à ce que le point unique de contact en matière d’environnement et l’ensemble des autorités compétentes responsables de toute étape des processus de vérification préalable et d’évaluation environnementale, y compris toutes les étapes procédurales, disposent d’un personnel qualifié en nombre suffisant et d’assez de ressources financières, techniques et technologiques. Étant donné que les collectivités locales et régionales sont des acteurs clés dans la mise en œuvre de la législation environnementale de l’Union, toute responsabilité supplémentaire découlant du présent règlement ou des mesures de simplification devrait s’accompagner d’un soutien financier, technique et administratif qui soit adéquat, adapté, prévisible et proportionné, en particulier pour les petites communes, y compris par l’intermédiaire de la politique de cohésion, et ne devrait pas entraîner un transfert de charge administrative entre les niveaux de gouvernement.

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de la législation environnementale de l’UE et assumeront une grande partie de la responsabilité au titre du règlement à l’examen. Les mesures de simplification ne devraient pas entraîner de charges administratives supplémentaires sans un soutien financier, technique et administratif qui soit adéquat, prévisible et proportionné, en particulier pour les petites communes, qui sont confrontées à des contraintes en matière de capacités et de ressources. Toute nouvelle responsabilité doit s’accompagner d’un soutien suffisant pour garantir une évaluation environnementale fiable et de haute qualité.

La politique de cohésion joue un rôle essentiel pour ce qui est de renforcer les capacités locales, soutenir la numérisation et garantir une mise en œuvre efficace sur le terrain. Le prochain cadre financier pluriannuel devrait préserver et renforcer les financements accessibles aux collectivités locales et régionales pour mettre en œuvre la législation environnementale de l’Union.

Amendement 5

Article 3, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Au plus tard le [OP: veuillez insérer la date correspondant à six mois après l’entrée en vigueur du présent règlement], les États membres établissent ou désignent des points uniques de contact en matière d’environnement au niveau administratif pertinent pour les évaluations environnementales. Chaque point unique de contact est chargé de faciliter et de coordonner tous les aspects des évaluations environnementales au titre du présent règlement, y compris de fournir des informations sur le moment où une demande est considérée comme complète conformément à l’article 7 du présent règlement.

1. Au plus tard le [OP: veuillez insérer la date correspondant à dix-huit mois après l’entrée en vigueur du présent règlement], les États membres établissent ou désignent des points uniques de contact en matière d’environnement au niveau administratif pertinent pour les évaluations environnementales , conformément à la répartition des compétences au sein de chaque État membre . Chaque point unique de contact est chargé de faciliter et de coordonner tous les aspects des évaluations environnementales au titre du présent règlement, y compris de fournir des informations sur le moment où une demande est considérée comme complète conformément à l’article 7 du présent règlement. Le point de contact unique dispose, dans le cadre de sa désignation et de son fonctionnement, de ressources humaines, techniques et financières adéquates et il assure une coordination efficace avec les collectivités locales et régionales lorsqu’elles sont compétentes pour certaines parties de la procédure d’évaluation ou d’octroi des autorisations. Le point de contact unique devrait également faciliter l’accès des promoteurs de projets, y compris les PME et les acteurs de l’innovation, et fournir pour ce faire des orientations sur les exigences réglementaires, les données disponibles et des contacts avec les infrastructures de recherche et d’innovation pertinentes, et soutenir de la sorte l’accélération des investissements stratégiques.

Exposé des motifs

Le CdR soutient la création d’un point de contact unique en tant qu’outil important de simplification et de coordination susceptible d’accroître la transparence et l’efficacité pour les requérants et les autorités. Toutefois, la création et le fonctionnement de points de contact uniques pourraient engendrer de nouvelles tâches et une charge de travail supplémentaire pour les autorités publiques, souvent au niveau régional ou local. La mise en place de telles structures pourrait aussi nécessiter plus de temps. Il n’est en effet pas question de simplification si les mesures prises dans ce but à l’égard des promoteurs entraînent une complexité accrue et des coûts additionnels pour les collectivités locales et régionales. Le fait de fournir explicitement aux points de contact uniques des ressources adéquates et de veiller à une coordination structurée avec les collectivités locales et régionales peut prévenir le transfert de charge administrative et garantir que la simplification donne lieu à une mise en œuvre plus efficace au lieu de l’entraver ou de créer davantage d’incertitude. Les points de contact uniques devraient servir d’interface pour les promoteurs de projets, les acteurs de l’innovation et les collectivités locales et régionales.

Amendement 6

Article 4, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. Les autorités compétentes consultent le public concerné par le processus décisionnel en matière d’environnement relatif à un plan, programme ou projet faisant l’objet d’une évaluation conformément au paragraphe 1 en même temps qu’elles consultent les autorités susceptibles d’être concernées par ce plan, programme ou projet en raison de leurs responsabilités environnementales spécifiques ou de leurs compétences locales et régionales, visées à l’article 6, paragraphe 2, de la directive 2001/42/CE et à l’article 6, paragraphe 1, de la directive 2011/92/UE.

