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AccueilDroit européen62016CA0054
Jurisprudence CJUE62016CA0054

Affaire C-54/16: Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 8 juin 2017 (demande de décision préjudicielle du Tribunale Ordinario di Venezia — Italie) — Vinyls Italia SpA, en faillite/Mediterranea di Navigazione SpA (Renvoi préjudiciel — Espace de liberté, de sécurité et de justice — Procédures d’insolvabilité — Règlement (CE) n° 1346/2000 — Articles 4 et 13 — Actes préjudiciables à la masse des créanciers — Conditions dans lesquelles l’acte en cause peut être attaqué — Acte soumis à la loi d’un autre État membre que l’État d’ouverture — Acte inattaquable sur le fondement de cette loi — Règlement (CE) n° 593/2008 — Article 3, paragraphe 3 — Loi choisie par les parties — Localisation de l’ensemble des éléments de la situation concernée dans l’État d’ouverture — Incidence)

CELEX62016CA0054
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 8 juin 2017

Résumé IA

L'arrêt Vinyls Italia (C-54/16) précise l'interprétation de l'article 13 du règlement (CE) n° 1346/2000 relatif aux procédures d'insolvabilité. Il juge que cet article, qui permet à un défendeur de s'opposer à une action révocatoire en démontrant que l'acte litigieux est inattaquable selon la loi de l'État membre qui le régit, ne peut être invoqué lorsque les parties ont choisi la loi d'un autre État membre alors que tous les éléments de la situation sont localisés dans l'État d'ouverture de la procédure. La Cour précise que l'article 3, paragraphe 3, du règlement Rome I (n° 593/2008) s'oppose à ce que ce choix de loi prive d'effet les dispositions impératives de la loi de l'État d'ouverture.

Texte intégral

31.7.2017

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 249/8


Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 8 juin 2017 (demande de décision préjudicielle du Tribunale Ordinario di Venezia — Italie) — Vinyls Italia SpA, en faillite/Mediterranea di Navigazione SpA

(Affaire C-54/16) (1)

((Renvoi préjudiciel - Espace de liberté, de sécurité et de justice - Procédures d’insolvabilité - Règlement (CE) no 1346/2000 - Articles 4 et 13 - Actes préjudiciables à la masse des créanciers - Conditions dans lesquelles l’acte en cause peut être attaqué - Acte soumis à la loi d’un autre État membre que l’État d’ouverture - Acte inattaquable sur le fondement de cette loi - Règlement (CE) no 593/2008 - Article 3, paragraphe 3 - Loi choisie par les parties - Localisation de l’ensemble des éléments de la situation concernée dans l’État d’ouverture - Incidence))

(2017/C 249/11)

Langue de procédure: l’italien

Juridiction de renvoi

Tribunale Ordinario di Venezia

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Vinyls Italia SpA, en faillite

Partie défenderesse: Mediterranea di Navigazione SpA

Dispositif

1)

L’article 13 du règlement (CE) no 1346/2000 du Conseil, du 29 mai 2000, relatif aux procédures d’insolvabilité, doit être interprété en ce sens que la forme et le délai dans lesquels le bénéficiaire d’un acte préjudiciable à la masse des créanciers doit soulever une exception en vertu de cet article, pour s’opposer à une action tendant à la révocation de cet acte selon les dispositions de la lex fori concursus, ainsi que la question de savoir si cet article peut également être appliqué d’office par la juridiction compétente, le cas échéant après l’expiration du délai imparti à la partie concernée, relèvent du droit procédural de l’État membre sur le territoire duquel le litige est pendant. Ce droit ne doit toutefois pas être moins favorable que celui régissant des situations similaires soumises au droit interne (principe d’équivalence) et ne pas rendre impossible en pratique ou excessivement difficile l’exercice des droits conférés par le droit de l’Union (principe d’effectivité), ce qu’il incombe à la juridiction de renvoi de vérifier.

2)

L’article 13 du règlement no 1346/2000 doit être interprété en ce sens que la partie sur laquelle pèse la charge de la preuve doit prouver que, lorsque la lex causae permet d’attaquer un acte considéré comme étant préjudiciable, les conditions requises pour qu’un recours introduit contre cet acte puisse être accueilli, différentes de celles prévues par la lex fori concursus, ne sont pas concrètement réunies.

3)

L’article 13 du règlement no 1346/2000 peut être valablement invoqué lorsque les parties à un contrat, qui ont leur siège dans un seul et même État membre, sur le territoire duquel sont également localisés tous les autres éléments pertinents de la situation concernée, ont désigné comme loi applicable à ce contrat celle d’un autre État membre, à condition que ces parties n’aient pas choisi cette loi d’une façon frauduleuse ou abusive, ce qu’il incombe à la juridiction de renvoi à vérifier.


(1) JO C 156 du 02.05.2016


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