| CELEX | 62019CA0451 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 5 mai 2022 |
| 27.6.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 244/3 |
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 5 mai 2022 (demandes de décision préjudicielle du Tribunal Superior de Justicia de Castilla-La Mancha — Espagne) — Subdelegación del Gobierno en Toledo / XU (C-451/19), QP (C-532/19)
(Affaires jointes C-451/19 et C-532/19) (1)
(Renvoi préjudiciel - Article 20 TFUE - Citoyenneté de l’Union européenne - Citoyen de l’Union n’ayant jamais exercé sa liberté de circulation - Demande de carte de séjour d’un membre de sa famille, ressortissant d’un pays tiers - Rejet - Obligation de ressources suffisantes du citoyen de l’Union - Obligation des conjoints de vivre ensemble - Enfant mineur, citoyen de l’Union - Législation et pratique nationales - Jouissance effective de l’essentiel des droits conférés aux ressortissants de l’Union - Privation)
(2022/C 244/03)
Langue de procédure: l’espagnol
Juridiction de renvoi
Tribunal Superior de Justicia de Castilla-La Mancha
Parties dans la procédure au principal
Partie requérante: Subdelegación del Gobierno en Toledo
Parties défenderesses: XU (C-451/19), QP (C-532/19)
Dispositif
| 1) | L’article 20 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à ce qu’un État membre rejette une demande de regroupement familial introduite au profit d’un ressortissant d’un pays tiers, membre de la famille d’un citoyen de l’Union qui possède la nationalité de cet État membre et qui n’a jamais exercé sa liberté de circulation, au seul motif que ce citoyen de l’Union ne dispose pas, pour lui et ce membre de sa famille, de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système national d’assistance sociale, sans qu’il ait été examiné s’il existe une relation de dépendance entre ledit citoyen de l’Union et ledit membre de sa famille d’une nature telle que, en cas de refus d’octroi d’un droit de séjour dérivé à ce dernier, le même citoyen de l’Union serait contraint de quitter le territoire de l’Union européenne pris dans son ensemble et serait ainsi privé de la jouissance effective de l’essentiel des droits conférés par son statut de citoyen de l’Union. |
| 2) | L’article 20 TFUE doit être interprété en ce sens, d’une part, qu’une relation de dépendance, de nature à justifier l’octroi d’un droit de séjour dérivé au titre de cet article, n’existe pas au seul motif que le ressortissant d’un État membre, majeur et n’ayant jamais exercé sa liberté de circulation, et son conjoint, majeur et ressortissant d’un pays tiers, sont tenus de vivre ensemble, en vertu des obligations découlant du mariage selon le droit de l’État membre dont le citoyen de l’Union est ressortissant et dans lequel le mariage a été contracté et, d’autre part, que, lorsque le citoyen de l’Union est mineur, l’appréciation de l’existence d’une relation de dépendance, de nature à justifier l’octroi au parent de cet enfant, ressortissant d’un pays tiers, d’un droit de séjour dérivé au titre dudit article doit être fondée sur la prise en compte, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, de l’ensemble des circonstances de l’espèce. Lorsque ce parent cohabite de façon stable avec l’autre parent, citoyen de l’Union, de ce mineur, une telle relation de dépendance est présumée de manière réfragable. |
| 3) | L’article 20 TFUE doit être interprété en ce sens qu’une relation de dépendance, de nature à justifier l’octroi d’un droit de séjour dérivé au titre de cet article au profit de l’enfant mineur, ressortissant d’un pays tiers, du conjoint, lui-même ressortissant d’un pays tiers, d’un citoyen de l’Union n’ayant jamais exercé sa liberté de circulation existe lorsque de l’union entre ce citoyen de l’Union et son conjoint est né un enfant, citoyen de l’Union n’ayant jamais exercé sa liberté de circulation, et que ce dernier se verrait contraint de quitter le territoire de l’Union, pris dans son ensemble, si l’enfant mineur, ressortissant d’un pays tiers, était forcé de quitter le territoire de l’État membre concerné. |