Contexte
Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), établi par le règlement (UE) nº 508/2014, a été l’instrument de financement de l’UE pour les politiques dans le domaine des affaires maritimes et de la pêche au cours de la période 2014-2020. Il visait à soutenir la mise en œuvre de la politique commune de la pêche (PCP) et de la politique maritime intégrée (PMI), tout en contribuant à la stratégie «Europe 2020». Il a été conçu pour contribuer à la consolidation des engagements internationaux dans le domaine de la gouvernance de l’Océan, en particulier dans le cadre du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies et était destiné à renforcer les synergies avec d’autres politiques de l’UE, telles que la sécurité alimentaire, l’économie bleue durable et le soutien aux objectifs climatiques de l’UE. Le FEAMP était l’un des cinq Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) qui se complétaient mutuellement pour créer davantage d’emplois, améliorer le bien-être et la croissance dans l’UE et qui relevaient du règlement portant dispositions communes (RPDC). Les objectifs généraux du FEAMP consistent à contribuer à:
1.promouvoir une pêche et une aquaculture qui soient compétitives, durables sur les plans environnemental et économique et socialement responsables;
2.favoriser la mise en œuvre de la PCP;
3.promouvoir un développement territorial équilibré et solidaire des zones tributaires de la pêche et de l’aquaculture;
4.encourager l’élaboration et la mise en œuvre de la PMI de l’Union de manière
à compléter la politique de cohésion et la PCP.
Les instruments internationaux complémentaires – à savoir les accords de partenariat dans le secteur de la pêche et les contributions obligatoires des ORGP – restent en dehors du champ d’application du FEAMP.
Le FEAMP s’est vu allouer un budget d’environ 6,4 milliards d’EUR pour la période 2014-2020. Il fonctionnait selon deux modes de gestion principaux:
·89 % en gestion partagée avec les États membres au moyen de programmes opérationnels;
·11 % gérés (in)directement par la Commission européenne pour soutenir les objectifs à l’échelle de l’UE dans le domaine des affaires maritimes et côtières.
Les objectifs spécifiques du FEAMP en gestion partagée étaient structurés autour de six priorités de l’Union. Le volet en gestion directe du FEAMP a financé des mesures et des structures visant à fournir les données, les conseils, les structures organisationnelles, les systèmes d’information et les renseignements nécessaires à la mise en œuvre efficace de la politique de la pêche de l’UE.
Conclusions principales
Le FEAMP a eu une efficacité globale modérée, avec des résultats mitigés pour l’ensemble des objectifs. Il a favorisé la durabilité, la compétitivité et la viabilité de la pêche et de l’aquaculture, notamment par l’innovation dans le domaine de l’aquaculture et de l’économie bleue, le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL) par l’intermédiaire des GALP et les systèmes de contrôle et de données au niveau de l’UE tels que l’EMODnet.
Cependant il a été moins efficace pour lutter contre la surcapacité des flottes ou mener une transformation systémique, tandis que les progrès accomplis en ce qui concerne les objectifs environnementaux, y compris la réduction des prises accessoires, sont restés partiels et inégaux. Ses effets ont été encore limités par les charges administratives, les retards de mise en œuvre et les différences dans le recours aux opérations selon les États membres, ce qui a eu des répercussions sur les opérateurs pratiquant la pêche artisanale en particulier. Bien que les investissements du FEAMP dans le secteur de la pêche aient permis de réduire les incidences négatives de la pêche sur l’environnement, notamment en limitant les prises accessoires, l’efficacité globale en termes de diminution significative des captures indésirées dans l’ensemble de l’UE n’est pas concluante, car le FEAMP n’est pas en mesure d’enrayer les principaux facteurs influençant les prises accessoires.
Le FEAMP est susceptible d’avoir joué un certain rôle dans la promotion de la protection et de la restauration de la biodiversité marine dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture de l’UE. Ce Fonds a permis la réalisation d’un large éventail de projets de conservation et d’innovation et a été accueilli favorablement par les parties prenantes. Toutefois, la complexité de l’attribution des améliorations des écosystèmes à des flux de financement spécifiques dans le cadre du FEAMP, mais aussi d’autres Fonds, tels que LIFE et Horizon, ainsi que les résultats insuffisants en ce qui concerne l’extension d’autres zones marines protégées, mettent en évidence des domaines qui méritent une certaine attention à l’avenir. Des investissements continus et bien ciblés ainsi qu’un meilleur suivi seront essentiels pour soutenir et exploiter ces réalisations.
Le FEAMP a été utile et pertinent, mais il n’a pas toujours été porteur de transformation. Il a donné de meilleurs résultats en tant qu’instrument de soutien pour les investissements individuels, les initiatives locales et les mesures en matière de durabilité. Il a été moins efficace lorsque sa réussite dépendait de changements structurels profonds.
L’efficacité globale varie considérablement selon les territoires. Les résultats dépendent de facteurs tels que la taille des budgets disponibles, l’efficacité des systèmes de mise en œuvre nationaux et régionaux et la capacité administrative des acteurs locaux. Malgré ces différences, le DLAL est largement considéré comme un atout précieux pour favoriser la participation, renforcer la gouvernance et assurer un développement local ciblé dans le secteur de la pêche et les zones côtières.