| CELEX | 62016TJ0648 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mardi 17 avril 2018 |
DOCUMENT DE TRAVAIL
ARRÊT DU TRIBUNAL (troisième chambre)
17 avril 2018 (*)
« Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne figurative BOBO cornet – Marque de l’Union européenne figurative antérieure OZMO cornet – Absence de risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) n° 207/2009 [devenu article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001] »
Dans l’affaire T‑648/16,
Şölen Çikolata Gıda Sanayi ve Ticaret AŞ, établie à Şehitkamil Gaziantep (Turquie), représentée par Me T. Tsenova, avocat,
partie requérante,
contre
Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. A. Folliard-Monguiral, en qualité d’agent,
partie défenderesse,
l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, intervenant devant le Tribunal, étant
Elka Zaharieva, demeurant à Plovdiv (Bulgarie), représentée par Me A. Kostov, avocat,
ayant pour objet un recours formé contre la décision de la quatrième chambre de recours de l’EUIPO du 20 juillet 2016 (affaire R 906/2015-4), relative à une procédure d’opposition entre Şölen Çikolata Gıda Sanayi ve Ticaret et Mme Zaharieva,
LE TRIBUNAL (troisième chambre),
composé de MM. S. Frimodt Nielsen (rapporteur), président, V. Kreuschitz et Mme N. Półtorak, juges,
greffier : M. E. Coulon,
vu la requête déposée au greffe du Tribunal le 13 septembre 2016,
vu le mémoire en réponse de l’EUIPO déposé au greffe du Tribunal le 17 novembre 2016,
vu le mémoire en réponse de l’intervenante déposé au greffe du Tribunal le 25 octobre 2016,
vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,
rend le présent
Arrêt
Antécédents du litige
1 Le 11 novembre 2013, l’intervenante, Mme Elka Zaharieva, a présenté une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), en vertu du règlement (CE) n° 207/2009 du Conseil, du 26 février 2009, sur la marque de l’Union européenne (JO 2009, L 78, p. 1), tel que modifié [remplacé par le règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1)].
2 La marque dont l’enregistrement a été demandé est le signe figuratif suivant :
3 Les produits pour lesquels l’enregistrement a été demandé relèvent des classes 29, 30 et 32 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondent, pour chacune de ces classes, à la description suivante :
– classe 29 : « Yaourt ; boissons lactées où le lait prédomine ; produits laitiers » ;
– classe 30 : « Confiserie ; yaourt glacé [glaces alimentaires] ; confiseries à base de sucre ; produits dérivés du cacao ; boissons à base de cacao ; poudres pour glaces alimentaires ; confiserie ; glaces et crèmes glacées ; chocolat au lait [boisson] » ;
– classe 32 : « Lait d’amandes [boisson] ; boissons sans alcool ; lait d’arachides [boisson sans alcool] ».
4 La demande de marque de l’Union européenne a été publiée au Bulletin des marques communautaires n° 10/2014, du 17 janvier 2014.
5 Dans ses observations du 18 novembre 2014, l’EUIPO a demandé que la liste des produits désignés par la demande de marque relevant de la classe 30 soit limitée en supprimant les « produits dérivés du cacao ; boissons à base de cacao ; chocolat au lait [boisson] ».
6 Le 12 février 2014, la requérante, Şölen Çikolata Gıda Sanayi ve Ticaret AŞ, a formé opposition, au titre de l’article 41 du règlement n° 207/2009 (devenu article 46 du règlement 2017/2001), à l’enregistrement de la marque demandée pour l’ensemble des produits visés par celle-ci.
7 L’opposition était fondée sur l’enregistrement international antérieur enregistré le 10 juillet 2012 sous le numéro 1148957, avec effets en Belgique, en Bulgarie, en République tchèque, au Danemark, en Allemagne, en Espagne, en France, en Croatie, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Autriche, en Pologne, au Portugal, en Roumanie, en Slovénie, en Slovaquie et au Royaume-Uni, désignant les produits relevant de la classe 30 et correspondant à la description suivante : « Cacao, gâteaux, chocolats, crèmes au chocolat, gâteaux au lait de cacao et à la crème au chocolat », tel que reproduit ci-après :
8 Le motif invoqué à l’appui de l’opposition était celui visé à l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009 [devenu article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001].
9 L’opposition était fondée sur tous les produits couverts par l’enregistrement antérieur et dirigée contre tous les produits visés par la demande de marque de l’Union européenne.
10 Par décision du 11 mars 2015, la division d’opposition a rejeté l’opposition dans son intégralité.
11 Le 11 mai 2015, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO, au titre des articles 58 à 64 du règlement n° 207/2009 [devenus articles 66 à 71 du règlement 2017/1001], contre la décision de la division d’opposition.
12 Par décision du 20 juillet 2016 (ci-après la « décision attaquée »), la quatrième chambre de recours de l’EUIPO a rejeté le recours et condamné la requérante aux dépens des procédures de recours et d’opposition.
13 Premièrement, la chambre de recours, d’une part, a considéré que, la requérante ayant invoqué un enregistrement international antérieur, le territoire pertinent couvert par le droit antérieur sur lequel la décision attaquée était fondée était constitué par ceux des États membres de l’Union européenne désignés par cet enregistrement international, à savoir la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Croatie, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie, la Slovaquie et le Royaume-Uni. D’autre part, elle a estimé que les produits en cause étaient des produits de consommation courante destinés au grand public, celui-ci faisant preuve d’un niveau d’attention moyen (points 9 et 10 de la décision attaquée).
