Les principaux objectifs de la directive 2014/33/UE (la directive «Ascenseurs» 1 ) sont i) de garantir la libre circulation des ascenseurs et de leurs composants de sécurité au sein de l’UE et ii) d’assurer un niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité des utilisateurs et du personnel d’entretien des ascenseurs. La directive «Ascenseurs», qui remplace la directive 95/16/CE 2 l’ayant précédée, est applicable depuis le 20 avril 2016. Une évaluation réalisée en 2019 a conclu que cette directive servait alors son objectif 3 .
Dans l’ensemble, l’évaluation a confirmé les conclusions de l’évaluation de 2019, à savoir que la directive «Ascenseurs» est adaptée à sa finalité.
La directive «Ascenseurs» est efficace pour atteindre ses deux principaux objectifs: le marché unique et la sécurité. Les fabricants d’ascenseurs de l’UE détiennent toujours une part importante du marché mondial et le commerce intérieur dans l’UE a considérablement augmenté. L’évaluation a permis de conclure que les ascenseurs dans l’UE sont sûrs et le deviennent toujours plus. La grande majorité des participants aux consultations menées dans le cadre de cette évaluation perçoivent les ascenseurs comme sûrs et la sécurité comme étant toujours plus avancée.
La principale lacune de la directive «Ascenseurs» sur le plan de son efficacité est la problématique de longue date de la concurrence sur le marché de la maintenance. Le problème est lié à l’accès restreint aux ascenseurs ainsi qu’aux outils et aux instructions nécessaires pour les réparer, les entretenir et les moderniser. Le progrès technologique a exacerbé ce problème, car il est devenu possible de verrouiller numériquement l’accès à certaines pièces électroniques des ascenseurs, telles que leur système de contrôle. L’accès restreint aux outils, aux informations, aux pièces électroniques, etc., signifie qu’il est difficile pour les propriétaires d’ascenseurs de changer de société de maintenance.
En termes d’efficacité économique, la directive «Ascenseurs» ne génère aucun coût au-delà du système mis en place par le nouveau cadre législatif (NCL). La hausse des coûts reflète l’augmentation des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre ainsi que l’inflation.
De même, la valeur ajoutée européenne de la directive «Ascenseurs», c’est-à-dire la valeur du marché unique en tant que tel, s’est vue confirmée.
La cohérence avec les nouveaux actes législatifs, notamment le règlement sur les machines, le règlement sur la cyberrésilience 4 et le règlement sur l’IA 5 , a créé un besoin d’orientations supplémentaires.
L’évaluation a révélé que les recommandations de l’étude préparatoire de 2019 sur l’écoconception des ascenseurs 6 , notamment l’inscription des ascenseurs sur la liste des systèmes techniques de bâtiment au titre de la directive sur la performance énergétique des bâtiments 7 , n’avaient pas été appliquées. En conséquence, il n’existe toujours aucune exigence en matière d’efficacité énergétique pour les ascenseurs, malgré un potentiel annuel d’économies d’électricité estimé à 3 TWh/an d’ici à 2045 (un chiffre comparable à la consommation annuelle d’électricité de Malte). Lors de la mise en œuvre de la directive sur la performance énergétique des bâtiments, quelques États membres ont défini des règles concernant l’efficacité énergétique des ascenseurs. Cette situation pourrait éventuellement fragmenter le marché unique des ascenseurs.
Le champ d’application actuel de la directive «Ascenseurs» pourrait limiter sa pertinence de deux manières. Son annexe III énumère les composants de sécurité pour ascenseurs qui relèvent du champ d’application de la directive, c’est-à-dire les composants qui doivent, en soi, porter le marquage CE. Compte tenu des évolutions technologiques, cette liste et, par conséquent, le champ d’application de la directive «Ascenseurs» sont obsolètes. Les parties concernées sont divisées sur la question de savoir si cela crée un problème au regard de la sécurité.
En outre, depuis l’adoption de la directive «Ascenseurs», il est devenu plus important que les ascenseurs soient accessibles aux personnes en situation de handicap. Cet aspect ne relève pas strictement du champ d’application de la directive «Ascenseurs», celle-ci étant axée sur la sécurité et le marché unique. L’accessibilité dépasse le cadre de la sécurité et inclut également la fiabilité de l’ascenseur, c’est-à-dire sa capacité à remplir sa fonction sans défaillance. Néanmoins, les règles nationales qui se font jour en matière d’accessibilité des ascenseurs fragmentent le marché unique.
Certaines des lacunes décrites dans cette évaluation sont inhérentes au NCL, sur lequel se fonde la directive «Ascenseurs». Les problématiques horizontales relevées sont le manque de clarté des exigences applicables aux pièces de rechange, les lacunes dans différents modules pour l’évaluation de la conformité, l’absence de définition pour certains concepts (par exemple, pour «modification substantielle», «composant de sécurité») et le manque de coordination entre les autorités notifiantes.
Au-delà du NCL, l’évaluation a confirmé que le secteur des ascenseurs rencontrait les mêmes problèmes que ceux recensés lors de l’évaluation du règlement relatif à la normalisation 8 , par exemple la longueur des procédures de mise à jour des normes. L’évaluation a mis en évidence un «effet Bruxelles» significatif, qui résulte principalement d’une collaboration formelle et informelle, mais systématique, avec les organismes nationaux et internationaux de normalisation.
Enfin, le nombre d’actes législatifs de l’UE applicables aux ascenseurs et aux composants de sécurité pour ascenseurs a doublé depuis 2019. Les exigences en matière de sécurité prévues par la législation de l’UE préexistante coexistent désormais avec les exigences relatives aux produits visant à réguler les transitions écologique et numérique.