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AccueilDroit européen52026DC0850
Acte préparatoire52026DC0850

RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN concernant des prix de fourniture d’électricité fondés sur le marché, une concurrence effective sur le marché de détail et la promotion de la rémunération de la flexibilité dans les contrats de détail

CELEX52026DC0850
TypeActe préparatoire
Datejeudi 30 avril 2026

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue la mise en œuvre des règles du marché de l'électricité, en particulier concernant les prix de fourniture fondés sur le marché, la concurrence sur le marché de détail et la promotion de la flexibilité dans les contrats. Il examine si les États membres, dont la France, permettent une rémunération adéquate de la flexibilité pour les consommateurs et si les marchés de détail sont suffisamment concurrentiels. Ce document préparatoire pourrait servir de base à d'éventuelles propositions législatives ou recommandations visant à renforcer l'intégration du marché et la protection des consommateurs.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 30.4.2026

COM(2026) 850 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT EUROPÉEN

concernant des prix de fourniture d’électricité fondés sur le marché, une concurrence effective sur le marché de détail et la promotion de la rémunération de la flexibilité dans les contrats de détail


Introduction

L’article 5, paragraphe 10, de la directive (UE) 2019/944 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité 1 [ci-après la «directive (UE) 2019/944» ou la «directive sur l’électricité»] impose à la Commission de présenter un rapport sur la mise en œuvre des dispositions de l’article 5 relatives aux prix de fourniture basés sur le marché et aux interventions publiques dans la fixation des prix pour la fourniture d’électricité.

Conformément à son engagement de promouvoir le caractère abordable de l’énergie et de permettre une participation flexible aux marchés de l’électricité, la Commission, comme annoncé dans le plan d’action pour une énergie abordable 2 , cherche à promouvoir la rémunération 3 en tant que moyen de rendre l’énergie plus abordable, notamment en réduisant les coûts de fourniture d’électricité.

Les marchés de détail concurrentiels et la flexibilité de la demande sont étroitement liés à d’autres aspects du plan d’action, et en particulier aux stratégies de la Commission en matière d’électrification et de numérisation, qui sont également fortement axées sur une mise en œuvre favorable aux consommateurs 4 .

Le premier chapitre du présent rapport s’intéresse aux prix de détail basés sur le marché, comme l’exige l’article 5 de la directive (UE) 2019/944, qui sont essentiels pour créer une concurrence effective entre les fournisseurs et améliorer les offres du marché aux consommateurs. Il met également en évidence des pratiques destinées à aider les États membres à mettre en œuvre l’article 5. Les prix fondés sur le marché sont également importants pour la fourniture de contrats flexibles. Dans les États membres où des interventions sur les prix sont encore en vigueur, cette transition doit être soigneusement gérée afin de préserver le caractère abordable, tout en permettant des signaux de prix clairs pour soutenir les contrats de détail flexibles.

La flexibilité de la demande 5 , qui peut être assurée par divers moyens, joue un rôle central dans l’alignement des marchés sur les besoins des consommateurs, en garantissant des prix abordables, des économies et l’efficacité du système. La flexibilité bénéficie à la fois directement aux consommateurs participants, grâce à des prix plus bas et à une meilleure utilisation de l’énergie, et au système au sens large, en réduisant les coûts et en améliorant l’efficacité. Toutefois, le principe directeur doit être que la flexibilité profite aux consommateurs, et non qu’elle leur impose des contraintes, et que les offres au détail et les incitations du système sont conçues pour garantir la clarté, l’équité et l’inclusivité. Pour concrétiser ces avantages dans la pratique, il convient de promouvoir activement la flexibilité de la demande lorsqu’elle génère des gains évidents. Cela vaut en particulier pour les clients finals qui disposent de l’équipement nécessaire et sont motivés pour participer au marché de détail, mais aussi pour le système énergétique dans son ensemble.

Le deuxième chapitre du présent rapport est consacré à la flexibilité offerte par les contrats de détail 6 , dans le cadre desquels les consommateurs peuvent réagir aux signaux de prix en modifiant leur consommation d’électricité. Cette flexibilité vise à stimuler la participation des consommateurs en encourageant des ajustements de l’utilisation de l’énergie qui s’alignent sur la dynamique de l’offre et de la demande, tout en préservant le caractère abordable et en protégeant les consommateurs vulnérables.

1.Prix de fourniture basés sur le marché

L’article 5, paragraphe 1, de la directive (UE) 2019/944 dispose que les fournisseurs sont libres de déterminer le prix auquel ils fournissent l’électricité aux clients. Avec le droit des clients de choisir leur propre fournisseur, il s’agit d’un élément clé de la directive sur l’électricité pour garantir une concurrence loyale et un accès ouvert à tous les fournisseurs.

