| A. Nécessité d’une action |
| Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’Union? |
| Les accords de transfert de technologie sont des accords par lesquels une entreprise autorise une autre entreprise à utiliser ses droits sur technologie (par exemple, des brevets, des droits sur dessins et modèles ou des droits d’auteur sur logiciels) pour fabriquer des biens ou fournir des services. Ces accords favorisent l’innovation, en permettant aux innovateurs de rentabiliser leurs investissements dans la recherche et le développement et en diffusant la technologie auprès d’entreprises qui en ont besoin pour produire des biens et des services. Bien que ces accords soient généralement favorables à la concurrence, ils peuvent, dans certains cas, restreindre la concurrence, en violation de l’interdiction énoncée à l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Les entreprises doivent donc apprécier la conformité de leurs accords de transfert de technologie avec l’article 101. Le règlement d’exemption par catégorie applicable aux accords de transfert de technologie (ci-après le «règlement ECTT») et les lignes directrices concernant les accords de transfert de technologie (ci-après les «lignes directrices») qui l’accompagnent offrent un cadre simplifié pour aider les entreprises à apprécier leur conformité. Le règlement ECTT crée une sphère de sécurité juridique pour les accords de transfert de technologie qui remplissent certaines conditions. Les accords qui n’entrent pas dans la sphère de sécurité ne sont pas nécessairement illégaux, mais nécessitent une appréciation individuelle au regard de l’article 101. Les lignes directrices expliquent comment interpréter le règlement ECTT et comment apprécier les accords qui n’entrent pas dans la sphère de sécurité. L’ évaluation du règlement ECTT et des lignes directrices a montré qu’ils restaient des instruments utiles, mais qu’ils n’offraient plus une sécurité juridique suffisante dans certains domaines. Il est donc nécessaire de réviser le règlement ECTT et les lignes directrices dans trois domaines principaux: 1. Les entreprises éprouvent des difficultés à déterminer si leurs accords atteignent les seuils de part de marché fixés par le règlement ECTT pour les marchés de technologies La sphère de sécurité prévue par le règlement ECTT repose sur des seuils de part de marché. Celles-ci peuvent être difficiles à appliquer pour les entreprises dans certains contextes, en particulier en ce qui concerne l’octroi de licences à un stade précoce. En effet, à ce stade, il se peut que la technologie n’ait pas encore généré de ventes de produits, ce qui rend plus difficile la définition des marchés en cause et le calcul des parts de marché. En outre, aux premiers stades de leur adoption, les technologies peuvent connaître des hausses temporaires de la demande et de la part de marché, ce qui pourrait avoir pour conséquence que des accords n’entrent pas dans la sphère de sécurité du règlement ECTT, sans nécessairement soulever d’importants problèmes de concurrence. En conséquence, il se peut que les entreprises éprouvent des difficultés à déterminer si leurs accords entrent dans la sphère de sécurité. 2. Les entreprises ne savent pas comment appliquer l’article 101 aux accords de licence de données Depuis la dernière révision du règlement ECTT en 2014, les données sont devenues un intrant essentiel pour l’économie numérique. Or, dans leur version actuelle, le règlement ECTT et les lignes directrices n’expliquent pas si la concession de licences de données est couverte par le règlement ECTT, ni comment il convient d’apprécier les accords de licence de données. Cette incertitude peut décourager l’octroi de licences de données. 3. Les entreprises ne savent pas comment appliquer l’article 101 aux groupes de négociation de licences (ci-après les «GNL») Les GNL sont des accords entre ceux qui mettent en œuvre les technologies visant à négocier conjointement les conditions des licences de technologie qu’ils souhaitent obtenir auprès des titulaires de technologies. Dans leur version actuelle, le règlement ECTT et les lignes directrices ne fournissent pas d’orientations sur la manière dont l’article 101 s’applique à ces accords, ce qui laisse les entreprises dans l’incertitude quant à la légalité et aux conditions de la participation à un GNL. En conséquence, il se peut qu’elles s’abstiennent d’établir ou de rejoindre des GNL. |
| Quels sont les objectifs à atteindre? |
| L’objectif général de l’initiative est d’assurer une protection efficace de la concurrence, tout en offrant une sécurité juridique adéquate aux entreprises. Les objectifs spécifiques sont i) de réduire la complexité, pour les entreprises, de l’application des seuils de part de marché du règlement ECTT pour les marchés de technologies, et ii) de faciliter l’appréciation, au regard de l’article 101 du TFUE, des accords de licence de données et des GNL. |
| Quelle est la valeur ajoutée de l’action à l’échelle de l’Union (subsidiarité)? |
| L’initiative ne peut être prise qu’à l’échelle de l’Union. La Commission dispose d’une compétence exclusive pour adopter des règlements d’exemption par catégorie applicables aux accords de transfert de technologies. La subsidiarité ne s’applique pas. |