4. Les autorités compétentes consultent de manière coordonnée le public concerné par le processus décisionnel en matière d’environnement relatif à un plan, programme ou projet faisant l’objet d’une évaluation conformément au paragraphe 1 ainsi que les autorités susceptibles d’être concernées par ce plan, programme ou projet en raison de leurs responsabilités environnementales spécifiques ou de leurs compétences locales et régionales, visées à l’article 6, paragraphe 2, de la directive 2001/42/CE et à l’article 6, paragraphe 1, de la directive 2011/92/UE , afin de garantir une approche globale . Elles consultent aussi, de manière coordonnée et souple, les autorités susceptibles d’être concernées par le projet, afin de garantir une approche globale et une évaluation de haute qualité, dans le respect des compétences des collectivités locales et régionales.

Exposé des motifs

Exiger que la consultation du public et celle des autorités compétentes aient toujours lieu strictement en même temps entraîne une rigidité superflue et est susceptible de réduire la qualité et l’utilité des deux procédures. Les collectivités locales et régionales peuvent bénéficier des contributions de la population et de la société civile avant ou pendant leur propre évaluation, et inversement, le public peut bénéficier d’informations structurées fournies par les autorités.

Amendement 7

Article 5, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les modifications ou extensions de projets, telles que la réaffectation de gazoducs ou de sites industriels, l’extension de leur période d’exploitation et les modifications visant à garantir la décarbonation, sont uniquement soumises à une vérification préalable par les autorités compétentes afin de déterminer si elles sont susceptibles d’avoir des incidences significatives sur l’environnement. Ces modifications ou extensions ne sont soumises à une évaluation environnementale que lorsqu’elles impliquent des travaux d’envergure qui présentent des risques similaires ou supérieurs, sur le plan des incidences sur l’environnement , au projet initial .

1. Les modifications ou extensions de projets, telles que la réaffectation de gazoducs ou de sites industriels, l’extension de leur période d’exploitation et les modifications visant à garantir la décarbonation, sont uniquement soumises à une vérification préalable par les autorités compétentes afin de déterminer si elles sont susceptibles d’avoir des incidences significatives sur l’environnement. Ces modifications ou extensions ne sont soumises à une évaluation environnementale que lorsqu’elles impliquent des travaux qui présentent des risques ayant des incidences significatives sur l’environnement. Les modifications et extensions qui n’entraînent pas d’incidences significatives sur l’environnement ne sont pas soumises à une évaluation environnementale.

Les incidences cumulées de plusieurs travaux de moindre envergure et les conditions environnementales actuelles sont prises en compte lors de la détermination du niveau de risque nécessitant une évaluation.

Exposé des motifs

Le libellé de la proposition risque de ne pas couvrir certaines modifications qui pourraient avoir des incidences importantes. Les modifications apportées à un projet initial ayant des répercussions majeures peuvent ne pas être «comparables» au projet initial, mais avoir néanmoins des conséquences négatives importantes. Le présent amendement propose une autre formulation pour garantir la cohérence de l’évaluation environnementale. Les mesures qui nécessiteraient une évaluation devraient y être soumises à la fois lorsqu’elles font partie du projet initial et lorsqu’elles concernent une modification ultérieure.

Les effets cumulés de multiples modifications mineures pourraient déboucher sur des changements d’envergure, et les conditions environnementales actuelles devraient également être prises en compte.

Amendement 8

Article 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Article 6

Exclusion

Dans le cadre d’une procédure judiciaire relative à des évaluations environnementales au sens du présent règlement, les États membres peuvent s’opposer à ce que des arguments soient soulevés devant une juridiction lorsque ceux-ci n’ont pas été soulevés au cours de la phase administrative, pour autant que l’autorité compétente ait mis à disposition les informations nécessaires en temps utile pour que ces arguments soient connus ou aient pu être connus et examinés au cours de la phase administrative ayant conduit à l’autorisation du projet, sans préjudice du droit d’accès à la justice.

Exposé des motifs

Eu égard à la présente disposition, il existe des risques importants que les pouvoirs publics, les collectivités ou les parties prenantes ne soient pas en mesure d’étudier les informations nécessaires ou de recenser les éventuels problèmes qui ne seraient pas clairs au premier abord, et qu’ils ne puissent pas agir par la suite.

Ces risques sont particulièrement importants à l’échelon local, où les parties locales concernées pourraient ne pas disposer des ressources nécessaires pour évaluer pleinement les projets et leurs conséquences.

Cette question devrait également être examinée en lien avec d’autres mesures proposées qui pourraient réduire le temps disponible.

Amendement 9

Article 7, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Lorsqu’un projet relève du champ d’application de la directive 2011/92/UE, les États membres veillent à ce que :

1. Lorsqu’un projet relève du champ d’application de la directive 2011/92/UE, les États membres veillent à ce que la vérification préalable et les évaluations environnementales soient réalisées dans des délais appropriés, prévisibles et garantissant un niveau élevé de qualité.

(a)

pour les projets soumis à une vérification préalable,

Les États membres fixent ces délais dans leur législation nationale, en tenant compte de la nature, de l’ampleur, de la localisation et de la complexité du projet, ainsi que de la capacité administrative des autorités compétentes, y compris les collectivités locales et régionales, et de la nécessité de garantir une participation significative du public.

[…] date à laquelle l’acte administratif correspondant est attendu.

Les États membres établissent également les conditions dans lesquelles des extensions sont autorisées, notamment lorsqu’il est nécessaire de garantir l’exhaustivité des informations, la coordination des autorités ayant des responsabilités en matière d’environnement ou des compétences locales et régionales, ou la protection des droits de participation du public conformément à la convention d’Aarhus. Lesdits délais devraient procurer aux promoteurs de projets et aux investisseurs non seulement de la flexibilité, mais aussi de la prévisibilité et de la transparence, sachant qu’il s’agit là de conditions essentielles pour accélérer les investissements dans des projets de transition neutre pour le climat, circulaire et numérique.

Exposé des motifs

Le CdR soutient les efforts visant à accélérer les procédures, mais les délais fixés au niveau de l’Union pour chaque étape d’évaluation ne reflètent pas la diversité des capacités territoriales ou la complexité des projets et risquent d’exercer une pression sur les collectivités locales et régionales. Le présent amendement renforce le principe de subsidiarité et garantit que la simplification ne déplace pas la complexité ou les coûts vers le niveau local ou régional.

Les délais rigides peuvent nuire à la qualité, affaiblir la participation significative du public et créer une insécurité juridique lorsqu’ils sont raisonnablement impossibles à respecter. Le remplacement des délais fixés par l’UE par des délais transparents définis au niveau national, ainsi que par des conditions d’extension justifiée, garantit que les procédures restent rapides tout en préservant la crédibilité environnementale, la sécurité juridique et la participation du public, en conformité avec la convention d’Aarhus. L’amendement proposé permet, en sus de conserver la flexibilité et de respecter le principe de subsidiarité, de faire valoir la nécessité de la prévisibilité et de la transparence pour les promoteurs de projets et les investisseurs. Pour accélérer les investissements privés et publics, il est indispensable de disposer de calendriers clairs et fiables.

Amendement 10

Article 7, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Lorsqu’un plan, programme ou projet fait l’objet d’une procédure d’évaluation commune ou coordonnée au titre de la directive 2001/42/CE et de la directive 2011/92/UE, les délais fixés au paragraphe 1 s’appliquent.

3. Lorsqu’un plan, programme ou projet fait l’objet d’une procédure d’évaluation commune ou coordonnée au titre de la directive 2001/42/CE et de la directive 2011/92/UE, les délais nationaux fixés conformément au paragraphe 1 s’appliquent.

Lorsque les caractéristiques spécifiques du cas le justifient, les États membres peuvent prévoir des extensions afin de préserver la qualité et l’exhaustivité de l’évaluation et de garantir la participation effective du public et des autorités dotées de compétences locales et régionales.

Exposé des motifs

Selon le même raisonnement que pour le paragraphe 1, l’application de délais définis au niveau national dans les procédures conjointes d’évaluation environnementale stratégique (EES) et d’évaluation des incidences sur l’environnement (EIE) garantit la cohérence avec les cadres nationaux existants et évite de déplacer la complexité ou les coûts vers les collectivités locales et régionales. Il est essentiel d’autoriser des extensions justifiées pour préserver la qualité et l’exhaustivité des évaluations et garantir une participation significative.

Amendement 11

Article 8

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Article 8

Espèces protégées

Lorsque la mise en œuvre de plans ou la construction, l’exploitation ou le déclassement de projets entraînent la mise à mort ou des perturbations occasionnelles d’oiseaux protégés en vertu de la directive 2009/147/CE ou d’autres espèces protégées en vertu de la directive 92/43/CEE, une telle mise à mort ou de telles perturbations d’espèces protégées ne sont pas considérées comme intentionnelles au sens de l’article 5 de la directive 2009/147/CE et de l’article 12, paragraphe 1, de la directive 92/43/CEE, pour autant que le plan ou projet ait adopté des mesures d’atténuation appropriées et proportionnées et tienne compte des meilleures technologies disponibles pour éviter cette mise à mort et prévenir les perturbations.

