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AccueilDroit européen52026DC0252
Acte préparatoire52026DC0252

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL sur les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif à l’échelle de l’Union en matière de capacité d’injection de CO2

CELEX52026DC0252
TypeActe préparatoire
Datejeudi 28 mai 2026

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue les progrès des États membres vers l'objectif européen de capacité d'injection de CO2, fixé à 50 millions de tonnes par an d'ici 2030. Il analyse les projets de stockage géologique, les investissements et les obstacles réglementaires, soulignant le retard pris et la nécessité d'accélérer le déploiement des infrastructures. Pour un professionnel du droit français, ce texte est crucial car il préfigure des obligations renforcées et des mécanismes de mise en conformité pour les opérateurs de stockage et les industries émettrices, dans le cadre de la stratégie européenne de décarbonation.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 28.5.2026

COM(2026) 252 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif à l’échelle de l’Union en matière de capacité d’injection de CO2


Table des matières

1 Objectif du présent rapport

2 Contexte

3 Aperçu de l’offre et de la demande sur la base des estimations des États membres

3.1 Plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC)

3.2 Rapports 2024 des États membres au titre de l’article 21, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1735

3.3 Transparence des données relatives à la capacité de stockage au titre de l’article 21, paragraphe 1

4 Vue d’ensemble des projets de stockage de CO2 prévus

4.1 Contribution au titre des plans des 44 entités assujetties

4.2 Vue d’ensemble des permis existants et des projets de permis de stockage

4.3 Projets de stockage de l’UE reconnus en tant que projets stratégiques «zéro net»

5 Soutien au titre des programmes de financement nationaux et de l’UE

5.1 Contribution du Fonds pour l’innovation

5.2 Contribution du mécanisme pour l’interconnexion en Europe

5.3 Contribution de la facilité pour la reprise et la résilience

5.4 Contribution d’Horizon Europe

5.5 Contribution des États membres

6 État des lieux en 2025 et prochaines étapes

7 Conclusion



1Objectif du présent rapport

L’objectif du présent rapport est de suivre les progrès accomplis en vue d’atteindre la capacité d’injection annuelle de CO2 à l’échelle de l’Union visée à l’article 20 du règlement (UE) 2024/1735 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 relatif à l’établissement d’un cadre de mesures en vue de renforcer l’écosystème européen de la fabrication de produits de technologie «zéro net».

Le présent rapport est fondé sur:

·les rapports annuels 2024 des États membres présentés conformément à l’article 21, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1735 1 2 ; et

·les plans 2025 présentés par les 44 entités assujetties conformément à l’article 23, paragraphe 4, du règlement (UE) 2024/1735.

Le présent rapport tient également compte d’informations supplémentaires qui permettent de mieux comprendre le marché émergent des services de stockage géologique du CO2 dans l’UE, à savoir:

·les plans nationaux en matière d’énergie et de climat récemment mis à jour 3 ;

·la demande de financement de l’UE émanant de l’industrie 4 ;

·les projets de permis de stockage soumis par les États membres en vertu de l’article 10 de la directive 2009/31/CE 5 ; et

·la mise en œuvre par les États membres, conformément à l’article 21, paragraphe 1, du règlement (UE) 2024/1735, de leurs obligations: i) de rendre publiques des données sur toutes les zones où des sites de stockage de CO2 pourraient être autorisés sur leur territoire; et ii) de rendre publiques, uniquement à titre indicatif, les données géologiques relatives aux sites de production d’hydrocarbures qui ont été déclassés ou dont le déclassement a été notifié à l’autorité compétente.

Il importe toutefois de noter que l’évaluation figurant dans le présent rapport ne constitue qu’un aperçu fondé sur les informations communiquées par les États membres et les entités assujetties, lesquelles sont incomplètes. Un tableau plus complet se dessinera au fil du temps, à mesure que de nouvelles données seront communiquées d’ici à 2030.

2Contexte

Le captage et stockage du carbone (CSC) est l’une des principales technologies de décarbonation disponibles pour les industries dont les émissions sont difficiles à réduire dans l’UE. La communication intitulée «Vers une gestion industrielle du carbone ambitieuse pour l’UE» a réaffirmé l’importance de la gestion industrielle du carbone pour suppléer les efforts d’atténuation des émissions difficiles à réduire et pour parvenir à des émissions négatives. La communication décrit également la nécessité d’élaborer un cadre d’action et d’investissement détaillé couvrant tous les aspects de la gestion industrielle du carbone et envisage la création d’un marché unique des services de transport et de stockage du CO2 dans toute l’Europe d’ici à 2030 6 .