14 Deuxièmement, s’agissant de la comparaison visuelle des signes, la chambre de recours a rappelé que, selon une jurisprudence constante, lorsqu’un signe consiste à la fois en des éléments figuratifs et en des éléments verbaux, il ne s’ensuit pas automatiquement que ce soit les éléments verbaux qui doivent toujours être considérés comme dominants. Par conséquent, dans le cas d’un signe contenant à la fois des éléments figuratifs et des éléments verbaux, les éléments figuratifs peuvent détenir une place équivalente à celle prise par les éléments verbaux, voire plus importante que celle-ci. Elle a ensuite estimé que l’unique élément commun aux deux signes était le mot « cornet », que le simple fait que les mots « bobo » et « ozmo » partageaient la même voyelle « o » ne les rendait pas similaires, mais que, en revanche, le lapin représenté dans la marque demandée était un élément frappant n’ayant pas d’équivalent dans l’enregistrement international antérieur. Selon la chambre de recours, cet élément, occupant plus de la moitié du signe, n’était donc pas négligeable dans l’impression d’ensemble produite par celui-ci, mais, au contraire, dominait l’image visuelle perçue par les consommateurs. Elle a par conséquent conclu que, compte tenu du caractère dominant des éléments figuratifs dans la marque demandée, notamment le lapin, et du fait que le signe antérieur ne contenait pas d’éléments équivalents, les signes étaient visuellement dissemblables (points 13 à 17 de la décision attaquée).
15 Troisièmement, s’agissant de la comparaison phonétique des signes en conflit, la chambre de recours a considéré que, placés respectivement au début de ceux-ci, les mots « ozmo » et « bobo » étaient susceptibles d’avoir un impact plus important sur l’impression visuelle et phonétique d’ensemble que l’élément final identique « cornet », et que les mots « bobo » et « ozmo » seraient prononcés avec des sons très différents en raison de leurs débuts différents « bo » et « oz ». La chambre de recours a dès lors conclu que les signes n’étaient phonétiquement similaires qu’à un degré inférieur à la moyenne (point 18 de la décision attaquée).
16 Quatrièmement, s’agissant de la comparaison conceptuelle des signes, la chambre de recours a estimé qu’elle ne pouvait trouver aucune similitude entre les signes étant donné que les mots « bobo » et « ozmo » n’ont de signification dans aucune des langues pertinentes et ne peuvent dès lors véhiculer de concept. Elle a constaté que les éléments figuratifs étaient en outre différents. La chambre de recours a ensuite considéré que l’unique élément commun aux signes, à savoir le mot « cornet », ne pouvait constituer une similitude conceptuelle. Selon elle, en effet, soit ce mot sera compris par le consommateur pertinent et perçu alors comme descriptif des produits, soit il ne sera pas compris et ne pourra donc véhiculer aucun concept (point 19 de la décision attaquée).
17 Cinquièmement, s’agissant de l’appréciation globale du risque de confusion, la chambre de recours a considéré que les produits en conflit étaient similaires, que les signes présentaient une similitude phonétique inférieure à la moyenne, qu’ils étaient visuellement dissemblables et n’avaient aucun contenu conceptuel et que, bien que les signes aient en commun le mot « cornet », cette seule caractéristique commune n’était pas suffisante pour primer les différences entre les signes en conflit. Elle a ensuite considéré que, eu égard au principe d’interdépendance établi par la Cour, même en cas d’identité des produits, celle-ci était neutralisée par la dissemblance visuelle et la faible similitude phonétique des signes. Elle a conclu que, par conséquent, même si les produits en conflit étaient identiques, les autres facteurs étaient suffisants pour exclure tout risque de confusion, y compris un risque d’association, qui ne saurait être fondé sur une faible similitude phonétique, et elle a rejeté le recours (points 20 à 23 de la décision attaquée).
Conclusions des parties
18 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– annuler la décision attaquée ;
– condamner l’EUIPO et la partie intervenante à supporter les frais exposés aux fins de la procédure devant le Tribunal et aux fins des procédures de recours et d’opposition.
19 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens.
20 L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens.
En droit
21 À l’appui du recours, la requérante invoque deux moyens. Le premier moyen est tiré de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009 et le second de la violation, d’une part, de l’article 75 du règlement n° 207/2009 [devenu article 94 du règlement 2017/1001] et, plus particulièrement, de l’obligation de motivation et, d’autre part, de l’article 76, paragraphe 1, du règlement n° 207/2009 [devenu article 95, paragraphe 1, du règlement 2017/1001] et, plus particulièrement, de l’obligation de diligence.
Sur le premier moyen, tiré de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009
22 La requérante fait valoir que la chambre de recours a violé l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009. La chambre de recours aurait apprécié erronément la comparaison des produits, la comparaison des signes, tant sur les plans visuel que phonétique et conceptuel, ainsi que le risque de confusion entre les signes.
23 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.
Observations liminaires
24 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.
25 Selon une jurisprudence constante, constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Selon cette même jurisprudence, le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 33 et jurisprudence citée].
26 Aux fins de l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 207/2009, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services qu’elles désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].
Sur le public pertinent et son niveau d’attention
27 Il a lieu d’approuver la décision attaquée en ce que la chambre de recours a considéré, d’une part, que, la requérante ayant invoqué un enregistrement international antérieur, le territoire pertinent couvert par le droit antérieur est constitué des États membres de l’Union désignés par cet enregistrement international, à savoir la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Croatie, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie, la Slovaquie et le Royaume-Uni, et, d’autre part, que les produits en cause sont des produits de consommation courante destinés au grand public, qui fera preuve d’un niveau d’attention moyen. Ces constatations ne sont au demeurant pas contestées par la requérante.
Sur la comparaison des signes en conflit
28 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).
29 Par ailleurs, l’appréciation de la similitude entre deux marques ne peut se limiter à prendre en considération uniquement un composant d’une marque complexe et à le comparer avec une autre marque. Il y a lieu, au contraire, d’opérer la comparaison en examinant les marques en cause considérées chacune dans son ensemble, ce qui n’exclut pas que l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe puisse, dans certaines circonstances, être dominée par un ou plusieurs de ses composants. Ce n’est que si tous les autres composants de la marque sont négligeables que l’appréciation de la similitude pourra se faire sur la seule base de l’élément dominant (arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, points 41 et 42 et jurisprudence citée).
– Sur la comparaison sur le plan visuel
30 La chambre de recours a considéré en substance, aux points 15 à 17 de la décision attaquée, que les signes étaient visuellement dissemblables, nonobstant le mot « cornet », eu égard au caractère dominant des éléments figuratifs dans la marque demandée, et en particulier du lapin, qui occupe plus de la moitié du signe, constitue un élément frappant de celui-ci et n’a pas d’équivalent dans l’enregistrement international antérieur. Le seul fait que les mots « bobo » et « ozmo » partageaient la même voyelle « o » ne les rendait en revanche pas similaires. En outre, au point 18 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que l’élément initial « ozmo » de l’enregistrement international antérieur et l’élément initial « bobo » de la marque demandée étaient susceptibles d’avoir un impact plus important sur l’impression visuelle d’ensemble que l’élément final « cornet ».
31 La requérante conteste ces appréciations en faisant valoir qu’il a été jugé que, lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, les premiers sont, en principe, plus distinctifs que les seconds, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif de la marque [arrêt du 18 septembre 2012, Scandic Distilleries/OHMI – Bürgerbräu, Röhm & Söhne (BÜRGER), T‑460/11, non publié, EU:T:2012:432, point 35].
32 Il s’ensuit, selon elle, que, en l’espèce, l’élément dominant dans la marque demandée est constitué de l’expression « bobo cornet », stylisée et entourée d’une ligne noire, et non de l’image du lapin, qui aurait dû se voir reconnaître moins d’importance que cette expression. La requérante considère en outre que l’élément figuratif, c’est-à-dire le lapin, compte tenu de son usage courant pour les marques de confiseries, est susceptible d’être perçu comme étant seulement décoratif. L’expression « bobo cornet » sera perçue, selon elle, comme étant le nom des produits en cause, qui sont des produits de consommation courante, et le consommateur se souviendra de cette expression.
33 L’EUIPO et l’intervenante contestent ces allégations.
34 Selon une jurisprudence constante, lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, il ne s’ensuit pas automatiquement que ce soit les éléments verbaux qui doivent toujours être considérés comme dominants. En effet, dans le cas d’une marque complexe, l’élément figuratif peut détenir une place équivalente à celle de l’élément verbal [voir arrêt du 9 février 2017, International Gaming Projects/EUIPO – adp Gauselmann (TRIPLE EVOLUTION), T‑82/16, non publié, EU:T:2017:66, point 34 et jurisprudence citée].
35 Aussi convient-il d’examiner les qualités intrinsèques des éléments figuratifs et verbaux de la marque demandée ainsi que leurs positions respectives, afin d’identifier, le cas échéant, si l’un de ces éléments présente un caractère dominant (voir arrêt du 9 février 2017, TRIPLE EVOLUTION, T‑82/16, non publié, EU:T:2017:66, point 35 et jurisprudence citée).
36 S’agissant du cas d’espèce, il y a lieu de constater que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a considéré que la représentation du lapin tenant un cornet de crème glacée occupe les deux tiers de la marque demandée et que celle-ci constitue de la sorte un élément particulièrement frappant du signe demandé.
37 Par ailleurs, les éléments verbaux « bobo » et « cornet » entourés d’un liseré noir fin représentant un nuage dans la partie supérieure gauche de la marque demandée, bien que non négligeables, occupent une place en retrait par rapport à la représentation du lapin tenant un cornet de crème glacée. Parmi ces éléments verbaux, l’élément initial « bobo » a un impact visuel plus important que l’élément final « cornet » compte tenu de la taille plus importante de ses lettres par rapport à celles du mot « cornet ».
38 S’agissant de la perception visuelle par le public pertinent de l’enregistrement international antérieur, c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré que l’élément initial « ozmo » était susceptible d’avoir un impact visuel plus important que l’élément « cornet ». En effet, le mot « ozmo » est écrit en lettres plus grandes que le mot « cornet » et est entouré d’un liseré noir fin.