Lorsqu’elle évalue si ces mesures d’atténuation sont appropriées et proportionnées pour assurer le respect de l’article 5 de la directive «Oiseaux» et de l’article 12, paragraphe 1, de la directive «Habitats», l’autorité compétente tient compte de la question de savoir si elles garantissent l’absence d’incidence négative importante sur la population de l’espèce concernée, en dépit de l’existence éventuelle d’incidences négatives sur des spécimens individuels de cette espèce. Les États membres veillent à ce que ces mesures soient appliquées et à ce que leur efficacité fasse l’objet d’un suivi et, à la lumière des informations recueillies, à ce que d’autres mesures soient prises, le cas échéant, pour garantir l’absence d’incidence négative importante sur la population de l’espèce concernée.

Exposé des motifs

La présente disposition ajouterait un niveau de complexité et de charge administrative puisqu’elle crée un système d’exceptions aux directives «Habitats» et «Oiseaux» qui recoupe partiellement le système actuel.

Les autorisations de plans ou de projets susceptibles d’avoir une incidence négative sur les espèces protégées sont déjà possibles grâce à l’utilisation de systèmes de dérogation au titre des deux directives.

Il est recommandé de se concentrer sur l’amélioration de la mise en œuvre des dérogations plutôt que d’ajouter de nouvelles exceptions.

Amendement 12

Article 11

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Coûts administratifs des évaluations environnementales

Les États membres s’efforcent d’exonérer de taxes administratives et redevances associées aux évaluations environnementales les promoteurs relevant de la définition des petites entreprises à moyenne capitalisation au sens de la recommandation (UE) 2025/1099 ou de la définition des petites et moyennes entreprises au sens de la recommandation 361/2003/CE.

Exposé des motifs

La proposition selon laquelle les coûts découlant des activités des promoteurs dangereuses pour l’environnement devraient être supportés par le public est contraire au principe du pollueur-payeur. Elle concernerait probablement la plupart des promoteurs cherchant à obtenir des permis pour de nouvelles mines ou de nouvelles industries. Les redevances sont fixées au niveau national, cette mention est donc superflue.

Amendement 13

Article 12

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Article 12

Article 12

Ressources et formation

Ressources et formation

Les États membres veillent à ce que le point unique de contact en matière d’environnement et toutes les autorités compétentes responsables d’une étape quelconque dans les procédures de vérification préalable et d’évaluation environnementale, y compris toutes les étapes procédurales, disposent d’un personnel qualifié en nombre suffisant et de ressources financières, techniques et technologiques suffisantes, y compris, le cas échéant, pour le perfectionnement et la reconversion professionnels, afin de s’acquitter efficacement des tâches qui leur incombent en vertu du présent règlement et des directives visées à l’article 1er.

Les États membres veillent à ce que le point unique de contact en matière d’environnement et toutes les autorités compétentes responsables d’une étape quelconque dans les procédures de vérification préalable et d’évaluation environnementale, y compris toutes les étapes procédurales, disposent d’un personnel qualifié en nombre suffisant et de ressources financières, techniques et technologiques suffisantes, y compris, le cas échéant, pour le perfectionnement et la reconversion professionnels, afin de s’acquitter efficacement des tâches qui leur incombent en vertu du présent règlement et des directives visées à l’article 1er. Ce soutien devrait prendre notamment la forme d’outils numériques, de systèmes de données interopérables et du développement des compétences, lesquels permettent aux collectivités locales et régionales de mettre en œuvre des approches axées sur l’innovation et fondées sur les données en matière d’évaluations environnementales et d’octroi d’autorisations.

Dans un délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur du présent règlement, la Commission élabore un document d’orientation sur la mise en œuvre dudit règlement, en accordant une attention particulière à sa coordination avec les directives visées à l’article 1 et en incluant une section spécifique adaptée aux besoins des collectivités locales et régionales. Ce document d’orientation est disponible dans toutes les langues officielles de l’Union.

Exposé des motifs

Le CdR se félicite vivement de la reconnaissance explicite du fait que les autorités compétentes, y compris les collectivités locales et régionales, doivent disposer de ressources suffisantes pour mettre en œuvre des procédures accélérées et plus complexes. Cette reconnaissance est essentielle pour éviter un déplacement involontaire de la charge. Étant donné que le règlement à l’examen interagit avec plusieurs directives existantes (EIE, EES, directive-cadre sur l’eau, «Oiseaux», «Habitats»), le système qui en résulte est complexe à comprendre et à appliquer, en particulier pour les petites communes et régions. Un document d’orientation clair et multilingue, comportant des sections consacrées aux collectivités locales et régionales, apporterait un soutien pratique, faciliterait une application uniforme dans l’ensemble de l’UE et contribuerait à préserver la sécurité juridique et la crédibilité environnementale. Mettre en œuvre de manière efficace des procédures simplifiées requiert d’intensifier le recours à des outils numériques et à des systèmes de données interopérables. Les compétences axées sur l’innovation renforceront la capacité des collectivités locales et régionales à réaliser des évaluations environnementales efficaces, de qualité et tournées vers l’avenir.