L’article 5 devrait permettre aux consommateurs de bénéficier pleinement d’un marché intérieur de l’électricité libéralisé qui encourage la concurrence tarifaire et non tarifaire entre les fournisseurs d’électricité, attire de nouveaux entrants et, en définitive, améliore le choix et la satisfaction des consommateurs. La libéralisation des marchés de l’énergie contribue également à faire en sorte que les consommateurs puissent bénéficier pleinement d’une flexibilité accrue et de meilleurs investissements énergétiques dans les énergies renouvelables, tout en contribuant à la stabilité du réseau grâce à la participation active de la demande. Outre l’article 5, la directive sur l’électricité contient d’autres mesures qui facilitent la concurrence et le choix des consommateurs, concernant par exemple les outils de comparaison des prix, des factures précises, les compteurs intelligents et les droits en matière de règlement extrajudiciaire des litiges.

L’article 5 permet également aux États membres d’intervenir dans la fixation des prix, soit pour protéger les clients vulnérables et en situation de précarité énergétique, soit pour tous les ménages et toutes les microentreprises dans le cadre d’une transition vers une concurrence pleinement effective, selon des critères stricts. Une intervention dans la fixation des prix (on parle également de «prix réglementés») signifie qu’au moins un fournisseur de détail est limité dans sa capacité à déterminer librement le prix auquel il vend l’électricité par l’intermédiaire d’au moins un de ses contrats 7 . Les prix réglementés peuvent contribuer efficacement à stabiliser le prix de l’énergie pour les clients finals. Toutefois, ils sont susceptibles de supprimer le signal de prix pour les consommateurs, de réduire les incitations à l’efficacité énergétique et de nuire à la concurrence, au détriment des consommateurs à long terme.

Le présent rapport évalue les mécanismes de fixation des prix sur les marchés de détail dans les États membres depuis l’entrée en vigueur de la directive sur l’électricité en juillet 2019. Il s’appuie sur les rapports présentés par les États membres conformément à l’article 5, paragraphe 9, 8 ainsi que sur des analyses et des données de l’ACER, des données d’Eurostat et des recherches documentaires.

Malgré la crise énergétique de ces dernières années (conséquences de la pandémie de COVID-19 et de l’invasion injustifiée de l’Ukraine par la Russie en 2022), des indices montrent que les conditions de concurrence se sont améliorées dans l’Union, en particulier dans les États membres qui n’appliquent aucune réglementation des prix. Toutefois, des progrès importants sont encore possibles. Les États membres doivent élaborer une feuille de route qui trace la voie vers une concurrence effective et favorise le développement d’une plus grande flexibilité sur les marchés de détail.

Encadré nº 1. Interventions publiques dans la fixation des prix pendant la crise énergétique

La crise énergétique a entraîné une hausse significative des prix de détail en 2022, les niveaux de prix demeurant élevés pendant une grande partie de 2023 et 2024.

La Commission a fourni des orientations sur l’application de l’article 5 de la directive sur l’électricité pendant la crise 9 dans le cadre de la communication REPowerEU [COM (2022) 108 final]. Elle a ensuite adopté le règlement (UE) 2022/1854 du Conseil sur une intervention d’urgence pour faire face aux prix élevés de l’énergie, qui a temporairement élargi les possibilités d’intervention des États membres dans la fixation des prix de l’électricité 10 .

Au cours de la crise, les États membres ont agi au moyen d’outils prenant la forme d’interventions sur les prix de détail, de réductions de TVA, ainsi que de crédits et de chèques électricité pour les ménages. Dans l’ensemble, la crise a entraîné, dans de nombreux États membres, un transfert des clients vers des offres réglementées, plafonnées ou protégées d’une autre manière. Si la majorité des mesures ont été supprimées, certaines sont restées actives jusqu’en 2025.

La révision de la directive sur l’électricité a introduit l’article 66 bis, qui permet au Conseil de déclarer une crise des prix au niveau régional ou à l’échelle de l’Union, donnant aux États membres la possibilité de fixer temporairement des prix inférieurs aux coûts et d’étendre le soutien aux PME dans des conditions strictes afin de préserver la concurrence, l’efficacité énergétique et les incitations à la réduction de la demande.

1.1 État actuel des rapports des États membres sur la mise en œuvre des dispositions de l’article 5

Les États membres 11 ont présenté des rapports sur leur mise en œuvre de l’article 5. La plupart des rapports ont été envoyés pour le 31 mars 2025 et reflètent la situation à ce jour:

-quatorze États membres ont déclaré ne pas avoir mis en œuvre d’intervention sur les prix: l’Autriche, la Tchéquie, l’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, la Grèce, la Finlande, la Croatie, l’Irlande, le Luxembourg, la Lettonie, les Pays-Bas, la Suède et la Slovénie.

-Trois États membres ne font état d’une intervention que pour les ménages vulnérables et en situation de précarité énergétique: la Belgique, l’Italie et le Portugal.

-Six États membres font état d’une intervention sur les prix pour tous les ménages et/ou microentreprises dans le cadre d’une transition vers des marchés pleinement concurrentiels: la Bulgarie, l’Espagne, la France, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie.