39 La comparaison visuelle des signes en cause indique certes, comme l’a indiqué la chambre de recours, que ces signes partagent le mot « cornet » et que les termes « bobo » et « ozmo » partagent la même voyelle « o ». Toutefois, ainsi que l’a également relevé la chambre de recours, la marque demandée se distingue de l’enregistrement international antérieur par la représentation du lapin tenant un cornet de crème glacée, qui domine la représentation visuelle de celle-ci et qui n’a pas d’équivalent dans l’enregistrement international antérieur. En outre, la marque demandée se distingue visuellement de l’enregistrement international antérieur par le terme « bobo », qui dans l’impression d’ensemble sera perçu par le public pertinent comme visuellement différent du terme « ozmo ». Ces deux termes seront également considérés comme visuellement plus importants que le terme « cornet » qui est commun aux deux marques en cause. Par conséquent, il convient d’approuver la constatation de la chambre de recours selon laquelle, à la suite d’une comparaison, le public pertinent percevra les signes en cause comme visuellement dissemblables.
40 Cette conclusion n’est pas remise en cause par les arguments avancés par la requérante.
41 Celle-ci avance tout d’abord en substance que la chambre de recours a commis une erreur de droit en ne tenant pas compte de la jurisprudence selon laquelle, lorsqu’une marque est composée d’éléments verbaux et figuratifs, les premiers sont, en principe, plus distinctifs que les seconds, car le consommateur moyen fera plus facilement référence au produit en cause en citant le nom qu’en décrivant l’élément figuratif de la marque (arrêt du 18 septembre 2012, BÜRGER, T‑460/11, non publié, EU:T:2012:432, point 35).
42 Il s’ensuit, selon elle, que c’est à tort que la chambre de recours n’a pas considéré que les éléments dominants dans la marque demandée étaient les éléments « bobo » et « cornet ».
43 Il convient toutefois de rejeter cette argumentation dans la mesure où, ainsi que le fait valoir l’EUIPO, il résulte d’une jurisprudence désormais constante que la règle d’expérience invoquée par la requérante et fixée précédemment par la jurisprudence a été précisée et nuancée par la jurisprudence postérieure, qui a considéré que, eu égard aux caractéristiques de l’élément figuratif, celui-ci pouvait soit participer visuellement à l’impression d’ensemble produite par la marque, soit constituer l’élément dominant de ladite marque [voir, en ce sens, arrêt du 12 novembre 2015, CEDC International/OHMI – Fabryka Wódek Polmos Łańcut (WISENT), T‑449/13, non publié, EU:T:2015:839, point 81 et jurisprudence citée].
44 En l’espèce, pour les motifs exposés aux points 36 et 39 ci-dessus, c’est à tort que la requérante allègue que l’élément dominant dans la marque demandée est l’expression « bobo cornet » et non le lapin tenant un cornet de crème glacée.
45 Ne saurait non plus prospérer l’argumentation de la requérante consistant à soutenir que l’élément figuratif, c’est-à-dire le lapin tenant un cornet, compte tenu de son usage courant pour des marques de confiseries, est susceptible d’être perçu comme étant seulement décoratif.
46 En effet, il convient de constater que la requérante ne démontre pas à suffisance cette allégation.
47 Pour autant qu’elle entende se prévaloir du seul et unique emballage avec l’illustration d’un lapin qu’elle a produit devant la division d’opposition et auquel elle ne se réfère pas dans sa requête, force est de constater que l’invocation d’un unique emballage est de toute manière insuffisant pour étayer le bien-fondé de son allégation, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité du renvoi général et sans autre précision à des annexes à ses écritures ou au dossier de la procédure devant l’EUIPO auquel procède la requérante au point 8 de sa requête. En outre et en tout état de cause, il convient de constater que le lapin tenant un cornet n’est pas un élément purement décoratif susceptible d’être accessoire, mais l’élément visuellement le plus frappant dans la marque demandée.
48 Par ailleurs, et ainsi que le fait valoir à juste titre l’EUIPO, l’intervenante n’a pas demandé l’enregistrement de toute représentation de lapins mais uniquement l’enregistrement de la représentation d’un lapin bien particulier, avec une oreille pliée et tenant un cornet, surmonté de la représentation d’un nuage comportant un élément verbal.
49 Quant à l’allégation de la requérante selon laquelle la chambre de recours aurait dû fonder son analyse sur la perception du consommateur des produits en cause et non sur celle du consommateur en général, force est de constater qu’elle contredit l’affirmation de la requérante, au point 41 de sa requête, selon laquelle le consommateur des produits en cause est précisément le grand public. En outre, c’est à juste titre que l’EUIPO fait valoir que les produits en cause sont des produits de consommation courante qui sont destinés au grand public et que la requérante n’a avancé aucun argument visant à contester le constat de la chambre de recours à cet égard.
50 Enfin, la requérante soutient que la chambre de recours n’aurait pas suffisamment tenu compte de plusieurs similitudes entre les éléments « bobo » et « cornet » de la marque demandée et « ozmo » et « cornet » de l’enregistrement international antérieur, qui, portant sur l’élément verbal qu’elle considère être l’élément dominant de la marque demandée, conduisent à une forte similitude entre les signes en conflit.
51 D’une part, force est de constater, ainsi qu’exposé au point 39 ci-dessus, que la chambre de recours a examiné les différents éléments composant les signes en conflit aux points 15 et 16 de la décision attaquée et qu’il est par conséquent inexact de soutenir qu’elle n’aurait pas tenu compte de l’élément verbal des signes lors de la comparaison de ceux-ci sur le plan visuel.