| B. Les solutions |
| Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Quelles sont les options privilégiées? |
| Pour chaque problème, deux options ont été envisagées. En ce qui concerne les seuils de part de marché fixés par le règlement ECTT pour les marchés de technologies, l’option privilégiée simplifie l’application des seuils en cas de concession de licences à un stade précoce, ce qui permettrait aux entreprises de reporter de plusieurs années les analyses complexes des parts de marché. L’autre option insère un critère de substitution «3+» dans le règlement ECTT, ce qui permettrait aux accords de bénéficier de la sphère de sécurité si au moins trois autres technologies substituables sont présentes sur le marché. Bien que cette option se traduise par une simplification (modeste), elle risque d’exempter des accords susceptibles de nuire à la concurrence. En ce qui concerne la concession de licences de données, la première option met à jour les règles actuelles afin de préciser que les accords de licence de données peuvent bénéficier de la sphère de sécurité du règlement ECTT lorsque les données concédées peuvent être considérées comme l’un des droits sur technologie (ou un savoir-faire) déjà couverts par ledit règlement. L’option privilégiée s’appuie sur la première option en fournissant des orientations supplémentaires sur l’appréciation de certains accords de licence de données qui ne relèvent pas du règlement ECTT. Elle offre donc un cadre pour l’appréciation d’un ensemble plus large d’accords de licence de données. En ce qui concerne les GNL, l’option privilégiée fournit de nouvelles orientations sur l’appréciation des GNL au regard du droit de la concurrence, y compris sur leurs éventuels effets favorables et anticoncurrentiels. L’autre option ajoute une sphère de sécurité souple, en vertu de laquelle les GNL qui remplissent certaines conditions seraient présumés conformes à l’article 101 du TFUE. L’option privilégiée renforcerait la sécurité juridique, tout en préservant la capacité de la Commission à intervenir contre les GNL anticoncurrentiels. Elle tient compte du fait que les GNL constituent une nouvelle pratique de marché, pour laquelle l’expérience en matière d’application de la législation est limitée. |
| C. Incidence des options privilégiées |
| Quels sont les avantages des options privilégiées? |
| Les options privilégiées dans les trois domaines renforceraient la sécurité juridique et réduiraient donc le coût pour les entreprises de l’appréciation de la conformité de leurs accords avec l’article 101 du TFUE. En ce qui concerne les seuils de part de marché fixés par le règlement ECTT, l’option privilégiée permettrait de réduire les coûts d’application des seuils de 15 à 40 % en moyenne par accord de licence. L’option privilégiée faciliterait également l’octroi de licences de technologie dans des cas de figure d’octroi précoce, favorisant ainsi la diffusion des technologies. En ce qui concerne les accords de licence de données, l’option privilégiée réduirait dans une proportion pouvant atteindre 33 % les coûts d’évaluation de la conformité pour les accords de licence de données couverts par les nouvelles orientations. Celles-ci permettraient aux entreprises de conclure plus facilement des accords de licence de données favorables à la concurrence, favorisant ainsi le partage des données. En ce qui concerne les GNL, l’option privilégiée faciliterait la création de GNL favorables à la concurrence et dissuaderait de recourir à des GNL anticoncurrentiels. |
| Quels sont les coûts des options privilégiées? |
| Le règlement ECTT et les lignes directrices ne créent ni obligations ni coûts pour les entreprises. Ils simplifient l’application de l’article 101 du TFUE aux accords liés à la technologie. Il en va de même pour les options privilégiées. |
| Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité? |
| Les options privilégiées devraient créer un cadre plus favorable aux PME et pourraient avoir des retombées positives sur la compétitivité. Les PME, comme les grandes entreprises, s’appuient sur le règlement ECTT et les lignes directrices pour apprécier la conformité de leurs accords de transfert de technologie avec l’article 101 du TFUE. Les options privilégiées facilitent cette appréciation, en réduisant l’insécurité juridique et les coûts de mise en conformité pour les PME. Des règles plus claires et des orientations actualisées devraient faciliter l’octroi de licences de technologie et de données, favorisant ainsi l’innovation et permettant aux entreprises de produire plus efficacement. |
| Y aura-t-il d’autres incidences notables? |
| Les options privilégiées garantissent une protection efficace de la concurrence. |
| Proportionnalité |
| Les options privilégiées sont proportionnées car elles n’imposent pas d’obligations aux entreprises. |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| Les règles révisées resteront en vigueur pendant 12 ans. La Commission pourrait adapter les règles avant la fin de cette période en cas d’évolution importante du marché. |