LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62018TJ0425_RES
Jurisprudence CJUE62018TJ0425_RES

Jurisprudence CJUE — 62018TJ0425_RES

CELEX62018TJ0425_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 22 septembre 2021

Texte intégral

Affaire T‑425/18

Altice Europe NV

contre

Commission européenne

Arrêt du Tribunal (sixième chambre) du 22 septembre 2021

« Concurrence – Concentrations – Secteur des télécommunications – Décision infligeant des amendes pour la réalisation d’une opération de concentration avant sa notification et son autorisation – Article 4, paragraphe 1, article 7, paragraphe 1, et article 14 du règlement (CE) no 139/2004 – Sécurité juridique – Confiance légitime – Principe de légalité – Présomption d’innocence – Proportionnalité – Gravité des infractions – Mises en œuvre des infractions – Échanges d’informations – Montant des amendes – Compétence de pleine juridiction »

  1. Concentrations entre entreprises – Examen par la Commission – Obligations de notification et de suspension – Violation – Conséquences

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 4, § 1, et 7, § 1)

    (voir points 54, 55)

  2. Concentrations entre entreprises – Examen par la Commission – Obligations de notification et de suspension – Nature et objectifs – Objectifs autonomes – Violation des deux obligations – Imposition de plusieurs sanctions pour les mêmes faits – Violation du principe de proportionnalité et de l’interdiction d’une double sanction – Absence

    [Règlement du Conseil no 139/2004, art. 4, § 1, 7, § 1, et 14, § 2, a) et b)]

    (voir points 56-67, 264, 265, 269-275)

  3. Concentrations entre entreprises – Examen par la Commission – Obligations de notification et de suspension – Concentration – Notion – Réalisation de la concentration – Clauses préparatoires réalisant un changement durable du contrôle de la société cible – Clauses conférant la possibilité d’exercer une influence déterminante sur l’activité de la société cible antérieurement à la clôture de la concentration – Inclusion – Opération ou ensemble d’opérations conclues pour une durée déterminée – Absence d’incidence

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 3, 4, § 1, et 7, § 1 ; communication de la Commission 2008/C 95/08, point 28)

    (voir points 76-84, 94-97, 256, 257)

  4. Concentrations entre entreprises – Examen par la Commission – Obligations de notification et de suspension – Concentration – Notion – Réalisation de la concentration – Clauses préparatoires conférant des droits de veto sur l’activité de la société cible antérieurement à la clôture de la concentration – Clauses allant au-delà de ce qui est nécessaire pour préserver la valeur de l’entreprise cible jusqu’à la clôture de l’opération – Interventions dans le quotidien de l’entreprise cible – Échanges d’informations sensibles – Inclusion

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 3, 4, § 1, et 7, § 1 ; communication de la Commission 2008/C 95/08, point 54)

    (voir points 108-121, 130, 131, 180-217, 221-241, 245, 246)

  5. Concentrations entre entreprises – Examen par la Commission – Obligations de notification et de suspension – Opération réalisée avant d’être déclarée compatible avec le marché intérieur – Incidence de la pratique décisionnelle antérieure de la Commission – Absence – Violation des principes de confiance légitime et de sécurité juridique – Absence

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 4, § 1, et 7, § 1)

    (voir points 137-143, 147-156)

  6. Droit de l’Union européenne – Principes – Droits fondamentaux – Présomption d’innocence – Procédure en matière de concentration – Applicabilité – Contrôle juridictionnel – Portée

    (Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 48, § 1 ; règlement du Conseil no 139/2004, art. 3, 4, § 1, et 7, § 1)

    (voir points 248-251)

  7. Concentrations entre entreprises – Amendes – Montant – Détermination – Pouvoir d’appréciation de la Commission – Violations commises de propos délibéré ou par négligence – Entreprise ne pouvant ignorer le caractère anticoncurrentiel de son comportement – Possibilité d’échapper à l’amende dans le cas d’erreur de l’entreprise sur la licéité de son comportement – Absence

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 3, 4, § 1, 7, § 1, et 14, § 2)

    (voir points 281-283, 286-296, 347)

  8. Concentrations entre entreprises – Amendes – Montant – Détermination – Critères – Absence de lignes directrices – Obligation de motivation de la décision infligeant une amende – Portée

    (Art. 296, 2e al., TFUE ; règlement du Conseil no 139/2004, art. 14)

    (voir points 314-324)

  9. Concurrence – Amendes – Décision de la Commission imposant plusieurs sanctions pour les mêmes faits – Principes régissant le concours d’infractions – Violation – Absence

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 14, § 2)

    (voir points 328, 329)

  10. Concentrations entre entreprises – Amendes – Montant – Détermination – Respect du principe de proportionnalité – Portée

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 14)

    (voir point 332)

  11. Concentrations entre entreprises – Amendes – Montant – Détermination – Contrôle juridictionnel – Compétence de pleine juridiction du juge de l’Union – Portée – Prise en compte d’éléments ayant une incidence sur la gravité de l’infraction