Le rapport Draghi sur la compétitivité de l’UE soulignait l’importance d’une approche technologiquement neutre de la décarbonation, mettait l’accent sur la nécessité de réaliser d’importants investissements publics et privés et recommandait d’étendre les mesures d’accélération et les règlements d’urgence pour les infrastructures de CSC 7 .

Le pacte pour une industrie propre propose des actions concrètes pour faire de la décarbonation un moteur de croissance pour les industries européennes et définit de nouvelles mesures visant à soutenir la création d’un marché du CO2 capté, notamment un étiquetage facultatif indiquant l’intensité de carbone des produits industriels.

L’UE joue un rôle de premier plan tant dans les technologies de captage du CO2 que dans le financement des activités de recherche, de développement et d’innovation dans le domaine du CSC. En outre, l’UE accueille la première entreprise mondiale dans le domaine des inventions en matière de gestion industrielle du carbone à haute valeur ajoutée 8 9 . La reconnaissance des technologies de captage, de transport, de stockage et d’utilisation du CO2 dans l’UE en tant que technologies «zéro net» 10 soutiendra le déploiement de chaînes de valeur intégrées du CSC et contribuera à renforcer cette primauté industrielle.

Un cadre réglementaire solide est en cours d’élaboration pour soutenir le déploiement du CSC dans l’UE. La directive 2009/31/CE établit un cadre juridique pour le stockage géologique du CO2 en toute sécurité. Le règlement (UE) 2024/1735 établit un objectif de capacité d’injection annuelle de l’UE d’au moins 50 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2030 dans les sites de stockage, fixe des contributions individuelles à la capacité d’injection annuelle visée par l’UE, calculées sur la base de la part de chaque entité dans la production de pétrole brut et de gaz naturel de l’Union entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2023, et accélère et facilite les procédures administratives, d’octroi d’autorisations et juridiques pour les projets de CSC contribuant à l’objectif annuel de l’UE 11 .

La modélisation de l’analyse d’impact de l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2040 intègre la capacité d’injection annuelle visée par l’Union et estime qu’environ 200 millions de tonnes de CO2 capté par an doivent être stockées dans le sous-sol d’ici à 2040 12 . La capacité d’injection annuelle visée par l’Union devrait contribuer à l’objectif contraignant de neutralité climatique de l’UE d’ici à 2050 13 14 .

Le règlement délégué (UE) 2025/1477 de la Commission précise les règles régissant le recensement des producteurs de pétrole et de gaz autorisés tenus de contribuer à l’objectif de l’UE en matière de capacité d’injection annuelle de CO2 15 . La décision (UE) 2025/1479 de la Commission énumère les contributions individuelles des 44 producteurs de pétrole et de gaz autorisés qui doivent contribuer à l’objectif 16 .

Le marché européen des services de stockage du CO2 en est à ses balbutiements, mais il connaît une croissance rapide. L’installation Porthos devrait entrer en service en 2026 aux Pays-Bas, avec une capacité d’injection de CO2 de 2,5 millions de tonnes par an. L’installation Greensand devrait également entrer en service en 2026, avec une capacité d’injection initiale de 0,3 million de tonnes de CO2 par an. Le projet Ravenna CCS, situé en Italie, injecte déjà environ 25 000 tonnes de CO2 par an depuis 2024 à l’échelle pilote et prévoit d’entrer en exploitation commerciale d’ici à 2030. Dans l’Espace économique européen, deux sites de stockage situés en Islande et en Norvège ont commencé à injecter du CO2 provenant de sources industrielles à une échelle commerciale en 2025 17 .

L’UE soutient également le développement de sites de stockage au moyen de plusieurs instruments de financement de l’UE, dont le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, Horizon Europe, le Fonds pour l’innovation et la facilité pour la reprise et la résilience.



3Aperçu de l’offre et de la demande sur la base des estimations des États membres

3.1Plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC)

Les PNEC imposent aux États membres de rendre publiques les politiques qui seront mises en œuvre pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030. En 2022, la Commission a encouragé les États membres à inclure dans leurs PNEC mis à jour le stockage géologique à long terme du CO2 et les efforts prévus pour permettre à leurs industries de capter et de stocker en permanence leurs émissions de procédé intrinsèques dans des sites de stockage géologique, conformément à la directive 2009/31/CE 18 . Les États membres étaient encouragés à fournir les informations suivantes:

·la projection annuelle agrégée des émissions de procédé intrinsèques qui devront être atténuées par le captage du CO2;

·les émissions annuelles de CO2 dans l’air biogénique et direct qui seront disponibles pour le stockage géologique du CO2;

·la capacité de stockage géologique du CO2 qui peut être rendue opérationnelle chaque année;

·la capacité annuelle de stockage de CO2 qui pourrait devenir disponible à la fin de l’exploitation des réservoirs d’hydrocarbures;

·les infrastructures de transport de CO2 prévues;

·le soutien financier public disponible pour les investissements dans le captage, le transport et le stockage du CO2; et

·toute autre mesure visant à soutenir le déploiement de possibilités de stockage géologique du CO2 à long terme.

