Le programme «Consommateurs» 2014-2020 a été élaboré dans le but d’assurer un niveau élevé de protection des consommateurs, de doter ceux-ci des moyens d’agir et de les placer au cœur du marché intérieur. Son objectif général était de renforcer la confiance des consommateurs et de soutenir le commerce transfrontalier, contribuant ainsi à la stratégie Europe 2020 pour l’emploi et une croissance intelligente, durable et inclusive. Doté d’un budget total de 194,4 millions EUR, le programme a financé 270 projets sous la forme de subventions et 573 projets sous la forme de marchés publics dans tous les États membres de l’UE, ainsi qu’en Norvège et en Islande, en ciblant des problématiques telles que la numérisation, la complexité croissante des marchés et les vulnérabilités des consommateurs. Le programme a également joué un rôle essentiel dans l’harmonisation des politiques de protection des consommateurs dans l’ensemble de l’UE, en assurant une approche cohérente dans le traitement des questions clés et en réduisant les disparités entre les États membres.
Contexte et objectifs
Le programme a été mis en œuvre entre 2014 et 2020, dans le prolongement du programme «Consommateurs» 2007-2013. Il visait à répondre aux évolutions des questions de consommation, telles que la croissance rapide du commerce électronique, la mondialisation des chaînes d’approvisionnement et l’utilisation croissante des outils numériques par les professionnels. Ses objectifs spécifiques étaient les suivants:
1.Consolider et améliorer la sécurité des produits en renforçant la surveillance des marchés et l’analyse des risques.
2.Favoriser l’information et l’éducation des consommateurs tout en aidant les associations de consommateurs à améliorer leurs capacités.
3.Renforcer les droits des consommateurs et améliorer l’accès aux mécanismes de règlement extrajudiciaire des litiges (REL) et de règlement des litiges en ligne (RLL).
4.Contribuer au respect de la législation en encourageant la coopération entre les autorités nationales et en fournissant des outils visant à garantir l’application de la législation de l’UE relative à la protection des consommateurs.
Le programme a également mis l’accent sur l’importance de traiter les difficultés rencontrées par les consommateurs vulnérables, notamment les personnes ayant un niveau de compétence numérique plus faible, des ressources financières limitées ou des besoins spécifiques en matière d’accessibilité. Son approche multidimensionnelle a permis de mener des actions ciblées dans différents secteurs et groupes de population, veillant ainsi à ce qu’aucun consommateur ne soit laissé pour compte.
Principales conclusions
L’évaluation ex post du programme «Consommateurs» 2014-2020 montre que le programme a été globalement efficace, efficient, pertinent et cohérent, et qu’il a apporté une valeur ajoutée européenne manifeste, en particulier dans des domaines tels que la sécurité des produits, l’application de la législation relative à la protection des consommateurs et la coopération transfrontière. Toutefois, l’évaluation a également mis en évidence d’importantes limites sur le plan méthodologique et en matière de données, notamment un manque de documentation relative aux projets, des incohérences dans les informations relatives aux indicateurs et une dépendance excessive à l’égard des mesures de résultats quantitatifs, ce qui a restreint la capacité à évaluer pleinement les impacts à plus long terme. Ces lacunes ont été amplifiées par le manque de données de référence et de données contrefactuelles, limitant les possibilités de mesurer les changements comportementaux ou systémiques pouvant être attribués au programme.
Efficacité
Le programme a globalement atteint efficacement ses objectifs dans les domaines clés suivants:
·Safety Gate/RAPEX a joué un rôle central dans l’amélioration de la sécurité des produits dans l’ensemble de l’UE, en permettant un échange d’informations plus rapide et une application coordonnée. Toutefois, dans certains cas, l’impact a été limité par la persistance de disparités dans les capacités des États membres et d’incohérences dans l’application.
·Le soutien aux organisations de consommateurs au niveau national et de l’UE, en particulier de la part du BEUC, a contribué au renforcement des politiques, à la coordination et au partage d’informations, notamment sur les questions touchant les consommateurs vulnérables, telles que la précarité énergétique et la fraude en ligne. Toutefois, l’incidence de ces activités sur le comportement des consommateurs et les résultats reste difficile à quantifier.
·Les initiatives en matière d’information et d’éducation des consommateurs se sont avérées d’une efficacité mitigée. Les campagnes ont souvent atteint leurs objectifs en matière de sensibilisation, mais n’ont pas eu d’incidence comportementale à long terme, en partie en raison d’une intégration limitée dans les systèmes nationaux. Les initiatives Consumer Law Ready et Consumer PRO ont été jugées hautement efficaces dans le renforcement des capacités, alors que l’initiative Consumer Classroom a été peu utilisée et a dû faire face à des difficultés techniques et structurelles.
·Les études comportementales et les études de marché ont contribué à l’élaboration des politiques et de la législation en matière de protection des consommateurs au niveau de l’UE (notamment le règlement sur les marchés numériques et la directive relative aux crédits aux consommateurs). Ces études ont été appréciées pour leurs analyses stratégiques et ont contribué à une réglementation intelligente.
·Les mécanismes de REL et de RLL ont accru la visibilité et la compréhension des possibilités de recours, mais ont obtenu des résultats concrets limités. Malgré un trafic élevé, la plateforme de RLL a affiché des taux de résolution très faibles en raison de la faible participation des professionnels et a finalement été abandonnée. Les systèmes de REL sont restés fragmentés entre les États membres.
·Le réseau CPC et les CEC ont largement contribué au règlement de litiges et au soutien apporté aux consommateurs, en traitant des centaines de milliers d’affaires. Toutefois, certains indicateurs de performance ont stagné ou diminué, en raison d’une charge de travail en hausse et de la nécessité de ressources supplémentaires pour maintenir la performance.
Efficience