1 434textes du droit de l'Union européenne — Jurisprudence UE — 2017.
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Règlement · Directive · Décision · Recommandation
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45 476Versions consolidées des textes
28 358Propositions · Communications · Initiatives
82 725Accord international · PESC · Traité
22 929Budget · Avis · Résolution · Divers
163 013La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, a rejeté le recours en annulation introduit par l'Espagne contre la décision du Conseil lui infligeant une amende pour manipulation des données statistiques relatives à son déficit public. L'arrêt confirme la compétence de l'Union pour sanctionner financièrement un État membre dans le cadre de la surveillance budgétaire de la zone euro, et précise les conditions de mise en œuvre de l'article 8 du règlement n° 1173/2011. Il consacre également l'application du principe de non-rétroactivité des dispositions pénales aux sanctions administratives de cette nature, tout en validant la matérialité de l'infraction et le respect des droits de la défense.
20 décembre 2017
L'arrêt Elite Taxi (C-434/15) qualifie le service Uber d'intermédiation, via une application smartphone, comme un service dans le domaine des transports, et non un simple service de la société de l'information. Cette qualification impose aux États membres de soumettre une telle activité à une autorisation administrative, conformément aux conditions fixées par le droit national pour les services de transport.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a rejeté le pourvoi de l'Espagne contre la décision de la Commission qualifiant d'aide d'État incompatible le financement public du déploiement de la télévision numérique terrestre dans les zones rurales. L'arrêt précise que la marge d'appréciation des États membres pour définir un service d'intérêt économique général (SIEG) n'est pas illimitée et que la Commission peut contrôler si cette définition est entachée d'une erreur manifeste. Cette décision confirme que les subventions accordées aux opérateurs privés pour la couverture numérique constituent un avantage économique sélectif, même en l'absence de compensation intégrale des coûts.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a interprété le règlement (UE) n° 994/2010 concernant la sécurité de l'approvisionnement en gaz. Elle a jugé que la notion de « clients protégés » est définie de manière exhaustive par ce règlement, et qu'un État membre ne peut pas imposer aux fournisseurs de gaz une obligation supplémentaire de stockage incluant des clients non visés par cette définition. De plus, l'obligation de stockage imposée par la France, qui exigeait que 80 % du gaz soit stocké sur son territoire, a été jugée contraire au droit de l'Union car elle ne permettait pas aux entreprises de satisfaire à cette obligation au niveau régional ou de l'Union.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne interprète la clause dite « de réparation » de l'article 110, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 6/2002 sur les dessins ou modèles communautaires. Elle précise que cette clause, qui exclut la protection des dessins ou modèles pour les pièces utilisées pour réparer un produit complexe afin de lui rendre son apparence initiale, ne s'applique pas à la commercialisation de jantes de rechange identiques à celles d'origine. L'arrêt impose des conditions strictes, notamment que l'utilisateur (réparateur ou consommateur) ait une obligation d'information et que la pièce soit strictement nécessaire à la réparation, excluant ainsi les pièces de rechange « de look » ou « de style ».
20 décembre 2017
Cet arrêt de la CJUE précise les obligations de l'acheteur public (l'EUIPO) en matière de transparence et d'égalité de traitement dans le cadre d'une procédure de marché public en cascade. Il juge que l'absence de communication préalable de la pondération des sous-critères d'attribution aux soumissionnaires constitue une violation de ces principes, même si les critères principaux ont été divulgués. La Cour annule ainsi la décision d'attribution et ouvre droit à une indemnisation pour perte de chance.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que le règlement Bruxelles I bis (n° 1215/2012) s'applique à une action en responsabilité délictuelle intentée contre des membres d'un comité des créanciers pour leur refus d'approuver un plan de redressement dans le cadre d'une procédure d'insolvabilité. Cette action ne relève pas de l'exclusion prévue pour les procédures d'insolvabilité, car elle est fondée sur un comportement fautif distinct et non sur les règles propres à la procédure collective. Pour le praticien français, cet arrêt précise la frontière entre le contentieux civil général et les matières exclues du champ du règlement, élargissant ainsi la compétence des juridictions de l'État membre du domicile du défendeur.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne précise les règles de détermination de la valeur en douane pour les opérations entre sociétés liées. Elle juge que le prix de transfert convenu, incluant une correction forfaitaire postérieure à la période de facturation, peut être pris en compte pour la valeur en douane sous certaines conditions. Cette décision clarifie l'articulation entre les accords préalables de prix de transfert et le code des douanes, offrant une sécurité juridique aux entreprises confrontées à des ajustements de prix a posteriori.
20 décembre 2017
Cet arrêt de la CJUE précise la notion d’investissements réalisés « dans les exploitations et/ou les locaux de l’organisation de producteurs » au sens du règlement (UE) n° 543/2011, dans le cadre des programmes opérationnels du secteur des fruits et légumes. La Cour juge que cette notion ne se limite pas aux seuls biens situés dans les locaux de l’organisation, mais inclut également les investissements effectués chez les producteurs membres, dès lors qu’ils sont nécessaires à la mise en œuvre du programme opérationnel. L’arrêt clarifie ainsi les conditions d’éligibilité des aides financières de l’Union et les limites du principe de confiance légitime en cas de modification de la pratique administrative.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que la législation allemande présumant de manière générale un abus de droit pour les sociétés mères holdings non-résidentes, afin de leur refuser l'exonération de retenue à la source sur les dividendes, est contraire à la liberté d'établissement et à la directive 90/435/CEE. L'arrêt précise que l'article 1er, paragraphe 2, de la directive ne permet pas une présomption irréfragable de fraude ou d'évasion fiscale fondée sur la simple nature juridique de la société mère. Pour un professionnel du droit français, cette décision impose une appréciation au cas par cas des montages, sans automatisme, et limite la portée des clauses anti-abus nationales.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que le droit de l'Union, en particulier les principes d'effectivité et de sécurité juridique, ne s'oppose pas à l'application d'un délai de prescription pour le remboursement d'un trop-perçu de TVA, même si ce délai expire avant que la Cour n'ait statué sur l'incompatibilité de la taxe avec le droit de l'Union. Cet arrêt précise les limites du droit au remboursement des taxes perçues en violation du droit de l'Union et l'articulation entre les principes de sécurité juridique et d'effectivité.