-Trois États membres font état d’interventions dans la fixation des prix prenant fin en 2025: la Pologne (septembre 2025), le Portugal (décembre 2025) et la Roumanie (juillet 2025).

-Deux États membres ont signalé des dérogations à l’application de l’article 5 et ont estimé qu’il n’était donc pas nécessaire de présenter un rapport 12 : Chypre et Malte.

En vertu de l’article 5, paragraphe 8, les États membres sont tenus de notifier à la Commission leurs décisions de réglementer les prix de détail au plus tard un mois après leur adoption. Cette obligation englobe également toutes les modifications substantielles apportées aux régimes en cours (par exemple, l’extension des bénéficiaires). Ces obligations sont systématiquement remplies.

1.2 Intervention sur les prix au profit des consommateurs vulnérables et en situation de précarité énergétique

L’article 5, paragraphe 2, dispose que les États membres devraient donner la priorité aux politiques sociales ou aux interventions non fondées sur les prix afin de protéger les clients vulnérables ou en situation de précarité énergétique. Ces mesures pourraient prendre les formes énoncées dans la recommandation (2023/2407) de la Commission sur la précarité énergétique 13 , qui met l’accent sur des solutions structurelles pour y remédier.

Néanmoins, l’article 5, paragraphe 3, autorise les États membres à mettre en œuvre des interventions publiques dans la fixation des prix. Ces interventions doivent s’inscrire dans un cadre plus large d’interventions visant à soutenir les personnes vulnérables et en situation de précarité énergétique dans le contexte des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) 14 .

L’article 5, paragraphe 4, exige que les interventions publiques dans la tarification de l’électricité pour les ménages vulnérables poursuivent un objectif d’intérêt économique général, soient transparentes et non discriminatoires, garantissent un égal accès pour les fournisseurs, soient limitées dans le temps et proportionnées, et n’entraînent pas de coûts supplémentaires pour les acteurs du marché d’une manière discriminatoire.

La Belgique, l’Italie et le Portugal ont fait état d’interventions dans la fixation des prix (au moyen de tarifs sociaux) qui ne s’appliquent qu’aux ménages vulnérables et en situation de précarité énergétique. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de stratégies plus larges mises en place dans ces pays pour lutter contre la précarité énergétique. L’Espagne a également mis en place un mécanisme intitulé «bono social» qui peut également être considéré comme une intervention au titre de l’article 5, paragraphe 3.

Alors qu’en Belgique, cette intervention est limitée à 9,9 % des ménages 15 , en Italie, l’intervention sur les prix pour les clients vulnérables, Esercenti maggior tutela per clienti vulnerabili, couvre 35 % des ménages parce que les conditions d’éligibilité fixées accroissent le nombre de bénéficiaires potentiels 16 . Au Portugal, le tarif social 17 est considéré comme une mesure de politique sociale de l’Estratégia Nacional de Longo Prazo para o Combate à Pobreza Energética (stratégie à long terme de lutte contre la précarité énergétique) 2023-2050 et couvrait 13 % des consommateurs d’électricité en 2022 18 .

Les États membres sont encouragés à donner la priorité aux mesures structurelles telles que la rénovation énergétique plutôt qu’aux mesures d’accessibilité financière — telles que l’aide au revenu et les programmes de protection sociale ou l’aide financière temporaire — pour les ménages en situation de précarité énergétique. Les tarifs sociaux peuvent être utilisés dans le cadre d’une approche plus large et bien ciblée visant à atténuer les difficultés immédiates.

1.3 Intervention sur les prix au profit de tous les ménages et microentreprises pendant une période transitoire permettant d’établir une concurrence effective

L’article 5, paragraphe 6, de la directive sur l’électricité autorise les États membres à réglementer temporairement les prix de l’électricité lors d’une transition vers une concurrence pleinement effective. Cela permet de mettre en place des interventions pendant une période limitée au cours de laquelle les avantages de la concurrence ne seraient pas pleinement réalisés.

Les critères applicables aux interventions sur les prix — dans le contexte d’une transition vers une concurrence effective telle que définie à l’article 5, paragraphe 7 — s’ajoutent à ceux énoncés à l’article 5, paragraphe 4, dans le but général de créer une structure juridique et économique solide pour prévenir les distorsions du marché. Il s’agit, entre autres, de l’évaluation des progrès accomplis, du traitement non discriminatoire des fournisseurs, de la fixation de prix supérieurs aux coûts, de l’information des bénéficiaires sur d’autres offres concurrentielles et de la prévention des subventions croisées entre le marché et les clients dont les prix sont réglementés. Si certains pays ont réussi à intégrer la réglementation des prix avec une libéralisation progressive du marché, d’autres viennent à peine d’entamer leur transition. La dynamique du marché révèle d’importantes disparités: par exemple, 18 % des ménages au Portugal, 27,3 % en Lituanie, 29 % en Espagne, 57 % en France et 63 % en Pologne dépendent toujours de tarifs réglementés 19 . Ces pays indiquent qu’ils répondent aux exigences énoncées à l’article 5, paragraphe 7, point a), en prenant des mesures pour renforcer la concurrence et qu’ils suivent les progrès accomplis. Néanmoins, tous n’ont pas fixé de dates claires pour la révision de leurs régimes.