Amendement 14

Article 14

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent lorsque la législation sectorielle existante de l’Union définit des secteurs stratégiques ou des catégories de projets stratégiques et vise à accélérer l’octroi des autorisations, pour autant que ces projets contribuent à la résilience et à la décarbonation ou à l’utilisation efficace des ressources . La Commission est habilitée à adopter un acte d’exécution recensant les projets stratégiques concernant la construction et la rénovation de bâtiments résidentiels, abordables ou sociaux, ainsi que les infrastructures nécessaires qui desservent directement ces bâtiments. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent à ces projets.

1. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent lorsque la législation sectorielle existante de l’Union définit des secteurs stratégiques ou des catégories de projets stratégiques et vise à accélérer l’octroi des autorisations, pour autant que ces projets contribuent à l’union de l’énergie et aux objectifs climatiques tels que définis notamment par le règlement (UE) 2021/1119 . La Commission est habilitée à adopter un acte d’exécution recensant les projets stratégiques concernant la construction et la rénovation de bâtiments résidentiels, abordables ou sociaux, ainsi que les infrastructures nécessaires qui desservent directement ces bâtiments. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent à ces projets.

2. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent également aux secteurs ou catégories de projets stratégiques définis dans la future législation de l’Union qui fait référence au présent règlement, pour autant que ces projets contribuent à la résilience et à la décarbonation ou à l’utilisation efficace des ressources .

2. Les dispositions figurant en annexe s’appliquent également aux secteurs ou catégories de projets stratégiques définis dans la future législation de l’Union qui fait référence au présent règlement, pour autant que ces projets contribuent aux objectifs de l’Union en matière de climat et d’énergie, tels que définis notamment par le règlement (UE) 2021/1119 .

Proposition de directive modifiant les directives 2008/98/CE, 2010/75/UE, (UE) 2015/2193 et (UE) 2024/1785 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne la simplification de certaines exigences et la réduction de la charge administrative — COM(2025) 986 final

Amendement 15

Article 1er, paragraphe 2

Directive 2008/98/CE

Article 9

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2.

L’article 9 est modifié comme suit:

(a)

le paragraphe 1 est modifié comme suit:

i)

le point i) est remplacé par le texte suivant:

«i)

favorisent la réduction de la teneur en substances dangereuses des matériaux et des produits, sans préjudice des exigences légales harmonisées fixées au niveau de l’Union pour ces matériaux et produits;»;

le point i bis) suivant est inséré:

«i

bis) veillent à ce que tout fournisseur d’un article au sens de l’article 3, point 33), du règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil (*) communique les informations prévues à l’article 33, paragraphe 1, dudit règlement à l’Agence européenne des produits chimiques du 5 janvier 2021 au [date d’entrée en vigueur de la présente directive];»;

(b)

le paragraphe 2 est remplacé par le texte suivant:

«2. L’Agence européenne des produits chimiques gère les données qui lui sont communiquées en vertu du paragraphe 1, point i bis).»;

(c)

le paragraphe 7 est remplacé par le texte suivant:

«7. La Commission adopte, au plus tard le 31 mars 2019, un acte d’exécution établissant une méthodologie commune de communication des données en matière de réemploi des produits. Cet acte d’exécution est adopté en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 39, paragraphe 2.».

(*) «Règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une Agence européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) no 793/93 du Conseil et le règlement (CE) no 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission (JO L 396 du 30.12.2006, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2006/1907/oj).».

Exposé des motifs

La suppression de la base de données SCIP ferait disparaître le seul outil accessible au public à l’échelle de l’UE fournissant des informations structurées sur les substances dangereuses présentes dans les produits, ce qui affaiblirait la traçabilité pour les organismes de gestion des déchets et les collectivités locales et régionales. Aucune analyse d’impact n’a évalué les conséquences potentielles, et une incertitude réglementaire résulterait de la suppression de la base de données SCIP avant que le passeport numérique de produit et les ensembles de données connexes au titre des cadres relatifs à l’écoconception et au règlement REACH ne soient pleinement opérationnels et fournissent une traçabilité au moins équivalente.

Amendement 16

Article 2, paragraphe 1, point 1

Directive 2010/75/UE

Article 14 bis

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1)

L’article 14 bis est remplacé par le texte suivant:

«Article 14 bis

Système de management environnemental

[…]

Exposé des motifs

Le CdR met en garde contre les éventuels problèmes qu’entraînerait le réexamen d’un élément clé de la directive peu après la dernière révision sans prendre le temps de mettre en œuvre les nouvelles dispositions et d’évaluer leur incidence. Les risques pour les environnements locaux semblent disproportionnés par rapport aux avantages des modifications proposées en matière de réduction de la charge.