52 D’autre part, il y a lieu de rappeler que, pour les motifs exposés au point 39 ci-dessus, c’est à tort que la requérante allègue que l’élément dominant de la marque demandée n’est pas la représentation du lapin tenant un cornet.
– Sur la comparaison sur le plan phonétique
53 La chambre de recours a considéré, au point 18 de la décision attaquée, que les éléments verbaux des signes en conflit présentaient chacun deux composants, le premier étant respectivement « bobo » et « ozmo », comportant chacun deux voyelles « o », et le second étant le mot identique « cornet ». Elle a constaté ensuite que les mots « bobo » et « ozmo » seraient prononcés avec des sons très différents dans toutes les langues pertinentes eu égard à leur début différents, en l’occurrence « bo » et « oz ». Rappelant que, selon la jurisprudence, même s’il perçoit les marques dans leur ensemble, le consommateur prête généralement une plus grande attention au début d’une marque qu’à sa fin, la chambre de recours a estimé que les mots « bobo » et « ozmo » étaient susceptibles d’avoir un impact plus grand sur le plan phonétique que le mot « cornet » et elle a conclu que les signes n’étaient phonétiquement similaires qu’à un degré inférieur à la moyenne.
54 La requérante conteste ces appréciations en faisant valoir en substance, d’une part, que la chambre de recours n’avait pas pris en considération tous les facteurs pertinents, dont la longueur et la structure des éléments verbaux, et, d’autre part, qu’elle avait suivi très formellement la jurisprudence selon laquelle l’élément initial est susceptible d’avoir plus d’impact sur l’impression phonétique d’ensemble sans s’interroger sur le point de savoir si cette jurisprudence était applicable en l’espèce. Elle en conclut que les signes en conflit présentent une similitude phonétique supérieure à la moyenne.
55 L’EUIPO et l’intervenante contestent ces allégations.
56 Il convient de rappeler qu’il résulte d’une jurisprudence constante que la partie initiale des éléments verbaux d’une marque est susceptible de retenir davantage l’attention du consommateur que les parties suivantes, tant dans l’appréciation visuelle que phonétique de la marque en cause [voir, en ce sens, arrêts du 7 septembre 2006, Meric/OHMI – Arbora & Ausonia (PAM-PIM’S BABY-PROP), T‑133/05, EU:T:2006:247, point 51 ; du 13 octobre 2009, Deutsche Rockwool Mineralwoll/OHMI – Redrock Construction (REDROCK), T‑146/08, non publié, EU:T:2009:398, point 72, et du 3 septembre 2010, Companhia Muller de Bebidas/OHMI – Missiato Industria e Comercio (61 A NOSSA ALEGRIA), T‑472/08, EU:T:2010:347, point 62].
57 En l’espèce, c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a considéré que les termes « bobo » et « ozmo » des marques en cause auraient un plus grand impact sur le plan phonétique auprès des consommateurs pertinents que le mot « cornet ». En effet, les marques en cause étant composées chacune de deux mots et ces mots, considérés dans leur ensemble, constituant un ensemble relativement long, il est dès lors vraisemblable que le public pertinent ne prononcera que le premier mot de chacun d’entre eux lorsqu’il achètera les produits désignés par ceux-ci. Cela sera, en particulier, le cas pour la partie du public pertinent comprenant le sens du mot « cornet », qui percevra ce mot comme ayant un caractère descriptif et qui s’abstiendra dès lors de le prononcer lors de son acte d’achat.
58 C’est par conséquent sans commettre d’erreur que la chambre de recours s’est référée à la jurisprudence reprise au point 56 ci-dessus lorsqu’elle a procédé à la comparaison phonétique des signes en conflit.
59 Il y a dès lors lieu, d’une part, de rejeter l’argumentation de la requérante selon laquelle la chambre de recours n’aurait pas dû accorder plus d’importance à l’élément initial de chacun des éléments verbaux, mais aurait dû considérer ceux-ci dans leur ensemble et, par voie de conséquence, attacher une importance identique au mot « cornet » aux fins de son appréciation, et, d’autre part, d’approuver l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle, en l’espèce, les mots « bobo » et « ozmo » des signes en conflit sont susceptibles d’avoir un impact plus grand sur le plan phonétique que le mot « cornet ».
60 Il y a également lieu d’approuver l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle les mots « bobo » et « ozmo » seraient prononcés de façon très différente dans toutes les langues pertinentes, eu égard à leurs premières syllabes respectives différentes.
61 Doivent dès lors être rejetées comme n’étant pas de nature à renverser cette appréciation les allégations de la requérante selon lesquelles ces éléments seraient composés du même nombre de syllabes et comporteraient les mêmes voyelles « o », situées à la même place dans chacun des éléments, ce qui conduirait à prononcer les mots « bobo » et « ozmo » au même rythme.
62 En effet, ainsi que le fait valoir à juste titre l’EUIPO, même si les deux éléments verbaux initiaux sont composés de deux voyelles identiques et de deux consonnes, l’ordonnancement de leurs lettres différent neutralise en grande partie les éléments de similitude qu’ils comportent.
63 Partant, il y a lieu de considérer que c’est à bon droit que la chambre de recours a considéré que le degré de similitude phonétique des marques en cause était inférieur à la moyenne.