En revanche, dans plusieurs États membres, tels que la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie 20 , près de 100 % des clients résidentiels bénéficient de tarifs réglementés. Dans certains États membres, les mesures couvrent toujours les petites et moyennes entreprises (PME). De telles mesures, bien qu’autorisées pendant la crise en vertu du règlement (UE) 2022/1854, sont contraires à la directive sur l’électricité.

L’article 5, paragraphe 7, point a), exige que les interventions publiques dans la fixation des prix soient «assorties d’un ensemble de mesures permettant de parvenir à une concurrence effective et d’une méthode d’évaluation des progrès en ce qui concerne ces mesures». Pour satisfaire à cette obligation, les États membres peuvent définir une feuille de route, organisée autour de mesures qui devraient comprendre des étapes définies et une méthode d’évaluation assortie d’indicateurs. Cette feuille de route devrait définir des mesures visant à réduire les distorsions dans les mécanismes de fixation des prix, à renforcer la transparence des signaux du marché et à garantir une concurrence loyale entre les fournisseurs, conformément aux critères plus larges énoncés à l’article 5, paragraphe 7.

En ancrant les prix de fourniture dans la dynamique du marché, les États membres peuvent favoriser les investissements dans les énergies renouvelables, améliorer la stabilité du réseau et soutenir la prévisibilité des coûts à long terme pour les consommateurs. La feuille de route devrait également intégrer la consultation des parties prenantes, y compris les producteurs d’énergie, les consommateurs et les régulateurs, afin de répondre aux préoccupations concernant le caractère abordable et la volatilité du marché. Une approche structurée permettra non seulement d’accélérer l’intégration des énergies renouvelables, mais aussi de faire en sorte que les États membres restent résilients face aux chocs extérieurs, tels que les perturbations géopolitiques ou les changements soudains de la demande d’énergie.

Plusieurs États membres ont réussi la transition vers l’établissement d’une concurrence effective sur le marché de détail de l’énergie tout en préservant les intérêts des consommateurs. Par exemple, l’Irlande a mis en œuvre une approche progressive de l’ouverture du marché entre 2000 et 2011 tout en poursuivant parallèlement la libéralisation du marché de gros. La Lituanie se trouve à présent à un stade avancé de l’introduction de la concurrence sur le marché de détail, ce qui témoigne de sa résilience malgré la crise énergétique. Sur la base de leurs rapports, trois autres États membres ont annoncé la suppression progressive des interventions sur les prix dans la fixation des prix de détail: la Roumanie (juillet 2025), la Pologne (septembre 2025) et le Portugal (décembre 2025). Ces exemples montrent comment des stratégies progressives et ciblées peuvent concilier le dynamisme du marché et la protection des consommateurs.

Les dispositions de l’article 5, paragraphe 4, points c) et d), et de l’article 5, paragraphe 7, point b), exigent que les interventions ne favorisent ni ne désavantagent de manière injustifiée certains bénéficiaires ou fournisseurs. Toutes les entreprises d’électricité doivent avoir un accès égal aux clients et la charge financière des interventions doit être répartie équitablement 21 . Ces dispositions garantissent des conditions de concurrence équitables et empêchent la fragmentation du marché, ce qui est essentiel sur les marchés où un fournisseur (historique) occupe une position dominante. Les prix réglementés ne devraient pas conférer un avantage indu à certains fournisseurs, que ce soit par la mise en avant des prix réglementés ou par l’utilisation du cadre tarifaire réglementé pour promouvoir d’autres contrats du marché proposés par ce fournisseur.

En alignant les prix de fourniture sur les conditions du marché, les États membres peuvent donner aux consommateurs des signaux de prix plus clairs tout en soutenant les investissements dans les énergies renouvelables, en renforçant le réseau et en améliorant la prévisibilité des coûts à long terme pour les ménages. À cet égard, et en tant qu’objectif général pour les États membres qui mettent en œuvre des interventions sur les prix, ceux-ci devraient élaborer une feuille de route claire et assortie d’échéances pour assurer la transition vers des prix de fourniture basés sur le marché, conformément aux principes de la nouvelle architecture du marché de l’UE et aux objectifs de la transition vers une énergie propre.

La Commission examinera plus en détail l’intention de chaque État membre d’établir et de mettre en œuvre de telles feuilles de route. La Commission évalue également le respect des règles et principes de l’UE et renforcera sa coopération avec les États membres afin de résoudre toute question en suspens.