Les installations ont besoin d’un système de management environnemental spécifique, adapté à leur structure. La propriété commune elle-même n’affaiblit pas cette exigence. La surveillance de l’utilisation de produits chimiques dangereux devrait être réglementée dans le cadre d’une éventuelle révision du règlement REACH afin de garantir le bon fonctionnement global du système.

Amendement 17

Article 2, paragraphe 1, point 2

Directive 2010/75/UE

Article 27 quinquies

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2)

L’article 27 quinquies est supprimé;

Exposé des motifs

Les plans de transformations imposent à certaines installations à forte intensité énergétique d’établir des trajectoires indicatives nationales pour la période 2030-2050, afin de montrer comment elles contribueront à une économie durable, neutre pour le climat et circulaire. Le CdR a précédemment soutenu des plans de transformation indicatifs, étant donné qu’ils apportent des informations précieuses aux collectivités locales et régionales en ce qui concerne les politiques de planification et d’infrastructure.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

1.

prend acte de l’intention de la Commission européenne de simplifier la législation environnementale et de réduire les charges administratives, mais souligne que la simplification doit renforcer la mise en œuvre, faciliter le respect des règles et améliorer la clarté tant pour les pouvoirs publics que pour les acteurs économiques, et obéir au principe de non-régression en matière de protection de l’environnement, et qu’elle ne saurait servir de justification au transfert de responsabilités vers les administrations publiques; fait valoir que la simplification se doit non seulement de réduire la charge administrative mais aussi de servir de catalyseur pour la capacité à innover, à investir et à mettre en œuvre, de sorte à permettre aux villes et aux régions de fonctionner comme des écosystèmes territorialisés au sein desquels les pouvoirs publics, l’industrie, le monde universitaire et les citoyens codéveloppent et déploient des solutions pour la transition écologique et numérique;

2.

met en garde contre le fait que plusieurs propositions risquent de transférer des responsabilités administratives, financières ou de mise en œuvre aux collectivités locales et régionales; fait observer que lesdites collectivités sont responsables de la mise en œuvre d’une grande partie de l’acquis de l’Union en matière d’environnement, et estime que, conformément au principe du pollueur-payeur inscrit à l’article 191, paragraphe 2, du TFUE, aucun transfert de responsabilités ou de coûts vers celles-ci ne peut avoir lieu sans une compensation et un soutien financiers adéquats et prévisibles; fait valoir qu’un tel soutien devrait être direct, prévisible et proportionné, et accorder une attention particulière aux petites municipalités et aux régions qui sont confrontées à des contraintes structurelles de capacité dans la mise en œuvre de la législation environnementale de l’Union;

3.

se félicite du fait que les modifications proposées visent à renforcer la compétitivité et la résilience de l’industrie de l’Union et signale que les efforts de simplification ne doivent pas faire obstacle à la réalisation des objectifs de l’Union en matière d’environnement; se déclare préoccupé par le fait que certaines modifications proposées risquent d’abaisser les normes environnementales ou d’affaiblir les garanties; réaffirme son ferme engagement en faveur de l’ambition «zéro pollution» de l’Union; fait remarquer que toute mesure de simplification se doit de respecter pleinement le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important», et que ces mesures doivent être conformes aux principes de précaution, d’action préventive, de correction à la source et du pollueur-payeur, énoncés à l’article 191, paragraphe 2, du TFUE; rappelle que l’Union doit maintenir des normes élevées dans des domaines tels que les mesures politiques concernant les produits chimiques, la lutte contre la pollution, la protection de la biodiversité, la gestion des déchets et les émissions industrielles;

Utiliser une approche omnibus en tant qu’outil législatif

4.

constate que la proposition à l’examen est présentée sans être accompagnée de son analyse d’impact et qu’elle a été élaborée en s’appuyant sur un processus de consultation très limité, ce qui affaiblit sa légitimité et sa solidité; souligne combien il importe de faire en sorte que les initiatives de simplification continuent de résulter de données probantes solides et d’une participation significative des parties prenantes, ce qui permettrait également une évaluation adéquate du respect du principe de subsidiarité, conformément aux principes et normes présidant à l’amélioration de la réglementation;

5.

souligne que l’approche omnibus soulève des doutes quant à la méthode employée, étant donné que le regroupement de nombreuses modifications législatives avec une cohérence limitée crée une insécurité juridique, risque d’entraîner des incohérences et peut compliquer la mise en œuvre des mesures; réaffirme que les trains de mesures omnibus élaborés à la hâte nuisent à la qualité du processus décisionnel (1) ;

6.