– Sur la comparaison sur le plan conceptuel
64 Il convient de rappeler que, au point 19 de la décision attaquée, la chambre de recours a estimé qu’elle ne pouvait trouver aucune similitude sur le plan conceptuel entre les signes étant donné que les mots « bobo » et « ozmo » n’ont de signification dans aucune des langues pertinentes et ne peuvent dès lors véhiculer de concept. Elle a constaté que les éléments figuratifs étaient en outre différents. La chambre de recours a ensuite considéré que l’unique élément commun aux signes, à savoir le mot « cornet », ne pouvait constituer une similitude conceptuelle. Selon elle, en effet, soit ce mot sera compris par le consommateur pertinent et perçu alors comme descriptif des produits, soit il ne sera pas compris et ne pourra donc véhiculer aucun concept.
65 La requérante conteste ces appréciations et fait valoir que, pour les consommateurs qui comprennent le sens du mot « cornet », l’affirmation de la chambre de recours est fondée sur une interprétation erronée des principes relatifs à la comparaison conceptuelle des signes. Elle soutient que, en règle générale, la comparaison conceptuelle n’est pas influencée par les produits et les services en cause. Dès lors, il importerait peu que le mot puisse être perçu comme descriptif des produits par les consommateurs comprenant sa signification. De plus, selon elle, le mot « cornet » n’est pas descriptif pour l’ensemble des produits et, pour les produits pour lesquels il pourrait être descriptif, il véhicule quand même une signification claire. Selon la requérante, les signes sont par conséquent similaires sur le plan conceptuel pour les consommateurs qui comprennent la signification du mot « cornet », à savoir les consommateurs francophones et anglophones.
66 L’EUIPO, soutenu par l’intervenante, conteste ces allégations.
67 L’argumentation de la requérante ne saurait prospérer. Premièrement, c’est à juste titre que la chambre de recours a relevé lors de la comparaison conceptuelle des signes en conflit que leurs éléments figuratifs étaient différents. En effet, les éléments figuratifs de la marque demandée représentaient un lapin tenant un cornet et les éléments figuratifs de la marque antérieure ne contenaient pas une telle représentation.
68 Deuxièmement, il convient de constater que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a considéré que les mots « bobo » et « ozmo » étaient dépourvus de signification et ne pouvaient dès lors véhiculer aucun concept, ce qui n’est au demeurant pas contesté par la requérante.
69 Troisièmement, s’agissant du mot « cornet », il y a lieu d’examiner, d’abord, le cas du public n’étant pas susceptible de comprendre la signification de ce mot.
70 À cet égard, il convient d’approuver la chambre de recours en ce qu’elle a considéré que, pour ce public, ce mot ne véhiculera aucun concept, ce qui n’est d’ailleurs pas contesté par la requérante.
71 C’est par conséquent à juste titre que la chambre de recours a conclu que, pour la partie du public pertinent ne comprenant pas la signification du mot « cornet », les signes en conflit, considérés dans leur ensemble, ne présentaient aucune similitude conceptuelle.
72 Ensuite, s’agissant du public susceptible de comprendre la signification du mot « cornet », la chambre de recours a estimé que ce mot ne pourrait entraîner de similitude conceptuelle, car il serait considéré comme étant descriptif des produits en cause.
73 La requérante avance, d’une part, que la comparaison conceptuelle des signes ne serait pas influencée par les produits en cause et, d’autre part, que, même si elle ne conteste pas que le mot « cornet » soit descriptif d’une partie des produits en cause, il véhicule néanmoins même en ce cas un concept susceptible d’être compris par le public qui comprend la signification de ce mot.
74 Toutefois, ainsi que le fait valoir à juste titre l’EUIPO, l’appréciation du degré de similitude, notamment sur le plan conceptuel, suppose de prendre en considération le caractère distinctif et éventuellement descriptif des éléments communs aux signes en conflit, ce caractère étant lui-même fonction des produits ou des services en cause.
75 L’argumentation de la requérante sur ce point doit dès lors être écartée.
76 Par ailleurs, la chambre de recours a reconnu, en l’espèce, que le mot « cornet » véhiculait un concept clair pour la partie du public pertinent comprenant le sens de ce mot, contrairement à ce qu’affirme la requérante.
77 Il y a par ailleurs lieu de considérer que, en l’espèce, c’est à bon droit que la chambre de recours a estimé que, eu égard à sa signification descriptive des produits en cause, ce terme commun ne pouvait, à lui seul, entraîner de similitude conceptuelle significative.
78 En effet, l’appréciation de la similitude entre deux marques suppose d’opérer la comparaison en examinant les marques en cause considérées chacune dans son ensemble et en tenant compte du fait que l’impression d’ensemble produite dans la mémoire du public pertinent par une marque complexe peut, dans certaines circonstances, être dominée par un ou plusieurs de ses composants (voir point 29 ci-dessus).
79 Or, en l’espèce, il y a lieu d’avoir égard, d’une part, à la présence du lapin tenant un cornet, qui revêt un caractère dominant dans la marque demandée, et à l’absence de tout élément figuratif comparable dans l’enregistrement international antérieur ainsi que, d’autre part, à l’absence de concept véhiculé respectivement par les mots « bobo » et « ozmo », ainsi que le relève à juste titre la chambre de recours.