Bien que la directive (UE) 2019/944 ne prévoie pas de nouvelle date de rapport au-delà du 1er janvier 2025, les États membres seront invités à faire régulièrement rapport sur le niveau de concurrence sur le marché de détail de l’électricité au moyen des rapports d’avancement nationaux en matière d’énergie et de climat. Ces rapports peuvent se calquer sur les obligations de déclaration bisanuelle existantes au titre de l’article 4, paragraphe 9, de la directive sur le gaz (2024/1788).

Application des principes de l’article 5, paragraphe 4

Les États membres disposent d’un large pouvoir d’appréciation pour déterminer ce qui constitue un service d’intérêt économique général et les obligations de service public qui y sont associées. Les États membres ont interprété les critères d’«intérêt général», de «nécessité» et de «proportionnalité» visés à l’article 5, paragraphe 4, point a), à divers égards 22 . Dans l’arrêt Federutility, la Cour de justice a souligné le principe de proportionnalité dans le contexte de l’intervention publique dans la fixation des prix du gaz naturel afin de garantir que les interventions publiques restent ciblées, efficaces et adéquatement équilibrées dans leur conception et leur application — en particulier, l’intervention doit être limitée à la durée strictement nécessaire pour atteindre l’objectif visé.

L’article 5, paragraphe 4, point d), exige que toutes les interventions publiques dans la fixation des prix soient limitées dans le temps et proportionnées en ce qui concerne leurs bénéficiaires. Cette exigence doit être interprétée dans le contexte des principes plus larges de proportionnalité et de poursuite de l’intérêt général. Plus précisément, l’intervention doit cadrer avec les objectifs définis au niveau national, tels que la lutte contre la précarité énergétique ou la facilitation d’une transition vers une concurrence effective. La limitation dans le temps permet un réexamen régulier afin de vérifier que tous les critères d’intervention définis à l’article 5 continuent d’être remplis. Lorsque des mesures sont maintenues ou prorogées, elles devraient à nouveau être notifiées à la Commission sur la base d’une nouvelle évaluation de leur nécessité.

1.4 Degré de concurrence entre les États membres

L’un des principaux objectifs de la directive sur l’électricité — et en particulier de son article 5 — est d’assurer une concurrence effective sur les marchés de détail de l’électricité. Dans leurs rapports, 18 États membres ont indiqué qu’ils considéraient qu’il existait une concurrence effective au niveau du commerce de détail, tandis que cinq États membres 23 ont répondu que ce n’était pas le cas.

Parmi les indicateurs de concurrence couramment utilisés figurent l’indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) et le taux de changement de fournisseur 24 . L’indice HHI utilise les parts de marché des fournisseurs pour mesurer la concentration d’un marché, une faible concentration étant associée à un grand nombre de fournisseurs et donc une concurrence accrue, tandis qu’une forte concentration est associée à des conditions moins concurrentielles. Depuis 2019, l’indice HHI moyen dans l’UE a légèrement diminué, ce qui témoigne d’une certaine amélioration des conditions de concurrence. Il y a eu des variations au sein de l’Union, certains États membres 25 étant confrontés à une concurrence accrue et d’autres 26 à des réductions. D’une manière générale, les États membres qui ne réglementent pas les prix ont enregistré une amélioration de la concurrence, tandis que dans les États membres où presque tous les ménages étaient soumis à des prix réglementés, une détérioration marginale de la concurrence a pu être observée (augmentation de l’indice HHI de 1,7 %). La crise a eu un effet négatif sur la concurrence; parmi les 12 États membres disposant de données annualisées cohérentes sur la concentration du marché, l’indice HHI moyen simple (non pondéré) a augmenté de 4,7 % 27 . Cela s’explique en partie par la consolidation et les sorties de fournisseurs 28 (à la suite de la crise) dans certains États membres.

L’indice HHI pour le secteur non résidentiel est généralement inférieur à celui du secteur résidentiel dans l’ensemble des États membres. Si les conditions de concurrence se sont quelque peu améliorées dans le secteur non résidentiel depuis 2019, elles se sont détériorées dans certains États membres en 2022 et 2023.

Les taux de changement de fournisseur varient considérablement d’un État membre à l’autre. Des taux plus élevés indiquent un marché sain et concurrentiel, et des taux plus bas indiquent un choix limité pour les clients ou une faible participation des consommateurs. Les taux de certains États membres sont parfois supérieurs à 20 % 29 et ceux d’autres États membres sont constamment inférieurs à 5 % 30 . Depuis l’introduction de la directive sur l’électricité, le taux de changement de fournisseur a augmenté tant dans le secteur résidentiel 31 que dans le secteur non résidentiel 32 dans la plupart des États membres. Alors que le taux moyen de l’UE dans le secteur résidentiel a augmenté au début de la crise en 2022 (de 8,7 % à 9 %), il a diminué en 2023 (à 7,15 %), peut-être en raison de l’incidence de la crise sur les fournisseurs et de la dynamique introduite par les interventions publiques. Une tendance similaire a été observée dans le secteur non résidentiel.

