jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA00280 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | GUILLERM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société anonyme (S, la société Narbonne Accessoires SA venant aux droits des sociétés G, K et SCI N, la société par actions simplifiée (SAS) I, la SAS I venant aux droits de la société F, la société à responsabilité (SARL) B, la SARL B venant aux droits de la société REURL, la SARL J, la SARL J venant aux droits des sociétés L SARL et E, la société en nom collectif (SNC) D, la SARL U, la SARL A, la SARL C.COM, la SARL Met la SAS H ont demandé au tribunal administratif de Montpellier de juger que le groupe Narbonne Accessoires doit bénéficier de la remise des majorations et pénalités contenues dans les plans accordés par la commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale et de l'assurance chômage (CCSF) pour les années 2009 et 2012 pour un montant de 326 385,97 euros et d'ordonner la restitution de cette somme.
Par un jugement n° 1802368 du 2 décembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2020, et un mémoire complémentaire, enregistré le 13 janvier 2023, la société anonyme (S, la société Narbonne Accessoires SA venant aux droits des sociétés G, K et SCI N, la société par actions simplifiée (SAS) I, la SAS I venant aux droits de la société F, la société à responsabilité (SARL) B, la SARL B venant aux droits de la société Q EURL, la SARL J, la SARL J venant aux droits des sociétés L SARL et E, la société en nom collectif (SNC) D, la SARL T, la SARL A, la SARL C.COM, la SARL C.E.A.L et la SAS H, représentées par Me Palomares, demandent à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 2 décembre 2019 ;
2°) de juger que la remise gracieuse des majorations et frais de recouvrement en litige doit leur être accordée et d'ordonner la restitution de la somme de 326 385,97 euros assortie des intérêts de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les plans d'apurement des dettes qui leur ont été accordés en 2009 et 2012 par la commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale et de l'assurance chômage (CCSF) ont implicitement prévu la remise totale des pénalités, majorations, intérêts et frais de poursuite qui étaient à leur charge ;
- la circulaire du 27 août 2009 du ministre du budget imposait la remise gracieuse d'office de la totalité des majorations et intérêts dès lors que le plan d'apurement des dettes était totalement exécuté et la totalité de la dette entièrement remboursée, et les plans adoptés par la CCSF à leur égard à la lumière de cette circulaire, qui ont été entièrement exécutés, leur ont ainsi conféré un droit à cette remise gracieuse, bien que la circulaire ne puisse être directement invoquée sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales dès lors qu'elle n'a pas été publiée ;
- leur accorder une remise partielle revient à méconnaître le principe d'égalité devant les charges publiques dès lors que la circulaire avait pour objet d'assurer une égalité de traitement des entreprises sur tout le territoire ;
- en leur accordant une remise partielle des pénalités, majorations, frais de poursuite et intérêts, l'administration a commis une faute.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2007-686 du 4 mai 2007 instituant dans chaque département une commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale et de l'assurance chômage (CCSF) pour l'examen de la situation des débiteurs retardataires
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. P,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les sociétés requérantes, constituant le groupe Narbonne Accessoires, ont demandé en 2009 et 2012, en raison des difficultés économiques auxquelles elles étaient confrontées, que la commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale et de l'assurance chômage (CCSF) pour l'examen de la situation des débiteurs retardataires soit saisie afin d'établir un plan d'apurement échelonné de leurs dettes sociales et fiscales. A la suite de l'établissement de ces plans et de leur exécution par les sociétés requérantes, celles-ci ont demandé une remise gracieuse des majorations et frais de poursuite inclus dans ces plans, laquelle leur a été accordée partiellement par la commission, à hauteur de 45 % s'agissant de ceux inclus dans le plan adopté en 2009, et de 50 % s'agissant de ceux inclus dans le plan adopté en 2012, dont elles ont été informées par des lettres du directeur départemental des finances publiques de l'Aude du 25 mars 2011 et du 23 décembre 2014. Par une réclamation du 18 septembre 2017, les sociétés requérantes ont demandé la remise gracieuse d'office de la totalité des intérêts, majorations, frais et pénalités compris dans les plans d'apurement échelonnés des années 2009 et 2012 en application de la circulaire du 27 août 2009, laquelle a été refusée par une décision du directeur départemental des finances publiques de l'Aude du 14 mars 2018. Par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leur demande tendant à leur accorder la remise de la totalité des majorations et frais inclus dans les plans d'apurement de leurs dettes fiscales et sociales adoptés en 2009 et 2012. Les sociétés requérantes relèvent appel de ce jugement et doivent être regardées comme demandant à la Cour l'annulation de la décision du 14 mars 2018 et qu'il soit enjoint en conséquence à l'administration fiscales la restitution de la somme de 326 385,97 euros, assortie des intérêts de retard.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 4 mai 2007 susvisé : " Il est institué, au chef-lieu de chaque département, une commission des chefs des services financiers et des représentants des organismes de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'assurance chômage (CCSF) pour l'examen de la situation des agriculteurs, commerçants, artisans, professions libérales ou de toute personne morale de droit privé qui sont en retard pour le paiement de toute somme due au titre d'impôts, de taxes, de produits divers du budget de l'Etat, de cotisations de sécurité sociale des divers régimes obligatoires de base, et de cotisations ou contributions recouvrées pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1 du code du travail et par les institutions prévues aux articles L. 922-1 et L. 922-4 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " La commission étudie avec chaque comptable ou organisme chargé du recouvrement l'établissement d'un plan d'apurement échelonné d'une ou de plusieurs dettes du débiteur. / La commission décide, à l'unanimité de ses membres, de l'adoption de ce plan et en arrête les conditions. / () Dans tous les cas, la décision prise à l'unanimité par la commission s'impose aux différentes administrations et différents organismes chargés du recouvrement qui ont participé à la décision ou ont été représentés lors de la commission, quelle que soit l'implantation des différents services ou organismes créanciers. / En cas de non-respect du plan, la commission constate sa résolution. () ".
3. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que, ainsi que l'affirment les sociétés requérantes, les échanges intervenus en vue de l'adoption en 2009 et 2012 des plans d'apurement par la commission instituée par le décret du 4 mai 2007 susvisé à l'égard des sociétés requérantes ou ces plans eux-mêmes auraient prévu la remise d'office de la totalité des majorations, pénalités, intérêts et frais de poursuites afférents. Au contraire, et ainsi qu'il a été dit au point 1, il ressort des lettres du 19 avril 2011 et du 23 décembre 2014 adressées au dirigeant du groupe Narbonne Accessoires que cette commission a décidé d'accorder une remise des pénalités à hauteur de 45 % s'agissant du plan d'apurement adopté en 2009 et de 50 % s'agissant du plan d'apurement adopté en 2011. De plus, il résulte de l'instruction que par décision du 12 mars 2015, la CCSF prenant acte de ce que, malgré les propositions faites au contribuable, un passif non apuré demeurait, a prononcé la résolution du plan, et décidé de laisser les créanciers publics recouvrer leur créance par toute voie de droit. Les sociétés requérantes ne peuvent donc, en tout état de cause, s'en prévaloir à l'appui de leur demande.
4. En deuxième lieu, si la circulaire du 27 août 2009 du ministre du budget, adressée notamment aux directeurs départementaux des finances publiques et non publiée, leur indiquait que les entreprises bénéficiaient d'une remise gracieuse d'office des majorations et intérêts de retard dès lors que la totalité du principal de la dette aura été remboursée, elle précisait que cette mesure s'appliquait, y compris pour les plans en cours, jusqu'au 30 juin 2010 et que le président de la CCSF formulera des instructions en ce sens aux créanciers publics concernés. Or, ainsi qu'il a été dit au point 3, aucun des plans d'apurement adoptés ne prévoyait de remise totale des majorations, pénalités, intérêts et frais de poursuite au bénéfice des sociétés requérantes, et, à la date du 30 juin 2010, la totalité du principal de la dette échelonnée par plan d'apurement adopté en 2009 n'avait pas été exécutée, ainsi que cela ressort de la demande de remise adressée le 25 mars 2011 par le groupe Narbonne Accessoires au directeur des finances publiques de l'Aude, qui indique que la dernière échéance a été réglée le 25 janvier 2011. Il en est a fortiori de même des majorations, pénalités, intérêts et frais de poursuite inclus dans le plan d'apurement adopté en 2012. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point précédent, en présence d'un passif non apuré, les requérantes ne rentraient pas dans le champ d'application de cette circulaire. Le moyen tiré de la méconnaissance par l'administration fiscale de cette circulaire doit ainsi, en tout état de cause, être écarté.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité devant les charges publiques, qui n'est au demeurant pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède qu'en accordant une remise partielle des majorations, pénalités, intérêts et frais de poursuite inclus dans les plans d'apurement adoptés en 2009 et en 2012, l'administration n'a, en tout état de cause, commis aucune faute, alors, au demeurant, que les sociétés requérantes ne présentent aucune conclusion indemnitaire.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leur demande. Leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
D É C I D E
Article 1er : La requête des sociétés Narbonne Accessoires et Narbonne Accessoires SA venant aux droits des sociétés G, K et SCI N, de la société par actions simplifiée (SAS) I, de la SAS I venant aux droits de la société F, de la société à responsabilité (SARL) B, de la SARL B venant aux droits de la société Q EURL, de la SARL J, de la SARL J venant aux droits des sociétés L SARL et E, de la société en nom collectif (SNC) D, de la SARL T, de la SARL A, de la SARL C.COM, de la SARL C.E.A.L et de la SAS H est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Narbonne Accessoires, première société dénommée pour l'ensemble des sociétés requérantes, et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- M. O, president assesseur,
- M. Claudé-Mougel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mars 2023.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026