80 Quant au mot « cornet », il y a certes une présence de cet élément verbal dans les deux signes en conflit, mais, compte tenu de son caractère descriptif et, partant, du fait qu’il est dépourvu de caractère distinctif, ainsi que de l’absence de tout concept véhiculé par les mots « bobo » et « ozmo » et de l’existence d’un élément figuratif dominant dans la marque demandée, contrairement à l’enregistrement international antérieur, la seule circonstance que cet élément verbal est présent dans les deux signes en conflit ne saurait à elle seule induire une similitude conceptuelle même faible.
81 La requérante avance que le mot « cornet » ne serait toutefois pas descriptif pour l’ensemble des produits.
82 Cette argumentation ne saurait cependant prospérer.
83 En effet, le mot « cornet » peut désigner l’espèce ou la destination des produits, et les yaourts et les boissons lactées où le lait prédomine, visés à la classe 29, les confiseries et les confiseries à base de sucre, les produits dérivés du cacao, les boissons à base de cacao, les poudres pour glaces alimentaires et le chocolat au lait [boisson], visés à la classe 30, ainsi que le lait d’amandes [boisson], les boissons sans alcool et le lait d’arachides [boisson sans alcool], visés à la classe 32, sont susceptibles d’être servis dans un cornet, de se présenter sous la forme de cornet ou d’être emballés dans un cornet ou d’être des ingrédients de cornets de crème glacée.
84 Il convient par conséquent de rejeter l’argumentation de la requérante dans son ensemble.
– Conclusion sur la comparaison des signes en conflit
85 Il y a par conséquent lieu de constater que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a considéré que les signes en conflit sont visuellement et conceptuellement dissemblables et ne sont phonétiquement similaires qu’à un degré inférieur à la moyenne.
Sur la comparaison des produits
86 Il convient de rappeler que la division d’opposition a considéré que les produits en cause étaient en partie identiques, en partie similaires et en parties différents.
87 La requérante, devant la chambre de recours, a fait valoir que les produits étaient en partie identiques et en partie similaires.
88 La chambre de recours a considéré que les produits étaient similaires (point 20 de la décision attaquée). Elle a en outre estimé, en substance, que cette conclusion, s’agissant de l’appréciation globale du risque de confusion, demeurerait inchangée même dans l’hypothèse où les produits seraient identiques (points 21 et 22 de la décision attaquée).
89 La requérante soutient en substance que la décision attaquée manque de clarté quant au point de savoir si les produits en cause sont similaires ou identiques et avance que ces produits sont partiellement identiques et partiellement similaires, voire fortement similaires.
90 À l’instar de l’EUIPO, il y a lieu de considérer que cette argumentation est dénuée de pertinence.
91 En effet, il y a lieu de constater que, certes, la formulation retenue par la chambre de recours n’est pas des plus claires, mais, ainsi que le fait valoir l’EUIPO, celle-ci ayant retenu que tout risque de confusion était exclu même si les produits étaient identiques, l’absence de conclusion expresse sur l’identité ou le degré de similitude des produits comparés demeure sans incidence sur la solution du litige.
92 Il convient par conséquent de rejeter l’argumentation de la requérante.
Sur l’appréciation globale du risque de confusion
93 Il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, l’existence d’un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude de la marque demandée et de l’enregistrement international antérieur ainsi qu’une identité ou une similitude des produits ou des services visés dans la demande d’enregistrement et de ceux pour lesquels l’enregistrement international antérieur a été enregistré. Il s’agit là de conditions cumulatives (voir arrêt du 11 décembre 2008, Gateway/OHMI, C‑57/08 P, non publié, EU:C:2008:718, point 45 et jurisprudence citée).
94 Il convient de rappeler que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a considéré que les signes en conflit étaient visuellement et conceptuellement dissemblables et ne présentaient qu’une faible similitude sur le plan phonétique.
95 Compte tenu du caractère dominant du lapin tenant un cornet dans la marque demandée, de la différence visuelle et phonétique entre les termes « bobo » de la marque demandée et « ozmo » de l’enregistrement international antérieur et du caractère secondaire du terme « cornet » eu égard à sa position, sa taille et son caractère descriptif par rapport aux autres éléments des marques en cause, c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré qu’il n’y avait pas de risque de confusion entre celles-ci.
96 En effet, nonobstant la faible similitude qui pourrait exister entre les marques en cause en raison de l’élément commun « cornet », les éléments de différenciation entre les marques sont tels que le public pertinent ne sera pas induit en erreur quant à l’origine commerciale des produits en cause.
97 C’est par conséquent à bon droit que la chambre de recours a considéré, aux points 20 à 22 de la décision attaquée, que, eu égard au principe d’interdépendance rappelé au point 93 ci-dessus, tout risque de confusion était exclu même pour des produits identiques.
98 Il convient par conséquent de rejeter le premier moyen dans son ensemble.
Sur le second moyen, tiré de la violation de l’article 75 du règlement n° 207/2009 et, plus particulièrement, de l’obligation de motivation et, d’autre part, de l’article 76, paragraphe 1, du même règlement et, plus particulièrement, de l’obligation de diligence
99 Au soutien de son second moyen, la requérante allègue que la décision attaquée serait entachée d’un défaut de motivation et que la chambre de recours aurait méconnu son obligation de diligence au motif, en substance, que celle-ci se serait abstenue de tout examen des faits et des arguments qu’aurait avancés la requérante.