Les PNEC révisés pour la période 2021-2030 comprennent des informations sur le déploiement prévu du CSC dans chaque État membre 19 . L’analyse par la Commission des PNEC révisés indique qu’au total, 35 millions de tonnes de CO2 pourraient être captées chaque année dans l’UE d’ici à 2030 en vue d’un stockage permanent. Les chiffres fournis dans le cadre des PNEC indiquent également que 27,1 millions de tonnes de CO2 pourraient être injectées chaque année dans des sites de stockage situés dans l’UE d’ici à 2030. Cela laisse présager une forte demande de la part de l’industrie en matière de sites de stockage au cours des prochaines années. La Commission s’attend également à ce que les États membres présentent un nombre croissant de projets de permis de stockage au titre de l’article 10 de la directive 2009/31/CE dans les années à venir.



Graphique 1 – Estimation des volumes de captage et d’injection de CO2 dans l’UE dans le cadre des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (en millions de tonnes par an)

3.2Rapports 2024 des États membres au titre de l’article 21, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1735

Outre les PNEC, l’article 21, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1735 impose aux États membres de soumettre chaque année à la Commission un rapport décrivant:

·une cartographie des projets de captage du CO2 en cours sur son territoire ou en coopération avec d’autres États membres et une estimation des besoins correspondants en matière de capacités d’injection et de stockage, ainsi que de transport de CO2;

·une cartographie des projets de stockage et de transport de CO2 en cours sur son territoire, y compris l’état d’avancement de l’octroi des permis relevant de la directive 2009/31/CE, les dates prévues pour la décision finale d’investissement et la mise en service;

·les mesures nationales de soutien qui ont été ou seront adoptées pour stimuler les projets, ainsi que les mesures relatives au transport transfrontière de CO2;

·la stratégie nationale et les objectifs qui seront et ont été fixés pour le captage du CO2 d’ici à 2030, le cas échéant;

·les coopérations bilatérales et régionales qui facilitent le transport transfrontière de CO2, y compris leurs implications pour l’accès aux entités captant le CO2 à des moyens sûrs et non discriminatoires de transport de CO2; et

·les projets de transport de CO2 en cours et une estimation de la capacité nécessaire aux futurs projets de transport de CO2 pour atteindre la capacité de captage et de stockage correspondante.

L’article 21, paragraphe 3, du règlement (UE) 2024/1735 prévoit en outre que, si le rapport d’un État membre indique qu’aucun projet de stockage de CO2 n’est en cours sur son territoire, l’État membre concerné présente un rapport sur les plans visant à encourager le processus de décarbonation des secteurs industriels. Cela comprend, le cas échéant, le transport transfrontière de CO2 vers des sites de stockage situés dans d’autres États membres, ainsi que des projets d’utilisation du CO2. Les rapports 2024 sont disponibles sur le site web de la Commission 20 .

Alors qu’à la fin de 2024, certains États membres n’avaient pas déclaré de taille de stockage ou de capacité d’injection, le tableau 1 donne une indication du nombre de projets de stockage en cours de développement dans l’UE et de leur contribution potentielle à la capacité d’injection de l’UE. Le tableau 1 établit une distinction entre la «taille de stockage», qui correspond à la capacité totale estimée de stockage de CO2 d’un site de stockage donné, et la «capacité d’injection», qui est la quantité annuelle de CO2 qui peut être injectée dans un site de stockage géologique opérationnel, autorisé en vertu de la directive 2009/31/CE. Lorsque les États membres n’ont communiqué que les noms des projets de stockage, la Commission a ajouté les chiffres correspondants relatifs au stockage et à l’injection. Le tableau 1 ne couvre pas le potentiel de stockage géologique des États membres et se concentre sur les projets reconnus et déclarés par les États membres.



Tableau 1 – Synthèse des projets de stockage de CO2 dont la mise en œuvre est prévue d’ici à 2030, situation en 2024

États membres

Nombre de projets

Taille totale estimée du stockage (en millions de tonnes de CO2)

Capacité d’injection estimée (en millions de tonnes de CO2 par an)

5 États membres ont communiqué des chiffres relatifs au stockage

6

> 980

Danemark

1

250 >

Hongrie

1

7,5

Italie

1

500

Roumanie

1

10

Pays-Bas

2

212,5

6 États membres ont communiqué des chiffres relatifs à l’injection 21

15

33,12

Bulgarie

1

0,78

Croatie

1

0,74

Danemark

4

11,5 22

France

2

-

Grèce

1

3

Hongrie

1

0,5

Italie

1

4

Roumanie

1

0,6

Espagne

1

2

Pays-Bas

2

10

Le tableau 1 indique qu’à la fin de 2024, un potentiel de stockage total d’environ 1 gigatonne devrait être disponible d’ici à 2030 grâce aux différents projets situés dans l’UE. La capacité d’injection annuelle pourrait atteindre 33,12 millions de tonnes de CO2 par an. Selon les prévisions actuelles, le Danemark et les Pays-Bas devraient être les deux États membres disposant de la plus grande capacité d’injection d’ici à 2030, suivis de l’Italie et de la Grèce.

Le tableau 2 résume les chiffres totaux relatifs au captage communiqués par les États membres et fournit une indication utile de la future demande de capacité d’injection.

Tableau 2 – Synthèse des projets de captage du CO2 dont la mise en œuvre est prévue d’ici à 2030, situation en 2024

États membres

Capacité de captage estimée (en millions de tonnes de CO2 par an)

7 États membres ont communiqué des chiffres relatifs au captage

20,4 - 20,7

Bulgarie

0,78

France

1,4

Allemagne

5,72

Grèce

3,25

Roumanie

1,8

Suède

3,965

Pays-Bas

3,5 – 3,8

À la fin de 2024, les États membres estimaient que, d’ici à 2030, la capacité de captage du CO2 pourrait s’élever à environ 21 millions de tonnes par an. Ce chiffre global est inférieur à celui issu des PNEC révisés, ce qui s’explique peut-être par l’absence de chiffres relatifs au captage dans plusieurs rapports au titre de l’article 21. Si l’on se base sur les estimations pertinentes des PNEC pour ces chiffres manquants, le total des estimations de captage de CO₂ dans l’UE, fournies par les États membres, pourrait dépasser les 32 millions de tonnes par an.

Cette estimation révisée indique que, sur l’objectif de 50 millions de tonnes par an fixé par l’UE en ce qui concerne la capacité d’injection, 64 % pourraient être utilisés par des projets connus des États membres si des infrastructures de transport sont mises à disposition. À la fin de 2025, les États membres ont dû mettre à jour leurs estimations, qui seront incluses dans le prochain rapport d’avancement de la Commission.



3.3Transparence des données relatives à la capacité de stockage au titre de l’article 21, paragraphe 1

L’article 21, paragraphe 1, point a), du règlement (UE) 2024/1735 exige que, au plus tard le 30 décembre 2024, les États membres rendent publiques des données sur toutes les zones où des sites de stockage de CO2 pourraient être autorisés sur leur territoire, sans préjudice des exigences relatives à la protection des informations confidentielles. Ces données permettent aux investisseurs de déterminer où rechercher des sites potentiels de stockage du CO2 dans l’UE.

L’article 21, paragraphe 1, point b), du règlement (UE) 2024/1735 exige en outre que, au plus tard le 30 décembre 2024, les États membres obligent les entités qui sont ou ont été titulaires d’une autorisation d’explorer, de prospecter ou d’extraire du pétrole ou du gaz sur leur territoire à rendre publiques, uniquement à titre indicatif: i) les données géologiques relatives aux sites de production qui ont été déclassés ou dont le déclassement a été notifié à l’autorité compétente; et ii) si elles existent, à moins que l’entité n’ait fait une demande de permis d’exploration, des évaluations économiques des coûts correspondants à la mise en place de l’injection de CO2. Ces évaluations économiques devaient inclure des données sur le caractère adapté du site à l’injection et au stockage de CO2 de manière durable, sûre et permanente; ainsi que sur l’existence ou le besoin d’infrastructures et de modes de transport adaptés à l’acheminement en toute sécurité du CO2 vers le site.

La mise en œuvre de l’article 21, paragraphe 1, points a) et b) du règlement (UE) 2024/1735 a donné lieu à des résultats mitigés.

Premièrement, au 30 décembre 2024, conformément à l’article 21, paragraphe 1, point a), neuf États membres ont indiqué comment ils rendent publiques les données sur les zones où des sites de stockage de CO2 pourraient être autorisés 23 . Deuxièmement, les données géologiques ne sont publiquement disponibles et accessibles que dans cinq États membres 24 . Troisièmement, seuls trois États membres 25 ont démontré qu’ils disposaient d’un cadre juridique obligeant les compagnies pétrolières et gazières autorisées à publier des données géologiques pertinentes, comme l’exige l’article 21, paragraphe 1, point b). La Commission n’a pas été en mesure de vérifier la conformité de 13 États membres en raison de notifications manquantes au regard de l’article 21, paragraphe 1 26 .