fait valoir que la sécurité juridique et la crédibilité environnementale sont des conditions préalables à la compétitivité; souligne que toutes les parties prenantes ont besoin de règles prévisibles et stables et d’un délai de transition adéquat pour planifier les investissements et atteindre les objectifs à long terme tels que la neutralité climatique, la circularité et l’ambition «zéro pollution»; met en relief l’intérêt que présente la stabilité réglementaire et celui d’octroyer du temps pour évaluer la manière dont la législation récemment adoptée fonctionne dans la pratique, sachant que cette démarche contribue à apporter de la clarté aux investisseurs et appuie une mise en œuvre efficace de la part des administrations publiques;

7.

demande de renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux dans le cadre des futurs processus de simplification; met en avant l’impératif d’associer d’emblée et de manière systématique les collectivités locales et régionales, ainsi que la nécessité de hisser les analyses d’impact territorial et le dialogue structuré au rang de pratique courante;

À propos des évaluations environnementales

8.

soutient la mise en place de points de contact uniques pour coordonner les évaluations multiples et numériser les procédures; tient toutefois à signaler qu’une véritable simplification ne sera efficace que si elle s’accompagne de ressources humaines, techniques et financières adéquates pour toutes les autorités compétentes, y compris les collectivités locales et régionales, et si ces points de contact uniques font l’objet d’une coordination officielle avec lesdites collectivités lorsque celles-ci exercent leurs compétences en matière d’évaluation ou d’octroi d’autorisations; souligne que la mise en place et le fonctionnement de tels points de contact uniques ne doivent pas modifier la répartition actuelle des compétences entre les autorités environnementales et sectorielles;

9.

appuie les efforts visant à mettre en place des procédures plus rapides, plus prévisibles et plus coordonnées en matière d’octroi d’autorisations afin d’accélérer les investissements privés et publics en faveur de projets stratégiques, dans des domaines tels que la neutralité climatique, l’énergie propre, l’économie circulaire et les initiatives de décarbonation industrielle, en particulier celles liées aux missions de l’Union et aux parcours de transition territorialisés; fait toutefois observer que la rapidité ne doit pas nuire à la qualité; se déclare vivement préoccupé par le fait que les délais uniformes de l’Union pour la vérification préalable et les évaluations environnementales ne reflètent pas de manière adéquate la diversité des capacités territoriales et des structures administratives; souligne par ailleurs que des délais excessivement brefs peuvent, surtout dans le cas de procédures complexes telles que les évaluations des incidences sur l’environnement, amoindrir la protection juridique et retarder en fin de compte la prise de décision en raison d’une augmentation des litiges; demande aux États membres d’établir, au niveau national, des procédures et des délais réalistes et prévisibles, mais néanmoins flexibles, qui tiennent compte de la nature, de l’ampleur, du lieu d’exécution et de la complexité du projet, ainsi que de la capacité administrative des autorités compétentes, et qui intègrent les aspects liés à la protection civile et à la prévention des risques, de même que les incidences sociales, les droits des travailleurs et les préoccupations des communautés locales, de manière à garantir des décisions en temps utile tout en préservant une participation significative du public, une coordination entre les différents échelons et la fiabilité des évaluations;

10.

s’oppose aux restrictions d’accès à la justice, y compris l’introduction d’une exclusion, qui seraient contraires à la convention d’Aarhus;

11.

estime que les révisions concernant les espèces protégées ne devraient pas être introduites au moyen d’une procédure de simplification omnibus; suggère d’améliorer la mise en œuvre de l’actuel système de dérogation et, si nécessaire, après le test de résistance prévu, d’envisager une modification ciblée au moyen d’une révision spécifique et cohérente des directives pertinentes;

À propos des émissions industrielles

12.

demande le maintien de systèmes de gestion environnementale solides et la préservation de plans de transformation indicatifs afin de faciliter la gestion des risques sur les sites et les stratégies de décarbonation à long terme tout en assurant la prospérité économique, la compétitivité et la résilience;

À propos des déchets et de l’économie circulaire

13.

met en garde contre l’annonce de la suppression ou de la suspension de la base de données SCIP ou des obligations associées en matière d’information sur les substances dangereuses, tant qu’un système de passeport numérique de produit (PNP) pleinement fonctionnel et interopérable offrant au moins le même niveau de traçabilité, d’accessibilité et de capacité de contrôle de l’application n’est pas opérationnel dans l’ensemble de l’Union;

14.

met en avant le rôle central que jouent les collectivités locales et régionales dans l’économie circulaire et estime que toute modification des règles en matière de responsabilité élargie des producteurs doit conserver le principe du pollueur-payeur, garantir la traçabilité et éviter de créer des risques de parasitisme ou de déplacer les charges liées à l’application de la législation vers les autorités locales;

15.

souligne que la politique en matière d’économie circulaire devrait être conçue pour agir non seulement comme un cadre de conformité, mais aussi comme un cadre d’innovation et d’investissement, donnant aux villes et aux régions les moyens de tester de nouvelles solutions circulaires, d’attirer des partenaires privés et de déployer à plus grande échelle les pratiques qui ont porté leurs fruits dans un territoire, tout en maintenant de solides garanties environnementales et des exigences rigoureuses en matière de traçabilité;