L’ACER 33 a constaté que, dans près de trois quarts (73 %) des États membres où le taux de changement de fournisseur est inférieur à 10 %, il existe des fournisseurs dominants. Elle fait également observer que les interventions sur les prix peuvent avoir un effet dissuasif sur le changement de fournisseur, étant donné que le pourcentage de clients résidentiels bénéficiant d’interventions sur les prix est comparativement plus faible dans les États membres où les taux de changement de fournisseur sont supérieurs à 10 %. De même, le taux de changement de fournisseur pour les clients non résidentiels varie d’un État membre à l’autre. En général, les clients non résidentiels changent plus fréquemment que les ménages, le taux moyen en 2023 étant deux fois plus élevé que celui des ménages.

En résumé, depuis l’introduction de la directive sur l’électricité, les conditions de concurrence semblent s’être légèrement améliorées malgré l’incidence des crises des prix de l’énergie. Toutefois, les conditions varient d’un État membre à l’autre. De nombreux marchés restent relativement concentrés et un nombre élevé de répondants (21,7 %) estiment qu’il n’existe pas de concurrence effective sur le marché de détail de l’électricité de leur État membre.

Dans leurs rapports, les États membres ont fait le point sur les difficultés qu’ils ont rencontrées 34 pour améliorer les conditions de concurrence, les quatre obstacles les plus cités étant:

1)de faibles taux de changement de fournisseur et/ou une faible participation des consommateurs (onze États membres);

2)le poids d’un acteur dominant du marché (dix États membres);

3)la petite taille du marché (neuf États membres); et

4)un faible accès au marché de gros et la présence d’autres pratiques anticoncurrentielles sur le marché (cinq États membres).

Les États membres peuvent recourir à des mesures «sans regret» susceptibles d’améliorer sensiblement la concurrence, la résilience du marché à long terme et le choix des consommateurs. Ces mesures améliorent la transparence, garantissent aux fournisseurs un accès équitable au marché de gros et accroissent la flexibilité dans les contrats de détail. Elles sont décrites dans la section suivante.

Les États membres devraient donner la priorité à l’application de la législation existante afin de garantir la cohérence dans l’ensemble du marché intérieur de l’énergie, tout en conservant la faculté de choisir la forme et la méthode pour atteindre un objectif commun, comme le prévoient généralement les directives. Il est essentiel que les États membres mettent pleinement en œuvre la directive sur l’électricité telle que modifiée par la directive (UE) 2024/1711 sur l’organisation du marché de l’électricité. Une transposition tardive ou incomplète de ces règles risque de compromettre leur efficacité et de prolonger l’insécurité énergétique. La Commission confirme qu’elle est disposée à soutenir et à accélérer la mise en œuvre correcte de la législation pertinente de l’UE.

1.4.1 Mesures nationales visant à améliorer la concurrence sur le marché

Dans leurs rapports, les États membres ont précisé les mesures introduites pour améliorer la concurrence depuis l’introduction de la directive sur l’électricité. Les mesures introduites étaient les suivantes:

1.Mesures visant à garantir un accès équitable et transparent au marché de gros (seize États membres)

2.Introduction d’outils de comparaison 35 (quatorze États membres)

3.Simplification des procédures pour faciliter l’entrée de nouveaux fournisseurs (douze États membres)

4.Publicité et campagnes d’information à destination des consommateurs (neuf États membres)

5.Introduction d’obligations spécifiques pour les fournisseurs dominants (huit États membres)

6.Introduction d’améliorations législatives et réglementaires (huit États membres)

La position dominante de certains acteurs du marché, tant au niveau de la production que de la fourniture, continue d’entraver l’exercice d’une concurrence effective sur les marchés de détail de l’électricité. Il est essentiel de veiller à ce que les fournisseurs aient un accès juste et égal au marché de gros, y compris au moyen d’accords d’achat d’électricité et de contrats d’écart compensatoire introduits par la réforme du marché de l’électricité 36 , pour assurer le fonctionnement du marché, en particulier dans les États membres où la concentration du marché est importante.

Afin d’améliorer la mise en œuvre de l’article 5, les États membres devraient prendre des mesures pour équilibrer le marché en garantissant à tous les fournisseurs un accès équitable et juste au marché de gros et en maintenant une transparence totale.

La promotion de la flexibilité d’origine non fossile dans tous les contrats de marché de détail, y compris sur les marchés réglementés, est également nécessaire pour la concurrence. Compte tenu des contraintes de réseau et de la nécessité d’offrir une énergie abordable, les contrats de fourniture flexibles sont devenus une solution majeure.

Le déploiement de compteurs intelligents est essentiel pour permettre des contrats de fourniture plus flexibles. La flexibilité est désormais intégrée dans de nombreuses offres de détail — de la tarification dynamique et selon l’heure d’utilisation aux modèles hybrides, combinant stabilité et réactivité — offrant aux consommateurs de nouveaux moyens de réduire leurs factures et de soutenir la stabilité du réseau.

La France et l’Espagne montrent que la flexibilité peut également fonctionner dans le cadre de tarifs réglementés au moyen de mécanismes tels que la tarification jour/nuit et les structures liées au commerce de gros.

Les États membres devraient accélérer le déploiement des compteurs intelligents, en s’appuyant sur des stratégies claires d’engagement des consommateurs afin de maximiser la souscription d’offres flexibles. Ils devraient encourager tous les fournisseurs, y compris les fournisseurs réglementés, à intégrer des éléments de flexibilité tels que la tarification selon l’heure d’utilisation ou la tarification hybride, lorsque c’est possible, tout en préservant la protection des consommateurs.

En ce qui concerne la combinaison de la flexibilité et de la réglementation des prix, le cadre inscrit à l’article 66 bis de la directive sur l’organisation du marché de l’électricité garantit que les ménages et les PME continuent d’être incités à réduire leur consommation, même dans le cadre d’une tarification réglementée. Plusieurs États membres ont appliqué ce principe avec succès pendant la crise énergétique et les critères énoncés à l’article 66 bis pourraient également être mis en œuvre par les États membres en dehors des périodes de crise, afin de protéger les consommateurs et de préserver les signaux de prix.



2.Le rôle de la flexibilité de la demande dans la transition énergétique

2.1 La flexibilité, facteur essentiel d’un système électrique décarboné et centré sur les consommateurs

La flexibilité de la demande peut favoriser un marché de détail de l’électricité efficace et compétitif et apporter des avantages à la fois aux consommateurs directement et au système dans son ensemble. L’activation de la flexibilité sur le marché de détail contribuera à intégrer la production d’énergies renouvelables variables et donnera aux consommateurs les moyens de mieux gérer leur consommation d’énergie. Pour parvenir à cette flexibilité, il faut disposer d’un cadre réglementaire efficace qui protège les consommateurs, favorise un accès équitable et préserve le caractère abordable. Les infrastructures intelligentes de comptage seront au cœur de ce changement.

Dans l’ensemble, il faudrait donner aux consommateurs qui le souhaitent la possibilité de jouer un rôle actif et de mettre leur flexibilité au service du marché. Pour ce faire, ils ont besoin d’un cadre juridique clair, de solutions et de produits innovants leur permettant d’avoir le choix et de profiter de prix et de récompenses équitables. En outre, les consommateurs devraient avoir accès à des informations et à des outils grâce à des systèmes intelligents de mesure 37 et à des modalités efficaces d’accès aux données qui leur permettent de poser des choix éclairés.

Il est tout aussi important de veiller à ce que les clients finals qui font le choix de la flexibilité soient protégés par des garanties solides en matière d’accords contractuels, de transparence et d’informations sur les produits et les prix, tout en assurant la protection des données. Les fournisseurs proposant des contrats de détail flexibles, et en particulier des contrats à tarification dynamique, devraient informer correctement les consommateurs des risques et des avantages associés à ces offres.

Enfin, la sensibilisation des consommateurs doit être activement encouragée; des campagnes et des initiatives de communication ciblées peuvent contribuer à mettre en évidence les avantages et les risques potentiels de la participation à la flexibilité, en favorisant un engagement éclairé et en encourageant davantage de consommateurs à y contribuer.

2.2 Programmes de participation active de la demande

L’article 2, point 20), de la directive sur l’électricité définit la «participation active de la demande» comme le changement qu’apporte le client final à sa charge d’électricité par rapport à son profil de consommation habituel ou actuel pour réagir aux signaux du marché, y compris à des variations de prix de l’électricité en fonction du moment ou des incitations financières, ou pour réagir à l’acceptation de l’offre du client final de vendre, seul ou par le biais de l’agrégation, une réduction ou une augmentation de la demande à un prix déterminé sur un marché organisé.

Dans les programmes de participation active de la demande, on distingue généralement les programmes fondés sur les prix (ou «implicites») et les programmes fondés sur les incitations (ou «explicites»). Dans le cadre de la participation active de la demande fondée sur des incitations, les consommateurs, souvent par l’intermédiaire d’un tiers, conviennent à l’avance de réduire ou de décaler leur consommation d’électricité en échange d’une compensation financière directe. Dans la pratique, ce type de flexibilité est principalement utilisé sur les marchés d’équilibrage, dans les services auxiliaires et, le cas échéant, dans les mécanismes de capacité. Les agrégateurs jouent un rôle crucial en regroupant les petites charges flexibles provenant des ménages, des entreprises et des petits clients industriels, et des ressources de stockage, afin de constituer des volumes suffisamment importants pour participer de manière significative aux marchés de l’électricité et fournir des services au réseau.

Il est essentiel de veiller à ce que les agrégateurs, y compris les agrégateurs indépendants, puissent accéder aux marchés à des conditions transparentes et non discriminatoires, et à ce que les consommateurs puissent facilement souscrire à leurs services, pour débloquer la participation active de la demande fondée sur des incitations.

Les contrats de détail flexibles relèvent de la participation active de la demande fondée sur les prix. Dans ce cas, les consommateurs réagissent aux prix de l’électricité qui varient dans le temps — tarification selon l’heure d’utilisation, tarification dynamique ou tarification de pointe critique — et ajustent leur consommation en conséquence, sans prendre d’engagement explicite distinct à l’égard d’une réduction spécifique de la charge.

2.3 Cadre juridique

Le paquet «énergie propre» a introduit le cadre pour la flexibilité de la demande, y compris la définition des rôles et responsabilités clés des acteurs du marché, et les modalités régissant la flexibilité sur le marché de détail de l’électricité. Ensemble, la directive (UE) 2019/944, telle que modifiée par la directive sur l’organisation du marché de l’électricité 38 , et le règlement (UE) 2019/943 sur l’électricité 39 (ci-après le «règlement sur l’électricité»), tel que modifié par le règlement (UE) 2024/1747 40 , constituent le cadre juridique pour les offres de détail flexibles, y compris les dispositions qui permettent aux consommateurs de disposer de contrats distincts pour les charges flexibles, telles que la recharge des véhicules électriques et les pompes à chaleur, par rapport à leur consommation domestique principale.

La participation active de la demande est la plus efficace lorsque les consommateurs ont accès à des prix de détail basés sur le marché, comme l’exige l’article 5 de la directive sur l’électricité. Dans les États membres où des interventions sur les prix sont encore en vigueur, leur suppression doit être soigneusement gérée afin de préserver le caractère abordable, tout en permettant des signaux de prix clairs pour soutenir les contrats flexibles de fourniture d’électricité.

L’article 11 de la directive sur l’électricité complète les dispositions de base relatives au libre choix du fournisseur et aux prix de fourniture basés sur le marché en exigeant qu’au moins un contrat d’électricité à tarification dynamique soit disponible sur le marché pour les clients finals disposant d’un compteur intelligent. Afin de garantir la transparence et la confiance et de faciliter la prise de décisions éclairées, les fournisseurs sont tenus de décrire clairement les avantages et les risques éventuels du contrat avant que les clients n’y souscrivent.

Ces dispositions sont renforcées par l’article 13 sur les contrats d’agrégation et les articles 15 et 17, qui définissent le régime applicable aux clients actifs et à la participation active de la demande par l’agrégation. Les États membres sont tenus de garantir un accès non discriminatoire à tous les marchés de l’électricité pour les consommateurs et les agrégateurs, en mettant en place des mécanismes de marché appropriés qui permettent une certaine flexibilité pour participer et être correctement valorisés sur tous les marchés.

Les futures règles, telles que le code de réseau sur la participation active de la demande 41 , qui établira un cadre commun de l’UE pour activer et rémunérer la flexibilité sur les marchés, ainsi que l’acte d’exécution sur l’interopérabilité des données pour la participation active de la demande 42 , qui facilitera l’accès aux données pertinentes, devraient compléter le cadre existant et soutenir davantage l’adoption de la participation active de la demande. En outre, le code de conduite pour les appareils intelligents 43 contribuera à garantir que les appareils connectés dans les maisons intelligentes puissent s’adapter sans difficulté aux contrats de fourniture flexibles, renforçant ainsi à la fois la participation des consommateurs et l’efficacité du réseau.

2.4 Les compteurs intelligents comme facteur déterminant

Les compteurs intelligents sont indispensables pour permettre aux consommateurs de participer à une consommation d’énergie flexible; ils rendent possible la facturation en fonction des heures de consommation, offrent des informations en temps réel et favorisent l’automatisation. Ils fournissent également un accès amélioré et sécurisé aux données de comptage et de consommation et aident les clients finals à recevoir des estimations de coûts claires et des offres adaptées. Cela leur permet de faire des choix éclairés. Dans les États membres où le déploiement est plus avancé, les consommateurs bénéficient déjà de produits indexés sur les prix du marché de gros, ce qui favorise la réactivité du côté de la demande et contribue à réduire les coûts du réseau.

Si le déploiement de systèmes intelligents de mesure dans l’ensemble de l’UE a considérablement progressé, la situation reste inégale. Le taux de pénétration des compteurs intelligents d’électricité dans l’UE-27 s’élevait à environ 60 % à la fin de 2024, d’après les données de l’ACER-CEER 44 . Quinze États membres ont atteint des niveaux de pénétration supérieurs à 80 %, dont dix sont proches d’une couverture complète. Douze États membres restent en dessous des 80 %, dont sept accusent un retard, soit en raison de délais dans le déploiement, soit parce qu’ils n’ont pas encore décidé de procéder à un déploiement à grande échelle. Le graphique suivant montre la pénétration des compteurs intelligents dans l’ensemble de l’UE.

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