Six États membres 27 ont indiqué que l’élaboration d’un tel cadre juridique était en cours et ont fait valoir qu’à ce jour, leurs dispositions nationales relatives à la publication obligatoire des informations pertinentes étaient encore incomplètes ou que certaines lacunes subsistaient dans les dispositions existantes visant à mettre en œuvre l’article 21, paragraphe 1, point b). Cinq États membres ont fourni des éléments d’information limités concernant l’existence d’un cadre juridique mettant en œuvre l’article 21, paragraphe 1, point b), et des données font défaut quant aux exigences obligatoires en matière de publication 28 . Pour 12 États membres 29 , il n’existe pas de cadre juridique imposant la publication de données géologiques.

La Commission invite donc les États membres concernés à remplir les obligations qui leur incombent en vertu de l’article 21, paragraphe 1, et à lui communiquer les informations pertinentes dans les meilleurs délais. La Commission lance un atlas des investissements européens dans les sites potentiels de stockage de CO2 en 2026. Cet atlas s’appuiera, entre autres, sur les données fournies par les États membres et les entités assujetties en vertu de l’article 21.



4Vue d’ensemble des projets de stockage de CO2 prévus

4.1Contribution au titre des plans des 44 entités assujetties

Le règlement (UE) 2024/1735 impose aux 44 entités assujetties de contribuer à la capacité d’injection annuelle visée par l’Union de 50 millions de tonnes afin de veiller à ce que «les solutions climatiques de CSC soient disponibles en amont de la demande» 30 . L’article 3, paragraphe 28, du règlement (UE) 2024/1735 définit la «capacité d’injection de CO2» comme la quantité annuelle de CO2 qui peut être injectée dans un site de stockage géologique opérationnel. L’article 23, paragraphe 1, prévoit que la contribution à la capacité d’injection consiste en une capacité d’injection de CO2 dans un site de stockage autorisé conformément à la directive 2009/31/CE, et disponible sur le marché d’ici à 2030.

Au plus tard à la fin de 2030, les entités assujetties doivent démontrer leur contribution à l’objectif de capacité d’injection de CO2 à l’échelle de l’Union en communiquant à la Commission et en publiant leur obtention, dans l’Union, d’un permis de stockage de CO2 conformément à la directive 2009/31/CE qui autorise l’injection des quantités pertinentes de CO2 capté pendant au moins cinq ans, comme le prévoit l’article 20, paragraphe 2, du règlement (UE) 2024/1735. Les entités doivent également démontrer que cette capacité d’injection de CO2 est disponible sur le marché, ce qu’elles peuvent faire en déclarant au moins un accord de service de stockage conclu avec un émetteur souhaitant utiliser cette capacité. Ces contributions peuvent être élaborées seules, en coopération ou dans le cadre d’accords avec des promoteurs de stockage non assujettis, conformément à l’article 23, paragraphe 5, du règlement (UE) 2024/1735.

L’article 23, paragraphe 4, du règlement (UE) 2024/1735 impose aux 44 entités assujetties de soumettre, au plus tard le 30 juin 2025, un plan détaillant la manière dont elles entendent s’acquitter de leur contribution à la capacité d’injection annuelle visée par l’Union. Ces plans devaient confirmer la contribution des entités assujetties et préciser les moyens et les étapes pour atteindre ces contributions.

Les 44 entités assujetties ont toutes présenté leurs plans et les considèrent comme confidentiels. Sur la base de ces plans présentés en 2025, à ce jour:

1) seules 16 des 44 entités assujetties ont confirmé leur contribution à l’objectif de l’UE en ce qui concerne le volume assigné de capacité d’injection annuelle de CO2 à rendre disponible sur le marché d’ici à 2030;

2) aucune des 44 entités assujetties n’a confirmé sa contribution à l’objectif de l’UE en ce qui concerne la capacité totale de stockage de CO2 31 à rendre disponible sur le marché d’ici à 2030;

3) seules 25 des 44 entités assujetties ont précisé dans leurs plans les moyens et les étapes permettant d’atteindre le volume visé.

Les moyens et les étapes des plans diffèrent au niveau de leur contenu et de leurs détails, mais peuvent être classés comme suit:

Graphique 2 – Type d’informations figurant dans les moyens et les étapes

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