| CELEX | 62018TJ0335_INF |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 6 avril 2022 |
Arrêt du Tribunal (neuvième chambre) du 6 avril 2022 –
Mubarak e.a./Conseil
(affaires T‑335/18, T‑338/18 et T‑327/19) ( 1 )
« Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Égypte – Mesures prises à l’encontre de personnes responsables de détournement de fonds publics et de personnes et entités associées – Gel des fonds – Liste des personnes, entités et organismes auxquels s’applique le gel des fonds – Maintien du nom des requérants sur la liste – Droits de la défense – Obligation du Conseil de vérifier que la décision d’une autorité d’un État tiers a été prise dans le respect des droits de la défense et du droit à une protection juridictionnelle effective – Erreur de droit – Erreur manifeste d’appréciation »
| 1. | Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Égypte – Décision de gel des fonds – Adoption ou maintien sur la base d’une décision nationale de gel des fonds ou d’une décision judiciaire d’une autorité d’un État tiers – Admissibilité – Condition – Décision nationale adoptée dans le respect des droits de la défense et du droit à une protection juridictionnelle effective – Obligation de vérification incombant au Conseil – Obligation de motivation – Portée [Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir points 51-56, 171-173) |
| 2. | Droit de l’Union européenne – Principes – Droits de la défense – Droit à une protection juridictionnelle effective – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte – Obligations du Conseil – Communication à l’intéressé des éléments retenus à charge et droit d’être entendu – Droit d’accès au dossier [Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 41, § 2 ; décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir points 57-59) |
| 3. | Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Égypte – Protection juridictionnelle effective – Portée du contrôle [Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir points 60-62, 175) |
| 4. | Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Égypte – Décision de gel des fonds – Adoption ou maintien sur la base d’une décision nationale de gel des fonds ou d’une décision judiciaire d’une autorité d’un État tiers – Admissibilité – Condition – Décision nationale adoptée dans le respect des droits de la défense et du droit à une protection juridictionnelle effective – Droit à être jugé dans un délai raisonnable – Obligation de vérification incombant au Conseil [Décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir points 63, 105, 107-109, 113, 144-147, 160) |
| 5. | Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en Égypte – Décision de gel des fonds – Adoption ou maintien sur la base d’une procédure judiciaire conduite par les autorités d’un État tiers en matière de détournement de fonds publics – Conditions – Décision nationale adoptée dans le respect des droits de la défense et du droit à une protection juridictionnelle effective – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou entités concernées – Obligation de vérification du respect desdits droits incombant au Conseil – Violation [Décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir points 121-131, 135, 136, 148, 151, 161, 165, 168, 169, 177) |
| 6. | Recours en annulation – Arrêt d’annulation – Effets – Limitation par la Cour – Mesures restrictives en raison de la situation en Égypte – Annulation des actes attaqués n’entraînant pas la suppression du nom du requérant de la liste litigieuse – Décision subséquente ayant remplacé ladite liste – Maintien des effets des actes annulés jusqu’à l’expiration du délai pour le pourvoi ou à son rejet – Absence [Art. 264, 2d al., TFUE ; statut de la Cour de justice, art. 60 ; décision du Conseil 2011/172/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2018/466, (PESC) 2019/468 et (PESC) 2020/418 ; règlements du Conseil no 270/2011, 2018/465, 2019/459 et 2020/416] (voir point 179) |
Dispositif
| 1) | Les affaires T‑335/18, T‑338/18 et T‑327/19 sont jointes aux fins de l’arrêt. |
| 2) | La décision (PESC) 2018/466 du Conseil, du 21 mars 2018, modifiant la décision 2011/172/PESC concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte, la décision (PESC) 2019/468 du Conseil, du 21 mars 2019, modifiant la décision 2011/172/PESC concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte et la décision (PESC) 2020/418 du Conseil, du 19 mars 2020, modifiant la décision 2011/172/PESC concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte, sont annulées, en tant qu’elles concernent MM. Gamal Mohamed Hosni Elsayed Moubarak et Alaa Mohamed Hosni Elsayed Moubarak ainsi que Mmes Heidy Mohamed Magdy Hussein Rasekh, Khadiga Mahmoud El Gammal et Suzanne Saleh Thabet. |
| 3) | La décision 2019/468 et la décision 2020/418 sont annulées, en tant qu’elles concernent M. Mohamed Hosni Elsayed Moubarak. |
| 4) | Le règlement d’exécution (UE) 2018/465 du Conseil, du 21 mars 2018, mettant en œuvre le règlement (UE) no 270/2011 concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte, le règlement d’exécution (UE) 2019/459 du Conseil, du 21 mars 2019, mettant en œuvre le règlement (UE) no 270/2011 concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte et le règlement d’exécution (UE) 2020/416 du Conseil, du 19 mars 2020, mettant en œuvre le règlement (UE) no 270/2011 concernant des mesures restrictives à l'encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Égypte sont annulés, en tant qu’ils concernent MM. Gamal Mohamed Hosni Elsayed Moubarak et Alaa Mohamed Hosni Elsayed Moubarak ainsi que Mmes Heidy Mohamed Magdy Hussein Rasekh, Khadiga Mahmoud El Gammal et Suzanne Saleh Thabet. |
| 5) | Le règlement d’exécution 2019/459 et le règlement d’exécution 2020/416 sont annulés, en tant qu’ils concernent M. Mohamed Hosni Elsayed Moubarak. |
| 6) | Le Conseil de l’Union européenne est condamné à supporter, outre ses propres dépens, les dépens exposés par MM. Gamal Mohamed Hosni Elsayed Moubarak, Alaa Mohamed Hosni Elsayed Moubarak et Mohamed Hosni Elsayed Moubarak ainsi que Mmes Heidy Mohamed Magdy Hussein Rasekh, Khadiga Mahmoud El Gammal et Suzanne Saleh Thabet. |
( 1 ) JO C 259 du 23.7.2018.