    (Règlement du Conseil no 139/2004, art. 16)

    (voir points 352-356, 362-369)

Résumé

Le Tribunal rejette le recours d’Altice Europe contre la décision de la Commission par laquelle lui ont été imposées deux amendes d’un montant total de 124,5 millions d’euros dans le cadre de l’acquisition de PT Portugal. Toutefois, il ordonne la réduction de 6,22 millions d’euros du montant de l’amende portant sur le manquement à l’obligation de notifier la concentration à la Commission

Altice Europe NV (ci-après « Altice ») est une société multinationale de télécommunications et de télédistribution. PT Portugal SGPS SA (ci-après « PT Portugal ») est un opérateur de télécommunications et multimédia dont les activités touchent l’ensemble du secteur des télécommunications au Portugal.

Le 9 décembre 2014, Altice a conclu un contrat d’acquisition d’actions (Share Purchase Agreement, « SPA ») en vue de prendre le contrôle exclusif de PT Portugal par l’intermédiaire de sa filiale Altice Portugal SA. Étant donné que cette acquisition devait être autorisée par la Commission en application du règlement sur les concentrations ( 1 ), le SPA prévoyait un ensemble de règles concernant la gestion des activités de PT Portugal entre la signature de cet accord et l’achèvement de l’opération suite à l’autorisation de la Commission (ci-après les « clauses préparatoires »).

Par décision du 20 avril 2015, la Commission a déclaré l’acquisition compatible avec le marché intérieur sous réserve du respect de certains engagements.

En mars 2016, suite à des informations apprises par la presse, la Commission a lancé une enquête afin de déterminer si Altice avait enfreint les dispositions du règlement sur les concentrations qui prévoient, d’une part, l’obligation de notifier la concentration à la Commission avant sa réalisation ( 2 )et interdisent, d’autre part, sa réalisation avant d’être notifiée et déclarée compatible avec le marché intérieur ( 3 ).

En s’appuyant sur les résultats de son enquête, la Commission a conclu qu’Altice avait eu la possibilité d’exercer une influence déterminante sur PT Portugal ou avait mis en œuvre le contrôle de cet opérateur avant l’adoption de sa décision d’autorisation et, dans certains cas, même avant la notification de la concentration. À cet égard, la Commission a constaté, en premier lieu, que certaines clauses préparatoires donnaient à Altice un droit de veto sur la désignation des cadres supérieurs de PT Portugal, sur sa politique de tarification, sur les conditions commerciales conclues avec ses clients ainsi que sur la capacité de conclure, de résilier ou de modifier un large éventail de contrats. En deuxième lieu, la Commission a relevé que lesdites clauses avaient été mises en œuvre à plusieurs reprises, ce qui impliquait une intervention d’Altice dans le fonctionnement quotidien de PT Portugal. En troisième lieu, la Commission a signalé l’existence d’un échange d’informations sensibles concernant PT Portugal à partir de la signature du SPA.

Ainsi, par décision du 24 avril 2018, la Commission a infligé à Altice une amende de 62250000 euros pour violation de l’obligation de notification de la concentration ainsi qu’une amende de 62250000 euros pour non-respect de l’interdiction de réaliser la concentration avant sa notification à la Commission et avant son autorisation par cette dernière ( 4 ).

Altice a introduit un recours tendant à l’annulation de cette décision, qui est partiellement rejeté par le Tribunal. Dans son arrêt, celui-ci apporte des précisions quant à l’interprétation et l’application des obligations de notification et de suspension des concentrations de dimension européenne prévues par le règlement sur les concentrations.

Appréciation du Tribunal

Le Tribunal rejette tout d’abord l’exception d’illégalité soulevée par Altice, selon laquelle l’obligation de notification de la concentration (prévue par l’article 4, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations) et l’amende applicable en cas de non-respect de cette obligation [prévue par l’article 14, paragraphe 2, sous a), du règlement] seraient redondantes par rapport à l’obligation de ne pas réaliser la concentration avant sa notification et son autorisation (prévue par l’article 7, paragraphe 1, du règlement) et l’amende applicable en cas de violation de cette obligation [prévue par l’article 14, paragraphe 2, sous b), du règlement]. Dans ce contexte, Altice invoquait, en outre, une violation des principes de proportionnalité et d’interdiction de la double sanction, dans la mesure où les dispositions précitées permettraient à la Commission d’infliger une seconde amende à une même personne pour les mêmes faits.

À cet égard, le Tribunal observe, en premier lieu, que l’article 4, paragraphe 1, et l’article 7, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations poursuivent des objectifs autonomes. Le premier vise à obliger les entreprises à notifier une concentration avant sa réalisation alors que le second a pour objectif d’empêcher lesdites entreprises de réaliser cette concentration avant que la Commission ne la déclare compatible avec le marché intérieur. En outre, l’article 4, paragraphe 1, prévoit une obligation de faire, tandis que l’article 7, paragraphe 1, prévoit une obligation de ne pas faire. Par ailleurs, si l’infraction à la première disposition est une infraction instantanée, l’infraction à la deuxième disposition est une infraction continue.