20 décembre 2017
L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans l'affaire C-492/16 (Incyte Corporation) clarifie l'interprétation de l'article 18 du règlement (CE) n° 469/2009 concernant le certificat complémentaire de protection (CCP) pour les médicaments. Il précise que la date d'expiration d'un CCP, une fois fixée par l'autorité nationale compétente, ne peut être rectifiée par cette autorité à la suite d'un arrêt de la Cour, sauf si la législation nationale le prévoit expressément. Pour le praticien français, cet arrêt souligne le caractère définitif de la date d'expiration initialement déterminée, limitant les possibilités de révision ultérieure même en cas de revirement jurisprudentiel.
20 décembre 2017
L'arrêt de la CJUE dans l'affaire C-467/16 (Brigitte Schlömp) clarifie la notion de "juridiction" au sens de la Convention de Lugano II en matière de litispendance. Il juge qu'une autorité de conciliation suisse, devant laquelle une procédure de conciliation est obligatoire avant tout procès au fond, doit être considérée comme une juridiction. Ainsi, la saisine de cette autorité fait naître la litispendance et peut bloquer une action au fond introduite ultérieurement devant un tribunal d'un autre État lié par la Convention.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne précise, dans cet arrêt, que l'article 90, paragraphe 1, de la directive TVA impose aux États membres de permettre une réduction de la base d'imposition lorsqu'un fabricant accorde des remises à des caisses d'assurance maladie privées, même si ces remises ne sont pas directement versées au consommateur final. Cette décision étend le principe de l'arrêt *Elida Gibbs* aux remises consenties à des tiers payeurs, obligeant les États membres à adapter leur législation pour éviter une imposition excessive contraire au principe de neutralité fiscale.
20 décembre 2017
L'arrêt de la Cour précise qu'un ressortissant d'un autre État membre qui a cessé son activité non salariée conserve la qualité de travailleur et le droit de séjour en vertu de la directive 2004/38/CE, même s'il n'a pas exercé cette activité pendant au moins un an, dès lors que les conditions de l'article 7, paragraphe 3, sous c), de la directive sont remplies. Il en résulte qu'un État membre ne peut pas subordonner l'octroi d'une allocation pour demandeurs d'emploi à la condition que le demandeur dispose d'un droit de séjour sur son territoire, lorsque ce droit découle précisément du maintien de la qualité de travailleur non salarié.
20 décembre 2017
Dans l'arrêt Nowak (C-434/16), la CJUE a jugé que les réponses écrites d'un candidat à un examen professionnel, ainsi que les annotations de l'examinateur, constituent des « données à caractère personnel » au sens de la directive 95/46. Le candidat peut donc exercer son droit d'accès pour obtenir une copie de sa copie d'examen, mais ce droit peut être limité pour protéger les droits d'autrui, notamment ceux de l'examinateur.
20 décembre 2017
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que les articles 45 et 49 TFUE, ainsi que les directives relatives à la reconnaissance des diplômes de médecin, s'opposent à une réglementation nationale qui conditionne la rémunération des médecins spécialistes en formation à l'obtention de leur diplôme de spécialisation dans un État membre autre que celui où ils exercent. Cette décision garantit que les médecins ayant obtenu leur titre de spécialiste dans un autre État membre ne subissent pas de discrimination salariale par rapport à ceux formés dans l'État d'accueil.
20 décembre 2017
Dans l'arrêt C-393/16, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que l'utilisation de l'appellation d'origine protégée (AOP) "Champagne" dans la dénomination commerciale "Champagner Sorbet" pour un sorbet contenant du champagne comme ingrédient constitue une exploitation de la réputation de cette AOP, prohibée par le droit de l'Union. La Cour précise que cette interdiction s'applique même si le champagne est effectivement un ingrédient du produit et lui confère une caractéristique essentielle, car la dénomination évoque indûment l'AOP pour un produit qui n'en est pas lui-même titulaire. Cette décision renforce la protection des AOP contre toute forme d'évocation ou d'exploitation de leur réputation, au-delà de la simple usurpation directe.
20 décembre 2017
L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (C-372/16, *Sahyouni*) précise que le règlement (UE) n° 1259/2010 (Rome III) ne régit pas la reconnaissance d'un divorce prononcé par une autorité religieuse dans un État tiers, mais seulement la loi applicable au divorce. En conséquence, la reconnaissance d'un tel divorce privé relève du droit national de chaque État membre, y compris les règles de droit international privé de l'État requis.
20 décembre 2017
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (sixième chambre) du 20 décembre 2017 rejette le pourvoi de Trioplast Industrier AB contre la Commission européenne. Il confirme la validité de la mise en demeure adressée par la Commission pour le versement des intérêts de retard sur le montant de l'amende infligée dans le cadre de l'entente sur le marché des sacs industriels en plastique. La Cour précise ainsi les conditions de recouvrement des intérêts de retard par la Commission et les limites du contrôle juridictionnel sur ces actes préparatoires.
20 décembre 2017