À propos de la directive INSPIRE

16.

soutient les efforts visant à rationaliser la directive INSPIRE afin de réduire les doubles emplois, mais invite la Commission à éviter que la suppression des obligations techniques n’aboutisse à une fragmentation progressive des données géographiques entre les différents États membres et régions; considère qu’il est important de conserver un ensemble limité d’éléments de référence communs, notamment pour les catégories thématiques de données qui revêtent une dimension transfrontière notable, ainsi que des métadonnées adéquates et des mécanismes légers de coordination technique; rappelle que des systèmes de données interopérables, des plateformes numériques et des outils fondés sur l’intelligence artificielle sont indispensables pour les autorités publiques comme pour les utilisateurs finaux, en ce qu’ils permettent d’améliorer l’efficacité, la prévisibilité et la qualité des évaluations environnementales, et de déployer à plus grande échelle des solutions innovantes dans des domaines tels que l’adaptation au changement climatique, la mobilité, l’économie circulaire et les systèmes énergétiques;

Amener les villes et les régions à devenir des écosystèmes d’innovation et d’investissement

17.

souligne que pour que la transition climatique et industrielle de l’Europe aboutisse, la législation doit établir des normes juridiques prévisibles et des trajectoires de transition claires, et sa mise en œuvre doit être aisée; à cet égard, fait valoir qu’il est absolument crucial d’établir un lien plus systématique entre la législation de l’Union et l’action menée au niveau local et régional dans le cadre de missions, y compris les «contrats ville climat», les stratégies de spécialisation intelligente et d’autres instruments d’innovation territorialisés qui traduisent les objectifs européens en des mesures concrètes de mise en œuvre; met en évidence le rôle décisif que peuvent également jouer les pactes verts locaux en tant qu’instruments pratiques de mise en œuvre, dans le cadre de synergies avec les missions de l’UE et les projets de transition qui ont abouti au niveau local, notamment pour fournir de précieux retours d’information en vue des futurs efforts de simplification et pour faire en sorte que la législation de l’Union soutienne la mise à l’échelle des solutions innovantes; est convaincu qu’il est dès lors indispensable de concevoir les cadres financiers et réglementaires de manière à rendre les projets liés aux missions plus attrayants pour les investisseurs privés et à soutenir leur reproduction et leur déploiement à plus grande échelle dans toute l’Europe, y compris dans les régions moins développées;

Orientations pratiques et financement pour les collectivités locales et régionales

18.

insiste sur le fait qu’une simplification doit s’accompagner de moyens financiers et humains suffisants et de formations multilingues pour les collectivités locales et régionales, ainsi que de documents d’orientation pratiques fournis dans toutes les langues officielles de l’Union, de procédures types et d’outils numériques conviviaux, en particulier pour les petites communes, qui sont souvent confrontées à des contraintes sur le plan structurel ainsi qu’en matière de capacités et de ressources; invite la Commission à élaborer des orientations pour la mise en œuvre qui soient spécifiquement adaptées aux besoins des collectivités locales et régionales, et ce, dans un délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur des mesures concernées;

19.

souligne que l’actuelle dynamique de simplification et la révision d’actes législatifs récents risquent de créer de l’incertitude juridique pour les collectivités locales et régionales, les entreprises et les investisseurs; demande dès lors à la Commission de s’abstenir de modifier les actes législatifs liés à la protection de l’environnement qui ont récemment été révisés sans avoir accordé un délai suffisant pour permettre la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, leur suivi et l’évaluation de leur incidence, à moins que des données prouvent manifestement qu’il est urgent de procéder à des corrections ciblées;

20.

estime qu’en l’état, les propositions ne soulèvent aucune préoccupation en matière de subsidiarité, étant donné qu’elles s’appuient sur la législation existante de l’UE, mais fait observer que certaines d’entre elles pourraient avoir des conséquences non voulues sur la subsidiarité si elles entraînent des transferts de responsabilités entre les différents niveaux de gouvernance; se déclare toutefois inquiet en ce qui concerne le respect, par les propositions, du principe de proportionnalité, sachant notamment que les mesures de simplification risquent de déplacer vers les collectivités locales et régionales les charges administratives, financières ou liées à l’application de la législation, ce qui résulterait en des contraintes disproportionnées au regard des bénéfices que l’on entend retirer des nouvelles dispositions.

Bruxelles, le 7 mai 2026.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


(*) «Règlement (CE) no 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH), instituant une Agence européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) no 793/93 du Conseil et le règlement (CE) no 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission (JO L 396 du 30.12.2006, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2006/1907/oj).».

(1) Une Europe plus simple et plus rapide.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3468/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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