100 Celle-ci considère en outre, en substance, que la chambre de recours n’aurait fait qu’une analyse succincte de la comparaison des signes sur les plans phonétique et conceptuel et qu’il n’y aurait eu aucune analyse des produits en cause.
101 Il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, la motivation exigée par l’article 296 TFUE doit faire apparaître de façon claire et non équivoque le raisonnement de l’auteur de l’acte de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications de la mesure prise et à la juridiction compétente d’exercer son contrôle. Il n’est pas exigé que la motivation d’une décision spécifie tous les éléments de fait et de droit pertinents, dans la mesure où la question de savoir si la motivation d’un acte satisfait aux exigences de l’article 296 TFUE doit être appréciée au regard non seulement de son libellé, mais aussi de son contexte ainsi que de l’ensemble des règles juridiques régissant la matière concernée [arrêts du 21 octobre 2004, KWS Saat/OHMI, C‑447/02 P, EU:C:2004:649, points 63 à 65 ; du 15 novembre 2011, Abbott Laboratories/OHMI (RESTORE), T‑363/10, non publié, EU:T:2011:662, point 73, et du 23 janvier 2014, Novartis/OHMI (CARE TO CARE), T‑68/13, non publié, EU:T:2014:29, point 27].
102 Force est de constater que la motivation de la décision attaquée en ce qui concerne la comparaison des signes sur les plans phonétique et conceptuel, même si elle est succincte, a permis à la requérante de faire valoir ses arguments devant le Tribunal et à celui-ci de comprendre les motifs ayant conduit la chambre de recours à considérer que ces signes présentaient une similitude inférieure à la moyenne sur le plan phonétique et ne présentaient pas de similitude sur le plan conceptuel.
103 Il y a par conséquent lieu de rejeter l’argumentation de la requérante sur ce point.
104 Il en va de même s’agissant de l’absence d’analyse détaillée des produits en cause, argumentation qui s’avère en effet inopérante pour les motifs exposés au point 91 ci-dessus. La chambre de recours n’a par conséquent pas violé l’obligation de diligence qui lui incombe.
105 Il convient donc de rejeter le second moyen dans son intégralité.
106 Partant, il convient de rejeter le recours.
Sur les dépens
107 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.
108 La requérante ayant succombé en l’espèce, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions de l’EUIPO et de l’intervenante.
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (troisième chambre)
déclare et arrête :
1) Le recours est rejeté.
2) Şölen Çikolata Gıda Sanayi ve Ticaret AŞ est condamnée aux dépens.
| Frimodt Nielsen | Kreuschitz | Półtorak |
Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 17 avril 2018.
Signatures
* Langue de procédure : l’anglais.
Ordonnance du Tribunal (première chambre) du 14 décembre 2018.#GM e.a. contre Commission européenne.#Fonction publique – Fonctionnaires – Réforme du statut – Règlement (UE, Euratom) no 1023/2013 – Emplois types – Règles transitoires relatives au classement dans les emplois types – Article 31 de l’annexe XIII du statut – Assistants en transition – Promotion au titre de l’article 45 du statut uniquement autorisée dans le parcours de carrière correspondant à l’emploi type occupé – Exclusion des fonctionnaires AST 9 de la procédure de promotion – Absence d’acte faisant grief – Acte confirmatif – Litispendance – Irrecevabilité manifeste – Article 129 du règlement de procédure – Exception d’irrecevabilité – Article 130 du règlement de procédure.#Affaire T-539/16.
14/12/2018
Affaire T-526/16: Arrêt du Tribunal du 14 décembre 2018 — FZ e.a./Commission [«Fonction publique — Fonctionnaires — Réforme du statut — Règlement (UE, Euratom) no 1023/2013 — Emplois types — Règles transitoires relatives au classement dans les emplois types — Article 30 de l’annexe XIII du statut — Administrateurs en transition (AD 13) — Administrateurs (AD 12) — Promotion au titre de l’article 45 du statut uniquement autorisée dans le parcours de carrière correspondant à l’emploi type occupé — Accès à l’emploi type de “chef d’unité ou équivalent” ou de “conseiller ou équivalent” exclusivement en application de la procédure de l’article 4 et de l’article 29, paragraphe 1, du statut — Égalité de traitement — Perte de la vocation à la promotion au grade supérieur — Confiance légitime»]
14/12/2018
Arrêt du Tribunal (première chambre élargie) du 14 décembre 2018.#Hamas contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de certaines personnes et entités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme – Gel des fonds – Possibilité pour une autorité d’un État tiers d’être qualifiée d’autorité compétente au sens de la position commune 2001/931/PESC – Base factuelle des décisions de gel des fonds – Obligation de motivation – Erreur d’appréciation – Droit à une protection juridictionnelle effective – Droits de la défense – Droit de propriété.#Affaire T-400/10 RENV.
14/12/2018
Arrêt du Tribunal (deuxième chambre élargie) du 14 décembre 2018.#FV contre Conseil de l'Union européenne.#Fonction publique – Fonctionnaires – Article 42 quater du statut – Mise en congé dans l’intérêt du service – Égalité de traitement – Interdiction de la discrimination fondée sur l’âge – Erreur manifeste d’appréciation – Responsabilité.#Affaire T-750/16.
14/12/2018