Au regard de ces considérations, le Tribunal conclut que l’article 4, paragraphe 1, et l’article 14, paragraphe 2, sous a), du règlement sur les concentrations ne sont pas redondants au regard de l’article 7, paragraphe 1, et de l’article 14, paragraphe 2, sous b), et ne violent ni le principe de proportionnalité, ni l’interdiction de la double sanction. Par ailleurs, déclarer ces dispositions illégales irait non seulement à l’encontre de l’objectif du règlement consistant à assurer un contrôle efficace des concentrations, mais priverait également la Commission de la possibilité d’établir une distinction, grâce aux amendes qu’elle inflige, entre la situation dans laquelle l’entreprise respecte l’obligation de notification, mais viole l’obligation de suspension, et celle dans laquelle l’entreprise viole les deux obligations.

S’agissant, ensuite, de l’argument d’Altice selon lequel les clauses préparatoires du SPA ne lui conféraient pas le pouvoir de bloquer l’adoption de décisions stratégiques et ne sauraient donc être considérées comme des droits de veto lui accordant le contrôle sur PT Portugal, le Tribunal se penche tout d’abord sur la clause préparatoire permettant à Altice de désigner et de licencier les cadres supérieurs de PT Portugal, ou de modifier leurs contrats. Le Tribunal observe, à cet égard, que le pouvoir de participer aux décisions relatives à la structure de l’encadrement supérieur habilite généralement son titulaire à exercer une influence déterminante sur la politique commerciale d’une entreprise.

De plus, la clause préparatoire permettant à Altice d’intervenir sur la politique de tarification de PT Portugal obligeait cette dernière à obtenir un consentement écrit d’Altice sur n’importe quel changement de prix et sur toutes les modifications de ses conditions générales.

Dans la mesure où les clauses préparatoires permettaient, en outre, à Altice de conclure, de résilier ou de modifier un large éventail de contrats de PT Portugal, le Tribunal constate que ces clauses, assorties d’un droit d’indemnisation en cas de violation, obligeaient PT Portugal à demander l’accord préalable d’Altice sur tous les contrats importants, qu’ils relèvent ou non du cours normal des affaires et indépendamment de leur valeur économique.

À cet égard, Altice n’avait, par ailleurs, pas fourni la preuve que les clauses préparatoires concernées étaient nécessaires pour assurer la préservation de la valeur de l’entreprise cédée ou pour éviter qu’il soit porté atteinte à son intégrité commerciale.

Au regard de ce qui précède, le Tribunal conclut que les clauses préparatoires fournissaient à Altice la possibilité d’exercer un contrôle sur PT Portugal, en lui conférant la possibilité d’exercer une influence déterminante sur l’activité de cette dernière. Selon le Tribunal, il résulte, en outre, de divers éléments du dossier que, à plusieurs reprises, Altice était effectivement intervenue dans le fonctionnement quotidien de PT Portugal et que des informations sensibles avaient été échangées entre Altice et PT Portugal.

Enfin, compte tenu du fait que l’entrée en vigueur des clauses préparatoires du SPA, certaines interventions et certains échanges d’informations sensibles avaient eu lieu avant la notification de l’opération, le Tribunal confirme qu’Altice avait exercé son influence déterminante sur PT Portugal en violation tant de son obligation de notification au titre de l’article 4, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations que de son obligation de suspension au titre l’article 7, paragraphe 1, dudit règlement.

Néanmoins, dans l’exercice de sa compétence de pleine juridiction, le Tribunal estime qu’il convient de réduire de 10 % le montant de l’amende retenu au titre de la violation de l’obligation de notification prévue par l’article 4, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations afin de tenir compte du fait que, avant la signature du SPA, Altice avait averti la Commission de l’opération qu’elle allait effectuer et que, immédiatement après ladite signature, elle avait adressé à la Commission une demande de désignation d’une équipe chargée de traiter son dossier.


( 1 ) Règlement (CE) no 139/2004 du Conseil, du 20 janvier 2004, relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (JO 2004, L 24, p. 1, ci-après le « règlement sur les concentrations »).

( 2 ) Article 4, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations.

( 3 ) Article 7, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations.

( 4 ) Décision C(2018) 2418 final infligeant des amendes pour la réalisation d’une concentration en violation de l’article 4, paragraphe 1, et de l’article 7, paragraphe 1, du règlement sur les concentrations (Affaire M.7993 - Altice/PT Portugal).

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62019CA0357

Jurisprudence CJUE — 62019CA0357

21/12/2021

Jurisprudence CJUE62018TJ0721_RES

Jurisprudence CJUE — 62018TJ0721_RES

21/12/2021

Jurisprudence CJUE62018TJ0721

Jurisprudence CJUE — 62018TJ0721

21/12/2021

Jurisprudence CJUE62018TA0721

Jurisprudence CJUE — 62018TA0721

21/12/2021

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →